INDÉPENDANCE : POUR OU CONTRE ?PETITE LEÇON SUR LA CITOYENNETÉCurieuse discussion publique mettant le Québec Français sur la touchehttp://www.rond-point.qc.ca/seguin/lesNormes.phtml 20.9.2001
Cette chronique est spéciale. Elle concerne une série de douze conférences-ateliers sur le Québec contemporain. Nous présentons aux lectrices et lecteurs de Vigile le contenu général de la première conférence de la programmation socioculturelle dAutomne 2001 au Centre de Loisirs et Sports de Neufchâtel (Québec). Les activités ont débuté le 18 septembre. Le premier thème abordé a été : « La citoyenneté québécoise : simple, double ou plurielle ? » Cette première conférence a permis de poser les balises générales de lorientation des douze conférences. Parmi nos interrogations, voici ce que nous avons proposé aux auditeurs de ces conférences ouvertes au grand public. Nos interrogations Pourquoi cherchons-nous à occulter le passé plus lointain ? Pourquoi notre histoire a-t-elle un passé ne dépassant guère 30, 40 ou 50 ans ? Pourquoi le Québec de 2001 ne serait-il pas une partie des années 1900, 1800, 1700 et même du siècle davant ? En fait, comment se tisse le présent qui prépare le futur ? Quest-ce qui dans la société québécoise bloque le processus de « colony to nation » ? Douze conférences-ateliers en histoire pour voir plus clair dans cet imbroglio. Le premier thème pose lépineuse question de la citoyenneté dans le cadre dun Québec Français qui se veut ouvert et séduisant. Du Forum proposé par lex-ministre Robert Perreault sur la citoyenneté au Rapport de Gérald Larose sur la langue française, la solution du problème québécois a-t-elle fait des progrès ? Objectifs pédagogiques Les douze thèmes sont principalement orientés autour dobjectifs particuliers qui vont de la connaissance pure et simple de lhistoire à linterrogation sur soi-même de sa propre compréhension de son histoire. Comprendre le Québec contemporain, cest aussi apprendre à sautocritiquer et à souhaiter « penser en présence des faits ». Donc, quatre objectifs ont été assignés à ces conférences publiques.
1. Comprendre la situation actuelle du Québec contemporain. Résumé Chaque cours est accompagné dun document dune ou deux pages offrant un résumé de la conférence. Pour la première conférence, le résumé comportait un graphique exploratoire danalyse de la citoyenneté ainsi que des informations sur la démarche pédagogique et la documentation. Le résumé sert à la fois de support pédagogique au conférencier et daide-mémoire pour les auditeurs et auditrices. La présente chronique du jeudi ajoute des notes qui ont servi à étoffer le cours. Voici le contenu du résumé de la première conférence. La citoyenneté québécoise : simple, double ou plurielle ?
Les rapports individu/société/État (fédéral ou unitaire) peuvent se réduire à un modèle trilogique qui devient très complexe. Pour lindividu, par exemple, il peut sagir de droits fondamentaux ; pour la société, de liens nécessaires de solidarité et pour lÉtat, du respect du droit. À ces trois concepts sajoutent les problèmes reliés à la nationalité, la démocratie et la citoyenneté elle-même. Aussi, il importe de ne pas concevoir tous ces concepts comme des abstractions ou des coquilles vides, cest-à-dire des « idées » seulement. De préférence, il est souhaitable de les comprendre comme des réalités politiques, sociologiques, culturelles et historiques qui sinscrivent dans un peuple ou une nation. Les trois LIENS affectent lagir dune nation ou dun peuple. Le citoyen fait partie du tout politique. Le monde est global. VIVRE CEST AGIR. Que peut faire le Québec ? À court, moyen ou long terme ?
![]() Démarche pédagogique
1. Leçon 1. Lire le résumé de la conférence. Documentation
Source : http://www.francophonie.hachette-livre.fr/ cgi-bin/hysearch2?V=droit&E=1
Source : http://www.mrci.gouv.qc.ca/pdf/forum_citoyen_consultation.pdf
Source : http://www.eureka.cc/Eureka/NonMembers/frame_intro.asp Site Eureka (Il y a des frais de reproduction.)
