
"Ne laissons pas les vents du sud nous faire perdre le nord"
Vivian Labrie
Collectif pour un Québec sans pauvreté
Le Soleil mercredi 12 janvier 2005
Point de vue - Le 13 décembre 2002, l'Assemblée nationale adoptait unanimement et avec fierté la Loi visant à lutter contre la pauvreté et l'exclusion sociale. Cette loi, unique au monde, impose d'agir pour "tendre vers un Québec sans pauvreté" et rejoindre en 10 ans les rangs des nations industrialisées où il y a le moins de personnes pauvres, soit un niveau comparable aux pays scandinaves.
Deux ans plus tard, son application est menacée par une infection aiguë aux préjugés. L'année 2003 a été perdue en raison des élections. En 2004, le gouvernement Charest a annoncé un plan d'action qui aura certains résultats pour les familles... et qui rendra les plus pauvres encore plus pauvres, soit les personnes à l'aide sociale.
On parle ici d'environ 390 000 adultes comme vous et moi, qui, pour toutes sortes de raisons - emploi précaire et faiblement rémunéré, perte d'un emploi, fermeture d'usine, région en panne de développement, problème de santé, faible scolarité, situation familiale ou personnelle difficile - , se retrouvent en même temps, pour un court ou long moment, le cul par terre et le compte bancaire à zéro au grand jeu de chaise musicale auquel joue la société.
Un régime d'aide sociale à améliorer...
Il était incontournable que la loi sur la pauvreté impose des changements à ce régime humiliant, aux règles inextricables, qui classe les personnes en fonction d'un jugement administratif médicalisé sur leur aptitude présumée au travail.
En 2004, des contraintes sévères à l'emploi vous allouaient 781 $ par mois, des contraintes temporaires, 646 $. Sans contraintes à l'emploi reconnues, c'était 533 $. Le tout sujet à des réductions et à une limite de 100 $ à 200 $ de gains de travail permis.
Sauf en cas de contraintes sévères à l'emploi, vous deviez assumer une franchise mensuelle de 16,67 $ pour vos médicaments sous prescription alors que votre prestation ne vous permettait pas de vous loger, de vous nourrir et de vous vêtir.
La mesure du panier de consommation de Statistique Canada établit ce que le sens commun indique : sans même sortir de la pauvreté, il fallait en 2003 à une personne au moins 935 $ par mois au Québec pour couvrir minimalement ses besoins de base, médicaments et soins de santé exclus. C'est ce que permet grosso modo le supplément de revenu garanti pour les personnes âgées. L'aide sociale programme plutôt un déficit humain chronique.
... et qui empire en 2005
Le ministre responsable a choisi d'alourdir ce déficit, c'est ici que le préjugé entre en scène, pour les deux tiers des prestataires jugés sans contraintes sévères à l'emploi.
Si c'est votre situation, voici ce qui vous attend en 2005 pour vous "inciter à l'emploi". Au 1er janvier, votre prestation n'a été qu'à demi indexée au coût de la vie : vous vous appauvrirez en perdant du pouvoir d'achat. Des modifications réglementaires viennent de rétablir, peu importe votre âge et malgré la loi sur la pauvreté, une coupure de 100 $ pour partage de logement avec un parent non à l'aide sociale, de compliquer votre inscription à l'aide, d'abolir votre accès à l'allocation logement jusqu'au 1er octobre suivant cette inscription, de couper un 25 $ par mois pour frais d'emploi.
Un bon point : les pénalités pour refus de mesure et d'emploi devraient disparaître au 1er avril. Par contre, malgré l'engagement de Jean Charest de vous redonner la gratuité des médicaments, le ministre de la Santé a annoncé le 16 décembre dernier qu'il rétablira ce droit. Bravo pour les personnes âgées qui ont le supplément de revenu garanti, mais pas pour vous, dont le revenu est deux fois moindre.
Vous ne savez pas ce qui arrivera avec le projet de loi 57 déposé par le ministre de la Solidarité sociale pour remplacer la loi actuelle sur l'aide sociale. Il a heureusement échappé à l'adoption sous bâillon en décembre, mais l'affaire est loin d'être réglée. Ce projet de loi très critiqué ouvrirait la porte à des régimes particuliers à droits variables, comme avant la première loi sur l'aide sociale en 1969. Le ministre pourrait moduler l'aide en privilégiant des cibles... qui ne seront certainement pas vous.
Les préjugés à l'oeuvre
Faire pire au lieu de faire mieux est un effet classique de l'action déboussolante de la "préjugite" : en jetant une responsabilité accusatrice sur ceux et celles qui tombent en bas de leur chaise, on transfère un problème structurel à une catégorie de personnes qu'on "déclasse" d'emblée, au mépris de leur dignité... et de la raison. Les préjugés sont bien utiles, tant qu'on n'en est pas soi-même la cible, pour distraire du fait que si une société joue à la chaise musicale et concentre la compétition sur un nombre toujours plus petit de fauteuils, il est inévitable que du monde se retrouve le cul par terre.
