
TRAÎNÉE DE POUDRE
Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 3 novembre 2005
Parler pour ne rien dire
est une autre forme de silence.
Jean-Paul Dubois
« Boisclair suit la ligne du parti. »
La boutade de la GG éméchée
adressée à cinq cents convives hilares
a fait sortir Boisclair de sa prudente réserve.
Mais Boisclair n’a pas à jouer les victimes.
Il est coupable.
Il s’est rendu coupable d’un acte criminel.
La sortie déplacée de la GG illustre bien le sort qui l’attend car
ce genre de blague, de blogue,
les allusions à peine voilées, les insinuations,
circulent abondamment
autour de l’idole
que les libéraux de Jean Charest attendent de pied ferme.
À l’étranger aussi,
on s’interroge sur la crédibilité de ce fêtard notoire
et sur le jugement des Québécois
ce peuple ouvert
qui a choisi l’esclavage à la liberté
et qui banalise la consommation de stupéfiants.
Comment l’éventuelle élection d’un chef au passé délinquant
sera-t-elle perçue, reçue,
ailleurs dans le monde ?
Pouvons-nous essayer de voir plus loin que
le nombril de M. Boisclair ?
Boisclair a la cote parce que,
tout comme la GG, c’est un gars hot,
un gars qui a du fun dans la vie.
La popularité de Boisclair
tient aussi à son habileté à parler
pour ne rien dire.
Boisclair évite les écueils.
S’il prenait le risque de dire quelque chose,
c’est Mario Dumont que l’on entendrait.
La course tire à sa fin.
Elle oppose Marois et Boisclair.
Une femme de parti, un homme de party.
Les candidats et leurs membres qui s’entêteront
à ne pas vouloir prendre position pour Marois
couronneront Boisclair.
Que voulons-nous en bout de ligne ?
La victoire de Boisclair
ou la victoire référendaire ?

Admirons le spectacle
Claude Poitevin
TRIBUNE LIBRE 3 novembre 2005
J'ai été, un peu comme tout le monde, légèrement surpris de la toute fraîche nomination de Michael Jean comme gouverneur générale, mais tout de suite j'ai vu cela comme un signe des temps, en droite ligne avec
l'absurdité et la désuétude du rôle en tant que tel, dont on ne sait plus quoi faire depuis longtemps, pour lui donner du crédit.
Tâche tout à fait impossible d'ailleurs dans une Amérique du nord moderne mais auquel on s'entête à vouloir donner un sens malgré tout. Et alors j'ai souri en souhaitant que Michael, une fois prise dans ce jeu, soit entraînée à sonner le glas de cette fonction politique.
Et je trouve justement qu'elle fait un travail excellent en ce sens-là.
Souhaitons qu'elle continue comme cela et tout ira bien. Le château de carte constitutionnel canadien et toutes ses vieilleries est bel et bien en train de s'écrouler sous nos yeux, voilà tout. Admirons le spectacle, c'est tout ce qu'il y a à faire pour l'instant!

Le « Jour du souvenir »... que ça donne ?!
Russel Bouchard
TRIBUNE LIBRE 3 novembre 2005
« S'il est vrai qu'il n'y ait pas de plus grande peine que de se rappeler un temps heureux, il est aussi vrai que l'âme trouve quelque bonheur à se rappeler, dans un moment de calme et de liberté, les temps de peine ou d'esclavage. »
Alfred de Musset
Pour que jamais plus tout ça n'arrive !
Appelés par la télévision d'État (le 11 novembre 2004) à donner sur le vif leurs impressions au sujet du « Jour du souvenir », et à rendre grâce de sa signification profonde dans l'imaginaire collectif des Canadiens, aucun des sept ou huit jeunes Québécois —francophones, tant hommes que femmes— puisés au hasard de la rue, n'a su répondre convenablement à cette ultime question, suivie d'une seconde, elle aussi laissée sans réponse : Que représente pour vous cette commémoration nationale fériée ? Pouvez-vous donner les dates ultimes des Première et Deuxième guerres mondiales ?
Ce fait divers laissé sans réplique, est arrivé une semaine après qu'un député bloquiste —du comté Richmond-Arthabaska, pour ne pas le nommer— eut refusé de fournir des drapeaux canadiens à un petit groupe de vétérans de la Deuxième Guerre mondiale qui les avaient requis, en prévision de la cérémonie prévue pour rendre hommage à leurs compagnons morts au champ d'honneur. Ce geste stupide, témoin vibrant d'une intolérance en gestation, aurait été également sans lendemains médiatiques s'il n'avait été récupéré par les factions politiques adverses qui y ont trouvé, rien d'autre de plus reluisant, qu'une belle occasion de mousser leurs mesquines options.
De l'historique tragédie d'où origine ce jour mémorable entre tous (l'Armistice, signée le 11 novembre 1918) ; des quelque 100 000 Canadiens tombés au champ d'honneur (dont 11 000 Canadiens français, c'est quand même pas rien) ; de la déraison qui a ouvert la voie aux guerres du troisième millénaire, nul souvenir, nulle évocation sortie de la bouche des messagers de cette génération. Ne serait-ce que pour donner un sens à la paix qu'ils réclament par instinct, nul personnage à évoquer, nulle souvenance de ces lieux lourds de sens —Ypres, Vimy, Verdun et ailleurs— où se sont affrontés ces soldats pour faire boucherie d'eux-mêmes au nom d'idéaux transcendants et pour perpétuer ce souhait que « jamais plus tout ça n'arrive » !
Le devoir de mémoire
Peut-on simplement imaginer l'espoir d'un peuple sans tenir compte de la souffrance humaine dont il participe ? Sans l'évoquer dans une conscience qui fait appel aux représentations d'un passé collectif où bougent les ombres héroïques de notre histoire nationale, moments tristes comme moments heureux, temps d'abattement comme temps glorieux ?
De ce devoir de mémoire à tirer d'une gigantesque galerie d'ombres et de lumières jouant sur des monceaux de cadavres, niet ! Que des haussements d'épaules, pathétiques, de ceux et celles qui représentent pourtant l'espoir et l'avenir de la patrie, l'avenir du monde ! C'est à croire que, chez nous, la pensée qui est cette somme de l'expérience humaine, s'est éteinte avec le deuxième millénaire. Si le souvenir est une seconde vie dans la vie, l'oubli ne peut être qu'une seconde mort dans la mort, le tombeau des sociétés humaines qui s'y sont laissées bêtement amener.
Les Égyptiens de l'époque pharaonique, les Grecs de l'Antiquité et les Romains avaient des dieux comme héros. Avec eux, ils ont conquis des mondes ; ils se sont élevés au rang de civilisation sur les ruines de celles qui n'en avaient plus ; et la plus ancienne des trois, l'égyptienne, a même survécu à trois millénaires. Plus près de nous, la France reconnaissante, a élevé son propre Panthéon pour loger côte à côte dans l'éternité les restes sacrés et les mânes de ses héros qui l'ont édifié sur les bases de la modernité. Les États-Uniens, malgré qu'ils n'aient pas la cote chez nous par les temps qui courent, ont fait de leurs cimetières qui sont fort nombreux, fort beaux et fort bien entretenus, les plus hauts lieux de leur histoire nationale. Animés, eux aussi, des mânes de leurs héros, confiés au regard de l'histoire, ces derniers ont fini par devenir la plus puissante nation militaire, économique et culturelle de tous les temps. Pendant qu'au nord de leurs frontières, les Canadiens français, à l'orée d'une révolution manquée d'avance —et visant l'émancipation du Québec des chaînes de son passé—, répudiaient les bannières sous lesquelles ils ont servi au nom de la Liberté et cassaient les socles de leurs propres héros qui, pourtant, avaient contribué à marquer leur propre empreinte dans l'histoire de la civilisation humaine.
Que reste-t-il de nos histoires ?
Ainsi donc, face à une telle amnésie, comment s'étonner du fait que les Canadiens français, les vrais découvreurs de ce vaste continent, aient finalement accepté de disparaître dans une nation virtuelle (« franco-québécoise », ce qui n'est pas très loin derrière les franco-ontariens, les franco-manitobains, les franco-terreneuviens ou les franco-américains !) invitée à nier le passé d'où ils sont issus ? Comment expliquer que leurs guides se soient acharnés à les dégénérer ainsi, dans une sous-classe de peuple fondu dans le creuset réducteur de la « nation civique », le cimetière imaginé par les derniers idéologues porteurs du flambeau de la nation québécoise au futur et au passé ?
Rejet du passé en tant que valeur-refuge identitaire ? Perte de la mémoire canadienne-française comme lieu collectif et lieu de départ de la nation en devenir ? Phénomène de société qui se complait dans la paresse intellectuelle et l'oubli ? Difficile, pour ma part, de répondre à cette ultime question à têtes multiples, sans sortir de leurs catafalques les idéologies réductrices très à la mode chez nous par les temps qui courent, et sans donner du vent à ceux qui, contre-nature, répudient ces « mythes fondateurs » (entendons une mémoire collective appuyée sur le socle des héros nationaux) qu'ils associent à des « mythes dépresseurs » ; sans donner du tonus à la voix de ces rhétoriciens qui se sont donné comme mission de « reprogrammer pour quelques décennies ou davantage la vie collective » des Québécois en prenant désormais pour base cette amnésie collective dont ils ne sont, du reste, pas étrangers.
Si, comme le suggèrent certains maîtres à penser de la nouvelle histoire du Québec, « le devenir historique [des Canadiens français] est désormais pensé comme le résultat de l'action collective » (Hamelin et collaborateurs), rien ne justifie, pour autant, que ce devenir soit dissocié par d'autres, de façon plus ou moins concertée, de l'action individuelle ; c'est-à-dire de l'action de ceux et celles qui, en retrait de toute chapelle politique, ont réussi à modéliser voire marquer d'idéaux l'histoire nationale, soit par la puissance de leur action, soit par la force de leur pensée, soit par le sens à donner de leur sacrifice dans l'histoire de la fraternité humaine et de la paix qui restent à construire à travers les sillons de la tolérance. Si l'esprit de la nation « canadienne-française » porte en lui le poids de la médiocrité de ceux qui l'ont un jour aplatie dans une impersonnelle « francophonie » nord américaine, il doit nécessairement profiter, a contrario, de la puissance de ceux qui l'ont fait fleurir par l'excellence, le renoncement et le sacrifice...

