CHUM - la santé malade du bilinguisme au Québec

François Perrier
TRIBUNE LIBRE 5 janvier 2005

Se réfère à la lettre au Devoir de Mme Claudette Jobin, présidente de la Ligue des femmes du Québec, du 7 décembre 2004, une lettre probante intitulée "Le CHUM mérite mieux."

La lettre de Mme Jobin fait état d'Anglos d.o.c (d'origine à contrôler de plus près), n'étant que 8% de la population sur l'étendue du territoire national québécois, et 25% à Montréal --, (ses deux estimés étant généreux à l'extrême). Il y a DONC un écart d'environ 25% entre les deniers publics alloués à chacun des deux hôpitaux universitaires de Montréal. À savoir, que le CHUM - le Centre hospitalier de l'Université de Montréal (francophone) - devrait recevoir 1 milliard 200 millions de dollars des sommes alloués par le gouvernement du Québec pour la création de son centre hospitalier, et, le MUHC - (the McGill University Health Center) - seulement $400 millions.

Robert Laplante, directeur de la revue l'Action nationale - Mossié ROMPRE - que j'ai beaucoup critiqué dans le passé, se révèle très fort dans son texte (du 23 novembre 04, à distribution multiple et généralisée), "L'implantation du CHUM - Gâchis autour d'un hôpital", un texte décriant "l'injustice fondamentale qu'est répartir le budget disponible à parts égales entre l'Université McGill et l'Université de Montréal". Bravo M. Laplante et merci, d'un heureux retour toujours plus marqué à vos sens. Auriez vous des ambitions politiques ? Puis, un certain Frédéric Lacroix, (rien à voir avec le Robert Lacroix), abonde dans le même sens que Mme Jobin, dans Vilgile du 24 novembre dernier, y allant de chiffres et de détails encore plus outrageux à notre dignité de peuple.

Piquante de révisionnisme historique la lettre au Devoir des 4/5 décembre dernier, de Gérard Beaudet, directeur de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal, lettre intitulée "CHUM, la dimension cachée". Beaudet urge les autorités politiques néolibérales du Québec d'aller de l'avant avec le projet de la gare de triage du CP à Outremont --, dans la prétendue grande tradition pratiquée par nos zélites de l'Église-Nation d'antan, pour lesquelles l'attaque agressive de l'ennemi anglo dans ses moindres repaires les plus à l'ouest du boulevard Saint-Laurent -- constituait la meilleure défense. ACH SO ! Le boulevard Saint-Laurent constituant une ligne médiane fictive, qui aurait été instituée par les autorités coloniales britanniques en 1792, nous informe Beaudet.

Le Beaudet se pâme alors pour de timides sorties extraterritoriales à l'ouest (anglo) de cette médiane, ainsi que des surplaces économiques des nôtres, ovationnés comme de grandes victoires économiques par la communauté catholique de l'époque. On se croirait en pleine séquelle du film "Nouvelle-France", où la défaite des Français est reconfigurée comme NOTRE Conquête des Lumières anglophiles, et valorisée comme une libération certaine. L'urbaniste fantaisiste Beaudet fabule, prenant à témoin les divers Mgr Ignace Bourget dans l'infiltration au XIXe siècle de bastions anglo-protestants, à l'ouest de "la MAIN", par diverses congrégations religieuses, entre le grand Séminaire, l'Hôtel-Dieu, des Sœurs Grises, et les Dames de la Congrégation de Notre-Dame. Suivis au XXe, de notre cavalerie économique lourde, constituée par Esdras Minville et Edouard Montpetit, responsables (entre autres) du déplacement de l'Université de Montréal plus à l'ouest, la relocalisation de l'École polytechnique, de l'École des hautes études commerciales, de l'hôpital Sainte-Justine, etc., etc.

Passe encore pour ce Donald Trump de l'immobilier que fut le frère André, avec l'implantation de son Oratoire Saint-Joseph (en 1924) dans le WEST profond de l'île ... Même nos morts francophones sont mis à contribution par ce scénario invraisemblable du Beaudet, qui les fait reposer AGRESSIVEMENT sur le flanc WEST du Mont-Royal, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges ! OH ! quelle trouvaille intellectuelle pour ce pince sans rire ! Mais que viennent faire dans cette équation vaseuse, un frère Marie-Victorin (pour le Jardin botanique situé dans l'est profond ?), et un chanoine Lionel Groulx soumis piteusement aux autorités ecclésiastiques --, dans ces batailles imaginaires entre deux bourgeoisies bien réelles, incestueuses et complices, hier comme aujourd'hui, se battant comme chiens et chats sur le corps indéfendu de la majorité française du Québec ? Et que dire de cette phrase sibylline du Beaudet en guise de conclusion - "le vacuum du Mont-Royal qui en les séparant géographiquement aura permis la construction identitaire de ces deux bourgeoisies (aux valeurs (sic !) romantiques), tout en constituant un substrat FÉDÉRATEUR d'une formidable efficacité". Ça veut dire quoi exactement -- sinon que les valeurs francos fédérastes (rimant avec collabo et piastre) de vendus tel Beaudet, s'en sont trouvées valorisées, renforcées ?!

Haro sur ce beaudet, urbanisant ou non ! Lequel ne sera pas sans savoir que SA communauté française de Montréal n'est pas capable aujourd'hui de telles sorties en territoire ennemi. Toujours trahie par ses zélites, elle ne l'a d'ailleurs jamais été. Quelle est sans champions de taille, indéfendues, et elle sort affaiblie à chaque capitulation de ses zélites faussement pluralo-civiques, religieuses ou pas, dans leur enrichissement personnel, et leur avancement individualiste. Pourquoi alors triompher outrageusement comme le fait Beaudet, sinon que pour se réjouir de la faiblesse grandissante de ceux qui l'ont vu naître et qu'il répudie maintenant, tout en étant lui-même "du bon bord". Ça sent à plein nez le "il faut les ÉCRASER" fédéraste de 1995. Un certain Gilles Derome résume très bien ce phénomène dans une lettre au Devoir, le 22 juillet 2003, lettre intitulée "800 millions à l'un comme à l'autre" -- "Un porteur d'eau donne au plus fort"

Plus que d'une ligne médiane, il faut parler d'une LIGNE DE FAILLE, entre des zélites anglaise et française d'une part -- les divers Paul Desmarais, Brian Mulroney, JOHN Coutu, Daniel Johnson, le ministre de la Santé-privée PHILIP Couillard, le recteur Robert Lacroix -- et d'autre part la société civile, démocratique, celle du plus grand nombre, laquelle n'a jamais su - depuis la nuit des temps - depuis que le monde est monde - n'a jamais su s'organiser - toutes les zélites de la terre réussissant à travers les âges "by hook and by crook", dans un "divide and conquer"-- des zélites ayant toujours eu la meilleure, sur ce qu'un certain Gilles DOSTALER, citant Hayek - texte perdu aux dossiers -- appelait outrageusement "la dictature de la majorité", l'oppression de la classe moyenne, se liguant entre pauvres et démunis, pour affliger nos pauvres zélites dans la poursuite de leurs profit et bonheur mesquins.

Cette communauté française de Montréal devra maintenant descendre dans la rue pour reprendre en main SA ville. Comme à Saint-Léonard à l'époque ! À l'insu du Parti québécois qui l'a vendue au plus offrant en 2001, en refusant de 'redimentionner' à la baisse les prétentions bilinguisantes de 'municipalities' anglos du West-Island, lesquelles avait alors été réduites à de mères arrondissements d'une ville, par la dame de fer Louise Harel. Maintenant il va falloir agir à l'insu de gouvernements hostiles, autant à Québec qu'à Ottawa ! On dit que quand un Orangiste est pourchassé par ses ennemis et sur le point d'être assailli, qu'il lance un cri désespéré auquel tout bon protestant se doit de répondre : "WHO WILL STAND BY ME !?" QUI, aujourd'hui, parmi nos élites nationalistes culturelles, va épauler notre pauvre nation française indéfendue ?

Si, comme l'annonçait Le Devoir du 16 décembre dernier, il devait y avoir une "Possible division linguistique dans le réseau de la santé - L'île de Montréal pourrait être partagée en deux territoires : un francophone, l'autre anglophone" -- il serait alors juste et équitable que SEULEMENT la partie anglaise du réseau montréalais soit tenue de donner des services bilingues, EN FRANÇAIS et en anglais. L'autre réseau dédié à 92% de la population de l'État québécois, demeurant strictement de langue française. Les immigrants canadiAns en sol national québécois, se voyant alors forcés d'apprendre le français en vitesse, tout comme n'importe quel Québécois de langue française ou CanadiEn-français, EST FORCÉ d'apprendre l'anglais au Canada. En quelques mois seulement et sans aucune aide pécuniaire de l'État. Quant aux wasps en régions québécoises, qu'ils se plantent un doigt derrière et l'autre dans l'œil, comme font tous les francophones partout au Canada-unilingue-anglais, sans que personne ne crie à l'injustice.

Charité bien ordonnée commence par soi-même. Tout autre comportement collectif de notre part est une insulte à l'intelligence. Le respect de soi naît dans le respect mutuel, ou il suinte alors 'd'àplatventrisme' --, non pas de charité chrétienne, ou de grandeur d'âme. Nos justes revendications linguistiques n'ont rien à voir avec le revanchisme anglo canadiAn. AIMONS NOUS LES UNS LES AUTRES - à l'insu de nos zélites, y compris les divers Mgrs Ouellette et Turcotte -- étrangement silencieux dans ce dossier. Qu'on me corrige si j'ai tort.

Les prétendus gauchisants aux comportements de droite, les divers laundry-lavette péquissse, les vendus à la John James Charest néolibéralisant, les bonnets blancs/blancs bonnets sournois à la Gilles Duceppe, (conseillé maintenant par le bouchar - n'y a t'il plus rien de sacré chez nos pseudo souverainisants !?), et du bi-ethnique Paul Martin, aux paradis fiscaux faciles. Chacun d'eux n'étant pas, mais vraiment pas, "à hauteur d'homme." Sans compter tous les beaudets de notre petit monde élitiste incestueux. Bandes de pharisiens et de philistins. VERGOGNE à vous !!

POURQUOI PAS, dans ces circonstances aggravantes, la mise sur pied d'un parti politique au féminin, mené par des femmes de la trempe des dames Harel et Jobin !?




Et Dieu dans tout ça?

René Marcel Sauvé, géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec
TRIBUNE LIBRE 5 janvier 2005

Je me réfère à l'article d'Antoine Robitaille dans le Devoir du 5 janvier 2005 au sujet de l'implication ou la non implication de Dieu dans le drame de l'océan Indien, lequel aurait maintenant fait plus de 200,000 morts, sans compter les victimes qui devront en porter les conséquences le reste de leur vie.

La seconde Guerre mondiale a fait 50 millions de victimes. Les guerres qui ont suivi en ont fait autant. Les victimes de la guerre du Rwanda dépassent le million. Ajoutez à ces chiffres les victimes quotidiennes des accidents d'automobile et des accidents bêtes qui auraient pu être évités. Ajoutez encore les vies détruites qui auraient pu être préservées, avec un peu de bonne volonté et des efforts réels, répétés et tenaces.

Dieu n'y est pour rien dans ces malheurs. Quant à la faute, compte tenu de la solidarité existentielle qui nous tient tous ensemble, par la présence d'un Esprit qui dépasse nations, langues et religions, nous en portons tous une part de responsabilité, même si nous ne sommes pas directement impliqués. Personne n'est en position de juger personne.

Dieu n'a pas à intervenir comme les magiciens, fakirs et prestidigitateurs que raffole l'humanité. Même si Dieu s'incarnait et intervenait, personne ou presque ne le croirait. Il s'est déjà incarné dans le Christ et on lui a bien montré de quelle justice avec un petit j nous sommes capables. Le Tout Puissant n'aime pas montrer sa puissance. Il veut triompher dans la faiblesse, en étant le dernier des derniers, ce qui est redoutable pour nous, qui serons tentés de le rejeter.

Comme géographe, je suis convaincu que ce drame aurait pu être évité. On ne peut ignorer la Nature sans le payer cher un moment ou un autre. Tous les règnes de la Nature(minéral, végétal, animal et cosmique, au cas où vous l'auriez oublié), doivent être respectés, sauf que de nos jours, la nature est escamotée en faveur des idées pour les idées.

La Nature n'est pas une idée. Elle est réelle, ce qui veut dire relationnelle, non pas rationnelle et encore moins rationaliste ou radicaliste, mais relationnelle, en ce sens que sa radicalité, sa simplicité, son ipséité et sa sémelfactivité exigent un acte de présence de chaque instant. Personne ne peut fuir dans l'abstrait. Il n'y a pas de solution fixe et l'acte de présence constitue l'essence de toute liberté authentique.

Dieu, Acte Pur et par conséquent Trine, a créé le réel pour nous, afin que nous prenions conscience de notre néant et apprenions par nous-mêmes à apprécier l'existence et la vie comme Il l'apprécie Lui-Même. D'où le fait que nous sommes tous à la fois Multiple et Un, afin de pouvoir composer avec le réel qui nous sollicite. C'est à cette condition que la Rédemption trouve son sens.

Que les événements tragiques de l'océan Indien, peu importe à qui la faute, soient maintenant l'occasion d'une solidarité sans précédent dans l'histoire de l'humanité, voilà qui doit être considéré comme une grâce divine. Celle-ci se manifeste généralement lorsque nous le méritons le moins.




LE 6000, RUE SAINT-DENIS

Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

Une fois de plus, l’indécision du gouvernement Charest aura aggravé une situation qui, facilement, aurait pu éviter pareil pourrissement. À l’image des dossiers des « défusions », Cégep et du Suroît, celui de l’emplacement du nouveau CHUM prouve encore aux Québécois que le Parti libéral « n’était pas prêt ».

