Pauline Marois nous conduira à l’indépendance
C’est dans la logique de notre histoire

Andrée Ferretti
TRIBUNE LIBRE 8 novembre 2005

Forte de ma connaissance exhaustive de ses textes et de la qualité exemplaire de son militantisme, mon appui est d’abord allé à Pierre Dubuc. Je le sais apte à rétablir le prestige de l’indépendance et déterminé à ne faire aucun compromis de fond sur les voies à prendre pour la réaliser rapidement et démocratiquement, grâce à des stratégies efficaces de mobilisation du peuple.

Puis, devant le désastre que représente à mes yeux l’éventuelle élection d’André Boisclair, dont j’ai expliqué, ailleurs, les raisons profondes dans un article intitulé : André Boisclair ou le miroir aux alouettes, et qui sont, en résumé, mon refus de sa conception néo-libérale du développement sociétal et mon rejet de sa vision de l’indépendance, qui minimise l’importance des fondements historiques du droit de la nation québécoise à son autodétermination, comme si la mémoire historique n’était pas de tout temps la voie universellement empruntée pour rendre le passé intelligible et l’avenir différent, j’ai décidé récemment d’inscrire Pauline Marois comme premier choix sur mon bulletin de vote. Je voulais ainsi contribuer à la défaite du candidat Boisclair.

Maintenant, je voterai pour Pauline Marois par conviction.

Inspirée par une intuition soudaine, je me suis replongée dans notre histoire pour vérifier la place que les femmes y ont occupée et j’ai redécouvert qu’elle était et demeure primordiale, parce qu’elles en ont été et qu’elles en sont le noyau dur. Après avoir réfléchi au sens de cet apport, j’en suis arrivée à la conclusion que l’élection d’une femme à la tête du Parti québécois et, du même coup, à la tête du vaste mouvement indépendantiste qui se déploie aujourd’hui dans toutes les sphères de la société québécoise, serait l’aboutissement logique de nos luttes deux fois séculaires pour défendre et promouvoir notre existence nationale, dans la création d’une société équitable.

À comparer ses réalisations à la tête des ministères de la santé et de l’éducation à celles de nos grandes bâtisseuses, aux Marguerite Bourgeoys, Marie de l’Incarnation, Jeanne Mance, Marguerite d’Youville, Émilie Gamelin et autres Eulalie Durocher, ces fondatrices de nos premiers hôpitaux et de nos grandes maisons d’enseignement, j’ai trouvé que Pauline Marois s’inscrivait avantageusement dans leur lignée, qu’elle est de leur trempe. Comme elle est de la trempe des Marie Rollet et autres défricheuses des Pays d’en Haut, ces innombrables mères de famille qui, en plus d’assumer pleinement leurs responsabilités familiales, parfois énormes quand les enfants étaient nombreux, ont contribué de manière significative au développement économique et social de leurs communautés, à toutes les époques et selon les exigences de chacune et les moyens qu’elle offrait. Comme elle est de la trempe des Marie Gérin-Lajoie, Caroline Béique, Idola St-Jean, Laure Gaudreault, Thérèse Casgrain, Madeleine Parent, Léa Roback, Monik Sioui, Évelyn O’Bomsawin, Simone Monet-Chartrand, de ces infatigables militantes engagées dans de multiples organisations sociales, syndicales, coopératives, politiques, dont les luttes constantes pour les droits citoyens, ont tramé, à la base, le tissu social du Québec solidaire.

À l’égal de ces femmes célèbres et de toutes celles, anonymes, qui ont construit la nation québécoise, en ont conservé et transmis la langue, la culture et tous les caractères qui lui sont propres, Pauline Marois est une femme de tête et de cœur, inséparablement. Et sa puissance réside précisément dans toutes les qualités réunies de l’intelligence et de la sensibilité.

Une puissance qui est au-delà de la force. Si celle-ci ne s’exerce pas nécessairement de manière brutale, elle postule toujours à l’hégémonie absolue et donne par conséquent lieu à des rapports de domination, à des compétitions souvent destructrices, à des solutions inéquitables des problèmes qui ne peuvent que conduire à des conflits, parfois violents. La vraie puissance, au contraire, parce qu’elle ne sent pas son pouvoir constamment menacée, n’exerçant pas celui-ci d’abord pour lui-même, est rassembleuse, elle permet l’émulation, l’expression et le développement de toutes les créativités. La vraie puissance ne craint pas les forces concurrentes, si elles convergent vers un but commun et sait faire avec elles les alliances nécessaires à l’atteinte du but

Or, cette capacité est capitale, en ce moment de notre histoire où nous pouvons enfin franchir l’étape décisive nous conduisant à l’indépendance politique, et Pauline Marois n’a cessé de démontrer au cours de la présente course qu’elle est douée de cette puissance qui, par exemple, l’a amenée à saluer l’avènement d’Option citoyenne comme mouvement indépendantiste, qui lui vaut, autre exemple, le respect et la confiance des nombreux autres candidats qui se désisteront en sa faveur.

