Bernard Landry se fait montrer la porte


SRC samedi 18 décembre 2004

Selon un sondage Léger Marketing réalisé pour le compte du quotidien Le Devoir, une majorité de Québécois souhaite son départ de la direction du Parti québécois et le déclenchement d'une course au leadership.

Ainsi, 57 % des répondants estiment que Bernard Landry devrait abandonner la direction du PQ et seuls 30 % se prononcent, au contraire, en faveur de son maintien. 13 % n'ont pas d'opinion sur la question.

Ceci représente un revirement important en comparaison de l'appui populaire dont bénéficiait M. Landry au lendemain de la défaite électorale de 2003, alors que les Québécois souhaitaient qu'il reste chef du PQ et qu'il dirige l'opposition officielle à l'Assemblée nationale.

Parmi les militants péquistes, 51 % d'entre eux demandent un changement de garde à la tête du parti.

La lutte pour la succession pourrait être serrée

Si M. Landry décidait de tirer sa révérence, la lutte pour sa succession serait très serrée.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, et la députée Pauline Marois obtiennent chacun l'appui de 26 % des Québécois. Le député François Legault recueille 16 % et l'ancien député André Boisclair, 10 %.

En tenant compte uniquement des militants du Parti québécois, qui seront les seuls à choisir un éventuel successeur à Bernard Landry, Gilles Duceppe et Pauline Marois restent au coude à coude, à 31 % d'appuis pour le premier contre 30 % pour la seconde. André Boisclair devance, en revanche, cette fois François Legault, obtenant 15 % contre 13 %.

Ce sondage révèle surtout un parti divisé, en attente du congrès de juin prochain, où les péquistes se prononceront sur un vote de confiance envers leur chef.

Selon le même sondage, le nouveau chef du PQ, quel qu'il soit, devancerait pourtant le Parti libéral dans les intentions de vote, à 37 % contre 33 %.

Mais il ressort que les successeurs potentiels de M. Landry feraient tous un meilleur score que lui face aux libéraux de Jean Charest.

Ce sondage Léger Marketing a été réalisé entre les 8 et 12 décembre auprès de 1006 répondants à travers le Québec. La marge d'erreur est de plus ou moins 3,4 %, 19 fois sur 20.




Sondage Léger Marketing-Le Devoir

Landry devrait démissionner

Kathleen Lévesque
Le Devoir samedi 18 décembre 2004

57 % des Québécois souhaitent que le chef du PQ quitte son poste

Une majorité de Québécois estime que Bernard Landry devrait quitter la scène politique. La population souhaite dans une proportion de 57 % la démission du chef du Parti québécois et le déclenchement d'une course au leadership. Ce souhait rejoint même les rangs péquistes, où 51 % des supporteurs lancent un message de changement de la garde.

Coincé depuis la fin de l'été dans une dynamique de querelles au sein de son propre parti, Bernard Landry ne réussit pas à tirer profit de l'insatisfaction de la population à l'endroit du gouvernement libéral. Comme tend à le démontrer un sondage Léger Marketing réalisé pour Le Devoir, seulement 30 % des Québécois disent que M. Landry devrait demeurer en poste alors que 13 % n'ont pas d'opinion sur la question.

Pour Bernard Landry, il s'agit d'un changement radical par rapport à l'appui populaire dont il a bénéficié au lendemain de la défaite électorale de 2003. Les Québécois souhaitaient alors qu'il demeure chef du Parti québécois et dirige ainsi l'opposition officielle à l'Assemblée nationale. Mais c'était avant la sortie-choc de Jacques Parizeau sur l'élection référendaire, la demande d'une course au leadership de Pauline Marois et la pirouette politique de M. Landry sur le meilleur moment de tenir un référendum («le plus tôt possible» ou dans la première moitié d'un prochain mandat péquiste).

