SONDAGE CROP-LA PRESSE
Le retour de Lucien Bouchard souhaité
Denis Lessard
La Presse vendredi 03 décembre 2004
Près de quatre ans après son départ, les péquistes rêvent encore à Lucien Bouchard. Au moment où Bernard Landry perd des plumes et que Jean Charest ne suscite qu'insatisfaction, l'image de l'ancien premier ministre conserve une acuité surprenante dans l'opinion publique.
C'est ce que constate la maison CROP dans un tout récent sondage réalisé pour La Presse. L'enquête, réalisée du 15 au 25 novembre derniers auprès de 988 personnes (avec une marge d'erreur de 3 points de pourcentage), constate que les francophones, les péquistes et même les adéquistes seraient majoritairement favorables «au retour de Lucien Bouchard sur la scène politique provinciale au Québec». Un peu de baume sur les malheurs de l'ancien premier ministre, qui devrait, en fin de semaine, quitter l'hôpital Saint-Luc où il se trouve depuis 15 jours pour une péritonite.
Amaigri, passablement déprimé, il vient tout juste de recommencer à s'alimenter.
Les doses massives d'antibiotiques ont déclenché chez lui une forte attaque d'urticaire. L'hôpital a annoncé hier que sa situation s'était maintenant passablement améliorée.
Selon CROP, 63% des électeurs péquistes sont «très ou plutôt favorables» à un retour de M. Bouchard en politique provinciale, comparativement à 36% qui verraient l'opération d'un mauvais oeil.
Dans l'ensemble de la population, 49% des gens souhaitent revoir M. Bouchard en politique, comparativement à 44% qui s'y opposent. Chez les francophones, c'est 53% de gens favorables, une donnée qui grimpe toutefois à 58% chez les supporteurs de l'ADQ et chez les moins de 35 ans.
Les libéraux seraient de loin les plus réfractaires à un retour de M. Bouchard - 56% estiment qu'il ferait mieux de rester dans ses terres.
Vice-président de CROP, Claude Gauthier avoue sans détour être surpris par ces résultats, compte tenu de l'absence de quatre ans de M. Bouchard sur la scène politique - il a démissionné en janvier 2001. «C'est comme si les gens étaient nostalgiques d'une période où ils sentaient qu'il y avait un leadership fort dans la politique québécoise», explique M. Gauthier.
Ironiquement, tout en voyant d'un bon oeil le retour de M. Bouchard, les supporteurs du PQ se rapprochent avec enthousiasme du plan qu'il a toujours réprouvé. Le Parti québécois envisage en effet de préciser son échéancier référendaire pour s'engager à tenir le référendum «dans la première moitié du mandat». Or, 57% des péquistes approuvent cette idée que désavouerait à coup sûr M. Bouchard, qui attendait plutôt «les conditions gagnantes» à la tenue d'une nouvelle consultation.
Dans la population, seulement 36% des gens sont favorables à ce référendum dans les deux ans suivant les élections. «Dans le fond, les gens sont contre la tenue d'un référendum, à plus forte raison si l'échéance est rapprochée», résume M. Gauthier.
Dans l'ensemble de la population, 54% des gens s'opposent à ce référendum rapide; 38% des électeurs péquistes partagent ce point de vue.
Finalement, tout en rêvant d'un retour de M. Bouchard, les péquistes seraient bien heureux de mettre fin à la formule qu'il avait imposée à Jacques Parizeau pour le référendum de 1995, le «partenariat politique et économique».
Ainsi, pas moins de 75% des électeurs péquistes souscrivent à la volonté annoncée du PQ de renoncer au «partenariat politique». Seulement le cinquième des supporteurs du PQ souhaitent conserver la formule de 1995. Dans la population en général, 49% croient que c'est une bonne idée de faire passer par-dessus bord le partenariat politique, comparativement à 40% qui voudraient le conserver.
