TROP C'EST TROP - BASTA !

François Perrier
TRIBUNE LIBRE 14 janvier 2005

NON M.M Cyr et Dostie, TROP C'EST TROP - BASTA ! C'est à l'extrême centre que ça se passe.

Se réfère au texte paru à La Tribune Libre de Vigile La crise au PQ: échec stratégique et effritement d’un monopole de François Cyr et Pierre Dostie, grands stratèges à l'UFP.

Votre analyse de tous les maux dont souffrent les néolibéraux pseudo souverainistes, s'agrippant à ce qu'il reste du PQ, suite à leur défaite électorale, est remarquable de justesse. C'est un fin résumé de ce que fut une 'médiocratie péquissse repue'. Le lecteur se complait dans toutes vos trouvailles décrivant machinations et trahisons, suivies de leur descente aux enfers.

Mais le bât blesse aussitôt que vous hasardez une conclusion. En fait - et c'est remarquable -- vous déraillez dans le 3e paragraphe de la fin, aussitôt que vous proposez vos solutions de gauches - quelques lignes après avoir utilisé le 'péquisssime' mot "ASTUCE". Il y a de ces mots qui sont de véritables fléaux. Ainsi, quand vous "REDÉPLOYEZ" votre axe 'souveraineux-fédéraste' sur un axe "gauche-droite", vous le qualifiez de "pas nécessairement impertinent", c'est-à-dire, pas nécessairement "effronté, déplacé ou désinvolte". Sûrement vous visiez le mot "PERTINENT", pouvant signifier à la fois "approprié, distinctif" - à la rigueur, "un axe qui convient".

Si j'ai bien compris MM Cyr et Dostie, vous proposez de reproduire ce modèle péquissse de droite, lequel a usurpé le pouvoir pendant X années au PQ, suite au départ d'un René Lévesque déchu et en pleine déchéance -- MAIS À L'EXTÉRIEUR du PQ cette fois -- et entre divers partis politiques de gauche, chacun plus progresso-civique et pluraliste que l'autre -- avec une touche - un soupçon, de droite, droite que vous êtes confiant de pouvoir contrôler. Après tout, on a déjà vu sur la même plateforme, tentant de 'sauver les meubles' au PQ, Yves (ne touchez pas à mon pécule !) Michaud à gauche, ET, Pierre ("J'en ai rien à cirer de vot' proja' de société) Falardeau, à droite. Sans doute, pour y faire tous ensemble grassement carrière. Et que le dernier des Québéco/canadiens-français éteigne toute lumière d'espoir vers 2012, de ce qu'était notre projet merveilleux de création d'un État national français au Québec.

On sait d'ailleurs que gauches et droites se recoupent étrangement dans leur totalitarisme - qui à gauche s'en 'crisse' éperdument des petits peuples "foutus", coupables de ne pas avoir réussi à créer leur propre État. À ce sujet, on se souviendra de l'ex secrétaire de l'ONU Boutros Boutros-Ghali, qui félicitait John Chretien, pour avoir institué sa Loi (C-20) "sur la clarté" péquissse. Boutros-Ghali affirmant qu'il y a déjà trop de nouveaux États sur cette planète, sans compter que celui du Québec briserait notre bot Canada ! Bot, comme dans une déformation congénitale. Et ensuite qui à droite, où la liberté de l'individu revient uniquement à fondre ses désirs dans ceux du "cheuf" mythique de l'État. L'État corporatif, anti USA, le césarisme poussé à son paroxysme, dans une "statolatrie". Vous savez messieurs, entre un petit père des peuples et un Führer, il n'y a qu'un sot et un pet.

MON CREDO le voici. La prochaine fois c'est à l'épicentre de l'échiquier politique - en social-démocratie -- que la révolution va avoir lieu. Au nom de la classe moyenne, rejointe par ce qu'il nous reste d'élites culturelles, qu'elles soient de gauche, du centre ou de droite. L'axe classe moyenne-élites culturelles, seulement - en mode SOCIAL-DÉMOCRATE - AVEC le bon peuple québécois au centre de l'enjeu. Dans toute l'admiration que j'ai pour lui, sa versatilité et acumen politique, son potentiel sans fin pour le bien, l'accueil des altérités, sa bonté de cœur inhérent à un métissage durant depuis le tout début de la Nouvelle-France - elle-même, une épopée. Une nation de souche française prête à se prendre en main, et à s'assumer, si seulement nos zélites-de-marde suivaient - à défaut de mener.

Ou alors cette révolution, Tranquille ou pas, n'aura pas lieu. Le bon peuple québécois écoeuré, va tout simplement démissionner de ses zélites, les abandonner à leur sort respectif. À ce propos, lisez un texte fabuleux de la journaliste au Devoir, Josée Boileau, texte intitulé "À L'EXTRÊME CENTRE TOUTE !", paru dans ce journal, les 17 et 18 août 2002. Avec en sous-titre "Les Québécois ne changent pas vraiment de place sur l'échiquier politique". Quel petit peuple merveilleux nous formons !

Pour ce faire - et le texte en vaut vraiment le détour -- inscrivez le nom de Mme Boileau dans le "Google avancé" dans le merveilleux outil de recherche qu'est Vigile, avec dates et sujet. Quand Boileau obtiendra finalement son Nobel en journalisme, on découvrira sûrement une filiation entre elle et Nicolas ("Ce que l'on conçoit bien s'énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément") Boileau. Son texte est une fresque historique de tous les courants politiques économiques et sociaux au Québec, et leurs principaux interprètes contemporains. On sort de cette lecture, en plus intelligent.

Voici donc quelques extraits, ceux bien sûr qui font avancer mon agenda politique - CENTRISTE - DONC SOCIAL-DÉMOCRATE. (NB - si à l'époque de la rédaction de "À l'extrême centre toute !", en 2002, il s'agissait de deviner si le bon peuple québécois se laisserait tenter par le parti adéquiste aux élections d'avril 2003, il suffit de reporter vos spéculations aujourd'hui sur la tentation que représentera pour l'électorat québécois, l'axe gauche-droite, concocté pour 2008, par l'UFP (l'Union des Forces Progressistes).

Citation N° 1, glanée dans ce texte de Mme Boileau, "Les Québécois quitteraient donc le centre-gauche pour tourner à droite? (Moi - à part que le PQ n'a jamais été au centre-gauche depuis 1982 - mais passons) … "À quel bout de l'échiquier politique les Québécois se retrouvent-ils le mieux ? À droite, à gauche ? Réinventer l'État, … que l'État fasse mieux ? Qu'il fasse moins ? Ou même qu'il ne fasse plus rien du tout ?" … «Mais non, répond, amusé, le sondeur Jean-Marc Léger. C'est très clair : les Québécois sont extrémistes en politique. Ils sont à l'extrême centre !»

Citation N° 2. "Robert Bourassa s’est fait élire en 1985 en remettant en question le modèle québécois. … "rappelle le politologue Alain G. Gagnon, directeur du Programme d'études sur le Québec à l'université McGill. «Pour Robert Bourassa, il fallait déréglementer, privatiser, réduire la taille de l'État. … "Dès 1986, les rapports des sages, comme on les a appelés, sont déposés : ils prévoient de grandes réformes.». "Les recommandations resteront toutefois de pures menaces : pas un grand créneau de l'activité étatique québécoise ne sera finalement remis en cause. Mieux, dit Gagnon, le modèle québécois sera redynamisé."

Citation N° 3 "L'héritage Bouchard. (NDLR - il s'agit toujours ici de Gagnon) - "En fait, poursuit-il," "celui qui le mettra le plus à mal, c'est Lucien Bouchard quand, devenu chef du Parti québécois et premier ministre, il se mettra en quête du déficit zéro. Les mises à pied massives dans le secteur de la santé, effectuées par un gouvernement qui se dit même social-démocrate, auront bien plus d'incidence que le fameux rapport Gobeil, encore associé aujourd'hui à l'extrême droite de la politique québécoise !"

Citation N° 4. … "souligne de son côté l'historien Yvan Lamonde, auteur d'une Histoire sociale des idées au Québec … «Il n'y a pas de tradition révolutionnaire ou contre-révolutionnaire au Québec, explique-t-il. La tendance forte est une tendance réformiste. On a vu la Révolution française de 1789 à travers les lunettes britanniques et celles du clergé. La tradition britannique s'appuie sur le contrepoids des pouvoirs, celle de l'Église nous oriente plus vers la droite. Et nous sommes économiquement des Américains, qui souhaitent le moins d'interventions étatiques possible. Ce qui a eu des incidences sur la perception qu'on a eue de l'État.»

Citation N° 5. "Et arrive l'État … Le Québec, lui, a alors une particularité : son clergé, où l'ultramontanisme fait la loi. Le clergé n'est pas contre la présence de l'État dans la société, mais à ses côtés, et même en dessous. «Selon cette pensée, il faut reconnaître la priorité de la responsabilité cléricale dans des domaines mixtes, comme la santé ou les questions sociales, précise Yvan Lamonde. Contrairement à ce que l'on pense souvent, le gouvernement du Québec est présent : c'est lui qui finance ces secteurs. Mais c'est le clergé qui contrôle.»

"La Révolution tranquille des années 60 casse cette dynamique. «L'État, dit l'historien, assume enfin des responsabilités qui auraient dû être les siennes depuis des décennies. Et le Québec rattrape le temps perdu à double pas. Non seulement parce que l'État-providence est installé ailleurs au Canada et qu'on veut suivre le modèle des autres provinces. Mais le contexte nationaliste est aussi un incitatif. L'État est tout à coup considéré comme un levier social, politique, économique.»

Citation N° 6. (Ici c'est Mme Boileau qui s'affirme puisqu'il n'y avait pas de guillemets). La greffe. Du coup, l'État prendra plus d'importance ici qu'ailleurs, d'où ce constat que le Québec est plus à gauche que le reste de l'Amérique du Nord. Mais la greffe étatique, qui n'a que 40 ans -- ce qui est peu par rapport à bien d'autres sociétés occidentales --, est-elle prise pour de bon ? Oui, disent les uns, qui taxent la popularité de cet ADQ, qui veut tant brasser la cage étatique, de pur phénomène de ras-le-bol des électeurs face aux partis traditionnels. Non, disent les autres, qui croient que Mario Dumont et son parti ne font que renouer avec l'esprit qui, pendant 200 ans, a précédé la Révolution tranquille.

… "L'économiste Gilles Paquet, "La Révolution tranquille a non seulement été une cassure quant au rôle de l'État, mais aussi sur le plan économique, où tout à coup il n'y en avait plus que pour les grands projets et la mise en place du fameux Québec Inc. «Mais le Québec, ce sont surtout de petits entrepreneurs !, note M. Paquet. Le PLQ étant lié à la grande entreprise, ces gens se sont tournés vers le PQ. Mais ils n'étaient pas au centre des intérêts du parti. Ils ont donc fini par se retrouver sans voix politique. Mais ils existent encore et ils sont bien plus dynamiques que ce que l'on croit.»

Citation N° 7 -- et bataille idéologique entre Paquet et Lamonde. "C'est à ce Québec-là -- celui qui déjà dans les années 1700 vendait des récoltes un an à l'avance, celui dont le gouverneur James Craig disait, au début du XIXe siècle, qu'il ne pensait qu'à la business," … «assure M. Paquet. Un Québec entrepreneur, débrouillard, que l'État a fini par infantiliser.»

«Les Québécois ont appris à être favorables à l'intervention étatique», croit plutôt Yvan Lamonde. Ils sont attachés à ses institutions, même s'ils veulent les améliorer. Peut-être certains se demandent-ils aujourd'hui à quel point l'État demeure un levier essentiel. Mais vu la position particulière du Québec en Amérique du Nord, poser la question c'est quasiment y répondre, note l'historien.

Citation N° 8 - en guise de conclusion - "Quand on va au fond des choses, quand on prend une institution après l'autre, on voit bien que les Québécois tiennent à leur modèle, fait valoir de son côté Alain G. Gagnon. C'est vrai même des gens d'affaires. «Jean Charest dit qu'il veut revoir le mandat de la Société générale de financement. Robert Bourassa a eu le même problème. Mais peu de gens d'affaires sont contre la SGF : sa flexibilité, son intervention dans des secteurs de pointe en ont fait un outil incontournable».

"Les politiciens ont donc beau promettre de grands renouveaux, la dynamique socio-économique du Québec a chaque fois raison d'eux : une fois élus, ils se recentrent." FIN DE CITATIONS de l'article de Josée Boileau, et bravo Madame.

Donc, Messieurs Cyr et Dostie, vous êtes peut-être plus prophétiques et fins observateurs de la scène politique québécoise, que vous ne le pensiez. Ainsi, quand vous écrivez au 2e paragraphe, de "la crise au sein du PQ, ET DU BLOC", le lecteur s'imagine immédiatement les crocs en jambe que se donnent Michel Gauthier et le néo-bloquiste Serge Ménard, en prévision du départ pour Québec de Gilles (bonnet blanc/blanc bonnet) Duceppe, avec son conseiller personnel Lou Lou (aux femmes blanches sans enfants) Bouchard. On visualise les coups de pied au cul que se donne le petit Viens abitibien, pour avoir complètement raté son atterrissage à l'ADQ.

À Québec même, vient l'image du fédéralo-péquissse Daniel Turp, supputant ses chances de devenir 'cheuf', repolissant son énième offre de partenariat économique ET POLITIQUE à un Canada-anglais qui n'en veut rien savoir, une offre suintant de toute l'inertie qui s'en dégage. Ou, le 'dépité péquissse' Pierre Paquette, évaluant ses chances-de-cheuf, suite à son affirmation gratuite, que constituer LA nation fondatrice de la Nouvelle-France, ET un des deux peuples fondateurs du Canada --, nuisent à "notre" image de pleutres xénophobes àplatventristes. De belles luttes en perspective.

Très forte MM Cyr et Dostie, votre évocation "d'élites" … "malheureusement syndicales" … "à la recherche du cher consensus". Il m'est venu immédiatement à l'esprit l'image de 'la grande jarre syndicale' Lorraine Pagé de la CEQ, sortie de ses gonds, lors d'une émission de Anne-Marie Dussault à Télé-Québec (Option-Éducation, en 1996), quant à l'avenir de l'enseignement au Québec. Alors que, avec l'œil en colère, Pagé avait dit : "Vous pensez quand même poa - occupés comme i' sont - (elle voulait sans doute dire 'débordés') - "que nos enseignants vont, EN PLUS, enseigner le frança' aux élèves !!". La CEQ, devenue depuis la CSQ, et Pagé défenestrée, le même esprit joualisant règne à la direction du syndicat enseignant, sous l'emprise des diverses Monique Richard et Johanne Fortier, combattant toute évaluation des profs, et misant sur une grille salariale unique pour tous les enseignants. Que celui-ci ait à peine plus de scolarité que l'élève, ou qu'il soit bardé de diplômes. La solidarité à gauche a ses privilèges … douteux.