Appel solennel aux «huit» autres candidats péquistes
Nestor Turcotte, Matane aristote@ma.cgocable.ca
TRIBUNE LIBRE 3 novembre 2005
« Est-ce que tout serait à recommencer à cause de quelques magasiniers qui échangent, trafiquent, vendent trois siècles d’histoire pour quelques heures de pouvoir ? »
Félix Leclerc, Île d’Orléans, 1986.
***
Dans quelques jours, les militants du Parti québécois seront appelés à se prononcer sur le leader qui devrait diriger leur parti au cours des prochaines années.
La controverse autour d’un certain candidat continue à semer l’inquiétude, et dans la population et chez les membres du Parti québécois. On est en droit de se demander, s’il y a encore, dans ce parti, des gens qui ont le sens des responsabilités. On est en droit de se demander s’il y a encore des gens qui sont capables de mesurer les éventuelles conséquences reliées à un vote de confiance accordé au jeune candidat breveté de Harvard.
Les adversaires de la cause indépendantistes ne sont plus dans le camp fédéraliste. Ils sont à l’intérieur même du camp souverainiste, qui, par leur silence, cautionnent les gestes fortement répréhensibles du jeune loup de la génération montante. Le silence cautionne toujours implicitement. Il faut que les huit autres candidats en lice dans cette course affichent ouvertement leur désaccord sur la conduite antérieure du prétendant au trône péquiste. Le temps fuit et ce geste de désapprobation doit se poser dans les jours qui viennent.
La façon la plus solidaire et unanime de le montrer serait, tout simplement, de ne pas se présenter au dernier débat qui doit avoir lieu sur la frontières des Outaouais, mercredi le 9 novembre prochain. Isolé, le jeune candidat controversé se verrait renvoyé à lui-même et devrait alors poser le seul geste qui conviendrait dans les circonstances : se désister. Ce geste sans précédent devrait se marier à une conférence de presse, où les huit candidats, unanimement, afficheraient leur désaccord sur la conduite antérieure du diplômé de Cambridge.
Pour le bien de la cause indépendantiste, j’en appelle, solennellement, madame et messieurs les candidats à cette solidarité commune. Aurez-vous le courage de poser ce geste pour la poursuite des choses? Aurez-vous le courage de dire collectivement ce que chacun, dans le fond de sa conscience, pense individuellement?
Si, dans les heures qui viennent, cette manifestation collective n’est pas au rendez-vous, je devrai conclure qu’aucun d’entre vous n’a la trempe d’un futur chef d’État, celui qui est gardien de la justice. Et dans une société où la justice n’est plus en première place, il n’y a que maquillage, simulacre de vérité, complicité de situations déplorables.
Dans la conjoncture actuelle, le risque est trop grand pour que vous vous enfermiez dans votre silence. L’histoire vous jugera sur l’audace du moment ou sur la rectitude politique dans laquelle vous vous serez tous emmitouflés. Il vous revient de changer l’hiver qui s’annonce en un printemps lumineux. Je présume que vous vous tournerez vers le vent du large, celui qui mène les courageux explorateurs vers la terre de liberté.

AFFAIRE BOISCLAIR : RESPONSABILITÉ ULTIME DES MEMBRES DU PQ
Éric Tremblay, Avocat et fervent indépendantiste
TRIBUNE LIBRE 4 novembre 2005
Devant l’évidence de la complaisance des dirigeants du conseil national du PQ, de leur manquement à leur devoir fondamental de préservation de l’intégrité de notre formation politique, il appartient désormais aux membres de montrer la porte à M. Boisclair, afin que notre cause indépendantiste demeure intacte et puisse rassembler une nette majorité de Québécois pour que, dans un proche avenir, le Québec devienne enfin un pays libre.
En démocratie, le droit de vote suppose une grande responsabilité. Dans quelques jours, nous avons rendez-vous avec l’Histoire de notre peuple. Nous ne pouvons exercer notre droit fondamental avec légèreté. Nous ne sommes pas appeler à voter pour un quelconque « staracadémicien », mais bien pour le prochain chef qui dirigera nos troupes lors de la plus importante bataille de nos vies.
Seul un chef irréprochable sur le plan moral et inattaquable sur le plan légal peut mener les souverainistes à la victoire. Croire que le comportement criminel passé de Boisclair, alors qu’il occupait des fonctions ministérielles, ne sera pas exploité par nos coriaces adversaires fédéralistes afin de discréditer, non seulement sa personne, mais notre cause, relève de la plus dangereuse naïveté. Ne voyons-nous pas qu’ils fourbissent déjà leurs armes en prévision de la chasse, dont l’ouverture aura lieu le 16 novembre prochain? Manquons-nous à ce point de clairvoyance et de sens de l’anticipation? Si oui, alors nous n’aurons que nous-mêmes à blâmer quant à l’affaiblissement de notre cause et son probable échec.
En démocratie, la justice doit être appliquée également à tous. Boisclair a commis des actes criminels pour lesquels plusieurs de nos concitoyens sont condamnés à la prison.
Aussi, en démocratie, un ministre ayant commis un crime ne possède plus la légitimité, l’intégrité et la crédibilité nécessaires à l’application de la Loi, ainsi qu’à la bonne conduite de l’État. Le devoir de tout citoyen responsable consiste alors à le démettre de ses fonctions. Ainsi, comment le candidat Boisclair peut-il prétendre posséder l’autorité morale nécessaire à la lutte contre le trafic de drogues et le crime organisé, deux responsabilités ultimes d’un chef d’État? Notre devoir démocratique, en tant que membres du PQ, consiste donc à exiger son désistement pour le bien de notre cause.
Certains partisans de Boisclair semblent plus préoccupés par l’élection de leur messie plutôt que par la réussite de notre noble idéal. Leur comportement obstiné présente un réel danger. Ils banalisent le véritable impact de la consommation de cocaïne avouée par Boisclair, alors qu’il occupait des fonctions ministérielles, sur l’électorat québécois. Pourtant, bien que nous ne soyons pas à la veille d’une élection provinciale, 53% des Québécois, lors d’un sondage récent Léger Marketing, ont signifié qu’ils ne voteraient jamais pour un candidat au poste de Premier ministre qui aurait consommé de la coke.
De ce constat, en simple langage mathématique, nous pouvons déduire que lors de la prochaine élection, le PQ, avec Boisclair à sa tête, ne profiterait que d’un électorat potentiel de 47%. Sachant qu’historiquement notre parti récolte en moyenne 42% des votes lors d’une bonne élection, nous ne récolterions au mieux qu’environ 20% (42% * 47%) du vote populaire lors du prochain scrutin avec Boisclair comme chef. Donc, le PQ arriverait loin derrière le PLQ et l’ADQ.
Voilà le réel danger que représente l’élection de Boisclair! Non seulement le PQ serait relégué au troisième rang avec seulement 20% des voix lors des prochaines élections provinciales, mais notre rêve d’indépendance serait relégué aux calendes grecques.
Trop d’hommes et de femmes du Québec se sont battus pour notre indépendance nationale pour laisser un simple individu entêté la mettre en péril. Personne n’est plus grand que notre idéal! Si Boisclair ne se désiste pas de la présente course à la chefferie, les huit autres candidats doivent exiger le retrait de sa candidature auprès de la présidente d’élection. À défaut de quoi, chers compatriotes, nous devrons lui signifier la sortie en exerçant consciencieusement et de manière responsable notre droit de vote.
Vive l’indépendance du Québec!
ADDENDUM
Le 20% avancé suppose que parmi les 53% de Québécois ayant affirmé catégoriquement qu'ils ne voteront jamais pour un ex-ministre coké au poste de Premier ministre, il n'y a aucune discrimination entre les électeurs péquistes, libéraux, adéquistes, UFP-OC et autres. Les valeurs humaines fondamentales sont distribuées de façon équivalente chez tous les électeurs québécois, peu importe leur allégeance politique.
Pour démontrer que le 20% risque probablement de se produire avec Boisclair à la tête du PQ, ex-ministre coké, voici un bref rappel historique des résultats du référendum de '95 et de la dernière élection provinciale de 2003:
Lors du référendum de '95, le Oui a récolté 49,4% des voix. Le taux de participation était d'environ 94%. La quasi-totalité des souverainistes ont voté.
À l'élection de 2003, le PQ a récolté 33,21% des voix. Le taux de participation était de 70,49%. En tenant compte de ce dernier, le PQ n'a réellement obtenu que 23,41% (0.7049 * 33,21%) de la faveur populaire.
Un nombre important de souverainistes se sont abstenus de voter.
L'appui réel du PQ en 2003 = 23,41%.
Donc, la projection de 20 % du vote allant au PQ lors des prochaines élections avec Boisclair comme chef, ex-ministre coké, est bel et bien plausible, en considérant que 53% des Québécois refuseront catégoriquement de voter pour lui et qu'il ne bénéficiera que d'un électorat potentiel de 47%, toutes allégeances politiques confondues, plutôt que de 100%.
Sachant que plusieurs vrais indépendantistes, dont le nombre risque fort d'être plus important que l'on ne puisse l'imaginer, quitteront le parti pour se joindre à la nouvelle formation indépendantiste UFP-OC si Boisclair est élu, le 20% calculé mis en rapport avec l'appui réel accordé au PQ en 2003 (23,41%) prend tout son sens.
En ce moment, l'indépendance est beaucoup plus populaire que notre parti. Elle reçoit l'appui de 52% des Québécois.
Boisclair constitue un réel danger, car pour tenir un prochain référendum, il faudra gagner la prochaine élection.
Avec Boisclair, ex-ministre coké, comme chef et l'arrivée d'un nouveau parti souverainiste, UFP-OC, le PQ risque fort d'être derrière le PLQ et l'ADQ à la prochaine élection. Bonsoir l'indépendance!!!

