bulletin du lundi
Robert Laplante
L'Action nationale

La régression
Robert Laplante
Directeur de L'Action nationale
17 janvier 2005
C’est un véritable jeu de massacre. Ce gouvernement sème non seulement la médiocrité, il cultive le désastre. La décision de financer à 100% des écoles privées juives constitue un geste de plus dans une politique de sabotage de la cohésion nationale. Ce n’est pas seulement un geste démissionnaire puant le clientélisme politicien le plus vil. C’est le choix de faire une brèche dans la mission et la légitimité de l’école comme institution fondamentale de notre société.
Ce gouvernement d’encanteurs vient de livrer le système public aux enchères et de réduire au tourisme culturel sa mission fondamentale d’intégration. C’est, paraît-il, pour «favoriser les échanges culturels» que nos impôts serviront à financer la marginalisation active et le retrait délibéré. Les échanges culturels, c’est dans un cadre citoyen que l’école doit les favoriser. Sa mission, pour les enfants qui fréquentent les écoles juives d’ici, comme pour tous les autres qui fréquentent des écoles soumises à nos lois et aux normes du Ministère de l’Éducation du Québec, c’est l’intégration, c’est le partage de valeurs et de repères culturels et sociaux communs. Et c’est la culture québécoise qui doit agir comme ciment. Le Québec n’est pas un conglomérat de particularismes entre lesquels des programmes gouvernementaux servent à jeter des passerelles dessinées par des barons ethniques ou des trafiquants d’influence.
Il n’est pas question que l’État du Québec finance l’exotisme de l’intérieur. Il faut protester contre cette décision, lui faire barrage. Elle va « à l’encontre de l’orientation générale de laïcisation des écoles» comme l’a souligné avec raison Pauline Marois (Le Devoir, 13 janvier 05). Mais surtout elle consacre le marchandage de la cohésion sociale, un marchandage qui agira comme un incitatif puissant à la légitimation des ghettos. Que des groupes plus ou moins déviants, singuliers ou atypiques veuillent se doter d’écoles qui les tiendront à une certaine distance du système public, c’est chose pensable et acceptable dans une société tolérante comme la nôtre. Mais l’État n’a pas à renoncer à ses responsabilités pour les encourager à le faire. Et encore moins à leur aménager un espace de légitimation publique. Il n’a pas à les financer. L’État québécois? Une rhétorique dans les mains d’affairistes qui traitent les institutions comme un butin que peuvent se disputer les lobbys.
«C’est un business deal» a déclaré le président de la Commission scolaire Marguerite Bourgeoys, signataire d’une entente avec des écoles juives. Il touchera 10% du pactole en frais de gestion. Et par dessus tout, il nous donne une grande leçon de civisme et de respect des institutions : « Mais sachant que ces ententes-là se feraient chez nous ou ailleurs, on a embarqué dans le jeu ». Une ode à l’esprit mercenaire. N’importe quoi pour une piastre, comme on dit dans les quartiers populaires qui feront probablement, un jour, l’objet de « visites culturelles ». Ce notable ne sait sans doute même pas qu’il est un agent de folklorisation de son propre «peuple, un bricoleur de cages ethniques». Le sens des institutions, le sens de l’État? C’est trop demander à un concierge de bourgade. Et à un ministre libéral.
La prochaine occasion sera fournie par qui? Une fédération d’écoles privées sikh? Un regroupement de Mormons? De partisans de la Charia comme doctrine pédagogique? Des raéliens hallucinés? Il y a tant d’échanges culturels à offrir!… Les courtiers en cohabitation des cultures sont déjà à l’œuvre, si l’on en juge par les réactions de jubilation que nous rapporte Le Devoir du 14 janvier.