EH BEN OUI Mme Chose, c'est exactement ce à quoi le public s'attendait alors, et s'attend toujours aujourd'hui ! Que nos enseignants sachent et enseignent la langue française universelle, plutôt que d'éructer le franglais-joual. Un franglais-joual "aménagiste" à-la-Mme Nadine Vincent, grandeur La Petite Vie, celui aux normes standords de Mme de Villers, celles tabarnacos du philosophe gauchisant Louis Cornellier, grand ami de Elvis Falardeau à droite. Falardeau, crosseur avec son joual infect, de toute une génération de jeunes québécois désemparés, incapables de penser et de gérer leur vie avec un vocabulaire 'falardien' de quelque 100 éructations, sombrant dans la dépression et se suicidant par milliers. Quant à Mme Paquot, linguiste de Laval University, elle continue son travail bilingue de sape, au nom de ses maîtres canadiAns.

(À la décharge de milliers d'enseignants québécois souhaitant un retour à la langue française universelle dans nos écoles, ce défoulement se veut aussi en appui au texte de M. Lionel Meney, "Un autre dictionnaire québécois, POURQUOI ?". Meney est l'auteur du Dictionnaire québécois-français", au normes strictement universelles, sans pour autant négliger on l'espère -- l'apport dynamique de notre français québécois de bon aloi, lequel à lui aussi son génie. Le leitmotiv derrière cette prise de position idéologique CENTRISTE, étant de donner à nos jeunes débordant d'intelligence, des normes, des règles linguistiques et le vocabulaire pour refléter, puis AGIR en s'exprimant dans une langue forte fière et volontaire. Avoir un choix - ce que le frança standord québécois de nos zélites - nie à nos jeunes. Quitte à ces derniers de choisir par après et en toute liberté, le registre linguistique dans lequel évoluer.

Parlant de gauche, Cyr et Dostie vont me reprocher d'en vouloir aux syndicats. Mais la référence dans leur texte "à cette alliance entre forces néolibérales et le merveilleux monde de l'économie" … "qui renvoie le plus souvent à une exploitation de main-d'oeuvre peu syndiquée" -- me rappelle une lettre publiée dans les journaux du 22 mai 2001, lettre d'un certain Martin Richard, lettre intitulée "Solidarité avec qui ?" (photo souriante des cheufs syndicaux Henri Massé et Clément Godbout, à l'appui). M. Richard affirmait que l'évocation des Fonds de solidarité de la FTQ (Fédération des travaillEurs du Québec), appelait à l'image du "pimp" qui dit, "je te protège ma chérie, mais ça va te coûter cher !" Il s'agissait dans ce cas particulier de protéger un investissement de $36 millions de la FTQ "chez un employeur antisyndicaliste primaire" CONTRE les revendications de syndiqués. Ça me rappelle aussi certains cheufs syndicaux enjoignant les infirmières québécoises d'accepter des offres salariales à la baisse, venant de l'État péquissse, afin de ne pas nuire au rendement des Fonds … de solidarité !! C'est beau la SO-so-so-lidarité, et dans un futur gouvernement indépendantiste (plutôt que souveraineux) - situé à l'extrême centre de l'échiquier politique, cette solidarité existera vraiment au Québec, et les syndiqués y seront plus nombreux que jamais.

Autres affirmations dans votre texte qui font surgir en moi des images fortes - mais de révulsion. Vous dites : "le PQ" … "malgré ses efforts pathétiques, n'a jamais pu convaincre" … "l'élite économique à rallier sa bannière" ! Là, vous faites carrément dans la mauvaise foi ! Non seulement le PQ néolibéral n'a jamais tenté de rallier nos "corporate bums québécois" à leur cause souveraineuse, mais Landry devenait en 1988 leur porte paroles officiel, afin de promouvoir l'ALENA. L'ALENA remettant la direction du monde entre les mains des droites, et le patronat québécois grand CHUM, étant les ennemis jurés du peuple québécois. Cela faisant - Landry devenait millionnaire, à partir d'honoraires perçus du patronat québécois. (Pierre Dubuc dans l'aut' Journal, citant Michel Vastel biographe de Landry - "Le libre-échange a été bénéfique pour … Bernard Landry").

"Peuple debout" INDEED ! (Landry inquiet, se confessant aux éditeurs du Devoir en fin d'année 2002) - "j'ai envie de crier : peuple debout !" Référence au peuple québécois mis à genoux par ses zélites de gauche et de droite, mais appelé bientôt à vivre un moment historique.




Vous avez dit: "c'est pour les rapprochements culturels"...

François Santerre
TRIBUNE LIBRE 14 janvier 2005

Mon cher président de section,
Messieurs et mesdames de la SSJBM,
Monsieur Frappier,

Avec les tristes événements récents, lors desquels on voit les liberals du Québec admettrent implicitement le "vote ethnique" en le remerciant de la belle façon, i.e. avec du bon $cash$ aux communautés juives et grecques, pendant que nos systèmes publics s'appauvrissents et que les promesses de baisses d'impôts ne se réaliseront pas, il est grand temps de mettre nous aussi nos mains dans l'assiette afin de tester la raison bidon "c'est pour les rapprochements culturels"!!

Nous DEVONS maintenant employer ceci et lancer notre propre école privée! Une école de soir, avec des cours de francisation, sur l'histoire du Québec, sur l'histoire du Nationalisme Québécois, sur l'histoire noire du Canada Anglais, etc....Une école avec des élèves inscrits et des "frais de scolarité" ;o) payés à la SSJBM. Nous le DEVONS et le POUVONS; voici pourquoi:

1- La SSJBM a une charte religieuse, je vous le rappelle!!

2- Qui de mieux placée que la SSJBM et son président, un homme ouvert à la réalité multiculturelle et qui a par le passé démontré son engagement en ce sens, pour défendre ce droit maintenant reconnu par John James Charest!

3- Quoi de mieux pour rentabiliser les locaux de la SSJBM!

4- On peut charger la même chose par "crédit" que les Universités... 150$ par cours de 10-14 semaines... tout ça dans les coffres de la SSJBM!

5- 5400$ par élève inscrit! La logique appliquée aux juifs DOIT être appliquée aux Québécois et aux nouveaux arrivants désireux de s'inscrire dans de tels cours!

6- Une occasion de diriger tous nos financements en une source qui va s'augmenter du financement de Québec: plutôt que de donner 100$ annuel à vigile.net par exemple, je donne 300$ en cours par an à "L'École de la SSJBM" pour des cours où M. Frappier pourra venir donner quelques heures de cours... et la SSJBM lui redonne une partie de mon argent (disons 150$) PLUS une partie des fonds reçus par le gouvernement (dons 300$ au total ou plus!).

Pour que tout ceci arrive, il faut que des gens mettent en commun leurs ressources et créent cette école: La SSJBM et ses locaux, divers acteurs du mouvement souverainiste (Vous tous), des organismes de francisation, des sociétés historiques, des intellectuels comme Falardeau, Michaud, Parizeau, etc... Une occasion de mettre au jour le vieux rêve de Groulx d'enfin être solidaires "comme les juifs" plutôt que de constamment se "tirer dans les pattes".

Messieurs, Mesdames, le micro est à vous!

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François Santerre

PS - Le montant mentionné dans mon dernier courriel (5400$) est trop élevé, considérant que c'est le montant accordé SI l'école en question donne le programme habituel donné dans les écoles publiques du Québec. MAIS je crois qu'il vaut la peine de se pencher sur la question quand même pour voir si ça peut éventuellement devenir une occasion de financement et SURTOUT d'enseignement ou de diffusion de notre culture québécoise!




MUTISME PÉQUISTE TROUBLANT

Patrice Boileau
Délégué et membre du Conseil exécutif péquiste de Chambly
TRIBUNE LIBRE 14 janvier 2005

Propos personnel - Alors que la communauté internationale a reconnu le caractère décisionnel de l’élection en Ukraine, que le Canada a envoyé là-bas des centaines d’observateurs pour vérifier que l’exercice consultatif fut réalisé de façon intègre et pleinement démocratique; les leaders souverainistes du Québec restent cois. Nul d’entre eux n’a commenté publiquement l’événement qui a touché cette ex-république soviétique, événement que nombre de médias ont qualifié d’historique. Aucun de ceux-ci n’a osé accuser la voie élective de raccourci politique causée par un quelconque déficit démocratique puisque l’enjeu autonomiste était clair et compris par les Ukrainiens.

L’occasion est inespérée pour les ténors péquistes de profiter de cette « fenêtre exceptionnelle » pour illustrer la ressemblance avec la démarche souverainiste du Québec. Le peuple québécois n’a-t-il pas été victime également d’actes frauduleux lors du référendum de 1995, actes qui l’ont privé de son choix démocratique de quitter la sphère d’influence canadienne?

Depuis cette consultation populaire que le chef de l’opposition officielle à Québec a qualifiée de vol, le Parti québécois est embourbé dans une mission irréalisable d’essayer de fixer un calendrier référendaire. Tenter de concocter cet échéancier avec, en toile de fond, le spectre d’une troisième défaite fatale, explique l’attentisme et les déchirements observés au sein du parti, particulièrement depuis la dernière élection générale d’avril 2003. C’est qu’il est impossible de garantir inéluctablement l’infaillibilité du prochain exercice référendaire.

Le recours à une élection décisionnelle à majorité des suffrages exprimés libérerait le Parti québécois de cette tâche ignoble, puisqu’elle découle de la victoire souverainiste usurpée de 1995. Le peuple québécois serait ainsi libre de trancher à l’élection de son choix, sans devoir risquer son avenir collectif au travers d’une joute référendaire fatidique, comme le souhaite Ottawa. L’abandon de la voie référendaire minée par le gouvernement canadien ne représente donc qu’un ajustement légitime suite au coup de force de 1995, rien de plus.

Il est déconcertant de voir le camp souverainiste, le Parti québécois en tête, demeurer immobile devant l’ouverture que l’exemple ukrainien lui procure. Le candidat pro-européen de l’endroit a recueilli la majorité absolue des voix qui l’autorise à entreprendre un rapprochement avec l’Union européenne, ce pourquoi les Ukrainiens l’ont élu. Le Parti québécois, formation souverainiste depuis 1968, voit ses adversaires fédéralistes voter contre lui parce qu’ils s’opposent à son option. L’annonce d’une élection décisionnelle ne changera donc absolument rien pour ces gens qui considèrent déjà les scrutins québécois comme telle, depuis près de quarante ans. Qu’attendent les leaders péquistes pour agir, maintenant que l’Ukraine a utilisé la voie élective pour valider sa souveraineté face à la Russie? La communauté internationale ne pourra que réagir favorablement, comme elle vient de le faire.

Des observateurs internationaux pourraient venir surveiller le scrutin de 2007 pour s’assurer que le peuple québécois ne soit pas une nouvelle fois victime des malversations du gouvernement canadien. Aux souverainistes de secouer l’étrange inertie qui affuble les chefs péquistes afin qu’ils se trouvent des partenaires pour former une alliance non-partisane de manière à additionner les votes et atteindre la majorité absolue. Il sera ainsi possible de mettre enfin un terme à la sanction fiscale d’Ottawa qui empoisonne les Québécois et l’Assemblée nationale depuis près de dix ans. Au congrès péquiste de juin 2005, les délégués doivent amener leurs représentants politiques à modifier le programme du parti afin d’emprunter le chemin que le peuple ukrainien a tracé, et que les puissances mondiales ont approuvé.




Bernard Landry, l’homme invisible

Nestor Turcotte (Matane)
aristote@ma.cgocable.ca
TRIBUNE LIBRE 14 janvier 2005

Apparemment, les politiciens ont tous repris le collier. Jean Charest a rendu visite à la Croix-Rouge, il y a quelques jours, pour ré-affirmer que le Québec donne plus que les 100,000.00$ promis par son gouvernent provincial. Il a compris qu’étant toujours dans le régime fédéral, les Québécois fournissent 25 % des impôts recueillis par le gouvernement central, et la logique veut que, si le gouvernement fédéral fait des dons pour des causes humanitaires, les Québécois en donnent, logiquement, le quart, soit 25 % du montant. Le calcul est simple : 25 % des 400 millions promis par le fédéral, ça fait bien 100 millions venant de la poche des Québécois. C’est un peu plus que la Colombie-Britannique et notre «pauvre province voisine», l’Ontario.

Gilles Duceppe, après avoir passé les fêtes dans les sables chauds de la République dominicaine, est en croisade dans les prairies congelées de l’Ouest canadien. Il parle aux Anglais de la souveraineté du Québec, sujet dont il a à peine osé entretenir ses commettants lors du dernier scrutin fédéral. Il veut convaincre ailleurs, incapable de convaincre par ici. En politique, ça s’appelle de la diversion.

Mario Dumont est sans doute à la ferme comme Martine est à la campagne. Entre deux coups de vents, les bourrasques d’un hiver saute-mouton, il cherche toujours comment articuler «sa troisième voie», entre le fédéralisme qu’il renie du bout des lèvres et la souveraineté floue pour laquelle il militait jadis.

Le silence de Bernard Landry a, cependant, de quoi inquiéter. Après quelques semaines dans les Caraïbes avec celui qu’il espère voir le remplacer si les choses tournent mal au congrès de juin, il n’a pas trouvé un seul micro pour souhaiter la Bonne Année aux Québécois, leur dire comment ça va dans son parti, le nombre de membres en règle de sa formation politique, les appuis fermes et solides qui le soutiennent toujours au futur congrès d’orientation du printemps.

L’ex-premier ministre semble s’être évaporé dans la nature. La discrétion marque de plus son plus son titre de Chef d’Opposition officielle. Et pourtant? Ce ne sont pas les sujets et les défis qui manquent : grève à la SAQ, négociations dans le secteur public, réforme des Cégeps, futur mode de scrutin, opposition désarticulée, silence sur l’option souveraineté, etc.

Il faudrait, sans l’ombre d’un doute, à l’ancien premier ministre Québec, de meilleurs conseillers en communication. Il lui faudrait aussi une bonne piqûre d’enthousiasme, un souci de faire autrement, un plan d’avenir clair et précis qui le ferait briller parmi les meilleurs.