«Les chicanes sont un facteur, mais est-ce la cause ou la conséquence ? C'est difficile à mesurer. Chose certaine, les péquistes ont réussi à convaincre les Québécois que les libéraux n'avaient pas fait leur travail, mais ils n'ont pas réussi à transformer ça en intentions de vote. C'est difficile de présenter un Bernard Landry nouveau quand il a gouverné et qu'il est en politique depuis 1976», analyse le sondeur Jean-Marc Léger.

Si Bernard Landry décidait de tirer sa révérence, une lutte serrée pourrait s'engager entre Pauline Marois et l'actuel chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe. En effet, 26 % des Québécois estiment que Mme Marois ou M. Duceppe pourraient remplacer le chef péquiste. François Legault recueille 16 % des appuis, et André Boisclair, 10 %.

Dans son enquête, Léger Marketing a exclu Bernard Landry d'une éventuelle course au leadership, la possibilité qu'un chef démissionnaire sollicite à nouveau le soutien des militants étant très faible; le cas de Joe Clark, sur la scène fédérale, apparaît comme étant une exception.

La crédibilité dont jouit Gilles Duceppe à titre de chef du Bloc québécois ainsi que l'enthousiasme qu'il a soulevé depuis les dernières élections fédérales ne lui permettent tout de même pas de distancer celle qui apparaît comme sa principale rivale. Si on s'attarde uniquement à l'avis des péquistes, qui seront les seuls à choisir un éventuel successeur à Bernard Landry, Gilles Duceppe et Pauline Marois demeurent au coude à coude.

En effet, le premier récolte 31 % d'appuis, contre 30 % pour Mme Marois. André Boisclair dame le pion à M. Legault. Les péquistes jugent dans une proportion de 15 % que M. Boisclair ferait le meilleur chef du PQ, et ce, même s'il est parti étudier aux États-Unis depuis la fin de l'été. François Legault arrive bon dernier avec seulement 13 % d'appuis.

Ce sondage équivaut à une alerte pour le Parti québécois, estime M. Léger, qui souligne que le parti ne peut pas seulement tabler sur l'insatisfaction face au gouvernement s'il veut regagner le pouvoir. Il doit être attrayant. Or, avec l'exercice de modernisation de ses statuts, de son programme et de son option, appelé la «saison des idées», le Parti québécois apparaît surtout divisé. Depuis quelques semaines, chaque circonscription a entrepris de tenir un congrès où les militants procèdent entre autres au choix des délégués au congrès de juin prochain. C'est au moment de cette grand-messe que les péquistes doivent participer au vote de confiance envers leur chef, Bernard Landry.

Avec les résultats de ce sondage, la perspective d'élections générales s'annonce plutôt mal pour M. Landry. Comme tendait à le démontrer une première tranche du sondage publiée hier dans Le Devoir, le PQ dirigé par Bernard Landry a une mince avance sur les libéraux dans les intentions de vote, soit 37 %, contre 33 % après répartition des discrets. Mais depuis le mois dernier, le PQ a perdu cinq points d'appuis dans la population en général et neuf points au sein de l'électorat francophone.

«Si Bernard Landry continue comme ça, il va obtenir les mêmes résultats qu'en 2003. Pour obtenir les résultats qu'il n'a jamais eus, il faut qu'il fasse ce qu'il n'a jamais fait. La tendance est mauvaise», fait valoir Jean-Marc Léger.

Ainsi, un changement de tête dirigeante pourrait donner un élan au PQ qui, du coup, recueillerait un plus grand appui des Québécois. D'ailleurs, au chapitre des intentions de vote, les quatre candidats potentiels obtiennent tous un meilleur score face aux libéraux que M. Landry. Si Gilles Duceppe dirigeait le PQ, il devancerait le PLQ par 17 points, avec 45 % des intentions de vote, comparativement à 28 % pour le parti de Jean Charest.