La nouvelle philosophie d'incitation à l'emploi est un leurre : les budgets d'aide à l'emploi et à la formation, qui diminuent à chaque année, ne suffisent pas à répondre à la demande et 30 % des prestataires jugés aptes déclarent déjà des revenus d'emplois tout simplement insuffisants. Nous sommes devant un problème de concentration de la richesse.
La prescription
La solution est connue : fonder le système d'aide sociale sur des droits, les mêmes pour tous et toutes, sans égard à l'aptitude au travail, dont celui de voir ses besoins essentiels couverts en cas de manque de revenu ; adopter des normes minimales du travail qui permettent de sortir de la pauvreté ; repenser nos modes de vie ainsi que notre rapport à la richesse, à sa production et à sa redistribution en reconnaissant l'interdépendance de notre prétention à liberté et à l'égalité en dignité et en droits.
L'obstacle à cette solution est moins connu : l'incitation à l'emploi utilisée comme vecteur des préjugés cache l'incitation à l'emploi mal payé. Au Canada, un emploi sur quatre est mal payé, i.e. sous les deux tiers du salaire moyen. C'est le taux le plus élevé dans le monde industrialisé après les États-Unis. Tant qu'on le tolérera, le système exigera des moins que rien de travailler pour rien.
Les mesures erratiques du ministre de la Solidarité sociale et du ministre de la Santé auront eu le mérite de démontrer la sévérité de l'infection. Elle est devenue en quelques mois un des plus graves problèmes de santé publique au Québec, empêchant une lutte sensée contre la pauvreté pour la transformer en acharnement contre les pauvres.
Il n'y a pas de limites aux détériorations des protections collectives causées par les préjugés. Pour les avoir laissé proliférer, le gouvernement québécois ne reconnaît plus le droit à la couverture des besoins qu'il reconnaissait en 1969. Il a laissé se dévaluer de 30 %, par défaut d'indexation, les prestations qu'il payait en 1985 et de 25 % le salaire minimum qu'il imposait alors.
Saurons-nous nous ressaisir et imposer une application correcte de la loi sur la pauvreté de 2002? Ne laissons pas les vents du sud nous faire perdre le nord. Le Québec sans pauvreté entrevu dans cette loi ne sera le nôtre que si nous en prenons le cap. Il sera forcément plus riche de tout son monde.

Congé parental: rien ne va plus :
Patrons et employés refusent de contribuer davantage
Tommy Chouinard
Le Devoir vendredi 14 janvier 2005
Québec - La mise en place des congés parentaux rencontre un obstacle de taille, même si Ottawa et Québec sont tout près d'une entente finale dans ce dossier. Le gouvernement Charest, les entreprises, les salariés et les travailleurs autonomes ne s'entendent pas entre eux sur qui devra financer les 200 millions de dollars supplémentaires que coûtera le futur régime québécois d'assurance parentale comparativement au programme fédéral actuel.
Alors que Québec n'écarte pas une hausse plus importante des cotisations à la Régie des rentes du Québec pour combler ce manque à gagner, les entreprises et les salariés refusent de contribuer davantage.
«Si le gouvernement a décidé de mettre en place un régime plus généreux, c'est à lui de gratter ses fonds de tiroirs et de revoir ses dépenses pour financer ce programme. Les entreprises ont déjà un fardeau pas mal lourd en matière de charges fiscales et sociales. Alors, on dit: n'en jetez plus, la cour est pleine», a affirmé au Devoir le président du Conseil du patronat du Québec, Gilles Taillon.
Les travailleurs salariés ne veulent pas non plus subir une hausse de leurs cotisations. D'après Johanne Vaillancourt, vice-présidente de la FTQ, l'instauration des congés parentaux représente un «choix de société», et l'État devrait donc fournir ces 200 millions de dollars à même ses budgets actuels. Les travailleurs cotisent déjà suffisamment à ses yeux. «À un moment donné, il faut que ça finisse par finir. Quand les femmes prennent ce congé, elles s'appauvrissent. Alors, est-ce qu'on va commencer à les appauvrir directement avant même qu'arrive ce congé parental? On va donner d'une main et reprendre de l'autre? Est-ce que c'est ça qu'on veut? Je ne pense pas», a lancé Mme Vaillancourt lors d'un entretien téléphonique.
L'entente finale Ottawa-Québec sur les congés parentaux, qui devrait être conclue d'ici le 1er février, prévoira que la contribution du gouvernement fédéral, provenant de l'assurance emploi, atteindra environ 800 millions de dollars. En réalité, Ottawa diminuera les cotisations à la caisse d'assurance emploi pour les employés et les employeurs alors que Québec rehaussera les cotisations exigées par la Régie des rentes. Le gouvernement créera un nouveau type de cotisations, baptisé assurance parentale.