La saison des Idées n’a pas donné les attentes escomptées. Bernard Landry, s’il veut diriger à nouveau le Québec, doit sortir, parler, expliquer, tracer de nouvelles avenues, préciser l’objectif de sa vie, plonger dans le subconscient des Québécois qui réclament plus qu’il ne le pense la lumière de la liberté.

En a-t-il encore le courage? En a-t-il encore la capacité et le vouloir? Il doit nous le dire et au plus vite. S’il ne le peut pas et/ou ne le veut pas, il doit, de toute urgence le signifier. Le peuple du Québec ne peut attendre encore des lustres celui qui pourrait conduire le destin d’une nation à quelque chose de radicalement autre.

Bref, Bernard Landry doit sortir de son mutisme. Il doit s’adjoindre des hommes et des femmes à la conviction indéfectible et qui sont des «chevaliers» de l’indépendance du Québec. Il doit non seulement avoir l’air de vouloir faire l’indépendance nationale, mais consacre toutes ses énergies à la faire dans un délai relativement court. Les mois sont comptés : si ce peuple n’est pas rassemblé par un homme à la vision claire et précise, ceux qui travaillent de toutes leurs forces à le décimer et à l’éteindre sournoisement, auront réussi leur sale besogne.

Bernard Landry doit démontrer qu’il veut réaliser ce rendez-vous historique et, ce faisant, doit cesser de se camoufler dans un attentisme alarmant. Le printemps peut être hâtif pour le Chef de l’opposition. Il ne faudrait pas que la débâche l’emporte. Et que dans la tourmente, le rêve d’un peuple soit emporté avec lui. Bernard Landry a, hors de tout doute, la capacité intellectuelle de diriger une équipe gagnante. A-t-il la doigtée de la renforcir, de la solidifier et de la mettre rapidement au boulot? Certains matins, en lisant mon journal, je me permets d’en douter.




ALERTE

André Ferretti
TRIBUNE LIBRE 14 janvier 2005

Voici le compte rendu du dernier spectacle de Dieudonné publié dans le journal Res Publica.

Avec la décision du ministre Reid de subventionner à 100% les écoles privées juives, ne risque-t-on pas de voir surgir ici un antisémitisme aussi virulent que celui manifesté dans la salle du Zénith, en France, lors du spectacle de Dieudonné qui, apparemment, n'était pas seulement antisioniste, comme dans celui donné à Montréal, mais bel et bien antisémite. Et Reid en est conscient, sa politique faisant partie de l'oeuvre du gouvernement Charest qui est de détruire le Québec.

André Ferretti

HUMOUR RACISTE - Dieudonné, militant antisémite

Pour la dernière de son spectacle, devant cinq mille spectateurs survoltés, « l'humoriste » a fait d'Israël et des juifs sa principale cible.

Dieudonné a réussi son double pari : remplir le Zénith de Paris pour la dernière parisienne de son spectacle « mes Excuses » avant de partir en tournée en Province et en Belgique.

Et transformer la soirée en meeting politique anti sioniste durant lequel les noms de nombreuses personnalités juives ont été copieusement sifflés et hués par la foule.

« Je m'excuse, Ô Peuple élu... ! », c'est sur le ton de l'ironie que l'artiste débute son one man show en forme de long plaidoyer. Deux heures durant, il revient sur le sketch du juif orthodoxe faisant le salut nazi, diffusé sur France 3 en décembre 2003 lors de l'émission « On ne peut pas plaire à tout le monde », et qui avait suscité le scandale que l'on sait. « J'ai bien senti qu'il y avait comme un malaise » raconte-t-il hilare face au public, « Fogiel a fait sa petite chatte, il a eu une descente d'organes ». Rires dans la salle, les cinq milles spectateurs conspuent l'animateur, Dieudonné poursuit : « Dans ce pays, dès que tu parles un peu d'Israël, tu as intérêt à t'accrocher. Tu mets les pieds dans une zone interdite, parce qu'on est en France, parce que il y a eu la guerre, parce qu'il y a eu .... (Il feint une hésitation) parce qu'il y a eu... la Shoah ! »

Il prononce le mot en chuchotant et se retourne en jetant des regards inquiets. « Je regarde toujours par derrière, car les sionistes c'est toujours dans le dos qu'ils t'attaquent ».

Toujours ironique, le comique raconte la campagne de boycottage dont il a fait l'objet : « j'ai compris que j'avais fait une grave erreur. Dans ce pays, si un artiste veut réussir, s'il veut être diffusé dans la grande distribution, il doit faire du Bruel... » (A nouveau les cris, les huées), vous savez, Maurice, celui qui a changé de nom. Remarquez, c'est son problème ». Dès qu'une personnalité juive est citée, le public démarre au quart de tour. Il faut dire que Dieudonné chauffe la salle : « BHL, ce philosophe milliardaire ! Ses milliards, il les a gagnés dans le commerce du bois précieux africain. Sur place les gens n'ont plus de bois ni de milliards. Il leur a tout volé ». A propos de l'ostracisme dont il serait la victime : « Je suis interdit de télévision.

Ardisson me l'a confirmé. Maintenant, c'est BHL, Finkielkraut et Bénichou qui parlent à ma place ». Les personnages imaginaires, qui apparaissent sur scène au fil des sketchs, n'échappent pas aux fantasmes de l'humoriste. Ainsi, l'infirmière blanche, catholique et raciste terrorisée par l'invasion des noirs dans les hôpitaux : « Je n'avais qu'un seul blanc dans mon service, le Pr Blumenthal, il me comprenait... ».

Autre personnage campé par Dieudonné, le Pr Goldinekraut (rires dans la salle), intellectuel participant à un débat télévisé : « Ce soir, je ne m'exprimerai pas en tant que juif-pratiquant-laïc-athée (les rires repartent de plus belle), mais en tant que citoyen français traînant derrière lui 100.000 ans, que dis-je ! 200.000 ans de douleur et de persécutions et de pogroms (tout le Zénith s'esclaffe). Je tiens à souligner l'ingratitude des nègres d'Afrique vis-à-vis du peuple élu. Nous leur avons tout apporté, Diderot, Montesquieu, Rousseau qui, comme chacun sait, étaient tous juifs à 90%... »

On l'a compris, on est très loin du simple spectacle comique. On est encore plus loin de la seule critique d'Israël. Tout au long du one man show, les dérapages se multiplient. La liste des sionistes qui travaillent à la télévision que Dieudonné menace de révéler, les insultes proférées pêle-mêle et de manière obsessionnelle contre le CRIF, Elie Wiesel, les juifs, le complot juif, la haine des juifs à l'égard des noirs, le racisme des juifs... Tout y passe et rien ne lasse. Les spectateurs, ravis, en redemandent.

A la fin du spectacle, Dieudonné appelle trois personnes à venir le rejoindre. L'acteur Daniel Prévost qui ne lui a, paraît-il, jamais ménagé son soutien. « Dieudo est le plus grand humoriste actuel » s'exclame Prévost, « c'est aussi le plus courageux. Il faut protester contre l'interdiction qui lui est faite de passer à la télévision ».

Deuxième vedette a monter sur scène, Djamel Debbouze qui, le visage masqué par une écharpe, fait mine de s'en prendre à Dieudonné « T'as failli niquer ma carrière. Je tiens à me désolidariser publiquement». Une fraction de seconde, à peine, on sent comme un flottement dans la salle. L'acteur retire son écharpe et se tourne vers le public : «Mettez-vous à ma place. Ce n'est pas vous qui avez été obligés d'aller vous farcir Drucker et Enrico Macias ». Rires et applaudissement. Rayonnant Djamel conclut : « Dieudonné, c'est le meilleur d'entre nous. Il a les couilles de dire tout haut ce qu'on pense tout bas. ».

Dernière guest star à venir témoigner sa solidarité, le judoka Djamel Bouras : « Je tiens à remercier Dieudo, cet homme libre. J'espère que vous allez continuer à le soutenir. Il y a certaines puissances qui nous font beaucoup de mal ».

Le dernier mot est pour Dieudonné. « Il est temps que les gens se lèvent et que nous soit rendue notre dignité ».

Les lumières se rallument. Le public évacue sagement la salle. Trois adolescentes enchantées remettent leur manteau et se dirigent vers la sortie.

L'une d'elles lâche à sa copine : « on a bien fait de ne pas venir avec S... Darmon, elle n'aurait pas ri ».

Martin Perez






Invitation - la grande semaine de la souveraineté du 24 au 28 janvier 2005

Le Mouvement des Étudiants souverainistes de l'Université de Montréal
TRIBUNE LIBRE 14 janvier 2005

Le Mouvement des Étudiants souverainistes de l'Université de Montréal est fier de vous inviter à la grande semaine de la souveraineté du 24 au 28 janvier 2005.

Voici l'horaire des activités:

- lundi le 24 janvier : kiosques d'organisations souverainistes de 10h00 à 16h30 au deuxième étage du pavillon Jean-Brillant

- lundi le 24 janvier : projection du documentaire de François Parenteau "Qui est nous?" sur l'identité québécoise, les nouveaux arrivants et le référendum de 1995. Local du pavillon Marie-Victorin à confirmer à 11h45

- mardi le 25 janvier : débat entre Joseph Facal, Robert Laplante et un troisième invité à confirmer sur le Projet de pays. Quel projet doit être présenter à la population : un projet social, un projet démocratique, une esquisse du Québec de demain, un plan plus concret ? Auditorium du pavillon Jean-Brillant à confirmer à 11h40

- mercredi le 26 janvier : conférence de Maka Kotto sur les communautés culturelles et la souveraineté du Québec. Auditorium B-0245 du pavillon Jean-Brillant à 11h40

- jeudi le 27 janvier : conférence de Paul Piché sur l'environnement et l'indépendance. Auditorium B-0245 du pavillon Jean-Brillant à 11h40

- jeudi le 27 janvier : 4@7 aux Grandes Gueules avec Amir Khadir et d'autres invités à confirmer.

- vendredi le 28 janvier : projection du documentaire de Francine Pelletier sur Jacques Parizeau, "Monsieur". Local du pavillon Marie-Victorin à confirmer à 11h45

Si vous désirez obtenir plus d'information, contactez-nous

www.mesumlt.umontreal.ca
mesumlt@hotmail.com




Causeries de Gilles Rhéaume de janvier à juin 2005

Gilles Rhéaume
TRIBUNE LIBRE 14 janvier 2005

Causeries de Gilles Rhéaume de janvier à juin 2005
Les rendez-vous québécois du mardi soir
«L’épopée de la langue française
au pays du Québec (1608-2005)»


Tous les 3e mardis du mois, de 19 à 21 heures, au 82 rue Sherbrooke ouest à Montréal, État du Québec, H1X 2X3.
Participation suggérée : 8$. RSVP dès maintenant, les places sont limitées: 514 843 8851 poste 270 (24/24h.). Les données qui suivent sont indicatives du contenu de chaque causerie. Le programme de chaque soirée vise à mettre en évidence le rôle cardinal de la langue dans la prise de conscience nationale de tout un peuple.

Mardi le 18 janvier 2005 «La langue, c’est quoi ?»

Qu’est-ce que la langue ? Avant de se pencher sur la situation au Canada-Français et au Québec, nous prendrons soin d’examiner la nature et le rôle de la langue… Il existe plusieurs définitions de la langue… Ailleurs dans le monde…

Mardi, le 15 février 2005 «La situation linguistique en Nouvelle-France (1608-1759)»

Les premiers Canadiens étaient originaires de plusieurs provinces de France qui avaient chacune plusieurs patois... L’unification linguistique autour du français s’est réalisé au Québec bien avant que ce soit le cas en France… États des lieux.

Mardi, le 22 mars 2005 «La langue et l’occupation anglaise (1760-1840)

Nature et portée sur le plan linguistique des lois anglaises… La place, le statut du français… Revendications linguistiques des Canadiens-Français…

Mardi, le 19 avril 2005 «La fatale Union et la langue; la Confédération (1841-1867)»

Les dispositions constitutionnelles de 1840 et de 1867… L’attitude des Canadiens-Français… Le rôle de l’Église… La Francophobie du Canada anglais…

Mardi, le 17 mai 2005 «L’anglicisation du Canada (1867-1900)»

État des lieux… Le sort des minorités françaises… Situation au Québec même… Résistance… Revendications…

Mardi, le 21 juin 2005 «Le XXe siècle ou l’organisation de la défense du fait français»

Organisations, associations et groupes de défense… Campagnes en faveur du français… La place de l’anglais dans la société… Combats pour le français… Lois linguistiques… Figures de proue… La Charte de la langue française du Docteur Laurin… L’inique Canada Bill de Trudeau… État des lieux… Le 24 juin, la défense et l’illustration du français…

Les Cahiers de l’Institut publient et diffusent les textes du conférencier. Voici les titres disponibles (les prix couvrent les frais de port):

1- Violations par le Canada des droits politiques des Québécois, Mémoire rédigé à Paris et déposé à l’ONU à Genève en 2000 et qui dénonce notamment le vol, par le Canada, du référendum de 1995. 5$.

2- Comptes rendus de lecture série 1,2,3,4 Tirés de chroniques consacrés au livre québécois. 3$ par série.

3- Notes sur la Confédération de 1867, Notes ayant servi lors de la causerie du 17 août 2004 consacrée aux circonstances troublantes qui ont conduit à cette constitution anglaise. 5$

4- Comptes rendus de lecture sur des livres consacrés aux Patriotes de 1837-1838 (1), 3$.

5- La Presse québécoise, journal indépendantiste d’éducation populaire, 20$ pour sept numéros par année.

N.B. : Sur réception de l’argent, que l’on doit faire parvenir à Gilles Rhéaume au 82, rue Sherbrooke ouest, Montréal, État du Québec, H1X 2X3, les publications vous seront adressées. De plus, renseignements disponibles sur demande au sujet d’ateliers de parole publique 2005, les premiers jeudis soirs du mois. Groupe de 12 à la fois. Chacune de ces rencontres contiendra une partie théorique et une partie pratique où divers genres de prise de parole devront être pratiqués par les participants. Cette formation est recommandée aux militantes et militants.




Colloque du Parti Québécois à Montréal
L'avenir énergétique du Québec, approches de politiques globales

TRIBUNE LIBRE 14 janvier 2005

En route vers le Congrès national de juin national, le conseil exécutif régional de Montréal-Centre et le comité national sur l'environnement et le développement durable (CNEDD) du Parti Québécois organisent un colloque sur l'avenir énergétique du Québec afin de rechercher des pistes de solutions réalistes et réalisables pour développer nos sources d'énergie tout en respectant les principes de développement durable, l'environnement et la qualité de vie des Québécoises et des Québécois.