SONDAGE CROP-LA PRESSE
Landry et Charest dans l'embarras :
La popularité des deux chefs de parti en a pris un coup depuis un an, révèle un sondage
Denis Lessard
La Presse vendredi 03 décembre 2004
Québec - Bernard Landry et Jean Charest ont quelque chose en commun ce matin. Tous deux reçoivent un bulletin passablement mitigé de la maison de sondage CROP sur leur popularité.
Le chef péquiste a perdu pas mal de plumes depuis un an auprès de la population. Quant à Jean Charest, son gouvernement stagne toujours au plus bas en matière de satisfaction.
L'enquête réalisée par CROP pour La Presse démontre aussi que MM. Charest et Landry n'ont pas, depuis un an, amélioré la perception que la population avait d'eux. Quand on leur demande ce qu'ils pensent de Jean Charest comme premier ministre, 60 % des gens se disent " plutôt ou très insatisfaits " de son travail.
Depuis l'an 2000, jamais M. Charest n'avait suscité tant d'insatisfaction. Ce mécontentement a même augmenté de deux points par rapport au niveau constaté par CROP en décembre 2003. Aussi, 35 % des gens se disent " satisfaits " de Jean Charest, un point de moins que l'an passé. En revanche 72 % des électeurs libéraux appuient M. Charest.
Bernard Landry a perdu davantage de plumes. Désormais, 53 % des répondants se déclarent insatisfaits de son " travail comme chef de l'opposition ". C'est 12 points de plus qu'en décembre 2003. Seulement 37 % des Québécois sont satisfaits de son leadership contre 48 % il y a un an. Fait significatif, seulement 57 % des supporteurs péquistes sont satisfaits de M. Landry.
Devant un résultat aussi mitigé, il n'aura guère le choix, estime Claude Gauthier, le vice-président de CROP. " Il se devra à un moment ou l'autre de remettre son leadership en question, quitte à se lancer aussi dans la course. "
Conséquence de cette insatisfaction à l'endroit des autres leaders, estime M. Gauthier, Mario Dumont, chef de l'Action démocratique, marque des points: 52 % des répondants sont satisfaits de lui, une hausse de sept points sur l'an passé. Les insatisfaits sont en baisse de six points à 32 %. Selon M. Gauthier, on se retrouve un peu comme en 2002 quand, déçus des libéraux comme des péquistes, les électeurs s'étaient rapprochés de l'ADQ et de son chef.
Direction du PQ
CROP a testé à nouveau la popularité d'éventuels aspirants à la direction du PQ, en reprenant une question posée l'été dernier, avant que Pauline Marois ne réclame ouvertement le départ de Bernard Landry.
En août M. Landry et Gilles Duceppe se trouvaient quasi ex aequo dans l'ensemble de la population. M. Duceppe devançait M. Landry de deux points, avec 21 %, quand on demandait aux gens quel serait, pour le PQ, " le meilleur chef pour remporter la victoire ".
Cette fois, le chef bloquiste prend plus clairement les devants, étant le choix de 25 % des répondants, contre 18 % pour M. Landry. C'est François Legault qui a le plus progressé, passant de 8 % à 15 %. Il est désormais à égalité avec Pauline Marois elle aussi à 15 %, en hausse de deux points. André Boisclair est le choix de 7 % des Québécois, trois points de moins qu'en août.
Bernard Landry reprend les devants quand on demande aux seuls électeurs péquistes qui a le plus de chance de faire gagner le PQ. Il reçoit alors 29 % des appuis, contre 23 % pour Gilles Duceppe. Cette fois Mme Marois, à 19 %, devance clairement M. Legault, choisi par 14 % des supporteurs du PQ.
Satisfaction
Consolation pour M. Landry, le gouvernement Charest reste chroniquement impopulaire. CROP observe que 62 % des gens se disent " plutôt ou très insatisfaits " du gouvernement Charest, une tendance lourde constatée depuis le printemps, sauf pour une brève embellie en septembre après la conférence fédérale-provinciale sur la santé. Les " satisfaits " sont à 34 %, un score pratiquement inchangé depuis août.
