La vraie souffrance des autres

Carl Bergeron, étudiant en littérature, Université de Montréal
TRIBUNE LIBRE 3 octobre 2005

Elle renvoie à son envers logique : notre propre souffrance niée. C'est du moins à ce fantasme extatique que s'est livré l'inimitable John Ibbitson, du Globe and Mail, dans sa chronique du 28 septembre. Commentant le discours de Michaëlle Jean, il dit voir en elle « the promise of what we almost are, of what we want to be ». Ibbitson, comme bien des Québécois, par ailleurs, n'aime pas le reflet dichotomique gênant que lui tend la réalité parlementaire canadienne. Quel accablement, n'est-ce pas, d'avoir à supporter « those old faces, old men, who nurse ancient animosities and scratch at phantom wounds » ? D'où vient cette propension, se demande-t-il, à regarder le présent seulement « through the prism of an imagined past » ? Décréter que nos blessures et notre passé sont imaginaires, ce n'est pas de l'amnésie, bien sûr (quelle idée !), mais une façon de jouir de notre modernité, d'aller de l'avant, d'être ouverts à tous. Pour Ibbitson, nos vieilles chicanes nationales sont hors-jeu dans le palmarès de la souffrance universelle en comparaison de nos immigrants, qui apportent avec eux, en eux, la mémoire blessée de la dictature et de la faim (« the real pain », dit-il). Mme Jean, qui a parlé de son difficile parcours, de victime du régime Duvalier jusqu'au poste qu'elle occupe désormais, en est l'incarnation. De fait, elle acquiert une sorte de halo, qui lui permet de se présenter comme un exemple « d'apprentissage de la liberté », au côté duquel tout autre Canadien, tout Québécois favorisé de naissance, paraît bien ridicule dans son luxueux parc à jouets.

Le plus inouï est que de son regard en plongée, Mme Jean s'autorise des largesses que n'aurait jamais osé faire aucun de ses prédécesseurs. La hauteur, le mépris avec lesquels elle a expédié en un paragraphe le projet québécois donnent froid dans le dos. Dire que le temps des deux solitudes est fini, c'est nier la nation québécoise, c'est-à-dire son identité, son histoire, son étrangeté nécessaire par rapport à la nation canadienne. Qualifier publiquement le nationalisme québécois d'étroitesse d'esprit est, de la part d'un haut représentant du gouvernement du Canada, une audace rare qui remonte, peut-être, jusqu'à Pierre Elliott Trudeau, dont elle n'est pas la moindre des héritières. Ses intentions sont à peine masquées ; elle résume ses vertus de « tolérance, de respect et de partage » dans l'étonnante formule : « briser le spectre de toutes les solitudes ». Passons sur le mauvais français : briser quelque chose d'aussi immatériel qu'un spectre, voilà un pouvoir royal d'ordre divin qu'on saura gré à Mme Jean de nous avoir révélé. On se rappelera que le spectre est le revenant, le fantôme de la conscience, la voix des morts qui se révoltent contre l'injustice des vivants. S'il y a quelque chose de pourri au royaume du Canada, il faut savoir tuer Hamlet, retourner contre lui sa légitime vengeance filiale, et, sous les oripeaux de la vertu, éliminer le refoulé dérangeant. Il y a certes une souffrance de la victime, du conquis, mais il y a aussi une souffrance du bourreau. M. Ibbitson, à travers la figure cathartique de Mme Jean, la belle immigrante aux mains immaculées, rêve de consommer le voluptueux meurtre de sa conscience de conquérant. On sait qu'avant la fin des deux solitudes, il y a déjà eu une autre fin, celle des quatre solitudes : les Acadiens et les Amérindiens sont des spectres « brisés » qui, comme on le sait, vivent aujourd'hui l'expérience canadienne dans le plus grand bonheur.

Mme Jean évoque avec fierté son histoire personnelle, dans laquelle beaucoup d'immigrants, surtout haïtiens, verront avec raison un espoir, une promesse. Je le comprends très bien. Les indépendantistes qui condamnent les minorités de penser ainsi pensent petitement. S'en prendre aux minorités est la meilleure façon de cacher l'incapacité de la majorité à s'imposer comme force souveraine : le discours de M. Parizeau en 1995 carburait à cette frustration. Cependant il faut savoir poser clairement les termes du problème. La dignité même du peuple québécois est en jeu. Opposer une option politique autre que l'indépendance pour l'avenir du Québec, c'est une chose ; réduire l'histoire de ce peuple, son héroïque résistance sur plus de quatre siècles, son douloureux désir d'achèvement, ses innombrables blessures, à une souffrance mineure et marginale, indigne de la plus élémentaire considération, c'en est une autre. Il faudra que les Québécois apprennent à se respecter et à comprendre qu'on ne peut pas être ami avec l'ennemi, même si, tout en nous insultant, il sourit avec grâce et parle avec éloquence. Ah ! la grâce : plaie originelle dans la psyché québécoise. Ne se pardonnera-t-on jamais d'être descendants de bûcherons et d'analphabètes ? Sait-on que Trudeau, ce grand démocrate qui a fait emprisonner et torturer des centaines de Québécois en 1970, est encore cité avec admiration dans plusieurs chaumières québécoises, et que sa fameuse pirouette, rose à la boutonnière, fait toujours effet trente ans plus tard ? On ne sort pas facilement de cet ensorcellement pour l'élégance du dominateur.

Une admiration béate que le conquérant, animé par le même désir d'étreinte amnésique que le conquis colonisé, n'hésite pas à faire sienne : « here is this beautiful young (sic) Canadian of Haitian birth, with a smile that makes you catch your breath, with a bemused older husband by her side, and a daughter who literally personifies our future, and you look at them and you think: Yes, this is our great achievement, this is the Canada that Canada wants to be. » Alleluïa ! Hosanna ! Que penser des redondants indépendantistes québécois face à un portrait d'une telle beauté ? « Suddenly, the arguments of the nationalists (...), of the alienated and resentful and estranged, are so tired, so yesterday, that you just don't want to have to listen to them any more. » Après « la fatigue culturelle du Canada français », assisterait-on à une fatigue canadienne anglaise ?

Le mouvement souverainiste doit prendre acte de la foi instrumentale que le Canada met dans les héritiers du multiculturalisme, et du rôle crucial, outrageant, que ce pays entend leur faire jouer dans sa mascarade. Ce n'est pas en empruntant les mêmes chemins racistes et déshonorants, en se déchargeant de la responsabilité de son destin sur les minorités, qu'il s'éprouvera comme l'impulsion vitale sans laquelle ce peuple ne fera jamais l'indépendance. Sinon, on devra se contenter, tel le pitoyable John Ibbitson, de réduire nos immigrants à des parfums capiteux qui, nous rappelant la vraie souffrance des autres, nous permettent d'oublier ce que nous sommes l'un envers l'autre : deux peuples distincts, le premier sadique et le second masochiste, liés par le fiel, par l'écume de l'épuisement, par nos blessures respectives qu'on n'aimerait jamais tant être jugées que de peu d'importance par l'immigrant, convoqué ici au trône de l'arbitrage honorifique et de la sanction consolatrice de la réussite individuelle.




LEBEL ET LE BEAU
suivi de SCÈNES

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 3 octobre 2005

Six semaines avant la fin du parcours,
Ghislain Lebel, candidat à la direction du PQ,
concède la victoire à Boiclair
donnant ainsi raison aux sondages menés auprès de la population
sans distinction entre les membres et non-membres du parti.
Lebel se dit prêt à se rallier au favori chez lequel
il a senti « une nouvelle ouverture
à parler franchement du fait français ».
Où se trouvait M. Lebel au moment où Boisclair,
alors ministre de l’immigration,
annonçait que les centres d’orientation et
de francisation des immigrants allaient devenir
« des incontournables » pour à peine quelque temps plus tard
mettre la clé dans la porte ?
Était-il, tout comme Boisclair
à cette époque lointaine de sa vie,
ailleurs ?

Les torts causés à la francisation
demeurent tangibles,
irréversibles.
Boisclair peut toujours tendre la main
aux immigrants
le mal est fait,
il vient d’un ministre péquiste.

Boisclair n’a pas mécontenté que les agriculteurs.
En démantelant une institution vieille de 25 ans,
dont la mission était de franciser et d’intégrer les immigrants,
il s’est également mis à dos
les acteurs œuvrant
auprès de ses nouveaux arrivants
ainsi que les nouveaux arrivants eux-mêmes.

Oui, M. Lebel,
André Boisclair « risque de devenir
une cible de choix pour ses adversaires et
l’unité sera difficile à faire au sein du PQ ».
La victoire de Boiclair peut fort bien
se traduire par un échec référendaire.
Pourquoi alors,
vous y rallier ?

SCÈNES DE LA VIE D'UN JEUNE GARÇON

" Il ne comprend pas pourquoi les moutons acceptent leur sort, pourquoi ils ne se révoltent pas, au lieu d'aller docilement à la mort. Si les antilopes savent qu'il n'y a rien de pire au monde que de tomber entre les mains des hommes, et jusqu'à leur dernier souffle font tout ce qu'elles peuvent pour leur échapper, pourquoi les moutons sont-ils aussi bêtes ? Ce sont des animaux, après tout, leurs sens sont développés, fins, comme le sont les sens des animaux : pourquoi n'entendent-ils pas les derniers bêlements de la victime derrière la remise, pourquoi ne sentent-ils pas son sang, et ne se le tiennent pas pour dit ?

Parfois quand il est au milieu des moutons, quand on les a rassemblés pour les laver et les traiter, qu'on les a mis dans l'enclos et qu'ils ne peuvent pas se sauver, il a envie de leur parler tout bas pour les avertir de ce qui les attend. Mais dans leurs yeux jaunes il surprend quelque chose qui le retient : comme de la résignation, une prescience, non seulement de ce qui arrive aux moutons (…) derrière la remise, mais de ce qui les attend au terme du long voyage en camion, sans rien à boire (…) Ils savent tout cela, dans les moindres détails, et pourtant, ils se soumettent. Ils ont calculé le prix et sont prêts à le payer, le prix d'être sur terre, le prix d'être vivant. "

J.M. Coetzee
Le 1er octobre 2005




LES RACISTES

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 4 octobre 2005

Si on se scandalise de la nomination
de Michaëlle Jean
au poste de gouverneur-général
on est forcément raciste.
D’ailleurs, les Québécois sont foncièrement racistes.
Ce sont des nazis, des Le Pen,
des fucking french.

Lors d’un forum sur la diversité culturelle dans les arts
présenté dans le cadre des journées de la Culture,
des intervenants ont souligné
la difficulté de s’imposer dans une discipline
ou une autre parce qu’ils ont un accent, une couleur,
parce qu’ils viennent d’ailleurs.
Les immigrants sont victimes de discrimination
de la part des Québécois
qui se gardent les meilleurs emplois,
qui parlent mal leur propre langue
et qui sont incapables de faire la différence
entre un Camerounais
et un Jamaïcain.