Ce colloque vise également à explorer des prises de positions pour moderniser les politiques énergétiques du Parti Québécois.

Samedi, 22 janvier 2005
9 h à 16 h


Université du Québec à Montréal (UQAM)
Salle DS-R510 du pavillon J.-A. DeSève
320, rue Sainte-Catherine Est
Montréal
(Métro Berri-UQÀM)

Droit d'inscription : 10 $
Moins de 30 ans : 5 $

Le dîner est inclus dans les droits d'inscription. Le montant est payable sur place.

Vous avez jusqu'au 20 janvier, 17 h, pour vous inscrire à
http://www.pq.org/cnedd/colloque/ ou en téléphonant au (514) 526-0020.

Programme

OUVERTURE

Christian Ouellet
Président du comité national en environnement et en développement durable du Parti Québécois (CNEDD)

Christian Gagnon
Président du comité exécutif régional de Montréal-Centre du Parti Québécois

Éric Daoust
Animateur et représentant régional du CNEDD pour Montréal-Centre

ÉTAT DE LA SITUATION

Steven Guilbault
Président de Greenpeace Québec
Le réchauffement climatique

Bernard Bigras
Député du Bloc Québécois dans la circonscription de Rosemont-La Petite-Patrie et porte parole en matière d'Environnement Les interconnexions avec le Canada et l'Accord de Kyoto

QUELQUES TECHNOLOGIES

Pierre Lavallée
Directeur général du Centre d'expérimentation des véhicules électriques du Québec (CEVEQ)
Les technologies de pointe en transport

Guy Turgeon
Ingénieur thermicien, président de Thermeca
L'énergie dans le bâtiment : solaire, géothermie, efficacité énergétique

Louis Beaulieu
Président de Sambradec et coordonnateur de la coalition Québec vers Kyoto
Potentiel éolien au Québec

SYNTHÈSE : POLITIQUES ET STRATÉGIES

Richard Bergeron
Chef de Projet Montréal
Évaluation énergétique dans l'aménagement urbain de Montréal

Rita Dionne-Marsolais
Députée du Parti Québécois dans la circonscription de Rosemont et porte parole en matière d'Énergie
Planification énergétique intégrée

Christian Ouellet
Président du comité national en environnement et en développement durable
Stratégies énergétiques vues par le CNEDD

ALLOCUTION DE CLÔTURE

Bernard Landry
Député de Verchères à l'Assemblée nationale du Québec, président du Parti Québécois et chef de l'opposition officielle




LE DÉFICIT LINGUISTIQUE

Le club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre)
TRIBUNE LIBRE 14 janvier 2005

Le gouvernement Charest s’apprête à consacrer des sommes équivalentes pour la construction de DEUX méga-hôpitaux universitaires à Montréal, un pour les anglophones et un autre pour les francophones, alors que les anglophones représentent 12 % de la population de la grande région de Montréal.

Le club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) organise une assemblée publique pour faire le point sur le déficit linguistique avec :

FERNAND DAOUST
La question linguistique et le monde du travail

LORRAINE PAGÉ
La question linguistique et le monde de l’éducation

FRÉDÉRIC LACROIX
La question linguistique et le financement des universités et des méga-hôpitaux

Et la participation chantée de YVES LAMBERT
MEMBRE FONDATEUR DU GROUPE « LA BOTTINE SOURIANTE »

Assemblée publique
Mercredi, 19 janvier 2005

au Centre social des Cols bleus regroupés de Montréal
9650, rue Papineau
19 h 00
Entrée : 5 $

Pour infos : Syndicalistes et progressistes
pour un Québec libre (SPQ Libre)
Tél. : (514) 284-1729
Courriel : info@spqlibre.org
Site Internet : www.spqlibre.org






DÉROUTE LIBÉRALE

Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 17 janvier 2005

Toujours aussi belliqueux et arrogant envers les Québécois, le gouvernement libéral de Jean Charest pousse encore un peu plus loin son cynisme ces derniers jours, si cela est encore possible! Après avoir fracassé un record au chapitre des nominations partisanes avant le congé du temps des fêtes, voilà que Jean Charest reprend là où il a laissé en ce début d’année : deux autres « CHUMS » viennent d’hériter de leur part du gâteau. Ils obtiennent le mandat de refaire un travail que deux autres copains du premier ministre venaient d’accomplir pour trouver un emplacement au super-hôpital de l’Université de Montréal. Trente millions de dollars en fonds publics ont ainsi été dilapidés…

Voilà maintenant que ce même gouvernement fédéraliste se permet de dorloter son électorat en décrétant qu’il financera entièrement les coûts des écoles privées juives de Montréal. Cette action viserait, semble-t-il, à favoriser les échanges culturels. L’astuce est brillante : qui ose être contre la vertu? De plus, il est délicat de condamner énergiquement ce geste sans risquer d’être accusé d’antisémitisme. C’est qu’on a l’épiderme fragile au Québec dès qu’éclate un litige qui concerne des communautés culturelles! Il en faut peu en effet pour que l’on crie au racisme et à l’intolérance, surtout s’il est question de favoriser ou de protéger la majorité québécoise de langue française. Il ne fait pas de doute que cette décision déclenchera une avalanche de demande de subventions de la part d’autres groupes culturels qui ne veulent pas être en reste. On les comprend : pourquoi n’y auraient-ils pas droit? Un refus de Québec est maintenant impossible sous peine d’être accusé de discrimination, puisqu’il a ouvert ses goussets pour l’un d’eux. Navrant.

Le bourbier dans lequel le gouvernement libéral vient de se placer par l’entremise de son ministre de l’Éducation Pierre Reid relève d’une incroyable dérive. C’est même du délire : le réseau public de l’éducation souffre d’un sous-financement qui affectera probablement la qualité de notre relève. Que cherche donc le député d’Orford, lui qui ne voit pas en plus la pénurie d’enseignants affecter les écoles primaires et secondaires du Québec? L’ordre professionnel qu’il songe d’ailleurs à imposer à ces derniers qui n’en veulent pas, ne fera qu’aggraver cette rareté. Jean Charest doit remercier ce ministre au plus vite, mais pour le remplacer par qui? Son équipe de députés n’offre qu’un spectacle de désolation. Même son ministre de la santé qu’on croyait moins pire que ses collègues du cabinet semble finalement montrer qu’il navigue également à vue. Son inertie dans les dossiers du CHUM, de l’institution St-Charles-Borromé et de la bactérie C. difficile ont grandement fait pâlir son étoile.

Pendant ce temps; la réingénierie de l’État que les libéraux de Jean Charest annonçaient en grande pompe sévira une première fois au chapitre des PPP : il y aura prolongement de l’autoroute 25 de Montréal vers Laval. Cela entraînera la construction d’un pont par le secteur privé. À voir ce gouvernement se comporter depuis son arrivée au pouvoir; il y a fort à parier que l’octroi des contrats dans ce dossier se fera à l’image de ceux qu’il a distribués... De plus, l’autoroute aboutira en zone jadis agricole que des amis libéraux de longue date étaient parvenus à acheter à prix avantageux sous l’ère Bourassa. On se doute bien que c’est la fête sur l’Île Jésus suite à l’annonce du chantier qui favorisera l’étalement urbain et génèrera autant de gaz à effet de serre que le défunt projet du Suroît. Le plan de développement durable présenté par le ministre de l’Environnement Thomas Mulcair aura été finalement bien éphémère… Rien donc pour calmer la société civile qui n’ose imaginer ce à quoi ressemblera le Québec après la seconde portion du mandat libéral.

Tous les observateurs de la scène politique au Québec sont unanimes : que cherchent les libéraux de Jean Charest en agissant ainsi? Discrets depuis quelques temps, ils avaient pourtant réussi à atténuer un peu le fort taux d’insatisfaction qu’ils s’étaient pleinement mérités. L’improvisation de ce début d’année 2005 laisse la population québécoise pantois : l’Assemblée nationale semble n’avoir jamais été aussi menacée dans son intégrité.




Quelle réforme?

Nestor Turcotte, Matane
(aristote@ma.cgocable.c)
TRIBUNE LIBRE 17 janvier 2005

Il y a un an, le Ministre de l'Éducation avait laissé planer le pire sur l'avenir des Cégeps, voire même la fermeture complet du réseau collégial. Le Ministre de l'Éducation annonce, aujourd'hui 17 janvier 2004, quelque chose qui ressemble au statu quo. Il lance une série de modifications mineures et administratives, plus cosmétiques que profondes, et cela, sans doute, par crainte des réactions syndicales, l’œil collé sur la prochaine élection générale qui aura lieu dans deux ans.

Le réseau collégial est paralysé, sans vie, fonctionnant à vide. Généralement, les étudiants réalisent qu'ils y perdent royalement leur temps et ils s'en trouvent peu parmi eux qui sont enthousiasmés par les cours qu'ils y reçoivent. Le docteur Reid l'a sans doute vu mais il n'a pas eu le courage de poser les bons gestes pour guérir le malade en phase terminale. Et les dernières mesures annoncées, en grandes pompes, ne sont pas là pour le guérir dans l'immédiat.

Un grand nombre d'étudiants qui fréquentent ce supposé haut lieu du savoir arrivent, mal préparés, particulièrement en ce qui concerne la formation fondamentale. Une grande majorité d'entre eux ont à peine, au secondaire, réussi à maîtriser leur langue maternelle. Ils la parlent difficilement et l'écrivent habituellement d'une façon incorrecte. Ils fréquentent, sans intérêt, souvent sans conviction, ces endroits appelés Cégeps, où les exigences sont minimales, et où le flottement dans les programmes a de quoi faire peur.

L'enseignement de la philosophie, par exemple, est un fourre-tout où chaque professeur arrive à verser ses idéologies personnelles, ses goûts pour certains auteurs et, habituellement, ses options particulières. Les cours de littérature sont souvent aussi reliés à des auteurs fétiches, où parfois la qualité de la langue écrite et parlée des auteurs choisis laisse à désirer. Conséquence de ce fourre-tout généralisé: la formation générale reçue dans un collège se compare difficilement à la formation reçue dans une autre institution similaire. Si le Ministre avait voulu, uniquement dans le domaine de la formation fondamentale, mettre un peu «ses culottes», il aurait favorisé un programme universel de formation générale en français et en philosophie, avec un programme commun pour tous les collèges, un examen national pour tous les élèves, et une correction faite par des maîtres en la matière, non reliés aux institutions concernées.

De plus, l'arrivée par la porte arrière d'un certain nombre d'élèves n'ayant pas réussi leur secondaire, ne fera qu'augmenter le niveau d'incompétence dans les structures de la vie collégiale. Bref, le Ministre perpétue, comme au primaire et au secondaire, ce qui existait déjà à ces deux niveaux: l'élève peut ne pas réussir son diplôme de secondaire V et peut maintenant franchir allègrement un niveau supérieur. A ce rythme-là, les collèges, tout comme les universités d'ailleurs, augmenteront le nombre de leurs étudiants incompétents, et un grand nombre d'entre eux seront incapables de s'intégrer au réseau, faute d'une préparation adéquate. Le Ministre affirme, rire en coin, que cela permettra à l'étudiant de retrouver «ses amis» à tous les niveaux de sa formation. L'école devient, pour lui, le milieu où triomphe l'amitié, alors que, logiquement, elle devrait être le lieu où triomphent les choses de l'esprit. Le Ministre semble avoir oublié que l'amitié peut se tisser en d'autres lieux plus propices, l'imagination aidant!

Bref, une réforme qui n'en est pas une et qui maintient toujours l'incompétence institutionnalisée. La «qualité de l'enseignement», on la trouvera dans les beaux discours du Ministre, mais, faut-il le rappeler, parler de la chose ne la fait pas surgir dans la réalité. En bout de piste, le Cégep continuera à ne pas suffisamment armer les jeunes placés devant un avenir incertain. Ma pensée se tourne, aujourd'hui, tout particulièrement, vers ceux qui songent à oeuvrer dans le milieu de l'éducation, et qui se retrouvent déjà, à la fin de leur cours universitaire, baccalauréat en mains, mais incapables d'exercer le métier pour lequel ils ont été mal formés, n'ayant pas réussi à obtenir la note de passage en français. Ils auront passé par toute la belle filière structurelle imaginée et pensée par les génies du Ministère, mais seront incapables de transmettre à leurs étudiants ce que le système éducatif ne leur a pas donné: la maîtrise minimale de leur langue maternelle.

L'école est le lieu où doit se mener une vie intellectuelle intense. C'est le lieu de l'esprit. La réforme, qui n'a pas eu lieu, continuera à favoriser la médiocrité de la langue, la facilité à obtenir un diplôme, où la règle de passage sera toujours la norme. Est-ce cela briller parmi les meilleurs, Monsieur le Ministre? Le doute s'installe dans mon esprit.




Le droit de dire les choses comme elles sont

Simon Gérard
TRIBUNE LIBRE 17 janvier 2005

J'appuie monsieur Yves Michaud dans la continuité de ses efforts pour obtenir réparation de la part de l'Assemblée nationale. Je trouve aberrant qu'un Parlement s'improvise tribunal et condamne quelqu'un, surtout quand ce quelqu'un émet une vérité. Il y a déjà des tribunaux pour s’occuper de ce genre de cas alors que les députés se contentent de jouer leur rôle premier qui est d’assurer la gouvernance de notre pays et non pas de jouer à la Cour en direct.

J’aimerais bien qu’on m’explique en quoi il était mal de déclarer que les Juifs n’étaient pas les seuls à avoir souffert. Les Arméniens, les Kurdes, les Acadiens, les Québécois, les Irlandais, les premiers habitants de l'Amérique et de l'Australie, les peuples d'Afrique ont aussi souffert durant leur histoire mais l'Assemblée nationale, via sa motion contre Michaud, semble leur dire que leurs souffrances sont moindres que celles endurées par le peuple juif. Qu’est-ce que souffrir pour ces bien-pensants? Y aurait-il une échelle de souffrance au sommet de laquelle trôneraient les Juifs et les autres peuples seraient tout en bas?

Tous les peuples de la Terre ont souffert à un moment de leur histoire, peu importe le degré. Se prétendre être au sommet de l’échelle et laisser entendre que les autres peuples n’ont pas souffert, ou que leurs souffrances sont moindres que celles d’un autre groupe, c’est mépriser toutes les victimes de génocides, de guerres colonialistes, de politiques répressives tout au long de l’histoire de l’humanité. Les peuples mentionnés plus haut n’ont pas connu les camps de concentration et les chambres à gaz mais ils ont enduré autant de misères que le peuple juif. Chasser un peuple de son territoire, lui voler sa terre, l’annexer de force à un autre peuple pour mieux l’assimiler, c’est une façon comme une autre de l’exterminer.

