Octobre 70
Je me souviens

Serge Mongeau
médecin



« J'ai été arrêté en pleine rue à la pointe du revolver. Après avoir fouillé mon auto, ils m'ont amené sur Parthenais. Je suis resté là pendant huit jours sans jamais pouvoir communiquer avec personne. Les flics ne m'ont jamais dit pourquoi ils m'avaient arrêté, et je suis sûr qu'ils ne le savaient pas eux-mêmes. J'ai été interrogé trois fois. Ils m'ont demandé si j'étais membre du FLQ, si je savais où était Cross. Mais ce sont surtout des questions sur mes opinions personnelles qu'ils m'ont posées, qu'est-ce-que vous pensez de la violence? Croyez-vous que Vallières et Gagnon sont des gars dangereux? C'est évident qu'ils ne me soupçonnaient pas d'avoir été mêlé aux enlèvements.

Le but principal de l'opération policière actuelle consiste à monter les dossiers les plus complets possibles sur toutes les personnes qui pensent au Québec et de leur faire peur pour qu'ils arrêtent de parler. Ils veulent faire des indépendantistes des chiens galleux aux yeux de l'opinion. Pour certains, ça peut même signifier la ruine financière. Au Centre de Planning familial, ici, nos subventions du gouvernement fédéral sont sérieusement remises en question depuis mon arrestation ».

Cité par Pierre Grandchamp, AGQ#10501, 7.10.00