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Salut concitoyens, Nous sommes visiblement très nombreux à subir la censure du "cartel" fédéraliste de la presse québécoise. Ma petite expérience se résume à ce qui suit. Alors que je m'exprime publiquement sur ladite Question québécoise depuis plus de douze ans, «La Presse» n'a jamais – jamais – publié aucun de mes textes hormis un seul, tout récemment en début de décembre, lequel portait sur un tout autre sujet: la violence dans la publicité. Pas dangereux... Il en est de même au «Soleil». Les seuls textes à caractère politique que celui-ci n'a jamais daigné publier le furent lors de la grève des journalistes au début des années quatre-vingt-dix (1992, il me semble). Il fallait vraiment noircir le papier... avec n'importe quoi, faut croire. Y compris alors par des plumes à l'esprit indépendant, voire indépendantiste. Fric ou Propagande? Comme on dit: l'oeuf ou l'argent? Métaphysique interrogation. Visiblement, pour perdre un peu moins d'argent, M. Black était disposé à perdre pour un court temps un peu de son influence... Pendant toutes ces années, l'ensemble de mes réflexions critiques ont été largement publiées dans Le Devoir (je lui en suis d'ailleurs sincèrement reconnaissant) et sur d'autres tribunes moins obtuses (ou carrément d'obédience souverainiste) mais forcément à tirage incomparable, et donc à visibilité beaucoup plus restreinte. Un détail -. Qui révèle à mes yeux que la dictature fédéralisante de «notre» (???) presse atteint les bas-fonds de la manipulation directe et concertée de l'opinion. Les chiffres révèlent que même chez ces journaux-là, la majorité du lectorat est souverainiste (francophones de culture "supérieure" à la moyenne). Or les présumées lettres des lecteurs sont massivement d'obédience pro-canadian; à laisser croire que les lecteurs indépendantistes ne forment qu'un maigre 15% de l'auditoire... Au «Droit» de Hull-Ottawa (http://www.ledroit.com/encours/02_opinions/opinion__self.stm), c'en est même surréaliste... Il pleut à Tahiti? C'est la faute aux séparatisssses! Ben voyons, Lucien nous a tous endoctrinés par la racine. C'est tout vu. Un jour on découvrira peut-être à quel rythme, en ces feuilles de chou, on a publié les opinions d'une tendance à hauteur de 78% des lettres reçues, et à hauteur du reste pour l'option opposée. En dépit du rapport inverse dans les faits! D'ailleurs, allons savoir si des gens ne sont pas carrément rémunérés (par les journaux concernés eux-mêmes ou par des organismes pleins aux as, tel le Conseil de la Canadian Unity) pour rédiger sous moult signatures des textes - courts et cinglants ou longs et développés, c'est selon - qui déversent sans désarmer le même fiel sur le projet d'Indépendance ainsi que ses principaux acteurs... Il faut lire aussi les nombreux discugroupes (forums) en principe neutres (c'est-à-dire: ouverts à toutes les tendances). Lorsqu'on lit des saloperies (attaques personnelles, salissage, calomnies, scatologie, dégradation sexuelle [!]...), huit fois sur dix (toujours quant aux aires à caractère politique), celles-ci proviennent de fanatiques pro-Canada qui s'expriment (disons les choses sans ambiguïtés) comme d'autres défèquent. Hélas ! il faut également compter avec un des effets pervers de la communication instantanée et tous azimuts: les conséquences de l'anonymat. Tout le monde possède son (ses) pseudonyme(s) (pardon! son nickname...). Ce qui autorise, encourage et multiplie la bêtise de manière pour ainsi dire exponentielle. Pour ce qui me concerne, ce type de comportement relève de la lâcheté. Il est si aisé de salir tout un chacun sous le couvert de cet anonymat. La Cybérie, pays de la délation??? Le discugroupe «Avant-garde Québec» constitue une exception au sein de ces cloaques cybernéens. D'où incidemment ma colère à la lecture du papier du journaliste O'Neill, il y a quelques mois, concernant ce lieu civilisé de discussion (Rappel si nécessaire: http://www.vigile.net/9912/jlgvigile.html). Bien honnêtement, à l'égard de ces journaux totalement tyrandesmaraisisés (et ne parlons pas des quotidiens régionaux, qui au surplus atteignent à peine la qualité d'un journal étudiant), mon mépris est sans bornes. Je pèse mes mots: m é p r i s. Ainsi, quand je lis Alain Dubuc discourant de tolérance, d'ouverture et de démocratie, eh bien j'en arrive parfois à comprendre qu'il y ait des gens qui estiment qu'il faille prendre les armes - bien que ce ne soit pas ma tasse de thé. Au reste, le lessivage de cerveaux à grande échelle, est-ce autre chose qu'une arme extraordinaire qui, si elle ne verse pas le sang, fait pire encore: elle le siphonne de manière à ce que précisément il n'atteigne plus... le cerveau. La concentration de la presse québécoise n'est pas un problème théorique. C'est un puissant bâillon sur des lèvres amoureuses de Liberté. Il est temps, collectivement, de refuser cet embrigadement systématique des consciences.
Jean-Luc Gouin
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