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Chronique du mardi
L'article 1 du Parti québécois
16.1.01

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Le Parti québécois a été fondé par René Lévesque. A cette époque, il était clair pour les souverainistes que la démarche d'affirmation nationale avait atteint sa limite. Puis, il y a eu une première défaite référendaire en 1980. Au lendemain de cet échec et avec les promesses de renouvellement du fédéralisme canadien suscitées par l'arrivée des conservateurs à Ottawa, le Parti québécois s'est retourné vers le «beau risque». A ce moment, les espoirs de décentralisation étaient permis. Nous devions adhérer à la constitution de 1982 dans l'honneur et avec les modifications qui s'imposaient pour ce faire. Mais avec les échecs de l'entente du lac Meech et de l'accord de Charlottetown, ces espoirs furent rapidement anéantis. Les partisans du renouvellement de la fédération canadienne ont perdu tout espoir. En 1995, le référendum a été perdu de justesse. Encore une fois, nos adversaires fédéralistes ont parlé de décentralisation et d'harmonie entre les provinces et le gouvernement fédéral mais, simplement pour faire diversion, ils savaient pertinemment qu'il n'en serait rien. Aujourd'hui, à la suite de la démission de Lucien Bouchard, certains semblent tentés à nouveau par le «beau risque». Mais les conditions ne sont plus du tout les mêmes.
Le gouvernement libéral fédéral ne veut pas décentraliser les pouvoirs. Il accumule sans vergogne les surplus budgétaires (14.1 milliards $), refuse de rétablir intégralement les paiements de transfert aux provinces et se plaît à inventer de nouveaux programmes fédéraux de service direct à la population. Avec l'adoption de la loi C-20, il tente même de museler la démocratie québécoise.
Il est souhaitable que le Parti québécois ait une véritable course au leadership et que les militant(e)s soient avisé(e)s des positions du ou de la futur(e) président(e). Il ne faut pas avoir peur du brassage des idées. Si certains croient qu'une démarche d'affirmation nationale serait plus positive et qu'elle pourrait donner des résultats, ils feraient bien d'étayer leurs dires avec un plan d'action concret. L'article 1 du programme du Parti québécois est sans aucun doute le plus mobilisateur dans le rang des militant(e)s. L'idée d'aller quémander de nouveaux pouvoirs à Ottawa ne s'appuie pas sur une quelconque ouverture du gouvernement fédéral. Alors pourquoi? Est-ce que les raisons qui ont mené à la formation du Parti québécois ne sont plus valables? Est-ce que la fédération canadienne se développe suivant les aspirations légitimes des citoyens québécois? Est-ce que ces derniers sont mieux servis dans le système fédéral actuel? Les fédéralistes québécois, eux-mêmes, n'ont-ils pas abdiqué devant tout espoir d'affirmation nationale du Québec?
La fin de la fédération canadienne, surtout dans sa structure actuelle, serait sans doute une meilleure chose pour les citoyens du Québec que de poursuivre le rapetissement devant le grand frère d'Ottawa. Nous vivons dans une démocratie où les partisans de la souveraineté du Québec se sont regroupés pacifiquement dans un parti politique. Près de la moitié des électeurs du Québec ont signifié démocratiquement que la fédération canadienne ne convenait pas à leur vision. Alors, il faut en prendre bonne note et être conséquent. Il ne sert à rien d'attendre que Jean Charest devienne souverainiste, il a été envoyé par le grand frère d'Ottawa.
Il faut continuer à expliquer à nos concitoyen(ne)s québécois(es) que la maîtrise de notre nation signifie la maîtrise de nos moyens de développement. Le Parti québécois a été crée dans cette optique. La force de ce parti n'a jamais été d'avoir le pouvoir médiatique pour l'assister mais celle d'avoir de très nombreux membres convaincu(e)s, prêts à s'investir bénévolement pour arriver à créer notre pays, une nation francophone en Amérique. Lucien Bouchard a fait beaucoup de travail pour remettre le Québec en bonne posture pour réaliser ce défi. Celui ou celle qui lui succédera devra nous indiquer clairement la voie qu'il ou qu'elle veut emprunter pour nous y mener. Les conditions gagnantes, nous les avons atteintes. Il s'agit de reprendre l'offensive.
Line Pelletier


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