Le Québec : une économie de petite taille qui prend place parmi les leaders mondiaux

l’Institut de la statistique du Québec 24 novembre 2004

Québec, le 24 novembre 2004 – Bien que sa population et son économie semblent de petite taille, le Québec se classe parmi les leaders sur les marchés mondiaux. C’est l’une des constatations qui ressort de la nouvelle publication de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ), Le Québec dans le monde. Statistiques socioéconomiques, qui situe le Québec dans son environnement international à l’aide de 50 indicateurs dans 235 pays et territoires.

En effet, le produit intérieur brut (PIB) du Québec en 2003, mesuré en parité de pouvoir d’achat (PPA) avec le dollar américain, s’élève à 210 milliards de dollars américains PPA, soit 20,8 % du PIB canadien, qui est de 1 010 milliards. Bien que 93e au chapitre de la population, le Québec occupe ainsi le 37e rang pour ce qui est de la taille de son économie, derrière la Grèce (36e), la Suisse (35e), l’Autriche (34e) et la Suède (31e), mais devant le Portugal (40e), la Norvège (42e) et le Danemark (44e), alors que le Canada obtient la 11e place.

Quant au produit intérieur brut par habitant du Québec en 2003, il atteint 28 044 dollars américains PPA, tout juste devant Hong-Kong et le Japon et derrière la Suède, qui affichent des écarts inférieurs à 0,5 %. Le Québec occupe ainsi la 16e position. Le Luxembourg gagne la tête du palmarès, suivi des États-Unis, de la Norvège, de l’Irlande et du Canada, en 5e place grâce à 31 887 dollars américains PPA.

En ce qui concerne les échanges de biens, le Québec exporte en 2003, sur les marchés étrangers, pour 46 milliards de dollars américains au taux de change courant, soit 25,3 % de son PIB et, par conséquent, il est le 36e exportateur (Canada, 8e) sur les marchés internationaux. De plus, les importations du Québec, de 45 milliards de dollars américains en 2003, représentent 25,1 % du PIB, ce qui lui vaut le titre de 32e importateur (le Canada est 8e).

Par ailleurs, seulement 16 pays dépassent le Québec en superficie. En effet, comptant 1 667 441 kilomètres carrés, il se compare à la Libye et à l’Iran, et il équivaut à 85 % du Mexique, à 17 % du Canada ou des États-Unis, et à trois fois la France. Par contre, la portion réduite de la zone habitée du Québec – d’où sa faible densité globale de population, parmi les plus faibles du monde avec le Canada – lui vaut une population de 7 542 760 en 2004, soit le 93e rang, juste devant la Suisse (94e) et derrière l’Autriche (90e). Sa part dans le Canada s’établit maintenant à 23,6 %.

Le produit intérieur brut (ou la production totale de biens et services) indique la mesure de la richesse générée par l’économie du Québec durant une année. Par ailleurs, la parité de pouvoir d’achat évite les distorsions dues aux taux de change, lorsqu’il y a comparaison internationale en dollars américains, puisqu’elle tient compte des différences entre les niveaux de prix des économies de chaque pays.

L’Institut de la statistique du Québec produit et diffuse une information statistique pertinente, fiable et actuelle sur l’évolution socioéconomique du Québec et de la société québécoise. Il constitue le lieu privilégié de production et de diffusion de l’information statistique officielle pour les ministères et organismes du gouvernement, et il est responsable de toutes les enquêtes d’intérêt général.

Données sur Internet

Des données sont consultables sur le site Web de l’Institut de la statistique du Québec à l’adresse : www.stat.gouv.qc.ca.




Économie mondiale : Le Québec tire son épingle du jeu

Mylène Moisan
Le Soleil jeudi 25 novembre 2004

L'économie du Québec traînait de la patte avant le 14 avril 2003, elle se porte beaucoup mieux depuis, assurent les libéraux. Et les chiffres ? Ils disent que la Belle Province fait très bonne figure dans le monde. Et que les changements de gouvernement n'y sont pas pour grand-chose...

Le constat est fait par l'Institut de la statistique du Québec (ISQ), qui a rendu publique, hier, pour une première fois, une compilation des différentes données liées à la place de l'économie québécoise dans le monde. Économiste pour l'ISQ, Jean-Pierre Barrette arrive à la conclusion que le Québec, malgré sa "petite économie", n'a pas à rougir devant des pays similaires, la Suède notamment, qui affiche une performance comparable.

Pendant la dernière campagne électorale, le chef du Parti libéral, Jean Charest, ne ratait pas une occasion de rappeler combien l'économie du Québec était anémique et que l'interventionnisme péquiste en était à l'origine. Il rappelait d'ailleurs, pour appuyer ses propos, que le niveau de vie des Québécois était alors au 52e rang sur 60 États et provinces du nord de l'Amérique. C'était écrit noir sur blanc dans la plate-forme économique du PLQ.

Depuis leur élection, les libéraux, toujours avec chiffres à l'appui, se réjouissent de voir l'économie du Québec prendre un nouveau souffle comme l'avaient fait les péquistes avant lui. Aujourd'hui, l'opposition dirigée par Bernard Landry insiste sur les emplois perdus depuis l'élection des libéraux, ceux-ci tablent sur la diminution du taux de chômage.

Malgré ce que les élus en disent, M. Barrette affirme que "les changements de gouvernement ont bien peu d'impact sur l'économie en général". Et si les libéraux pouvaient dire que l'économie du Québec était si mal en point, "c'est probablement parce qu'ils se basaient sur des chiffres en dollars américains et pas en fonction de la parité du pouvoir d'achat (ppa)".

C'est cette deuxième méthode que privilégie l'ISQ, notamment parce qu'elle rend les comparaisons plus justes, alors que celles faites en dollars américains sont soumises aux fluctuations des monnaies. "Si on refaisait l'analyse avec un dollar américain qui est passé de 1,55 $ à 1,25 $, le PIB du Québec s'améliore de 30 % tout d'un coup", explique M. Barrette.

Selon l'analyse rendue publique par l'ISQ, "le Québec se classe parmi les leaders sur les marchés mondiaux", arrivant au 37e rang pour la taille de son économie sur quelque 200 pays, malgré qu'il soit 93e en termes de population. À titre de comparaison, la Grèce arrive au 36e rang, la Suisse au 35e et le Portugal 40e. Le Canada, de son côté, se classe au 11e rang.

Au chapitre des échanges commerciaux, le Québec conserve relativement la même position, avec la 36e position pour ses exportations et la 32e pour ses importations. Le Canada, dans les deux cas, se classe 8e. M. Barrette est formel, "le Québec est dans le peloton. C'est sûr qu'on est une petite économie avec ses problèmes, mais on soutient très bien la comparaison avec plusieurs pays d'Europe".

L'économiste confie d'ailleurs recevoir des appels de différents partis pour connaître l'impact des dirigeants sur l'économie. Mais, indique-t-il, "on ne peut pas dire l'effet qu'a un gouvernement. Ce n'est pas si évident, ni drastique. On ne peut pas tirer de conclusion, il y a trop de facteurs".

MMoisan@lesoleil.com