C’est un fait, beaucoup de Québécois
s’adressent en anglais aux immigrants
parce que beaucoup d’immigrants à Montréal
parlent anglais.
Pour vivre ensemble de manière harmonieuse,
il faut se connaître,
s’ouvrir aux autres, s’éduquer les uns les autres.
Cela va pour les Québécois,
Cela va pour les immigrants.

Ottawa n’est pas la capitale du Québec,
le français, bien que des Québécois l’ignorent encore,
est au Québec l’unique langue officielle,
et tout le monde, un jour ou l’autre est victime de discrimination.
Ainsi, dans certains milieux de travail,
un employeur non québécois favorisera l’embauche
d’un travailleur non québécois
afin de lui offrir un salaire inférieur aux normes,
en lui imposant des journées de douze heures et
des semaines de six jours,
en négligeant de lui payer ses congés fériés
et les vacances auxquelles il a droit.
Certains, parce qu’ils sont homosexuels,
choisiront de préférence un candidat homosexuel.
D’autres, écarteront les candidates
ou au contraire défendront
la candidature d’une femme.
Des patrons refuseront une personne au chômage
parce qu’elle est sans emploi,
une personne handicapée
selon eux moins efficace,
une personne obèse et par conséquent paresseuse.
Une personne laide nuit à l’image,
et, à partir de cinquante ans,
on n’est plus une personne mais un vieux croûton.
Les propriétaires quant à eux,
hésiteront à louer leur logement à une mère monoparentale,
à des personnes bénéficiant de l’aide sociale,
à des familles avec enfants.

Tout n’est pas noir comme la misère
ou blanc comme une tranche de pain Weston,
tout n’est pas rose en ce bas-monde,
tout n’est pas rose au Québec.
Mais si la société d’accueil a des responsabilités
face à ses nouveaux citoyens,
ils en ont aussi.

Quand un immigrant décide de vivre en anglais au Québec,
il me discrimine.
Quand un immigrant me reproche ma manière de m’habiller,
il me discrimine.
Quand un immigrant me vend son canard rôti un dollar de plus
parce que je suis Québécoise,
il me discrimine.
Quand un employeur immigrant n’emploie que des immigrants,
il me discrimine.

La discrimination existe sous plusieurs formes.
C’est ensemble que nous devons la combattre.




André Boisclair : toute une aubaine pour les fédéralistes !

Luc Potvin, Montréal
TRIBUNE LIBRE 4 octobre 2005

Mine de rien, sous de fallacieux prétextes, on remet à plus tard la publication du rapport du juge Gomery et on reporte à mai 2006 le procès de deux des principaux accusés dans le cadre du scandale des commandites, Jean Brault et Charles Guité.

Entre-temps, et comme par hasard, le Parti québécois risque d’avoir pour nouveau chef un individu qui a admis avoir déjà consommé, lorsqu’il était ministre, de la cocaïne, une drogue dure et illégale, une drogue dont le commerce repose entre les mains d’organisations tout aussi illégales, une drogue dont la possession peut mener en tôle, toutes choses dont normalement tient compte tout élu doté d’un minimum de jugeote.

Il y a comme un drôle de « timing », n’est-ce pas ? Et s’il est bon, ce « timing », n’est-ce pas de toute évidence pour le camp fédéraliste ?

Rappelez-vous comme tout allait si bien pour le mouvement indépendantiste, début mai. Et voyez comme les tuiles nous tombent dessus, depuis la fin de ce même mois de mai 2005 : le gouvernement minoritaire de Paul Martin qui s’en tire contre toute attente, le PQ qui se retrouve soudain sans relève digne de ce nom, le scandale des commandites qu’on dilue peu à peu, la valse des vire-capot…

Le hasard en politique, ça existe peut-être, mais c’est rare, très rare. En politique, quoi qu’on dise, deux et deux font toujours quatre.

Dans Le Devoir du 1er octobre 2005, M. Michel David signalait « l’incalculable risque politique que M. Boisclair fera courir au PQ ».

Risque incalculable, en effet, et, de surcroît, risque totalement inutile. Car, enfin, on ne parle pas ici d’une tête à Papineau, ni d’une tête à Parizeau. On ne parle pas non plus ici d’un grand orateur, tel Bourgault, ni même d’un ancien ministre de premier plan, tel Lévesque ou Landry. On parle ici, tout au plus, d’un clone politique de Pierre-Marc Johnson. On parle ici d’un politicien qui n’a à ce jour publié aucun texte de fond sur le Québec en général et l’indépendance en particulier. On parle ici d’un ex-ministre qui a donné le coup d’envoi à la fermeture des Cofis. On parle ici de l’un des plus fervents partisans de l’injuste et infâme motion de blâme de l’Assemblée nationale contre le citoyen Yves Michaud.

André Boisclair ? Toute une aubaine pour les fédéralistes ! Le véritable traitement de faveur que lui réservent Radio-Canada et La Presse durant la présente course à la chefferie, voilà qui suffit amplement pour en convenir.

Mais, dans son article, M. Michel David évoquait aussi l’instinct suicidaire qui semble s’être emparé du PQ… L’instinct suicidaire, c’est terrible, mais espérons qu’il ne s’agisse pas de quelque chose de pire encore, le genre de bombe qui détruit tout dans l’immédiat, mais qui n’explose sur la place publique que bien des années plus tard, comme ça s’est déjà vu...




Lettre à Raymond Lévesque

Simon Girard
TRIBUNE LIBRE 4 octobre 2005

Monsieur Lévesque,

Étant né dans le dernier quart du 20e siècle, j’ai moins de souvenirs à votre sujet que ceux qui m’ont précédé. Je vous connais un peu par le biais de votre chanson de portée universelle Quand les hommes vivront d’amour et par votre militantisme en faveur de l’indépendance et de la défense du français. Mais ce n’est pas pour vous exprimer mon admiration que je vous écris mais, malheureusement, pour vous faire part de ma déception suite à ce Prix du gouverneur général et un chèque de 15 000$ qu’on vous a remis. Je m’explique mal qu’un frère de lutte accepte d’un cœur léger une récompense venant de l’ennemi.

Monsieur Lévesque, vous êtes peut-être sourd comme un pot mais il doit vous rester un peu de jugement, à moins que ce geste incompréhensible ne soit le signe du début de votre délabrement intellectuel. Le gouverneur général est le dernier vestige d’une triste époque pour notre peuple et pour tous les autres ayant connu la même férule coloniale. Quelqu’un qui lutte pour débarrasser le sol québécois des symboles du colonialisme ne peut pas ne pas savoir cela. Accepter un Prix du gouverneur général, c’est donner une caution morale à la Conquête et la mise en minorité du peuple québécois, c’est donner une caution morale au régime fédéral créé de toutes pièces par le conquérant et à une institution qui n’en a pas besoin, qui ne convient pas à nos valeurs démocratiques et à l’esprit républicain et qui, donc, doit disparaître.

Bien sûr, d’aucuns vont penser qu’on fait tout un plat pour si peu, qu’il n’y a rien de politique là-dedans, qu’il ne faut pas mélanger la politique et les arts. Ces idiots ne comprennent pas que nos ennemis mènent une lutte à finir contre le peuple québécois et qu’ils vont utiliser tous les moyens possibles pour arriver à leur but. Donner des médailles, des Prix du gouverneur général ou du lieutenant-gouverneur, des chèques ou des postes bien rémunérés à des Québécois est un de ces moyens. Et il y en a qui se laissent avoir, y compris les meilleurs d’entre nous.

Même vous, Monsieur Lévesque, serez tenté de banaliser le geste qu’on vous fait en pensant que c’est un hommage tout à fait normal du gouvernement canadian et qu’il n’y a rien là. Mais nos ennemis ne pensent pas de la même façon. Pour eux, c’est une grande victoire que de voir un indépendantiste convaincu accepter un prix fédéraliste! Pourquoi leur donner de telles occasions de réjouissances? Ne serait-il pas préférable que ce soit votre peuple et votre pays qui vous témoignent de la reconnaissance en premier? Vous auriez fait un geste noble en refusant et le prix et l’argent et, de ce fait, vous vous seriez attiré encore plus notre sympathie. Mais l’argent a eu raison des beaux idéaux. Et l’argent n’a pas de morale, comme l’a démontré un certain scandale des commandites…

Et s’il y en a qui se laissent ainsi acheter, par manque de caractère ou de fermeté dans leurs convictions, je me console en me disant qu’il a encore des incorruptibles. Je pense ici à Pierre Falardeau et aux autres qui font honneur à la cause qu’ils défendent en faisant passer celle-ci avant leur intérêt personnel. Ils sont rares, trop rares!




Tous ces peuples doivent coordonner leurs pressions sur Madrid

René-Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 4 octobre 2005

En réponse à l'article de François Brousseau dans Le Devoir de lundi 3 octobre, sur le mouvement souverainiste en Catalogne, il faut tenir compte du fait que, comme le Canada, l'Espagne est un pays artificiel, créé par les seigneurs de Madrid, sous les Habsbourg.

Ceux-ci ont profité de la reconquista, la reconquête de la péninsule ibérique contre les Maures pour se hisser au pouvoir et y demeurer coûte que coûte. Cette reconquête a exigé plus de 700 ans d'efforts. La domination maure, venue par Gibraltar et la Méditerranée, a été repoussée à partir du nord de la péninsule vers le sud. Les Portugais, qui se tenaient d'une pièce, y sont parvenus vers 1262, soit 230 années avant l'Espagne, qui y arriva en 1492, année du voyage historique de Christophe Colomb vers l'Amérique, alors que les derniers Maures furent chassés d'Andalousie.

En position de force, les seigneurs de la Castille ont saisi le pouvoir en même temps que la reconquête. Les Maures, qui voyaient venir la fin de leur domination, auraient pu organiser l'indépendance des peuples du sud de l'Espagne, mais on ne pouvait leur demander de prévoir si longtemps d'avance, alors que tant de politiciens, y compris les nôtres, pratiquent la politique à la petite semaine.

Les Basques ont été les vrais initiateurs de la reconquista espagnole. En fait, les Basques sont les véritables fondateurs de l'Espagne telle que nous la connaissons aujourd'hui, mais leur reconquête ne leur a pas donné le pouvoir, que les seigneurs de la Castille ont saisi à leur avantage et qu'ils détiennent toujours. Situation extrêmement ambivalente, embarrassante et presque sans issue qui est celle des Basques.

Mais l'indépendance basque est possible, à la condition de coordonner leurs efforts avec les autres États naturels de l'Espagne: Catalogne, Aragon, Léon et surtout Andalousie.