La reine de carnaval
Danièle Fortin, Montréal
TRIBUNE LIBRE 4 novembre 2005
La prestation de la nouvelle Gouverneure Générale Michaëlle Jean au dîner
annuel de la tribune de la presse tenu au Musée de la civilisation a de
quoi laisser songeur.
D'entrée de jeu, Son Excellence donne le ton : «Ce soir, les autres, on s'en
fout ! Je vais faire une folle de moi ! Ça va faire du bien ! ».
S'ensuit une série de boutades aussi vindicatives et douteuses les unes que
les autres écorchant au passage Lysiane Gagnon, Nathalie Petrowski et
Denise Bombardier, trois femmes commentateurs/analystes qui ont
essentiellement critiqué le poste que Madame Jean occupe.
Peu importe la teneur des propos de ses anciennes collègues, en remettant en
cause les critiques à son endroit, la nouvelle GG s'arroge le droit de se
moquer du travail de ses consoeurs.
Or l'on peut, à la rigueur, faire un parallèle entre le rôle critique des
journalistes et celui que détenait, une fois l'an, le fou du Roi.
Au Moyen Âge, le Souverain était intouchable, toute remise en question de
son statut était proscrite sauf à la Fête des fous où l'ordre symbolique
connaissait un renversement afin que se dégage une « vérité», une critique
de l'ordre établi. L¹Autre (le fou) avait droit de cité.
Cette tradition d'inversion des conventions avait aussi pour fonction
de reconnaître l'humanité du Roi et de signifier à ce dernier
que son rôle serait insensé sans la présence de ses sujets.
Mais voici donc qu'avec ce discours critique de la critique de l'Autre
(celle des journalistes/bouffons) de la nouvelle GG, nous assistons à un
étrange retournement non de l'Autre ( celle du bouffon ) mais du Même.
Certes à ce « Carnaval annuel » de la presse parlementaire, nous ne sommes
plus au Moyen Âge mais l'essence du « Roi» demeure sensiblement inchangée.
La parole de l'Autre, alors définie à l'intérieur d'une période donnée, est,
aujourd'hui, en tout temps autorisée.
Toutefois, on ne peut en dire autant de la fonction de la représentante de
Sa Majesté. Elle demeure tout aussi intouchable, elle est « installée ».
Mais même à partir de cette position marquée du sceau de l'invulnérabilité,
Son Excellence biffe la parole de l'Autre ( le journaliste/sujet ) et fait
elle-même son propre bouffon !
Ainsi, la nouvelle GG dénie le pouvoir de critiquer de l'Autre en
s'attribuant le droit d'empiéter sur le territoire « sacré» de celui-ci.
Cet « Autre » ( les sujets ou journalistes-bouffons ) est annulé, nié au
profit d'une auto-dérision pathologiquement narcissique.
Dès lors, ne pouvons-nous pas y voir une transgression sans limite de
l'Ordre symbolique ? Cette négation de la parole de l'Autre ne
signifie-t-il pas qu'il ne peut y avoir d'Ordre possible ? Que tout est
permis ?
L'attitude de la nouvelle GG indique-t-elle, à terme, que le Désir l'emporte
sur l'Ordre et la Loi ?
À revêtir de la sorte les habits du bouffon, la nouvelle GG démontre sans
équivoque qu'elle n'est qu'une reine de Carnaval folle d'elle-même.

N’EN DÉPLAISE À MADAME LAPOINTE, BOISCLAIR CONSTITUE BEL ET BIEN UN DANGER POUR NOTRE NOBLE IDÉAL
Éric Tremblay, Avocat et fervent indépendantiste
TRIBUNE LIBRE 5 novembre 2005
Madame Lapointe, conjointe de Jacques Parizeau, dit publiquement qu'elle appuie Boisclair.
Cependant, elle fait bien de dire qu'elle ne le fait qu'en son nom propre. Pour ma part, j'aimerais bien connaître le fond de la pensée de Parizeau sur l'affaire Boisclair et qu'il dise au grand jour lequel des candidats à la chefferie peut compter sur son vote.
À n'en pas douter, le point de vue de Parizeau diffère de celui de sa conjointe.
Madame Lapointe prétend que Boisclair démontre du caractère en ne se désistant pas. Il me semble plutôt qu'il démontre encore une fois son manque de jugement en ne prenant pas conscience qu'il nuira à notre cause nationale avec son passé d'ex-ministre coké.
Cette consommation de coke alors qu'il occupait des fonctions ministérielles traduit une faiblesse de caractère et un manque flagrant de jugement. Comment ne pouvait-il pas savoir qu'en adoptant un tel comportement, il risquait de mettre son gouvernement dans une position délicate en plus de s'exposer personnellement à du chantage de la part du milieu criminalisé?
M. Parizeau fait bien de rappeler, comme pour rejeter les propos de sa conjointe, que beaucoup de ministres et députés ont été obligés de démissionner pour bien moins que ça.
Si violer les lois criminelles constitue une preuve de caractère, alors le gouvernement fédéral de Chrétien et Martin a démontré du caractère en volant le référendum de '95 et en instaurant le programme mafieux de commandites.
Aussi, Madame Lapointe apprécie la franchise de Boisclair. Quelle franchise?
Au début de l'affaire qui nous préoccupe, il disait que sa consommation de coke était une erreur de jeunesse. Pressé par les journalistes, il a dû avouer qu'il a consommé de la coke alors qu'il était ministre dans le cabinet Bouchard. On est loin des erreurs de jeunesse!
Aujourd'hui, il se pose en victime de la meute journalistique pour mieux éviter de répondre à plusieurs questions pertinentes sur la fréquence de sa consommation, son approvisionnement, l'identité de la personne qui lui fournissait la drogue, en plus de demeurer vague sur la période de consommation. Aussi, Luc Doray, son chef de cabinet de l'époque a reconnu qu'il était lui-même cocaïnomane en plus d'avoir commis une fraude. Beau sens du jugement.
Savez-vous pourquoi Boisclair refuse de donner des réponses?
Il refuse, car s'il répondait, ces nouveaux éléments pourraient servir à une enquête policière et au dépôt d'actes d'accusation en vertu du Code criminel et de la Loi sur les stupéfiants. Ces nouveaux éléments de preuve corroborant ses aveux extrajudiciaires récents pourraient entraîner sa condamnation.
Belle franchise! Belle preuve de caractère! Beau sens du jugement!
Imaginez un instant que ces preuves soient assemblées par la police grâce à différents témoignages jugés crédibles. Imaginez que Boisclair soit arrêté juste avant ou pendant la prochaine campagne électorale.
Boisclair constitue un risque sérieux que l'on ne doit pas balayer du revers de la main. Notre cause est trop importante!
S'il s'entête et ne se désiste pas, alors nous devons lui montrer la porte en ne votant pas pour lui et en l'excluant des 4 choix que nous serons portés à faire dans moins de 10 jours.
Vive l’indépendance du Québec!

