TRIBUNE LIBRE




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Le Parti Québecois pourrait proposer aux provinces maritimes une association

Jean-Claude Michaud, Citoyen du Pays du Québec
TRIBUNE LIBRE 23 novembre 2004

Le fédéralisme actuel est en fait du "nation building Canadian" de la centralisation fiscale, politique et économique. Le Québec et les provinces sont maintenus dans la pauvreté par à la fois le déséquilibre fiscal reconnu par les trois partis d'opposition à Ottawa et par les Gouvernements provinciaux et par un déséquilibre des investissements structurants qui bénéficie surtout à l'Ontario et par aussi le contrôle par Ottawa de plusieurs champs de compétences fédérales dans laquelle à cause des différences régionales et de la tentation centralisatrice d'une politique uniforme dans les champs de compétences fédérales, Ottawa nuit au bon développement et à la prospérité et autonomie économique du Québec et des provinces maritimes.

Le Québec pourrait facilement devenir un pays riche et autonome. Les provinces maritimes craignent le retrait du Québec de la Fédération Canadienne car ils se retrouveront coupé du reste du Canada. Le reste du Canada aurait intérêt à signer une union douanière avec un Québec souverain afin de faciliter de la libre circulation entre les maritimes et le reste du Canada. Cependant, les provinces maritimes bien que attachés à leurs appartenances canadiennes sont aussi fières de leurs provinces et mode de vie. Elles sont par contre au contraire du Québec, peu populeuse et n'ont pas la même autonomie et ne constituent pas des nations distinctes sauf pour les Acadiens. Elles sont dépendante du Canada et de ses subventions sociales : Péréquation, chômage et institutions fédérales, etc.

Elles pourraient s'associer avec le Québec souverain dans une union douanière et économique incluant donc : une union douanière, libre circulation des biens et des personnes et des institutions confédérales signées par traité entre le Québec et les maritimes qui pourraient comporter une télévision commune publique confédérale pour les francophones du Québec et les Acadiens des maritimes de la qualité de Radio-Canada. Le Québec pourrait par traité leur louer des services contre rétribution comme la perception des impôts pour l'ensemble des provinces maritimes actuellement assumé par Revenu Canada et des services de sécurité de la SQ et des Forces armées Québeçoises afin de patrouiller les eaux atlantiques et de porter assistance à sa population en cas de catastrophe naturelle. Il pourrait y avoir des institutions comme le Mouvement Desjardins pour y investir dans ses entreprises et la Caisse de dépôt et de placements du Québec pour gérer les fonds du Régime des rentes des maritimes et d'y investir dans ces provinces, ses fonds afin de créer de la richesse et une véritable prise en main. Les maritimes tout comme le Québec pourrait gérer 100% de ces recettes fiscales moins la part dû à l'Organisation Confédéral contrôlé par le Président du Québec et les quatre premiers ministres atlantiques. Finis alors la centralisation d'Ottawa, cinq États autonomes potentiellement riches qui pourraient devenir un modèle d'organisation pour les États fédérés dans le monde qui souhaitent devenir souverain tout en s'associant avec leurs voisins sans compromission. On pourrait appeler cela la Confédération des États souverain du Bas-Canada avec un drapeau confédéral qui pourrait inclure la feuille d'érable, la fleur de lys et des symboles britanniques et acadiens afin de représenter les différentes composantes de cette union sans danger d'assimilation, sans perte d'identité afin le remplacer l'identité Canadienne à laquelle sont attachés les Canadiens des maritimes par l'appartenance à une grande communauté, un grand marché commun mais librement consentie.

Le Québec y serait majoritaire en population contrairement à actuellement dans le Canada actuel. De plus, il aurait des petits partenaires économiques à côtés de lui qu'il pourrait aider à se représenter dans le monde. Les Acadiens francophones pourraient donc mieux protéger leurs cultures avec le Grand pays francophone voisin comme véritable partenaire. Il y aurait donc au Nord des États-Unis d'Amérique un Canada anglais de l'Ontario à la Colombie-Britannique solide et prospère et un pays du Québec riche associé à des provinces souveraines Atlantiques incluant le Bilingue Nouveau-Brunswick en train de gagner une prospérité impossible en restant dans le Canada impériale dans lequelle de toute façon elles ont peu d'influence sur les politiques dictées par l'Ontario et de plus en plus par l'Ouest Canadian.




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André Pratte de La Presse est un fédéraliste aveuglé par sa foi en Ottawa

Jean-Claude Michaud, Citoyen de Deux-Montagnes
TRIBUNE LIBRE 23 novembre 2004

Les dernières chroniques d'André Pratte sont de plus en plus celles de l'aveuglement d'un fédéraliste ou plutôt celui d'un partisan de la soumission du Québec a un système fédéral qui fait subir à notre État national une pression financière qui menace notre autonomie dans nos champs de compétence. Pourquoi Pratte oublie-t-il que le fédéral possède plus de revenus qu'il en a de besoin pour subvenir à ses champs de juridictions ce qu'il lui permet d'envahir les champs de juridictions des provinces qui sont incapables d'assumer leurs responsabilités de façon adéquate et qui doivent se plier à des conditions fixées par les bureaucrates d'Ottawa.

Le déséquilibre fiscal est réelle et si le Québec reçoit de la péréquation c'est en grande partie parce qu'il est maintenue dans la pauvreté par le Fédéral qui se contente de nous verser de la péréquation pour payer l'aide sociale et les programmes sociaux et nous payer du chômage à cause que les dépenses structurantes pour l'économie sont dépensées en Ontario et ailleurs au Canada. Le Québec et les provinces maritimes sont maintenues dans la pauvreté aussi pour qu'Ottawa puisse justifier un État Fédéral fort pour soi-disant assurer un financement égal des programmes sociaux entre ces supposées provinces pauvres et celles qui sont riches. Le Parti Libéral du Canada peut alors recueuillir les votes des maritimes qui craignent que les Conservateurs coupent cette aide qui n'en est pas une mais qui est une prime à la pauvreté au lieu de faire des investissements structurants et de laisser les provinces financer l'Éducation adéquatement ou les programmes d'aide à l'insertion en emploi.