Les Castillans ont décidé assez tôt qu'ils en profiteraient pour prendre tout le pouvoir pour eux. Exploitation des circonstances, donc, qui exige beaucoup de temps et d'efforts à défaire. (...)

Non seulement la Catalogne, mais l'Andalousie a toutes les caractéristiques d'un État Nation. De même la Navarre, le pays des Basques. De même l'Aragon et le Léon.

Tous ces peuples doivent coordonner leurs pressions sur Madrid, capitale artificielle, et leur action commune. Tout comme nous devons faire tomber Ottawa, il leur faut faire tomber Madrid, capitale créée de toutes pièces par Philippe II.

Eux aussi ont beaucoup de travail à faire.




Une erreur de Menninger

José Fontaine
TRIBUNE LIBRE 4 octobre 2005

Menninger a bien tort de penser que seules les communautés en Belgique ont la liberté d’action et seulement sur le plan culturel et scolaire. Si elles l’ont dans ces domaines, c’est parce que c’est leurs seules compétences. Du côté flamand la Communauté est fusionnée avec la région et la liberté d’action de la Flandre comme région et comme communauté est entière sur tous les domaines où elle est compétente c’est-à-dire 51% des anciennes compétences étatiques.

C’est la même chose pour la Wallonie et la Communauté Wallonie-Bruxelles (Région et Communauté couvrent 51% des anciennes compétences étatiques). Et ce fait est bien unique au monde. Les cas où le Gouvernement belge pourrait opposer son veto à un traité international sont rarissimes: il y aurait le cas où l’Etat en question ne serait pas reconnu par la Belgique, où le traité contredirait les intérêts belges et je pense le cas où le traité serait contraire aux engagements internationaux de la Belgique (comme l’OTAN par exemple ou les traités européens mais personne ne remet cela en cause!).

Cela veut dire qu’en fait, le Gouvernement fédéral belge n’a jamais en fait contredit un traité signé par les entités fédérées. Ce serait d’autant plus difficile que les entités fédérées et le gouvernement fédéral regroupent des hommes qui sont par exemple des Wallons agissant de concert dans le même parti. L a liberté des entités fédérées belges d’agir sur le plan international est onc en pratique sans restriction, certes, dans le domaine de leurs compétences et seulement dans ce domaine, mais cette restriction vaut aussi pour l’Etat fédéral qui ne peut pas signer de traité dans le domaine, par exemple de l’agriculture, de l’enseignement, compétences exclusives des Régions ou communautés. En fait la Belgique est le seul cas où s’applique intégralement la doctrine Gérin-Lajoie.

Il est possible que ce ne soit pas assez connu parce que les domaines où se signent des traités sont souvent très techniques et aussi parce que les Etats fédérés en Belgique (même la Flandre) ont tendance à adopter un profil bas sur le plan de la visibilité. Mais il ne faut pas oublier que les Etats fédérés en Belgique n’ont que 25 ans d’existence et que la faculté d’agir sur la scène international a à peine 10 ans. Dans un nombre considérables de domaines, l’autonomie des ces Etats fédérés n’a pas encore eu le temps de prendre consistance et l’illusion d’une façade belge unique demeure. Je le vois bien même avec mes élèves qui sont fort étonnés quand je leur dit que c’est maintenant le Gouvernement wallon qui nomment les Gouverneurs (les préfets en France) ou les bourgmestres (car chez nous les bourgmestres sont nommés parmi les élus mais ne sont pas directement élus comme maires).

J’essaye de trouver le meilleur exemple historique pour illustrer cela. Peut-être le fait que dans la gaule gallo-romaine on est passé du latin ou du moins du bas-latin à l’ancien français sans s’apercevoir que l’on changeait de langue. Contrairement à ce que l’on croit parfois, les changements historiques ne sont pas directement perceptibles ou ne sont pas visibles à l’oeil nu.

Il est curieux par exemple qu’il arrive que la querelle belge soit perçue comme forte et que même le fédéralisme ou le confédéralisme semble l’envenimer alors que dans bien des cas, ce système pacifie les conflits dans la mesure où chacun étant maître chez lui, il faut recourir à la négociation.




VOLER DE SES ZÈLES

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 5 octobre 2005

Le scandale des commandites ne freine pas l’ardeur
des voleurs qui se servent à pleines mains
dans les poches des contribuables
pour se payer la traite
et se payer leur tête.
Les travailleurs travaillent
pour entretenir un état proxénète
qui ne regarde pas à la dépense
surtout quand il s’agit de ses élus
dont il remplit la panse
à même nos revenus.
Qu’avons-nous à leur payer
ce qu’on ne pourra jamais nous offrir ?
Des déplacements en Challenger,
des notes de restaurant à 5 953 dollars,
une vice-reine dont on n’a rien à cirer
mais qui fait le bonheur des Canadiens,
des conseillers en image
pour des sans-dessein,
de la gomme à mâcher.
Qu’avons-nous à promouvoir l’unité nationale ?

Il y a des limites à presser le citron.
Les travailleurs travaillent pour gagner leur croûte
pas pour engraisser les cochons
qui ne vivent pas d’eau claire.

Si l’on paie
qu’on nous donne des services !
Ce n’est pas vrai que les contribuables vont
se fendre en quatre
pour s’entendre dire que le gouvernement
n’est pas un guichet automatique
qu’il n’a pas d’argent.

Les billets de banque
ne sont pas des confettis.
Qu’on arrête de les jeter par les fenêtres ou
qu’on nous redonne notre argent.

Je n’ai pas voté pour ça.
Je ne veux pas payer pour ça
pour les Dingwall, les Lafond et Jean,
les Dion, les Robillard, les Pettigrew,
les contrats partisans,
le déménagement du casino,
les voyages de ti-clin en Chine,
les publicités de son mauvais gouvernement,
le salaire de Guitard,
Radio-Canada,
les écoles privées,
les conflits entre Québec et les nations autochtones,
les bonis des hauts fonctionnaires,
les drapeaux du Canada,
les institutions anglophones,
les visites de la reine,
les prix du Gouverneur-général, etc., etc.

Me faudra-t-il avoir recours à l’aide sociale
pour ne plus participer à ces gaspillages sans borne ?
Une fois sur la paille,
que pourront-ils me voler ?
La paille
qui leur servira à fabriquer des épouvantails ?




Débat des candidats à la mairie de Montréal, à RDI

Olivier Guinard, Montréal
TRIBUNE LIBRE 5 octobre 2005

Madame Catherine Cano
Directrice du Réseau de l’Information (RDI)

Mme Cano,

À titre de contribuable et citoyen Montréalais, il est décevant d’apprendre que vous n’entendez pas inviter M. Richard Bergeron, chef de Projet Montréal, au débat des candidats à la Mairie de Montréal, le 27 octobre prochain.

RDI relève du bien public et doit refléter l’ensemble de la population à qui il appartient. Or l’électorat Montréalais, principale population desservie par votre réseau, est au cœur des aspirations grandissantes pour un espace civique misant sur le transport collectif et le développement durable des ses infrastructures. À l’heure où d’aucuns constatent les lacunes de nos infrastructures actuelles, et où les remises en questions par rapport à notre dépendance au pétrole foisonnent, RDI relègue à la marginalité le seul parti qui propose concrètement et sérieusement une alternative emballante à ces préoccupations.

Aussi, Projet Montréal a choisi de mener une campagne digne de ses convictions en optant de ne pas polluer l’ensemble de la ville avec on ne sait combien d’affiches, aussi nombreuses qu’insipides. Alors que plusieurs pourraient dire GO! à ce genre d’initiative écologique, l'approche souffre ainsi d'une dépendance accrue face aux médias dits « propres » comme le vôtre. Voilà donc un choix de campagne démontrant un soucis peu commun pour la rigueur et l’intégrité. Serait-ce donc de ces dernières valeurs que découlerait la prétendue marginalité de Projet Montréal?

En écartant Projet Montréal d’une tribune publique (combien de fois faudra-t-il le rappeler?), vous réduisez volontairement au mutisme l’expression d’une nouvelle voix pour les citoyens Montréalais. Et dans une logique sinueuse, vous évoquez curieusement l’effet direct de votre omission pour défendre votre choix de tenir M. Bergeron à l’écart, c’est-à-dire qu’il aurait moins de chances de gagner que les autres candidats. Cette décision est indigne d'un médium d'information d’autant plus que c’est vous-même qui avez créé l’évènement qui pourrait s’avérer déterminant.

On reproche souvent aux grands médias d’avoir évacué les débats de fond de leur couverture de campagnes électorales. On se surprend ensuite à devoir expliquer les faibles taux de participation au scrutin, en particulier au niveau municipal. Voici votre chance, Mme Cano, de donner tort à vos détracteurs et du même coup rehausser l’estime porté envers le médium que vous dirigez, de même qu’au processus électoral en général. On voit difficilement comment votre refus s’accorderait avec votre intention de présenter une information "équitable et démocratique".

Heureusement, d’ici le 27 octobre, il vous reste amplement de temps pour inviter M. Bergeron. Il en va de l’intérêt de nous tous.




Le pacte de solidarité de Michaëlle Jean

Sylvio Le Blanc, Montréal
TRIBUNE LIBRE 5 octobre 2005

Dans son discours «d’installation» du 27 septembre, madame la gouverneure générale a déclaré que nous devions «instaurer un pacte de solidarité entre tous les citoyens qui composent le Canada d’aujourd’hui».[1] Que voilà de belles paroles! Suivant cela, Mme Jean réussira-t-elle à convaincre les Albertains de partager leurs mirobolants revenus et surplus (dus au gaz et au pétrole) avec les Canadiens des provinces les plus pauvres, par solidarité? Car voilà ce que devrait être une fédération digne de ce nom: des provinces favorisées partageant avec d’autres l’étant moins.

Mais les Albertains n’accepteront jamais de partager et, si le fédéral les y obligeait, ce ne serait pas long qu’un référendum se tiendrait, avec à la clé une question claire comme de l’eau de roche: «Voulez-vous vous séparer du Canada et faire de l'Alberta un pays (lire: pays riche)?» Si le verdict est affirmatif à 50 % des voix plus 1, l'Alberta pourrait sortir de la fédération pour protéger ses revenus exorbitants (dans 50 ans, une fois les réserves épuisées et l’argent bien dépensé, je ne serais pas surpris que l'Alberta réintègre le Canada à la suite d’un autre référendum, gagné toujours, à 50 % des voix plus 1). Et bien que l'Alberta ne soit pas, contrairement au Québec, l’une des entités fondatrices du Canada, le Parlement canadien et Mme Jean n’auront pas le choix que de la laisser partir avec son sous-sol, si telle est sa volonté.

Le cas échéant, j’espère qu’on laissera de même un jour partir sans problème le Québec, qui se séparerait, lui, pour protéger sa culture et sa langue, pour s’affirmer pleinement comme nation, qui sont des motifs beaucoup plus nobles.