Le futur régime québécois sera certes plus généreux que le programme fédéral actuel, mais il coûtera aussi jusqu'à 200 millions de dollars de plus, c'est-à-dire un milliard au total. Pour couvrir cette différence, le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, dit ne pas écarter une hausse plus importante des cotisations des employeurs et des employés à la Régie des rentes. Ceux-ci verseraient donc à la Régie des sommes supérieures à celles qu'ils versent actuellement à l'assurance emploi fédérale pour les congés de maternité et de paternité. M. Béchard estime cependant que le gouvernement québécois pourrait «en partie» financer le manque à gagner, qui pourrait à ses yeux être moins élevé, notamment selon la capitalisation du régime. «Il n'y a rien d'exclu», a-t-il dit au Devoir.
Avant de prendre une décision, le ministre Béchard attend les recommandations du Conseil de gestion de l'assurance parentale, dont il a annoncé la création en début de semaine. Ce conseil, qui regroupe des représentants patronaux, syndicaux et gouvernementaux, doit voir au financement du régime.
Les discussions au Conseil de gestion de l'assurance parentale risquent d'être particulièrement animées tant les positions sont opposées et tranchées en ce qui concerne le financement du manque à gagner. «Notre représentant va avoir un mandat très clair: s'assurer que le gouvernement assume ses responsabilités. Une hausse des cotisations est une avenue inacceptable», a expliqué Gilles Taillon.
Le président du Conseil de gestion de l'assurance parentale, Denis Latulippe, jusqu'à tout récemment actuaire en chef et directeur de l'évaluation et de la révision à la Régie des rentes, estime qu'il est «trop tôt» pour discuter de la question puisque les membres du conseil ne se sont toujours pas réunis. «Quelle sera la répartition de ces 200 millions? Il faut en discuter», a-t-il noté.
Tous s'entendent cependant pour dire que les travailleurs autonomes, qui pourront bénéficier de l'assurance parentale alors qu'ils sont actuellement exclus du programme fédéral, devront contribuer au nouveau régime. Or, à l'heure actuelle, ceux-ci ne cotisent pas du tout à l'assurance emploi du gouvernement fédéral. Ces travailleurs auraient donc à verser une toute nouvelle cotisation. Le représentant des travailleurs autonomes au Conseil de gestion, Michael Douglas Kelley, notaire associé chez Dionne Kelley Paquin, croit qu'ils ne devraient débourser que l'équivalent de la cotisation des employés salariés. Ces travailleurs n'auraient pas à assumer en plus la part des employeurs, selon ce scénario. Mais un problème subsiste: qui paiera cette part essentielle à la viabilité du régime d'assurance parentale?
«Est-ce qu'on va venir punir les travailleurs autonomes en leur imposant 100 % du coût du programme? Est-ce que c'est juste?», se demande M. Kelley. Il existe pourtant un précédent en la matière. Les travailleurs autonomes doivent verser des primes deux fois plus élevées au régime des rentes que celles des travailleurs salariés. Ils versent en effet une double cotisation car ils doivent acquitter eux-mêmes la part assumée normalement par l'employeur.
Contrairement aux représentants des employeurs et des salariés, M. Kelley ne croit pas que le manque à gagner de 200 millions devrait être financé en totalité par le gouvernement. Sans en faire une recommandation formelle, M. Kelley suggère que les travailleurs plus âgés devraient contribuer davantage à la future assurance parentale puisqu'ils profitent d'un «avantage» important dans le cadre du régime des rentes actuel. Un travailleur âgé de 55 ou 60 ans qui prendra sa retraite dans quelques années aura payé des cotisations six à huit fois moindres qu'un travailleur aujourd'hui âgé de 30 ans ne le fera au cours de sa vie, fait-il valoir. «Il y a des choix de société qui sont pris par un gouvernement qui viennent léser certaines générations au profit d'autres. Au même titre, à l'assurance parentale, il devrait peut-être y avoir des mesures qui vont venir favoriser d'autres générations au détriment d'autres», a-t-il dit.
Le nouveau régime d'assurance parentale, qui devrait entrer en vigueur le 1er janvier 2006, permettra à tous les travailleurs de bénéficier d'un congé de 40 semaines avec 75 % du salaire ou d'un congé de 50 semaines avec 70 % du salaire pour les 25 premières semaines et 55 % du salaire pour les 25 semaines suivantes. Les pères disposeront d'un congé parental non transférable de trois semaines à 75 % du salaire ou de cinq semaines à 70 %.
À l'heure actuelle, Ottawa accorde un congé de 50 semaines à 55 % du revenu sur un salaire maximal de 39 400 $. Le plafond salarial admissible du régime québécois s'élèvera à 53 500 $. Le revenu minimum assurable passera quant à lui de 4380 $ à 2000 $. Contrairement au régime fédéral, le programme québécois n'aura pas de délai de carence de deux semaines avant que les parents ne puissent toucher leurs prestations. Ces dispositions correspondent au contenu de la loi 140 sur les congés parentaux, adoptée à l'unanimité par l'Assemblée nationale en mai 2001.