Ceux-là qui croyaient que la gestion provinciale par une bande de zélotes aussi inconditionnels du Canada que du marché n’aurait pas d’effets trop déterminants sur l’avenir de notre société seront confondus. Ce gouvernement ne sacrifie pas seulement aux dieux de l’affairisme. Quand il s’en prend à l’État du Québec, ce n’est pas d’abord pour le dégraisser, comme ils disent, mais bien pour le dissoudre. Dès lors qu’il s’agit de désarticuler une mission nationale, l’argent ne manque pas. Nous n’avons pas les moyens de vouloir être ce que nous sommes, à les entendre, mais nous pouvons toujours nous payer ce qu’il faut pour nous effacer.
Ce gouvernement est résolu à poser des gestes irrémédiables. La politique de la terre brûlée ne lui fait pas peur. Au contraire, elle lui apparaît comme le plus sûr moyen de casser l’aspiration nationale, de mettre un verrou sur l’avenir en tentant de tuer, par des gestes irréversibles, la possibilité de tout redressement. Les libéraux veulent non seulement rendre la souveraineté impossible mais aussi rendre le Québec ingouvernable autrement qu’en mode clientéliste. Dossier du CHUM, prolongement de l’autoroute 25 et pont privé, réforme des cégeps, financement universitaire, tout converge pour laisser un héritage empoisonné, un inextricable nœud de vipères qui rendra extrêmement difficile et coûteuse la reconstruction de l’espace national.
Le système scolaire que notre Premier sous-ministre vient de mettre à mijoter n’est rien d’autre qu’une «business» de formation dont il optimisera le rendement selon une configuration de l’offre qui variera au gré des intérêts privés, des corporatismes et des intégrismes de toutes sortes et qui aura pour effet de saper les consensus sociaux les plus élémentaires. Exit la volonté de faire servir l’école à la transmission de l’héritage, à en faire un lieu de mémoire et d’invention de l’avenir commun. La construction identitaire québécoise? Un gouvernement qui oblitère son propre peuple, qui siège à l’Assemblée nationale pour nier la nation ne peut rien faire d’autre que de transformer son institution fondamentale en entreprise de services de minorisation.
So what! On est Canadian ou on ne l’est pas.
Patrimoine Canada se chargera sans doute du matériel pédagogique pour préparer les échanges culturels… On entend déjà les éloges de la mosaïque multiculturelle, les hymnes à « la langue de votre choix » et les justifications des notables et ministres libéraux qui expliqueront que l’argent fédéral est bienvenu pour accroître les maigres ressources des écoles québécoises. Il ne manque rien pour qu’on devine déjà les éditoriaux d’André Pratte sur les vertus de la bonne entente entre les groupes ethniques, linguistiques, religieux, sur les appels à l’esprit de tolérance qui a toujours marqué le destin canadian de la métropole bilingue…
Le refus de poser le Québec dans le seul cadre où il puisse être interprétable et gouvernable, celui de la nation, pousse inexorablement ces inconditionnels du fédéralisme dans une logique d’autodestruction. Avec la décision de Pierre Reid, les libéraux ne nous jouent pas seulement un multiculturalisme délétère, ils renoncent à poser la culture et les valeurs québécoises au fondement du vivre ensemble. Ce gouvernement dissout la nation dans la cohabitation ethnique. Diviser le Québec contre lui-même, pour mieux l’asservir dans le Canada qui le nie, tel est l’horizon que nous dessinent ces politiciens. Les tensions que cela soulève d’ores et déjà ne présagent rien de bon ni de réjouissant. Qui a dit que la régression nationale se ferait dans l’allégresse?

Le Québec à la petite semaine
Robert Laplante
Directeur de L'Action nationale
24 janvier 2005
La semaine nous aura laissé voir un Jean Charest jouer son rôle de Premier sous-ministre dans le plus pur style frondeur d’un arracheur de dents. Il a, par sa conduite, déshonoré la fonction qu’il occupe et, du même coup, éclaboussé notre plus haute institution nationale. Pitoyable spectacle. Minable récit qu’on nous a fait des intrigues de coulisse qui ont fait paraître Jacques Chagnon un véritable parangon de solidarité, un ministre prêt à tout pour satisfaire la clientèle. Pauvre Monique Jérôme-Forget, cuisinée comme une dinde. Pauvres, pauvres intendants.