[1] Le Devoir, «Une certaine vision du pays», les samedi 1er et dimanche 2 octobre 2005, p. B 3. Auteure : Hélène Buzzetti.




André Boisclair aurait falsifié un certificat d’études?

Jacques Bergeron, Ahuntsic, Montréal
TRIBUNE LIBRE 6 octobre 2005

La Presse de ce matin, sous la signature de Lysiane Gagnon, nous apprend que le candidat Boisclair, aurait falsifié son certificat d’études en sol Étasunien, (ou diplôme) afin d'indiquer qu'il provenait de Harvard, alors qu'il aurait reçu un certificat d'études d'une école privée ayant des liens avec cette université?

Quel fumiste que cet individu, à moins qu'il ne réussisse à nous démontrer que toute cette nouvelle histoire est fausse? Et on veut nous l'imposer comme «Chef» des indépendantistes? Je refuse d'être associé à cet individu.

S'il ne se désiste pas rapidement, à moins que les dirigeants du PQ n'agissent immédiatement en lui faisant part que sa candidature est refusée, ce sont des centaines de milliers, (peut-être des millions) de Québécois qui abandonneront la cause que nous chérissons depuis très (et trop) longtemps, le projet de nous donner un pays indépendant de langue française, foyer national de tous les locuteurs de notre langue en terre des Amériques.

André Boisclair doit comprendre qu'il est un obstacle à l'émancipation politique du Québec et de son peuple. Que notre peuple ne peut pas supporter cette autre erreur de jeunesse (à 38 ans) afin de lui permettre de devenir premier ministre du Québec.

Avoir admis s'être procuré de façon illégale, et consommé de la «cocaïne», ces aveux dis-je, auraient dû le convaincre de ne pas présenter sa candidature au poste de «Chef du Parti Québécois». Avec ce nouveau boulet qu'il aura à traîner pour le reste de sa vie, il doit comprendre qu'il n'est pas le candidat recherché afin d'occuper le poste de «Chef » d'un parti politique. Même les libéraux de Paul Martin n'en voudraient pas, eux qui sont passés les maîtres incontestés dans les scandales de tout genre.

Alors, M. Boisclair, quand allez-vous vous désister, afin de nous permettre de passer à un autre «sujet». Déjà que les sujets de Sa Majesté la Reine d'Angleterre, Mme Michaëlle Jean et son illustre (sic) époux avaient pris beaucoup trop de notre temps, il ne faudrait pas que votre désistement se produise au lendemain de l'élection du «Chef» de notre parti. Il serait alors trop tard, le mal étant fait.

Alors qu'il vous reste peut-être quelques sympathisants, nous vous suggérons d'en profiter pour vous désister avant qu'ils ne vous abandonnent «tous» à leur tour. L’avenir de notre idéal dépend peut-être de cette décision? Saurez-vous le comprendre?




M. Boisclair - MISE EN DEMEURE

Éric Tremblay, Avocat et fervent indépendantiste
TRIBUNE LIBRE 6 octobre 2005

M. Boisclair,

Considérant vos aveux publics de culpabilité quant à la possession et consommation de cocaïne alors que vous exerciez des fonctions ministérielles;

Considérant que vous avez tenté de camoufler ces faits par des mensonges en prétendant que votre consommation de la dite substance illicite relevait d’erreurs de jeunesse, alors que vous étiez non seulement dans la trentaine, mais pire encore, ministre;

Considérant votre refus de donner des informations quant à l'identité de votre ancien fournisseur de cocaïne, des personnes ayant consommé avec vous, des circonstances et de la fréquence de votre consommation que vous dites passée, ainsi que de la possible implication de votre ancien chef de cabinet M. Doray;

Considérant votre refus d’assumer pleinement votre comportement illégal passé et votre penchant pour le mensonge, les fausses représentations et le travestissement de la vérité;

Considérant que votre manque de jugement et de discernement flagrant compromet sérieusement l’unité de notre parti et nos chances de victoire aux prochaines élections provinciales;

Considérant que vous manquez totalement de crédibilité et de légitimité concernant les politiques futures de lutte contre le crime organisé, la criminalité au sens large et l’administration de la sécurité publique, trois grandes responsabilités relevant de la plus haute fonction de notre démocratie québécoise, soit le poste de Premier ministre;

Considérant que vous pourriez être l’objet d’une enquête criminelle si un citoyen déposait une plainte aux autorités policières;

Considérant que vos récents aveux publics en cette matière seraient retenus contre vous par un juge d’une cour pénale, entraînant ainsi votre condamnation;

Considérant qu’un tel verdict de culpabilité entacherait sérieusement la crédibilité et la réputation de notre parti;

Considérant que votre élection en tant que chef de notre formation politique minerait sérieusement les chances de voir notre idéal d’indépendance triompher;

Considérant que nul ne peut prétendre être plus grand que notre noble cause et que vous n’êtes pas indispensable à la concrétisation de la souveraineté du Québec;

Pour ces motifs sérieux,

Vous devez humblement vous désister de la présente course à la chefferie afin de préserver les chances de succès de notre idéal collectif, l’Indépendance du Québec.




Il n'y a pas de souverainisme québécois

René Marcel Sauvé, géographe
TRIBUNE LIBRE 6 octobre 2005

Pour Monsieur Fontaine et pour le Forum Toudi, pour l'information de tous les Belges, Flamands, Wallons et Bruxellois que la question intéresse.

Il n'y a pas de souverainisme québécois. Il n'y a pas de séparatisme québécois. Ce dont il s'agit ici n'a rien à voir avec une idéologie nationaliste.

Mais il y a le peuple Québécois, il y a la Nation Québécoise, il y a l'État du Québec et c'est autre chose.

Il y a l'État central, centralisateur, unitaire, orangiste et loyaliste d'Ottawa. Il y a une guerre entre le peuple Québécois, la Nation Québécoise, l'État du Québec et l'État unitaire, artificiel et centralisateur d'Ottawa, au service de l'oligarchie de Bay Street à Toronto. Et c'est autre chose, qui n'a rien à voir avec une quelconque idéologie de "droite" ou de "gauche".

Les opinions diverses qui peuvent s'exprimer sur le sujet ne changent rien à cette incontournable réalité, radicale, non pas radicaliste, non pas déterministe mais déterminante, dure et archi-dure. C'est une certitude qui rend inévitable une scission entre Québec et Ottawa, sans effusion de sang, nous l'espérons, mais nous n'entretenons aucune illusion à ce sujet, connaissant la férocité de nos ennemis, que connaissent également les Irlandais, les Écossais, les Gallois et les Acadiens, qui ont risqué l'extermination par les Orangemen, dont le génocide ne dérange nullement la conscience.

Une guerre est en marche depuis les débuts de notre présence dans le Nouveau Monde. Elle s'est intensifiée avec l'arrivée du régime anglais. Elle s'est poursuivie sous la domination des Orangemen venus d'Irlande au début du Dix-neuvième siècle, pour se tailler un empire dans l'espace continental canadien, empire destiné à être greffé à perpétuité sur l'Empire britannique, l'Empire sur lequel le soleil ne se couchait jamais. Nous, Québécois, étions voués à la fossilisation finale devant ces "seigneurs", ces "chosen few" destinés à dominer le monde, semble-t-il! Nous connaissons leur fourberie, leur hypocrisie, leurs ambitions sordides de pouvoirs et d'argent à tout prix et nous n'entretenons aucune illusion à leur sujet. Par contre, nous nous interdisons de les haïr, ce qui serait une faiblesse de notre part.

En arrivant dans le Saint Laurent, les Orangemen se sont heurtés à nous, qu'ils ont cru pouvoir écraser en deux temps trois mouvements. Mais le Saint Laurent n'est ni l'Irlande, ni l'Écosse, ni le Pays de Galles, ni l'Acadie. C'est un territoire périphérique très défendable par un petit peuple comme le nôtre. C'est un milieu dur, un milieu que nous avons conquis, nous Québécois, au prix de siècles d'efforts répétés de génération en génération, un milieu que nous avons défendu, que nous défendons encore et que nous défendrons dans l'avenir. Le Québec est notre foyer national, notre "homeland", que personne ne peut nier.

Cette guerre se poursuit et se poursuivra jusqu'à l'élimination finale d'Ottawa. Nous n'avons plus le choix. Nous pourrons alors entreprendre de poursuivre des politiques axées sur la social démocratie qui est la nôtre, sur le développement durable, sur l'égalité des chances, toutes choses que nous ne pouvons entreprendre maintenant parce que nous avons Ottawa et l'oligarchie de Bay Street à Toronto, qui multiplient les obstacles pour mieux nous soumettre et nous subjuguer. Si vous n'en êtes pas convaincus, venez vivre au Québec et vous le verrez par vous-mêmes. Nous nous frappons la tête contre un mur mais de plus en plus de Québécois commencent à le voir, ce mur.

Voilà ce qu'il en est monsieur Fontaine. Informez-en votre interlocuteur. Rappelez aussi à vos interlocuteurs que nous sommes en majorité descendants de la France Maritime: Normandie, Bretagne, Picardie, Anjou, Saintonge, Aquitaine et que nos ancêtres ont vécu mille années de guerres presque continuelles contre les Anglo-Saxons d'Outre Manche, les voisins d'en face, qui enviaient nos domaines. Eux et nous sommes de vieux ennemis: nous ne sommes pas des étrangers.





Course à la chefferie du PQ [2 de 2]

Saga Boisclair : réactions des politiciens, commentateurs et du public ?

Pierre Daviau, Québec
TRIBUNE LIBRE 6 octobre 2005

« Dans une même culture, certains individus n’entendent pas le discours social parce que leur cerveau ou leur personnalité sont altérés. D’autres personnes n’éprouvent pas l’interdit pourtant clairement énoncé par la culture, comme les pervers…[…] c’est nous-même qui devons faire la culture, car nous sommes responsables ». (1)

« […] il faut éviter de sombrer dans un relativisme absolu, caractéristique du courant postmoderne, selon lequel la hiérarchie des valeurs n’existe pas et toutes les perspectives individuelles se valent bien. […] Il est clair qu’une perspective individualiste étroite, fondée sur une perversion du sens des droits et libertés qui méritent d’être défendus, conduit à des aberrations, car elle occulte totalement d’autres dimensions humaines et sociales du phénomène ». (2)

« Les décisions politiques recherchent la mobilisation collective.[…] Ce qui est recherché n’est pas la solution, mais l’adhésion. Leur fragilité vient de cet objectif de mobilisation. Ces décisions sont potentiellement absurde parce qu’on peut tout faire au nom de la mobilisation. » (3)



***

Suite à la question « André Boisclair doit-il démissionner ? » publiée dans Vigile le 28 septembre dernier, les événements imposent de se questionner au sujet des réactions des collègues passés ou présents et des autres acteurs du débat public.