Intégration : un faible poids politique
Azzeddine Marhraoui, Étudiant postdoctorant à l'université Carleton
Le Devoir vendredi 28 janvier 2005
Libre opinion: La polémique qui a suivi la décision du gouvernement Charest de financer des écoles privées juives a fait ressortir la sensibilité de l'opinion publique à tout ce qui touche à la problématique de l'intégration de ce qu'on appelle communément les «communautés culturelles» à la société québécoise. Maintenant que l'opinion publique a (encore une fois) fait reculer le gouvernement du Québec sur une décision d'importance (après le Suroît et le plan de «réingénierie» de l'État), il convient d'entamer une discussion la plus large possible sur le sens de l'intégration des communautés culturelles.
Un des principaux enseignements de cette controverse porte sur le très faible poids politique de la ministre responsable de l'immigration et de l'intégration de ces communautés au sein de l'appareil ministériel et gouvernemental. Durant toute la période où la discussion a porté sur les finalités objectives du financement des écoles privées juives, Michelle Courchesne a brillé par son mutisme pour le moins troublant.
Que pense-t-elle de l'argumentaire élaboré par son collègue ministre de l'Éducation et par le premier ministre Jean Charest lui-même ? Une meilleure intégration des communautés culturelles passe-t-elle vraiment par le financement public d'écoles monoethniques privées ?
Des ministres de passage
À la décharge de Mme Courchesne, il convient quand même de rappeler que, historiquement, le ministère dont elle a la responsabilité a presque toujours été dévolu à des hommes et à des femmes politiques en attente de responsabilités ministérielles accrues.
À l'exclusion de feu Gérald Godin, de Monique Gagnon-Tremblay (qui ont élaboré la vision québécoise de l'intégration des communautés culturelles à la société québécoise) et de Robert Perreault (qui a transformé les anciens Centres d'orientation et de francisation des immigrants en Carrefours de l'intégration), quelles empreintes ont laissées les Louise Harel, Rémy Trudel et autres Bernard Landry ?
On peut certainement dire que la plupart des titulaires, libéraux comme péquistes, n'étaient que de passage et, de ce fait, n'ont pas eu le temps de laisser leurs marques.
La supposée boîte de Pandore
Le deuxième élément qu'il nous semble important de mettre en exergue, c'est que la question de l'intégration est trop souvent présentée comme une boîte de Pandore qu'il ne faut surtout pas ouvrir. Le refus de débattre de cette question a pour effet de stériliser la discussion et de nous conduire, collectivement, sur les sentiers réconfortants de la langue de bois et de la rectitude politique.
Il est ainsi symptomatique de constater que la dernière version de la politique québécoise d'intégration, dévoilée en mai 2004, n'a fait l'objet d'aucun débat public ni de commentaires. En effet, le document gouvernemental intitulé Des valeurs partagées, des intérêts communs - Pour assurer la pleine participation des Québécois des communautés culturelles au développement du Québec n'a pas reçu toute l'attention qu'il mérite.
De quoi a-t-on peur lorsqu'il s'agit de statuer sur les objectifs et les modalités d'intégration des immigrants et des communautés culturelles ? La susceptibilité des uns et la peur des autres ne sont certainement pas propices à inscrire la diversité ethnoculturelle comme une caractéristique fondamentale de l'identité québécoise ni à déconstruire les principes normatifs qui encadrent la gestion étatique de cette diversité.
À cet égard, il faut bien se rendre compte que tant et aussi longtemps que la diversité de peuple québécois demeure posée comme un simple apport utile à la société québécoise, il ne faut surtout pas se montrer surpris si le repli sur la communauté d'origine et l'adhésion acritique à la doxa du multiculturalisme canadien soient des options dominantes.
Le premier ministre du Québec a promis un débat public sur les enjeux de l'intégration. Pour la compréhension de la dynamique qui s'est installée à ce chapitre, souhaitons qu'il saura cette fois-ci éviter de plonger le Québec dans une période de turbulences inutiles et qu'il prendra acte du refus du Québec de s'engager sur les traces du multiculturalisme à la canadienne.

Quebec, Ottawa close to parental-leave deal
RhéAl SéGuin
The Globe and Mail Friday, January 28, 2005
Agreement could be used as blueprint for the rest of Canada, Robillard says
Quebec PQ - A deal with Ottawa is expected early next week on financing Quebec's innovative parental-leave program, which could serve as a model for the rest of Canada, federal Human Resources Minister Lucienne Robillard says.
"Extensive negotiations [between Quebec and federal bureaucrats] are taking place. I haven't extended the deadline past Feb. 1 in order to keep the pressure on the negotiators," Ms. Robillard said yesterday. "We will see after [yesterday's] negotiations whether the ministers need to get involved."
The negotiations will define a formula to determine what portion of Quebec's contribution to the federal employment insurance fund will cover the cost of the province's proposed $1-billion-a-year parental-leave program. Quebec's proposal offers more generous parental-leave benefits over a longer period than the federal program, and covers self-employed workers.
Ms. Robillard said the rest of the country will have to follow Quebec and respond to the needs of a changing labour market, especially the growing numbers of self-employed, who do not pay into employment insurance and receive no parental-leave benefits.
"Our support and training programs do not account for this new reality. So it is something we are also looking at and it will need to be examined in the coming months. Sometimes provinces innovate and we learn from their experience," Ms. Robillard said.