Il l’était néanmoins au chapitre des nominations partisanes : deux « amis », deux de plus, ont récemment hérité d’un juteux contrat visant à relocaliser le super-hôpital universitaire francophone. C’est que, soudainement, l’endroit initialement prévu pour son érection ne convenait plus! Ce lieu, situé dans le quartier Rosemont, nécessiterait une décontamination du sol, et une circulation ferroviaire se ferait trop à proximité du projet hospitalier.

Le nouvel emplacement retenu par le tandem Mulroney-Johnson est le 1000 rue Saint-Denis, endroit où se situe actuellement l’hôpital Saint-Luc. Ce bâtiment serait donc agrandi. De toute évidence; le calme que recherchent normalement tous les centres hospitaliers risque de ne pas être au rendez-vous à Saint-Luc pour quelques temps. De plus, les lits supplémentaires provoqueront une augmentation de la circulation automobile dans ce secteur du centre-ville où, avouons-le, l’espace de stationnement s’avère déjà rarissime. D’ailleurs, ce quartier n’est-il pas d’abord à vocation commerciale? On est loin d’y retrouver effectivement une concentration d’habitations justifiant l’ajout d’un nombre important d’étages à cet établissement de soins de santé.

Que dire maintenant de la dernière trouvaille que des représentants du monde des affaires montréalais appuient énergiquement? Celle-ci frise le ridicule puisque la gare de triage du Canadien Pacifique à Outremont comporte plus de difficultés que celles reprochées au 6000 rue Saint-Denis : proximité de voies ferrées, terrain contaminé, ajout d’infrastructures et détournement du train de banlieue en provenance de Blainville feront grimper davantage la facture. Mais, surtout, ce site ne répond pas à une exigence légitime et fondamentale : il ne présente pas un tissu social à prédominance francophone.

Les « motifs esthétiques » que soulèvent les gens d’affaires qui supportent ce choix, puisqu’autour du nouvel hôpital seraient érigées d’autres installations universitaires favorisant l’apparition d’un second campus, sont farfelus. En ces temps d’austérités budgétaires, une certaine rigueur est de mise lorsqu’il est question de dépenser près d’un milliard de fonds publics. La menace de certains de ces gens de ne pas participer au développement de l’hôpital advenant le rejet de leur site est honteux. Il s’agit d’un projet visant le bien-être collectif, pas une occasion pécuniaire générée par de la spéculation foncière et immobilière.

Le 6000 rue Saint-Denis est localisé au cœur d’un quartier résidentiel francophone, en face du métro Rosemont et près d’artères routières permettant de gagner rapidement l’Université de Montréal. À l’ère de l’internet où les communications n’ont jamais été aussi performantes, la distance qui séparerait le nouvel hôpital de l’université apparaît bien inoffensive. Finalement, cet endroit semble compter qu’un seul défaut : celui d’avoir été choisi par l’ancienne administration péquiste, donc sans grand potentiel d’octroi de contrats aux « CHUMS » de Jean Charest…




Lettre à un ami

Jacques Bergeron
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

En ce 3ème jour de l'an de grâce de l'année 2005, est-ce que nos amis se portent bien? Se préparent-ils pour la grande «glisse» de Serre-Chevalier? Comment ont-ils passé la fête de «Noël» et le 1er jour de l'an 2005.

Au Québec, pays de langue française, la tradition veut, bien sûr pour ceux qui s'en souviennent, que l'on s'échange des cadeaux ce jour-là. C'est ce que nous avons fait encore cette année, tradition que nos enfants semblent vouloir conserver. Si nous étions en France, nous aurions peut-être conservé cette tradition pour la fête de Saint-Nicolas?

Du point de vue politique, les choses ne vont pas trop bien. En effet notre gouvernement se prépare à donner le pays à ses amis par le biais des PPP, cette nouvelle maladie qui laisse croire, ou qui veut faire croire, que les entreprises privées peuvent faire mieux que celles de l'état,alors que le Québec a démontré que les «coopératives (communisme volontaire)» et les compagnies mises sur pied par l'état du Québec (et d'autres organismes issus des mouvements syndicaux ces dernières années) ont constitué une source d'émancipation «économique», «politique» et «culturelle» pour notre peuple qui a su démontrer que l'on pouvait obtenir autant, sinon plus de succès, en oeuvrant en français dans tous ces domaines de notre vie.

Comme ce gouvernement est rempli de gens serviles, assujettis à leurs maîtres, ces sbires anglo-saxons voulant s'assurer de la domination du monde en utilisant pour y arriver le sophisme de l'ouverture des marchés, ces politiques, avec un «p» minuscule, ne peuvent ou ne veulent pas se rendre compte de leur état de colonisé qui est pire que celui d'esclave, car souventes fois l'esclave tente de se libérer alors que ces hommes et ces femmes se complaisent dans un assujettissement béat. On pourrait leur accoler ( ou leur donner) le titre de «Roi-nègre», mais encore là j'ai l'impression que ce serait leur faire un compliment tellement ils se sentent privilégiés de servir leurs maîtres.

Et pendant ce temps-là, nos indépendantistes se battent entre eux pour découvrir un nouveau chef pour le Parti Québécois, alors qu'ils devraient privilégier des moyens pédagogiques, comme la mise sur pied d'un projet de constitution par le peuple qui en définissant son contenu, se rendrait compte que seule l'indépendance peut lui permettre de se donner ce qu'il a défini comme étant nécessaire à son épanouissement dans tous les domaines ( ou dans toutes les sphères) de sa vie. Cependant, rien ne doit nous surprendre de la part d'un peuple colonisé, puisqu'il vit tous les jours de son existence le syndrome (ou le sentiment) du vaincu, dont seule l'indépendance pourra le délivrer. Je veux bien continuer à travailler à son épanouissement, mais avec mes faibles (très faibles et très petits) moyens, il n'y a pas grand chose que je puisse faire.

Entre-temps, on continue à vieillir et on se demande si on ne devrait pas se consacrer au «ski» ou à quelqu'autre activité pouvant nous faire oublier le monde dans lequel nous vivons, surtout lorsque nous voyons ce qui se passe en Asie avec ses centaines de milliers de morts.

Je t'abandonne à cette fastidieuse lecture de ton ami Canadien-français québécois en attendant que son pays soit indépendant, et qu'il puisse se définir comme Québécois tout court, d'un nouveau pays de langue française, foyer national de la Francité des Amériques, pays capable de participer au bonheur des nations libres et indépendantes, dans le concert des nations unies.

Salutations amicales à toi et à ton épouse

Jacques Bergeron




Les Tsunamis et les services en français du ministère des affaires extérieures

Gilles Rhéaume
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

La Ligue québécoise contre la francophobie canadienne
Bureau du porte-parole bienvenue62@hotmail.com

Montréal, le 5 janvier 2005

Madame la Commissaire aux
langues officielles
Gouvernement du Canada
Ottawa

Objet : Les Tsunamis et les services en français du ministère des affaires extérieures

Madame,

La récente tragédie de l'Océan Indien a montré qu'il fut impossible, pour des Québécois, d'obtenir des services dans leur langue lorsqu'ils ont eu recours à l'ambassade canadienne. Ceci nous apparaît en contraventrion flagrante avec la Lois sur les langues officlelles car si cela était permis, cette loi serait une coquille vide. Si il est un moment où ce droit prend un sens c'est bien celui de la détresse... Le français a sa place dans toutes les affaires du fédéral.

Qui plus est, les services diplomatiques ont manqué de diplomatie lorsque cette question a été rendue publique par différentes victimes qui se sont alors vues attaquer pour avoir signalé cette absence de français. Des victimes blâmées ! Si nous étions en Belgique ce scandale aurait provoqué des émeutes. Cette ténébreuse affaire est grave. Il s'agit de droits dont le Canada se targue d'être à l'avant-garde mondiale selon sa publicité et ses commandites. Si c'est un droit et il bien il est vient d'être encore une fois bafoué. Rendez justice aux francophones de ce pays et du Québec, les payeurs de taxes.

Il y a d'autres cas de cette mise au rancart du français dans les chancelleries du Canada, en Europe notamment où ces missions sont aussi des milieux d'anglicisatiion pour les francophones qui y travaillent ou qui s'y rendent pour renouveler un passeport., obtenir un visa etc.

La Ligue vous demande donc d'instituer une enquête sur la place du français dans les activités et services du ministère des affaires extérieures du Canada tant au Canada qu'à l'étranger.

Comment peut-on justifier l'absence de français à Bangkok ? Un ressortissant néerlandais, brésilien ou polonais peuvent sans crainte s'adresser dans leur langue, en tout temps, aux services diplomatiques de leur pays. Cela n'est pas vrai pour les Québécois quand ils se rendent dans les ambassades du Canada,

Les Québécois se font prendre 35 milliards de dollars chaque année par Ottawa, ils ont prétendûment le droit, depuis Trudeau, d'exiger et d'obtenir des services dans leur langue.

Que se passe-t-il avec le français dans ces officines dispendieuses et inutiles,semble-t-il, du moins pour un francophone qui en a besoin.




"LE CHUM 2010", EN GARDANT LA TÊTE FROIDE...

Georges–Étienne Cartier, MD, CSPQ (Psychiatrie ), LL.L
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

"LE CHUM 2010", EN GARDANT LA TÊTE FROIDE... en ce ... 1er janvier 2005

Médecin à l’hôpital St-Luc, j’y travaille à l’urgence (en psychiatrie) depuis plus de 30 ans. J'ai 64 ans, et ne "verrai donc pas la terre promise" , (sinon peut-être comme "usager" ...); ce qui me permet, donc, une certaine objectivité. La clientèle de cette urgence est locale, lourde et très « typée ». D’entrée de jeu, j’ose dire "ce qui ne se dit pas", "rectitude politique" et autres bons sentiments obligent : surchargée d’itinérants, de toxicomanes, de démunis, de séropositifs, très peu mobile, elle justifie un hôpital, elle mérite son hôpital sur place, mais pas un CHUM qui exige plus de diversité.

En janvier 99, Bernard Landry (Ministre des Finances) prenait par devers moi cet engagement que je relayais aussitôt au Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) : « Arrivez-nous avec un projet bien ficelé et vous aurez le CHUM le plus gros, le plus beau, celui qui formera les meilleurs médecins». Et Lucien Bouchard, de New York, de renchérir quelques semaines plus tard : 1,5 milliard ! Dans un grand revirement, les médecins du CHUM enfin se ralliaient rapidement autour du concept de site UNIQUE et NEUF : tout le monde se mettait au travail, le projet naissait, se "ficelait"...

Et puis, l`enlisement... le « nés pour un petit pain » nous rattrapait...

Après tout ce qui s’est dit et écrit, quelques mises en perspectives et autres précisions restent à ajouter au dossier déjà constitué dans la presse.

1) Quiconque regarde une carte de Montréal doit bien constater que les deux gares de triage sont en 2004 des incongruités au coeur d’une ville de trois millions d’habitants. Ces deux sites sont donc appelés à être occupés tôt ou tard. Ce qui, tôt ou tard, exigera dépollution, égoûts, aqueduc, rues, amélioration des voies d’accès, etc.

Pourquoi ne pas intégrer cette inévitable nécessité à un projet d’envergure emballant, porteur d’avenir et de progrès?

Et puis, on fait tout un plat de la dépollution; mais il s’agit de sites où ont travaillé sans drame des centaines de personnes depuis cent ans. Et où il ne s’agit pas d’aménager un potager et un verger mais bien de couler du béton étanche.

2) On nous dit que 5% du trafic ferroviaire implique des substances dangereuses : toxiques ou explosives. Trop risqué pour un hôpital scellé, climatisé, hermétique, mais pas pour les milliers de logements familiaux que nous propose le maire de l’arrondissement, et pour les autres déjà disséminés tout au long du parcours de la voie ferrée : consultez la carte ? Sans doute veut-on y parquer des vieux ! Non mais sans blague...!

De toutes façons, si ce genre de trafic au milieu d’une population est si dangereux, il aurait dû être dirigé ailleurs depuis des lunes : il n’y a pas de "droits acquis" à l’encontre de la santé et de la sécurité publique.

3) Les soi-disant "représentants des usagers", "les malades", (élus par liste, autoproclamés : moi-même" usager", je ne les connaissais même pas et n’ai jamais vu l’ombre d’une consultation; belle imposture !), donc s’inquièteraient de la disparition de services locaux si le CHUM est construit à Outremont : leur approche du problème est confondante de naïveté!

En effet, de deux choses l’une : ou bien la clientèle locale est première servie dans ses besoins ordinaires et alors elle envahit et monopolise le CHUM qui y voit sacrifiée sa vocation d’institution de pointe : un gaspillage et un ratage fabuleux; ou bien l’accès de cette population y est contingentée pour préserver la vocation spécifique du CHUM... et la population locale est mal servie, s’empile et stagne à l’urgence : elle est trahie.

La solution est pourtant évidente et ce, depuis le début : conserver au centre-ville, en plus du CHUM de 700 lits sur un site unique neuf à Outremont, un hôpital de quartier qui assume pleinement la demande de premier et deuxième niveau, les cas de troisième et quatrième niveaux étant, comme ceux de tout le Québec, référés au CHUM au besoin.

Construire une structure hospitalière universitaire de pointe aussi complexe et coûteuse en fonction d’une clientèle locale serait une aberration scandaleuse, une honte !

4) Les plans du CHUM St-Luc sont ceux d`un ramassis hétéroclite de bâtiments disparates, neufs ou rafistolés, posés sur le lit d’une ancienne rivière et sur un métro, à côté d’une autoroute dans un quartier d’affaires où la circulation est déjà trop dense et le stationnement ultra rare et ruineux.

Il faut être de mauvaise foi pour croire qu’un tel plan se réalisera sans "surprises", à moindres coûts, et plus rapidement que celui d’un bâtiment neuf pensé de façon intégrée depuis le début et qui pourra naître, en travaillant jour et nuit au besoin, sans les contraintes de l’hôpital actuel qui devra continuer à vivre sa vie simultanément sans bruit soir et nuit, sans poussière, avec accès préservé en tout temps, etc., etc.... Les ingénieurs et architectes «évaluateurs de projet" spécialisés d’une grande société d’État, que j’ai questionnés et fait questionner, en ricanent en coeur (mais en silence : carrière oblige).