Collègues ministres et députés

Selon Michel Corbeil, « Le doyen des députés à l’Assemblée nationale, François Gendron, assure que des rumeurs de consommation de cocaïne ont couru pendant des années sur André Boisclair. » Le député dit : « Très franchement, j’étais au courant des rumeurs. Cela a circulé longtemps. La plupart des collègues (de la députation) étaient au courant des rumeurs. Je suis au courant que des gens qui étaient en autorité qui ont tenté de corriger la situation a-t-il précisé. Il faisait allusion à des rappels à l’ordre qu’auraient effectués l’entourage de Lucien Bouchard ».

La déclaration de cet ancien ministre, président du caucus des députés ministériels du 15 mars 1996 jusqu’au 28 octobre 1998 et du 9 décembre 1998 jusqu’au 30 janvier 2002, doit être considérée comme étant conforme aux événements et état d’esprit qui prévalaient à l’époque. En effet, force est de croire François Gendron qui exerçait, alors, des fonctions de responsabilité dont celle de préfet de discipline auprès des députés de son parti.

Quant aux autres collègues du PQ, ministres et simples députés, y compris la structure politique de ce parti, la loi du silence a prévalu hier et se perpétue aujourd’hui. Que penser de tous ces faits ? Pourquoi cette omerta exerce-t-elle sa domination sur les femmes et les hommes politiques et leur personnel politique ? Plusieurs explications sont susceptibles d’expliquer la situation :

► a) Conflit d’intérêt personnel; j’appuie André Boisclair coûte que coûte, je ne veux pas me créer des problèmes dans le parti, tel le gel de mon avancement, voire mon expulsion, ou mettre en doute ma réélection.

► b) Préserver la réputation de mon parti; je ne veux pas assumer le risque de créer des difficultés au parti.

► c) Conserver le pouvoir à tout prix; il est plus important de conserver le pouvoir que de dénoncer les fautes criminelles d’un ministre de mon parti.

► d) Je m’en lave les mains; c’est une affaire personnelle et je ne suis pas responsable du comportement de mes collègues.

► e) Réaliser mes ambitions personnelles; je ne dois jamais ternir mon image n’y dresser des embûches qui deviendraient des obstacles à la réalisation de mes ambitions.

La liste des possibilités justifiant l’application de la loi du silence est inépuisable. Cependant, il ressort un point marquant. En effet, toutes ces explications démontrent une absence de responsabilité généralisée. Tels les groupes criminalisés, tous les moyens justifient l’atteinte des objectifs. D’ailleurs, certains se prostituent intellectuellement allègrement pour atteindre leurs fins.

La relève

Que dire alors de la relève ? Le député Stéphane Bédard, préparant à Mont-Tremblant la session prochaine de l’Assemblée nationale, annonce son appui au candidat Boisclair. Souvenons-nous que ce député exerce les fonctions de porte-parole de l’opposition officielle en matière de justice et leader adjoint. Comment justifie-t-il son appui au candidat Boisclair ?

Le journaliste Simon Boivin rapporte que le député de Chicoutimi refuse de croire que le passé de M. Boisclair pourrait revenir le hanter et cite ses paroles : « Chacun a son histoire, il a reconnu ses erreurs, indique M. Bédard . Il a été fort généreux d’éléments et a répondu à des questions auxquelles aucun autre élu n’a répondu. Il appartient maintenant aux gens de juger ». Et le journaliste conclu : « Tous clans confondus, personne n’a voulu accorder publiquement de l’importance à la consommation de cocaïne passée de M. Boisclair » (4). Que comprendre de cette justification ?

En se justifiant lorsqu’il dit « Chacun à son histoire, il a reconnu ses erreurs », M. Bédard est-il conscient que par ces mots il est disposé à absoudre tous les crimes commis à la condition que le coupable reconnaisse ses erreurs ? Ou mieux, signifie-t-il que l’histoire de chacun est sans importance, même quand il s’agit d’un candidat à la chefferie et qui pourrait devenir premier ministre ? Qu’en serait-il M. Bédard si vous affrontiez la situation où un pédophile ou un membre d’un gang criminalisé posait sa candidature après avoir purgé une peine d’emprisonnement ? Considéreriez-vous ces personnes comme des modèles à suivre et aptes à exercer les fonctions de chef de parti et de premier ministre ?

La relève, celle qui est sensée représenter la compétence et porter l’avenir du Québec en elle, se comporte exactement comme tous ses prédécesseurs. Nous devons reconnaître que les explications des points a à e qui précèdent s’appliquent intégralement au député Bédard et à tous ses jeunes collègues, dits de la relève, qui pratiquent la loi du silence en ne dénonçant pas la conduite criminelle du candidat Boisclair. Pas fort la relève ! Décevante la relève ! Quel avenir la relève nous réserve-t-elle ? Gens de la relève, une conduite criminelle n’est pas un modèle à proposer à nos jeunes. Quel modèle de conduite voulez-vous inculquer à nos enfants et petits enfants de même qu’aux vôtres ?

Les candidats à la chefferie

Aucun candidat à la chefferie n’a osé dénoncer leur collègue. Pour eux aussi s’appliquent les points a à e ci-haut. Ils s’en lavent les mains. Leur silence corrompt à sa base même le mandat qu’ils cherchent à accomplir. Cette attitude d’évitement justifie chez les citoyens la crainte des pires appréhensions. Plusieurs questions à cet effet posées à ces candidats sont légitimes. Quelle est leur définition de l’intérêt public ? Quelle est la qualité de leur engagement envers les intérêts supérieurs du Québec ? Ils ont déjà démontré, par leur silence, qu’ils ne possèdent pas l’étoffe de chef et de premier ministre. Seraient-ils tous ( femme et hommes) des candidats malléables, manipulables, veules ?

Les membres du PQ doivent démasquer ces candidats irresponsables. La lecture sérieuse des citations en début de texte devrait enrichir la réflexion.

Les commentateurs

Plusieurs commentateurs interviennent en citoyennes et citoyens responsables. Nommons mesdames Lise Payette (5) et Denise Bombardier (6), messieurs Bernard Descôteaux (7) et Marc-François Bernier (8). Quel soulagement de constater qu’il existe encore un grand nombre de personnes sages qui comprennent et défendent l’intérêt public. Elles reconnaissent aussi que l’intérêt public est une valeur qui transcende l’intérêt personnel et les intérêts des partis politiques.

Le public

Les commentaires attendus du public sont souvent mitigés ou pardonnent la transgression du code criminel. Nous nous retrouvons au centre de l’inconscience collective qui ne comprend pas la hiérarchisation des valeurs. Tout un problème de société en perspective qui peut freiner l’évolution. Dans ce cas nous pouvons invoquer l’ignorance alors qu’ailleurs c’est le fanatisme religieux qui agit. Dans les deux situations, le jugement et le discernement errent.

Louise Caroline Bergeron (9) en a « gros sur le cœur à propos des politiciens en général et de l’attitude mesquine envers André Boisclair … » Nous pourrions aussi ajouter toutes les générations qui l’ont précédée. En effet, elle en a gros, très gros sur le cœur. Elle attaque tous azimuts. Son intervention constitue toute une attaque émotionnelle disproportionnée par rapport à notre société et la situation politique. Il n’y a absolument rien de positif dans le Québec Madame Bergeron, vaut mieux réfléchir, soupeser les faits, vérifier et consulter avant de se lancer les yeux fermés et la tête première dans le précipice. Votre contribution n’apporte rien de positif dans le débat et ne fait que démontrer votre désespérance.

Conclusion

Le débat sur cette saga est perverti par l’inconscience collective et par l’état d’esprit mentionné dans la deuxième citation en début de texte : « Il est clair qu’une perspective individualiste étroite, fondée sur une perversion du sens des droits et libertés qui méritent d’être défendus, conduit à des aberrations, car elle occulte totalement d’autres dimensions humaines et sociales du phénomène ».

Les comportements dénoncés composent la pierre angulaire du désintéressement populaire envers la politique et de la suspicion envers nos institutions. Un redressement majeur de l’action politique s’impose en catastrophe.

(1) Boris Cyrulnik, La naissance du sens, Hachette-Littératures 1995, p. 154-155.
(2) Yolande Geadah, La prostitution, un métier comme un autre ?, vlb éditeur 2003, p. 250-251.
(3) Christian Morel, Les décisions absurdes (Sociologie des erreurs radicales et persistantes), Gallimard - Bibliothèque des sciences humaines 2002, p. 291.
(4) Simon Boivin, Le Soleil, 2005-10-06, p. A 12.
(5) Lise Payette, Le Journal de Québec, 2005-09-22, p.16.
(6) Denise Bombardier, Le Devoir, 2005-09-(24-25), p. B 5.
(7) Bernard Descôteaux, Le Devoir, 2005-09-20, p. A 6.
(8) Marc-François Bernier, Le Soleil, 2005-09-21, p. A 17.
(9) Louise Caroline Bergeron, C’est ma génération que vous attaquez!, Le Devoir, 2005-09-22. p. A 7.




Ce qui est encore plus étonnant...

JYD
TRIBUNE LIBRE 6 octobre 2005

Lysiane Gagnon a, à la fois, tort et raison. Techniquement, le John F. Kennedy est un véritable département de Harvard.

Ce n'est pas une école associée, comme les HEC ou Polytechnique par exemple, mais bien un département de Harvard. Le programme dans lequel s'est inscrit M. Boisclair est le plus ancien offert par cette école.

Ce qui est fort différent, c'est la diplomation offerte. Il est évident qu'un programme qui exige 8 cours alors que les autres de la même école en exigent 18 à 19 ne devrait pas s'appeler une maîtrise et n'en est pas un au sens accepté du terme.

Harvard et la plupart des universités prestigieuses de ce monde n'ont pas la fixation du diplôme préalable qui fait les délices des ronds de cuir universitaires du Québec. Il n'est pas rare de voir des gens sans diplôme réel enseigner. Il est évident que M. Boisckair répond parfaitement aux critères d'admission du programme. Ce qui est évident c'est que quiconque a les sous pour payer y entre, comme le démontre le lien précédent qui avoue candidement qu'un candidat sur deux est accepté alors que le programme de MBA de Harvard Business School en accepte un sur 10!

Où elle a raison, c'est que comme d'habitude M. Boisclair et ses amis semblent incapables de ne pas mettre un flou sur la vie de leurs candidats. Lisons:

"Diplômé du Collège Jean-de-Brébeuf, il poursuivra ensuite ses études en science économique à l'Université de Montréal. Il est aujourd'hui titulaire d'une maîtrise en administration publique de l'Université Harvard. "

La vérité aurait été de dire simplement qu'il a obtenu une maîtrise de la prestigieuse école John. F. Kennedy de l'Université Harvard et d'éviter de nous faire croire qu'il était un bollé de Brébeuf qui a fait un Bac à l'UdeM. Mais c'est évidemment trop en demander.