Pratte devient de plus en plus un pantin du Parti Libéral du Canada alors qu'avant il semblait un homme plus nuancé. Sa récente chronique critique sur la présence du Québec dans le monde et des interventions internationales de Jean Charest qui ne fait qu'essayer de jouer son rôle sur la scène internationale toujours dans les champs de compétences du Québec me désole. Monsieur Pratte ne semble que vouloir voir le Québec que dans les forums de la francophonie.

J'étais très heureux pour ma part de voir le Québec qualifié de pays par la confusion de ses alliés du Mexique et de la France cette semaine. Plus que le Québec sera pris avec sérieux dans sa collaboration avec d'autres pays plus facile il sera de démontrer que le Québec est prêt à passer à l'autre étape, devenir ce qu'il est de facto depuis le rapatriement de la constitution qui à modifier le pacte entre deux nations sans le consentement d'une des deux parties ; un pays souverain prêt à naître.

Vive notre pays le Québec libre!




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UN QUATORZE NOVEMBRE À NOTRE-DAME DE LA DISGRÂCE

MARC BRIÈRE, ex-vice-président du PQ-NDG
TRIBUNE LIBRE 23 novembre 2004

Cette fois la charge de la brigade légère, si chère à Bernard Landry, a connu une victoire éclatante grâce à la vaillance d’un escadron de jeunes venant principalement de l’extérieur du comté. Son valeureux capitaine, Jean-Philippe Roy, conquit la vice-présidence et s’assura d’une majorité au Conseil exécutif du compté (7 sur 13) et au sein de la délégation au Conseil national de juin prochain (7 sur 10). Et vive le renouveau et la démocratie!

La très aimable présidente, Lucie Dufresne, ne tarda pas à accueillir avec joie ce nouvel exécutif « aussi équilibré » et à battre sa coulpe pour avoir cru naïvement qu’une élection à la direction du PQ était souhaitable.

Espérons que les autres comtés sauront mieux résister à de telles manœuvres de prise de contrôle des instances locales par les troupes pro-Landry qui gravitent autour de la permanence.

Mais laissons là ce grenouillage pour nous occuper des idées de la saison qui doivent conduire les membres du PQ à se donner un programme entièrement nouveau.

Une pièce maîtresse du programme proposé par le Conseil exécutif national est une Déclaration de principes. A mon grand étonnement la proposition d’y inscrire le préambule suivant fut battue (13 contre 9) : « Le Parti Québécois se voue à faire du Québec un pays souverain. Un pays de langue française, démocratique, pacifique, solidaire et laïque. Un pays fondé sur la souveraineté populaire, la primauté du droit, le respect des droits humains fondamentaux, l’inclusion de ses minorités nationales et la reconnaissance de leurs droits, la justice sociale. »

Par contre, j’eus le plaisir de voir adoptée la proposition de remplacer l’article 4 par le suivant : « 4. Le Québec est et sera démocratique. Le Parti Québécois fait une large place à la participation des citoyens et des groupes communautaires dans la délibération publique. Il s’engage donc à poursuivre sans relâche la réforme de nos institutions démocratiques, notamment en rendant notre mode de scrutin plus représentatif et en proposant l’adoption par référendum d’une constitution fondée sur une citoyenneté québécoise commune et sur le respect des collectivités locales, régionales et nationales ».

Et surtout j’eus la grande joie de voir adoptée la résolution pour remplacer les sections 1.2.2. B et C par les suivantes :

B) L’adoption d’une Constitution québécoise :

La première étape de l’accession du Québec à la souveraineté est l’adoption par le peuple québécois de sa Constitution, une constitution :

1. fondée sur la souveraineté populaire;
2. établissant la citoyenneté québécoise;
3. remplaçant le lieutenant-gouverneur par un président nommé par l'Assemblée nationale;
4. incorporant la Charte des droits et libertés de la personne et la Charte de la langue française;
5. reconnaissant les droits historiques de la communauté anglo-québécoise et des peuples autochtones;
6. respectant l'autonomie des administrations locales et régionales, en autant que le permet le bien commun, selon le principe de subsidiarité.
7. et fondant une véritable nation civique de tous les Québécois

Toute société politique doit identifier ceux qui en font partie : l’attribution de la citoyenneté est cette identification. Dans un pays unitaire celle-ci coïncide avec la nationalité qui, en droit international, identifie les ressortissants d’un État souverain. Dans un État fédéral, la souveraineté est partagée entre l’État central et les États fédérés : les ressortissants de chacun de ces États sont des citoyens et tous ont la nationalité de l’État fédéral. Ainsi les ressortissants du Canada ont la nationalité canadienne et ceux du Québec ont la citoyenneté québécoise. Après l’accession du Québec à la souveraineté, les citoyens québécois auront la nationalité québécoise.

Nous devons dès maintenant établir la citoyenneté québécoise dans une loi, de préférence dans une constitution, qui attribuera cette qualité à 1) toute personne née d’un père ou d’une mère ayant la nationalité canadienne et domiciliée au Québec, 2) toute personne de nationalité canadienne et domiciliée au Québec depuis trois ans, et 3) tout immigrant admis à la résidence permanente et ayant résidé pendant trois ans au Québec et qui a une connaissance fonctionnelle du français et de la société québécoise.

Seuls les citoyens québécois auront le droit de voter aux élections à l’Assemblée nationale et aux référendums nationaux.

c) Un référendum sur la souveraineté

L’accession à la souveraineté exige un fort consensus des Québécoises et des Québécois, exprimé dans un référendum portant exclusivement et clairement sur la volonté de faire l’indépendance. Les Québécois seront conviés à un autre référendum sur la souveraineté aussitôt que le gouvernement aura l’assurance morale que telle est la volonté d’une majorité de Québécoises et de Québécois.
2. Biffer, au deuxième alinéa de l’article 1.2.5.A, « au cours du prochain mandat ».