Ils auront fait, une fois de plus, la preuve qu’ils ne négligent rien pour distiller la honte. Quel chef, ce Canadian, mais quel chef ! Il n’aura jamais paru avec autant d’éclat à la hauteur de sa tâche. De la vraie bonne besogne d’agent de minorisation, un exemple pour tous ceux-là qui aspirent à servir, à se mirer dans les écuelles que leur tendent les puissants et les gloutons. Ce conseil des ministres a dû tenir du plus haut vaudeville. Ça devait être un vrai poème de les entendre se crêper le chignon, se faire des leçons sur la gouverne de la province à défaut de pouvoir le faire sur le sens de l’État dont ils ne savent rien.
On imagine dès lors ce qu’il leur faudra déployer d’imagination pour maquiller les manœuvres autour du CHUM. Pauvres intendants. Ce qu’ils ont dû envier Guy Saint-Pierre cette semaine, lui qui, de sa Floride douillette, a su si bien s’occuper de l’intérêt public. Voilà un très cher ami du régime qui témoigne d’une véritable volonté de servir avec les normes de son siècle. On nous a appris qu’il croyait aux vertus du télé-travail. Les courriels doivent être passionnants. Il ne lui manque qu’un blogue, cela ferait post-moderne et tellement transparent.
Et pendant que tout ce beau monde se dépatouillait dans une gadoue toute provinciale, le pays réel n’en continuait pas moins de s’effilocher.
• Les travailleurs de l’Abitibi Consolidated de Port Alfred occupaient leur usine, victimes du désastre des politiques forestières et de l’incapacité du gouvernement de la province de Québec à mettre en place une véritable politique de développement régional. Jean Charest les a rencontrés vendredi le 21 et leur a dit d’attendre parce que lui-même attend les décisions de la Consol. Tout le monde attend Godot.
• La population de Chandler manifestait pour protester contre le naufrage du projet Gaspésia. On ne voit poindre aucune lueur de solution de relance ni de ce projet ni d’aucun autre. Il faut sans doute faire confiance au marché...
• Les chômeurs apprenaient que le Plan pour l’emploi du ministre Béchard ( Cyberpresse, 21 janvier ) ne comporte rien de précis ni de concret. « L’avenir c’est pour plus tard », comme dirait Richard Desjardins. Il faudra attendre encore pour que des moyens soient mis en place pour accroître les possibilités des exclus de remettre le pied à l’étrier. En attendant, le ministre fait des phrases : « Malgré une conjoncture économique favorable, on a beaucoup de difficulté pour ne pas dire qu’on n’y est pas arrivé, à faire descendre le taux de chômage en bas de 8 pour cent ». D’échec en échec jusqu’à la prospérité finale.
• Montréal perdait une importante compétition internationale parce que la médiocrité avait souillé le dossier de part en part. Un certain Serge Savard, dit le Sénateur, et ses comparses ont eu l’air de ce qu’ils sont : bien gras, de fiers Canadians. Double salto arrière dans les marécages de l’insignifiance subventionnée.
• Thomas Mulcair n’avait rien à dire devant les manoeuvres de Paul Martin qui valse pour renier les engagements à l’égard du protocole de Kyoto. Les intérêts de l’Alberta, c’est bien connu, convergent avec ceux du Québec. On est Canadian ou on ne l’est pas. Jusqu’à en suffoquer.
• La ministre de l’Agriculture n’avait rien à dire non plus devant le refus d’Ottawa de considérer la proposition des agriculteurs québécois de régionaliser les infrastructures de transformation. Il ne faudrait tout de même pas mettre la charrue devant les bœufs.
• Un quidam d’arrière-banc, député quelque part à Laval, faisait saliver les spéculateurs fonciers avec une vision toute singulière du développement durable : le prolongement de l’autoroute 25 et un beau PPP pour être bien certain que rien de tout cela ne polluera jamais l’atmosphère. On dit que le type en question est le beau-frère du Père Ubu.