Ce qui est encore plus étonnant c'est le silence média sur l'autre bombe de Mme Gagnon, sur son Excellence (sic) comme dit Lysiane, Monsieur de Doublefond et sa miraculeuse aggrégation en philosophie...




Le mépris ne dure qu'un temps

René Marcel Sauvé, géographe
TRIBUNE LIBRE 6 octobre 2005

Comme dans tout le reste, il n'existe au problème du financement des universités qu'une seule solution, radicale et définitive: éliminer Ottawa, s'en défaire complètement. Nous n'avons plus le choix. Toute autre mesure ne sera qu'une demi-mesure qui ne mènera nulle part.

Nous n'avons plus à y aller par quatre chemins, à dire noui ou dire ouinon ou autre formule éculée et vide de sens qui a fait le bonheur d'Ottawa depuis des lunes et des lunes.

Notre nolonté, pour employer une expression chère à Mirabeau, a fait le jeu de l'adversaire et le fait encore. Les demi-mesures ne valent rien, mais la fausse éducation qu'on nous a inculquée nous a convaincus qu'il s'agit là d'une manifestation de "largeur d'esprit" et que nous devons obtempérer, sous peine "d'étroitesse d'esprit"..., soyez-en sûrs. Les demi-mesures nous jettent pieds et mains liés dans la cour de l'adversaire, qui se rit ensuite de nous et nous méprise copieusement.

Notre seul objectif stratégique: saborder, couler, éliminer et liquider Ottawa.

Pas réalisable?? Faux. Très réalisable dans les conditions qui s'en viennent et dont les assises sont en place dès maintenant.

Pour assurer sa pérennité, un État doit rigoureusement mettre en pratique les principes universaux qui gouvernent tout agir d'envergure. Sinon, il s'écroulera et personne ne viendra pleurer sur sa chute.

Or, Ottawa n'a jamais suivi qu'un seul courant, pas un principe, mais un courant dont les deux composantes sont le pouvoir pour le pouvoir et l'argent pour l'argent. En fin de compte, ce que veut l'Oligarchie, c'est qu'il n'y ait plus qu'un seul troupeau et un seul pasteur from coast to coast in Canada.

Le troupeau, c'est NOUS, Québécois, bande de naîfs et de demi-instruits, des gens qui connaissent tout sauf l'essentiel.

Le "pasteur", c'est le Family Compact du Haut Canada, l'Oligarchie, qui a provoqué la guerre de 1837-39 et en a profité pour renforcer son emprise, avec l'aide de la "Clique du Château" et de leurs "tizamis", les collabos du Québec qui se sont vendus et se vendent encore aux premiers.

Une oligarchie agit comme une dynastie et se transmet à elle-même le pouvoir et la fortune de génération en génération pendant des périodes de temps qui peuvent atteindre plusieurs centaines d'années. Pendant ce temps, les gens ordinaires et sans défense se gaussent de belles théories inoffensives et de vertus qui ne mènent nulle part, apprises dans les universités, toutes sous contrôle de l'État. J'ai pu le vérifier en géopolitique, où ce qui est enseigné n'a de valeur que littéraire, sans conduire vers l'action, but ultime de tout enseignement digne de ce nom.

Si beaucoup de Québécois ont baisé les pieds de ces "bons maîtres", dont la bande à Gesca, il n'en va plus de même maintenant. De plus en plus de Québécois voient LE MUR qui a été dressé pour les piéger. Ce mur doit tomber comme d'autres murs et il va tomber. Le mépris ne dure qu'un temps.

Puisque les principes qui gouvernent toute stratégie d'envergure ne sont pas enseignés dans les universités, alors apprenons-les sur la Toile avant qu'on nous les enlève.




Lysiane Gagnon le sait mais elle préfère mentir

Roger Tremblay
TRIBUNE LIBRE 6 octobre 2005

André Boisclair a fait un programme qui se nomme Master. C'est donc la traduction du Mot Maîtrise

Si le mot Maîtrise a un autre sens au Québec ça ne change pas le fait qu'il a fait un Master Degree et que la traduction est bien Maîtrise.

Si Lysiane Gagnon, votre démagogue, veut en lire un autre sens, qu'elle le fasse dans ses temps libres et pas en se ridiculisant devant le Québec en entier.

Les écoles affiliées comme Polytechnique produisent leur diplôme avec la mention ''Université de Montréal''.

Je n'ai jamais étudié sur le Campus de L'université de montréal... et j'ai un bac universitaire reconnu par l'ordre des ingénieurs... un diplôme de l'Université de Montréal.

Lysiane Gagnon le sait mais elle préfère mentir.

Qui a peur d'André Boisclair ?

Pauvre Paul Démarais... encore un désastre pour lui.

Vous êtes pathétique.

Et vous allez perdre vos élections.




KIKI AU CIRQUE

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 7 octobre 2005

Les Québécois en ont assez.
Les Français en ont marre.
Ici comme là-bas,
les citoyens sont insatisfaits de leur gouvernement.
Mais alors qu’au Québec
éclatent des fureurs rotatives
les Français encore une fois
font la démonstration de leur solidarité
en perturbant Paris et la province
par une journée de grève nationale
où syndiqués et employés du secteur privé
défendent d’une même voix emplois et salaires.

Nous nous sommes soulevés par le passé.
Nous nous sommes battus.
Nous avons marché pour défendre notre langue.
Nous avons manifesté contre la guerre en Irak.
et puis…
Et puis, il y a eu les uns et les autres.
Chacun son tour de piste comme au cirque.

Pendant ce temps,
Charest et ses petits soldats
sans trop de plomb dans la tête
font au Québec la pluie et le beau temps
surtout la pluie qui vient après le beau temps.
On assiste éberlué
à la canadianisation du Québec.

En 1995
on se fait voler notre pays
on admet le fait
sans sourciller.
À quoi bon revenir en arrière,
faire valoir nos droits,
nous rebeller ?
Au Québec, on agit correctement.
Tout ne finit-il toujours pas par s’arranger ?
Subissons l’imposteur jusqu’au bout, docilement.

Misons sur l’élection du PQ
et sur l’issue d’un troisième référendum
comme si le deuxième n’était pas gagnant
comme si les Kiki canadiens ne s’employaient pas déjà
à le faire échouer.

Les Québécois sont différents.
Ce sont des anges.
Admirez leur patience
à se laisser exterminer.




Pour en terminer avec l’aveuglement tout court !

Dany-Olivier Bergeron
TRIBUNE LIBRE 7 octobre 2005

Quand je dis : "c’est écrit en grosses lettres partout. Réveillons-nous !", c’est un appel à la parcelle de jugement qu’il reste aux Québécois, je l’espère. C’est une insulte à l’intelligence et un manque flagrant d’honneur que la classe politique sourde et aveugle et leurs clones nous servent dans les médias et trop souvent dans les faits.

Venez pas me dire que vous n’avez pas vu personne crier à l’aveuglement, déplorer l’existence d’une société de sourds jouant à l’autruche, cachant leur tête dans le sable.

Comment se fait-il que des députés intelligents, aux dires de Mme Lemieux lors d’un point de presse aujourd’hui, soient muets et stériles sur les réelles préoccupations de la population, tâche pour laquelle ils sont pourtant élus ? Pourrez-vous m’expliquer, alors que j’ai bien peur que la population ne veuille plus croire à leur argumentation quelconque, s’ils en ont une ?

Comment se fait-il que la population soit à majorité pour la souveraineté, que la majorité de l’autre partie soit nationaliste et qu’une plus forte majorité encore ne veuille pas d’un troisième référendum ?

Comment se fait-il que le PQ et ses membres semblent foncer tout droit vers le piège, reniant aussi par le fait même tout ce que l’histoire nous lègue ? Pourquoi recommencer à zéro et comme le dit André Boisclair, « faire mieux que René Lévesque » alors que Parizeau l’a déjà fait ?

Comment se fait-il que nous excusions à peu près n’importe quoi lorsque ça fait notre affaire alors que nous réclamons des sanctions plus lourdes pour les coupables d’actes criminels sur la route ou dans les affaires ? Pourquoi s’acharner sur les fumeurs et faire les hypocrites en empochant l’argent des taxes et appuyer Boisclair pour récolter une part d’un pouvoir encore virtuel (car nous devrions refuser de dire que la course est terminée) ?

Parallèlement, comment se fait-il que les lois soient si mal appliquées ? Encore une fois, quelle démonstration du Québécois criant fort mais s’agenouillant devant le moindre obstacle. Non ce n’est pas vrai. Je lève mon chapeau aux employés qui ont eu le courage de revendiquer leur syndicalisation chez Wal-Mart. Heureusement qu’il y a d’autres exemples. Voire si la peur que nous chérissons tienne encore du rationnel en lisant l’article de René-Marcel Sauvé datant du 20 septembre dernier : "Sans l’intervention d’Ottawa...". Heureusement qu’un des candidats dans cette course n’ait pas peur de déplaire en disant tout haut ce que plusieurs pensent tout bas. S’il y avait plus d’un tel candidat dans cette course... N’allez pas croire qu’on est alors moins intelligent, moins responsable et plus dangereux. S’il y a un vrai JOKER déstabilisant dans cette course, c’est M. Bernard alors, si bien sûr vous allez voir le premier débat thématique de la course.

Trouvez-vous curieux des élections gagnées à plus de 90% dans des ex-dictatures ? Je trouve encore plus curieux des intentions de votes pour une personne à plus de 80% dans un pays prônant la soi-disant liberté d’expression.

Heureusement que M. Bouchard n’ait pas obtenu autrefois 80% d’un certain vote de confiance. Quelqu’un m’a déjà dit, en citation que j’ai malheureusement oubliée, si en politique ton option ne rencontre pas d’opposition, pose-toi des questions sur sa valeur réelle. Et bien, quelle est maintenant la valeur réelle d’un parti dans lequel les débats sont étouffés de toute évidence ? Quelle est la valeur d’une société aux yeux des sondages pour laquelle une course est gagnée d’avance sans obstacle majeur ? Sommes-nous rendu si stériles au pays francophone du talent et des grandes réalisations ?

Pour rejoindre Nestor Turcotte, un autre indépendantiste en beau maudit !

offendorf@dobinfo.net




Alerte rouge !

Nestor Turcotte, Matane
TRIBUNE LIBRE 7 octobre 2005

Le 15 novembre 2005, les membres du Parti québécois, selon une méthode généralement contestée par tous les observateurs avisés, éliront leur prochain chef. Vraisemblablement, cette personne élue au suffrage universel, dirigera les troupes péquistes lors du prochain scrutin provincial, et, possiblement, sera à la tête des forces indépendantistes, lors du prochain référendum portant sur l’indépendance nationale du Québec.