Au point de vue des intentions de vote, la situation ne change guère. Le PLQ obtient 36 % des appuis, le même score que le mois précédent. Le PQ passe de 37 % à 35 %, un glissement de deux points qui profite non pas à l'ADQ, toujours à 24 %, mais aux " autres partis ", qui passent de 3 % à 5 % d'appuis.
Chez les francophones, le PQ conserve une nette avance, à 37 %, une baisse de trois points sur octobre, qui l'assurerait tout de même d'une victoire, estime Claude Gauthier.
L'ADQ grimpe de deux points, à 24 %, devançant le PLQ, qui grimpe de deux points à 23 %. Pas moins de 12 % des francophones se disent indécis.
Par régions, le PQ grimpe de deux points à Montréal, avec 33 % suivant de peu le PLQ (34 %). L'ADQ est loin derrière avec seulement 14 % des intentions de vote.
C'est tout l'inverse à Québec, où le parti de Mario Dumont domine avec 34 % des suffrages, une hausse de deux points. Le PQ y baisse de trois points, à 26 %, et les libéraux ferment la marche à 24 %.
Dans le reste du Québec, le PQ encaisse des pertes, avec 32 % contre 39 % le mois dernier. L'ADQ augmente de six points à 27 % et les libéraux de deux points à 25 %.
Finalement CROP estime qu'un référendum tenu la semaine dernière aurait donné une victoire du camp fédéraliste, à 57 % contre 43 %.
SONDAGE CROP-LA PRESSE
On veut Lucien
Michel David
Le Devoir samedi 4 décembre 2004
Se réclamer de Lucien Bouchard dans un conseil national du PQ exigerait une bonne dose de courage ou d'inconscience. Une proposition réclamant son retour en politique y serait battue à plate couture.
Selon le dernier sondage CROP, 63 % des «électeurs» péquistes sont favorables à ce que l'ancien premier ministre reprenne du service, mais il est très probable que la majorité des militants fassent partie des 36 % qui s'y opposent.
Pourtant, les 56 % de libéraux qui voient d'un mauvais oeil son éventuel retour témoignent du danger qu'il ferait courir au PLQ. Invité à commenter, Mario Dumont a souri devant ce scénario qui relève de la politique-fiction, mais bon nombre des adéquistes sont manifestement des «orphelins de Bouchard» qui le suivraient où qu'il aille. Avant son départ, l'ADQ n'allait nulle part.
Les circonstances de sa démission, après cinq ans de relations tendues, pour ne pas dire empoisonnées, avec son parti, excluent totalement l'hypothèse qu'il revienne au PQ. Lui-même a dû éclater de rire, ou pester contre les maudits journalistes, en voyant La Presse hier matin, même si cela lui a sûrement fait un petit velours.
Remarquez, la question portait simplement sur un éventuel retour «sur la scène politique provinciale», sans préciser dans quel cadre. Ce qui se dégage avant tout du sondage, c'est le formidable capital de crédibilité dont bénéficie toujours M. Bouchard dans une société en mal de leadership.
La mémoire est une faculté qui oublie rapidement. II y a quatre ans, sa démission avait été accueillie avec une sorte de soulagement, après des années de poursuite du déficit zéro qui ont laissé exsangue le réseau de la santé. Sans parler des fusions forcées. Nombreux sont ceux, et pas seulement au PQ, qui ont vu son départ comme un bon débarras.
Aujourd'hui, l'annonce qu'il va s'engager dans tel ou tel dossier est invariablement bien accueillie. Avec lui, personne ne doute que les choses vont enfin se régler. Si les employés de la SAQ sont encore en grève, c'est simplement parce qu'il est tombé malade. Partout, on veut Lucien.
***
Dans le beau monde que M. Bouchard fréquente, maintenant qu'il a quitté ces affreux séparatistes, dont il dit lui-même tant de mal, pour se retrouver dans un grand bureau d'avocats, plusieurs seraient sans doute horrifiés à l'idée qu'il puisse réapparaître sur les tribunes du Oui à l'occasion d'un nouveau référendum.