5) Du côté du personnel, vivre durant six ou sept autres années (des années de plus à cause des «surprises» : on doit faire dans du vieux et du vivant!) encore dans la construction va être l’enfer. Sans compter que les stationnements vont disparaître au diable vauvert.

6) L’expansion ne se pourra faire qu’à coût d’expropriations, en concurrence avec l’UQUAM, le quartier chinois et celui des affaires, dans un éparpillement acrobatique...

Alors que sur le site Outremont, il sera facile d’ajouter avec le temps, par exemple, une hôtellerie pour les malades venus de loin, une autre pour les chercheurs étrangers invités, des centres de recherche privés, etc.

7) La ville de Montréal a toujours refusé à St-Luc un stationnement étagé au motif que ça aurait trop augmenté la circulation sur la rue Sanguinet. Et un CHUM de 10 000 personnes, y a plus rien là tout d’un coup?

8) Les voies d’accès : la «20 » est bien une autoroute, mais n’est plus soir et matin ( ...et accidents divers ), et ce de pire en pire, une «voie rapide» : je l’emprunte (Beaurepaire-Montréal-Beaurepaire) deux fois par jour depuis 21 ans et parle en connaissance de cause: coincé là dedans... Je m’y suis déjà retrouvé (à ville St-Pierre) coincé entre un char d’assaut, un bateau, une locomotive (sic) et un bulldozer!

Puisque l’on impute les coûts de voirie au projet Outremont, il faudrait donc en toute équité ajouter au projet St-Luc les coûts de la réfection des échangeurs Dorval, Lachine (la 13), ville St-«Pierre (pont Mercier), Turcot et ceux de la construction de la 30 (les camions en transit!).

De plus, la moindre manifestation ferme les rues avoisinantes.

9) Le bric-à-brac de blocs disparates proposé par le projet CHUM St-Luc est si peu inspirant que son financement privé risque de devoir compter encore longtemps sur la vente de barres de chocolat...

On peut reprocher beaucoup de choses à nos grands financiers, mais certainement pas d’avoir su voir grand et avec raison comme leurs succès le prouvent. Ils ont de la vision. Alors pourquoi refuser qu’ils en aient aussi pour un projet qui doit être une fierté nationale pour le demi-siècle à venir?

10) Les médecins qui s’opposent au projet Outremont le font essentiellement par peur de "se retrouver avec rien du tout face à McGill" : "Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras", se disent-ils en bon colonisés perdants. Mais le gouvernement qui tolérerait ça se suiciderait.

De plus, naïvement, beaucoup à St-Luc triomphent de Notre-Dame ! Pathétique!

11) Le CA du CHUM ? Flottant sans leadership sur le monstre qui persiste à fonctionner tant bien que mal bien plus «malgré» que «grâce à» lui («on s’arrange comme on peut» est la règle) sa médiocrité en fait un bien misérable guide : l’origine corporative de ses membres, les intérêts sous-jacents, les plans de carrière, etc. n’en font pas un corps très indépendant face «au Ministère» auquel peu osent déplaire. Pathétique!

12) Quant à l’Agence (ex-Régie régionale), ses statistiques sont souvent non fiables, elle n’a pas vocation à gérer l’enseignement et la recherche universitaires, et elle n’est plus indépendante du gouvernement. Sa pensée en est plutôt... bornée.

13) Le Gouvernement, enfin, serait encore à la merci d’une fonction publique qui persiste à croire qu’il y a trop de médecins au Québec et que ceux-ci travaillent mal!

Espérons que notre ministre et ses collègues ne se laisseront pas piéger par ces gens-là.

14) Le véritable scandale, typique d’une nation pas encore vraiment décolonisée, est qu’à Québec (où d’ailleurs nombre de fonctionnaires bien au chaud dans la pureté ethnique de leur environnement rêvent à un site unique bilingue pour Montréal! Sans blagues !) on se sent obligé de partager à 50/ 50 le budget McGill vs Université de Montréal alors que la contribution respective des deux au Québec est de 10% vs 40% en médecins.

L’argent pour le CHUM Outremont est là, si on a le courage de le répartir équitablement. Rappelons que nos "Anglos" ne comptent que pour 9% , et nos "Allos" pour 10% de notre population!

15) Le projet Outremont est sis dans un quartier à demi anglophone et allophone. Mais une telle Cité de la santé, de par sa masse et sa qualité critiques, ne pourra que le franciser et non l’inverse.

Un gain à terme.

16) Pour le prix d`un gros barrage, est-ce un investissement de moindre portée ?

Si finalement on choisissait piteusement de nous ratatiner encore une fois, si finalement le CHUM St-Luc était choisi, il est évident pour qui que ce soit qui voit au-delà du bout de son nez que le véritable hôpital universitaire québécois, pour l’étranger, sera définitivement le CUSM; qui vantera son bilinguisme (et, même ça, c’est souvent une pure façade : « You have to talk to me in English, we are in Canada here !", me sert-on trop souvent !) dans un Montréal bilingue pour un Québec bilingue.

Le Gouvernement vient d’ailleurs de lui livrer, à titre de RUIS (Réseau universitaire intégré de santé) l’Ouest de la Montérégie, l’Outaouais, le Témiscamingue, l’Abitibi et le Nunavik : le quart du Québec !

A cette idée, j`enrage ...froidement ! Et vous, citoyens ?




Souverainisme, modernisme et laboratoire :
Complainte d’un militant

Jean-François Morin, Québec
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

Regardons les choses en face : depuis les dernières années, les sujets politiques qui ont intéressé le grand public au Québec sont, en gros, la guerre en Irak et le protocole de Kyoto. La question de la souveraineté du Québec, sans être nécessairement morte, n’a guère été mise à l'ordre du jour. Bon nombre de militants avait, quelques années plus tôt, reproché à Lucien Bouchard d'être responsable de cette chute d'intérêt. Il n'en parlait pas assez disait-on. De telles assertions esquivent cependant une réalité socio-politique bien plus complexe. Bien malin celui qui pourra me prouver que les actions d'un seul homme peuvent déterminer la nature des idées dominantes de notre temps. Rien n'est plus puissant que ce qui est dans l'air du temps. Une idée dominante résulte d'un processus sociologique quasi inextricable. Et franchement, la venue de Bernard Landry n'a pas changé grand-chose à cette situation. Ce n'est pas non plus le simple choix de telle ou telle autre personnalité à la tête du Parti québécois qui créera le « momemtum » tant espéré.

On a beaucoup parlé de modernisation du Parti québécois. Certes, des efforts ont été faits dans ce sens. Par contre, l'image publique du parti n'a pas vraiment changé auprès du grand public. Tous savent qu'il est indépendantiste, tous savent qu'il est relativement à gauche et interventionniste, mais bien malin celui qui interrogera n'importe qui dans la rue en lui demandant : « trouvez-vous qu'il y a quelque chose de nouveau au PQ? » pour se fait répondre par : « oui ! J'ai récemment appris plein de nouvelles choses sur ses idées. » Tout le monde connaît le PQ. Tout le monde a déjà sa façon de le voir depuis longtemps. Dans ces conditions, changer les perceptions est un travail de longue haleine.

Que faut-il donc faire ? La réponse de la plupart des militants et de parler encore plus de souveraineté. Mais y a-t-il quelque chose de moderne dans cette idée de souveraineté ? Affirmer qu'il y a trop d'argent à Ottawa, pas assez à Québec et qu'il faut se donner nos propres outils de développement est sûrement une idée défendable, mais sûrement pas nouvelle et constitue un discours que j'oserais qualifier d’usé. Malgré les problèmes qui puissent subsister dans la fédération, ils ne semblent pas constituer des raisons suffisantes pour faire l’indépendance. Nous ne sommes plus dans les crises économiques et constitutionnelles des années 90.

Au fait, la modernité, c'est quoi ? Il peut sûrement exister plusieurs définitions, mais dans le problème qui nous occupe, je la définirais ainsi : est moderne ce qui est nouveau. Est également moderne ce qui est vieux et qui a su s’ajuster au travers l’évolution de son environnement contextuel. L’idée de la souveraineté du Québec est relativement vieille, au moins quarante ans. C’est pratiquement deux générations. Pour moi, qui n’a que vingt-six ans, cette idée provient d’une époque que je n’ai même pas vécu. La souveraineté était souvent associée au syndicalisme, aux mouvements de gauche, bref, à la lutte des classes dont la mission était de libérer le petit peuple d’ouvriers francophones que nous étions de la bourgeoisie anglo-saxonne. Je dois bien l’admettre, je ne me reconnais pas du tout la dedans et je suis loin d’être le seul. La souveraineté s’est-elle donc ajustée au contexte évolutif de notre société? Les problèmes politiques qui intéressent les électeurs aujourd’hui ne sont certainement plus ceux mentionnés ci-dessus et ne peuvent plus servir de planche de surf à la souveraineté. Le problème est justement là : on ne surf plus sur rien. Pourtant, il y en a eu des vagues. J’en ai mentionné au début de ce texte : guerre en Irak, protocole de Kyoto… La plupart des problèmes qui canalisent l’attention aujourd’hui rejoignent fréquemment la politique internationale. En cette époque de mondialisation, on assiste à une mondialisation des problèmes. Les vagues sont là et les souverainistes n’y surfent pas. Bernard Landry a bien essayé d’y surfer en déclarant qu’un éventuel appui du Canada à la guerre en Irak constitueraient une raison d’appuyer la souveraineté, mais il faudra bien plus qu’une seule déclaration pour changer l’image du parti. C’est une véritable ligne directrice dont nous avons besoin, mais aussi d’une nouvelle carte routière pour se retrouver dans la politique d’aujourd’hui.

J’ai souvent entendu parler les militants qui ont vécu les années soixante et soixante-dix. Pour bon nombre d’entre eux, l’objectif du projet d’indépendance était créer un système nouveau, original, un projet rempli d’idéal. À mes oreilles, tout ça rime avec socialisme. Mais il y avait là un projet de changer quelque chose pour le mieux dans la mécanique du système social, d’être un immense laboratoire. Toutes ces idées ne sont plus dans l’air du temps. Par contre, il y a cette notion de réinvention du système qui a été perdu au fil du temps, mais qui, je crois, est récupérable dans les problèmes d’aujourd’hui.

Les problèmes actuels sont mondialisés… alors soyons créatifs et mondialisons les solutions! Un Québec indépendant muni d’une doctrine pacifiste et internationaliste en aurait gros à proposer à cette planète turbulente. Créer une force internationale directement à la disposition de l’ONU, proposer des accords commerciaux avec l’Amérique latine assortis d’une charte sur les conditions de travail et sur l’environnement… Des idées comme celle-ci sont évidemment ambitieuses et difficiles à mettre en œuvre. Cependant, c’est à force de petits pas que l’on avance une charrue. C’est un créneau exploitable et inexploité. Que la souveraineté ne serve pas uniquement les intérêts des Québécois, mais aussi ceux du monde, que le laboratoire que nous serions fasse tourner les yeux du monde vers nous en disant « regardez ce qu’il font », que nous ayons la volonté d’entreprendre un projet pas parce qu’il sera facile, mais parce qu’il sera dur, tout ça, ça s’appelle du leadership. Je veux un Québec leader et mobilisé sur un projet moderne. Voilà la nouvelle carte routière que je propose.




Quelle bouffonnerie!

Francois Santerre
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

Cher journal Le Devoir,

J'ai trouvé déplorable, en ce lundi soir, d'entendre à nouveau du "Québec bashing" de la part de la machine B'nai Brith Canadienne via le réseau télévisé Global. Un représentant de B'nai Brith (Steve Slimovich) n'a pas manqué l'occasion de dire à tord que (traduction) "le Québec a toujours eu dans son histoire de l'antisémitisme systémique".

Pas de danger que l'on fasse allusion aux événements antisémites récents de Toronto. On ne se permet que de rappeler que le Québec est toujours et sera toujours "pire" qu'ailleurs. Quelle bouffonnerie. Sauf qu'à la longue, à force de chasses aux sorcières et d'accusations outrancières (l'affaire Jean-Louis Roux et l'affaire Yves Michaud, etc...) le B'nai Brith est en train de créer cette aura de mensonge et de manipuler, de tordre l'histoire québécoise et son ouverture aux juifs. Ne sommes nous pas ceux qui, en 1832, nous dotions d'une loi sur la pleine émancipation politique des juifs? Et ce, près d'un quart de siècle avant Londres?! Cette loi fut adoptée grâce à Louis-Joseph Papineau et au Parti Patriote dont étaient membres les fondateurs de la Société Saint-Jean Baptiste de Montréal.

Je commence a en avoir marre de leur obsession à faire passer tous les Québécois pour des antisémites de pères en fils. Marre de la tendance de la B'nai Brith de s'adonner au "Québec Bashing" pour mieux paraître face au pouvoir d'Ottawa. Marre de la façon qu'ils ont de ne jamais défendre d'autres victimes du racisme qu'eux-mêmes.

Quelqu'un prendra-t-il la défense de notre peuple? La SSJBM saura-t-elle mettre en lumière les propos de ce petit homme méprisable qu'est monsieur Steve Slimovich et lui rappeler que le racisme anti-Québécois n'est pas le meilleur moyen de combattre le racisme antisémite.

Une chose est sûre, on ne doit pas laisser ces propos sur les ondes pan-Canadiennes passer sans réagir!




UN PROJET RASSEMBLEUR POUR LES QUÉBÉCOIS EN 2005

Union des forces progressistes (UFP)
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

"Se doter d'une vraie proportionnelle qui transforme l'Assemblée nationale en un miroir fidèle de la société québécoise. Tel est le projet rassembleur qui devrait, en 2005, unir les citoyens oeuvrant dans l'ensemble des secteurs d'activités au-delà de leurs divergences politiques et des clivages sociaux, économiques et ethnoculturels. Si cet objectif était atteint, le Québec serait beaucoup plus fort pour faire face aux défis qui le confrontent".