LES PETITS COUTEAUX
Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 5 novembre 2005
Un ministre a consommé de la cocaïne.
Tout le monde se porte à sa défense
comme s’il avait été victime d’une machination.
Il a avoué,
quelle franchise.
On va voter pour lui.
Les appuis à Boisclair se multiplient comme des pains.
André Boisclair est le rassembleur qu’il nous faut !
Le PQ est divisé,
la population tout autant
et les libéraux ne sont pas encore dans la mêlée.
Tandis qu’au PQ volent les couteaux
ceux des libéraux s’aiguisent.
Ils seront sans piété.
Ils ne le lâcheront pas.
Ils vont le briser.
Sourires en coin, regards hautains, sous-entendus, enquêtes,
rien ne lui sera épargné.
Rien ne nous sera épargné.
Nous serons piégés.
Pourquoi ne pas dès maintenant renoncer
à ce jeu de massacre ?
Boisclair ne fera pas mieux que Lévesque.
Comme lui,
il sera broyé.
L’enjeu en vaut-il la chandelle ?
Il est encore temps de sauver sa peau,
de se retirer
en toute dignité,
avec l’assurance de l’avoir remporté.
Aux jeunes, nous pourrons continuer à dire
que certaines de nos erreurs
nous ferment des portes,
nous suivent toute la vie…

Fromage et os
Gilles Néron, Charlesbourg
TRIBUNE LIBRE 5 novembre 2005
Tous les fromages ne sont pas exempts d’os.
« Michaëlle, ma sœur Michaëlle ne vois-tu rien venir? Tu devrais savoir qu’à la saint Michel tous les ânes changent de poil »
Ce cri pathétique, la petite sœur l’a lancé à celle qui du haut de son « trône bien réchauffé » dirige toutes les armées du Canada. Bravo pour son courage!. Les Romains disaient « Cave ne cadas » quand l’ivresse des honneurs montait à la tête du consul et que ses yeux devenaient fous lorsqu’il prenait la parole. On lui disait de faire attention de ne pas tomber, ce qui a déjà été traduit pas « Cave, t’es pas un as ».
Eh oui, il peut y avoir des réveils difficiles et pour la princesse au bois royal et pour son manager, le prince des entourloupettes et des faux-fuyants. Même les Anglais arrivent à desceller la mauvaise grâce et la rancune derrière la farce grossière. Alors finis les coquetels, les toasts bégayés, les belles toilettes et les visites à Balmoral. Le mari-gérant devra aussi quitter son grand bureau sur le jardin qui borde la rivière Rideau où il trouve les gags que sa tendre moitié débite dans les grands dîners. Alors en bon philosophe, il se répétera sûrement « Sic transit gloria mundi » avec l’humilité qu’on lui connaît. Et par la suite, il fera de nouveaux téléphones pour bien placer sa géniale épouse.

Pourquoi je ne voterai pas pour André Boisclair
Nestor Turcotte, l’auteur habite Matane et a été deux fois candidat du Parti québécois dans cette circonscription.
TRIBUNE LIBRE 7 novembre 2005
«Est-ce que tout serait à recommencer à cause de quelques magasiniers qui échangent, trafiquent, vendent trois siècles d’histoire pour quelques heures de pouvoir».
Félix Leclerc, Île d’Orléans, 1986.
***
Dans quelques jours, les militants du Parti québécois seront appelés à se prononcer sur le leader qui devrait diriger leur parti au cours des prochaines années.
La controverse entourant un certain candidat continue à semer l’inquiétude, et dans la population et chez les membres du Parti québécois. On est en droit de se demander, s’il y a encore, dans ce parti, des gens qui ont le sens des responsabilités. La lucidité doit être au rendez-vous avant de peser sur le piton, les 13-14 et 15 novembre prochains. Les adversaires de la cause indépendantiste ne sont plus dans le camp des fédéralistes. Ils sont, maintenant, à l’intérieur même du camp des souverainistes, qui, par leur silence, cautionnent les gestes fortement répréhensibles du jeune loup de la génération montante.
En 1968, j’ai fondé le Parti québécois dans la circonscription de Matane. Par deux fois, j’ai été candidat pour ce parti, dirigé par l’unique et grand René Lévesque. Trente-sept ans plus tard, l’objectif fixé n’est toujours pas atteint, et qui plus est, le Parti risque d’être dirigé, dans quelques jours, par un homme, au passé trouble, qui ne ferait sans doute pas l’orgueil du père fondateur.
Conséquemment, le diplômé de Harvard ne sera ni mon premier, ni mon deuxième, ni mon troisième et ni mon quatrième choix lors du vote qui s’en vient. Et voici pourquoi?
1. Le jeune candidat de Harvard a menti à toute la population du Québec, dès le début de la course à la chefferie. Il a admis publiquement avoir consommé de la cocaïne mais il a situé ce geste, plus que répréhensible, quelque part dans sa jeunesse. Il a banalisé son geste, le qualifiant d’étourderie de jeune homme fréquentant encore le cégep ou l’université. Or, quelques semaines plus tard, il a admis, devant les caméras de la télé, que son «erreur de jeunesse» se situait à une période où il siégeait dans notre parlement, - l’Assemblée nationale du Québec - lieu où il avait été envoyé par ses pairs, non seulement pour étudier et voter les lois de la communauté civile, mais, surtout, pour donner l’exemple, en les observant.
2. La possession de cocaïne est un acte illégal en vertu du Code criminel canadien. Un grand nombre de partisans de Monsieur Boisclair tentent de faire accroire à la population que ce geste illégal est uniquement une affaire privée. Ils accusent les journalistes de s’acharner sur des gestes passés qui concernent uniquement la vie personnelle du jeune candidat. Ils en font même une victime qu’ils défendrent becs et ongles. L’interrogateur devient le gros méchant. L’interrogé, celui qu’on veut détruire à tout prix. Fausse perspective !
La société doit savoir si les personnes qui aspirent à gouverner la communauté ont d’abord, dans leur âme et conscience, respecté les lois qui s’appliquent à l’ensemble de la communauté qu’ils veulent diriger. Les journalistes, dans une société démocratique, ont comme mission de révéler tous les faits entourant la carrière publique d’une personne, afin d’éclairer le jugement de ceux qui souhaitent éventuellement prendre la direction et la destinée de la nation. Cette mission accomplie, le choix de tous les citoyens ne sera que plus judicieux.
3. Les soupçons demeurent et planent toujours sur la conduite antérieure de Monsieur Boisclair. Il a dit qu’il avait dit tout ce qu’il avait à dire sur cette question fort grave. Et pourtant, bien d’autres questions, restées sans réponse, circulent dans tous les milieux sociaux. Quelle est l’identité de la personne ou des personnes qui lui ont fourni cette drogue illégale? Venait-elle d’un réseau criminalisé? Avec quel argent la note a-t-elle été payée? Dans quelles circonstances l’a-t-il fait? Était-il seul ou est-ce qu’il y avait des témoins? Y a-t-il eu un moment où, exerçant sa fonction ministérielle, il s’est trouvé inapte à l’accomplir? Comment expliquer cette conduite fort discutable pour un ministre en fonction, alors que le gouvernement dont il faisait partie, faisait la chasse au monde interlope, instituant même une police spéciale pour le démasquer? Ne s’agit-il pas là, d’un manque de jugement qui le disqualifiait, dès le départ dans la course à la chefferie de son parti?
Pour toutes ces questions restées sans réponse, pour le risque qu’une telle situation fait déjà courir au mouvement indépendantiste, l’appui à monsieur Boislair m’est impossible. C’est au nom d’un certain nombre de principes fondamentaux qui guident le choix de nos chefs dans une société démocratique, que cette position est présentée devant les militants et cette position s’appliquerait à tout autre candidat qui présenterait un profil identique.
Dans la conjoncture actuelle, le risque est trop grand pour que les indépendantistes s’enferment dans un mutisme destructeur. Il leur revient de changer l’hiver qui s’annonce en un printemps lumineux. Je présume qu’ils se tourneront vers le vent du large, celui qui mène les courageux explorateurs vers la terre de liberté.

Quelle désolation ! - C’est pas la peine de changer de gouvernement si c’est pour avoir pire
Gilles Néron, Charlesbourg
TRIBUNE LIBRE 7 novembre 2005
La fin de la campagne de la chefferie au PQ nous révèle des personnages insoupçonnés dans ce parti jusqu’à maintenant. Qui aurait cru qu’un Sylvain Simard, d’habitude si distingué, parlerait comme un habitué du Village gai de Montréal et qu’il serait appuyé en cela par l’écrivain Michel Tremblay? Qui avait prévu que le très disert André Boisclair deviendrait avare de paroles au point de risquer de perdre sa crédibilité? Qui savait que Lizette Lapointe avait des idées politiques et, pire, que ses idées étaient différentes de celles de son illustre mari? Qui aurait soupçonné que Bernard Landry finirait dans le bandwagon de Pauline Marois? Qui a pu imaginé que Victor-Levy Beaulieu peut devenir un dangereux pamphlétaire entre deux cordials? Qui, enfin, avait deviné que Pauline Marois savait tricoter des complots et préparer les plats froids de la vengeance, elle qui n’est pas femme d’intérieur?
C’est connu, dans les grandes épreuves, le véritable caractère se révèle et les grands hommes (ainsi que les femmes, bien entendu) se font connaître. Or, au PQ une course à la chefferie est toujours une épreuve, même quand il n’y a qu’un seul candidat. Il en va ainsi dans les regroupements de gens talentueux et bardés de diplôme. Ce genre d’épreuve, d’ailleurs, ne se termine pas avec le choix du chef; au contraire elle a tendance à s’accroître par après. L’histoire de ce parti est assez explicite sur ce point malgré son peu d’ancienneté. Comme résultat nous avons toujours des surprises : des gens paisibles deviennent furieux; d’éternels seconds aspirent à prendre la première place avec l’assurance d’avoir le meilleur jugement; des oubliés réapparaissent afin de nous rappeler qu’ils ont déjà sévi sur la scène publique; des pondérés perdent le sens de la mesure et en mettent plus que leurs clients ne leur en demandent.
Les coteries se font et se défont. Tous le monde se chicane de plus belle sur d’insignifiants prétextes comme la date du prochain référendum sans parler de son opportunité ou sur l’adoption du dollar canadien comme monnaie nationale sans dire que le Québec n’a pas d’autre choix. En général ces querelles masquent des rivalités et des rancunes personnelles. Les campagnes pour se donner un chef sont alors des foires d’empoigne au lieu d’être des démonstrations d’unité dans l’action. Tout cela arrive chez ceux qui prétendent donner des leçons de démocratie à l’univers.
Cette agitation des intérêts personnels peut entraîner la perte du parti. Peu importe pourvu que chacun en retire une satisfaction immédiate. Être chef pour imposer ses vues et non pour servir la cause. L’activité politique est considérée alors comme un trip, un sport extrême, comme disait le Parizeau du « Grand jeu ». L’effet, oui tous ces avocats du Québec cherchent l’effet de toge. Et voilà que je te rentre dans la bande, et voilà que je réveille de vieilles histoires; et voilà que j’alimente la machine des rumeurs pour stimuler la campagne, et voilà que je lance des invectives et que je perds toute décence et voilà que, nous tous, nous n’hésitons pas à utiliser des coups en bas de la ceinture sachant que c’est là que se trouve le point sensible. Vive le PQ libre de toute inhibition!
Bravo élite du PQ! Vous faites la preuve que la turpitude n’est pas le fait des seuls libéraux d’Ottawa.