Quand il a choisi de se cantonner dans l'attente des «conditions gagnantes», après les résultats décevants des élections de 1998, les nostalgiques de Jacques Parizeau ont réussi à se convaincre que son intervention dans la campagne référendaire, en qualité de négociateur en chef, n'avait finalement rien changé. Le renversement de tendance en faveur du Oui avait déjà été amorcé avant son entrée en scène, a-t-on décidé, de sorte que la «bouchardmanie» n'a été qu'une illusion.
Tous au PQ ne font pas la même analyse. En 1995, Bernard Landry a été de ceux qui ont pressé M. Parizeau de nommer le chef du Bloc québécois à la présidence du comité du Oui plusieurs mois avant le référendum et il lui en a toujours voulu d'avoir attendu à la dernière minute pour lui céder le devant de la scène.
À l'occasion d'un référendum, les électeurs répondent autant à la personne qui pose la question qu'à la question elle-même, et M. Landry n'a pas eu besoin du dernier sondage CROP pour comprendre qu'il n'est pas l'homme le plus populaire au Québec.
Les «purs et durs» détestent Lucien Bouchard? Tant mieux, c'est précisément pour les mêmes raisons que les nationalistes modérés lui font confiance. Les 58 % d'adéquistes qui souhaitent son retour en font foi: l'ancien premier ministre demeure le champion des mous.
En 1995, M. Bouchard avait dit trouver inacceptable que Pierre-Marc Johnson, ancien premier ministre et successeur de René Lévesque, demeure à l'écart du débat référendaire, et M. Landry entend bien faire en sorte qu'il en ait lui-même l'occasion la prochaine fois. S'il n'en tient qu'à lui, c'est M. Bouchard qui présidera le comité du Oui.
***
On est encore très loin de là. Même si la région de Québec, où le PQ est largement dominé par l'ADQ, est surreprésentée dans l'échantillon de CROP, les résultats du sondage ne sont guère encourageants pour le PQ et moins encore pour M. Landry, dont la popularité personnelle ne cesse de diminuer.
Certes, l'insatisfaction à l'endroit du gouvernement Charest et du premier ministre lui-même demeure très élevée, mais la tendance générale n'en laisse pas moins entrevoir la répétition du scénario du 14 avril 2003.
Dans l'ensemble de la population, c'est Gilles Duceppe qui apparaît être le plus apte à mener le PQ à la victoire. Paradoxalement, cela pourrait constituer un avantage pour M. Landry dans la perspective du vote de confiance auquel il devra se soumettre au congrès de juin 2005.
Même si François Legault a maintenant rejoint Pauline Marois dans l'estime de l'opinion publique, le chef du Bloc partirait avec une bonne longueur d'avance dans une course au leadership. Tout bien considéré, il serait peut-être plus avantageux pour M. Legault que le PQ perde les élections avec M. Landry plutôt que de les gagner avec M. Duceppe.
Si le leadership semble hors de sa portée, il a sans doute les moyens de faire tomber M. Landry ou, au contraire, de le maintenir en vie. Le chef du PQ a déclaré, hier, qu'il pourrait se contenter de l'appui de 75 % des délégués au congrès de juin, mais il en sortirait tellement affaibli qu'il devrait sans doute se résigner à jeter l'éponge avant les prochaines élections. M. Legault ne serait pas tellement plus avancé.
mdavid@ledevoir.com
SONDAGE CROP-LA PRESSE
Lucien Bouchard haunts us still
Josée Legault
The Montréal Gazette December 7, 2004 Tuesday
Many Pequistes must have choked on their cereal Friday morning when they read La Presse's front page: "A majority wishes for Lucien Bouchard's return." According to a CROP poll, 49 per cent of those surveyed favoured Bouchard's return to politics.
Masochism reached even greater heights among PQ voters with 63 per cent wanting him back. But these were voters, not PQ members, most of whom would rather spend the winter in an ice storm than have Bouchard back.