Et comme c’est cette sorte de puissance qui a soutenu les luttes quotidiennes menées par les femmes du Québec avec dévouement, détermination et ténacité, appuyées sur la recherche des solidarités, évitant les conflits inutiles, et dont les victoires souvent sans éclat mais toujours émancipatrices constituent les assises les plus positives de notre développement historique, je pense que Pauline Marois est la personne à élire en toute logique, pour prendre la direction du mouvement indépendantiste, si nous désirons un avenir de liberté, de paix et d’équité pour notre nation.

Et quelle ne sera pas notre fierté d’avoir donné au monde la première femme qui aura réalisé l’indépendance de son pays!




TRAÎNÉE DE POUDRE

Bruno Collin
TRIBUNE LIBRE 8 novembre 2005

À l’exception de Jean-Claude St-André, les candidats à la chefferie proposent tous de bien gouverner la province d’une main et de faire l’indépendance de l’autre ! On ne peut nier le caractère contradictoire de ces propositions, de même qu’on ne peut soutenir sérieusement que la gouverne péquiste d’après 1995 ait été une réussite. En fait, les gouvernements Bouchard et Landry ont probablement causé plus de tort au projet de souveraineté que tous les régimes libéraux des deux dernières décennies. D’ailleurs, de plus en plus de gens font de moins en moins la différence entre un gouvernement péquiste ou libéral.

Il est plus urgent que jamais d’ouvrir les yeux et de reconnaître que les vrais ennemis de la souveraineté du Québec ne sont ni les fédéralistes, ni les Canadiens anglais, ni même les médias, mais bien plutôt nous-mêmes, avec notre peur maladive de l’affirmation et des risques inhérents à la confrontation. Il faudrait pourtant cesser de craindre ce que Robert Bourassa appelait «le vent froid de l’histoire» ! Tant que nous aurons peur des courants d’air, nous resterons tapis au sol, exposés à tous les empiètements. Jean-Claude St-André propose plutôt une démarche d’affirmation, avec une constitution provisoire, des gestes concrets de rupture avec le fédéralisme canadien, des états généraux sur une nouvelle constitution et enfin, la tenue d’un référendum sur l’approbation de ce projet de constitution. Si elle est approuvée, elle devient dès lors exécutoire. Voilà un vrai plan d’action qui écarte l’ambiguïté inhérente à l’aspiration de gérer la province en attendant de faire le pays.

Comment expliquer le parti pris des autres candidats pour une démarche caduque qui d’évidence est vouée à l’échec et ce, quel qu’en soit le résultat ? N’est-ce pas là un marché de dupes au service de quelques futés qui profitent du manque d’audace des militants pour se hisser à la tête du gouvernement provincial ? Certains veulent à tout prix se libérer des Libéraux. Nous croyons qu’il est préférable de se libérer d’abord de la phobie de la confrontation et des rêves stériles de réussite sans effort.




La meilleure façon d'en arriver à l'indépendance du Québec

Alain Raby, Saint-Jean-Port-Joli
TRIBUNE LIBRE 8 novembre 2005

La meilleure façon d'en arriver à l'indépendance du Québec ou la proclamation de l'indépendance par l'Assemblée nationale avant la tenue du référendum.

À la lumière des débats politiques actuels voici la façon dont j'imagine le Québec parvenant à son indépendance politique.

- Lors de la prochaine campagne électorale, il ne faudra pas tromper le peuple mais lui laisser clairement savoir qu'aussitôt élue l'Assemblée nationale constituée d'un gouvernement indépendantiste adoptera une constitution provisoire afin d'établir la propre légalité du peuple québécois. (Comment se fait-il que le parti québécois ne l'ait pas fait durant qu'il était au pouvoir?). Cette Assemblée nationale proclamera alors l'indépendance du Québec. Nous sommes entrés dans la fédération canadienne sans référendum populaire par le simple vote des députés. Le légendaire « fair play » anglais voudra bien que nous en sortions de la même façon.

