Feu vert au lancement des Fonds d'intervention économique régionaux
Michel Corbeil
Le Soleil jeudi 16 décembre 2004
Neuf mois après avoir annoncé leur création, Québec donne le feu vert au lancement des Fonds d'intervention économique régionaux - les FIER - . La petite ville de Huntington, entre autres exemples, pourra recourir à ce nouveau type de joueur en capital de risques pour tenter de se remettre de la fermeture de ses usines de textile.
Le ministre du Développement économique et régional a profité d'une conférence de presse, en fin de journée, pour révéler que l'État accorde aux FIER une enveloppe budgétaire de 210 millions $. Le Mouvement Desjardins, le Fonds de solidarité de la FTQ et le Fondaction de la CSN ajouteront à la mise gouvernementale 90 millions $, a précisé Michel Audet.
Pour la plupart des volets du nouveau programme, les promoteurs dans les différentes régions devront investir 1 $ de leur poche pour avoir droit à 2 $ des nouveaux Fonds d'intervention. Par un "effet de levier", ce sont ainsi 520 millions $ en capital de risques, privés et publics, qui deviennent disponibles, selon le ministre.
M. Audet a avancé que son approche permettra de venir en aide aux petits projets comme aux grands. La nouvelle façon de faire peut apporter une solution aux difficultés que vit Huntington.
"Cela vise particulièrement à créer des fonds d'aide pour la diversification économique dans des milieux défavorisés. La région de Huntington peut très rapidement devenir une cible à privilégier", a-t-il dit.
M. Audet a soutenu que, dans certains coins de la province, des projets sont déjà ficelés et n'attendent qu'une cérémonie inaugurale. Il a reconnu que la règle exigeant une contribution régionale complique un peu les choses pour une région comme la Gaspésie. "C'est pour cela que nous avons un volet régional" où l'injection de capitaux pourra provenir d'industriels privés, mais aussi de fondations ou même d'organismes fédéraux.
Michel Audet a mentionné que les Centres locaux de développement auront un rôle à jouer pour la mise en place des Fonds. Mais il a insisté sur la nécessité que les investisseurs privés soient associés de près à la gestion des FIER.
Ces organismes ont vu le jour dans le dernier budget du ministre des Finances, Yves Séguin, en mars. Ils ont remplacé un autre outil pour le capital de risque qu'avait conçu le précédent gouvernement du Parti québécois.
Modalités attendues
Joint en soirée, le président de la Conférence régionale des élus des Laurentides, Robert Poirier, a confirmé que les nouvelles modalités étaient attendues avec impatience, depuis un moment. Rien ne s'est fait en capital de risque pendant neuf mois pour les régions, a-t-il commenté.
M. Poirier a signalé que les détails du nouveau programme ne lui sont pas encore parvenus. Il n'a cependant pu s'empêcher de noter une certaine inquiétude à la suite des contacts que lui et ses collègues ont eus avec le gouvernement, ces dernières semaines. Si certains aspects n'ont pas été corrigés, il redoute que les investisseurs se bousculent aux portes des FIER.
MCorbeil@lesoleil.com
|