Et ce n'est pas minimiser l’horreur de l’Holocauste que de le dire: c'est la vérité!

Mais de nos jours, on ne peut plus dire les choses comme elles sont à cause de la sacro-sainte rectitude politique. La peur d’être marqué au fer rouge fait qu’on surveille nos paroles, comme si on vivait à l’époque de Staline ou de Saddam Hussein. Nous vivons sous l’emprise d’un totalitarisme bien-pensant dans lequel les médias et les intellectuels jouent le rôle de gardiens du conformisme dominant. Gare à celui qui ose afficher sa dissidence et penser par lui-même ; la Police de la Pensée (comme dans 1984) surveille ceux qui menacent l’ordre établi.

L’Assemblée nationale a bâillonné un citoyen qui n’a fait qu’exprimer une vérité mais qu’en est-il ailleurs? Ainsi, dans le pays d'à côté, on n’hésite pas à salir les Québécois quand l'occasion se présente. Depuis toujours, tous les moyens sont bons pour dénigrer notre peuple parce qu'il refuse d'entrer dans le moule, de s'assimiler, de penser comme la majorité. Et les exemples ne manquent pas : toutes les comparaisons entre le nationalisme québécois et le nazisme, le dénigrement de la culture québécoise, les appels de certains groupes ethniques à voter NON parce qu’ils refusent la libération du peuple québécois, ce n'est pas du racisme, ça? Ceux qui propagent cette québécophobie d’un océan à l’autre ne seraient-ils pas des racistes, par hasard? Des racistes à qui la règle du bâillon ne semble pas s’appliquer. Jamais entendu dire que Diane Francis avait été condamnée par le Parlement ontarien pour propos anti-québécois. Et on condamne un Michaud ou un Parizeau parce qu’ils disent la vérité! Tant qu'à se prendre pour un tribunal, l'Assemblée nationale devrait voter une motion de blâme envers tous les salisseurs de notre peuple, y compris ceux qui sont dans la tombe, comme Mort-dit-caille Richler.

Si un Anglais ou un membre de quelque communauté ethnique que ce soit avait dit que les Juifs ne sont pas les seuls à avoir souffert, l'aurait-on traîné dans la boue comme on l'a fait avec M. Michaud? C'est ce qui me choque de la part de ces gens qui prétendent détenir le monopole de la vertu et qui veulent nous faire porter le fardeau de la culpabilité. Nous faire marcher à la mauvaise conscience coupable, c’est leur tactique pour nous écraser. Et ça fonctionne. La preuve : neuf ans après le référendum, il est toujours interdit d’évoquer le vote ethnique, le « nous » québécois, les 61% de OUI québécois sous peine de subir les foudres des bien-pensants fédéralistes. C’est l’ennemi qui dicte notre façon de penser et nous nous plions de bonnes grâces à ses diktats. Pourquoi nous laissons-nous faire ainsi? Ça suffit comme ça! N'ayons pas peur de dire les choses comme elles sont et défendons-nous contre les attaques des champions de la rectitude politique.

Bonne chance, M. Michaud! Vous n’avez pas à vous excuser pour avoir fait usage de votre droit de parole, ce droit qui ne semble valable que pour une seule catégorie de « penseurs ». Dans une vraie démocratie, la liberté d’expression ne doit pas s’effacer devant la dictature de la pensée conforme.

Simon Girard

P.S : Finalement, plus ça change plus c’est pareil ; les Palestiniens ont un nouveau président mais Israël maintient sa politique répressive et terroriste. Mais ça, il ne faut pas le dire, ni même le penser car on risque de passer pour antisémite. Et puis les souffrances des Palestiniens ne se comparent pas aux souffrances de leurs oppresseurs alors…




LE FINANCEMENT À 100 % DES ÉCOLES JUIVES : UNE MESURE ANTI-QUÉBÉCOISE

Joachim Lambert, La Ligue pour l’indépendance du Québec
TRIBUNE LIBRE 18 janvier 2005

L’œuvre de dénationalisation du Québec provincial français par les fédéralistes canadians québécois, a été mise en œuvre dès le soir des dernières élections lorsque Jean Charest s’est précipité de Sherbrooke vers Montréal pour aller fêter la victoire du Parti libéral du Québec avec ses partisans anglophones dans Westmount.

Après le changement de direction de la Caisse de Dépôt qui, dorénavant, ne travaille plus à investir prioritairement dans les entreprises du Québec pour stimuler le développement économique, mais travaille à investir partout dans le monde pour « faire de l’argent » et à livrer ainsi pieds et poings liés la Province of Québec à la mondialisation dévorante, au cosmopolitisme financier, voilà que le cosmopolitisme libéral s’attaque maintenant à un autre pan de la cohésion sociale québécoise, celui de l’intégration des communautés culturelles.

Récapitulons un peu les dernières nouvelles. Après dix ans de lobby juif intensif auprès du gouvernement du Québec, voilà maintenant que les libéraux sont en mesure de répondre aux doléances ethniques juives grâce au prétexte invoqué de l’incendie de la bibliothèque de l’école Talmud-Torah unis du printemps dernier par un jeune homme d’origine arabe qui a agit seul. Comme l’a justement signalé Pierre Foglia dans La Presse, comme si cela avait été une catastrophe terroriste épouvantable, on a vu défiler sur les lieux de l’incendie le Premier ministre du Canada, le Premier ministre du Québec et le maire de Montréal qui commentèrent avec le vocabulaire génocidaire culpabilisateur habituel ce fait divers que leurs hôtes Juifs associaient bien entendu à une évidente montée de l’antisémitisme au Québec. Comme l’a écrit Josée Boileau dans Le Devoir, le financement à 100 % des écoles juives est bel et bien légal, puisque le statut d’école associée a été obtenu grâce à une vieille clause de la Loi sur l’instruction publique qui donne droit à un financement aussi complet que celui d’une école publique tout en maintenant le caractère privé de l’institution et ses frais de scolarité.

En vertu d’une entente signée en décembre 2004, le gouvernement du Québec versera donc jusqu’à 36,4 millions de dollars par année aux quinze écoles privées juives de la province, soit $5 200 par élève, comme dans le secteur public. Ce montant est à ajouter aux $7 000 de frais de scolarité que les écoles pourront continuer de recevoir des parents juifs qui, de leur côté, peuvent récupérer une partie de ces déboursés parce que leurs contributions à leurs écoles privées bénéficient de l’exemption fiscale accordée aux dons de charité. Comme l’a souligné monsieur Gilles Néron de Charlesbourg, il ne faut donc plus parler de 100 %, mais de 120 % en subvention. Outre les écoles juives, mentionnons, comme Marie Allard l’a fait dans La Presse, que quatre autres institutions ethniques privées dont deux écoles grecques, ont aussi été financées à 100 % depuis plusieurs décennies en échange de leur francisation. Depuis quand l’intégration à une société doit-elle être monayable?

La porte est maintenant ouverte à tous les groupes ethniques – pardon, je veux dire à toutes les communautés culturelles. Les musulmans sont entre autre très heureux du développement de la situation puisqu’ils pourront bientôt en faire autant. Leur représentant est d’ailleurs apparu avec et à côté du représentant juif lors des nouvelles à TQS pour défendre ce qui est aujourd’hui devenu une cause commune à plusieurs groupes ethniques.

Il est évident que ce gouvernement libéral n’a aucun sens du vivre ensemble et que, comme phalange provinciale du multiculturalisme canadian, il favorise l’autodestruction des Québécois-Français. Les assimilés canadian du PLQ tout comme ceux du PLC, combattent l’intégration des communautés immigrantes aux valeurs québécoises-françaises. Une des preuves les plus sérieuse qui vise à détruire le Québec de l’intérieur est que les organismes qui oeuvrent à l’intégration des immigrants ne cessent de déplorer les compressions budgétaires du gouvernement Charest : en 2004-2005, les sommes consacrées à l’apprentissage du français ont été coupées de plus de 50 %. Tel que mentionné par Michel David dans Le Devoir, la décision des libéraux de financer à 100 % les écoles juives va à contre-courant de l’intégration des communautés ethniques à la majorité québécoise-française. Voilà pourquoi, pour faire contrepoids à cette mentalité de dominés, la Ligue pour l’indépendance du Québec, la LIQ, stipule au point 4 de ses buts et objectifs qu’elle « défend les principes de liberté, de justice et d’égalité entre tous les Québécois dans le respect du Québec-Français marqué par son histoire et ses valeurs de civilisation ». La LIQ croit fermement que c’est en faisant avant tout la promotion de l’unité des Québécois-Français comme assise de l’indépendance du Québec que les aberrations multiculturelles qui engendrent le chaos ethnique cesseront.

Officiellement, le ministre Reid voit dans le financement à 100 % des écoles juives un moyen concret d’aider le Québec à demeurer une société pluraliste qui respecte la diversité. Or, cela aura l’effet contraire. Le rapprochement entre les communautés ethniques doit se faire par l’école publique. En fait, les Juifs devraient s’intégrer réellement à la société québécoise en participant à ses institutions, ce qui n’est pas le cas actuellement. Leur attitude ne fait que conforter l’idée que les antisémites se font des Juifs depuis le XIXe siècle. Ces derniers reprochent surtout aux Juifs de ne pas se fondre avec les nations qui les ont adoptés et d’acquérir par la politique une influence excessive qu’ils emploient souvent pour saper la tradition nationale. Serait-ce le cas aujourd’hui, en 2005, avec les Juifs du Québec?

Pour conclure, permettez-moi cette citation de David Rome, interviewé par Luc Chartrand dans la revue L’Actualité d’avril 1988, qui nous rappelle en lettres de feu une loi fondamentale en psychologie des collectivités. Monsieur Rome, un Juif Québécois originaire de Lituanie qui a publié plus de 70 ouvrages sur l’histoire des Juifs et des Québécois-Français, affirmait ceci : « Quand vous laissez entrer des gens, tôt ou tard, ils veulent poser leurs propres règles ». Et tout cela se fait en douce, sans révolution, comme si de rien n’était, ce que les ethnologues appellent « l’invasion interstitielle ». À partir de ce moment, les invités cherchent à devenir les maîtres du logis en dictant leur volonté au nom des droits de la personne parce qu’ils ne consentent plus à ce que leur appartenance ethnique ne soit pas déterminante dans leur nouveau pays. Toute collectivité d’accueil saine d’esprit doit donc tenir compte de cette loi sociale incontournable si elle veut s’éviter des problèmes sociaux à moyen et surtout long terme. Si elle veut survivre …




Le tsunami « canadien »

Simon Girard
TRIBUNE LIBRE 19 janvier 2005

Depuis que les tsunamis ont balayés les côtes de l'Asie du sud-est, on entend parler à longueur de journée, dans les bulletins de nouvelles, des victimes canadiennes mais on n'entend pas parler des victimes québécoises, ou très peu. On sait que 3 Québécois sont morts mais on ignore s’il y en a d’autres et combien sont portés disparus. Comme si une autre vague, canadienne celle-là, avait emporté au loin toute trace de ce qui pourrait s’apparenter au Québec ou à l’identité québécoise.

Les médias, fédéralistes pour la plupart, insistent sur les victimes CANADIENNES et, comme d'habitude, mélangent Québécois et Canadiens car, c'est bien connu, et comme disent Elvis Gratton et nos chers fédéralistes, on peut être Québécois et Canadien à la fois. Alors les Québécois qui sont à l'étranger sont des Canadiens, donc les victimes québécoises sont des victimes canadiennes. Comme s'il n'y avait qu'au Québec où on avait le droit d'être Québécois et que, quand on va dans un autre pays, il faut être Canadien. Comme si l'identité québécoise n'était pas autre chose que du folklore à la manière des tam-tams amérindiens ou du parler acadien. Voilà où mène l'inféodation d'un peuple à un autre : la folklorisation avant l’extinction pure et simple. Un génocide en douce.

Je m’en fous des morts ou des disparus canadiens. Ce sont mes compatriotes québécois qui me préoccupent. Combien sont morts ou disparus, c’est ce que je me demande à chaque fois qu’il est question de ce drame. Pourriez pas en parler une fois de temps en temps au TVA de 17h ou au Téléjournal, à TQS ou LCN, dans vos journaux de Power Corporation, à la Première Chaîne de Radio-Cadenas? Est-ce trop vous demander que de parler des nôtres? Vous avez peur de perdre vos jobs ou quoi? On existe, ciboire!

Je ne sais pas si les gens de Québec-Radio y ont pensé mais il faudrait que cette radio, que j’aime écouter avec plaisir depuis quelque temps, se dote d’un service des nouvelles (si une telle chose n’existe pas déjà), histoire de contrer cette campagne de négationnisme made in Canada. Il ne faut plus que les médias de l’ennemi aient toute la place pour nier notre existence allégrement et en toute impunité. Nous existons comme peuple et ce, partout où nous nous trouvons sur cette planète et à n’importe quel moment de l’année. Que les maîtres de la désinformation médiatico-fédéraliste de ce monde se le tiennent pour dit! La bataille pour l’indépendance, ça se joue aussi sur le terrain médiatique et nous devons être en mesure de répondre aux mensonges et aux attaques ennemies sur ce terrain crucial.

Une telle attitude des médias à la solde d’Ottawa ne doit pas nous étonner car elle fait partie du projet fédéral de noyer l'identité québécoise dans le grand océan multiculturel canadien. Un projet entrepris par les conquérants britanniques et repris par PET et ses héritiers à grands coups de commandites et de propagande digne du nazisme ou du communisme. Cela rend encore plus nécessaire et urgente l'indépendance du Québec pour affirmer au reste de l'humanité ce que nous sommes, c’est-à-dire Québécois. Partout et en toutes circonstances.




Une image de marque

Michel Bédard, chef du Parti Éléphant Blanc de Montréal,
TRIBUNE LIBRE 21 janvier 2005

Mme Nathalie Normandeau,
ministre du Tourisme.

Boston, l'Athènes de l'Amérique. Cuba, la Perle des Antilles. Vancouver, le Jardin du Pacifique. Une image de marque pour le Québec touristique nous sera bientôt soumise par BCP communication. Pourquoi n'a-t-on pas pensé à un concours provincial ? Le bon peuple, prisonnier d'une société d'images et d'illusions, voire de mensonges, aurait sûrement aimé participer à un tel jeu. Il n'y a pas que les gratteux et les casinos. Trouver un slogan accrocheur qui ralliera tous les intervenants touristiques ne sera pas aisé, mais il est possible de dénicher une "étiquette" aussi puissante que "I love NY", ou "Nature et culture" de l'Espagne.