C'est le message du Nouvel An transmis par le porte-parole de l'Union des forces progressistes (UFP) en matière de réforme des institutions démocratiques, Paul Cliche. Ce dernier a fait ressortir que pour atteindre cet objectif le nouveau système électoral devrait poursuivre les buts suivants:

- Faire en sorte que chaque vote compte et ait le même poids selon l'axiome universellement reconnu "un citoyen un vote";

- Exprimer le pluralisme politique et la diversité sociale afin que la représentation politique rattrape le retard qu'elle enregistre sur l'évolution socio-politique réelle qu'a connue le Québec depuis plusieurs décennies;

- Se diriger résolument vers l'égalité femmes-hommes dans la représentation politique;

- Inclure les minorités, particulièrement les communautés ethnoculturelles, afin d'abattre les barrières freinant leur représentation effective;

- Reconnaître l'importance du rôle joué par les régions en les dotant d'une forme de représentation politique qui leur insuffle le dynamisme nécessaire pour en faire de véritables partenaires dans le développement du Québec.

Malheureusement, l'avant-projet de loi Dupuis, déposé à l'Assemblée nationale le 15 décembre dernier, ignore la plupart de ces objectifs ou endosse les autres de façon beaucoup trop timide. Ainsi, l'absence dans la proposition gouvernementale d'un deuxième vote permettant aux électeurs de moduler leur opinion et mettant fin au phénomène, nocif démocratiquement, du votre stratégique et du vote utile DÉNATURE le modèle de scrutin proportionnel mixte dont se réclame le ministre délégué à la réforme des institutions démocratiques. Il laisse ainsi pour compte de larges pans de la population, en plus des tiers partis en émergence

Le porte-parole de l'UFP reconnaît toutefois au gouvernement Charest le mérite d'avoir, pour la première fois en 30 ans de débat public sur la réforme du mode de scrutin, déposé un projet de législation qui sera soumis à la consultation publique, cet hiver, au moyen d'une commission parlementaire itinérante.

M. Cliche souhaite que les Québécois et Québécoises saisissent cette occasion qu'ils attendent depuis longtemps en participant nombreux à cette consultation. Ainsi, ils pourront faire pression de façon efficace pour que le Québec soit doté d'une VRAIE proportionnelle à temps pour la tenue des élections en 2007 ou 2008. C'est de cette façon, qu'en 2004, l'action citoyenne a obtenu que le gouvernement abandonne la construction d'une usine pollueuse au Suroît. C'est de cette façon également qu'en 2005 des citoyens déterminés pourront obtenir un mode de scrutin permettant de transformer l'Assemblée nationale en un miroir fidèle de notre société" a-t-il conclu.




La crise au PQ: échec stratégique et effritement d’un monopole

François Cyr et Pierre Dostie, membres de l'Union des Forces Progressistes
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

Les divisions sont de plus en plus apparentes au sein du Parti québécois. La lutte à la chefferie, le style des prétendants à la succession de Bernard Landry ou leur plan de carrière font les manchettes. Mais la crise est bien plus profonde : c’est l’effritement de ce qu’on appelait jadis l’Alliance souverainiste. Le cinglant échec électoral d’avril 2003 a laissé au PQ le pire score (33,24 %) depuis 1973, époque où il n’avait pas encore formé le gouvernement. D’autres signes doivent être pris en compte dans l’analyse de cette crise, notamment l’abstention de 30% des québécoisEs aux dernières élections - dont une bonne partie de l’électorat traditionnel péquiste - et l’émergence de la gauche politique qui pose la question nationale à travers les enjeux sociaux. La moitié des souverainistes choisit maintenant d’appuyer d’autres formations politiques que le PQ. C’est l’échec de la stratégie péquiste et la fin de son monopole sur le mouvement souverainiste. Cette situation impose la recherche d’une stratégie nouvelle pour la résolution de la question nationale québécoise, que le PQ ne peut plus envisager seul. Le drame est que ce parti ne semble pas près de sortir de l’autisme profond dans lequel il s’est enfermé.

Effritement du bloc nationaliste traditionnel

Nous émettons l'hypothèse que la crise au sein du PQ, et du Bloc jusqu’à un certain point, est beaucoup plus profonde que l'expression des simples tensions entre les « pressés » et les « pas pressés » et qu’elle renvoit à une phase particulière d'un assez long processus d'effritement progressif des liens entre les différentes forces sociales ayant constitué depuis trente ans les assises du projet péquiste.

La prise du pouvoir en novembre 1976, faisant suite à une longue période de montée des mouvements sociaux progressistes (mouvement national, mouvement syndical, mouvement des femmes, des jeunes, etc.), a scellé une alliance, un bloc, entre le leadership des forces sociales émanant de la société civile et le projet péquiste. Le tout sur fond de convergence générationnelle : celle des premières cohortes de baby-boomers. C’est ainsi que le PQ s’est cru autorisé, malgré les réserves de son fondateur René Lévesque, de se donner comme nom celui de la nation elle-même, ce qui l’amènera plus tard à confondre ses propres intérêts avec ceux de la nation.

Cette alliance, souvent sujette à des tensions (notamment en 1982), a toutefois tenu le coup et a permis l'élaboration et la mise en oeuvre de ce qu'il est convenu d'appeler le modèle québécois. Étrange cocktail de corporatisme prenant racine dans les profondeurs de notre culture politique catholique et des pratiques social-démocrates d'inspiration nord-européenne, ce modèle s'appuie essentiellement sur un discours et une pratique de concertation entre les acteurs sociaux. De sommet en sommet, des concertations régionales aux grands exercices de relations publiques, hors de l'Assemblée nationale, les élites économiques, municipales et malheureusement syndicales discutent et décident de la gestion des finances publiques à la recherche du cher consensus, ce nouveau paradigme de notre culture politique. Faut-il préciser que, le plus souvent, ce consensus s'est fait au détriment des intérêts populaires et toujours au détriment de la démocratie. Faut-il rappeler qu'en démocratie, même libérale, ce sont les élus qui décident et rendent compte ?

Toutefois, la crise du modèle d'État providence et la montée des forces néolibérales mettent à mal cette alliance. La réduction du rôle de l'État devant être compensée par l'émergence de ce merveilleux monde de l'économie sociale, qui renvoie le plus souvent à une exploitation de main-d'oeuvre peu syndiquée, appelée à faiblement et partiellement compenser les fonctions traditionnelles de l'État, notamment au chapitre des soins de santé et des services sociaux.

Au prix de concessions de plus en plus mineures aux classes populaires, le PQ a su, bon an mal an, maintenir cette alliance, y déployant d'autant plus d'énergie que ce parti, malgré ses efforts pathétiques, n'a jamais pu convaincre des secteurs significatifs de l'élite économique à rallier sa bannière.

Du «bon gouvernement» néolibéral à l’opposition tranquille

Cette alliance au pouvoir sous le règne du PQ et son modèle de concertation se sont effrités graduellement sous nos yeux au rythme des avancées du néolibéralisme pur et dur : ville en perdition (Murdochville), grande usine fermée (GM), lock out prolongés (Vidéotron), mine en faillite (Asbestos), fermeture d’usine de transformation en région (Chambord). Incapable de civiliser de façon minimale les forces économiques, le gouvernement péquiste en était réduit à implorer les multinationales d'être de bons citoyens corporatifs, avec les résultats que l'on sait. Sur le plan social, les pseudo-réformes de la santé et de l’éducation ont été opérées sous l’impulsion du déficit zéro qui a été atteint (un an avant l’échéancier prévu) en déplumant ministères et programmes sociaux. La stratégie péquiste du bon gouvernement, allait le mener à gérer les coupes du gouvernement Chrétien-Martin sur le dos de la nation tout en se moulant aux politiques néolibérales découlant des ententes commerciales avec nos voisons du sud. Cette stratégie a accentué la rupture des souverainistes progressistes avec ce parti. Elle a fini par vider le projet d’indépendance nationale de son sens auprès de la population qui a boudé les élections dans une proportion de 30%, contribuant ainsi à la défaite électorale du PQ le 14 avril 2003.

Le retour à l’opposition n’a pas permis jusqu’ici au PQ de renouveler sa pensée et sa stratégie. Sur plusieurs fronts, les politiques conservatrices du gouvernement libéral-conservateur de Jean Charest sont dans le prolongement des politiques du gouvernement péquiste précédent. Cette réalité, de même que les guerres intestinales au PQ, ainsi que l’attitude de son élite, qui consiste à taper du pied en attendant que la règle de l’alternance la reporte au pouvoir, explique la tiédeur manifestée jusqu’ici par ce parti dans son rôle d’opposition. Le mode de scrutin, que le PQ a refusé de changer, croyant – à tort de l’avis de plusieurs spécialistes – être avantagé par celui-ci, leur réserve possiblement quelques mauvaises surprises. La première est la probabilité d’un second mandat libéral. La seconde est qu’une coalition souverainiste – advenant qu’elle soit souhaitée – serait plus facile à réaliser dans un système proportionnel.

Question nationale et question sociale

Il serait présomptueux de prévoir les rythmes, les formes et les modalités de ce processus de décomposition. Contentons-nous d'en inventorier brièvement les éléments structurants.

L’opposition croissante et de plus en plus structurée de larges secteurs de la population à l’ALENA et à la ZLEA heurte de plein fouet les fondements stratégiques du projet péquiste depuis ses origines (MSA) : l'intégration croissante de la société québécoise au continent. Pas étonnant que les grands dirigeants historiques du PQ, les Landry, Parizeau et Bouchard, aient été les meilleurs théoriciens du libre-échange. On peut jeter en pâture aux militants et militantes la mise sur pied d'un observatoire sur les effets de la mondialisation, mais le projet de M. Landry a le mérite d'être clair : il veut siéger à Buenos Aires - il visait 2005 à l’époque - à la table de négociation finalisant la signature de la ZLEA. Peut-être l'histoire retiendra-t-elle que la question de la mondialisation néolibérale, sera l'axe de rupture principale entre le projet péquiste et les mouvements sociaux progressistes ?

Aujourd’hui presque 10 ans après un second référendum perdu, on peut dire que le deuil n’est pas encore complété de cet échec réédité. Entre temps, le gouvernement fédéral a verrouillé tout éventuel processus référendaire (loi sur la «clarté») et du même coup empiété les champs des compétence provinciales et renforcé son pouvoir centralisateur. Le Conseil de la fédération de Jean Charest et l’entente «asymétrique» sur la santé sont des opérations cosmétiques qui n’ont rien changé aux règles de la péréquation et qui surtout n’ont aucun impact au plan constitutionnel. Le scandale des commandites a révélé que le fédéral avait non seulement volé le référendum (en dépensant 9 fois plus d’argent que le comité du oui au mépris de la loi québécoise) mais utilisé les fonds publics pour continuer pendant des années, à défrayer une campagne idéologique comme seule réponse à la demande de changement exprimée par les québécoiEs. Dans le camp péquiste, on cherche toujours les conditions gagnantes en vases clos, espérant reprendre le monopole sur le mouvement souverainiste autour d’une nouvelle astuce rassembleuse. Le parti de la nation n’a pas besoin de consulter le peuple sur le projet de pays et sur la stratégie pour y parvenir. Il peut aussi ignorer les autres partis souverainistes, à moins que ce ne soit pour tenter de les convaincre de renoncer d’exister au nom «des intérêts de la nation».

On observe cependant avec évidence que l’axe «souveraineté-fédéralisme» s’est redéployé sur l’axe «gauche-droite», ce qui n’est pas nécessairement impertinent. Plusieurs s’entendent d’ailleurs pour dire que c’est sur cet axe que se posent les questions fondamentales et que la question nationale reposée dans une perspective progressiste peut lui donner un nouveau sens. Le recoupement de ces deux axes en faveur du projet national commande une conjoncture et un «momentum» particulièrement favorables. Le déséquilibre fiscal ou la compétence provinciale en matière de santé sont des enjeux bien minces pour mobiliser l’électorat en faveur d’un parti ou d’une coalition souverainiste. Il faut d’abord poser la question nationale en dehors des rangs du PQ sans risque de s’attirer les foudres des gardiens de l’orthodoxie. En dehors même des rangs des partis. Plutôt que de chercher à convaincre, il y aurait lieu de consulter le peuple, sur le projet de pays et sur la façon d’y arriver. Puisque le mouvement souverainiste déborde largement des rangs d’un seul parti, il faut non pas s’employer à trouver sa stratégie gagnante, mais collaborer à la recherche d’une stratégie commune. C’est l’un des mandats que s’est donné le Conseil de la souveraineté, que de nombreux péquistes et bloquistes voient encore malheureusement comme un bassin ou une vitrine à leur avantage.

Selon l’UFP, la rupture avec les institutions britanniques, notamment par la convocation d’une Assemblée constituante, devant rédiger une Constitution d’un Québec progressiste et républicain, est un enjeu stratégique prometteur. Cette stratégie rassembleuse dégagerait un parti ou une coalition souverainiste du seul mandat de bon gouvernement provincial. Elle offrirait au peuple l’occasion de s’approprier la question nationale et de mettre de la chair sur le projet du pays. L’Assemblée constituante créerait un momentum non seulement pour les forces souverainistes mais pour le peuple québécois dans son entier.

Et l'alternative ?

Nous ne croyons pas que l'effritement du projet péquiste, mécaniquement, favorisera en soi la construction d'une alternative de gauche. Malgré ses modestes succès sur le plan de l'unification, la gauche québécoise reste encore relativement faible. Un long et patient processus de construction s'ouvre devant les progressistes qui, peu à peu, sauront sortir de leur relative marginalité et construire ce qui aurait dû l'être il y trente ans : un parti progressiste de masse solidement ancré à gauche. Depuis cinq ans, on observe que la gauche québécoise fait des efforts significatifs pour retirer ses ornières sectaires, renouveler son discours, fonder des alliances avec des mouvements sociaux et se mettre à l’écoute de la population. À travers ce processus, une nouvelle culture politique émerge, plus préoccupée d’éducation politique et de congruence qu’à jouer le jeu de la politique traditionnelle. Le défi de la gauche est non seulement de percer mais aussi et surtout de renouveler la politique. Elle s’y applique sérieusement et pour une fois on commence à la prendre au sérieux.