- Une date ultérieure mais relativement rapprochée sera fixée pour la tenue du référendum qui entérinera la première constitution du Québec *. Plusieurs pays ont procédé semblablement en proclamant leur indépendance d'abord, et en tenant un référendum ensuite. Exemple :




Norvège
Estonie
Lituanie
Lettonie
Slovénie
Ukraine
Arménie

Déclaration d'indépendance

7 juin 1905
2 février 1990
11 mars 1990
4 mai 1990
2 juillet 1990
16 juillet 1990
23 août 1990

Tenue
de référendum

août 1905
3 mars 1990
9 février 1991
3 mars 1991
23 dec. 1990
1 dec. 1991
21 sept 1991

Entrée à l'ONU


27 septembre 1945
17 sept.1991
17 sept.1991
17 sept 1991
22 mai 1992
24 oct 1945
2 mars 1992

Plusieurs autres pays n'ont même pas daigné procéder à un référendum après que leurs élus eurent proclamé l'indépendance nationale, et ils ont été acceptés par les autres pays et l'ONU. Exemple : la Slovaquie, la Biélorussie, l'Azerbaidjan et de nombreux autres.

Bye bye Stéphane Dion et sa loi C-20 traquenards, qui nous ferait languir pendant des années devant la Cour Suprême du Canada pour finalement nous signifier encore une fois notre statut colonial. - Ça suffit. - Entre-temps on aura peut-être commencé à construire un turbo train Windsor-Québec-New-york ou d'autres bonbons auront été offerts au peuple. C'est ce qui arriva aux Australiens de l'ouest, en 1933, qui avaient pourtant gagné le référendum avec 68%. Ils sont aujourd'hui assimilés.

- La citoyenneté québécoise sera instaurée, avec carte d'électeur, pour assurer que seuls les citoyens du Québec voteront lors du référendum.

- Mise en place d'un comité d'observateurs internationaux.

- Création d'une cour constitutionnelle du Québec.

- Le poste de lieutenant-gouverneur devra être aboli dans les plus brefs délais (il aurait dû l'être depuis longtemps tout comme le fut le sénat) et ses pouvoirs dévolus au président de l'Assemblée nationale en attendant le président de la république.

- De vastes consultations, appelées opération de participation citoyenne, permettront la rédaction de la première constitution du Québec.

- Entre-temps aura été déclenchée une vaste offensive diplomatique internationale pour sensibiliser le reste du monde à notre désir et à la légitimité de devenir souverain.

- Il restera à poser notre candidature auprès des Nations-Unies afin de joindre la grande famille des nations libres.

Fini l'angélisme. Allons droit au but.

Seul Jean–Claude St-André propose semblable approche. Elle réfère en bonne partie à la proposition Laplante-Parizeau. Le futur chef devra s'en inspirer.

Un patriote engagé.

*Le référendum sur la constitution pourrait consister en un vote à deux volets, à savoir premièrement l'acceptation de l'indépendance politique de notre peuple; et deuxièmement les autres modalités de cette constitution.




L'Halloween est déjà passée, pourtant

Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec)
TRIBUNE LIBRE 8 novembre 2005

Cela lève le cœur de voir deux candidats de gauche comme Pierre Dubuc et Jean Ouimet s’en prendre à André Boisclair sur la question de sa consommation passée de cocaïne, dans le seul but d’effrayer les membres du PQ. La gauche au Québec passerait l’arme à gauche si elle était dirigée par ces deux candidats à la noix. Jamais Françoise David, de l’Option citoyenne, ni Amir Khadir, de l’Union des forces progressistes, ne se seraient abaissé à attaquer André Boisclair sur un terrain aussi merdique. C’est sur celui des idées qu’ils l’auraient fait.

Si un quarteron de petits candidats a attendu pratiquement jusqu’à la fin de la course à la chefferie pour ressortir cette histoire, c’est qu’il pressent qu'André Boisclair va l’emporter malgré tout ce qu’on aura tenté contre lui, et qu’en désespoir de cause, tous les coups sont désormais permis. On se croirait aux États-Unis du temps d’un Clinton harcelé pour avoir fumé de la marie-jeanne (sans l’avoir inhalée) ou pour s’être fait halé le cigare. Minable!

Cette affaire prend des proportions si invraisemblables qu’il est à se demander si l’homosexualité avouée de Boisclair n’est pas ce qui inquiète vraiment nos moralistes jetant la première pierre, qui estiment peut-être que le Québec n’est pas prêt à élire un premier ministre homosexuel, pas plus qu’il ne serait prêt à le suivre sur la route de l’indépendance. Mais comme ils ne peuvent aborder le sujet…

Si les membres du PQ ont la sagesse d’élire un homme comme André Boisclair à la tête de ce parti, les Québécois auront de même la sagesse d’élire un jour le même homme à la tête du gouvernement. Et lors d’un éventuel troisième référendum, si le camp du NON fait l’erreur de ressortir l’histoire de la cocaïne, il se passera ce qui se passe maintenant : voyant le fier Boisclair attaqué injustement, les Québécois n’ont qu’un seul réflexe : le défendre.




Les hors-la-loi

Marie Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 8 novembre 2005

Le Canada (ça, nous le savions depuis longtemps), et maintenant le Québec, sont devenus des territoires de hors-la-loi. Comme au temps du Far West, territoire sans foi, ni loi.