Depuis vingt ans que je fais du tourisme-vérité comme guide-accompagnateur, j'ai bien saisi la perception des touristes étrangers à l'égard du Québec. Le "branding" ou marque de commerce à retenir devrait rappeler notre côté festif et latin, sans oublier les accidents géographiques qui forgent nos grands espaces. Quand les touristes nous viennent de l'Ontario ou des États-Unis, les premières "remarques" portent sur nos routes crevassées et les nids-de-poule. Pour rivaliser avec les épithètes parfois pompeuses des autres villes ou régions, je suggère comme slogan évocateur pour le Québec: le Canyon du Nord-Est; Adoptez un nid-de-poule; Passage obligé; Apportez votre asphalte; Facteur de risque; Slalom 365. Mais mon préféré serait: Chica chica boum.




Toujours une question de principes

René Marcel Sauvé, géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec
TRIBUNE LIBRE 21 janvier 2005

Je profite de l'occasion fournie par l'histoire du financement des écoles privées juives pour revenir à charge avec les principes qui doivent gouverner toute stratégie d'État, qui n'ont rien à voir avec la littérature ou le prêchi-prêcha qui caractérise souvent les réactions à des mesures politiques sans bon sens.

Il faut le faire, non seulement pour s'en servir comme instrument critique de haut de gamme contre le gouvernement Charest, celui de Paul Martin ou tout autre gouvernement, mais pour notre propre gouverne. Notre État du Québec, reconnu de droit(de jure) comme de fait(de facto) s'en vient maintenant et nous devons tous posséder la même doctrine stratégique qui nous servira de de régulateur et de guide.

Premier principe: Appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation.

Il est évident que ni Jean Charest, ni son ministre de l'éducation, ne se sont souciés de savoir si leur décision surprise tiendrait compte du contexte actuel en matière de religion et de laïcité dans le monde occidental actuel et de la situation présente dans un Québec encore en proie aux réactions anti-religieuses et sécularisantes qui ont débuté avec la révolution tranquille.

J'invite tous les lecteurs à lire l'excellent compte rendu publié dans le dernier numéro spécial du Nouvel Observateur: Dieu et la Science. Le nouveau choc. No. 2094-2095, 23 décembre 2004 au 5 janvier 2005.

La France et l'Europe n'en sont pas encore sortis. Le Québec a suivi à partir de 1960 et il y a encore beaucoup de chemin à faire avant de trouver de nouvelles voies en matière de science et de religion, car tout est remis en question dans les temps actuels. Il n'y a plus ou presque plus de certitudes nulle part. De nouvelles voies n'ont pas encore été ouvertes et l'incertitude en matière religieuse, morale et scientifique provoque l'insécurité qu'aucune richesse matérielle ne peut compenser.

Alors ce n'est certes pas le temps de prendre des décisions à l'emporte-pièce dont les conséquences peuvent rapidement devenir explosives.

L'insécurité règne partout au Québec, non seulement dans le domaine religieux, mais aussi dans le domaine des sciences et de la politique.

Nous ne sommes pas en guerre cependant, mais si nous brusquons les choses, nous risquons de l'être.

Deuxième principe: Détermination et maintien d'objectifs praticables et réalisables dans le temps et l'espace.

Un principe n'est ni une théorie abstraite ni un absolu mathématique mais une certitude opérative concrète et relationnelle. Il est évident que si messieurs Charest et Reid en avaient tenu compte, ils se seraient arrêtés tout de suite. BIen entendu, il sera plus facile pour le Québec de mettre ce principe en pratique avec la souveraineté qui nous donnera notre seul État du Québec, alors que maintenant, nous sommes partagés entre deux États.

Troisième principe: Maintien du moral.

Ce principe n'est pas une leçon de morale loin de là. Il enseigne expressément que dans toutes choses concernant l'État, il faut toujours, mais toujours, tenir compte de la nature humaine, que que messsieurs Charest et Reid ignorent totalement. Le morale est comme le courant électrique qui fait fonctionner une machinerie sophistiquée. Sans courant, lequel est invisible et intangible autrement que par son passage dans un milieu concret, la meilleure technologie du monde ne fonctionne pas. Sans moral, les meilleurs systèmes politiques paralysent.

Quatrième principe: Concentration de l'effort dans l'espace et dans le temps.

La décision prise disperse l'État du Québec. Était-ce leur intention?

Dans ce cas, il s'agit de trahison. Il est évident encore une fois que ce principe sera plus aisé à mettre en pratique avec un seul État au Québec: le nôtre et aucun autre avec lequel nous devons partager nos loyautés, nos efforts et nos moyens.

Cinquième principe: Économie de l'effort.

Aucun commentaire. La décision provoque de nouveaux gaspillages de ressources. Déjà, nous sommes pris entre deux États dont l'un, le Fédéral, disperse et gaspille nos facultés et nos moyens. Nous devons nous décider à nous en défaire au plus tôt mais auparavant, nous devrons trouver une équipe compétente pour gouverner le nouvel État.

Sixième principe: Flexibilité, ou souplesse.

Il est évident qu'un système d'écoles publiques peut s'adapter à des conditions changeantes plus facilement que des écoles sectaires, à la condition bien entendu d'être géré avec intelligence, ce qui n'est pas toujours le cas, on en conviendra. De plus, n'avoir qu'un seul État à gérer dans notre cas nous permettra de mettre en pratique le principe de souplesse.

Septième principe: Simplicité.

La simplicité est une règle sine qua non de la bonne gouvernance. On ne peut pas dire que ce messieurs Charest et Reid ont fait est une mise en pratique du principe de simplicité, qui consiste à s'en tenir à l'essentiel. C'est quand même une leçon à retenir qui devrait nous convaincre davantage de concentrer tous nos efforts pour se défaire de l'État central unitaire qui nous complique l'existence et n'avoir qu'un seul État, le nôtre.

Huitième principe: Sécurité.

Nécessaire en raison du fait que peuples, nations et États vivent continuellement dans l'adversité. Ce principe consiste à apprendre à gérer l'adversité tout en tenant compte des autres principes. Qu'est-ce que messieurs Charest et Reid avaient dans la tête à propos de la mise en pratique de ce principe, en supposant qu'ils avaient quelque chose en tête?

Neuvième principe: Surprise.

Il s'agit de placer convenablement l'adversaire devant le fait accompli et le convaincre qu'il est inutile de continuer la guerre. En agissant comme ils l'ont fait, messieurs Charest et Reid considèrent la majorité québécoise comme un adversaire à vaincre, croyant nous surprendre et nous inciter à nous tenir tranquilles et dociles comme des moutons. Ce temps est bien fini au Québec.

Dixième principe: Coordination.

Échec total. Zéro pourcent. Comment peut-on coordonner alors qu'on se met tout le monde à dos? Nous aurions volontiers coordonné nos efforts si messieurs Charest et Reid avaient décidé que le temps est venu de se débarasser d'Ottawa.

Onzième principe: Coopération.

Zéro pourcent. La coopération sera plus facile à réaliser lorsque nous n'aurons que notre seul État à nous. Comment pouvons nous organiser la coopération alors que le pouvoir en place sème la division?

Douzième principe: Administration et logistique.

Zéro pourcent. En pratique, c'est le principe que nous devons appliquer en premier lieu. Avant toute action d'envergure, l'État doit faire un calcul rigoureux de ses possibilités matérielles. Il est évident que, ignorance, mauvaise foi ou les deux à la fois, ni Monsieur Charest ni son ministre ne se sont donnés la peine de faire ce calcul élémentaire.

Si messieurs Charest et Reid n'aiment pas le Québec, au moins qu'ils tentent pendant leur mandat de mettre en pratique ces principes sans lesquels aucun État au monde ne peut fonctionner adéquatement. À moins que ces deux messieurs et beaucoup d'autres avec eux aient décidé la fin de l'État du Québec.

Ces douze principes fondamentaux sont utilisés en géopolitique pour évaluer les États. Ils demeurent beaucoup plus pertinents que des arguments littéraires, moralisants ou étriqués pour prendre des décisions d'envergure en matière d'État. Tous les Québécois et toutes les Québécoises qui ambitionnent de faire du Québec notre seul État national se doivent de les apprendre.




LA GREFFE - Jean Charest travaille en vase clos

Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 21 janvier 2005

Depuis son arrivée à la tête du Parti libéral du Québec en 1998, bon nombre de Québécois ont douté que Jean Charest, ancien chef du Parti conservateur du Canada, réussisse à s’enraciner efficacement à son nouvel environnement. Maintenant devenu premier ministre, le député de Sherbrooke montre effectivement qu’il ne connaît pas grand-chose de la société québécoise.

À Québec, le nouveau chef du gouvernement s’est entouré de conseillers émanant de son ancienne équipe politique fédérale. Les élus de son parti en ont été froissés parce que trop souvent évincés du processus de consultation. Jean Charest travaille donc en vase clos, fréquemment hors des instances normalement sollicitées pour gouverner. Combien de fois ses ministres et ses députés ont-ils appris par les médias l’adoption de décisions prises unilatéralement par leur chef?

L’absence de consultation fait en sorte que le Québec est orienté par un petit groupe guidé par des valeurs canadiennes. Le multiculturalisme encouragé par Ottawa afin de banaliser le peuple québécois et de lui refuser un statut particulier a trouvé écho en Jean Charest : son désir de financier entièrement des écoles privées confessionnelles des communautés culturelles le démontre.

La tendance de droite, conservatrice, qui est observée dans les choix que privilégie le gouvernement Charest, heurte de plein fouet les valeurs qui caractérisent la culture québécoise. L’individualisme qu’il favorise par un rôle étatique effacé menace l’esprit de solidarité qui a toujours fait la force des Québécois. Le pourrissement du conflit à la SAQ provoquera inéluctablement des déchirements profonds chez les grévistes. Même attitude dans le dossier du renouvellement de la convention collective des enseignants des niveaux primaire et secondaire. Voilà bientôt deux ans que rien ne bouge à ce sujet. Est-ce que le gouvernement libéral espère les voir débrayer afin de leur livrer la même médecine? Désire-t-il l’avènement d’un autre cul-de-sac qui divisera de la société civile? Est-ce en vue également de semer la zizanie au sein des enseignants dans l’espoir de provoquer un schisme syndical? Rappelons qu’il a réalisé quelque chose de semblable dans le secteur de la santé par le bâillon.

L’avènement des PPP favorisa également l’individualisme puisqu’il provoqua la baisse des salaires. Il sera donc naturel de voir les gens instinctivement chercher à protéger d’abord le mince pécule qu’ils gagneront dans un climat de travail de moins en moins sûr. L’appauvrissement collectif auquel nous convie le gouvernement Charest ne peut qu’encourager le « chacun pour soi. » Les PPP multiplieront aussi les occasions de patronage. À ce chapitre, Jean Charest se comporte aux yeux et au su de tous en véritable Père-Noël depuis qu’il est premier ministre. Le dossier du CHUM en est un exemple, exemple qui montre que le monde des affaires, traditionnellement associé au Parti libéral, a chamboulé le processus décisionnel. La situation rappelle tristement celle concernant le choix de l’itinéraire de l’autoroute 30, choix toujours en suspend. Le projet rétrograde de prolongement de la 25 promet.

La société civile a manifesté bruyamment son désaccord et a fait reculer le gouvernement libéral à deux reprises. Il y a eu d’abord l’abandon du projet de centrale au gaz du Suroît et l’annulation du grossier retour d’ascenseur que Jean Charest s’apprêtait à faire pour remercier un groupe culturel de sa généreuse contribution à la caisse libérale. Les Québécois devront-ils continuer à agir de la sorte parce qu’il faut placer ce gouvernement sous tutelle? Probable parce qu’ils ne lui font plus confiance. Jamais aura-t-on vu une perte de crédibilité aussi profonde envers un gouvernement qui se comporte en étranger envers les siens. Le premier ministre agit comme s’il était à la tête d’un autre État qui n’a rien à voir avec le Québec. À ce compte; les gens risquent d’exiger bientôt purement et simplement le rejet de la greffe d’avril 2003.




Les St-Hubert sans fumée

Sylvio Le Blanc, Montréal
TRIBUNE LIBRE 21 janvier 2005

J’ai vu la grosse annonce des Rôtisseries St-Hubert signée par le président et chef de la direction, Jean-Pierre Léger, donnant bon accueil à l’intention du ministre Couillard de modifier la Loi sur le tabac et informant le public qu’à compter du 2 mai toutes les rôtisseries St-Hubert du Québec offriront un environnement totalement sans fumée. Voilà une pub à mon goût.

D’abord, elle donne un coup de pouce au gouvernement dans un projet profitable à la société québécoise sur le plan de la santé, puis trace la voie à suivre aux autres chaînes de restaurants, qui y penseront à deux fois avant de marquer leur opposition.

Le plus beau de l’affaire pour la compagnie, c’est qu’elle y trouvera son compte. Les non-fumeurs, bientôt coqs en pâte, apprécieront son avant-gardisme et lui en seront reconnaissants. Chez les fumeurs raisonnables souscrivant à l’idée que la fumée secondaire est dommageable, plusieurs se plieront de bon gré à l’interdiction. Ne restera plus à M. Léger, mercaticien de première, qu’à améliorer le menu de St-Hubert pour grossir sa clientèle.

Pour finir, je rappelle au ministre Couillard qu’il y a encore des fumoirs mis à la disposition des employés du gouvernement. Voilà des espaces qui coûtent cher à plus d’un titre. Il serait plus économique de fournir gratos aux fumeurs des timbres transdermiques en remplacement. Les fumoirs ne devraient éventuellement servir qu’à fumer les viandes.




Le réseau collégial est paralysé

François Perrier
TRIBUNE LIBRE 21 janvier 2005

RÉPONSE À NESTOR TURCOTTE - QUELLE RÉFORME !?

M. Turcotte, je vous envoie mes réactions à chaud. J'aimerais bien en faire un texte à Vigile dans lequel je raisonnerais avec vous sur les vertus de la solidarité entre "nous" - dans mon AXE classe moyenne/nos élites culturelles, (parmi lesquelles je vous situe) - même si vous êtes aussi de droite. Si mon jugement de vous est dur, je vous considère une élite culturelle de droite et indépendantiste, plutôt qu'une zélite néolibérale et pseudo souverainante. D'où mon ton conciliant, ah ha.