La perspective de fusion entre l’UFP et l’Option citoyenne est un signal encourageant pour la gauche québécoise mais qui annonce un purgatoire plus difficile pour le PQ qui demeure encore tragiquement centré sur lui-même.




Nous sommes en guerre et personne ne semble s'en rendre compte

René Marcel Sauvé, géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

Au cours de cette année 2004, le Conseil de la Souveraineté n'a fait que tâter le pouls de la population en général. Il a surtout rencontré des souverainistes convaincus, des gens qu'il n'avait pas à convaincre.

Je ne lui connais aucune stratégie précise pour le moment. Sauf s'adresser aux "communautés culturelles", ce qui me semble inutile, car ces communautés se "convertissent" par elles-mêmes lorsqu'elles sentent que les rapports de force ne sont plus du côté d'Ottawa, mais du Québec.

Si nous les approchons et cherchons à les "convertir", elles le percevront comme une preuve de faiblesse de notre part et ne soyez pas surpris du résultat. C'est à leurs membres de s'identifier à nous et non l'inverse. À cette fin, c'est à nous d'apprendre à être ce que nous sommes.

Agissez comme vous devez le faire et même l'ennemi vous respectera et finira par épouser votre cause. Marchez à quatre pattes et vous serez méprisés, même par vos proches et ceux de qui vous attendiez le plus.

Agir en tant qu'État, c'est se reconnaître nous-mêmes pour ce que nous sommes: UNE NATION ET UN ÉTAT NATUREL. Et nous ne serons reconnus que dans la mesure où nous aurons appris à nous reconnaître nous-mêmes en premier lieu. (Dixit Sun Tsu, Machiavel, Klauzewitz et Jomini).

Quant à la détermination consciente et à l'agir résolu et honnête qui attire les autres et les incite à venir s'indentifier à nous, vous le trouverez chez Freud et surtout dans le Chemin de la Perfection de Sainte Thérèse d'Avila. Vous ne me croyez pas? Allez vérifier par vous-mêmes.

Vous trouverez cet ouvrage du seizième siècle aux Éditions Paulines. Thérèse de Cepeda y Ahumada était d'origine castillane noble, dont la famille était mêlée à des juifs. Ces mélanges, dont Thérèse était issue, produisent souvent de très beaux enfants.

D'un tempérament puissant, elle était une "toffe" parmi les "toffes", une dure de dure, une archi-dure parmi les archi-dures. Elle aimait la vie et rien ne semblait l'appeler à une vie contemplative. La Madre Fundadora, la fondatrice des Carmes Déchaux, était profondément lucide et humaine, pas une sainte nitouche et pas une brute non plus loin de là, ce qui ne l'empêchait pas d'être une des plus belles femmes de son temps: grande, yeux noirs de feu, cheveux noirs, beaux traits d'un visage bien dessiné, séduisante et forte.

Un peinte qui a voulu en faire un tableau extraordinaire était si impressionné qu'il a manqué son coup et l'a rendue difforme et laide. Elle lui a été reconnaissante, ne voulant pas que sa grande beauté soit une tentation pour elle-même et les autres.

J'ai fait connaissance avec son opus major dans de curieuses circonstances. C'était au printemps 1963, alors que j'étais en service au Ghana, pour travailler à la construction d'un programme de formation pour officiers dans un pays nouvellement indépendant et en proie à la guerre civile.

Après deux années sous l'Équateur, on m'accorde un mois de congé avec ma famille, à passer en Espagne du sud, sur les plendides plages de Cabo Salou, près de Tarragone. Assis au soleil avec ma femme et les enfants, je cherchais quelque chose à lire. Il y avait un bouquiniste sur la plage. Je demandai de la lecture en français et le bouquiniste me tendit le Chemin de la Perfection de Sainte Thérèse d'Avila. C'était tout ce qu'il avait. Une surprise m'attendait, cependant.

Je l'ai acheté et sur cette plage pleine de beaux corps, de seins et de fesses superbes d'Européennes en bikini, cultivées et sportives à la fois (Je suis un homme, non?), je me suis mis à lire un livre de spiritualité comme je n'en avais jamais vu avant, une spiritualité simple, terre à terre, sans prétention d'une contemplative qui relie l'action concrète à la contemplation.

J'ai compris que le livre de la Santa Naçionale de l'Espania avait été écrit pour tout le monde. Il parle à l'esprit et parle de l'Esprit, qui est Présence et ne flotte pas en l'air.

Je vous le recommande pour le plus grand bien du Québec.

Pour ma part, j'en ai eu grand besoin, ne sachant pas l'épreuve qui nous attendait peu de temps après notre retour au Ghana, alors qu'un tremblement de terre fit tomber un mur qui tua sur le coup, Richard, notre fils aîné, un garçon de sept ans en pleine santé. Nous sommes restés encore une année sur place avant de revenir à Québec, avec un autre fils, qui a maintenant 40 ans.

Loin à l'étranger, personne n'est à l'abri ni des dangers naturels, des blessures et de la mort.

Revenons au Québec et à nos résolutions pour 2005:

Toute notre stratégie doit viser à abattre Ottawa et rien d'autre. Saborder le pouvoir central unitaire et ne lui donner aucune possibilité de se faire remplacer par autre chose, voilà ce à quoi nous devons en venir. Le reste est de l'idéologie, non de la stratégie.

Je constate qu'il n'y a aucune nouvelle de Terre Neuve dans les média du pouvoir central. Comme si Terre Neuve était mort à la suite de la décision de Dany Williams de supprimer les chiffons rouges de la surface de son État. Rien à propos de la Nouvelle Écosse non plus. La Pravda "canadian" se charge de ne mentionner que ce qui "existe" et d'ignorer ce qui "n'existe pas". J'ai de la difficulté à réprimer ma colère lorsque je m'en rends compte mais je dois absolument me maîtriser autrement nous n'irons nulle part.

Comme toujours, RDI répète ad nauseam "Canada, Canada, Canada, Canada, Canada". J'en ai compté six répétitions un matin tôt pendant une demi-heure seulement. Le mot Québec n'est jamais mentionné, mais le mot "province, province, province et province" revient à m'en rendre fou de rage et sans doute d'impuissance dans les conditions actuelles.

Nous sommes en guerre et personne ne semble s'en rendre compte. La guerre, ce n'est pas le fusils et les canons, qui ne sont que les instruments de la catharsis des guerres. Je vous l'affirme en tant que militaire de carrière qui a passé une majeure partie de sa vie à étudier les guerres et à s'y impliquer.

La guerre, c'est l'implacable volonté des tenants du pouvoir et de l'argent de s'accrocher à tout prix à la seule valeur qui compte pour eux, au détriment de tout le reste et de tous les autres. La guerre, c'est d'abord et par dessus tout une volonté quasi absolue d'en briser et d'en détruire une autre, peu importe sa légitimité et peu importent les conséquences.

Qui ne le voit pas ne peut que se faire une conception étriquée de la guerre. Inutile, futile et dangereux de nous réfugier dans l'ignorance et la peur. Ce sera pire. Rampez si vous voulez mais ne soyez pas surpris lorsqu'on vous marche dessus. Est-ce que vous aurez alors la paix? Il n'y a pas de paix pour les invertébrés qui remplisent le monde. Il n'y a de paix que pour ceux et celles qui ont de l'échine et de l'intelligence, une intelligence active, agissante et opérative, comme celle des maîtres en stratégie.

Les temps historiques approchent pour nous et ce n'est plus le temps des demi-mesures qui ne mènent nulle part. Nos objectifs doivent être clairs et sans équivoque. Et par dessus tout, nous devons apprendre à fond à mettre en pratique nos principes de stratégie d'État: Appréciation, détermination, concentration, etc.

Bonne année à tous.




Why It Will Be Better For Canada Without Quebec

L Sebastian Anders - Cumberland
(tiré du site web de Howard Galganov) Thursday, December 02, 2004

After reading numerous reports and opinions on the subject, I am of the opinion that everyone seems to be skating around the obvious.

Bilingualism is not the real issue. It is just a "step" towards the ultimate goal of successive Liberal and Red Tory Governments who sold their souls to Quebec Separatists. Since the beginning of the Trudeau era, nearly all the Federal leaders, including top cabinet ministers have been from Quebec. Their ultimate goal is and has always been "making Canada French". The evidence is everywhere for those who have removed their blinders.

The English Governors of the Colonial days and most Canadian Leaders since Confederation until Trudeau have gone out of their way to appease the French, believing it would bring social and political peace to the Canadian landscape. It has not.

For the past forty years the Leaders who were not from Quebec, did not have the fortitude to say no to the constant and unrelenting demands of Quebec and the militant French organisations in the rest of Canada. Those who were from Quebec gladly gave them what they wanted. And when their demands could not be obtained through the various levels of government, they were attained through biased courts.

The rights of English speaking Canadians' are being trampled on not only in Quebec, but also in ever increasing numbers across the land. For some misguided reasons our Leaders at every level still believe that appeasement is the answer. Aside from the fact that it costs money, lots of money; taxpayers' money; our money, it has never, ever worked.

Billions of our tax dollars have gone to Quebec and to the French militant organisations across the country, especially in Ontario, to organise their militant activities, which may explain the Liberal votes coming from there. The militant organisations are numerous and extremely well financed, especially by the Federal Government. English rights groups outside Quebec get absolutely nothing while those in Quebec get a pittance compared to the French groups across the country.

Meanwhile, French is being spread, promoted and imposed across Canada in governments, in business, the police, the military, schools and on signs everywhere while English is being pushed aside, or at best treated as second class, along with the people who speak it. Government jobs and more and more private sector jobs are preferentially being given to bilingual French people, generally from Quebec. Non-French speaking peoples' careers are being frozen and in some cases, terminated.

While the immigration department is actively seeking French-speaking immigrants from African countries to colonise the rest of Canada, a government justice committee is working on reconciling the French Civil code used in Quebec with English Common Law used in the rest of Canada, the implications of which can easily be imagined.

It is time to wake up. It is time to say "ENOUGH" and start taking our country back. But don't expect someone else to do it for you, otherwise the powder puff blue Quebec Fleur-de-Lis Flag will soon be flying atop buildings across the country.

The leader of the Conservative Party of Canada, Stephen Harper, has been courting Separatists in Quebec in the belief that it is the only way to obtain sufficient seats in parliament to become the ruling party. And to appease Quebecers, he reportedly said that since he learned both languages, all Canadians should.

The language I choose to speak is strictly my choice. No law, court, politician or bureaucrat has the right to tell me or anyone else which of the two official languages I must speak, where or when. The Charter of Rights is very clear on that.

As a "Brilliant Strategist", Mr. Harper should know that he does not need to kiss up to Quebec to become Prime Minister. One thing is sure: his love affair with Quebec will loose him the rest of Canada.

In the latest edition of Dialogue Magazine, Dr. Margaret Ritchie suggests that Western Canada should leave the federation and create a new country made up of the Western Provinces and those who wish to form a new federation. My suggestion is a simpler one.

In the bible it is said: "If thy right arm offend thee, cut off thy right arm."

French Quebecers and the French Colonists in the rest of Canada, who insist on imposing their linguistic and cultural distinctiveness on other Canadians across the country, have been the cause of much of Canada's social and political discords and upheavals for generations. Some factions in Quebec are again talking about a referendum on separation. Others speak of "Asymmetrical Federation" while the illegitimate Bloc constantly reminds us of the tax dollars they will extract from the rest of Canada. It is time to end it.

It is time to speak about our Canada without Quebec. It is time to rid ourselves of the Separatists, the Independentists, the Nationalists, the Sovereigntists, the Asymmetrists and all the other ists.

Are we ready or courageous enough to take such a bold step? Or do we just want to keep appeasing Quebec and keep on paying and putting up with the never-ending divisiveness and ever increasing hostilities?

Canadians should no longer be ruled by Quebec. Canada is a democracy. And although minority and special interest groups have ruled it for much too long, it is time to retake the reins of Democracy and let the will of the majority be known. It is time for Canadians to open the door and politely but firmly invite Quebec to leave the Federation, without taking the furniture, the bank account or the credit card, and with the boundaries that we will choose. It is time to say goodbye because frankly, I don't want to live a second rate French country. Do you?

L Sebastian Anders
Cumberland, Ontario
Canada




Le kit de voyage du parfait Canadien

Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec)
TRIBUNE LIBRE 7 janvier 2005

Conscients de la très mauvaise image de leur pays dans le monde, de plus en plus de jeunes États-Uniens achètent le kit du parfait Canadien pour voyager en paix (un sac à dos arborant l’unifolié rouge, etc.). Je suis d’avis que des redevances devraient être versées au gouvernement canadien, en pareil cas. On ne peut pas foutre la merde partout autour de soi sans en payer le prix, quel qu'il soit.

Le kit devrait inclure un petit guide au contenu suivant: «Pour ne pas nuire à l’image du Canada dans le monde, prière de laisser votre arme, votre chapeau et vos bottes de cow-boy à la maison, de ne parler politique que si vous êtes contre la guerre en Irak et anti-Bush, à moins que vous ne vous trouviez en Israël ou en Russie. Si on vous le demande, pour plus de crédibilité, souvenez-vous qu’on parle le français au Canada – quoique de moins en moins – et que c’est le seul pays au monde où se trouvent deux capitales nationales, Ottawa et Québec.»