Quebec officials say the cost of the proposed parental-leave program will vary from year to year depending on the number of people who file claims. They estimate that the federal government's contribution would vary between $750-million and $900-million a year.
The province set up a special committee last December that includes business and union leaders and will decide how Quebec will pay for its share of the program and how much self-employed workers will be asked to contribute.
Ms. Robillard said Quebec's program will be a model for Ottawa and the other provinces in the same way its $7-a-day universal daycare program inspired the federal government plan for a national daycare program.
However, a new national parental-leave program rests in the hands of the Supreme Court of Canada. The Quebec Court of Appeal a year ago ruled in favour of the Quebec government's claim that Ottawa had no jurisdiction over parental leave. The ruling, which Ottawa is appealing, stated that employment insurance is for compensating those who lose their jobs because of economic conditions and "not for the interruption of employment for reasons related to personal conditions."
The Quebec Court of Appeal said the federal government has no business using the employment insurance fund in areas of provincial jurisdiction or to intrude in family- policy matters.
The ruling allowed Quebec to opt out of the federal parental-leave program, which is paid through the employment-insurance fund and demand full financial compensation. The ruling set the stage for the current round of talks with Quebec.
Losing the appeal would undermine Ms. Robillard's ability to set-up a national parental-leave program and force her government to negotiate agreements with each province. Ottawa would also have to review its compassionate-leave program, which is also funded through employment insurance and offers benefits to those who take time off work to care for a dying family member.
Regardless of how the Supreme Court rules on the case, Prime Minister Paul Martin promised just before calling an election last spring that Ottawa would negotiate an agreement with Quebec, which has moved to implement the new parental-leave program by Jan. 1 2006. The federal program covers 55 per cent of salaries up to a maximum of $39,000 over a 50-week period. Quebec's program extends the maximum insurable salary to $57,500 and offers parents two options.
The basic plan covers 55 weeks and offers the mother 70 per cent of her salary for an 18-week maternity leave.
The father can receive 70 per cent of his salary for a five-week paternity leave.
The couple can then decide which of the two should benefit from the remaining coverage that offers 70 per cent of salary for another seven weeks followed by 55 per cent of salary for the remaining 25 weeks.

Lumières sur les métis
Denis Lord
Le Devoir samedi 29 janvier 2005
« Le processus de construction identitaire varie selon les régions»
Enseignement supérieur
La seule université francophone à l'ouest de l'Ontario, dont une large partie de la clientèle est d'origine métisse, offre à un chercheur post-doctoral et à des étudiants des trois cycles supérieurs l'occasion de déterminer ce que l'identité métisse recouvre. Bienvenue au collège universitaire de Saint-Boniface.
Les métis de l'Ouest canadien retrouveraient-ils une place au soleil? Ils furent spoliés de leurs terres, longtemps ils furent méprisés, ostracisés. Mais en septembre dernier, ceux de Saint-Laurent (Manitoba), la plus grande communauté métisse du Canada, défilaient fièrement à Washington avec les autres Amérindiens à l'occasion de l'ouverture du National Museum of the American Indian du Smithsonian Institution. Et voilà qu'un anthropologue du collège universitaire de Saint-Boniface (CUSB), le professeur Denis Gagnon, se voit décerner la Chaire de recherche du Canada sur l'identité métisse, accompagnée d'un budget de 100 000 $ par année pendant cinq ans.
La notion de «métis» dans le sens d'hybridation de cultures, de langues et d'ethnies est vaste et englobante; si plusieurs Canadiens peuvent se réclamer de cette identité, pour l'instant, seuls ceux du Manitoba et de la Saskatchewan possèdent ce statut officiel reconnu par le Canada en 1982 lors du rapatriement de la Constitution. Il y aurait actuellement 56 800 métis au Manitoba. Cette nation est composée des descendants des alliances entre les coureurs des bois canadiens-français et écossais et les Amérindiennes d'origine crie, saulteux, chippewa et ojibway. Ce sont les transformations identitaires de cette nation depuis 1930 qu'étudieront le professeur Gagnon et son équipe dans une perspective comparative avec les peuples métissés ailleurs dans le monde, un thème émergent dans un contexte post-colonialiste.
Une quête de l'identité
Cette chaire de recherche du Canada de niveau 2 permettra à la seule université francophone à l'ouest de l'Ontario, dont une large partie de la clientèle est d'origine métisse, d'engager un chercheur post-doctoral et des étudiants des trois cycles supérieurs pour une période de cinq ans renouvelable. Trois thèmes, intimement liés, sont au programme. «Dans les deux premières années, explique Denis Gagnon, nous étudierons l'identité et l'histoire des métis depuis 1930, et la tradition orale sera mise à contribution. Le processus de construction identitaire varie selon les régions. Dans celle de Winnipeg, les métis ont cherché à s'assimiler à la population canadienne-française car, après la pendaison de Louis Riel, victime de racisme, ils ont voulu se faire oublier. Le clergé a aussi contribué à leur assimilation en ridiculisant leur langue et leur ascendance autochtone. Aujourd'hui, la génération des 18-25 ans commence à revendiquer son identité, parfois contre l'avis de leurs parents, pour qui elle était restée taboue jusqu'à nos jours.»