Par contre les membres de NDG n’ont pas voulu prendre le temps nécessaire pour considérer des résolutions sur la définition de la nation, l’établissement d’une forme de service civique obligatoire et en français à la première session du CEGEP et l’adoption d’un nouveau mode de scrutin partiellement proportionnel.

Des résolutions pour améliorer l’accessibilité à l’aide juridique et pour l’implantation d’un supplément de revenu garanti pour les personnes âgées furent battues. Par contre, furent adoptées une résolution contre l’introduction « des éléments de démocratie directe, notamment le droit d’initier des référendums par les citoyens », une résolution pour éviter la sous-estimation des coûts des mégaprojets et une autre pour charger les communautés métropolitaines d’assurer l’équité fiscale sur l’ensemble de leur territoire.

Enfin, une résolution demandant la tenue d’une élection statutaire à la direction du parti après une défaite électorale fut rejetée, de même que la proposition de réunir le PQ et le Bloc québécois dans une structure centrale unifiée.




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Les investissements en santé à McGill : des subventions à l’exportation?

Frédéric Lacroix
TRIBUNE LIBRE 24 novembre 2004

Le gouvernement du Québec, si implacable quand vient le temps de rogner quelques dollars sur la somme versée chaque mois aux assistés sociaux, semble égarer toute rigueur et toute logique quand vient le temps d’investir en santé. Ainsi, le gouvernement du Québec a autorisé la construction du McGill University Health Center (MUHC) et du Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) au coût estimé de 800 millions de dollars chacun. De facto, le Québec accorde ainsi à McGill University la moitié des nouveaux investissements en santé à Montréal alors que les anglophones ne forment que 25% de la population de Montréal (et 8% de la population du Québec). Le Québec continue d’assigner 25% des places en médecine à l’université McGill, soit trois fois le poids démographique des anglophones au Québec (notons que les francophones ont moins que leur poids démographique en places d’études en médecine, ce qui est un comble!).

On pourrait penser que le gouvernement fait les investissements nécessaires pour combler l’appétit du fauve nommé « Santé », mais tous les investissements ne se valent pas, et le retour sur certains semble pour le moins médiocre : une étude de l'Association des facultés de médecine canadiennes (AFMC) indique que les gradués de McGill représentent 57% des départs de médecins du Québec. Environ 60% des médecins formés à McGill quittent le Québec, cet exode affectant également les natifs du Québec. À l'inverse, les facultés de langue française ont un taux de rétention qui oscille autour de 88%. L’université de Montréal reçoit le même montant que McGill pour les « méga-hôpitaux » bien qu’elle forme quatre fois plus de médecins pratiquant au Québec que McGill, soit 40% du total comparativement à 10%. Mentionnons que les frais de formation d’un médecin sont de 125 000 à 150 000 dollars pour un généraliste pour commencer à saisir l’ampleur du désastre financier.

Cette tendance à l’exode des diplômés en médecine de McGill est aussi présente dans des domaines connexes; des programmes de formation en physique médicale ont récemment été crées au CHUQ (Hôtel-Dieu de Québec) et au CHUM (Université de Montréal). La raison invoquée? Une pénurie actuelle et future de spécialistes diplômés en physique médicale capables d’œuvrer en milieu hospitalier. Les physiciens médicaux, pour la plupart, travaillent dans les centres de radio-oncologie à calculer les doses de radiation nécessaires pour traiter les tumeurs cancéreuses. Un rapport du Ministère de la santé et des services sociaux indiquait qu’en 2002, il y avait 18 postes de physiciens médicaux vacants au Québec. Et la demande pour de tels spécialistes ira croissante étant donnée l’augmentation de l’incidence du cancer dans les sociétés occidentales. Le rapport du ministère stipule également que bien que McGill décerne annuellement 5 diplômes dans le domaine, seulement un ou deux gradués par année acceptent de pratiquer au Québec. Le taux de rétention de diplômés du programme de McGill ne dépasse pas 20%. Le gouvernement du Québec a donc été forcé de créer au CHUQ et au CHUM des programmes en langue française pour fournir les hôpitaux en personnel qualifié.

Pour un investissement équivalent, le gouvernement du Québec obtient beaucoup plus de médecins de l’université de Montréal que de McGill University. Ceci est également vrai dans le cas des physiciens médicaux. Pourtant, on ne constate nulle part le début d’une remise en cause de l’ampleur des sommes investies en santé à McGill, sommes qui dépassent de loin celles requises par le poids démographique des anglophones au Québec (il faudrait assigner environ 10% des places en médecine à McGill et 25% des sommes à Montréal pour atteindre un niveau correspondant à l’équité entre les groupes linguistiques). Curieuse gestion que celle qui consiste à faire des économies de bout de chandelle sur le dos des assistés sociaux pendant que l’on continue à investir des centaines de millions de dollars pour des programmes de formation de médecins et de physiciens médicaux qui profitent…à l’Ontario et les Etats-Unis!




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Sur l'Ukraine, je demande à voir

Gilles Verrier
TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2004

Monsieur Dusseault

Sur l'Ukraine, je demande à voir. Je trouve suspecte l'apparente spontanéité et la fermeté sans appel avec laquelle un certain nombre de gouvernements refusent de reconnaître l'élection. On a vu bien des gouvernements prendre beaucoup plus de temps à réagir pour des choses bien plus graves et bien mieux documentées. Mentionnons le Darfour pour exemple récent. Je ne suis pas spécialiste des affaires ukrainiennes mais une marge officielle de 3% sépare tout de même les deux protagonistes. Si le candidat que l'on présente comme pro-occidental l'avait emporté par 3% des voix, je me demande si une opposition aussi véhémente aurait pu se manifester avec tant de crédibilité. Qui veut tuer son chien dit qu'il a la rage, dicton populaire.