Avec Pauline Marois ou François Legault comme chef, le PQ s'assurerait également d'une victoire avec 41 % d'appuis. Sous le leadership d'André Boisclair, le PQ obtiendrait 37 % des suffrages. Bien que cette question soit parfaitement hypothétique, elle donne une indication de la volonté de changement à la tête du PQ, souligne M. Léger.

Ce sondage Léger Marketing a été réalisé entre les 8 et 12 décembre auprès de 1006 répondants à travers le Québec. La marge d'erreur maximale est de plus ou moins 3,4 %, 19 fois sur 20.




Sondage Léger Marketing-Le Devoir

Promenade dans la neige

Michel David
Le Devoir samedi 18 décembre 2004

C'était le genre de sondage dont Bernard Landry se serait bien passé à la veille des Fêtes et de son voyage à Paris. Pour la première fois depuis les élections du 14 avril 2003, il apparaît que le PQ s'en tirerait mieux sans lui.

Pas plus tard que jeudi, M. Landry disait croire que le pire était derrière lui. Les derniers mois ont été difficiles, concédait-il, mais il ne doutait pas que les délégués au congrès de juin prochain lui renouvelleraient leur confiance. Rien n'est moins sûr. Les résultats obtenus par Léger Marketing vont au contraire encourager la contestation de son leadership.

Pierre Elliott Trudeau avait jadis expliqué avoir pris la décision de quitter la politique en se promenant dans la neige. M. Landry va sûrement arpenter les rives du Saint-Laurent pendant les vacances. Quand plus de la moitié de l'ensemble de la population, des francophones et des péquistes souhaite son départ, c'est qu'il y a un fort vent de changement dans l'air.

De façon générale, les militants péquistes éprouvent du respect pour leur chef, dont ils reconnaissent l'envergure intellectuelle et les services rendus aussi bien au parti qu'à la patrie, mais il ne suscite aucun enthousiasme. La plupart se sont résignés à le voir demeurer en poste moins en raison de ses mérites qu'à défaut d'une solution de rechange vraiment intéressante.

À partir de maintenant, M. Landry ne pourra plus prétendre être le meilleur -- ou le moins mauvais -- atout du PQ pour remporter les prochaines élections et tenir un nouveau référendum. Pire, le sondage de Léger Marketing le transforme en boulet. Dès lors, ce ne seront plus ses qualités mais ses défauts auxquels on s'arrêtera. À commencer par son âge, dans lequel on verra moins les avantages de l'expérience que les inconvénients de l'usure.

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Remarquez, il ne faut pas prendre pour argent comptant les chiffres qui laissent entrevoir une confortable victoire du PQ, aussi bien avec Gilles Duceppe qu'avec Pauline Marois ou François Legault. La perspective d'un changement de chef a presque toujours pour effet de faire grimper les intentions de vote dans les sondages, mais la réalité finit par reprendre ses droits.

D'ailleurs, M. Landry lui-même avait tiré profit de ce phénomène quand Lucien Bouchard avait démissionné. À peine deux jours après l'annonce de son départ, un sondage particulièrement opportun de Léger Marketing laissait entrevoir la possibilité d'un troisième mandat consécutif si le vice-premier ministre lui succédait. C'en était fait des chances de Pauline Marois. Chacun son tour.

M. Landry incarne le PQ tel qu'il est, avec ses interminables chicanes, tandis qu'un chef virtuel permet de le voir dans l'abstrait, de l'imaginer comme on voudrait qu'il soit. C'est cependant une illusion de croire qu'il changerait de façon significative sous la direction de l'un ou l'autre des prétendants à la succession.

Les «purs et durs» découvriraient rapidement chez Gilles Duceppe ou Pauline Marois la même réticence à se lancer tête baissée dans un référendum à l'issue incertaine qu'ils ont toujours reprochée à M. Landry. Les modérés verraient au contraire en François Legault un dangereux aventurier, prêt à jouer à la roulette russe avec l'avenir du Québec.