Les deuxième et troisième années de la chaire sont consacrées à l'identité et à la culture, c'est-à-dire la langue, l'éducation, les arts et la littérature, toujours en tenant compte de variations régionales. La langue des métis, le michif, comporte plusieurs dialectes: michif-français, cri et saulteux. «Le rôle de la femme reste aussi à approfondir, souligne le professeur Gagnon. Chez les métis comme chez les Canadiens-français, celle-ci jouait un rôle prédominant dans l'éducation, la morale et l'identité.»
Enfin, dans la dernière phase de l'agenda de la chaire arrive le thème «Identité et Territoire» qui s'intéresse à l'activisme politique et aux revendications territoriales. Quand le Manitoba a été intégré au Canada, les métis ont été dépossédés de leurs terres par les nouveaux colons. «C'est une population négligée, qui a été victime de racisme. Mais aujourd'hui, les métis ont de plus en plus accès à l'éducation, ils deviennent conscients des droits qu'ils pourraient avoir.»
De l'hybridation
La nature hybride du peuple métis est aussi l'objet d'analyses, tant en elle-même que dans une perspective comparative avec celle des autres peuples créoles. «On se demande, explique le professeur Gagnon, ce qui a été retenu de chaque culture et pourquoi. Dans le michif par exemple, les noms sont plus souvent français et les verbes amérindiens. Les Amérindiens étaient orientés vers une économie de subsistance, alors que les métis faisaient aussi du commerce. L'étude de la fusion du catholicisme et de la religion autochtone reste à faire, entre autres les liens du messianisme de Riel avec les mouvements religieux et millénaristes autochtones du XIXe siècle.»
Les revendications territoriales des métis sont mises en parallèle avec celles d'autres peuples créoles, en Amérique centrale, par exemple, ou en Nouvelle-Calédonie avec les Canaques. C'est une problématique identitaire en pleine expansion au niveau international, avec d'immenses implications juridiques. Aux États-Unis, par contre, le statut de métis n'est ni reconnu ni «problématisé». Les métis du Montana, du Dakota du Nord et du Minnesota se sont assimilés aux tribus amérindiennes. Au Canada, croit le professeur Gagnon, c'est une problématique qui se développera. En 2003, l'arrêt Powley de la Cour suprême reconnaissait un droit de chasse aux métis de l'Ontario. Au Québec, ceux de la Matapédia revendiquent un droit de chasse et pêche. De Terre-Neuve à la Colombie-Britannique, on compte actuellement une quinzaine d'organisations métisses, mais aucune ne les chapeaute toutes. C'est l'objet d'une grande lutte de pouvoir. Selon le professeur Gagnon, il n'est pas impossible que les métis du Canada forment un jour une fédération du type de l'Assemblée des Premières Nations.
Denis Gagnon a fait sa maîtrise à l'université Laval sur l'histoire du sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré, et son doctorat portait sur la catholicisation des Innus de la Basse-Côte-Nord et leur dévotion à sainte Anne. Il est également chercheur en intelligence artificielle. En tant qu'utilisateur, il a collaboré au développement du logiciel d'analyse textuelle NUNEXCO développé par le Laboratoire d'analyse cognitive de l'information (LANCI) de l'UQAM, et travaille actuellement sur le Module d'analyse de réseau sémantique (MARS), un prototype servant à classifier et catégoriser les données textuelles pour fins d'interprétation.

Québec veut donner du temps aux familles
Tommy Chouinard
Le Devoir samedi 29 janvier 2005
La conciliation travail-famille a la cote par les temps qui courent. Il s'agit même de l'enjeu central des négociations dans le conflit de travail de l'heure. Les employés en grève de la SAQ demandent en effet à l'État de rendre un peu plus souples les horaires de travail. Or Québec refuse pour le moment de souscrire à cette revendication... même s'il s'agit d'un type de mesures de conciliation qu'il recommande au secteur privé de mettre en place!
Et la conciliation travail-famille a également la vie dure. Quand Cadillac-Fairview a décidé en août dernier de prolonger les heures d'ouverture de ses centres commerciaux de Montréal jusqu'à 21h tous les soirs de la semaine - comme le permet la loi par ailleurs -, tous les analystes ont eu une pensée pour les travailleurs du commerce de détail qui ont des enfants... Ce qui n'a pas empêché des concurrents d'emboîter le pas!
C'est dans ce contexte que le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, déposera prochainement sa politique de conciliation travail-famille. «On veut donner du temps aux familles», martèle M. Béchard. Son objectif est juste, selon les spécialistes. Du temps, c'est exactement ce que les parents réclament. «C'est la demande numéro un», confirme Diane-Gabrielle Tremblay, spécialiste de la conciliation travail-famille et professeure à la Télé-Université.