Lettre ouverte à Madame Lisette Lapointe
François Gauthier
TRIBUNE LIBRE 7 novembre 2005
Madame Lisette Lapointe,
Je vois que vous vous scandalisez des attaques subies par votre candidat préféré. Vous déplorez la levée de boucliers et la campagne de dénigrement. Vous dites : « André. Ton arrivée nous a apporté une bouffée d’air frais et l’ensemble des Québécois t’ont accueilli avec enthousiasme. »
Vous généralisez grossièrement, Madame
À ce que je sache je fais partie de l’ensemble des Québécois et je ne ressens aucun enthousiasme à appuyer la candidature d’André Boisclair. Bien au contraire. Vous parlez de son « exceptionnelle capacité de mobiliser et d’inspirer les Québécois ». Je regrette de vous décevoir dans vos généralisations grossières, mais je ne suis ni mobilisé ni inspiré par André Boisclair.
Peut-être le trouvez-vous beau comme un dieu, mais je dois vous dire que ce n’est pas le vainqueur d’une Star académie que les membres du PQ auront à élire. C’est un général des troupes qu’il nous faut et le p’tit privilégié volubile aura longtemps des croûtes à manger avant de devenir un général.
La passion que vous avez mise à servir Monsieur Parizeau à une autre époque et que vous mettez aujourd’hui pour soutenir Boisclair, je la respecte. La passion c’est utile et souvent important.
Mais la passion ne suffit pas
Tant René Lévesque que Jacques Parizeau ont soulevé de la passion (comme vous dites). Mais tous les deux se sont laissés tromper par leur naïveté.
Au sujet de René Lévesque… Vous rappelez-vous la nuit des longs couteaux? Vous rappelez-vous la duplicité de Claude Morin? Pensez-vous que l’affaire Claude Morin était une affaire isolée, exceptionnelle? Je vous assure que les Claude Morin sont particulièrement nombreux au sein de la fonction publique ainsi qu’au Parti québécois.
Au sujet de votre propre mari Jacques Parizeau, il a longtemps fait confiance à un économiste qui a servi auprès de nombreux gouvernements du Québec, alors qu’il travaillait aussi pour les services secrets du Canada. Beau conflit d’intérêt, non?
Vous parlez d’une campagne de dénigrement à l’encontre de Boisclair. Mais vous posez-vous la question « Peut-être que c’est mérité? » ou la question « Qu’est-ce qui fait que certains pensent que c’est mérité? ».
Votre passion vous honore, mais plus que de la passion, il faut défendre des valeurs claires.
Boisclair dénie qu’il y a problème réel pour le parti et son projet
Il y a plusieurs valeurs claires fondamentales et essentielles à notre combat. Voici certaines de celles-ci où Boisclair fait des erreurs grossières comme si ces questions lui étaient complètement étrangères :
• Boisclair prétend que les gens qui défendent la langue française défendent une citoyenneté ethnique; c’est complètement faux et cela n’a jamais été ainsi. Il prétend opposer une citoyenneté civique (du sol) à une citoyenneté ethnique. Depuis 1960 le mouvement souverainiste n’a jamais défendu une citoyenneté ethnique et a toujours défendu une citoyenneté civique (du sol). Ce pourquoi le mouvement souverainiste a combattu c’est l’intégration des immigrants à la majorité francophone. Le clivage au Québec n’est pas ethnique, il est linguistique. Quelle est la position de Boisclair sur cette question, lui qui prétend toujours faussement que Michaud défendrait un nationalisme ethnique et lui qui ne s’est toujours pas excusé d’avoir jugé et blâmé Michaud sur un ouï-dire mensonger?
• Boisclair est partisan du libéralisme économique aux effets désastreux sur l’économie mondiale et qui mine l’emploi au Québec dans de nombreux secteurs. Comment pourra-t-il obtenir l’appui des masses ouvrières qui travaillent à petit salaire? Combien longtemps sa belle gueule lui servira-t-elle auprès de ceux-ci avant qu’ils se rendent compte qu’ils se sont trompés en lui faisant confiance? Croyez-vous qu’ils suivront longtemps un blanc-bec de la bourgeoisie qui n’a aucune affinité avec eux?
• Boisclair persiste à jouer la victime alors qu’il s’est mis lui-même dans le pétrin. Je comprends que la situation peut être embarrassante et frustrante pour lui mais qu’il transfère son embarras sur le parti est injuste pour le parti. Il était plus que naïf de penser que cela ne pourrait se savoir.
• Au lieu de reconnaître que la situation le rend vulnérable et rend vulnérable autant le PQ que le projet du PQ, il persiste à feindre qu’il n’y a pas de problème. En psychologie, cela s’appelle le déni. La première étape du deuil, c’est le déni. La première étape à la découverte que le conjoint nous a trompé, c’est le déni. La première étape de la mère de famille qui apprend que le père ou l’oncle a commis un abus sexuel sur sa fille, c’est le déni. Boisclair dénie l’existence d’un problème. Son silence devant les journalistes et les autres candidats c’est le déni.
D’où est venue la propagande en faveur de Boisclair?
C’est assez étonnant que le journal La Presse (filiale de Power Corporation propriété du gendre de Jean Chrétien) ait fait plusieurs manchettes en première page des sondages disant que Boisclair était favori pour la succession. Cela a commencé près de deux ans avant la démission de Landry. Si cela n’avait pas fait leur affaire, ils auraient caché cette information dans les annonces classées. Cela faisait leur affaire de valoriser la candidature de Boisclair. Comment se fait-il que nous laissions aux adversaires de notre projet le rôle de vanter, de décider qui au PQ mérite la succession? Cela ne vous paraît pas louche, Madame Lapointe? Cela devrait.
Défendre les nôtres pour des enjeux essentiels
Votre mari a été outrageusement trompé par le gouvernement canadien qui, au référendum de 1995, a violé toutes les règles d’éthique que se donnaient les souverainistes. N’était-il pas un peu naïf de n’avoir pas prévu que nos adversaires tricheraient sans vergogne?
Lorsqu’il a été attaqué sur la question « des votes ethniques », qui l’a défendu? Ses collègues du Parti québécois l’ont-ils défendu? Pourtant c’était, pour plusieurs observateurs de l’époque, déjà clair qu’il avait raison même si ces observateurs étaient convaincus que les adversaires de notre projet se serviraient de cette déclaration contre le mouvement souverainiste. Pourquoi ses collègues ont-ils fait le jeu de nos adversaires?
Pourquoi les députés du Parti Québécois ont-ils suivi les yeux fermés dans le vote de blâme contre Yves Michaud? Pourquoi la vaste majorité de ces députés n’ont-ils pas exprimé le moindre regret au sujet de leur erreur? Pourquoi les souverainistes ne défendent-ils pas les leurs quand ils disent la vérité sur des enjeux essentiels? Il y a une explication à cela : trop de députés et d’attachés politiques du PQ ont intégré les idéologies trompeuses répétées ad nauseam par les adversaires de notre émancipation. Je suis gentil quand je dis qu’ils ont intégré les idéologies de nos adversaires. Je suis gentil, car je suis convaincu qu’en réalité plusieurs de ces gens font partie d’une cinquième colonne qui a pour objectif de détourner notre attention de l’essentiel.
Une de ces idéologies voudrait qu’on fasse naïvement confiance à ce que valorisent les médias contrôlés par nos adversaires.
Une autre de ces idéologies voudrait qu’on traite un ministre qui consomme des drogues fortes avec la même latitude et la même indifférence que s’il s’agissait d’un quidam. Vous embarquez naïvement dans le panneau. Au contraire, on doit défendre farouchement les nôtres pour des enjeux essentiels, pas sur des choses accessoires.
Je suis étonné, Madame, que vous ne puissiez faire la différence. Je suis étonné de découvrir que vous ne pouvez voir la vulnérabilité au chantage qui résulterait de cette situation. Personne n’est en mesure de garantir qu’un délateur ne surgira pas pour accuser Boisclair, ce qui entraînerait des accusations au criminel.
Voyez-vous la situation de conflit d’intérêt du futur procureur général du Québec devant décider ou non de porter des accusations contre son propre premier ministre? Dans pareille situation le parti et son projet seraient irrémédiablement entachés pour longtemps.
Dîtes-vous bien par ailleurs, que les services secrets du gouvernement canadien ont leurs entrées occultes au sein des revendeurs et des consommateurs de drogue. Ils sont en mesure de trouver des délateurs crédibles tout comme de les inventer.
Contrairement aux députés, aux ministres et aux attachés politiques, il y a des milliers de militants qui travaillent gratuitement chaque semaine pour cette cause qu’ils ont à cœur. Ils ne travailleront pas pour Boisclair qui a d’autres valeurs. L’enthousiasme pour Boisclair, Madame, il est principalement dans vos rêves et dans la propagande de nos adversaires.
Les quelques milliers de nouveaux venus au parti (grâce à Boisclair) ne travailleront jamais autant que les militants qui sont déjà là et ils disparaîtront comme s’éteint un feu de paille.
De grâce, Madame Lapointe, sortez de votre bulle d’admiration des talents (réels) de Boisclair pour regarder la réalité brutale en face. Nous ne savons pas ce qui nous attend avec Boisclair et il nous vaut mieux être archi-prudents. Si Boisclair tient vraiment à la souveraineté, il y travaillera même sans être premier ministre, comme des milliers d’autres personnes le font déjà depuis des décennies.
Servir une cause, cela demande une grande partie d’abnégation. Je ne vois aucune abnégation dans le comportement de Boisclair. Je vois quelqu’un qui cherche la lumière des projecteurs. Au lieu d’abnégation je vois de l’orgueil et du narcissisme.