Source : http://www.etatsgeneraux.gouv.qc.ca/index.asp
Autre référence du même auteur : « L'affaire Michaud. Acte de parole. » (Le Devoir, 19 décembre 2000.) Armony trouve lemploi de lexpression « agent du sionisme international » dans les propos de Michaud abusive. Cette expression fait allusion à lidée de « l'internationalisme juif » qui cherche à faire croire que les juifs agissent de façon concertée et stratégique en vue d'accomplir leurs « objectifs », au-delà de toute appartenance ou loyauté nationale (en dehors de celle ressentie envers Israël). » Au XIXe siècle, tel na pas été la même chose dans lAffaire Dreyfus en France, se demande Armony ? Lexpression « Acte de parole » est peut-être une parodie du livre de Yves Michaud, Paroles dun homme libre.
Quelques notes spéciales * Extrait du cours sur Les Normes de Maurice Séguin 2.0 Dynamique intégrale (interne) de la société 2.1.1 SIMPLE IDENTIFICATION DE CERTAINS ASPECTS DE LA SOCIÉTÉ CIVILE
2.1.2 PRÉCISIONS SUR CES FORCES [comme forces isolées] 2.1.2.0.1 Vu surtout de lintérieur sans interaction, ne donnant ici que la perspective positive, chaque aspect peut être considéré comme une force à côté dautres forces. 2.1.2.0.2 Et il est utile de se demander : de quoi est faite telle force ? quels en sont les éléments essentiels ? quel secteur y commande ? 2.1.2.1 Aspect démographique 2.1.2.1.1 La population (le nombre dindividus) dune société peut augmenter
2.1.2.1.1-a) par accroissement naturel (surplus de la natalité sur la mortalité) 2.1.2.1.2 Et le rôle de la volonté ? (durant la période historique 1760-1960.) 2.1.2.1.2-a) Rôle assez limité quant à laccroissement naturel. La diminution [du taux] de la natalité est en partie annulée par la mortalité retardée chez les adultes et la mortalité évitée chez les enfants, etc.
2.1.2.1.2-b) Quant à limmigration, la part de la « volonté » est également restreinte.
Sur la côte est américaine : des millions dEuropéens ont émigré vers les Amériques.
À louest lintervention a bloqué limmigration jaune. 2.1.2.1.2-c) La fusion saccomplit graduellement, spontanément, là où les indigènes sont nombreux... Le processus nest pas terminé, il échappe en grande partie à la volonté des individus et des organismes privés ou publics. Source : Maurice SÉGUIN , Les Normes. 1965-1966 (Séguin, texte polycopié) ; 1987 (Robert Comeau, éd.) ; 1999 (Pierre Tousignant, éd., Guérin Éditeur) ; Le Rond-Point des sciences humaines. * Extrait dun article du journaliste Michel David sur la citoyenneté Dans la foulée du Forum sur la citoyenneté des 21 et 22 septembre 2000 organisé par lex-ministre de lImmigration et des Relations avec les citoyens, Robert Perreault, Michel David a publié un texte percutant le 23 septembre 2000 qui sintitulait : « 80% laine, 12 % coton, 8 % polyester ». Dans cet article, il mettait en évidence le pharisaïsme du gouvernement fédéral, larrogance du journal The Gazette et les contradictions de lex-ministre Robert Perreault. En premier lieu, Michel David prend à contre-pied le gouvernement fédéral à partir dune citation quil extrait dun document de la « Direction générale de lintégration » du ministère de lImmigration du gouvernement fédéral. Il cite dentrée de jeu ce texte :
Il commente :
Il précise ensuite :
Mais pourquoi, se demande Michel David, personne na-t-il protesté contre cette phrase intrigante : « La société québécoise daujourdhui est lhéritage vivant de ces colons [de la Nouvelle-France] » ? David répond :
Doit-on « se laisser culpabiliser » ? David répond :
Sur le « purelainisme » décrié par le quotidien The Gazette, Michel David sétonne. « Faut-il absolument préciser, à chaque fois : 80 % laine, 12 % coton, 8 % polyester ? » En rapport avec le document de travail déposé par lex-ministre Robert Perreault pour alimenter les débats au Forum national sur la citoyenneté et lintégration en septembre 2000, Michel David note ce qui suit :
Michel David décrit ensuite le projet de promotion de la citoyenneté québécoise.