Incitation plutôt qu'obligation
Reste maintenant à prendre les moyens pour atteindre cet objectif. Selon les éléments déjà connus de sa politique, Québec incitera plus qu'il n'obligera les entreprises à aider leurs employés à maintenir un équilibre entre la vie professionnelle et la vie familiale.
En outre, s'inspirant du modèle français, Québec souhaite accorder des crédits d'impôt aux entreprises qui mettent en place des mesures de conciliation travail-famille. Il pourrait s'agir de l'aménagement d'horaires de travail flexibles, de l'instauration d'une semaine de quatre jours destinée aux parents, de la création de congés payés pour événements familiaux ou encore de l'ouverture de garderies en milieu de travail, par exemple. Aucune entreprise ne serait toutefois obligée d'adopter l'une ou l'autre de ces mesures. La philosophie du gouvernement est incitative, non pas coercitive.
Congés payés
Le gouvernement Charest entend également modifier la Loi sur les normes du travail afin de créer des congés payés pour les parents qui doivent s'occuper de leur enfant ou d'un proche malade. Actuellement, un employé a droit à dix jours de congé, mais ceux-ci ne sont pas rémunérés.
Enfin, Québec veut créer des bureaux du temps dans plusieurs communautés afin d'harmoniser les horaires des écoles, des commerces et des services municipaux. Le tout afin de faciliter la vie familiale. Un bureau du temps d'une région pourrait proposer, par exemple, de coordonner le début des activités proposées par les municipalités aux enfants avec la fin des classes et d'assurer l'encadrement (le transport, entre autres). L'école pourrait de son côté offrir à d'autres enfants une aide aux devoirs. Il y aurait ainsi un pont entre la fin des classes et la fin de la journée des parents.
«Ce qui me semble le plus important là-dedans, c'est l'idée d'amener plusieurs acteurs sociaux à la même table et de les faire travailler sur les horaires des transports, des services municipaux, des arénas, des piscines et des écoles. Ces gens-là travaillent ensemble très peu à l'heure actuelle», souligne Diane-Gabrielle Tremblay.
Règlement imminent
Le gouvernement Charest compte sur un règlement avec Ottawa sur les congés parentaux - qui serait imminent selon lui - pour compléter sa politique. Ainsi, les travailleurs, salariés ou autonomes, auront droit à des congés parentaux plus généreux: 40 semaines avec 75 % du salaire ou 50 semaines avec 70 % du salaire pour les 25 premières semaines et 55 % du salaire pour les 25 semaines suivantes. Les pères disposeront d'un congé parental non transférable de trois semaines à 75 % du salaire ou de cinq semaines à 70 %.
Or, depuis son arrivée au pouvoir, le gouvernement Charest s'est montré incapable d'appliquer la mesure principale de conciliation travail-famille qu'il avait promise lors de la dernière campagne électorale. Le Parti libéral s'était engagé à créer un vaste programme d'aide aux devoirs, s'inspirant de mesures déjà présentes dans des institutions privées et quelques rares écoles publiques. Jean Charest affirmait alors que ce programme permettrait de «concilier l'horaire des enfants et les besoins des parents». Le hic, c'est que Québec a lancé ce programme en mai dernier avec un budget de dix millions de dollars, une somme tout à fait insuffisante pour permettre à bon nombre d'écoliers d'en profiter... L'illustration parfaite des limites de l'action de l'État en matière de conciliation travail-famille!
Mais Diane-Gabrielle Tremblay est catégorique: l'État peut faire plus. «Actuellement, il y a des gens qui, dans leur convention collective, vont négocier des choses intéressantes en matière de conciliation, mais beaucoup de personnes, comme les chefs de famille monoparentale, qui travaillent dans le commerce de détail, qui ont probablement besoin d'aide plus que n'importe qui, n'ont pratiquement droit à rien. C'est pour ça que l'État doit s'impliquer.»
L'État pourrait selon elle obliger les entreprises à étudier sérieusement toute demande de réduction ou d'aménagement du temps de travail formulée par un travailleur. L'employeur devrait apporter des raisons valables, liées par exemple à la production, pour justifier un refus. Québec pourrait aller jusqu'à décréter une réduction des heures de travail, mais «je ne pense pas que le gouvernement le fasse», dit Mme Tremblay.
Depuis... 1989!
C'est en 1989, sous le règne de Robert Bourassa, qu'un gouvernement a abordé pour la première fois la conciliation travail-famille dans une politique publique. «Un peu plus de 60 % des mères d'enfants de moins de 15 ans travaillent à l'extérieur du foyer. La plupart des parents doivent donc concilier leurs tâches professionnelles et leurs responsabilités parentales. Il s'agit d'un phénomène récent au Québec mais qui est là pour durer. Il est important que les jeunes adultes bénéficient d'un soutien raisonnable, sinon le fait d'élever des enfants tout en occupant un emploi à temps plein devient un défi difficile», peut-on lire dans le document intitulé Familles en tête, la première politique familiale globale présentée par un gouvernement. Québec avait alors bonifié le congé de maternité, ajouté des congés non rémunérés pour des raisons familiales et renforcé la garantie d'emploi lors d'un retour au travail après un congé parental.