La crise politique et sociale que nous traversons actuellement est un signe des temps

René Marcel Sauvé, géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec
TRIBUNE LIBRE 7 janvier 2005

Que nous soyons perdus sur le plan politique, c'est l'évidence même. Nous avons formulé toutes nos questions de statuts sur une base idéologique, théorique, littéraire, étriquée, faite de mots pour les mots et de parlotte pour la parlotte.

Nous sommes encore sur la défensive alors que l'heure de l'offensive a sonné depuis quelque temps. Nous persistons à revendiquer des droits, comme font les peuples inféodés et habitués à subir l'agir des autres et à la soumission servile et dégradante. Et pourtant, les conditions géopolitiques actuelles font que nous pouvons passer aux actes sans craindre les sanctions. Nous sommes en position de force et nous ne le savons pas.

Le gouvernement d'Ottawa est à abattre. Il s'y offre et nous n'avons qu'à passer aux actes. Le scandale des commandites le place en position de faiblesse. Le discréditer devant tout le Québec, les autres provinces, devant les États Unis et devant le monde est devenu possible, souhaitable et réalisable.

Tous ses autres scandales ne font que prouver son inanité et nous n'avons qu'à en profiter pour le faire tomber une fois pour toutes. Notre stratégie doit viser à battre le fer pendant qu'il est chaud et à porter à Ottawa des coups dont il ne se relèvera pas.

D'abord les communications. Il existe en géopolitique un axiome central que peu de gens connaissent ou comprennent: le pouvoir est complètement dans ses communications, toutes ses communications. Lorsque nous étudions l'histoire dans la perspective du géographe et de la géopolitique, nous ne nous cassons pas la tête pour savoir ce qu'a dit untel ou untel. Nous cherchons à identifier l'état et le statut des communications, dans tous les temps et en tous les lieux, et partant, nous pouvons identifier dans le fait l'histoire des empires et leur déclin.

Que se passe-t-il maintenant? Dans le numéro de janvier du Monde Diplomatique, Ignatio Ramonet, qui s'inquiète pour l'avenir de son prestigieux journal, constate que les grands journaux du monde sont presque tous menacés par les nouveaux petits journaux gratuits et autres moyens de communications actuels.

La télévision et la radio des grands réseaux n'en ont pas pour longtemps non plus. Les peuples n'ont plus à attendre le bon vouloir des pouvoirs en place pour se donner les moyens de communiquer de proches à proches. Les équipements sont massivement disponibles et à bon marché et personne ne s'en passe.

Et puis il y a l'Internet, le nouveau système qui est en train de donner à la base des pouvoirs que personne n'a jamais connus auparavant. En Espagne, l'Internet a fait tomber Aznar et rapatrier les troupes espagnoles d'Irak.

La puissance de l'Internet tient à ce que Martin Buber appelle le Je et Tu, la communication intersubjective directe et agissante qui dépasse les systèmes et les réseaux. Ces derniers ne communiquent pas directement mais par l'entremise d'un langage artificiel, comme on le voit en publicité et dans un film mièvre du genre Nouvelle France.

Le pouvoir est complètement dans ses communications et les communications nous tombent dans les mains sans le demander à personne. À nous de poursuivre et de traiter Ottawa comme s'il n'existait pas. N'est-ce pas notre intention? Notre stratégie doit viser à liquider Ottawa, rien de moins.

La stratégie est complètement dans l'action et dans l'Acte qui en est l'accomplissement. Elle n'est ni idéologique, ni littéraire, ni folklorique. Elle agit, point final et voilà où nous en sommes aujourd'hui.

La stratégie est affaire de principes, non de théories spéculatives mais de principes qui mettent en relation l'intention et sa réalisation. Le temps des grands discours est dépassé. C'est le temps des actes, le temps de venir au monde. Les paroles ne valent qu'en autant qu'elles se rapportent à l'action et à l'Acte.

Les discussions ne sont plus affaire de parlotter pour parlotter et n'aller nulle part, mais de principes: appréciation rigoureuse et correcte du contexte et de la situation; détermination et maintient d'objectifs praticables et réalisables en terme de temps et d'espace; concentration et économie de l'effort; simplicité et souplesse; sécurité et surprise; coopération et coordination; administration et logistique.

Nous n'avons plus à nous casser la tête pour les communications. Ottawa a perdu la guerre et perd son temps à essayer de se rattraper. À nous de prendre nos communications sans demander permission à personne. Le plus banalement du monde.

Ensuite, la fiscalité. À nous de la saisir et de l'enlever à Ottawa par un fait accompli que personne ne pourra opposer.

Ensuite: nous mettre en tête que nous n'avons qu'un seul État légitime, naturel et optimal, le nôtre et aucun autre. Lionel Groulx a dit: "Notre État, nous le voulons et nous l'aurons". Il se trompait. Notre État, nous l'avons et nous n'avons qu'à l'assumer.

Aux actes. Laissez faire les idées pour les idées, les discours pour les discours, les idéologies pour cuistres et savantasses. La défense de nos droits est dépassée.

Nous avons les pouvoirs de passer aux actes et c'est à nous de le faire sans demander notre reste.




DIX ANNÉES DE PERDUES (1995-2005)

Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 7 janvier 2005

L’échec stratégique amenant l’effritement du monopole souverainiste qu’a longtemps exercé le Parti québécois découle grandement du vol référendaire de 1995. Sans celui-ci, rien de tout ce qui ébranle présentement ce parti se produirait. Le Parti québécois n’existerait peut-être même plus puisque, comme l’indique son nom; l’objectif qu’il recherche depuis 1968 aurait été atteint. Cette réalité n’est pas mentionnée dans une longue analyse rédigée par François Cyr et Pierre Dostie.

Suite au coup de force de 1995, le gouvernement canadien a accéléré son offensive sur le Québec. En plus de sa loi C-20, Ottawa a mis en place une redoutable machine de propagande fédéraliste et imposé surtout une sanction fiscale qui a rendu l’Assemblée nationale du Québec inefficace. Rien de tout cela existait, avant 1995.

Ce déséquilibre fiscal fut camouflé au départ par un prétexte fallacieux voulant que l’État canadien doive assainir ses finances publiques. À preuve; depuis l’obtention du déficit zéro en 1997, Ottawa a vicieusement maintenu son carcan financier au travers de compressions brutales dans les paiements de transfert au Québec.

Le gouvernement péquiste de l’époque, dirigé par Lucien Bouchard, n’a eu d’autres choix que de réagir en catastrophe aux coupures fédérales afin d’éviter une décote coûteuse des maisons de crédits américaines Standard and Poor’s et Moody’s. Une baisse de la cote de crédit du Québec aurait privé les finances publiques de sommes supplémentaires, l’obligeant ainsi à exiger des Québécois des sacrifices plus douloureux que ceux observés entre 1996 et 1997. Pas facile dans ce contexte de morosité politique de demeurer populaire aux yeux de la société civile et de conserver une image sociale-démocrate. Le Parti québécois ne s’est depuis jamais remis de cette épreuve qui lui a laissé injustement une cicatrice néolibérale. Ottawa peut crier « mission accomplie » : son travail de sape est parvenu à passer son ennemi péquiste à la moulinette.

Suite au consensus souverainiste de 1995, les gens sont naturellement « passés à autre chose », bien qu’ils ressentent une amertume puisque l’amélioration de leur condition qu’ils devaient vivre suite à leur choix politique à plutôt fait place à dix années de gestion de décroissance. Même la période de prospérité survenue entre 1998 et 2003 n’a pu autoriser des investissements massifs dans des secteurs névralgiques ni quelques baisses d’impôt substantielles. Ces années de croissance ont provoqué au contraire une diminution des montants alloués en péréquation par Ottawa. Cette « taxe à la prospérité » pénalise, ne l’oublions pas, la société québécoise dès qu’elle s’illustre dans son développement économique. Vaut-il mieux s’appauvrir afin de voir cette enveloppe grossir? Bien sûr que non : l’argent qu’elle contient n’aide aucun secteur créateur d’emplois. Il n’entretient que la misère : ce sont des « dollars morts ».

On doit toutefois reprocher au Parti québécois son manque d’ouverture depuis 1995. L’attentisme référendaire qui le caractérise depuis près de dix ans a démobilisé les troupes souverainistes. 30% d’entre elles ont boudé le scrutin d’avril 2003. Il est normal que ces Québécois cherchent ailleurs pour trouver une formation politique offrant une solution à l’impasse qui irrite tout le monde depuis dix ans. L’arrivée d’Option citoyenne dans l’arène politique, qui fusionnera fort probablement avec l’Union des Forces Progressistes, fera inéluctablement mal au Parti québécois. Les forces de gauche jouiront, rien de neuf là-dedans, de « l’attrait du nouveau ». La nouveauté a effectivement toujours séduit la nature humaine si le changement est synonyme d’espoir. Ainsi, même si l’Assemblée nationale est clairement ingouvernable puisque minée par le piège fiscal d’Ottawa, ces partis de gauche, jouissant d’une virginité politique car elles n’ont jamais exercé le pouvoir, convaincront des Québécois qu’ils peuvent faire mieux. Néanmoins, une fois brûlés pour s’être frottés de trop près à la gouverne provinciale, le lustre qui les faisait briller disparaîtra rapidement, ramenant le peuple québécois sur terre, toujours au prise avec cette même morosité qu’Ottawa maintient grossièrement. Combien d’années supplémentaires aurons-nous perdues dans cette aventure? Assez pour avoir ajouté un autre déséquilibre au Québec, linguistique et culturel celui-là. Celui qu’attend avec impatience le gouvernement canadien; celui qui diluera la nation québécoise de langue française et la rendra minoritaire sur son propre territoire. Cela s’appelle l’assimilation.

Messieurs Cyr et Dostie proposent aux péquistes de former un pacte avec les formations souverainistes de gauche. Il ne fait pas de doute qu’il s’agit de la solution la plus efficace actuellement. Elle répond à un réel besoin puisque l’option souverainiste reçoit l’adhésion de plus de 47% des Québécois depuis l’élection de 2003. Ceux-ci ne veulent pas toutefois d’un troisième référendum car ils savent que le gouvernement canadien en a vicié le processus. Un projet indépendantiste concerne avant tout le désir d’un peuple de vivre ensemble. Pourquoi ne pas laisser celui du Québec trancher à l’élection de son choix, à la majorité absolue, plutôt que de lui imposer une troisième fois une démarche empoisonnée? Il n’est pas ici question d’un débat entre les « pressés » et les « pas pressés », mais plutôt de répondre enfin aux assauts antidémocratiques que le gouvernement fédéral afflige aux Québécois. En optant pour la voie élective, les partis souverainistes de gauche obligeront le Parti québécois à dialoguer rapidement avec eux, sous peine de perdre davantage d’appui. Ce rapprochement accélérera l’avènement d’une réforme du mode de scrutin et surtout l’établissement d’un État national capable de livrer à sa population des services de qualité auxquels il a droit. Bref; ce qui devait exister depuis 1995.




La dangereuse marginalisation de la gauche...

Jerry Beaudoin, Jeune souverainiste, Bellechasse
TRIBUNE LIBRE 7 janvier 2005

Bien que certains semblent heureux de l'arrivée d'un nouveau parti politique, en l'occurence Option citoyenne, moi je suis plutôt tracassé face à cela. Certains criards ont beau dire que le PQ n'est pas assez à gauche à leur goût, en créant un parti marginal, ils font de la gauche une position marginale. Combien de politiciens après cela voudront se coller à la gauche impulsive de Françoise David qui a des requêtes irréalistes, telles l'augmentation du salaire minimum à plus de 10$ de l'heure ? Quoiqu'en croient certaines personnes, l'arrivée de partis marginaux nuit à la gauche québécoise.

Si certaines personnes avaient regardé par-dessus leurs lunettes, elles auraient pu se rendre compte que ce n'est pas en faisant cavalier seul qu'elles réussiront à promouvoir leurs idées. Elles auraient bien mieux fait de demeurer sous la forme de mouvements politiques. Le pouvoir, il est là ! Après tout, il ne faut pas se cacher qu'avec la présence de deux partis de droite tels l'ADQ et le PLQ, le Parti Québécois sera sûrement prêt à faire certaines concessions à des mouvements revendicateurs de gauche pour assurer son élection. Sinon, c'est un billet de saison pour le PLQ qui nous attend.

La position plutôt floue du nouveau parti de Mme David au sujet de la question nationale me chicote aussi beaucoup. Comment peut-on prétendre que la souveraineté doit passer en deuxième lieu, après une bonne gestion de l'État ? Une bonne gestion de l'État sans la souveraineté devient de plus en plus impossible. Penser ainsi ne peut que nous faire retourner dans le passer pour répéter les mêmes erreurs et en arriver aux mêmes constats. Le Québec en tant que province est ingouvernable. On le sait déjà ! On ne veut pas aller de reculons, on veut avancer !

J'invite les membres de l'UFP et d'Option citoyenne à réfléchir... Veulent-ils nuire à la gauche ou l'aider ? Qu'est-ce qui est le plus important ? Le développement du Québec ou les petits intérêts personnels ? Moi personnellement, je désire plus que tout un pays. Ce pays qui, par la suite, sera teinté de nos valeurs, l'environnement, la solidarité, le pacifisme, l'alter-modialisme et l'égalité.

C'est ce que je veux et c'est au Parti Québécois que je vais y travailler par souci de cohérence et de continuer à bâtir sur de bonnes fondations. Même s'il n'est pas parfait, ce parti est le seul grand parti de gauche qui peut me permettre de faire avancer mes idées pour bâtir une société meilleure, un pays où il fait bon vivre.




LA CÉCITÉ DU SÉNATEUR NOLIN

Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 6 janvier 2005

Lors de l’émission « Le Point », diffusée sur les ondes de Radio-Canada le mercredi 22 décembre dernier, le sénateur conservateur Pierre-Claude Nolin faisait l’éloge du Conseil de la fédération. Assise à la même table, l’ex-ministre péquiste Louise Beaudoin a raté une belle occasion de rappeler à son homologue combien la créature bureaucratique de Jean Charest a plutôt échoué dans sa mission d’améliorer les rapports entre Ottawa et les provinces.