En l'absence des faits, car jusqu'ici les faits bien étoffés sont les grands absents de tout ce tapage, on ne peut juger. Il faudrait du temps pour faire la lumière. Dans ce contexte, l'empressement à conclure des autorités politiques est pour le moins suspect. La position officielle, immédiatement relayée sans trop d'esprit critique par les médias, ne met-elle pas en cause, une autre fois, la capacité de ces derniers de présenter l'actualité d'une façon équilibrée, indépendamment des manipulations du pouvoir ?

Cette situation me fait penser à la facilité avec laquelle les médias, y compris Radio-Canada, s'étaient faits les échotiers de la fable des armes de destruction massive en Irak, délaissant du coup leur devoir de rapporter les informations provenant de différentes sources de façon équilibrée, chose que l'on enseigne pourtant en journalisme 101, je crois.

Aurons-nous droit à une véritable information ?




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COMME EN 1995

Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2004

Le peuple ukrainien manifeste massivement dans les rues de Kiev, la capitale du pays, depuis l’élection présidentielle du dimanche 21 novembre dernier. C’est que le résultat du second tour de scrutin donne gagnant, par une faible marge, Viktor Ianoukovitch, un proche du Kremlin. Pourtant, des sondages effectués à la sortie des urnes ont révélé que le candidat de l’opposition Viktor Iouchtchenko, qui souhaite l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne, aurait savouré la victoire en raflant environ 54% des voix contre 43% pour son adversaire.

Plusieurs gestes douteux auraient été signalés le jour du vote, privant ainsi les Ukrainiens d’un changement politique marquée par l’établissement d’une plus grande souveraineté face à la Russie. Une grande partie de la communauté internationale a endossé les accusations de fraude électorale exprimées par l’opposition.

La situation n’est malheureusement pas sans rappeler le référendum sur la souveraineté du Québec tenu en 1995. Le résultat de cette consultation populaire a également été victime d’actions frauduleuses émanant du gouvernement canadien. Les centaines de millions de dollars dépensés illégalement par Ottawa en pure propagande, les dizaines de milliers de citoyenneté délivrées en toute hâte jusqu’à quelques jours du vote et des taux de participation suspects dans les circonscriptions québécoises limitrophes à l’Ontario, ont permis au camp du NON de compter moins de 50 000 voix de plus que les souverainistes. Et dire que l’État canadien ose donner des leçons de démocratie en accusant le gouvernement sortant de l’Ukraine d’avoir agi illégalement pour conserver le pouvoir… C’est à vomir.

Curieusement, le soir du 30 octobre 1995, personne ne s’est levé pour désavouer le résultat du vote, comme nous pouvons l’observer en Ukraine actuellement. Pourtant, la fraude électorale était évidente. Un peuple tout entier venait de se faire confisquer un consensus historique mettant un terme à près de 250 ans d’occupation politique marquée par une campagne soutenue de dénigrement visant à miner sa confiance. Est-ce justement ce complexe bien incrusté qui a influencé la décision des leaders souverainistes de ne pas dénoncer ouvertement le résultat de la consultation populaire? Certes, un danger d’assister à des débordements aurait pu survenir si contestation il y avait eu. Sauf que les Québécois sont pacifiques, comme les Ukrainiens le prouvent en ce moment au travers de leur démonstration.

La résignation des Québécois, dans les jours qui ont suivi le vol de 1995, n’est que la conséquence logique d’une habitude de perdre depuis plus de deux siècles. La victoire; c’est pour les autres. La morosité politique qui perdure au Québec depuis cet événement a été minutieusement entretenue par une contre-attaque tous azimuts du gouvernement canadien. C’est dans une optique guerrière, aux dires des « officiers canadiens » qui témoignent actuellement à la Commission Gomery, qu’Ottawa multiplie les assauts visant à anéantir l’efficacité de l’Assemblée nationale. Après l’adoption de la loi C-20 et l’injection de millions de dollars pour occulter l’identité québécoise, l’asphyxie fiscale imposée par le gouvernement fédéral est à convaincre les Québécois de leur incapacité collective à s’administrer de façon autonome. L’offensive est brutale, efficace, et sans merci.

Elle sera encore plus implacable s’il devait y avoir un troisième référendum de manière à causer un autre échec qui sera cette fois sans appel. Pas étonnant que les Québécois n’en veuillent pas : il y a des limites à accumuler les défaites, dont les lendemains affaiblissent dramatiquement le Québec. Oui, ils veulent la souveraineté et manifester leur fierté comme le font les Ukrainiens par milliers. Plus question cependant de l’obtenir par le biais d’un ultime référendum face à un adversaire fédéraliste qui se comporte comme l’ont fait des leaders politiques de l’ancien bloc communiste.

Il n’y a que la voie élective, à majorité absolue, qui puisse protéger les Québécois des intentions frauduleuses d’Ottawa puisqu’elle seule permet de rappliquer à tous les quatre ans. Il est à espérer que les délégués péquistes au congrès national de juin 2005 le reconnaissent.




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À quand un pacte tout court?

Christian Gagnon, Montréal
TRIBUNE LIBRE 26 novembre 2004

Ainsi donc, selon Jean Lapierre, en appuyant la motion demandant la rétrocession des terres en surplus de l'aéroport Mirabel, le Bloc Québécois concluerait un ¨pacte de cons¨ avec les conservateurs. Mais au fait, en ce qui concerne ce succédané d'aéroport, les Libéraux ont-ils jamais eu quelque pacte que ce soit à offrir?

