La Presse se rétracte

Pierre Dubuc
L'aut'courriel n° 99, 23 novembre 2004

« Congrès PLQ Des milliers de personnes de tous les milieux manifestent. FRONT COMMUN », a titré en grosse manchette le journal La Presse du dimanche, 21 novembre, avec une magnifique photo d’une assistée sociale avec sa pancarte : Non à l’appauvrissement annuel garanti.

Un traitement étonnant d’un journal reconnu pour son anti-syndicalisme. Sans doute l’oeuvre d’un chef de pupitre syndiqué qui a profité de la plus grande liberté des jours de fins de semaine car, deux jours plus tard, dans l’édition du mardi 23 novembre, l’éditorialiste en chef André Pratte remettait les pendules à l’heure... de ses patrons. Dans son éditorial intitulé «Une poignée», Pratte minimise la manif. «À l’échelle des manifestations, un rassemblement de 5 000 personnes, ce n’est rien du tout.» Et Pratte essaie de tourner la participation en ridicule en la comparant aux assistances aux matchs de football, de baseball, etc. Le reste de son éditorial est à l’avenant. Il nous dit que les augmentations des tarifs d’électricité, des frais de garde, des prêts étudiants au détriment des bourses, des compressions à l’aide sociale, des projets de Partenariats Privé-Public, y’a rien là !

On se rappellera que, lors de la manifestation de 100 000 personnes du Premier Mai dernier, M. Pratte et tous les autres éditorialistes et chroniqueurs de La Presse (il y en a une trâlée) s’étaient bien gardés de tout commentaire. Ils n’avaient rien à dire sur la plus importante manifestation de l’histoire du mouvement syndical québécois.