Un cavalier accompagné de seize anciens compagnons de route, et de Lisette-la-Mitraille s'imposent, terrifient, et sans égard pour la loi tentent de prendre le contrôle de la ville naissante. Et voilà les villageois en sécurité; ils se croient bien à l'abri des hors-la-loi «canadian».

Le chef de la bande une fois au «saloon», revolver sur le comptoir, édicte sa loi qui sera dorénavant en vigueur dans la ville. La loi pour le peuple seulement.

***

Comment expliquer que des députés, ministres puissent s'imaginer être si influents au point de croire que nous les suivrons dans leur délire au nom de la Cause. Au contraire, leur venue sur la scène publique nous force à nous demander de quel pays parlent-ils? de quelle cause s'agit-il? C'est scandaleux.

Faut-il croire que nous aurions pu faire un pays avec de pareils hors-la-loi? De gens pour qui des infractions criminelles ne sont pas plus importantes que de piquer une pomme.

Troublant et inquiétant que tout cela.




LA FAILLE

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 8 novembre 2005

Charmante, écrivait Hélène Buzzetti du Devoir,
au sujet de la nouvelle GG :
« Tous ceux qui, un jour,
ont croisé le chemin de Michaelle Jean l’affirment
avec la gêne de proférer un truisme.
Elle est charmante, intelligente, douce, sympathique, empathique.
Chercher la faille dans cette perfection ? »

La faille, Michaelle Jean nous l’a elle-même révélée
en se dévoilant.

« Talentueux, Boisclair. Franc, ouvert.
Grande lucidité, sens de l’écoute, intégrité.
La personne toute désignée pour nous rassembler.
Il représente la nouvelle génération de souverainistes,
celle du renouvellement.
Fougueux. Convaincu. Convaincant.
Un leader à l’image de notre temps.
André Boisclair est aussi un homme d’équipe
qui n’hésite pas à s’entourer de personnes compétentes.
Sa conception de l’État est avant-gardiste. »

Chercher la faille dans cette perfection ?

La faille, André Boisclair nous l’a révélée
en dévoilant peu
des qualités de futur Premier ministre
qui lui sont prêtées.




Boisclair a commis des actes criminels

Éric Tremblay, Avocat et fervent indépendantiste
TRIBUNE LIBRE 8 novembre 2005

Dans son texte paru le 7 novembre, Mme Potvin m'invite à prendre connaissance du texte de Karim Benyekhlef: "Vous auriez intérêt à lire le texte de Karim Benyekhlef, professeur de droit constitutionnel à la faculté de droit de l' Université de Montréal, paru dans Le Devoir, ces samedi 5 et dimanche 6 novembre 2005. Ce texte a pour titre UNE INTERPRÉTATION DÉMESURÉE DE CE QU'EST L'INTÉRÊT PUBLIC et il apparaît justement aujourd'hui dans Vigile. Monsieur Tremblay, ce n'est pas la consommation de drogue qui est criminelle, mais la possession de drogue."

Voici l'extrait tiré du texte du professeur de droit constitutionnel de l'Université de Montréal auquel Mme Potvin fait référence:

"Dans le présent cas, des rumeurs ont d'abord fondé les questions des journalistes. Jusqu'à ce que le candidat lui-même avoue avoir consommé de la cocaïne. Il a alors répondu aux questions en donnant suffisamment de détails pour comprendre le contexte de son action.

On a alors invoqué l'intérêt public pour aller encore plus loin en précisant que la consommation de cocaïne est un crime et qu'il est alors légitime de s'enquérir du comportement d'un ministre alors en exercice. Tout d'abord, il est faux de prétendre que la consommation de cocaïne est un crime. Selon la Loi réglementant certaines drogues et autres substances, c'est la possession de cocaïne qui constitue un crime. La possession suppose notamment l'exercice d'un contrôle sur ladite substance, contrôle qui semble absent dans le cas Boisclair puisque ce dernier dit s'être fait offrir la substance."

Voici ma réponse à Mme Potvin et, par la même occasion, M. Benyeklhef:

Je n'ai jamais prétendu que la consommation de coke constituait un crime selon le Code criminel canadien et la Loi sur les stupéfiants. J'ai toujours maintenu que c'est la possession qui constitue un acte criminel.

Par contre, contrairement à ce que prétend M. Benyekhlef, la consommation de la substance illégale suppose sa possession. Expliquez-moi comment une personne pourrait "sniffer" la poudre blanche sans la posséder, ne serait-ce que quelques secondes?

M. Benyeklhef définit la possession par "l'exercice d'un contrôle sur ladite substance". Il a raison. Cependant, pour consommer la coke, il faut la contrôler! Ce contrôle se prouve aisément.