Le gouvernement Trudeau a tout exproprié, au mépris de l'avis du gouvernement du Québec et du sort de milliers de familles. Le gouvernement Chrétien a déménagé les vols de Mirabel à Dorval au lieu de faire l'inverse, pour ensuite rebaptiser le tout du nom de celui qui a tout gâché, en se fichant encore une fois de l'avis des Québécois.

Enfin, le gouvernement Martin et son actuel ministre des Transports refusent obstinément de s'excuser auprès des victimes de ce torrent d'arrogance. Zéro mea culpa.

Trente ans plus tard, du haut de la tour de contrôle de Mirabel, au beau milieu de ces dizaines de milliers d'acres de terres fertiles toujours confisquées, on n'aperçoit pas l'ombre d'un pacte à l'horizon.




TRIBUNE LIBRE

UNE ÉLECTION DÉCISIONNELLE RECONNUE

Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 26 novembre 2004

À voir les milliers d’Ukrainiens agiter des drapeaux devant leur Parlement à Kiev, il ne fait pas de doute du caractère souverainiste de l’élection du 21 novembre dernier. L’enjeu était donc lié à la libération du pays de la sphère d’influence russe. Les gens ont choisi d’appuyer le leader de l’opposition Viktor Iouchtenko qui souhaite un rapprochement avec l’Union européenne. Seul le vol du résultat de l’élection présidentielle par le préféré de Vladimir Poutine Viktor Ianoukovicht a empêché que la démocratie s’exprime légitimement.

Il est intéressant de voir les pays de la communauté internationale s’empresser de dénoncer la fraude électorale et d’exiger que la volonté des Ukrainiens soit respectée. Ainsi, les États-Unis, le Canada et les pays de l’Union européenne somment le gouvernement ukrainien sortant de se plier au verdict populaire. Le recours à un mécanisme électif par Viktor Iouchtenko pour accroître la souveraineté de l’Ukraine ne pose donc pas de problème à ces intervenants.

Cette réalité doit faire réfléchir les ténors du Parti québécois qui prétendent que l’emploi de cet outil démocratique pour faire du Québec un État souverain ne serait pas approuvé sur la scène mondiale. L’obtention d’une majorité absolue des suffrages exprimés lors d’une élection souverainiste ne peut pourtant hériter d’un jugement différent. D’autant plus que l’utilisation de la voie élective au Québec constitue une mesure de protection justifiée suite au vol du résultat du référendum de 1995 par le gouvernement canadien : il est légitime de refuser de risquer une troisième défaite référendaire qui serait fatale après avoir gagné en 1995. Heureusement, ce triste événement légalise aujourd’hui davantage l’adoption d’une autre démarche. La réaction de l’Amérique du Nord anglo-saxonne face à une victoire souverainiste émanant d’un processus électif sera probablement différente de celle qui est observée actuellement dans le dossier ukrainien. Par contre, conséquente avec sa prise de position dans ce litige; l’Union européenne ouvrira les portes.

Maintenant que la voie élective s’est exprimée inéluctablement comme démarche démocratique autonomiste acceptée par la communauté internationale, comme le prouve la situation ukrainienne; les souverainistes québécois doivent aussi s’en prévaloir. Leur système électif éprouvé depuis plus de deux siècles s’attire la confiance de tous. Une fois l’enjeu clairement défini, les Québécois sauront à quoi ils s’engagent en appuyant le Parti québécois ou toutes autres formations souverainistes qui déclareront être autorisées à aller de l’avant en obtenant la majorité absolue. À l’image du peuple ukrainien, la nation québécoise recevra l’appui de la communauté internationale lorsqu’elle optera pour la liberté. Faudra-t-il également descendre dans la rue pacifiquement, mais curieusement pour dire aux élus souverainistes que le prochain appel aux urnes doit être décisionnel!




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Mirabel ou l'arnaque fédérale

Marie-Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 29 novembre 2004

Un mois seulement après la fermeture officielle du transport des passagers à l'aéroport de Mirabel, le 28 octobre dernier, voilà que surgit du fond du panier Toronto-Ottawa, celui de l'aéroport de Pickering qui a fait l'objet d'un dossier au Point de la SRC, première chaîne. Afin d'ajouter l'outrage à l'insulte, le dossier nous montre des agriculteurs de cette région, qui, « eux aussi », les pôvres, avaient été expropriés, et nous les entendions se plaindre de leurs grands malheurs. Cette manipulation sans doute préparatoire à la résurrection de l'aéroport de Pickering a été pour moi un véritable soufflet, que dis-je, une gifle.

Afin d'exorciser ma fureur, je suis entrée en communication avec quelqu'un qui, à ma connaissance, avait participé à l'étude de ce dossier. Et je dois dire que cette entrevue fut bien inutile; la fureur était toujours présente. Et combien multipliée.

Voici ce que me dit cette personne qui, dans cette période, a occupé un poste qui l'a mis en contact avec le comité fédéral-provincial (des sous-ministres d'Ottawa et de Québec) de la Zone spéciale de N.A.I.M. (Nouvel aéroport international de Montréal). De plus, il était un représentant du gouvernement du Québec au Comité d'exécution (C.E.) de la dite Zone spéciale du N.A.I.M. Ce monsieur ne se croit plus sous le devoir de réserve, m'a-t-il dit.

Vous n'apprendrez peut-être rien de nouveau, mais vous pourrez sûrement vous convaincre encore une fois qu'il n'y a rien à faire avec le gouvernement fédéral et ce, de quelque manièrre que ce soit. Y a-t-il encore des naïfs sur le vol Mirabel-Mirabel?

« Et ce n'est pas la seule arnaque du milieu des affaires canadien et québécois (de certains p'tits politiciens et hommes d'affaire québécois) et du fédéral, me dit-il.» Et pour rappel, voici.