Les mirages sont d'autant plus attirants que la réalité est sombre. De mois en mois, l'avance du PQ diminue, comme le taux d'insatisfaction à l'endroit du gouvernement. Certes, la grogne demeure forte, mais ce n'est pas le PQ qui en profite. Non seulement l'ADQ a retrouvé un niveau de 20 % pour la première fois depuis mars 2003, voilà que les intentions de vote pour les tiers partis atteignent un sommet historique de 10 %.

Si la tendance se maintient, comme on dit, le PQ se dirige tout droit vers quatre autres années d'opposition. Au terme de ce purgatoire, la réforme du mode de scrutin que Jacques Dupuis a proposée cette semaine lui fera perdre l'avantage structurel dont il bénéficie dans le système actuel.

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Après la performance du Bloc québécois aux dernières élections fédérales, personne ne sera surpris d'apprendre que Gilles Duceppe est celui dont le potentiel électoral est le plus élevé. Même s'il a mené une campagne en pantoufles, débats télévisés mis à part, M. Duceppe est à son zénith à l'heure actuelle.

Dans une entrevue accordée jeudi soir au Point, le chef du Bloc a réitéré qu'il envisageait l'avenir prévisible à Ottawa, mais il est clair que le départ de M. Landry remettrait cette résolution en question. M. Duceppe n'aura pas d'autre chance, et il le sait très bien.

La surprise du sondage vient plutôt de Pauline Marois, que plusieurs avaient déjà enterrée. Aux yeux des Québécois et, plus important encore, dans l'esprit des péquistes, elle ferait un aussi bon chef que M. Duceppe. Dans l'éventualité d'élections générales, François Legault obtiendrait des résultats comparables, mais il laisse toujours les péquistes aussi sceptiques.

Certes, il faut distinguer les électeurs péquistes interrogés par les sondeurs de Léger Marketing et les membres du PQ qui éliront le prochain chef, mais il demeure frappant de voir à quel point M. Legault est plus populaire à l'extérieur qu'à l'intérieur de la mouvance péquiste.

Cette relative impopularité est même le seul motif de satisfaction pour M. Landry dans ce sondage. M. Legault n'a aucune raison de provoquer une course au leadership qu'il aurait toutes les chances de perdre et, à elle seule, Mme Marois n'est sans doute pas en mesure de renverser M. Landry.

Au-delà du congrès de juin, le chef du PQ doit cependant se demander s'il a vraiment envie de continuer alors que tout le monde espère le voir partir. Jean Chrétien l'a fait, mais il avait la consolation d'être premier ministre. La promenade dans la neige risque d'être longue.

mdavid@ledevoir.com




Sondage Léger Marketing-Le Devoir

Au-delà du cynisme traditionnel

Gil Courtemanche
Le Devoir samedi 18 décembre 2004

Lors de la dernière campagne électorale, le Parti libéral avait fait de la santé son pain et son beurre. Le Québec cesserait de traîner en queue du peloton des provinces canadiennes pour les investissements par habitant, les urgences seraient désengorgées, les personnes âgées ou celles bénéficiant de l'aide sociale auraient droit aux médicaments gratuits, etc. Ces promesses ont été réitérées comme une litanie mille fois plutôt qu'une. Ils avaient l'air tellement sincères, tellement prêts.

Après 18 mois de gouvernement libéral, le Québec, malgré l'historique entente asymétrique sur la santé, demeure toujours la province qui investit le moins dans les soins de santé. Jeudi, le ministre-vedette de la Santé, Philippe Couillard, dévoilait sa politique du médicament. Le ministre se souvient fort bien de son engagement et déclare qu'il «garde le cap» mais, entre-temps, il a perdu le nord. Les assistés sociaux devront continuer à payer. Environ 40 000 personnes âgées qui ont des revenus inférieurs à 12 000 $ par année auront dorénavant accès à la gratuité des médicaments. Une goutte d'eau si on compare le coût infime de cette mesure aux 2,6 milliards de dollars que coûte le régime d'assurance médicaments. En fait, le ministre en accorde au moins autant aux compagnies pharmaceutiques en décrétant le dégel du prix des médicaments et cent fois plus en maintenant à 15 ans la vie des brevets, contrairement à dix ans en Ontario. Je pourrais aussi vous parler de la rapidité foudroyante avec laquelle le gouvernement a suspendu rétroactivement les droits des citoyens qui trouvent inacceptable que 600 motoneiges vrombissent dans leur cour chaque jour ou encore de la lutte contre la pauvreté qui s'est transformée en lutte contre les assistés sociaux.