« L’entente sur la santé » de septembre dernier qu’a citée le sénateur Nolin en guise d’exemple n’a effectivement rien de glorieux. L’asymétrie qui aurait caractérisé cet accord s’avère une coquille vide : les provinces anglophones l’ont tout de suite remarquée puisqu’elles ne s’en sont même pas prévalues, comme le Québec. Voilà une réplique que l’ex-députée de Chambly aurait du formuler. De même, madame Beaudoin aurait placé son adversaire dans les câbles en rajoutant que 70% des Canadiens anglais ont dénoncé le « geste de souplesse » d’Ottawa envers Québec, même s’il fut jugé bidon par les provinces anglophones.

De plus, la rencontre fédérale-provinciales qui a suivi sur la péréquation s’est soldée par un échec. Le gouvernement canadien n’a même pas eu à diviser les premiers ministres provinciaux : ceux-ci s’en sont chargés, comme d’habitude, dans leur toute nouvelle instance politique. Résultat, Terre-Neuve a retiré dernièrement les drapeaux canadiens de tous ses édifices publics, dégoûtée par l’intransigeance d’Ottawa dans sa façon de concevoir le partage des revenus fiscaux.

Au Québec, malgré la détresse du ministre des Finances Yves Séguin que provoque l’étau financier d’Ottawa, Jean Charest refuse d’afficher la même lucidité que son ministre et préfère, comme le sénateur Nolin, être aveuglé par son dogme fédéraliste. Contrairement à Terre-Neuve, le seul pavillon qui sera baissé à Québec sera celui du député d’Outremont qui, aigri, abandonnera un gouvernement complaisant face à celui qui nuit à son développement. Il n’est jamais trop tard pour s’ouvrir les yeux, monsieur Nolin.




Une impressionnante «commandite»

Marie Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 11 janvier 2005

Bien sûr, personne n'est contre la vertu. Cependant, que signifie ces 425 millions de dollars en publicité unitariste canadienne? De ce fédéralisme, dit exportable. Que signifie ce 100 mille dollars du gouvernement provincial québécois?

Quant à moi, il s'agit tout simplement dans le premier cas, d'une commandite nouveau genre dont le but inavoué est de faire la propagande du fédéralisme canadien et sans doute de permettre aux hommes d'affaires canadiens de faire « la passe » dans le Sud-Est asiatique. Autrement, comment expliquer cette générosité soudaine du pingre Paul Martin. De ce même individu qui tient la bourse à deux mains quand il s'agit du Québec, du déséquilibre fiscal et autres injustices dont nous sommes victimes à tous les jours. De ce gouvernement fédéral bilingue qui ne se soucie même pas d'assurer des services en français dans ses ambassades. Des représentants de ce gouvernement inique qui ont ridiculisé des Québécois de langue française en voyage en Thaïlande, les réduisant dans toute cette panique à une « brosse à dents ». Que du mépris pour les Québécois! De cet ancien ambassadeur, bien peu convainquant, qui a dit « qu'il importait peu de sauver sa vie en français ou en anglais ».

Pour ce qui est du gouvernement provincial québécois, à mon avis, il s'agit simplement de confirmer un état de fait. Jean Charest est un fédéraliste, nous le savons. Nos impôts sont en grande partie au fédéral. Charest joue sur tous les niveaux. Implicitement, il donne l'impression aux nationalistes québécois qu'il n'a pas de sous parce que l'argent est au fédéral. Certains naïfs penseront même qu'il est bien québécois. Certains parmi nous n'ont-ils pas déjà cru que Trudeau et Bourassa feraient l'indépendance??? D'un autre côté, il agit en bon fédéraliste provincial : les Affaires extérieures sont de juridiction fédérale. Habile ce monsieur Charest. Il rejoint ainsi toutes les opinions québécoises et il vient de signifier notre enfermement dans le fédéralisme unitariste canadien.

Quel immigrant originaire de ces anciennes colonies britanniques trouvera, à la suite de cette commandite canadienne, que la situation au Québec est si difficile. Quel immigrant aura le goût d'apprendre le français? Personne, parce qu'ils auront compris que le pouvoir est au fédéral. Et nous nous retrouverons avec de futurs immigrants que nos naïfs souverainistes tenteront de convaincre à apprendre le français et de voter OUI au prochain référendum ou Parti québécois à la prochaine élection et suivantes. C'est la méthode du sablier.

À l'ouvrage Québécois, une grosse tâche nous attend : convaincre la communauté internationale que le Québec français est bien mal en point. Et longue vie aux commandites!...




LETTRE AU PREMIER MINISTRE CHAREST ET A SON GOUVERNEMENT

Serge Larochelle
TRIBUNE LIBRE 11 janvier 2005

"NOUS SOMMES PRÊTS" ! Voilà ce fameux slogan que vous et toute l’équipe libérale avez scandé sur toutes les tribunes et dans tous vos messages publicitaires lors de la dernière campagne électorale. Mais à quoi au juste étiez-vous donc prêts, Monsieur le Premier ministre?

À mieux diminuer la qualité de vie des petits salariés? À faire croire encore et toujours que vous aidez les familles? À être prêts à tout augmenter sans vous soucier de la capacité de payer du petit travailleur? Si c'est cela que vous pensiez par votre cri publicitaire, eh bien, c’est mission accomplie.

Car, vous avez effectivement appauvri les bas salariés, et cela en plusieurs points. Tout d’abord en permettant à Hydro Québec deux hausses successives en peu de mois, et qui plus est, en ne fermant pas la porte à d’éventuelles hausses à venir bientôt. Puis, l’augmentation des coûts de garderie dans les CPE fait encore mouche chez les moins nantis de notre société. Votre collègue des transports ne fait pas exception non plus en passant la loi sur l'augmentation des frais de permis de conduire et de l’immatriculation. Toutes ces mesures cumulatives font en sorte de gruger encore un peu plus dans le peu d'argent que les petits salariés possédaient encore. OUI, je dis bien encore car trois autres années de votre pouvoir on ne peut plus PROVINCIAL fera en sorte que personne ne survivra sinon dans vos beaux discours et vos statistiques «arrangées».

Mais le gouvernement que vous dirigez a vraiment atteint le bas des mesures rapaces avec l'abolition du crédit d'impôt de base pour enfant(s) mineur(s), astuce que votre ministre Béchard s’est bien gardé de souligner lors de la modification à la loi. Je vous entends déjà me dire : «Oui, mais vous serez compensés largement par les 4 chèques d’allocations bonifiées( de soutien aux enfants ) que mon bon gouvernement très libéral vous versera»!!!!!

Mais, ce n’est pas vrai pour tout le monde, Divorcé et père de deux enfants dont je n’ai pas la garde, j'avais droit à cette déduction (pour un enfant) fort salutaire pour mon budget et mon équilibre financier. De sorte que l’abolition du crédit d’impôt, seule déduction possible pour beaucoup d’entre nous, fait que je payerai 100.00$ d’impôt de plus par mois, étant maintenant obligé de me déclarer célibataire ! Il faut ajouter à cela le retour d'impôt de l'ordre d'environ 700.00$ que je recevais antérieurement.. Donc, tout bien calculé, vous comprendrez qu'avec cette merveille de votre collègue Béchard, je me vois privé d'une somme de 2,000$ net par année, un gros montant pour les nombreuses gens comme moi.

À la suite de cette nouvelle peu réjouissante, je me suis informé auprès de plusieurs personnes pour constater que je n’étais pas un «cas isolé», terme que les politiciens affectionnent particulièrement pour expliquer les zones grises de leurs lois et ainsi passer à autre chose sans jamais ne rien régler fondamentalement.

Deux questions en terminant: 1)Comment vais-je nourrir, habiller et gâter mes enfants lors de leurs séjours chez moi? 2)Quand allez-vous arrêter de toujours puiser dans les poches des plus faibles économiquement tout en vous vantant de soutenir la classe populaire? Vous désirez comme moi, sans doute, un Québec fort et prospère économiquement et socialement, je vois donc mal comment vous y arriverez en écrasant les gagne-petits.




Ne nous laissons pas leurrer par cette démarche!

Jacques bergeron
TRIBUNE LIBRE 11 janvier 2005

Monsieur le Président général,

Encore une fois le premier ministre du Québec tente de noyer le poisson dans les eaux nébuleuses de l'évaluation des deux projets soumis. Cependant rien dans cette affaire ne doit nous échapper. En nommant un autre comité, très libéral par ses deux membres, dont la tâche sera d'analyser les deux projets connus, Jean Charest exclut par sa démarche tout autre projet ayant autant, sinon plus de valeur que les deux retenus pour analyse.

Ne nous laissons pas leurrer par cette démarche! En agissant comme il le fait, le premier ministre du Québec se donne le temps de modifier les esprits en fonction de son objectif et de celui de ses petits amis, dont font partie M. le Recteur de l'université de Montréal, certains médecins et la plupart des hommes d'affaires, et même le dénommé Lucien Bouchard, jouet entre les mains de Jean Charest, son ancien petit ami dans un certain gouvernement conservateur, pour qui les intérêts pécuniaires et politiques sont plus importants que les citoyens Canadiens-français québécois de Montréal.

Ceci étant dit, il m'apparaît comme mon message de la semaine dernière vous le soulignait, et à la suite de M. Michel Bergeron, (aucun lien de parenté avec moi) dont l'article a paru dans le Devoir la semaine dernière, que le site répondant à tous les critères définis, est celui de l'Hôtel-Dieu de Montréal. Il faut retenir que ce site répond à tous les critères de proximité recherchés, tant par l'Université de Montréal que par les médecins, tout en répondant à un autre critère que l'on ne peut oublier, soit la conservation d'un «patrimoine historique» que l'on doit protéger envers et contre tous les prédateurs de langue anglaise de Montréal. Il n'y a qu'à analyser la richesse des Universités de langue anglaise de Montréal, pour comprendre que ses dirigeants s'empresseront d'acheter cet «édifice revêtant tout un pan de l'histoire de Montréal de langue française et de la nouvelle France» pour en faire un édifice universitaire à la gloire des Anglos de Montréal et du Canada, ce qui serait une vraie honte pour notre peuple et son histoire.

On doit cependant retenir que tout n'a pas été dit dans cette affaire, si nous savons intervenir auprès de la population de Montréal et du Québec, en lui proposant ce site comme étant le «meilleur» puisqu'il renferme toutes les données identifiées pour l'hôpital à construire, et qu'en plus il s'agit de conserver tout un pan de «notre histoire».

Quel organisme est le mieux placé, sinon la SSJB de Montréal afin de promouvoir ce projet? Il ne lui reste qu'à s'associer avec toutes les personnes et les groupes désireux de conserver ce pan de notre hsitoire et voulant voir cette institution se construire sur le site actuel de l'Hôtel-Dieu, avec vue sur le Mont-Royal.

Y a-t-il un lieu plus idyllique et plus respectueux des critères de proximité, autant pour l'Université de Montréal que pour les médecins et les utilisateurs, que cet endroit, sans oublier les centaines de millions de dollars que l'on ferait épargner à notre gouvernement en ces années de vache maigre pour la santé des Québécois et des Québécoises.

Monsieur le Président il est urgent d'agir!

La SSJB de Montréal doit dès maintenant former ce comité afin qu'il puisse intervenir dans les plus brefs délais.

Comme membre de la SSJB de Montréal, je serais prêt à oeuvrer aux succès d'un tel projet, si on me le demandait. Je suis certain que l'on pourrait associer à ce comité assez de gens importants pouvant être intéressés par le seul projet pouvant répondre à tous les critères afin d'en faire le vrai projet de Montréal.

Dans l'attente de votre réaction, je vous prie d'agréer l'expression de mes sentiments les plus distingués.

Jacques Bergeron, président
section Ludger-Duvernay de la SSJB de Montréal.




Québec et la France: main dans la main?

Jacques Bergeron
TRIBUNE LIBRE 11 janvier 2005

Les relations entre la France et le Québec sont paticulières, mais si pour «certains, associées» à des souvenirs du passé, «elles sont maintenant résolument tournées» vers l«'avenir», à travers l'économie, la culture, «la modernisastion» de l'état et les partenariats/public/privé.

Je n'ai pas l'honneur de connaître cet individu qui se dit consul de France au Québec. Je retiens toutefois, qu'il semble un parfait «ignare» quant aux relations entretenues par le Québec avec la France depuis les années 60. Sa déclaration que vous trouvez ci-haut, démontre amplement sa méconnaissance des relations entretenues entre la France et le Québec. Si ce n'est pas le cas, c'est qu'il est encore pire que je le croyais, car par son propos, il fait le jeu des fédéralistes, appelés ici fédérastes.

Comment peut-il dire que les relations sont pour certains associées à des souvenirs et que maintenant elles sont résolument(sic) tournées vers l'avenir, etc. etc.. Si cet «individu» avait tant soit peu de connaissances historiques sur les relations entretenues entre le Québec et la France, il aurait pu voir ce qu'ont fait les différents gouvernements du Parti Québécois tout au cours des années pendant lesquelles ce parti a été au pouvoir. Peut-être aurait-il pu y voir d'autre chose, que des souvenirs du passé, mais bien au contraire les nombreuses réalisations entre ces deux pays malgré les embuches d'Ottawa et de ses sbires fédéralistes, pour empêcher leurs réalisations. Comme il manque de certaines connaissances «historiques, il n'aurait pas dû se prononcer sur ce qu'il ne connait pas.

Quant aux relations résolument tournées vers la «modernisation de l'état et les partenariats/public/privé», ce consul (avec un «c» minuscule) aurait dû éviter de parler de cet aspect des relations à développer avec la France puisque ce projet de mis de l'avant par Jean Charest et son gouvernement ne vise qu'à «affaiblir» l'état au profit de l'entreprise privée et des amis du pouvoir, tout en espérant détruire, en tout cas affaiblir, les «syndicats» qui furent avec les «Coopératives et les sociétés de l'état la source de l'enrichissement collectif des Canadiens-français québécois.