La présente course à la chefferie du P.Q. ne soulève pas un enthousiasme délirant dans la population. Dans toute l’histoire de l’Occident, il semble que ce soit la première fois que tant de personnes briguent les suffrages à un poste aussi prestigieux que celui de chef de parti. Cette anormalité manifeste, d’une part, que le Parti québécois a perdu sa cohésion interne, et, d’autre part, que la réflexion préalable à la fonction de chef n’a pas été suffisamment faite par un certain nombre d’aspirants au poste convoité.

D’une part, les grands enjeux politiques, économiques et sociaux n’étant plus cristallisés autour de l’objectif fondamental du parti, la dispersion et l’amateurisme guettent cette pléthore de personnes qui souhaitent devenir le futur chef du parti de René Lévesque. D’autre part, ne visant que sur l’image, le spectaculaire, le tape-à-l’œil, tout ce qui est superficiel, les qualités que doit posséder un leader n’ont sûrement pas fait l’objet d’une réflexion profonde de la part des intéressés. Le dicton populaire affirme qu’une société a les chefs qu’elle mérite. On est en droit de se demander, si, dans quelques semaines, le P.Q. se sera doté du chef qu’il méritait et si, dans les circonstances, il ne regrettera pas le choix qu’il aura malheureusement fait quelques jours auparavant.

Les qualités d’un chef

«Tu peux m’en croire, c’est un terrible métier que d’être chef» disait l’empereur romain Marc Aurèle. Le philosophe Emmanuel Kant regardait l’art de gouverner les hommes et celui de les éduquer comme les deux découvertes les plus difficiles de l’existence humaine.

De nos jours, il semble que les critères retenus pour le choix d’un chef sont souvent liés à la superficialité, les émotions du moment, la camaraderie, une longue amitié. La beauté physique, la carrure corporelle, l’élégance, la facilité de parole, le sens de l’humour, un certain «sex appeal», le ton et l’expression dans l’élocution, l’emportent très souvent sur la compétence, l’expérience, les années de service. Pris dans la mouvance du changement pour le changement, l’électeur opte pour la nouveauté, l’innovation, le mot accrocheur, la courbe des sondages. La maturation du choix, liée à une longue réflexion, est souvent balayée par les courants d’opinions majoritaires, basés sur un slogan fabriqué par des spécialistes de la communication. Le fond des choses est occulté par l’apparence, la mise en plis du discours, la force d’un mot à la mode, la répétition d’un message ciblé, les formules qui éblouissent l’auditeur, le prêt-à-porter qui engendre la pensée unique.

Quelles qualités ou quelles vertus est-on en droit de trouver dans tout aspirant à la direction de la communauté civile? L’histoire de la philosophie enseigne que la prudence, au sens étymologique du terme, doit être la vertu première du chef d’État. Malheureusement, une fausse notion de la prudence évoque, chez la plupart des gens, l’idée de précaution, de crainte, de manque d’audace. Rien de plus faux. Le chef est celui qui voit plus loin et qui peut, - parce qu’il a l’intelligence des faits et la compréhension de toute la réalité - oser faire avancer son peuple, le conduire plus loin.

La prudence, selon les dictionnaires, où sont consignées les bonnes définitions, est la vertu qui permet de prévoir et, par la suite, d’éviter les fautes et les dangers qui guettent le fonctionnement de la vie commune. Le Moyen âge, là-dessus, nous sert une excellente leçon : «La justice et la prudence contiennent virtuellement toutes les qualités requises pour bien gouverner». Comme il revient au chef de le faire, la prudence et la justice doivent se retrouver chez celui qui aspire à diriger la nation.

Avant d’élire un chef, tout citoyen responsable doit se poser une seule question : qui a l’expérience de vie suffisante, l’intelligence qui le rend apte à voir l’ensemble de la réalité, à établir la justice, à faire triompher le bien commun de la cité? Les autres considérations, telles la beauté, la stature physique, les habiletés individuelles, doivent passer au second rang. Les médias n’aidant pas, il n’est pas facile, de nos jours, de retenir la sagesse et les leçons de l’humanité sur un tel sujet.

Les aspirants

Le Parti québécois innove dans la présente course à la direction du parti. Le nombre de candidats, beaucoup trop élevé, étonne n’importe quel observateur attentif. Puis, l’origine des candidats, fort disparate, étonne encore davantage. Comment concilier un écologiste flamboyant avec un syndicaliste-gauchiste prônant la ligne dure face aux multinationales? Comment faire vivre ensemble un candidat volubile et attentiste de centre-droite, au passé nébuleux, avec une ancienne ministre aux multiples ministères et qui a laissé, dans son sillage, de bons souvenirs, mais aussi bien du mécontentement? Comment marier un chevalier de la rupture dès le lendemain de l’élection du P.Q. avec un député-chevalier de la bonne forme physique? Comment harmoniser un mandarin d’État, aux longues années de service sous plusieurs gouvernements, avec un bloquiste déchu, qui a la facilité et la capacité de faire rire l’auditoire, lors des débats super-encadrés du parti qu’il veut diriger?

Le choix n’est pas facile et il n’est pas étonnant d’entendre Bernard Landry, à rebours, dire qu’il serait encore le meilleur pour conduire ce parti qui ne lui a pas suffisamment renouvelé sa confiance en juin dernier. C’est en retournant aux critères énoncés plus haut, pour le choix d’un chef, que la réponse viendra le plus aisément.

Les aspirants au poste de chef du Parti québécois doivent se demander s’ils ont les qualités requises pour atteindre ces hautes fonctions, s’ils ont les vertus nécessaires pour accomplir noblement la direction des affaires de l’État. Il revient aux militants, dans le cas qui nous occupe, de voir si l’un d’entre eux a ces exigences fondamentales. Il reviendra aux électeurs, par la suite, de décider, si le choix fait en novembre prochain, est convenable pour faire de cette personne un éventuel Premier ministre.

Quoiqu’il en soit, il semble bien que, peu importe les époques et les situations conjoncturelles, le citoyen exige et exigera toujours de celui qui veut se placer à la tête de la nation, une certaine intégrité morale. Sachant que la perfection n’est pas de ce monde, on présume que celui ou celle qui aspire à prendre les rennes de l’État, incarne un certain modèle de vie, un idéal vers lequel tout citoyen peut regarder, en se disant fier des gestes posées par celui qui dirige sa société. On attend d’un chef, qu’il soit respectueux du bien commun, qu’il en fasse une distribution juste et équitable et qu’il fasse respecter les lois qui gouvernent la société dont il aura à diriger la destinée. En bref, qu’il soit près de ses pairs, sans échapper lui-même aux normes et aux lois qu’ils promulguent au nom du bien de tous.

Le cas Boiclair

La course à la direction présente du Parti québécois comporte, cette fois-ci, une particularité qu’il ne faut pas traiter à la légère. Pour la première fois dans les annales politiques québécoises, un des candidats officiels, André Boisclair, a avoué avoir consommé de la cocaïne alors qu’il était en fonction ministérielle.

Le candidat Boisclair a, jusqu’à présent, bénéficié de la clémence et de la tolérance des Québécois. Ceux-ci semblent lui avoir pardonné une « erreur de jeunesse» (sic) qui se serait produite alors qu’il était dans la trentaine. Ce n’est qu’à la suite de questions, plusieurs fois répétées, venant de la meute de journalistes qui le poursuivaient, qu’il a finalement avoué son passé plus que troublant.

L’aspirant à la chefferie du P.Q. et de poste de futur Premier ministre du Québec a dit qu’il avait répondu à toutes les questions et que l’affaire, pour lui, était terminée. Rien de moins certain. Force est de constater que «l’affaire Boisclair» est loin d’être close et qu’il reste, dans le décor, autant de questions à poser que de réponses obtenues à l’arraché. La possession et la consommation de drogues dures, selon les lois de notre pays, est un acte criminel. Passible habituellement de sept ans d’emprisonnement. Aucun citoyen ne peut faire fi de cette réalité, encore moins quelqu’un qui occupe un poste de responsabilité dans l’appareil gouvernemental ou qui aspire à en occuper un encore plus élevé.

Mais il y a pire encore dans le cas Boisclair. Le geste qu’il a posé, il y a quelques années, manifeste de sa part, un manque de jugement grave, une absence de responsabilité en regard de la fonction occupée. Le poste ministériel en est un à plein temps. Toute personne qui l’occupe ne peut, à un moment donné, occasionnellement, faire comme…s’il ne l’occupait pas. André Boislair peut bien continuer à briguer les suffrages des membres du P.Q. pour, éventuellement, occuper le poste de chef de sa formation politique, mais il devra, tôt ou tard, répondre aux questions laissées en suspens, qui trottent dans la tête de ceux qui le regardent aller. Les «erreurs de jeunesse», comme il les appelle, sont devenues, pour lui et pour tout le Québec, «des erreurs de ministre». Deviendront-elles, dans le temps, des «erreurs de premier ministre»? La réponse ne peut venir que de lui.

Quoiqu’il en soit, sur le terrain, bien des questions fondamentales, reliées à sa consommation de cocaïne, alors qu’il était ministre, demeurent sans réponse. La cocaïne n’est pas un produit vendu au dépanneur du coin. Elle ne peut se vendre que dans et par le monde criminalisé, et en acheter, ou en consommer, c’est soutenir, indirectement ou directement, ce monde, que tout gouvernement cherche à contrer, le voyant comme une plaie sociale à éradiquer. Si, à l’intérieur d’un gouvernement, un des membres, nommé par le Premier ministre, consomme un produit illégal, alors que le gouvernement dont il fait partie essaie, par tous les moyens de combattre le fléau des drogues dures vendues par le monde interlope, à quelle conclusion doit-on en arriver? A l’époque, les Premiers ministres impliqués ont-ils failli à leur tâche en fermant l’œil sur ce qui se passait? Comment expliquer leur silence, sur un sujet aussi grave, dans la présente course au Parti québécois? Voici donc, selon moi, les dernières questions auxquelles doit répondre André Boisclair, avant le vote fatidique du 15 novembre : d’où provenait la drogue qu’il dit avoir consommée alors qu’il avait des responsabilités ministérielles? A quelle fréquence et avec quelle intensité a-t-il consommé ces drogues illégales? Est-ce qu’il achetait-lui-même ces drogues illégales et qui payait? Toutes ces questions demeurent toujours sans réponse et il importe que le candidat Boislair éclaire les péquistes sur ce passé plus que ténébreux. Ceux-ci veulent voter, le 15 novembre, en toute lucidité.