Ainsi va la vie dans la belle province. Les pressions populaires peuvent avoir raison des affairistes quand ils se taillent de grosses bouchées. Mais la lente érosion est plus difficile à combattre. Il faut que les choses s’accumulent pour tremper les perceptions, rendre plus ferme le jugement. Cela peut néanmoins passer progressivement de la sourde exaspération à la colère vraie. Et cela finira par arriver.
Ils ne le savent peut-être pas encore, mais ces libéraux sont en train de mettre l’Histoire en mouvement. Quand le peuple s’ébranlera, toute la classe politique en restera saisie. Il arrive parfois que la nation crée des circonstances devant lesquelles ceux qui aspirent à la diriger ne peuvent se dérober. Le Parti Québécois a-t-il bien réalisé dans cette crise des écoles que le peuple a été plus vif que lui ?
Le Québec à la petite semaine, celui du destin provincial et du consentement à la résignation, ce Québec-là se meurt en même temps qu’une autre partie du pays s’effiloche. Les mots ne tombent pas encore du bon côté des choses, tant reste prégnante la rhétorique des lamentations. Mais un certain sentiment d’urgence commence à poindre. Il aiguise le regard. Ils sont de plus en plus nombreux au pays à voir, au loin, ce qui se dessine sur l’horizon de la colère.

Quêter ailleurs
Robert Laplante
Directeur de L'Action nationale
31 janvier 2005
Les médias en ont fait leurs choux gras de ces images pathétiques. En mode mélo, comme d’habitude. Un chef syndical en larmes, des travailleurs brisés, des notables soudainement à court de rhétorique, étouffant des sanglots d’une impuissance qui ne parvenait même pas à être rageuse. Décidément, rien ne change au pays de Maria Chapdeleine. Les puissants y font toujours la loi et s’y comportent comme leur puissance les y autorise : comme des voyous ! Un coup de fil à 7hres du matin, une lettre par télécopieur. Such is the business, Abitibi Consolidated retire ses billes, ce n’est pas la peine de faire semblant que le sort des travailleurs lui tient à cœur. Le XIXe siècle n’a jamais été aussi actuel.
L’annonce de la fermeture définitive de l’usine de Port Alfred n’aura été qu’un épisode de plus dans l’implosion d’un modèle de développement et d’une stratégie industrielle qui n’ont donné que des fruits amers. Cette usine est vétuste. Et si elle l’est, c’est par le choix de ses propriétaires et par l’attitude complaisante et démissionnaire du gouvernement du Québec. Voilà des décennies et des décennies que cela dure, cette façon de laisser la grande entreprise piller les ressources et définir l’avenir sur le seul horizon du chantage à l’emploi. Si l’usine n’est plus compétitive c’est parce que depuis des lunes le profit à court terme a fait la loi. Le retard s’est accumulé sans que jamais le gouvernement du Québec ne fasse quoi que ce soit pour freiner la cupidité irresponsable de la compagnie, fragilisant du coup, non seulement cette usine, mais tout le secteur industriel forestier régional. Les travailleurs en ont fait les frais et l’économie de la région n’en est devenue que plus captive.
La sanction du marché était tombée voilà treize mois. Le comité de relance qui s’est activé depuis, n’aura servi qu’à faire diversion. La mauvaise foi de la compagnie ne s’est jamais démentie : « Le problème avec le comité de relance c’est qu’Abitibi ne voulait pas mettre de projet sur la table » constate le président du syndicat ( Le Devoir, A8, 27 janvier 05). La nouvelle du 26 janvier n’était pas une nouvelle économique. C’était celle d’un drame qui renvoie tout autant au destin singulier de cette usine qu’à la persistance d’un lancinant consentement à la dépendance. La conduite méprisable de l’Abitibi-Consolidated ne sera pas sanctionnée. Le gouvernement Charest a fait des pieds et des mains pour faire comprendre le message. Il n’appliquera pas la loi 8 qui lui permettrait de résilier le bail d’exploitation du barrage Jim-Gray (Le Devoir, 27 janvier.) « Au cabinet du Premier ministre Jean Charest, on explique que la résiliation du bail mettrait en péril les activités des deux usines qui ne sont pas visées par la fermeture ainsi que les 1044 emplois qui y sont associés ». Le chantage à l’emploi continue de charpenter la politique.