There's probably nostalgia for charismatic leaders at a time voters remain dissatisfied with Jean Charest and Bernard Landry. But nostalgia doesn't explain why a major newspaper, a clearly federalist one at that, ordered this question on Bouchard within a larger poll, with no mention of other former premiers, and made it the focus of its front-page news. Such interest in Bouchard was quite intriguing.
After his resignation on Jan. 11, 2001, Bouchard did what most former leaders do: He joined a prestigious law firm and a number of influential company boards, made lots of money, built a network of powerful friends and attended an array of glitzy fundraisers.
But a year ago, his public appearances multiplied. He published a number of substantial opinion pieces exclusive to La Presse where his relations with Power Corp. founder Paul Desmarais, the paper's owner, as well as with the paper's president, Guy Crevier, are very good. They co-operate on a number of projects.
Then rumours started in certain quarters that Bouchard had started to test the waters for his return. After Friday's poll, most analysts said this was a no go if only because Pequistes can't forgive him for having buried the promotion of sovereignty the day he became premier, for having turned the language issue into a taboo, and for having imposed his right-wing policies to the point where many longtime Pequistes left, some founding the Union des forces progressistes that now plans to merge with Francoise David's Option citoyenne.
But who said Bouchard, if he ever returned, would go to the PQ? Who said a man who joined more parties than cats have lives wouldn't go somewhere else? Perhaps he'd be tempted to create his own provincial party, as he once thought of doing.
As reported at the time in the Globe and Mail and brought up this year in Pierre Duchesne's third volume on Jacques Parizeau, there was a period when Bouchard thought of creating a third party. From the time Meech faltered in the late 1980s to the early 1990s - even as Bouchard would build the Bloc Quebecois more as a nationalist coalition than a sovereignist party - he saw Parizeau as too hard- line and thought Robert Bourassa incapable of satisfying his soft nationalists who were in disarray.
Bouchard believed that a more middle-ground, provincial party could unite soft Liberal and PQ nationalists. As he joined the Belanger-Campeau commission - tellingly not as a sovereignist but as "nonaligned" - he approached Claude Beland, then president of Desjardins, to create this new party.
But post-Meech Lake Accord politics became rapidly polarized and the nationalist Bouchard became stuck in the sovereignist camp as this option was now the only alternative to the status quo and was supported by more than 60 percent of Quebecers.
Although he put on his Captain Sovereignty costume throughout the referendum campaign in 1995, he spent the previous months trying to water down and slow Parizeau's vision and strategy. When he succeeded Parizeau, Bouchard was in a position to impose his own watering down as leader and forego any promotion or action on sovereignty.
The fact is that Bouchard always was a traditional nationalist, who would gladly strike a more autonomist deal within Canada. Bouchard was and remains a Meech kind of a guy. Hence the war that's placed him against Parizeau's separatist vision for years.
In a 2002 documentary on the failure of Meech, Bouchard expressed the kind of heartfelt nostalgia no separatist would ever feel: "If Meech had passed, it would have been a great moment in the history of Canada and Brian Mulroney's name would have been associated with one of Canada's greatest successes."
Now, back to La Presse's front page. Given Bouchard's real politics - nationalist but not separatist - it's no surprise that some Quebec federalists enjoy the thought of such a charismatic leader returning with a softer-line agenda. That's why, contrary to what a Journal de Montreal columnist wrote yesterday, it isn't hard-liners who talk of his possible return. It's a very federalist paper that did, and even polled on it.
Still, chances are Bouchard will go on doing what he's been doing for the past four years - something few Pequistes know. Bouchard advises, on a very regular basis, both Landry and Gilles Duceppe, as well as a few others at the top of the PQ and the Bloc. These people hold the same position Bouchard did when he was leader: no commitment to hold a referendum.
Bouchard called it "winning conditions." Landry calls it the "moral certainty of winning." Duceppe calls it his "refusal to strategize in public." Plus ca change...
So there was really no need for a poll on Bouchard's return. Listening to what the current PQ leader or any of his potential successors says, it's as if Bouchard never left.