Le rôle biaisé des médias
André Savard
TRIBUNE LIBRE 7 novembre 2005
Des livres comme Nos Ennemis les Médias viennent remettre en lumière le rôle réputé biaisé des médias en faveur du fédéralisme au Québec. Le propos est reçu avec incrédulité par ces derniers qui l’assimilent à une nouvelle version aussi paranoiaque que les précédentes de la théorie de la grande conspiration.
Quand on analyse comment se véhicule l’information, il faut une analyse des contenus mais aussi du cadre général. Un journaliste peut se considérer libre de dire ce qu’il voit en autant qu’il se plie à certaines normes de description. Et cela se fait de façon subtile, très souvent par l’apparente règle de neutralité.
Quand un journaliste rejoint un organe de presse au Québec, on lui dit qu’il faut être neutre. Même le journal La Presse se targue de n’abandonner la neutralité que dans ses pages éditoriales.
Le journaliste doit respecter la ligne de partage entre ce qui est dit neutre et ce qui est partisan. C’est là le hic. S’il emploie l’expression « nation québécoise », il entre dans le domaine de l’interprétation dite partisane. S’il dit la « province de Québec », cette référence passe pour neutre car elle se réfère au statut politique réel du Québec.
De cette façon, toute référence québéciste passe pour partisane. Elle sera présentée comme une interprétation qui doit être contrebalancée en vertu de la règle de neutralité. Ce qui nourrit l’information ce sont les lignes de partage de ce type. La nation québécoise est virtuelle et donc partisane. Le Canada existe en droit, alors toute mention à la nation canadienne et au cadre provincial est considérée comme objective.
Si les effets de ce cadre implicite filtrent journellement, distribuent les nouvelles dans un séquençage où les nouvelles trop québécistes doivent être soupesées, il y a aussi le gros travail de bras. Les interventions explicites sur la substance même de l’information brillent souvent par leur évidence. Je suis étonné de l’ampleur que les mots d’ordre lancés dans les médias fédéralistes ont pris.
À Radio-Canada, j’ai entendu le journaliste Achille Michaud dire, et là je note mot pour mot, que « la France a cédé la Nouvelle-France à l’Angleterre ». C’était à l’occasion d’un reportage sur l’ajout d’une collection de portraits des rois de France offerte par l’ancien ministre Joyal au parlement canadien. Plus récemment, j’ai entendu, toujours à Radio-Canada, que Terre-Neuve et le Labrador se sont joints au Canada en 1949. Mais le Labrador faisait partie du Québec! Toute signification historique trop québéciste est gommée vite fait. Les journalistes acceptent de revoir l’Histoire pour que le Canada soit dépeint comme le grand frère magnanime, partisan dès le départ de la grande communication égalitaire entre les groupements qui le composent.

Précocement sérieux
André Savard
TRIBUNE LIBRE 7 novembre 2005
Je n’élirais pas quelqu’un de foncièrement malhonnête. Je comprends en ces temps troublés le souci que nous avons d’avoir des chefs indépendantistes qui fassent montre d’une haute trempe morale. Toutefois ce que les médias désignent comme l’affaire Boisclair ne me paraît nullement porter un élan sincère de moralité.
La moralité d’un individu se construit. Vous ne trouverez pas d’individu qui se relève avant d’avoir tombé. L’essentiel c’est de se relever et pour cela il faut connaître la chute au singulier et même au pluriel. Toute vie avance dans un dialogue entre l’immaturité et la maturité. Il y a des bonds et des reculs.
Je me méfierais d’un chef dont toute la vie paraît à l’abri de la faute. J’y verrais quelqu’un qui n’a pas mûri. Si la ligne d’une vie est trop droite, on peut y voir un signe de rigidité mentale. Si le portrait du prochain chef doit être celui de quelqu’un qui n’a rien reniflé, jamais esquivé non plus une facture pour sauver une taxe, jamais grillé un feu jaune, aussi bien chercher un être évaporé qui a toujours échappé au conditionnement social.
Un tel être me paraîtrait téléguidé et n’avoir jamais été frôlé par le moindre démon intérieur. Je craindrais que ce soit un conformiste qui n’a pas encore été confronté au côté ombrageux de sa personne. Je le verrais bien mal préparé pour cheminer à notre époque qui se présente comme une masse informe d’influences.
Je suis de St-Donat-de-Montcalm. Je ne saurais prétendre être un ami de monsieur Boisclair même si nous sommes du même village et du même groupe d’âge. Je voudrais quand même insister sur un point important. J’ai trouvé remarquable André Boisclair comme individu alors qu’il n’était âgé que de seize ans. Avec un sens du devoir et de l’organisation que lui aurait envié un relationniste chevronné, André Boisclair organisait des tournois au club de golf qui appartenait à son père. Il savait communiquer avec des gens de toutes les générations et sa régularité au travail était exemplaire.
Ce début était modeste mais André Boisclair s’acquittait de ces tâches avec tant de succès que je lui prédisais déjà de grands lendemains. Je ne fus guère surpris de son ascension au poste dirigeant des fédérations étudiantes. André Boisclair, alors qu’il n’était qu’un jeune homme dans mon contexte villageois, faisait déjà montre de la contenance d’un homme public.
Si on regarde bien le parcours d’André Boisclair, on voit combien les responsabilités lui sont échues précocement. Si des fédérations étudiantes il est passé de député à des ministères importants, c’est que ses pairs du conseil des ministres lui reconnaissaient une aptitude à gouverner. À grossir les incartades d’une vie privée, à monter en épingle ce qui ne fut que sporadique, l’histoire de n’importe quel jeune homme qui s’est caractérisé par son sérieux précoce peut se transformer en l’histoire d’un être hagard plus perdu que les deux Dupond et Dupont réunis.
Le samedi 5 novembre, comme on sait, madame Lizette Lapointe est sortie de sa réserve pour appuyer monsieur Boisclair. Elle a vanté les qualités de monsieur Boisclair et dénoncé les comportements de meute qui ont marqué tant de nos milieux au cours des dernières semaines. Mieux encore, elle voit en lui un homme responsable qui saura mener le combat indépendantiste à l’avènement qui s’impose. De la gouverneure-générale aux forums indépendantistes qui se veulent les plus militants, on a voulu faire de monsieur Boisclair le malheureux taureau de la corrida. L’écrivain Michel Tremblay a aussi dénoncé l’acharnement qui a eu lieu et son injustice.
Il est certain que celui qui brigue la chefferie du Parti Québécois prend un chemin de montagnes et qu’il peut s’attendre à bien des pentes raides. Je suis quand même désolé que monsieur Boisclair se soit ainsi vu entouré de fachos qui jouaient de la vertu comme des pharisiens. Le summum, ce fut les quolibets de la gouverneure-générale alors qu’elle-même était en pleine fièvre éthylique! Avoir pu la prévenir, j’aurais dit à madame Jean qu’elle n’a pas besoin de l’effet de l’alcool pour braver le ridicule. Elle peut très bien le faire en toute sobriété.

Il est faux de dire que les membres sont inquiets
Thaïs Potvin
TRIBUNE LIBRE 7 novembre 2005
Réponse à Caroline Moreno et Eric Tremblay, au sujet de M. Boisclair
Vous auriez intérêt à lire le texte de Karim Benyekhlef, professeur de droit constitutionnel à la faculté de droit de l' Université de Montréal, paru dans Le Devoir, ces samedi 5 et dimanche 6 novembre 2005. Ce texte a pour titre UNE INTERPRÉTATION DÉMESURÉE DE CE QU'EST L'INTÉRÊT PUBLIC et il apparaît justement aujourd'hui dans Vigile.
Monsieur Tremblay, ce n'est pas la consommation de drogue qui est criminelle, mais la possession de drogue.
Ne vous rendez-vous pas compte, tous les deux, qu'il s'agit ici d'une véritable vendetta des médias contre M. Boisclair. Ils ne font état que de rumeurs, de ouïe-dires, sans aucune preuve. Pourquoi? Parce M. Boisclair est terriblement rassembleur, qu'il a beaucoup de charisme et qu'il est très intelligent. Donc DANGEREUX pour les fédéralistes et pour le Canada anglais. Les médias, tant parlés qu'écrits, qui sont à peu près tous fédéralistes, vous avez remarqué, ont entrepris une attaque en règle contre M. Boisclair: il faut absolument détruire son image, jeter la discorde au sein du PQ. Pour ce faire, on part d'une rumeur rapportée par quelqu'un qui a intérêt à nuire à M. Boisclair (avez-vous vu Enjeux cette semaine? Le point de départ de cette rumeur apparaissait gros comme le gros nez du Père Noël, dans la figure de cette personne à l'origine de tout.) Donc, on part d'une rumeur, on la fait rouler. Quand le principal intéressé a répondu aux questions, eh bien, ça ne suffit pas... on ne lâche pas le morceau, on veut ronger l'os. Donc... on part une autre rumeur, on trouve d'autres questions-insinuations et ça n'a plus de fin. On a déjà fait le coup à Jacques Parizeau... Et on le refera à d'autres. Et on dit que le débat ne se fait pas au PQ... Il se fait le débat, mais les journalistes ne parlent que de.... rumeurs! Moi je crois que M. Boisclair fait bien de vouloir parler du débat.
Je suis militante péquiste et membre du Parti Québécois depuis trente-cinq ans. J'ai 68 ans, je suis une enseignante à la retraite et je n'ai pas peur de voter pour M. Boisclair. Il est faux de dire que les membres sont inquiets. Ce sont les journalistes qui alimentent cette rumeur. Tous les péquistes que je connais espèrent que M. Boisclair sera élu. Nous sommes confiants qu'avec M. Boisclair, nous rassemblerons tous les Québécois lucides, déterminés, conscients de leurs atouts : richesses naturelles, situation géographique, culture, ingéniosité, qui font leur renommée à travers le monde, et nous choisirons enfin de faire du Québec notre pays. Arrêtons de nous voir petits, nous ferons les batailles l'une après l'autre. Je vous en prie, ayez un esprit d'équipe.