Chaque gouvernement a par la suite adopté sa propre philosophie. Au milieu des années 90, le gouvernement du Parti québécois a décidé de faciliter la conciliation des responsabilités familiales et professionnelles par la création des services de garde à cinq dollars. Plus tard, en 2002, le gouvernement Landry a modifié les normes du travail. Il a fait passer de cinq à dix le nombre de jours de congé sans solde par année pour raisons familiales, notamment.
Thème électoral
C'est lors de la plus récente campagne électorale, en 2003, que le thème de la conciliation travail-famille a fait le plus parler. Tous les partis ont alors présenté leur propre mesure. Le PQ voulait permettre à tout parent ayant un enfant de 12 ans ou moins de réclamer à son employeur, qui serait obligé d'accepter, une semaine de quatre jours ou la réduction de 20 % de ses heures de travail. Le PLQ avait quant à lui son aide aux devoirs. Et l'ADQ promettait de modifier la Loi sur les normes du travail afin de permettre aux travailleurs de prendre jusqu'à 20 jours de congés mobiles par année pour s'occuper de leurs enfants ou d'un proche malade.
Presque deux ans après la victoire libérale, et un vaste débat sur le sujet de la conciliation travail-famille, les mesures concrètes se font toujours attendre.

CONGÉS PARENTAUX : Impasse dans les négociations entre Québec et Ottawa
Gilles Normand
La Presse mardi 1 février 2005
Québec - Selon le gouvernement Charest, le nouveau régime de congés parentaux pourrait ne pas voir le jour comme prévu si Ottawa maintient son refus de verser les 275 millions de dollars nécessaires au financement adéquat de la première année du programme.
À 24 heures du délai fixé par le premier ministre Paul Martin pour la conclusion d'une entente dans ce dossier, les négociations entre les deux gouvernements étaient dans l'impasse, hier en fin de journée.
Bien que se disant toujours confiant d'en arriver à un règlement, le ministre de l'Emploi, de la Solidarité sociale et de la Famille, Claude Béchard, a senti le besoin d'une sortie publique, manifestement pour faire pression sur le gouvernement fédéral, dont les fonctionnaires, affirme-t-il, bloquent le processus de négociation.
" Tout le monde veut un règlement au niveau politique, mais ça bloque au niveau des fonctionnaires fédéraux ", a-t-il soutenu en expliquant qu'Ottawa voulait supprimer 275 millions des 750 millions exigés par le gouvernement du Québec pour la première année de son régime d'assurance parentale.
" Si tel devait être le cas, en dépit d'une entente de principe conclue en mai 2004, la mise en place du régime pour janvier 2006 comme prévu serait menacée ", a indiqué le ministre. Pourtant, les deux parties se sont entendues en ce qui a trait aux années subséquentes à la première, a-t-il ajouté.
M. Béchard a soutenu que Québec ne pouvait se contenter d'une somme inférieure à 750 millions pour l'année de transition de la mise en oeuvre du régime. " La pérennité du régime serait en danger ", a-t-il assuré.
Tableau à l'appui, Claude Béchard a expliqué qu'en 1997, le gouvernement fédéral offrait 291 millions pour la première année du régime d'assurance parentale du Québec, offre actualisée qui signifie 750 millions en 2006 en argent de 2005.
En 2005, le fédéral diminue son offre et propose 375 millions plus 100 millions en un versement, ce qui signifie un écart de 275 millions par rapport à ce dont il avait été convenu.
Si le gouvernement fédéral ne cède pas, le gouvernement Charest estime qu'il n'aura pas " les fonds nécessaires pour capitaliser le régime suffisamment pour qu'on soit capables d'émettre les chèques ", a expliqué M. Béchard.
Mais la ministre fédérale des Ressources humaines, Lucille Robillard, a rétorqué que toute capitalisation initiale est inutile puisque les gouvernements disposent de revenus stables et que le nombre de prestaires des congés parentaux est prévisible d'année en année.
Le gouvernement du Québec, dans le cadre de sa politique familiale, veut remplacer les prestations de maternité parentales du Régime d'assurance emploi fédéral par sa propre assurance parentale. Avant les élections générales, en juin 2004, Paul Martin s'était engagé à transférer la responsabilité des congés parentaux au Québec, mais il exigeait qu'une entente entre les deux gouvernements intervienne au plus tard le 1er février 2005.
Le ministre Béchard en a appelé aux représentants du Québec dans la députation fédérale pour qu'ils interviennent auprès de leur gouvernement. "C'est maintenant à eux d'agir. "
Disant avoir eu dernièrement " des échos de ramollissement " de la position fédérale, le chef de l'opposition, Bernard Landry, a indiqué qu'il convenait " de seconder " le gouvernement Charest pour que le Québec obtienne gain de cause.
La responsable du dossier de la famille pour l'ADQ, Sylvie Roy, députée de Lotbinière, a souligné qu'il s'agissait là d'" une illustration parfaite de la position de soumission du gouvernement Charest devant le gouvernement fédéral ".