« Nous avons eu le déménagement de la Sun Life, en 1978, où Thomas Galt, président, prétextant que la Loi 101 de protection de la langue française au Québec limitait les possibilités d'embauche de personnes compétentes en anglais. Aussi, il y a eu le démembrement de tout le secteur financier de Montréal qui s'est poursuivi inexorablement par la fermeture de la Bourse Canadienne d'abord, et ensuite, de la Bourse de Montréal par la concentration de cette activité à Toronto et dans l'Ouest du Canada. »

Toujours dans cet ordre d'idées, mon iterlocuteur revient au dossier qui faisait l'objet de cette rencontre. Voici.

« L'aéroport de Mirabel s'est avéré un fiasco pour le Québec et Montréal, en même temps qu'une vaste arnaque. En effet, dans les dernières années de la décennie de 1960, le gouvernement fédéral pour éviter le mécontentement en Ontario ou au Québec procède à l'expropriation de terres agricoles à Pickering et à Mirabel en vue de l'établissement de super-aéroports du futur pouvant recevoir le trafic de l'Atlantique-Nord, de ses millions de passagers annuellement et de ses grandes quantités de fret aérien par avion tout « cargo », le tout accompagné des activités de transbordement, de distribution et de manufacturing (T.D.M.). »

« Après avoir écarté la proposition du Québec qui voyait cet aéroport dans la région de Saint-Hyacinthe qui présentait certains avantages comme la proximité d'autoroutes et du chemin de fer déjà implantés, le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau décide quand même d'établir l'aéroport à Mirabel. Il y a levée de boucliers en Ontario. En cours de construction et pour répondre aux revendications de l'Ontario et de sa puissante communauté des affaires, le gouvernement fédéral accorde à l'aéroport de Toronto (Pearson), la 5e liberté* en droit aérien (Convention de Chicago du 7 décembre 1944), que seul l'aéroport de Montréal (Dorval) avait jusque-là, et qui avait justifié, entre autres, la décision de construire Mirabel. Cette 5e liberté a été accordée par le gouvernement fédéral aux transporteurs étrangers qui peuvent dorénavant déposer et prendre des voyageurs, du courrier, des marchandises non seulement à Montréal, mais aussi à Toronto, qui dans les faits a attiré la plupart des transporteurs chez elle.»

À mon humble avis, il est faux de prétendre que ces possibilités accordées à Toronto découlent d'une déréglementation quelconque, venue de je-ne-sais-où, comme il a été rapporté dans certains médias.

« Ainsi le 28 octobre 2004, M. Pierre Jeanniot, ancien haut dirigeant d'Air Canada, à l'occasion des derniers vols passagers à Mirabel, disait qu'en accordant cette possibilité à Toronto, le nouvel aéroport de Mirabel était devenu à toute fin pratique inutile avant même son inauguration officielle en 1975**. J'ai entendu cette nouvelle une fois, et par la suite, elle a disparu comme par enchantement. D'ailleurs, c'était tellement évident qu'à ce moment là, le Réseau express Montréal-Mirabel (R.E.M.) n'était pas construit bien qu'une gare ait été érigée en sous-sol de l'aérogare de Mirabel (qui peut probablement être visitée) et qu'une desserte autoroutière (A-13) n'avait pas été complétée jusqu'à l'aérogare. »

Et, le 18 novembre 2004, l'Autorité aéroportuaire du Grand Toronto a dévoilé un projet d'aéroport à Pickering sur les terrains expropriés dans les années 60, et n'ayant pas été rétrocédés***. Trente ans plus tard, Toronto veut l'aéroport qu'elle n'a pas obtenu dans les années 60 et profite (!!) de la fermeture de Mirabel qu'elle savait inéluctable.

Comprenne qui veut bien!

* Nicolas Matresco Matte, Traité de Droit aérien-aéronautique, (Évolution-Problèmes spatiaux), p.710, Deuxième édition, Éditions A. Pedone, Paris, 1964.

** Téléjournal, R.D.I., jeudi le 28 octobre 2004, 21 heures.

*** Téléjournal, R.D.I., mercredi le 17 novembre 2004, 21 heures et Presse canadienne, Un nouvel aéroport à Toronto, Journal de Montréal, jeudi 18 novembre 2004.




TRIBUNE LIBRE

Le mépris de certains médias de Toronto

Jean-Claude Michaud, Deux-Montagnes
TRIBUNE LIBRE 29 novembre 2004

Cet article m'a révélé une fois de plus le mépris que certains médias de Toronto ont envers la prédominance du Français au Québec et la loi 101. Ils utilisent des mots que nos journaux du Québec n'utiliseraient pas face au reste du Canada. Il parle de la loi 101 comme d'une loi odieuse et de notre Québec comme d'une province de sans le sou. C'est pas parce que notre province est très endettée en grande partie à cause des dédoublements causés par l'existence pour notre Québec d'un autre gouvernement à Ottawa qui lui aussi en passant est très endetté que l'on peut dire sur nous des sottises. Le Canada a été très mal géré par les Libéraux Fédéraux pendant trop longtemps avant que ceux-çi profitent de la croissance économique et des coupures drastiques faites aux provinces pour éliminer d'abord le déficit et pour avoir commencé à rembourser la dette fédérale avec ces surplus.

Tout cela prouve encore une fois que la clique de Toronto veulent encore diminuer le Québec et encourager notre dénigrement au lieu de faire preuve de plus de lucidité et d'expliquer sereinement que le Québec constitue une nation et que cette État National peut bien imposer une loi linguistique qui bannit l'anglais comme langue publique d'affichage étant donné que le Québec baigne dans un océan anglophone en Amérique du Nord que si l'on n'y prend garde peut nous faire disparaître en temps que francophone d'Amérique. Cette article avait le style des écrits de Diane Francis, cette conservatrice d'extrême droite de Toronto, il provient donc peut-être de sa plume.