Des idées, André Boisclair ? Quelles idées ?
Luc Potvin, Montréal
TRIBUNE LIBRE 7 novembre 2005
Dans l’entourage de M. André Boisclair, on déplore que le débat porte bien davantage sur les frasques passées du candidat que sur ses idées.
Mais quelles idées ? Voilà le problème. Quelles idées ?
M. Boisclair a-t-il déjà publié un texte de fond exposant sa vision du Québec en général et de l’indépendance en particulier ? On ne parle pas ici d’un livre, simplement d’un texte occupant par exemple la moitié, au moins, d’une page d’un journal comme Le Devoir ou La Presse ? On cherche…
Pour connaître sa pensée, force est de se contenter de ses boniments sur son site Internet de campagne et son blogue, de ses petits discours et des entrevues qu’il donne ici et là.
À travers tout le fatras des clichés à la mode sur le développement durable, l’ouverture sur le monde et autres tartes à la crème de même fournée, on arrive quand même à dégager deux grandes idées-maîtresses, mais qui n’ont rien de bien original, c’est le moins qu’on puisse dire.
1º Un nationalisme dit civique par opposition à un nationalisme supposément ethnique.
2º Un néolibéralisme guère différent de celui de MM. Charest et Dumont.
Au nom d’une conception purement civique de la nation, M. Boisclair évacue de son discours presque toute référence à notre histoire quatre fois séculaire. C’est d’autant plus effarent que c’est d’une prise de conscience historique qu’est né le mouvement indépendantiste contemporain. A l’origine, en effet, l’indépendance était présentée comme l’unique moyen pour notre peuple d’accéder à la modernité sans devoir pour autant renoncer à son identité, à sa langue et à sa culture, autrement dit comme l’unique moyen d’échapper au sort tragique de sa diaspora nord-américaine. Qu’est-elle devenue pour M. Boisclair et les tenants du nationalisme dit civique ? Quelle fin lui assigne-t-on désormais ? On se le demande.
Officiellement, on a le choix entre le paiement de la dette, le rééquilibre fiscal, l’increvable développement durable ou toute autre babiole ne s’élevant pas au-dessus de ce que le général de Gaulle appelait l’intendance. Et sur tous ceux qui redoutent l’effet démobilisateur de pareille dilution du discours indépendantiste s’abat la démagogie la plus délirante. Dans un esprit typiquement trudeauiste, on les accuse de nationalisme ethnique et, comme le fit récemment M. Boisclair, on leur oppose le droit du sol, comme s’il y avait déjà eu, dans toute notre histoire, ne serait-ce qu’un seul partisan d’un quelconque droit du sang. Puis, quand ce genre de calomnie ne fonctionne plus, on justifie la mise au rancart de l’argumentaire indépendantiste originel en tirant prétexte du fait que notre émancipation économique s’est produite avant l’indépendance. La belle affaire ! Comme s’il n’était pas évident que cette fameuse émancipation économique, seule notre lutte pour l’indépendance l’a rendue possible en forçant Ottawa à nous jeter un peu de lest. Et comme s’il n’était pas tout aussi évident que, sans l’indépendance, rien de ce que nous avons accompli pour sortir de notre vieille condition de porteurs d’eau ne subsistera, dans la mesure où, sans l’indépendance, rien de tout cela n’est irréversible, bien au contraire.
Quant au néolibéralisme de M. Boisclair, il ressort clairement de la priorité qu’il attribue au remboursement de la dette. Il ressort tout aussi clairement de la place qu’il se dit prêt à faire au secteur privé dans des domaines, notamment les divers services sociaux, où le bien commun ainsi que l’intérêt public et national commandent le maintien du monopole de l’État. Mais, là-dessus, accordons au moins à M. Boisclair le mérite d’une certaine cohérence. La nation purement civique, la nation sans culture particulière ni conscience historique dont il nous rebat les oreilles, c’est bien la nation telle que la préfèrent les rapaces de la mondialisation néolibérale. C’est la même nation anonyme que celle de Trudeau, celle où les droits de la collectivité dans son ensemble sont niés au profit des seuls droits individuels et où, par conséquent, rien ne freine le libre et sauvage mouvement des capitaux. Progressistes, les apôtres du nationalisme civique comme M. Boisclair ? Quelle illusion ! En réalité, la droite néolibérale compte peu d’agents aussi efficaces.
En conclusion, oui, M. Boisclair a bien quelques idées. Mais, faute de textes quelque peu étoffés, il faut les chercher. Aussi, quand on les a trouvées, ça ressemble passablement aux thèses de l’anti-historien Gérard Bouchard ainsi qu’au récent manifeste de son frère Lucien, l’ancien mentor du jeune candidat. Et ça flanque la nausée.
Si c’est ça, le chef dont le mouvement indépendantiste a besoin…