Par exemple, si un individu étale la coke sur le revers de sa main avant de la renifler, cela constitue une preuve de contrôle. Autre exemple, si 5 individus sont confortablement assis à l'entoure d'une table sur laquelle se trouve la coke, ceux-ci sont présumés en contrôle de ladite substance. Autre exemple, si trois individus circulent en voiture et que de la coke se retrouve dans un compartiment quelconque (ex: coffre à gants), les trois occupants sont présumés en contrôle de ladite substance. Je pourrais continuer ainsi pendant des heures.

Aussi, quand M. Benyekhlef dit que le contrôle de la coke semble absent dans le cas de Boisclair, puisqu'il se l'aurait fait offrir, il se goure complètement. Même si Boisclair, comme il le prétend, n'a jamais acheté la coke, mais qu'elle lui a été offerte, par son acceptation de l'offre, il a effectivemennt contrôlé ladite substance, ne serait-ce que le temps qu'il faut pour la "sniffer"!

M. Benyekhlef fait bien de rappeler qu'il est professeur de droit constitutionnel, car dans la pratique, comme je l'ai démontré, la consommation de Boisclair, alors qu'il était ministre, suppose nécessairement le contrôle temporaire de la cocaïne, donc sa possession. En ce sens, comme je l'ai toujours maintenu, Boisclair a commis des actes criminels punissables d'un maximum de 7 années de prison.

Vous savez, Mme Potvin, qu'il existe une grande différence entre la théorie et la pratique. Tout comme il existe une grande différence entre un professeur de Droit constitutionnel et un avocat criminaliste.

En espérant vous avoir éclairée, ainsi que bon nombre d'inconditionnels aveugles de Boisclair.




AU PAYS DES LOUPS

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 9 novembre 2005

Celui qui perd son sang-froid montre seulement
qu’il ne croit pas, au fond de lui-même,
à la justesse de ce qu’il soutient.

Mika Waltari



Vingt ans qu’il n’y avait pas eu de course.
Une course réclamée
bien avant la démission de Bernard Landry
pour, disait-on, servir la cause.

« Où est cette ouverture du Parti Québécois ?
Cette peur des chicanes ? » questionnait Nicole Léger.
« Ce sont, défendait-elle alors,
les débats, les idées et les divergences d’opinions
qui ont fait avancer le Parti Québécois
au fil des années. »

Tout ce tapage pour en arriver là.
Une grosse chicane de famille.
Grâce à ses divergences d’opinions,
le parti avance.
Bravo.
Et où va-t-il ?

Après avoir hurlé
les loups iront
se jeter dans la gueule
du petit chaperon rouge.

Fin de l’Histoire.




Appel à la raison pour sauver le PQ

Jean-Claude Michaud, Saint-Eustache Pays du Québec
TRIBUNE LIBRE 9 novembre 2005

Chers amis souverainistes,

Il faut que tous les militants et les candidats reprennent leur calme, cessent les injures et débattent normalement dans l'ordre et la paix et le respect des différents candidats et des opinions contraires. Je regarde mon parti et j'ai de la misère à croire que ce parti peut nous conduire à la création d'un nouveau pays tellement le désordre et le déchirement semblent prononcés En plus nous voulons établir un état pacifique exemplaire pour le reste de la planète; un des phares de la paix dans le monde. Eh bien, je ne sais vraiment pas comment nous allons nous y prendre avec une équipe politique qui sera formée de plusieurs de ces candidats qui auront de la difficulté à se rallier au vainqueur dans le climat actuel de chicane infantile.

Je crois qu'il faut être très lucide pour reprendre un mot qui fait parti de l'actualité récente et élire le chef qui pourra faire la paix entre les camps opposés au lendemain de sa victoire, incarner le changement et la maturité et qui pourra facilement battre Charest et qui, en même temps, aura su préparer avant la prochaine élection le public à voter OUI lors du référendum décisionnel. Pour ma part, je crois que cette personne est Richard Legendre, un nouveau politicien, donc le changement et, en même temps, la maturité et l'expérience, il a 52 ans et a été joueur de tennis et entrepreneur avant de devenir politicien et un homme plus charismatique que madame Marois qui ne pourra peut-être pas être élue car le peuple ne s'identifie pas à elle et monsieur Boisclair se fera talonner sur ses histoires de drogue en plus de n'avoir pas démontré qu'il avait l'étoffe d'un chef dans la gestion de cette crise et son comportement avec les journalistes laisse à désirer en plus d'esquiver sur des questions importantes de gouvernance de l'état.

Je pense aussi qu'il pourra rapprocher les purs et durs des plus patients et les gauchistes, des centristes et des centres droitistes qui forment cette coalition indépendantiste.




