LE QUEBEC A REELLEMENT ETE SAIGNE
CNW Telbec 18.11.2004
QUEBEC, le 18 nov. /CNW Telbec/ - "On comprend maintenant pourquoi le
gouvernement Charest ne voulait pas dévoiler le montant qu'il avait obtenu
d'Ottawa pour la péréquation lors de la dernière rencontre des premiers
ministres : lorsqu'on attend 2,8 MM$ et qu'on revient avec 279 M$, il y a de
quoi être gêné", a déclaré le député de Verchères et chef de l'opposition
officielle, M. Bernard Landry, en réaction au dépôt de la synthèse des
opérations financières.
Cette somme n'a permis aucun réinvestissement dans quelque service à la
population que ce soit. Pis encore, les 500 M$ reçus du fédéral pour le
secteur de la santé n'ont pas été investis en santé. "Tout ça parce que le
ministre des Finances, qui nous avait annoncé une vente d'actifs de 800 M$ au
dernier budget, a été incapable d'atteindre sa cible. Seulement 395 M$
d'actifs ont été vendus, ce qui accentue son manque à gagner. C'est un échec
lamentable. Encore une fois, ce sont les malades, les étudiants et les
familles québécoises qui ne verront pas la couleur de cet argent", a ajouté le
député de Rousseau et porte-parole en matière d'économie et de finances,
M. François Legault.
De plus, lors de la dernière rencontre sur la péréquation, quatre
provinces ont bénéficié des largesses du gouvernement fédéral, se partageant
2,8 MM$. Le Québec doit quant à lui rembourser 2,4 MM$ sur dix ans, compte
tenu de la révision de certains montants versés en trop au cours des années
antérieures. S'il avait pu avoir le même traitement de faveur que les autres,
c'est un montant de plus de 30 MM$ que le Québec aurait obtenu.
"Depuis l'arrivée des libéraux au pouvoir, les montants reçus au titre de
la péréquation sont en baisse de 1,1 MM$, ce qui constitue un net recul pour
le Québec", a ajouté M. Legault.
"Le gouvernement Charest nous vante pourtant les vertus du fédéralisme
actuel. Mais quand vient le temps de négocier les sommes auxquelles les
Québécoises et les Québécois ont droit, le ministre des Finances revient
toujours avec moins d'argent qu'il ne l'avait espéré. A preuve, après 18 mois
au pouvoir, le gouvernement a essuyé une série de refus et d'échecs, le
forçant à augmenter à plusieurs reprises les tarifs à la population. Et
pendant ce temps, le gouvernement fédéral, lui, accumule les surplus", a
conclu M. Landry.

PLQ, PQ, même combat!
André Pratte
La Presse lundi 22 novembre 2004
Le ministre des Finances, Yves Séguin, ayant profité de la publication de la Synthèse des opérations financières pour dénoncer encore une fois Ottawa, Bernard Landry n'avait pas grand-chose à rajouter lors de sa propre conférence de presse, jeudi dernier. " Il nous a battus dans le vocabulaire antifédéral ", a ironisé le chef de l'opposition.
De fait, depuis leur accession au pouvoir, les libéraux de Jean Charest tiennent exactement le même discours gémissant que leurs prédécesseurs péquistes. Pas étonnant qu'au congrès de la fin de semaine, M. Charest ait senti le besoin de réitérer la foi fédéraliste du Parti libéral!
En matière de transferts fédéraux, les politiciens provinciaux du Québec adoptent tous la même attitude adolescente: tout ce qu'ils reçoivent leur est dû (" C'est notre argent! "), et il leur en faut toujours plus. Aux yeux des fédéralistes de M. Charest comme pour les souverainistes de M. Landry, tous les problèmes du Québec sont causés par le gouvernement fédéral.
Un peu plus et le ministre Séguin concluait sa conférence de presse de jeudi par un plaidoyer souverainiste. Quand un journaliste lui a demandé si les Québécois recevaient autant du gouvernement fédéral que ce qu'ils lui versent en impôts, M. Séguin a répondu qu' " au cours des années, ça s'équivaut relativement bien ". Il est pourtant patent que les Québécois ont reçu au fil du temps des dizaines de milliards de plus du fédéral que la valeur de leurs impôts.
Les dernières négociations avec le gouvernement du Canada sur la santé et la péréquation ont débouché sur des gains importants pour les provinces, dont le Québec. La chute de la péréquation que devait encaisser le Québec pour 2002-2003 et 2003-2004, en raison de sa bonne performance économique, a été étalée sur 10 ans, le remboursement ne devant commencer qu'en 2006-2007. Plutôt que de voir les transferts fédéraux diminuer brusquement, le Québec profitera d'une augmentation graduelle, de 8,9 milliards en 2003-2004 à 10,2 milliards en 2008-2009.
Le ministre des Finances qualifiait récemment le fédéral de " Dracula "; pourtant, c'est Québec qui s'autovampirise depuis six ans. En baissant les impôts des particuliers comme ils l'ont fait au cours des dernières années, le PQ et le PLQ ont privé les coffres de l'État de plus de 3 milliards par année. Les transferts fédéraux ayant augmenté d'un montant similaire pendant la même période, on doit conclure que péquistes et libéraux ont financé leurs baisses d'impôts à l'aide de l'argent venant du fédéral. Et M. Séguin promet de faire de même l'an prochain!
" C'est à se demander si les vrais fédéralistes ne sont pas qu'à Québec ", lançait Yves Séguin la semaine dernière. Dans notre esprit, un " vrai fédéraliste " ne dénonce pas le gouvernement du Canada à toute heure du jour et de la nuit. Certes, il tient au respect du partage des compétences prévu dans la Constitution, et à un fédéralisme souple. Mais il croit aussi que chaque ordre de gouvernement doit assumer ses responsabilités.