Quelle réforme? Nestor Turcotte, Matane (aristote@ma.cgocable.ca) TRIBUNE LIBRE 17 janvier 2005.

Il y a un an, le Ministre de l'Éducation avait laissé planer le pire sur l'avenir des Cégeps, voire même la fermeture complet du réseau collégial. Le Ministre de l'Éducation annonce, aujourd'hui 17 janvier 2004, quelque chose qui ressemble au statu quo. Il lance une série de modifications mineures et administratives, plus cosmétiques que profondes, et cela, sans doute, par crainte des réactions syndicales, l’œil collé sur la prochaine élection générale qui aura lieu dans deux ans.

(MOI - TURCOTTE A RAISON D'ATTAQUER CERTAINS SYNDICATS - MAIS pas tous !!! Il faut 'casser du syndicat' au Québec, ceux tout aussi corporatistes que nos corporate bums du patronat québécois, mais en multipliant le nombre de syndiqués. Une société équilibrée a aussi ses syndicats).

Le réseau collégial est paralysé, sans vie, fonctionnant à vide. Généralement, les étudiants réalisent qu'ils y perdent royalement leur temps et ils s'en trouvent peu parmi eux qui sont enthousiasmés par les cours qu'ils y reçoivent. Le docteur Reid l'a sans doute vu mais il n'a pas eu le courage de poser les bons gestes pour guérir le malade en phase terminale. Et les dernières mesures annoncées, en grandes pompes, ne sont pas là pour le guérir dans l'immédiat.

(MOI - SIC -REID n'a pas le courage de poser certains geste - ET CEUX À DROITE SAVENT POURQUOI - les bon gestes favoriseraient AUSSI la masse inculte des Québécois de la classe moyenne, les pauvres et les ignorants !! Il y a danger à instruire correctement les masses. Elles apprennent à penser, puis passent à l'action et oops - ingrates - elles s'échappent du carcan néolibéral).

Un grand nombre d'étudiants qui fréquentent ce supposé haut lieu du savoir arrivent, mal préparés, particulièrement en ce qui concerne la formation fondamentale. Une grande majorité d'entre eux ont à peine, au secondaire, réussi à maîtriser leur langue maternelle. Ils la parlent difficilement et l'écrivent habituellement d'une façon incorrecte. Ils fréquentent, sans intérêt, souvent sans conviction, ces endroits appelés Cégeps, où les exigences sont minimales, et où le flottement dans les programmes a de quoi faire peur.

L'enseignement de la philosophie, par exemple, est un fourre-tout où chaque professeur arrive à verser ses idéologies personnelles, ses goûts pour certains auteurs et, habituellement, ses options particulières. Les cours de littérature sont souvent aussi reliés à des auteurs fétiches, où parfois la qualité de la langue écrite et parlée des auteurs choisis laisse à désirer. Conséquence de ce fourre-tout généralisé: la formation générale reçue dans un collège se compare difficilement à la formation reçue dans une autre institution similaire. Si le Ministre avait voulu,

(MOI - SIC M. TURCOTTE !! - dites le tout haut - l'institution "similaire" est celle des collèges PRIVÉS déjà subventionné à 60% - à 100% si vous êtes sioniste et anti-québécois -- Écoles privées subventionnées sur le dos de la masse des pauvres québécois).

… uniquement dans le domaine de la formation fondamentale, mettre un peu «ses culottes», il aurait favorisé un programme universel de formation générale en français et en philosophie, avec un programme commun pour tous les collèges, un examen national pour tous les élèves, et une correction faite par des maîtres en la matière, non reliés aux institutions concernées.

(MOI - YES ! - J'espère sincèrement que vous dites vrai et êtes vraiment en faveur d'étendre vos largesses linguistiques et philosophiques DE QUALITÉ - à TOUS les petits Québécois - y compris les déshérités joualisants parmi nos 8 millions de co-nationaux - 8 - si on inclus la diaspora canadiAn-française).

De plus, l'arrivée par la porte arrière d'un certain nombre d'élèves n'ayant pas réussi leur secondaire, ne fera qu'augmenter le niveau d'incompétence dans les structures de la vie collégiale. Bref, le Ministre perpétue, comme au primaire et au secondaire, ce qui existait déjà à ces deux niveaux: l'élève peut ne pas réussir son diplôme de secondaire V et peut maintenant franchir allègrement un niveau supérieur. A ce rythme-là, les collèges, tout comme les universités d'ailleurs, augmenteront le nombre de leurs étudiants incompétents, et un grand nombre d'entre eux seront incapables de s'intégrer au réseau, faute d'une préparation adéquate. Le Ministre affirme, rire en coin, que cela permettra à l'étudiant de retrouver «ses amis» ...

(MOI - Oui, les retrouver À LA CHAINE DE MONTAGE DE BOMBARDIER et à l'Université Ronald MCDONALD roi du hamburger. Afin de continuer à trôner sur "nous" -- nos zélites de gauche ET de droite doivent continuer à affaiblir la masse des Québécois, les maintenir dans l'ignorance programmée dans une école québécoise mise à leur service - afin qu'ils soient capables de réagir seulement aux besoins industriels d'une économie mondialisée à droite).

… à tous les niveaux de sa formation. L'école devient, pour lui, le milieu où triomphe l'amitié, alors que, logiquement, elle devrait être le lieu où triomphent les choses de l'esprit. Le Ministre semble avoir oublié que l'amitié peut se tisser en d'autres lieux plus propices, l'imagination aidant!

(MOI - "l'imagination aidant" INDEED ! Il faut vraiment faire appel à "l'imagination" plutôt qu'aux paroles crues n'est-ce pas M. Turcotte, parce que il y a des réactions D'EXCLUSION des masses, par des droites-élitistes qu'on ne peut révéler au grand public - alors que ce dernier pourrait se fâcher - NOIR ! À la réaction élitiste du canadiAn-français Reid, il est évident que "s'intégrer à nous" ne suffit pas. INTÉGRÉS mais pas/pas ASSIMILÉS. Regardez les réactions traîtres de certains "intégrés anglos" tels ce ministre Reid, et les divers Johnson, Pettigrew, Seymour, Dennis Dawson et al --, lesquels "NOUS" trahissent abjectement à la première occasion. Et ils rejoignent (comme Bernad Landry) les zélites "internationalistes", où l'intérêt national québécois est SUBORDONNÉ à des intérêts supranationaux - avant même d'avoir acquis toute forme de pseudo souveraineté ! L'internationalisme à droite est aux Internationales communistes à gauche - ce que le "communautarisme" américain (le melting pot/creuset des races) est à notre pauvre communauté de langue française. L'antithèse, et aux antipodes).

Bref, une réforme qui n'en est pas une et qui maintient toujours l'incompétence institutionnalisée. La «qualité de l'enseignement», on la trouvera dans les beaux discours du Ministre, mais, faut-il le rappeler, parler de la chose ne la fait pas surgir dans la réalité. En bout de piste, le Cégep continuera à ne pas suffisamment armer les jeunes placés devant un avenir incertain. Ma pensée se tourne, aujourd'hui, tout particulièrement, vers ceux qui songent à oeuvrer dans le milieu de l'éducation, et qui se retrouvent déjà, à la fin de leur cours universitaire, baccalauréat en mains, mais incapables d'exercer le métier pour lequel ils ont été mal formés, n'ayant pas réussi à obtenir la note de passage en français. Ils auront passé par toute la belle filière structurelle imaginée et pensée par les génies du Ministère, mais seront incapables de transmettre à leurs étudiants ce que le système éducatif ne leur a pas donné: la maîtrise minimale de leur langue maternelle.

L'école est le lieu où doit se mener une vie intellectuelle intense. C'est le lieu de l'esprit. La réforme, qui n'a pas eu lieu, continuera à favoriser la médiocrité de la langue, la facilité à obtenir un diplôme, où la règle de passage sera toujours la norme. Est-ce cela briller parmi les meilleurs, Monsieur le Ministre? Le doute s'installe dans mon esprit. Nestor Turcotte, Matane (aristote@ma.cgocable.ca).

(MOI - SIC ! FRANCHEMENT M. Turcotte-philosophe-à-Matane - déculottez votre esprit douteux - allez au fond de votre pensée - admettez que vous voulez la même réforme que Reid - vous et lui, étant tous deux à droite. Vous, pour retourner au statu quo ante des collèges classiques-favorisant-nos-zélites-culturelles et religieuses. Lui - Elvis Reid-Gratton, et son THINK BIG - pour favoriser la mondialisation de l'économie québécoise !!

Vous me faites penser M. Turcotte, à Guy Laforest ex capo en second de l'ADQ. Laforest est un fédéralo-reconfédéraliste et de droitissime, lequel, dans un texte idéologique majeur et admirable à beaucoup d'égards, intitulé "Avoir l'audace de transformer ce qui doit l'être", disait, entre autres choses, - "Au terme de la Révolution tranquille, en éducation, le Québec a fait table rase de ses humanités. C'était une mauvaise idée. L'ADQ va … pragmatique et humaniste … dimension de conservation … libérer le talent des individus … l'abandon du misérabilisme … gouverner dans l'intérêt général". Mais j'ai eu l'impression que son "intérêt général" se limitait à celui de nos zélites de droite, dans un 'benign neglect néolibéral', de tous ce qui concerne la masse d'entre "nous".

Toutes nos élites culturelles et nos zélites gauches-centre-droites, me font alors penser à ce passage du petit bouquin d'un certain Maurice Angers, sûrement gauchiste, "Se connaître autrement grâce à la sociologie" (tel que revu par le tabarnacos Louis Cornelllier dans Le Devoir), page 48, concernant l'habitus de classe -- "Dans les cours de religion … on m'enseignait une religion rationnelle, intellectuelle … avec une condescendance évidente … de la foi du charbonnier … et l'attitude de mes professeurs … rappelait que nous formerions l'élite de demain."

Et si dans notre grand projet d'indépendance du Québec, (plutôt que de sa pseudo souveraineté), on incluait le 40.1% des charbonniers de la classe moyenne qui à voté OUI à 61.3% en 1995 - est-ce que nos chances de réussir ne seraient pas meilleures !? Inclure dans notre projet national, une classe moyenne POPULAIRE mais pas POPULISTE - il y a une différence.

MA SOLUTION. Donnons à tous les Québécois de souche française - ET à NOS alliés - i.e., ceux parmi les altérités qui se sont bel et bien ASSIMILÉS à "NOUS", une éducation et une instruction de super qualité. Y compris le tout dernier des joualisants, les pauvres et démunis, cuistres variés - mais de langue, de culture et d'esprit français. Ils sont TOUS nos potes - même si gauchisants, socialistes ou centristes, joualisant, parlant froncé avec le bec en cœur, ou un français de bon aloi. En fin de compte, AIMONS NOUS LES UNS LES AUTRES - ENTRE FRANCOPHONES - CHARITÉ BIEN ORDONNÉE COMMENCE PAR LES SIENS - et au diable les liens d'amitiés entre élites et zélites. En abolissant toute subvention aux écoles privées - puisque la droite ne veut pas l'intervention de l'État dans leurs affaires privées, honorons tous leurs désirs - pas seulement ceux qui font leur affaire.

En passant (du coq à l'âne), quels vils petits droitistes aveuglés par leur cupidité, que se sont révélés le chroniqueur Michel Venne au Devoir de toutes les réserves, et Joseph Facal ex minissse-de-droite du PQ néolibéral. Venne, considérant dans "L'école privée publique" que "les écoles privées sont là pour de bon" et que "beaucoup de parents considèrent désormais un DROIT la possibilité de choisir" -- c'est-à-dire de refiler 60% de la note, à la collectivité française. SINON dit-il, "Une réduction des subventions (aux riches) "risque de creuser le fossé entre l'école privée et l'école publique." SIC ! Et si on éliminait TOUT risque de fossé en abolissant TOUTES les subventions aux riches ?! Venne à fondé un "think tank" de droite, spécialement pour pondre de tels jugements tout croche.

Quant au chacal Facal, dans "Faut-il cesser de subventionner l'école privée ? - il déconne en affirmant que "l'abolition du financement public entraînerait la fermeture de beaucoup d'écoles privées." Et alors, "dans le réseau public, le financement augmentera, mais aussi les dépenses" … CONCLUSION toute croche - … "apprendre à se faire confiance et cesser de penser que d'autres sont toujours mieux placés pour décider ce qui est bon pour nous". RESIC ! Mon Dieu, où est le ministre canadiAn Irwin - maintenant qu'on a besoin de lui --, Irwin qui voulait refouler les immigrants séparatisses dans leur pays d'origine.

MON AXE est - CLASSE MOYENNE / ÉLITES CULTURELLES - quelles soient de gauche, de droite ou du centre. Puis, regardons NOUS passer à L'ACTION - tous ensemble ! L'Humanité toute entière serait éblouie par ce que pourraient accomplir 8 millions de Québéco/canadiEns-français de langue française, nourris à l'entraide, gavés au respect et à l'amour mutuels. Ce que "nous" pourrions accomplir à l'échelle d'un monde actuel en détresse, subjugué par ses zélites nationales néolibérales. Et puis, la solidarité avec les siens à bien meilleur goût que la mesquinerie. Quand les masses québécoises commenceront à PENSER CORRECTEMENT, WATCH OUT !



A monsieur François Perrier,

Courte réponse. Vous semblez être le seul à ne pas avoir compris mon intervention, car des dizaines et des dizaines qui m'ont écrit, vont dans le sens où je me suis exprimé.

Le système d'éducation québécois, malgré les milliards injectés, génèrent des incultes, des ignorants et un bon nombre de jeunes enseignants sont dans cette nouvelle élite, qui ne savent ni lire ni écrire, qui lisent peu et qui multiplient leurs signes d'inculture générale.

Les gens qui viennent de l'extérieur et qui s'implantent au Québec,apprennent le français, parlent bien anglais, en plus de posséder une langue maternelle qui leur est propre. La majorité des jeunes et des moins jeunes qui fréquentent notre système scolaire parlent et écrivent mal leur langue maternelle et s'expriment difficilement en anglais et écrivent une langue bâtarde. Malgré toujours les milliards investis.

Le Québécois de souche a un problème: c'est celui du complexe du colonisé. Comme il ne peut arriver à briller parmi les meilleurs, il brille par sa médiocrité. Le taux d'abandon scolaire au secondaire (50 % dans ma région), d'abandon aussi au niveau collégial (40 % et plus au Québec) signifie que les Québécois de souche brillent parmi les plus faibles. Ce n'est pas l'argent qui sauvera notre peuple. C'est le travail. Et la ténacité. Il semble que les Québécois de souche aient choisi l'inverse. L'assimilation, plus que l'indépendance nationale, nous guette sur tous les terrains. Un peuple qui s'éteint démographiquement et qui, intellectuellement, bat tous les records d'abandon scolaire, ne mérite pas de vivre. L'histoire le prouve amplement.