Sylvain Simard accuse les élites fédéralistes de vouloir déstabiliser André Boisclair
Jacques Bergeron, Ahuntsic, Montréal
TRIBUNE LIBRE 7 novembre 2005
Mon cher Sylvain, (tu me permettras que je te tutoie puisque tu es, comme député, le serviteur du peuple)
Le support que tu apportes au candidat Boisclair semble avoir obscurci ta vision des choses et ta capacité d'analyse des événements et des problèmes vécus et véhiculés, d'abord par le candidat lui-même lorsqu'il a fait part à la population qu'il avait consommé, et ensuite par les journaux et les nombreuses lettres d'indépendantistes ne voulant pas être associés à cet individu, cette association qu'il a faite en disant que «tout le monde a fait» ce «qu'il a fait», ce qui, dois-je te le confesser, est de la pure démagogie de la part du candidat Boisclair, ton candidat.
Je ne sais pas si tu as consommé quelque drogue que ce soit? Mais chez moi, je te dirai que cela n'a jamais été le cas, et que je refuse d'être assimilé à ces gens auxquels ton candidat a voulu nous assimiler. Et encore moins, par ce biais, se faire du capital politique sur mon dos. Non mon cher collaborateur et appuyeur du candidat Boisclair je ne veux aucunement être associé à cet individu et à ses frasques de jeunesse, alors qu'il avait près de 35 ans, et qu'il aurait dû posséder un commencement de sagesse à cet âge, ce qui ne semble pas avoir été son cas? Laissons-lui porter son boulet, tout en sympathisant avec lui et en l'appuyant de notre précieuse aide. Mais là devrait s'arrêter notre démarche. Ceci dit, je vais tenter de t'expliquer des choses qu'un «ancien professeur» et «Politique» ne devrait jamais avoir oubliées.
Lorsqu'un individu, surtout lorsqu'il est candidat à un poste important, comme représentant d'un peuple et de son idéal, admet qu'il a «contrevenu à la loi» en se procurant une drogue illicite et en la consommant, et que de plus ces gestes ont été posés alors qu'il occupait un poste de ministre, cet individu dis-je, doit savoir et comprendre qu'il s'est placé dans une situation qui risque de faire la joie des fédéralistes que tu dénonces, dès lors que le dénommé Boisclair aura été élu, quelque chose que je crains au plus haut point, puisque son élection risque de mettre à mal notre idéal, «la recherche de l'indépendance du Québec de langue française» que toi et moi, et des millions d'autres Québécois Québécoises, recherchons.
Tu dois certainement savoir que nos ennemis, ceux que vous, les purs indépendandistes de la «rectitude» politique refusez de voir comme tels depuis toujours, ne vont pas nous faire de faveurs et qu'ils se feront un grand plaisir d'utiliser leurs tribunaux et tous leurs autres moyens afin de «déstabiliser» (est-ce possible de le déstabiliser plus que?) notre nouveau chef (si par malheur il était élu) et de dévaloriser notre idéal? Est-ce que tu sais que les «ennemis du Québec», pays que nous voulons voir émanciper politiquement et culturellement, vont se faire un malin plaisir de démontrer à nos concitoyens et concitoyennes, qu'un ancien ministre ayant avoué avoir consommé des drogues, est un mauvais exemple pour la jeunesse et le peuple qu'il prétend représenter, de même que pour l'idéal qu'il prétend promouvoir. Que par son geste il s'expose à des poursuites de la justice, toute canadienne qu'elle soit?
Si tu ne peux comprendre ces choses, toi un ancien ministre et intellectuel possédant une grande formation universitaire, toujours député indépendantiste devant promouvoir notre idéal, c'est qu'il y a quelque chose qui cloche dans tes capacités d'analyse, que seule une amitié trop grande pour une personne peut obnubiler. Mais encore là ce n'est pas une excuse, puisque tu aurais dû lire à tête reposée, tous les articles qui ont été écrits par des indépendantistes, (même par la grande Presse de Paul Desmarais) même s'ils ne sont pas tous tes amis, mais indépendantistes tout de même, sur le controversé André Boisclair, le candidat que tu portes aux nues en t'attaquant aux fédéralistes, mais aussi aux indépendantistes par ce biais, comme ce fut le cas pour le candidat Jean Ouimet que tu as rabroué, par des insultes indignes d’un indépendantiste et d’un «Universitaire», dois-je te le dire, même si tu t’es excusé depuis cet affront fait à un homme digne qui n’a que posé les questions auxquelles ton candidat refuse de répondre de peur d’être mieux connu du public pour ses frasques et ses erreurs de jeunesse (sic) que pour ses qualités lorsqu’il était ministre dans le même gouvernement que toi! Disons que ce comportement ressemble beaucoup à celui de la Gouverneure générale du Canada que tu dois certainement avoir réprouvé et dénoncé?
J'ai le goût de te dire qu'en bon français, cette façon de faire ressemble beaucoup à de la démagogie, un outil que je suis certain tu ne dois pas apprécier, puisqu'en t'attaquant aux fédéralistes, tu sais que tu risques de culpabiliser les âmes faibles et les colonisés, et qu'en se faisant, tu leur interdis de penser et d'agir, ce qui est la source même de la liberté de l'individu, au-delà, et bien avant l'adoption des chartes des droits et libertés de «PET» et de «René Lévesque». Disons que ce n'est pas très subtil de ta part, et que cette démarche ne saurait m'atteindre, ni atteindre ceux et celles qui refusent d'être les outils et les complices de celui qui a admis avoir posé des gestes illégaux, soit, se procurer et consommer une drogue jugée illégale par nos lois. J'espère et souhaite, que cette petite mise au point, toute amicale et détachée de tout autre intérêt que celui du peuple du Québec, t'aidera à mieux cerner le problème et à en bien saisir toute la dimension. L'idéal que nous poursuivons est trop important pour qu'il soit assujetti à celui d'un homme, fût-il ton ami ou le mien. C'est d'abord cette dimension de notre idéal que nous devons comprendre, mais que le candidat Boisclair, de même que toi et d'autres indépendantistes semblent ne pas comprendre, ou ne pas vouloir comprendre?
En terminant, avec plusieurs autres «indépendantistes», et au-delà des fédéralistes que tu dénonces, permets-moi de souhaiter que tu sauras convaincre André Boisclair de se désister avant que ses problèmes ne viennent contrer l'idéal qu'ensemble nous poursuivons. Tu pourrais peut-être, si tu le veux bien, lui répéter cette devise dont je t'ai fait part plus tôt; à savoir: «qu'aucun homme n'est plus important que la cause qu'il défend, ou prétend défendre et promouvoir».
Questions, mon cher Sylvain, qui m’aideront, et qui aideront des milliers de membres de notre parti, dans le choix du candidat idéal pouvant le diriger ?
1) Est-ce que le comportement de Boisclair peut avoir autant d’influence «malsaine» pour notre jeunesse et pour la population en général, que celui du joueur de Baseball Raphaël Palmeiro pour lequel son gérant l’a mis à la porte en septembre dernier?
2) Peux-tu m’affirmer que le comportement du candidat Boisclair n’aura pas un impact négatif sur le vote lors de la prochaine élection au Québec?
3) Peux-tu m’affirmer que le Parti Libéral de Jean Charest n’utilisera pas les faux-pas d’André Boisclair lors de la prochaine campagne électorale afin de dévaloriser notre cause et notre parti?
4) Peux-tu m’assurer que les ennemis (fédéralistes) de notre idéal n’utiliseront pas cette erreur de jeunesse (sic) du candidat Boisclair afin de combattre notre idéal lors d’un prochain référendum?
5) Dernière question à laquelle je souhaiterais, comme de nombreux indépendantistes, que tu répondes.
Comme le candidat Boisclair nous a tous mis, toi, moi et tous les Québécois, de façon démagogique, dans le même panier, lorsqu’il s’est confessé publiquement d’avoir consommé de la «cocaïne», en disant : de toute façon nous avons tous consommé. «Pourrais-tu nous dire» si «toi et tes confrères et consoeurs» avez consommé le fruit illégal tel qu’affirmé par le candidat que tu supportes dans sa confession publique?
Mon cher Sylvain Simard, si tu ne peux obtenir 80% dans cet examen de science «politique», un domaine que tu connais très bien, il te sera impossible de me convaincre de voter pour ton «pupille», fut-il celui de Mme Lapointe/Parizeau et de celui des «députés du PQ et du Bloc confondus»!
L’idéal que je poursuis depuis plus de 40 ans, (membre du RIN dès 1963) m’interdit de courir le risque d’élire ton candidat à moins que...

Je suis capable de discernement
Nic Payne
TRIBUNE LIBRE 7 novembre 2005
Les prédicateurs qui nous annoncent l'effrayant péril qui attend selon eux le mouvement indépendantiste advenant l'élection d'André Boisclair, vont finir par se disqualifier à force d'en rajouter sur une toast déjà bien beurrée. Mais je ne les blâme pas de vouloir faire autant de lumière que possible sur cette histoire de consommation; Ils sont en train d'exploiter, et donc de vider, tout le potentiel négatif de cette affaire. Tant et si bien que ses effets handicapants, à brève échéance, seront largement éventés.
Je trouve que la cocaïne est une drogue franchement merdeuse. J'ai droit à mon opinion là-dessus. Mais qu'un homme politique m'annonce qu'il en a déja consommé alors qu'il était ministre, en dehors de ses heures de travail et sans en faire lui-même l'achat, ne le discrédite pas automatiquement à mes yeux; D'autres ont abusé de l'alcool ou engagé des prostituées, ou que sais-je encore, et ont pourtant réalisé de grandes choses et connu de longues et belles carrières. Je suis capable de discernement, et de me faire une idée sur ces questions au cas par cas. Exiger des politiciens qu'ils soient absolument vierges de toute défaillance passée devant la Morale des uns ou des autres, qu'ils soient sans relâche suintants de pureté depuis toujours, m'apparaît exagéré, presque douteux.
Aussi, ceux qui reprochent au candidat Boisclair sa gestion de cette affaire délicate plus que le geste lui-même, auraient-ils fait bien mieux à sa place ? Je voudrais les y voir.
Si on veut vraiment qu'une nouvelle génération prenne sa place sur l'échiquier politique, on ferait mieux de s'habituer. Monsieur Boisclair ne sera pas le dernier politicien à avoir été en contact avec cette drogue ingrate et encore tabou qui se répand sur le Québec depuis déja trois décennies, avec une pointe dramatique dans les années 90 alors qu'elle est devenue beaucoup plus accessible en dehors de certains millieux plus restreints, au point d'en devenir un facteur social digne de mention.
Sacrifier Boisclair sur l'autel de l'éthique et de la morale est une chose; Provoquer la victoire de mme Marois pourrait en être le résultat. À cet égard, par souci de transparence et au bénéfice du mouvement indépendantiste qu'ils disent vouloir protéger, les tenants de cette avenue devraient peut-être répondre à quelques questions.
Outre son évidente maîtrise des dossiers et sa grande expérience, expliquez-moi pourquoi celle qui m'est apparue un peu maladroite dans sa façon de réclamer cette course, et au gré de certaines déclarations récentes, serait plus rassembleuse. Parlez-moi de sa force de conviction indépendantiste, relatez des moments, citez des discours où elle plaide de façon vibrante et convaincante pour l'indépendance. Expliquez-moi pourquoi j'ai l'impression persistante, après avoir scruté son plan d'action et analysé minutieusement son propos, qu'elle propose de prendre le pouvoir sur la foi du bon gouvernement social-démocrate pour ensuite " préparer " la souveraineté, ce qui me semble être une erreur; En effet, se pourrait-il que le Québec soit, en bonne partie, en période de recul par rapport à la social-démocratie péquiste et penche souvent, pour cette raison, en faveur de l'ADQ ? Dix ans après la démarche très déterminée de 1995, soumettre l'adhésion à l'indépendance aux aléas de la gouvernance péquiste traditionnelle sans trop se commettre sur la tenue à court terme d'un référendum est-il vraiment indiqué ? Et on se demande encore pourquoi l'option est plus populaire que le parti...
Peut-être que je m'identifie moins à mme Marois parcequ'elle est une femme, me direz-vous. J'aurai ici l'honnêteté téméraire et masochiste d'affirmer que je n'arrive pas à être absolument certain que cela n'est pas un facteur. Comment faire pour vraiment savoir, puisque mme Marois est la seule femme dans cette course, et la première à convoiter ce poste. Mais je m'efforce de mon mieux de m'attarder à ce qu'elle propose, et je m'attends de ceux qui veulent écarter Boisclair à ce qu'ils nous disent pourquoi la seule autre aspirante logique selon plusieurs, devrait être choisie autrement que, un peu, par défaut.