L’ineffable Sam Hamad a justifié la chose en expliquant que le gouvernement a préféré augmenter les redevances sur « les droits d’eau » qui pourront rapporter jusqu’à dix millions par année en 2008, sommes qui devraient être consacrées à la création d’emplois dans la région. Il s’est néanmoins empressé de dire que la compagnie pourrait récupérer ces sommes « si elle fait des investissements majeurs dans la région » (Le Devoir, A8, 27 janvier 05). Doucement donc l’intervention. Doux, doux. Comme cela a été le cas pour l’évaluation des engagements que la compagnie avait pris à l’occasion de l’adoption de la loi 8 : elle s’était engagée à investir 390 millions « dans des investissements manufacturiers structurants », investissements qui, aux dires d’un représentant du ministre, auraient été faits « à peu près en totalité». Évidemment, les données n’ont pas été publiées, la liste des investissements et des subventions qu’ils ont engloutis n’a pas été rendue publique. Les quatre ministres qui s’étaient déplacés dans la région avaient autre chose à faire : annoncer des mesures de mitigation pour un malheur qui ne frappera pas qu’à peu près.
La stupeur passée, il faut souhaiter que les travailleurs restent mobilisés et refusent que le gouvernement cède aux manoeuvres de la compagnie qui pourrait bien démanteler l’usine en dépit de ses dénégations (toujours le bon vieux truc : laisser le temps user les choses). On le sait, l’Abitibi-Consolidated cherche, de la sorte, à éviter qu’un concurrent ne vienne lui faire la lutte sur les créneaux qu’elle occupe. Détruire l’usine réduira la capacité globale de production et accentuera la rareté pour faire pression sur les prix, en plus de raffermir l’emprise de la compagnie sur l’économie de la région. Tout laisse croire que notre Premier sous-ministre et son entourage ont déjà consenti.
En prétendant vouloir se lancer sur les routes du monde pour trouver un investisseur, le gouvernement Charest lance un leurre. C’est en offrant l’avantage global dont jouit l’Abiti-Consolidated (bail de production d’hydroélectricité, contrats d’aménagement, ententes de modernisation) que le dossier de cette usine deviendrait intéressant pour un éventuel investisseur. C’est vrai qu’en appliquant les dispositions de la loi 8, le gouvernement déstabiliserait la stratégie de l’Abitibi- Consolidated. Mais c’est cette déstabilisation même qui, seule, pourrait créer l’ouverture de marché. En renonçant à le faire, le gouvernement souscrit entièrement à la politique de la terre brûlée que pratique et entend maintenir la compagnie. Il cède aux maîtres-chanteurs et maintient la région sous leur emprise, hypothéquant du coup l’avenir puisqu’il reconduit les conditions et le rapport des forces qui, tôt ou tard, finiront par justifier une répétition du scénario de Port Alfred.
Fidèle à son credo, le gouvernement Charest n’interviendra donc pas dans le développement économique même s’il donne les apparences de s’occuper du dossier de l’Abitibi Consolidated. Dans les faits, il se contente de gérer les dégâts. En renonçant à utiliser la loi 8, il renonce à remettre en cause un ordre et une politique qui n’en finissent plus de faire mourir à petit feu cette région et toutes les autres qui, comme elle, dépendent des compagnies au lieu de vivre de la forêt, notre patrimoine. Quoi qu’ils en disent, ces politiciens éplorés qu’on a vu défiler à l’écran n’ont rien fait d’autre qu’abuser de la confiance des travailleurs et des régionaux en refusant d’utiliser l’État pour affirmer nos intérêts nationaux, en l’occurrence ceux qui consistent à développer notre territoire et nos ressources en y créant des conditions de prospérité pour ceux et celles qui y vivent. Ils ont redit leur consentement à l’impuissance provinciale en préférant quêter ailleurs plutôt qu’agir ici.