Notre système d'éducation est malade. Libre à vous de croire qu'il est en bonne santé. Et cessez, s.v.p. de classer le monde entre la gauche et la droite, les conservateurs et les réformistes-progressistes. Ce sont de vieilles notions corporatistes qui alimentaient jadis un discours devenu désuet. Je ne suis ni de gauche, ni de droit: je suis pour la réflexion lucide, le bon sens, et la confrontation avec la réalité.

Nestor Turcotte
Matane, 21.1.2005






JEAN CHAREST : UN EXTRATERRESTRE? NON, UN CANADIEN!

Christian Gagnon, Montréal
TRIBUNE LIBRE 21 janvier 2005

Tout au long de cette controverse sur le financement à 100% d’écoles privées ethno-religieuses, bien des gens ont martelé la même lancinante question : Jean Charest vit-il sur une autre planète? La réponse est simple : non, notre premier ministre n’est pas un extraterrestre. En vérité, il est plutôt un Canadien «first and foremost», comme Daniel Johnson fils disait jadis de lui-même. Quatorze ans de carrière politique fédérale ont profondément imprégné Jean Charest de ce malentendu politique canadien fondé sur le très trudeauiste multiculturalisme officiel.

Outre le bilinguisme officiel, le rapport Laurendeau-Dunton de 1967 recommanda que le Canada adopte aussi le biculturalisme officiel, ce qui aurait consacré la thèse des deux peuples fondateurs, et donc des deux sociétés d’intégration, l’une anglophone et l’autre francophone. Mais Trudeau – et l’écrasante majorité des Canadiens «first and foremost» d’aujourd’hui – a préféré se tenir le plus loin possible de ce qui aurait pu valoir au Québec un statut distinct. Il coula dans le béton les thèses des dix provinces égales et d’un multiculturalisme officiel qui, dans la tête du «Rest of Canada», confine depuis les «French Canadians» au rang de minorité ethnique parmi tant d’autres. Or, les Québécois francophones dit «de souche» comprennent parfaitement que dans un monde en métissage toujours croissant, s’identifier à son ethnie n’offre aucune perspective d’avenir. Ils aspirent plutôt à former, avec l’ensemble de la population du Québec, un peuple multiethnique défini par une citoyenneté et une langue communes. Nos écoles doivent être à l’image de cette ambition.

Depuis une semaine, le Québec a manifesté son adhésion profonde au modèle d’une école publique et laïque pour tous. Cela constitue une éclatante démonstration du fait que, malgré les centaines de millions de dollars dépensés en propagande identitaire canadienne sous forme de commandites fédérales, l’interculturalisme québécois n’a rien cédé au multiculturalisme canadien dans notre inconscient collectif. Rien sauf peut-être chez Jean Charest.




Sans l’école publique et commune, serions-nous des amis?

Akos Verboczy
Commissaire scolaire à la Commission scolaire de Montréal
Farouk Karim
Attaché politique à la Fédération étudiante universitaire du Québec
TRIBUNE LIBRE 21 janvier 2005

Voir aussi Un juif, un musulman, une école
Yves Boisvert La Presse mercredi 19 janvier 2005

Lorsque le ministre de l’éducation Pierre Reid a déclaré, au nom du gouvernement Charest, que c’était pour favoriser les échanges culturels qu’il avait décidé de financer à 100% les écoles privées juives (et possiblement celles d’autres confessions), nous nous sommes replongés dans notre jeunesse, à une époque pas si lointaine, à la fin des années 1980 début des années 1990, alors que nous fréquentions tous les deux une école publique accueillant des élèves de toutes origines provenant de quartiers très multiethniques de Montréal. C’est là que nous nous sommes connus, que nous avons étudié ensemble et où nous sommes devenus amis. Une amitié qui dure depuis, malgré le fait que l’un de nous vienne d’Afrique et l’autre d’Europe, que l’un de nous soit juif et l’autre musulman.

L’annonce du ministre nous a fait réfléchir et nous a amenés à nous poser quelques questions. Si chacun de nous avait fréquenté une école de sa confession et que nous n’avions pas eu la chance de nous rencontrer ailleurs que dans un quelconque festival ou à l’occasion d’une journée interculturelle, comme cela est proposé en ce moment, serions-nous plus tolérants, plus respectueux des différences, plus ouverts aux autres cultures? Mais surtout, serions-nous des amis?

Nous, qui avons une expérience concrète de ce qu’est la vie scolaire en milieu multiethnique, en doutons fortement. Bien que les échanges sporadiques entre élèves de cultures, de milieux sociaux, de régions et de pays différents peuvent être bénéfiques, en rien ils ne peuvent remplacer la cohabitation quotidienne dans une école.

En effet, dans l’école que nous fréquentions, les échanges culturels se faisaient tous les jours, et ce, sans qu’il faille donner perpétuellement à l’autre des cours sur sa religion, ses traditions ou son pays d’origine. Ce n’est pas ainsi qu’on apprend à connaître l’autre, à le respecter et à en faire son ami. C’est plutôt en faisant du sport ensemble après l’école, en discutant de l’émission de télé de la veille, en faisant nos devoirs ensemble, en échangeant nos lunchs et, évidemment, aussi par nos chicanes d’enfants et nos conflits d’adolescents. Bref, dans ce qu’est, somme toute, la vie normale dans n’importe quelle école du monde.

Quant à la religion, aux traditions et à l’origine de l’autre, nous les avons découvertes et connues sans que cela ne prenne toute la place dans nos relations interpersonnelles. Nous ne sentions pas le besoin de s’afficher constamment comme juif ou comme musulman, et ce, pour ne pas s’isoler et également par respect pour l’autre. C’est là que réside probablement le plus bel enseignement de l’école publique commune.

L’école publique commune nous donnait aussi la liberté de ne pas être enfermés dans notre origine, de ne pas être réduits à une géographie, à une couleur, à une religion. Nous pouvions développer notre personnalité et découvrir celle des autres sans carcan identitaire. Connaître les préceptes de l’islam ou la signification des fêtes juives ne nous apprenait que très peu sur nous-mêmes ou sur l’autre. Ces éléments factuels ne nous apprennent rien sur le caractère, les valeurs, les goûts et les idées de chacun, autant d’éléments qui définissent l’identité complexe d’une personne. Ainsi, on peut bien connaître le sens de Noël, quelques mots de français, la cuisine québécoise et l’histoire de la Nouvelle-France, cela ne nous donne pas une connaissance concrète de la culture des Québécois et des Québécoises. Bien souvent, des échanges culturels sporadiques ont tendance à réduire la culture de l’autre à quelques éléments de folklore, à mettre l’accent sur les différences et à entretenir des stéréotypes plutôt que de faire découvrir des points communs.

D’ailleurs, comme notre école accueillait des jeunes de toutes origines et de toutes confessions, comme c’est le cas ailleurs dans le paysage scolaire montréalais, il nous aurait été impossible de définir la culture de notre école par l’ethnie ou la confession de ses élèves. Par contre, à bien y penser, il y a plusieurs valeurs définissant notre culture que nous aurions pu partager. Plutôt qu’une leçon portant sur une religion et une culture, nous aurions pu donner un cours sur notre culture commune : celle du vouloir-vivre ensemble dans le respect des différences.

D'autre part, nous étions loin d’être incultes en ce qui a trait à la connaissance des traditions et des religions du monde. Grâce à nos cours d’enseignement moral et religieux, à la panoplie d’activités culturelles et artistiques et –évidemment– à la cohabitation permanente, nous avions une connaissance des cultures et des religions plutôt étendue.

Nous savons bien sûr qu’il y a, même dans les écoles publiques dont nous parlons, une certaine tendance à la ghettoïsation, où chacun cherche tout naturellement son semblable. C’était aussi le cas dans notre école, mais les murs entre les communautés ne sont pas aussi systématiques, hermétiques et solides qu’on puisse se l’imaginer. Et de toute évidence, il est plus facile d’encourager les rencontres interculturelles lorsque des élèves d’origines différentes sont sous un même toit, quotidiennement, durant 11 ans!

Soulignons aussi que les écoles ethniques et confessionnelles ont déjà l’occasion de participer à des rencontres sportives, culturelles et scientifiques où prennent part autant les écoles publiques que privées. Il existe en effet de nombreuses activités comme les festivals culturels et scientifiques et les ligues sportives interscolaires, par exemple, où les « échanges culturels » sont d’ores et déjà possibles. Il serait intéressant de connaître la participation des écoles ethniques et confessionnelles à ces activités, lesquelles permettent aux élèves de côtoyer (sans subvention particulière!) des élèves d’autres cultures.

En somme, de la diversité dans nos écoles, il en faut plus et pas moins. Dans les écoles primaire et secondaire que nous avons fréquentées, comme dans de plus en plus d’écoles montréalaises d’aujourd’hui, il y avait des absents notables. Dans toute cette mixité culturelle, il n’y avait presque pas de « Québécois », comme nous appelions les « Québécois de souche ». Une situation qui est pour le moins agaçante quand on cherche, par l’école publique commune, à favoriser l’intégration des nouveaux arrivants à la majorité québécoise.

Voici donc le vrai défi, selon nous qui œuvrons chacun de notre côté dans le milieu de l’éducation, pour le ministre Reid : faire en sorte que l’école soit de plus en plus publique et de plus en plus commune. C’est ainsi que nous pourrons collectivement contribuer à la construction d’un Québec plus équitable, plus tolérant et que nous multiplierons les échanges culturels… et les amitiés durables.




LE COMBAT DES CHEFS

Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 24 janvier 2005

Le titre a de quoi faire sourire puisqu’il rappelle un épisode des célèbres aventures d’Astérix le Gaulois. Sauf qu’il n’y a pas de quoi rire. Ils sont nombreux actuellement au Québec à désespérer de voir le gouvernement de Jean Charest s’enfoncer dans la tourmente qu’il a lui-même créée. Si ce dernier déclenche une élection hâtive en réponse à un intense mécontentement populaire, il y aura inévitablement un débat des chefs. Et c’est là que cela se corse, comme ce fut malheureusement le cas en 2003.

Tous se souviendront à cette soirée de la question fatidique de Jean Charest qui devait faire fléchir les genoux de son opposant péquiste. L’aspirant premier ministre avait alors sommé Bernard Landry de divulguer aux gens sa priorité : « était-ce la souveraineté, ou la santé? » Affaibli par deux mandats à la tête d’un État provincial miné par le déséquilibre fiscal, le député de Verchères n’avait pas été en mesure de répliquer efficacement au chef libéral. Et même s’il avait eu l’idée de répondre « la souveraineté; c’est la santé », peut-être ne serait-il quand même pas parvenu à donner à son parti un troisième mandat consécutif. S’il y était arrivé, la majorité obtenue eût été fort probablement infime. Tenir un troisième référendum dans ce contexte aurait été difficile, au risque de déplaire profondément aux souverainistes.

Avec un gouvernement libéral qui donne l’impression de tout faire pour s’aliéner la société civile, le Parti québécois est en droit d’espérer reprendre le pouvoir en 2007. Sauf qu’à la lumière des sondages, la victoire pourrait s’obtenir à l’arrachée. Surtout qu’Option citoyenne participera à la prochaine élection, elle qui entend se faire plus présente dans l’actualité politique en 2005. Les péquistes doivent donc impérativement vaincre l’épreuve du débat télévisé. Que ce soit Bernard Landry ou une autre personne, le chef péquiste devra y dévoiler sa priorité. Les gens seront-ils plus enclins de vivre un troisième référendum, maintenant que le Parti québécois affirmera s’être refait « une beauté » dans l’opposition? Chose certaine, la formule n’aura rien de neuf.

Tous savent déjà que s’il y a élection d’un autre gouvernement, celui-ci déclarera, immédiatement après son assermentation, que les finances publiques souffrent d’un manque à gagner de plusieurs milliards « à cause de l’administration précédente. » La priorité souhaitée par les Québécois est donc de colmater les brèches, pas l’attente d’un autre référendum. Avec la présence d’un nouveau parti de gauche, la tentation sera donc grande pour plusieurs de l’appuyer : pour eux; il sera là, le changement. De là à prédire la victoire de l’équipe de Françoise David il y a une sacré marge. Malgré tout, le vote qu’elle ira gruger aux péquistes pourrait les éloigner du pouvoir. De plus; il n’est pas dit qu’un nouveau chef libéral ne viendra pas brouiller les cartes. La bande à Jean Charest n’est pas à l’abri d’un changement semblable : quand ça va mal, la grogne s’installe rapidement dans un parti politique.

Visiblement, le Parti québécois a intérêt à laisser flotter l’option souverainiste par voie élective. S’il y a obtention de la majorité absolue des votes; il sera mandaté par les Québécois de mettre un terme à la gouverne provinciale. Si d’autres partis penchent également du côté de l’option souverainiste; ils pourront ajouter leurs voix à celles du PQ de manière à faire profiter plus rapidement à tous les bienfaits que procure un État national. En rendant cette offre valide à chaque scrutin, le Parti québécois affichera ce qu’il est : souverainiste. Voilà ce que doit présenter le chef péquiste à l’électorat québécois au prochain débat des chefs, pour bien montrer qu’il peut s’ajuster à la nouvelle réalité politique. Ses opposants auront alors le fardeau de la preuve : ils devront démontrer que le cadre constitutionnel actuel peut permettre au Québec de reprendre ce qu’Ottawa lui confisque injustement. Pas de doute que la joute oratoire sera alors fort différente de la dernière.




Cordiale invitation aux
JEUDIS DE LA LANGUE

TRIBUNE LIBRE 24 janvier 2005

Des « 6 à 8 » avec conférence
suivies d'une période de discussion
dans une ambiance festive.

Le jeudi 27 janvier 2005
À18h30 — conférence de Fernand Daoust
La question linguistique et le monde du travail


Toute sa vie syndicale en témoigne : Fernand Daoust a certainement été le plus grand défenseur de la langue française au sein du mouvement ouvrier québécois. Il fut l'un des artisans du "grand réveil". Saint-Léonard, Bill 63, McGill français, Bill 22, MQF: Fernand Daoust participa à toutes les luttes. Il a occupé le poste de secrétaire général de Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), de 1969 à 1991. Identifié à l'aile nationaliste et socialiste de la FTQ, il en assum