Si je mentionne ces dossiers, c'est que je les lis à la lumière du sondage que publiait Le Devoir hier matin sur les intentions de vote des Québécois. 30 % des Québécois voteraient contre le Parti libéral ou contre le Parti québécois, dont 10 % pour un parti qui n'existe pas encore. Cela ne serait pas suffisant pour faire entrer un député de gauche à l'Assemblée nationale si on appliquait la réformette Dupuis mais, comme le dit le sondeur, ces chiffres soulignent un changement historique dans l'attitude des citoyens à l'endroit des deux grands partis traditionnels. Ce sondage, il faut le lire en se souvenant de la baisse dramatique du taux de participation aux dernières élections provinciales. La plus faible depuis plus de 60 ans.

L'indifférence sociale et le cynisme souriant qu'on affiche quand on trahit ses engagements expliquent à court terme la désaffection à l'endroit des libéraux et aussi le désenchantement face à la politique traditionnelle. Cela n'explique cependant pas que ni les péquistes ni les adéquistes ne profitent pas de ce virage dans l'opinion publique. Il faut regarder au-delà du cynisme traditionnel face à la politique pour expliquer ces phénomènes.

Il existe une première tendance lourde qui s'exprime dans l'ensemble des pays occidentaux : le sentiment selon lequel la politique est de plus en plus impuissante à encadrer les forces économiques qui structurent la mondialisation de l'économie. Comme si les gouvernements avaient soit baissé les bras, soit choisi le camp des multinationales. L'interminable saga du bois d'oeuvre dans laquelle un puissant lobby industriel appuyé par Washington peut balayer du revers de la main tous les jugements internationaux donnant raison au Canada illustre ce sentiment de désarroi. Il ne sert plus à rien d'avoir raison. La croissance de la richesse et, en parallèle, celle de la pauvreté et de la précarité contribuent aussi à exacerber ce sentiment d'impuissance : les gouvernements ne pourraient plus rien pour le bonheur des citoyens. C'est ce qui explique en partie que de plus en plus de jeunes boudent la politique partisane et s'engagent dans le mouvement associatif et que les groupes d'action communautaire deviennent pour plusieurs le lieu privilégié de l'engagement politique. Cela se comprend : dans le travail de terrain, on est animé par le sentiment de réaliser quelque chose, de jouer un rôle dans l'évolution de la société et d'avoir un peu de prise sur son destin. Quand on vote, on a de moins en moins le sentiment de contribuer à la réalisation d'un projet concret.

Il existe aussi une deuxième tendance lourde, propre au Québec. Depuis 1980, une très grande majorité de Québécois votent en définitive en fonction d'un seul débat de fond ou d'une seule sensibilité profonde : la nationaliste ou la fédéraliste. Depuis 34 ans, l'électeur, seul dans l'isoloir, se décide finalement en fonction de la question nationale ou plutôt contre le fédéralisme actuel ou l'indépendance. Or il n'est qu'à faire des tournées dans les cégeps ou dans les écoles secondaires pour se rendre compte que ce débat qui monopolise notre inconscient collectif a de moins en moins de résonance chez les jeunes et de moins en moins de pertinence au sein de larges couches de la population. De plus en plus de gens semblent dire aux intellectuels et aux politiciens : «Messieurs, mesdames, ne croyez-vous pas finalement qu'il serait temps de passer et de penser à autre chose ?»