L’ex-Président de la circonscription de Montmorency appuie la candidature d’André Boisclair

Daniel Lévesque, arrondissement Beauport, Québec
TRIBUNE LIBRE 9 novembre 2005

André Boisclair a choisi de façonner le destin et forcer l’histoire en y étant partie prenante.

À titre d'ex-président du Parti québécois de la circonscription de Montmorency, c'est avec fierté que j'annonce aujourd'hui de manière officielle que je compte appuyer Monsieur André Boisclair à la présidence du Parti québécois.

Monsieur Boisclair a choisi de s’investir dans la voie politique pour mener le Québec à sa souveraineté. Or comme on le voit, la vie politique est dure et exigeante.

Les derniers jours, qui furent extrêmement difficiles pour Monsieur Boisclair, ont donc consolidé ma conviction déjà profonde que ce dernier est le candidat capable de nous mener vers notre souveraineté nationale. Devant une offensive qui s’apparente à un acharnement scabreux devenu carrément indécent, Monsieur Boisclair a démontré dernièrement, qu’il disposait d’une force de caractère hors du commun et qu’il est capable de résister à une pression rarement vue dans l’histoire politique moderne. Pour passer à travers pareille épreuve, Monsieur Boisclair doit disposer d’un équilibre personnel inouï. Il a ainsi fait la preuve de façon non équivoque qu’il est homme d’envergure capable de jouer au-dessus d’une mêlé où les coups sont des plus vicieux et où les gestes les plus déplorables se sont multipliés.

D’autre part, nul doute que Monsieur Boisclair saura mettre de côté les attaques fratricides de cette course afin de rallier tous les souverainistes. Par son expérience, Monsieur Boisclair connaît aujourd’hui mieux que quiconque les aléas d’une condition humaine à la fois dans ce qu’il y a de meilleur et de pire. Et je ne fais ici aucunement allusion au passé de Monsieur Boisclair mais bien à l’hypocrisie et la perfidie de ceux qui lui ont tourné le dos à cause de son passé. « Que celui qui n’a jamais péché lance la première pierre ! » Voilà des mots qui auraient dû nous inspirer et qui ont hélas été occultés au profit d’intérêts bassement politiques. Par ces actes, nous avons oublié ce que nous sommes : des êtres humains imparfaits et malheureusement capables d’erreurs. Aujourd’hui, ceux qui manquent de jugement, sont donc d’abord et avant tout ceux qui capitalisent sur les erreurs des autres au lieu de façonner le destin et forcer l’histoire.

Je ne ferai aucun cas ici de cette petitesse qui nous déshonore à la fois comme parti et comme peuple. Par contre, je ne peux m’empêcher de penser avec une profonde tristesse, à cette estime perdue, que nous aurions pu nous attirer de tous les Québécois si nous nous étions gardés de nous salir comme nous l’avons fait. Il est à espérer que les dommages à la cause que nous défendons soient limités.

Je souhaite bonne chance à Monsieur André Boisclair et je l’assure ici non seulement de mon appui mais également de toute ma collaboration dans cette marche vers un Québec souverain, libre, prospère, égalitaire mais aussi et surtout tolérant.




À pure invention, pure tromperie!

Robin Philpot, Auteur de Le référendum volé (Les Intouchables)
TRIBUNE LIBRE 9 novembre 2005

André Pratte va un peu trop vite (éditorial le 6 novembre « Mentez, mentez… »). Il prétend que, parce que le juge Gomery rejette le témoignage de Benoît Corbeil, ancien directeur général de l’aile québécoise du Parti libéral du Canada, tout ce que M. Corbeil a dit sur le référendum de 1995 « doit être considéré comme pure invention ».

En effet, M. Corbeil a dit que, à la veille du référendum, le Canada a accéléré le processus de naturalisation des nouveaux citoyens canadiens pour gonfler les appuis au NON lors du référendum. Pure invention? Absolument pas! On estime à 40 000 le nombre de nouveaux citoyens qui ont eu le droit de vote prématurément en 1995, dont environ 30 000 auraient voté NON. Dans le seul but de battre le OUI, le Canada a violé ses propres règlements internes et passé outre aux vérifications minimales dans le processus de naturalisation de citoyens, avec la fâcheuse conséquence qu’il a même laissé entrer, en octobre 2005, un dénommé Al Rauf Al-Jiddi, aujourd’hui recherché par les États-Unis pour ses liens avec Al Qaeda (Washington offre une prime de 5 millions US$).