Il faut savoir qu'avant que « ne naisse la Caisse populaire Desjardins» (maintenant caisses au pluriel) les Canadiens-français n'avaient pas accès aux emprunts «hypothécaires», les banques anglaises refusant de leur prêter quelque argent leur pemettant de devenir au moins propriétaires des maisons qu'ils habitaient. Cette coopérative, car c'en est une, fut aussi la «source» du dévelopement des professions reliées à cette activité économique. En effet, elle a permis de voir se développer la profession de Notaire, celle de «Directeur» de banque , («puisque la caisse est une banque populaire appartenant à ses membres») et de tous les autres postes reliés aux activités financières, sans oublier les professions d'architecque et d'ingénieur. Grâce à cette coopérative, apparurent un plus grand nombre de constructeurs de maisons et d'édifices, puisque les Caisses populaires avaient besoin d'édifices adaptés à leurs besoins et les individus de maisons.

Avec l'arrivée de Jean Lesage, alors que le Québec n'avait pas un sou de dettes, notre état put se permettre de développer une fonction publique adaptée à ses moyens, puis de se doter d'outils pemettant de développer des sociétés d'état qui virent son développement économique s'accélérer au grand dam des Anglais et de leurs sujets fédéralistes, appelés en certains milieux «gens d'affaires, tout en pouvant offrir à ses concitoyens l'assurance/maladie/hospitalisation, ( malgré l'opposition des médecins) l'assurance/automobile ( malgré l'opposition des assureurs et des avocats) et tous les autres services qu'un état moderne doit se donner.

Pendant ce temps on trouvait le moyen de développer des relations nouvelles avec la France et plusieurs pays, malgré la mauvaise volonté, on devrait dire malgré l'opposition) d'Ottawa et de ses dirigeants, avec la complicité de Canadiens-français québécois serviles, agissant comme les sbires du Canada anglais contre leur peuple et leurs frères. Et malgré toutes les difficultés mises sur son chemin, le Québec, grâce surtout à son gouvernement ( surtout celui du Parti Québécois), a réussi à se développer économiquement et culturellement, et je le répète malgré l'opposition d'Ottawa. Il fallait le faire.

Depuis l'arrivée de Jean Charest, ce sont toutes les activités économiques qui souffrent des politiques économiques de ce gouvernement. Et c'est cet individu, dont toutes les énergies sont vouées à la destruction de l'état du Québec, sous le couvert de la modernanisation de l'état et des partenariats/publics/privés, dont le consul de France vient nous vanter les mérites, en insistant sur les relations «résolument tournées vers l'avenir» et le développement des «PPP» entre la France et le Québec.

Si la France peut se permettre (ce dont je doute fort) de développer des PPP ( peut-être par des obligations européennes), le Québec ne peut se permettre d'attraper cette nouvelle maladie propagée par ce virus qu' est le développement des économies par l'entremise d'un néo-libéralisme sauvage préconisé par les peuples Anglo-saxons qui n'a d'autre but que la «disparition des cultures et des économies» au «profit des États-Unis d'Amérique, de l'Angleterre, de l'Australie» et des pays anglophones en général.

Et c'est cela que nous propose monsieur le consul de France avec Jean Charest. Permettez-moi de lui dire, «non merci», tout en lui indiquant que je préfère me souvenir des relations harmonieuses culturelles et économiques du passé, celles-ci étant la source d'une continuité que seul un état libre des contraintes d'Ottawa peut se permettre.

Alors, monsieur le représentant consulaire à Québec, et alors seulement, le Québec pourra continuer à se développer pour l'ensemble de ses consitoyens et concitoyennes, tout en souhaitant que l'entreprise privée puisse en faire autant sans recourir aux subsides sociaux ( appelés ici bien-être social) et au démentalement de notre état. Souhaitons que les quelques années qui restent au gouvernemnt Charest, (gouvernement mesquin qui n'a su trouver que 100,000$ pour l'aide aux pays asiatiques touchés par les Raz-de-Marée) ne lui permettront pas de détruire de que des générations de Québécois se sont donné.




Non au dictionnaire québécois normatif

Raymond Savard
TRIBUNE LIBRE 11 janvier 2005

C'est avec surprise que j'ai lu, le vendredi 7 janvier dans Le Devoir, les révélations de monsieur Lionel Meney ( Un autre dictionnaire québécois, pourquoi ? ). Son très intéressant article a suscité chez moi quelques réflexions. En substance, monsieur Meney se demande ( c'est un homme très poli... ) comment de savants spécialistes peuvent-ils être bêtes au point de consacrer des millions à une entreprise fumeuse née dans la cervelle de quelques linguistes déphasés ou de fonctionnaires victimes de démangeaisons identitaires ? D'autant plus que les contribuables québécois ont déjà payé la somme de quatre millions un Dictionnaire historique du français québécois, ouvrage de 660 entrées, qui ont coûté, pour qui sait compter, 9090, 90 $ chacune ! Et nos chers linguistes de nous en concocter un autre que subventionnerait grassement madame Beauchamp, notre souriante et béate ministre de la Culture. J'emploie ici le conditionnel parce que les dés ne sont pas encore jetés... Pendant ce temps, nos étudiants s'endettent ou tirent le diable par la queue... Quel piètre sens de l'État ! Quelle ignorance des vraies priorités !

Ce nouveau dictionnaire, le futur Corbeil, Cajolet-Laganière et Martel, a déjà reçu l'aval, de la Comission Larose ( ô la divine surprise ! ) On connaît bien le peu de crédibilité linguistique de cette dernière, puisqu'elle a, dans son rapport, tiré les conclusions que monsieur Bouchard, le premier ministre de l'époque, voulait bien entendre. De plus, ce rapport est si anodin qu'il a déjà sombré dans un oubli mérité ! La norme linguistique dont le futur dictionnaire veut faire la défense et l'illustration, elle existe déjà dans le Multidictionnaire de la langue française de madame de Villers, oeuvre magistrale que tout élève et tout étudiant québécois devraient posséder. Comme l'affirme si bien la publicité, c'est la description la plus fidèle et la plus juste du bon usage d'ici. Pour une fois, la déesse aux cent bouches ne ment pas, disait Brassens dans une belle périphrase de sa chanson les Trompettes de la renommée.

Nos très savants linguistes, désirent nous proposer une norme qui entraînerait, selon moi, la conséquence de nous enfermer dans un ghetto linguistique au lieu de nous présenter le modèle d'une langue française que plus de cent cinquante millions de locuteurs de tous les pays ont en commun. Ils ignorent probablement qu'à trop vouloir nous singulariser, nous nous coupons du reste du monde et ne devenons compréhensibles que de nous seuls. Ce n'est pas en élevant un monument à nos particularismes que nous témoignerons de notre ouverture au monde. Ce nouveau dictionnaire nous conduira, j'en ai bien peur, à nous enfoncer davantage dans une « créolisation » redoutable étant donné notre faiblesse démographique. Et dans une marginalisation à la louisianaise, conséquence de notre manque de courage à emprunter la seule voie qui soit digne de nous, celle de la liberté, de l'indépendance.




Cordiale invitation - Spectacle de chansons québécoises

Comité Jean-Martucci et la Section René-Lévesque - SSJB
TRIBUNE LIBRE 11 janvier 2005

Spectacle de chansons québécoises
à la Maison Ludger-Duvernay
au 82, rue Sherbrooke Ouest
(stations de métro Place-des-Arts ou Saint-Laurent)

Le jeudi 13 janvier 2005 à 20h

Immédiatement après le « Jeudi de la langue » avec Pierre Serré

...parce que la langue est avant tout le véhicule de la culture, sinon de l’âme d’un peuple…

EN VEDETTE: JULES LAVOIE

Chansonnier chevronné des Boîtes à chanson telles que Le Pierrot, Les Deux Pierrots, Le St-Vincent et la boîte à Marius. Il interprète les grands classiques français ou québécois, des airs traditionnels aux plus forts succès de l’heure, de Félix Leclerc à La Chicane, de Luc De Larochelière à Plume Latraverse en passant par Francis Cabrel.

Organisé par le Comité Jean-Martucci et la Section René-Lévesque
de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

L'entrée est libre
Consommations à prix populaire

RENSEIGNEMENTS SUPPLÉMENTAIRES
(514) 843-8851





C’en est à pleurer!

Gilles Néron, Charlesbourg
TRIBUNE LIBRE 13 janvier 2005

M. Jean Charest
Premier ministre du Québec
Hôtel du Gouvernement
Québec

Monsieur le premier Ministre,

Si j’étais vous, je chercherais le petit malicieux dans votre gouvernement qui s’ingénie à vous créer des ennuis et à vous faire tomber dans des pièges à con. Il ne se passe pas une semaine sans que vous ayez à justifier une mauvaise décision, à corriger la déclaration d’un ministre ou à retraiter honteusement dans un dossier. C’en est à pleurer!

Cette fois-ci, il s’agit d’une bévue grave, d’une erreur qui risque de libérer de vieux démons et d’alimenter l’intolérance. En effet, la décision non prévisible du ministre de l’Éducation, M. Reid, de financer à 100 % les écoles privées juives, est le meilleur moyen de faire resurgir des luttes d’identité culturelle. Il ne faut être grand clerc pour savoir cela. Et pourtant, cet ex-doyen ne le soupçonnait même pas. D’ailleurs, on pourrait écrire un gros livre sur tout ce que ne connaît pas cet universitaire et sur sa capacité à faire des bourdes.

Pour ce qui est de votre responsabilité, je ne comprends pas, pour avoir été près de Robert Bourassa dans les années ’70, comment cette annonce peut se faire avec une telle légèreté. Le ministre de l’Éducation s’est contenté d’invoquer la panique vécue dans le cabinet suite au saccage d’une bibliothèque juive, l’an passé. Quelle est la relation entre le geste d’un faible d’esprit et une décision ministérielle qui risque de chambouler toute la politique de financement des institutions scolaires au Québec ? Il me semble que nous nous sommes en plein délire.

Cette mesure est arrivée comme un cheveu sur la soupe immangeable que nous sert régulièrement ce ministre si peu connaisseur du goût québécois. Il n’y a eu aucun avis préalable, aucun avertissement qui annonçait cette bombe. Il n’y a eu aucune consultation alors que votre gouvernement est reconnu pour se cacher derrière des consultations à répétition pour éviter de prendre des décisions délicates. Enfin, le dossier n’a souffert d’aucun délai si on considère que le saccage a eu lieu il y a moins d’un an. Et pourtant, cette annonce portait sur une matière très conséquente. Voilà une attitude qui tranche avec la valse-hésitation sur les tarifs d’électricité, les prêts aux étudiants, l’aide aux municipalités, l’amélioration des soins de santé, la politique du logement et la si difficile question de la localisation du CHUM français alors que le Chum anglais connaît déjà son financement. Que dire des nombreux autres dossiers pendants. Pour que cela se produise il faut que vous soyez tenu complètement à l’écart des initiatives des ministres ou que vous les appuyez à 100%, soit au même degré que les subventions gouvernementales aux écoles juives.

Je veux me limiter à l’amateurisme de votre gouvernance. Je laisse de côté les considérations démocratiques sur les institutions collectives, sur l’identité québécoise, sur l’intégration des intérêts particuliers dans un bien commun, sur le respect de la majorité et sur la justice distributive. D’autres s’en occuperont sûrement dans les prochains jours.

Mon Dieu, qu’un terme de quatre ans est long quand ceux qui se disaient prêts sont au pouvoir !

En terminant, saviez-vous que les contributions des Juifs à leurs écoles privées bénéficient de l’exemption fiscale accordée aux dons de charité . Il ne faut plus parler de 100%, mais de 120% en subvention. Bravo pour avoir fracassé tous les records de complaisance en faveur du secteur privé.




Comment garder espoir ?

Patrick Saint-Laurent
TRIBUNE LIBRE 13 janvier 2005

Salut Vigile,

En ce 23 Décembre 2004, il me vient une question spontanée. Comment, en tant que Québécois souverainiste, est-ce possible de continuer à croire qu'un jour nous vaincrons dans notre lutte incessante pour la reconnaissance d'un peuple coincé entre deux conquêtes coloniales. Tant de Québécois, ignorants de leur histoire, regardent le téléjournal de la SRC et font la lecture de La Presse sans dire un mot ni poser une seule question. Selon eux, ainsi doit être notre destin.

Et pourtant, les Patriotes fûrent jugés devant un tribunal exclusivement composé de militaires Anglais, sans avocat. Ils n'avaient sans doute pas le droit d'être considérés comme des humains puisqu'ils n'étaient pas Anglais. Parfois il est difficile de ne pas se dire que le Québec ne mérite pas d'accéder à mieux puisqu'il est incapable de tirer des leçons historiques pourtant si évidentes.

Et c'est sans compter la malhônneteté de notre soit disant premier ministre Charest qui véhicule l'idée que les Francophones et Anglophones de sa région (Cantons de L'Est) vivent l'harmonie depuis toujours alors que la réalité est tout autre. En fait, les Québécois Francophones doivent constamment se battre pour faire respecter leurs droits.

Comment rester positif dans tout cela ?

Voilà ma question en ce début d'année 2005




École Vision School

Carl Savard, St-Jean-sur-Richelieu
TRIBUNE LIBRE 13 janvier 2005

Dans Le Devoir du samedi 8 janvier, on apprend qu'à Drummondville, des parents voyant que leur bambin n'était pas assez menacé d'assimilation, on décidé de contourner la loi 101 en créant leur propre école privée afin que leur progéniture soit parfaitement "bélingue". Comme autodestruction, on ne fait pas mieux.

Le fondateur, Yvon Courcy, affirme que ce n'est pas une école d'assimilation mais d'immersion. Il dit qu'il y a des écoles semblable en Suède et que le suédois n'est pas menacé pour autant... Allo!! Les Suédois sont entourées de pays scandinaves