Le grand risque

Le 15 novembre prochain, les militants du Parti québécois éliront le chef de leur parti. Ils choisiront, peut-être, celui qui, dans deux ou trois ans, deviendra le chef de l’État québécois. Ils devront se rappeler, en exprimant leur volonté par mode de scrutin secret, qu’ils confient à une personne le soin de diriger éventuellement la nation québécoise et que cette personne, il va sans dire, devra être au-dessus de tout soupçon. Quiconque participe à l’élaboration des lois, les vote dans le Parlement, doit donner l’exemple à tous ceux qui l’ont élu à ce poste, en essayant lui-même d’observer le mieux possible les lois auxquelles sont assujettis ses commettants. Quelle crédibilité resterait-il à un législateur qui voterait des lois en se plaçant lui-même, ou en s’étant sciemment placé au-dessus des lois qui devraient régir sa propre conduite personnelle et publique?

Pour camoufler certains gestes plus que répréhensibles, André Boisclair parle, devant ses pairs, de frasques de jeunesse, d’erreurs du passé. C’est verser dans l’euphémisme facile. Sa consommation de cocaïne ne remonte pas aux calendes grecques puisqu’il utilisait ce stupéfiant alors qu’il était ministre dans l’ancien gouvernement péquiste. C’est un geste, pour un ministre et pour tout citoyen, qui est loin d’être banal. Un journaliste, bien connu du Québec, affirme, dans un papier publié récemment, que la coke est une substance illégale, (…) dont le trafic est contrôlé par le crime organisé. Cette petite phrase résume toute la situation. Que chacun, y compris le candidat Boisclair, en prenne bien acte!

Enfin, le comportement antérieur de l’ex-ministre péquiste est un mauvais exemple pour la jeunesse qu’il dit représenter. De plus, son geste compromet gravement l’idéal de la libération nationale du peuple québécois. Devenu Premier ministre, il sera toujours celui qui n’a pas obéi aux lois de son pays, en fonction ministérielle. Plus encore, comment arrivera-il à se faire respecter dans son propre conseil des ministres alors, qu’occupant lui-même ce poste, il n’a pas respecté les exigences d’une telle fonction?

Il revient au chef d’État, par le biais de la Sûreté du Québec, d’enquêter sur le passé d’un membre du futur conseil des Ministres, afin, éventuellement de l’exclure d’une telle charge, si celle-ci trouve quelque chose de répréhensible dans son passé. Boisclair, Premier ministre, passera-t-il alors l’éponge sur «les frasques de jeunesse» de ses pairs pour éviter de se faire reprocher les siennes, issues d’un passé récent? Et que penser du monde criminalisé avec lequel il a peut-être eu des liens? Sera-t-il lié à celui-ci à cause de gestes antérieurs et ce faisant, ne sera plus libre de poser certaines actions qui touchent le bien commun, la bonne marche de la collectivité pour ne pas se faire dénoncer par un monde avec lequel il a possiblement eu des liens?

Pour moi, et pour tant d’autres, ces allégations, fort graves, suffisent à disqualifier immédiatement Monsieur Boisclair dans la course à la chefferie du Parti québécois. Ce dernier avoue qu’il a consommé, rappelons-le une autre fois, en fonction ministérielle, une substance jugée illégale par nos lois canadiennes. De plus, il n’a pas dit, à ses concitoyens, au début de cette affaire, toute la vérité sur ce geste illégal et ainsi, a brisé le lien de confiance entre lui et la population du Québec. Enfin, tentant de gérer cette crise qu’il a lui-même enfantée, il démontre déjà, à la face de la nation québécoise, qu’il n’a pas la maturité et la sagesse pour la conduire où il pense vouloir la mener.

En politique, la sincérité ne remplace jamais la vérité. Les actes antérieurs de monsieur Boisclair, loin d’être banals, prêtent à interprétation. La cause qu’il entend diriger, soit l’indépendance nationale, a besoin d’un homme expérimenté, au passé sans tache, capable d’absorber les critiques, d’où qu’elles viennent. Les adversaires de la libération nationale du Québec seraient trop contents de croiser sur leur route, un chef en situation de constante défensive. Avec tout le respect que je dois à l’homme, il me semble que le poste de premier ministre et de futur président de la République du Québec doit être réservé à quelqu’un d’autre que lui.

Boisclair ne peut accéder au poste de leader de la nation, en traînant toujours un boulet qui va le clouer à son passé, et qui, le temps venu, l’empêchera de toujours avancer, visière levée, devant le peuple qu’il veut possiblement libérer. L’alerte rouge est placée devant les militants. Il leur revient de la remarquer avant qu’il ne soit trop tard.

Les noms suivants appuient sans réserve la position de Nestor Turcotte :

Bergeron, Jacques PDG; Grégoire, Mme Olive retraitée; Raymond, Ghislaine professeur de français retraitée; Roy, Paul-Émile professeur de français retraité; Cloutier, Mireille infirmière retraitée; Bergeron, Beaudoin, ING et PDG; Saint-Denis, Yves professeur et historien; Berbery, Joseph professeur de droit retraité; Potvin, Luc Technicien en RH et rédacteur; Blouin, Jean administrateur; Tremblay, Éric Me avocat; Bélanger, Louis-François, professeur de Cégep; Chabot, Sébastien étudiant au doctorat en lettres et écrivain; Frucchi, Dino chercheur sciences de la santé retraité; Perry, Normand philosophe.

Jacques Bergeron,
pour M. Nestor Turcotte, et les personnes appuyant de ce texte.




André Boisclair ou la confusion

Charles Courtois
TRIBUNE LIBRE 7 octobre 2005

La dernière péripétie médiatique concernant Boisclair est une bourde caractérisitique des exagérations de Lysiane Gagnon. (Elle a aussi prétendu que St-André propose la guerre civile parce qu'il veut faire adopter une Constitution québécoise). Va-t-on quitter le puritanisme et l'enquête à l'étatsunienne pour poser des questions de substance à Boisclair ? Lâchons sa vie privée et parlons de ses idées.

La force de Boisclair pour l'instant repose sur l'image de jeunesse et de popularité qu'il projette, qu'on prend pour une promesse de renouveau, l'homme étant associé de surcroît au ministère de l'Environnement.

Mais quelles sont les convictions écologiques de Boisclair ? Sa popularité, nous explique-t-on (Le Devoir du 7 oct.05), le qualifie pour rallier l'électorat adéquiste de jeunes conservateurs. Tant mieux pour l'auto-détermination du Québec ? Mais ce courant adéquiste souffre de la plus totale des confusions, notamment sur la question nationale; est-ce que Boisclair, lui, incarne des idées claires ? Leurs idées économiques, notamment, vantant l'individualisme, souffrent de confusion. Croire que le "modèle québécois" nuit à notre prospérité - c'est la différence qui nous donne des complexes ! Au lieu de quoi ils ne voudraient que suivre ce qui se fait aux USA et qui n'assure pas, comme la Louisiane le rappelait, le bonheur de la collectivité. A quoi ressemblerait Montréal si elle était gérée à l'étatsunienne ? Asociale, inéquitable, polluante et violente. Si elle était gérée à la scandinave ? Prospère, équitable, intelligente et paisible.

Bref rappel : dans les années 1930, les Canadiens-français du Québec ne possédaient que 12% de la richesse du Québec, les 12% d'Anglais 86 % ! C'était le laissez-faire qu'on voudrait nous faire gober pour une panacée. Or c'est justement avec le courage d'une politique de "maîtres chez nous" menée avec la Révolution tranquille que l'économie du Québec s'est redressée comme jamais en faveur des Québécois. Non pas de quelques "investisseurs".

L'indépendance se fait pour la démocratie, pour assurer le pouvoir du peuple !

L'affirmation du français, les programmes sociaux, les investisssements publics, les institutions publiques comme en éducation, ont lancé le Québec sur la voie non seulement d'un PIB croissant mais mieux partagé ! Aujourd'hui le Québec s'est hissé dans le claissement OCDE des pays industrialisés, et continue. En fait dans ce classement le peloton de tête est occupé par les pays scandinaves, remarquables par leur prospérité, justice sociale, éducation et qualité de vie.

Chacun de ces pays est encore plus social-démocrate que le Québec ! Ce sont des pays qui ont gagné leur indépendance, affirmé leur culture et procédé ensuite sur la voie d'une gouvernance excellente, exemplaire y compris sur le plan de la solidarité internationale : "Charité bien ordonnée commence par soi-même".

Ce sont aussi des pays d'avant-garde en termes écologiques. En Occident, l'anti-modèle de société en termes écologiques c'est l'Amérique du Nord. La géothermie dont parle Richard Legendre est déjà une réalité dominante en Scandinavie. En plus les voies de développement écologique sont des voies favorables aux productions québécoises comme le train et l'électricité.

Or dans le dernier numéro de la revue Commerce, on interroge les trois meneurs de la course à la chefferie pour connaître leurs idées de développement économique. A la question, quels pays peuvent incarner des exemples à suivre pour un Québec indépendant, Marois et Legendre citent des pays scandinaves aux performances excellentes en matière de développement socio-économique et, relève Pauline Marois, en termes d'émancipation féminine.

André Boisclair quant à lui ne connaît d'autre modèle qu'"ici" : le mode de vie nord-américain donc, l'organisation nord-américaine, l'étalement urbain nord-américain, le gaspillage nord-américain. Sont-ce là ses convictions écologiques ? Quelle imagination peut-il avoir de solutions d'avenir en écologie s'il ne s'inspire d'aucun des exemples concrets qui montrent la voie pratique de l'avenir, dans le monde d'aujourd'hui ?

C'est là toute la substance de sa réflexion écologique. Au lieu de chercher une solution à l'élevage porcin - mettre fin au traitement liquide du fumier et aux trop grosses porcheries, Boisclair imposa un moratoire qui ne régla rien.

Pire encore que son point fort, abordons maintenant son point faible : André Boisclair a-t-il une réflexion stratégique quelconque sur l'auto-détermination ? Que doit faire le Québec pour ne pas se faire voler comme en 95 ? Quelles leçons a-t-il tirées de cette expérience passée ?

La leçon qu'il en a tirée c'est non pas de se lancer avec plus encore de préparation qu'en 94-95, mais au contraire de s'exposer à plus de faiblesse en gouvernant deux ou trois ans avant de lancer un référendum, sans prendre garde avant l'élection ni après, à tout ce qui sera fait pour maintenir les Québécois sous tutelle.

Il faut une carte d'électeur ou de citoyenneté, il faut une stratégie courageuse et ferme, et surtout pas une vague et confuse conception timide de la démarche pour la souveraineté. Nous ne sommes plus en 1998 M. Boisclair ; la souveraineté recueille 55% des appuis et il faut agir en leader sur cette question fondamentale. "C'est fini les conditions gagnantes" dixit Richard Legendre.

De quelle étoffe doit être fait un chef du PQ : faire preuve de leadership ou d'attentisme sur la question nationale ? Est-ce qu'un chef du PQ doit nous mener à l'indépendance, ou attendre qu'elle se fasse toute seule, "naturellement" ? Après 242 ans, la nature se fait attendre. Le Parti Québécois n'a pas été fondé pour attendre.