Benoît Corbeil a dit aussi que le Parti libéral et les tenants du NON avaient violé les lois du Québec en dépensant énormément d’argent, notamment pour le mal nommé love-in du 27 octobre 1995, trois jours avant le référendum. Pure invention? Absolument pas! Les principaux organisateurs de cet événement s’en vantent même. Les Brian Tobin, John Honderich, Sheila Copps et tant d’autres savaient fort bien qu’ils violaient les lois du Québec ce 27 octobre, mais ils se sont dit : « Au diable les conséquences! »

En avril dernier, en disant que le référendum de 1995 a été volé, Benoît Corbeil a porté un jugement. Vous pouvez le contester, mais prétendre que tout ce qu’il a dit est « pure invention » serait pure tromperie. Pour ma part, j’ai étudié la question pendant 18 mois avant d’arriver à la conclusion que si la campagne référendaire de 1995 s’était déroulée dans le respect des lois du Québec et du droit des nations de disposer d’elles-mêmes, le OUI l’aurait emporté!




VIGILE POUR LOUIS-RIEL

Michel Émery Président Section Louis-Riel (SSJBM)
TRIBUNE LIBRE 9 novembre 2005

Bonjour,

Depuis quelques années, la Section Louis-Riel commémore le patriote métis Louis-Riel en tenant une vigile sur le territoire de sa section. Il nous fait extrêmement plaisir de vous inviter à célébrer la mémoire de ce célèbre personnage qui fut victime d’une abominable machination Canadian.

Donc la Section Louis-Riel vous convie à cette vigile qui se tiendra dimanche, le 13 novembre 2005, entre 12h et 14h à la PLACE LOUIS-RIEL qui se situe sur le boulevard Langelier, 4 rues au nord de la rue Sherbrooke EST.

Cela sera une excellente occasion d’éduquer la population avoisinante de ce patriote qui a consacré sa vie aux gens de sa culture. Plus de 120 années plus tard, ce chef aura su perpétuer sa mémoire au sein de la francophonie métis et de tous les québécois et québécoises qui se souviennent.

C’est donc dans la plus sincère et cordiale amitié que l’exécutif de la section Louis-Riel vous convie à célébrer le mois de novembre, mois patriotique.




ZONES DE TURBULENCES

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 10 novembre 2005

Legendre attaque Marois sur sa déclaration
des turbulences post-référendaires
allant jusqu’à exiger de la candidate
qu’elle se rétracte.
Marois, s’insurge Legendre, joue le jeu de l’incertitude
des fédéralistes.

Jean Campeau,
ministre des Finances dans le gouvernement de Jacques Parizeau
s’est, en septembre dernier, joint à l’équipe Legendre
à titre de conseiller stratégique.
Lorsqu’il en a fait l’annonce, M. Campeau a souligné
qu’une période d’instabilité précéderait le vote d’un référendum.
« Quand on ne sait pas où on va aller,
c’est toujours incertain. »
Selon le stratège de Legendre,
un ralentissement de quelques jours
devrait suivre une victoire du oui.

M. Campeau joue-t-il le jeu de l’incertitude
des fédéralistes ?
Devra-t-il se rétracter ?




André Boisclair et la "Gestion de crise"

Georges-Étienne Cartier (ex président du PQ de Jacques Cartier)
TRIBUNE LIBRE 10 novembre 2005

Ainsi donc, il aurait tout dit....

Admettons... Mais il s'y sera laissé acculer sans élégance, en victime fuyante...

Or ça n'est pas ainsi qu'un Chef doit gérer les crises : à défaut d'avoir su les prévenir, il doit savoir les affronter en en prenant le contrôle, pas les fuir ! Pris dans un courant qui nous emporte, il faut agir plus vite que lui sous peine de voir la barque être son jouet et risquer de couler !

"Crisis" ! Le mot, depuis toujours, charrie 4 sens qui s'enchaînent inexorablement: "Remise en question", puis "Procès", "Jugement" et pour conclure "Décision". Qui fuit subit et qui subit ne décide guère. L'État du Québec mérite mieux !

Rigide, narcissique, colérique, "patineur" au besoin dans le "beau discours" floue... : je le vois mal "rassembler". Il est à craindre que ce soit plutôt "exclure"... Rien pour durer, j'ai bien peur.

Pauline Marois, quant à elle, a toujours su écouter. Et faire avec calme et prudence, mais clarté et fermeté, ce qu'elle a dit. Sans se défiler. Et dans la transparence.

Elle a bien su, au cours de la présente campagne, préciser sereinement ses positions, avancer des idées concrètes, se compromettre... de la bonne façon : elle saura à l'évidence rallier. Ce sans quoi nous n'irons nulle part.

Elle aura donc mon vote.

Avec Jean-Claude St André, l'Honnête homme sans peur et sans reproche qui n'a jamais varié.