Le Québec n'est pas considéré comme une nation à part entière dans l'union fédérale canadienne; c'est à dire égale et traité avec respect. Le Canada Anglais n'est de toute façon pas toujours très élégant dans ses rapports avec les autres nations d'Amérique du Nord que ce soit les commentaires Anti-Américain des Canadiens Anglais qui ce sentent menacés par la culture Américaine qui les a de toute façon assimilé culturellement depuis longtemps avec sa musique et ses émissions de télévision et ses films ou dans sa façon de traité avec la nation Québecoise et les nations amérindiennes. Le Québec doit donc au plus tôt se donner le statut de pays complet afin d'être fier de lui-même et de se représenter lui-même dans le monde. Se représenter lui-même dans le monde chose que même le Fédéraliste Jean Charest semble commencer à aimer faire lui-même.

Et si Jean Charest avait l'honnêteté de se rendre compte qu'il pourrait devenir un grand Québécois et passer à l'histoire comme celui qui amènerait le Québec après être allé au bout du fédéralisme et de son cul de sac actuel vers son émancipation national et sa libération nationale en organisant le référendum qu'il gagnerait car appuyé par et le Parti Libéral du Québec et le Parti Québecois afin entre autre de régler le déséquilibre fiscal qu'Ottawa refuse de régler et de récupérer tous les pouvoirs politiques et économiques du Québec. C'est d'ailleurs Jean Charest après tout qui a parlé au Congrès Libéral du Fédéralisme comme de deux ordres souverains de Gouvernements sans dominiation par l'un deux sur l'autre mais que faire quand le Canada Anglais n'en a rien à foutre de cette nécessaires souverainetés du Québec dans ses champs de compétences et d'un Québec qui aspire à encore plus de compétence et d'autonomie comme le réclame l'ADQ ou tous les pouvoirs souverains le PQ. Il faut bien rêver après tout en attendant le retour du PQ au pouvoir n'est-ce pas?




TRIBUNE LIBRE

La leçon de l'Ukraine ne doit pas être perdue au Québec

François Perrier
TRIBUNE LIBRE 29 novembre 2004

L'Ukraine se dirige irrémédiablement vers une guerre civile, alors que la nation de souche ancestrale ukrainienne ne contrôle plus son propre territoire national. Au Québec, un futur gouvernement indépendantiste de salut national (non souveraineux), doit tirer leçon de ce qui se passe là-bas, afin d'occuper tout son territoire national, alors qu'il retournera au pouvoir.

Les minorités 'officielles' et/ou les immigrants sont ainsi programmés par leurs maîtres, qu'ils prennent avantage des 'àplatventrismes' de la 'politicaille' locale et remplissent les vides d'État qui se créent. En Ukraine comme au Québec. À mesure que le PQ a été usurpé par son aile néolibérale internationaliste, celle-ci s'est retirée des affaires d'État, pour se réfugier dans le provincialisme et une bonne gouvernance pour vaincus. Une gouverne propre à ceux qui n'ont de vraie patrie que l'argent. Un énorme vide du pouvoir territorial s'est alors créé au Québec, donnant naissance aujourd'hui au mouvement partitioniste. Au Québec comme en Ukraine.

L'alors premier ministre péquissse Pierre-Marc Johnson avait fait carrément table rase de ses velléités 'souveraineuses' avant de se réfugier dans un des organismes du G-7 mondialisant. C'est sous Parizoo grand seigneur et "le meilleur d'entre nous" (j'admet être 'tombé dans le panneau'), que la culture française aura été le plus dépourvue de support financier - afin que "nous" oubliions qui nous sommes. Narcisse le bouchar, tout en déplorant le manque de fertilité de la femme blanche au Québec, s'en assurait en créant une économie sociale bidon. Nancy Neamthan who, dites-vous !? Ne faisant pas dans la subtilité, laundry-lavette-en-second de la Brigade néolibérale lourde, est carrément devenu le porte paroles des Patroneux du Québec, ennemis proverbiaux de tout ce qui fait nation et peuple.

Et voilà pourquoi madame, votre fille est aveugle - et que le bon peuple québécois est en mode accéléré de louisianisation.

Je remercie la journaliste au Devoir-de-toutes-les-réserves, Caroline Montpetit, qui fut mon guru pour un jour, en nous faisant découvrir le vrai pacifisme, par rapport à notre àplatventrisme national congénital. Dans son article, "Un pacifiste en Israël", des 4-5 octobre 2003, elle laissait dire à un certain pacifiste du nom de André Chouraqui, "que l'erreur fondamentale est celle que font tous les peuples en se sentant détenteurs de la terre sur laquelle ils vivent. Le drame, c'est de toujours se croire détenteur du pays que l'on occupe".

Ce qui est évidemment à la fois vrai et faux au Québec. Il faut constamment occuper son territoire national, pacifiquement mais fermement en faisant travailler la démocratie du plus grand nombre en sa faveur. Appelez la démocratie comme vous voudrez - que vous soyez de gauche, de droite, de minorité officielle, ou d'immigration récente, chapeau en main. Appelez la "le pire système de gouvernance qui soit", "la tyrannie de la majorité", "la dictature du prolétariat" "l'oppression de la classe moyenne" "fléau pour riches et influents". Mais comment ce fait-il que la démocratie du plus grand nombre - celle de la majorité française de 84% au Québec - ne fonctionne que pour les autres !? "Majority rules" comme nous ont enseigné certains de nos historieux maudits, mais jamais pour "nous", alors qu'elle devient "racisme et oppression des altérités". La démocratie de la majorité française du Québec est le pire système -- sauf tous les autres -- et nous devons l'assumer suivant le principe de la subsidiarité - d'un contrat social où la minorité se tasse en faisant confiance à la majorité. La démocratie au Québec est garante de "notre" épanouissement (et non pas notre "survie") comme disent certains souveraineux.