David trouve la réponse dans le document de travail du ministre.
Il sinterroge ensuite sur les contradictions de la démocratie québécoise en prenant à partie le document de travail.
Les suites de cette prise de position ont donné, selon Michel David, le résultat suivant :
Comme il fallait sy attendre, le ministre fédéral, Stéphane Dion a répliqué au Forum national du Québec. David écrit :
Mais il corrige le tir en ajoutant :
Le gouvernement poursuit inlassablement son combat pour la défense de l« identité canadienne ». Son action ne se limite pas à des gestes ponctuelles.
Il termine son article par cette recommandation :
Source : Michel David, « 80% laine, 12 % coton, 8 % polyester », Le Soleil, 23 septembre 2000, p. A24 (Opinions. « Chronique politique »). Depuis le mois de septembre 2001, Michel David écrit pour le quotidien Le Devoir. Donc, la question angoissante concerne la citoyenneté québécoise ou canadienne. Laquelle choisir ? Peut-elle être commune ? Et lidentité québécoise ? Et lidentité canadienne ? Serait-ce la quadrature du cercle ? * Une réflexion simpose sur lhistoire Les théories des représentations collectives sont en ce moment habitées par des chimères. Nos intellectuels soliloquent de plus en plus tout en nous serinant continuellement à loreille leurs propres imaginaires quils croient fondés dans la réalité, car ils ne voient dans la réalité que des représentations. La meilleure propagandiste de toutes ces scories demeure lineffable Marie-France Bazzo qui fait du béni-oui-oui avec ceux et celles avec qui elles partagent le même discours soporifique. À cet effet, la Société Radio-Canada a une très grande responsabilité morale envers la population du Québec. Le créneau idéologique de lémission Indicatif présent de Radio-Canada est devenu infect. Trop, cest trop sur la même note et sur le même ton. Il nous faut dautres points de vues que ceux dHomel, Godbout, Dubois (René-Daniel, bien sûr !) et consorts. Nous souffrons à lheure actuelle dune indigestion aiguë du discours monocorde et uniforme à cette émission diffusée pour les bonnes âmes « canadiennes » au Québec. On y reçoit surtout les chantres dune sorte de négationnisme historique. En conséquence, nous proposons un petit graphique pour servir à la compréhension de lhistoire.
Lhistoire du Québec contemporain est coincée entre une histoire passéiste et une histoire futuriste. Les historiens du type Jacques Lacoursière se cantonnent dans lanalyse et le récit du passé dans lesprit traditionnel où, selon le vieux proverbe, nil novi sub sole. Cette vérité de La Palice ne règle rien quant à lhistoire qui se déroule sous nos yeux ainsi que pour tout ce qui se prépare pour demain. Cest un divertissement pour lesprit. En revanche, dautres historiens du type Gérard Bouchard (plutôt sociologue quhistorien), entrevoient dans la construction du futur des éléments incontournables de rupture. Ces ruptures conduisent même à supposer que le passé ne soit quune forme de nos représentations imaginaires. Tout se déroule dans notre imaginaire collectif ! La flèche du temps futur impose ses conditions au présent et au passé, doù leur proposition dune réécriture de lhistoire au Québec. Lhistoire devient une sorte de représentation de leurs fantasmes. Ce qui nentre pas dans leurs « bulles » doit être extirpé. Ainsi, les Canadiens-Français peuvent jeter aux orties les « souches » de la Saint-Jean ! Cest une ambition qui défie le Passé et transforme lhistorien en propagandiste dune vision historique du futur. Lhistoire se prête au service dune cause. Ils militent comme les curés hier défendaient la foi (catholique). Ils ont les mêmes schèmes de pensée ! Lordre ! Ces remarques peuvent paraître très dures voire injustes, mais jetons un coup doeil au graphique ci-dessus. Lhistoire se vit au Temps présent (T0). Le temps T0 est le produit dun Temps passé (TP1...). Le Temps futur (TF1...) est