J. René-Marcel Sauvé, dans son livre "Géopolitique et avenir du Québec" (Guérin), invoque la raison d'État de façon très érudite et convaincante -- pour assurer l'intégrité du territoire national sans verser dans la violence. Homme de guerre en son temps, M. Sauvé est selon moi un véritable pacifiste, en ce qu'il a horreur de la guerre. Il appelle ça la dissuasion. “La dissuasion selon M. Sauvé, "est une violence imposée d'abord à l'esprit, et qui a pour objet de briser la volonté adverse, de la plier et de la soumettre à la nôtre.”

Je me flatte d'avoir publié, avant même de connaître le vénérable M. Sauvé, un article en ce même sens, alors que le journal Le Droit était encore entre les mains de l'anglo-fédéraste Conrad Black. Son éditeur fédéraliste d'alors Murray Maltais, était ouvert à la dissension. Article intitulé "L'intégrité du territoire québécois : les Anglos du Pontiac et la partition : la théorie des dominos". Il était apparu sous le titre "Pontiac, partition et effet domino". (voir Le Droit 29 juillet 1996). La conclusion tirée alors "pour prévenir un futur effet domino au Québec, était de coloniser de nouveau, et de franciser le Pontiac, le West-Island et toute la frontière avec l'Ontario". Afin d'éviter le malheur de la partition tel que connaîtra sans doute l'Ukraine maintenant.

Mme Louise Harel, ministre péquiste des Affaires municipales avait compris le danger de la partition du Québec en voulant revoir à la baisse le statut de municipalités dites bilingues du West Island, alors que les Anglos doc (d'appellation à contrôler de plus prêt), y représentaient aussi peu que le tiers de la population. Harel avait réduit à de mères arrondissements ces anciennes villes unilingues anglos. Et voilà pourquoi elle était devenue un de mes gurus. Mais c'était avant que le fédéraste Landry intervienne au nom du fair play à sens unique, et interdise à Harel de compléter son œuvre bénéfique de francisation. Des milliers de racistes anglos irréductibles auraient alors quitté le Québec et Montréal serait définitivement française aujourd'hui. À Mme Harel de reprendre le flambeau maintenant, alors qu'on s'apprête à défénestrer Landry du PQ.

Et voilà ce qu'avait aussi compris mais dans le sens opposé, la fédéraliste Louise Beaudoin, (aujourd'hui béatifiée d'une Légion d'horreur, par une France en perte de ses sens). C'est-à-dire dans le sens d'affaiblir toujours plus la nation française du Québec. Beaudoin avait répondu au journaliste fédéraliste Michel Vastel (mais aux questions embarrassants de justesse), que NON, ça n'était pas le cas d'invoquer la RÉCIPROCITÉ des traitements entre les deux minorités officielles du Canada, beau pays bot, "parce que les Québécois n'en sont pas là" !! À savoir selon la Beaudoin, que les Québécois français sont trop cons pour comprendre qu'il y a sécurité dans le nombre - trop stupides pour comprendre que les parlant français du Canada - fédéralistes ou pas -- sont nos avant-gardes dans les marches de l'impérialisme canadiAn.

La Beaudoin citoyenne du monde n'a retenu qu'une seule leçon de Marx alors qu'elle se précipitait au chevet de tous les petits peuples de la terre à Porto Allègre il y a quelques années, -- du moins ceux qui ont déjà leur État bien à eux. Que seuls comptent les États déjà existants et non pas les petits peuples qui n'ont pas le leur. De la gauche "champagne et caviar" Beaudoin travaille maintenant pour protéger SON État canadiAn, condamnant ainsi son petit peuple québécois, "foutu", comme Marx l'a enseigné.

Si il ne faut pas faire peur inutilement au gens,il ne faut pas non plus les leurrer. Il faut contraster les Anglos sur notre territoire national. Pas par génocide, ou ethnocide comme eux ont fait à notre endroit, mais en les marginalisant dans l'utilisation de la démocratie. Une majorité de 84% ça se concrétise de plusieurs façons. Et l'Anglo, comme quiconque agresse les autres, s'émeut quand on menace de lui tenir tête, et il se réfugie alors dans la raison retrouvée. Habitué à se battre par personnes interposés - les Gurkhas et autres troupes coloniales (dans ses guerres impériales) et, par CanadiAn-français (contre Riel) serviles, ou en mal de survie. C'est l'Anglo pragmatique et acculé au pied du mur qui a inventé le fameux "The best part of Valour is discretion". À savoir - ma traduction maison - 'la partie congrue du courage consiste à se retirer en bon ordre, le cas échéant'. Mais nous n'en sommes pas là présentement au Québec - loin de là. La partition s'organise, et comment !

Il y a quelques années, j'étais dans le Pontiac québécois un 11 novembre, jour de célébration de guerres victorieuses. Passant par hasard dans un petit village de quelques douzaines d'habitants anglos, (Watham je crois, juste avant l'Île aux Allumettes à la frontière avec l'Ontario), j'ai alors assisté à une cérémonie aux morts présidés par une compagnie de 120 hommes en armes du RCR (Royal CanadiAn Regiment), réputé pour ses exactions en Somalie. Fraternisant ensuite avec la population dans une taverne locale, l'armée canadiAn était venue en reconnaissance, à partir de sa base militaire de Petawawa en Ontario, tout près, pour affirmer, tout comme les soldats russes en Ukraine maintenant, que le Québec ne sortira jamais indemne du Canada. Ma référence - un agent de la Sureté, Marc Ipersiel (?), et unique représentant de l'État québécois péquissse démissionnaire sur son territoire.

Des noms, toujours des noms ! Au point où en est réduite la nation française du Québec, il faut nommer des noms, pour expliquer comment et pourquoi elle est maintenant réduite à peau de chagrin. Il faut identifier les ennemis francos souveraineux et francos fédérastes de cette nation laissée pour compte mais pourtant si méritoire !

Voilà donc défini par l'absurde, 'l'aplatventrisme' de nos zélites. Tout commence par une définition aurait dit le philosophe Sertillange (o.p.) - mais encore faut-il que cette définition soit honnête !