le résultat des efforts des vivants pour bâtir leur avenir (ce que sera demain). Cela dit, le continuum T implique un emboîtement des T successifs (dhier, daujourdhui et de demain). Il est donc vain de vouloir se débarrasser du Passé parce que notre Futur lui serait indépendant et que le Présent, notre hic et nunc, nous permettrait dagir impunément à notre guise, cest-à-dire comme si... Cest se bercer dillusions que de croire quon peut effacer (ou refaire) le Passé, se recréer un Présent dans notre imaginaire et inventer un Futur qui pourrait ressembler étrangement à bien des égards à un château de cartes. Cest rêver. Pour le moment, nos utopies se multiplient et même samplifient. À telle enseigne que notre vocabulaire pour traiter le monde et la société québécoise est déconnecté de la réalité : il nexiste que dans nos esprits. Notre société dérive dans des discours. La collectivité ne suit pas. Le Québec Français sennuie de tant de discours compliqués et souvent inutiles. La double angoisse humaine (les deux points dinterrogation) nous assaille. Notre regard sur le Passé nous effraie et on voudrait voir autre chose. Notre regard sur le Futur nous excite, car on croit pouvoir résoudre limbroglio par de savantes démonstrations compliquées en rapport avec la Nation québécoise, la citoyenneté et le vivre ensemble. Puis finalement, notre regard sur le Présent est empreint ou de mécanismes psychologiques dautoflagellation ou dune conception téléologique de lhistoire. Comment peut-on expliquer cette transmission culturelle à lintérieur de lhistoire des idées du Québec Français autrement que par des anthologies de documents ? Très prochainement, le journal La Presse commencera « Le Forum des Québécois ». Ceux et celles qui auront le courage de lire tout ça risquent de perdre leur boussole. Il y en aura pour tout le monde ! Ce sera un exercice de plus que lon qualifiera de démocratique, mais qui dans les faits ne servira quà brouiller les cartes. Une société ne peut pas indéfiniment passer son temps en discours ; une société vivante doit AGIR POUR VIVRE ET VIVRE POUR AGIR. Pour ceux et celles qui exerceront leurs droits de paroles, je crois quils auraient intérêt à analyser cette « petite leçon sur la citoyenneté ». Cela dit sans prétention et avec tout le respect que je dois exprimer envers mes concitoyens et concitoyennes. Conclusion Le mot « fusion » signifie l« union d'éléments distincts en un tout homogène » comme, par exemple, la fusion des divers peuples qui ont formé la nation française ou comme la fusion de sociétés commerciales. Le débat autour de la citoyenneté québécoise soulève des questions nombreuses par rapport à la population. La citoyenneté met en cause les trois LIENS exprimés dans le « Modèle exploratoire danalyse de la citoyenneté ». Ces LIENS conditionnent sans nul doute la nation et les peuples. Cest ce que nous pourrions qualifier de « boîte noire » de la société. Si les Québécois Français ne parviennent pas à faire une bonne lecture de la « boîte noire » sociale, ils risquent de vivre les conséquences de la « fusion » malgré la persistance de lexistence de la langue française au Québec parce quils deviendront, au sens fort du terme, une « minorité nationale ». Ils pourront bien parler le français et même très bien, mais ils nauront plus le nombre. Par limmigration dabord et par la fusion ensuite, le Québec Français samenuisera. Comme le signale Maurice Séguin dans Les Normes : « La fusion saccomplit graduellement, spontanément, là où les indigènes (*) sont nombreux... Le processus [...] échappe en grande partie à la volonté des individus et des organismes privés ou publics. »
Apprenons donc clairement que le « purelainisme » nest pas le cas que des Canadiens Français au Québec ! (30) Bruno Deshaies Québec, 20 septembre 2001 (*) Cest-à-dire la personne née dans le pays où elle habite.
Vous voulez commenter?
![]() |