La course de Boisclair rappelle celle de Duceppe

Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec)
TRIBUNE LIBRE 10 novembre 2005

La course à la direction du Parti québécois me rappelle celle du Bloc québécois qui a vu Gilles Duceppe l’emporter sur Yves Duhaime. Comme c’est le cas aujourd’hui pour André Boisclair, plusieurs ténors souverainistes et commentateurs étaient alors montés aux barricades pour contrer Duceppe. Sans le dire carrément, on acceptait mal que cet homme ait milité dans l’extrême gauche, ce dont se serviraient les fédéralistes au moment venu pour ridiculiser les souverainistes et nuire à la cause.

Malgré toute la pression exercée sur les membres du Bloc pour qu’ils choisissent Yves Duhaime, un vétéran du PQ, ces derniers ont suivi leur instinct, qui ne les a d’ailleurs pas trompés, car aujourd’hui Duceppe est l’homme politique le plus populaire au Québec et il sert fort bien la cause souverainiste.

Pour contrer André Boisclair aujourd’hui, les idées, ce n’est pas ce qui compte. On sort plutôt la carte du jeune ministre irresponsable qui a consommé une drogue dure, qui ne s’amende pas vraiment, qui cache des choses, en laissant entendre qu’au moment venu les fédéralistes exploiteront le filon. On ne parle pas vraiment de son homosexualité, qui est mal acceptée par une partie des Québécois, mais elle est en filigrane. Tout cela nuira à coup sûr à la cause souverainiste…

À l’instar des partisans de Duceppe à l’époque, j’espère que ceux de Boisclair ne se laisseront pas avoir et suivront leur instinct, car André Boisclair pourrait bien être celui par qui la souveraineté arrivera.




Et Saint-André?

Dany-Olivier Bergeron
TRIBUNE LIBRE 10 novembre 2005

Mais pourquoi ne débattons-nous pas d’idées à coup d’arguments et de faits historiques? Le seul résultat d’avoir insisté autant sur ce dont on a déjà trop parlé, est d’avoir créé un pôle entre deux candidats prônant des démarches si semblables au fond, mise à part la tendance droite-gauche. Le faux dilemme quoi!

Pourquoi ne voterais-je ni Marois, ni Boisclair? Parce que ni l’un ni l’autre ne prend acte de faits incontestables de l’histoire et ne s’inspire de pays ayant réussi leur Indépendance. Même si Marois s’avère être la plus expérimentée des fonctions d’état provincial, elle n’en demeure pas moins la suite logique de l’histoire (pour reprendre l’expression d’Andrée Ferretti), la suite du risque qu’a déjà couru l’Australie de l’Ouest. Le pire de ce risque, le plus doux mais le plus traître, c’est le programme de Louis Bernard. Et à qui revient le trophée du plus rapide à servir la balle dans le camp de l’idée du référendum à tout prix, moyen plus que contesté, ennuyeux et maintenant piégé? Nul autre que Legendre. Quelle surprise!

Nous avons ainsi nos quatre candidats principaux dans la course! Mais toute cette expérience ne nous servira à rien… même pas les pouvoirs charismatiques, voire magiques, de Boisclair. Ça a de l’expérience dans ce qu’il ne faut plus faire.

Jean-Claude Saint-André demeure le seul parmi les candidats députés dans cette course à s’être tenu debout dans l’affaire Michaud, le seul à pouvoir prétendre proposer une véritable alternative qui a fait ses preuves pour accéder à la souveraineté, tout en ayant aussi accumulé une expérience notable au sein du caucus des députés. Il est aussi l’un des rares candidats à ce jour à ne pas avoir jeté inutilement de l’huile sur le feu dans l’affaire Boisclair. Comme le bon sens semble imposer son choix, en deuxième sur votre liste à la limite, alors pourquoi pas Saint-André? Ou encore mieux, si et seulement si Marois emboîtait le pas? Là, je rêve à ce qu’il paraît.




Avant de pitonner sur votre clavier téléphonique

Nestor Turcotte, Matane
TRIBUNE LIBRE 10 novembre 2005

Les membres du Parti québécois éliront, à partir de ce dimanche, le nouveau chef du PQ. La campagne fut terne, évacuée de toute substance. Les candidats se sont crêpés le chignon, invectivés de tous les noms comme des gamins de rue. Avec une histoire de cocaïne en plus, une annonce de turbulence, pendant cinq ans, suite à l’indépendance du Québec. Et, pour finir, «l’enculé de première» de l’ancien ministre Sylvain Simard.

Un des candidats a admis avoir consommé de la cocaïne alors qu'il était ministre dans le gouvernement péquiste, banalisant même la chose, en disant qu’il ne s’agissait que d’une erreur de jeunesse. Il s’agissait bien plus d’un manque de jugement grave. Cet individu serait sans aucun doute éliminé comme futur ministre dans la composition d’un futur gouvernement qui aurait un autre chef que lui. Il ne pourrait pas, par exemple, être nommé Ministre de la Justice, à cause de son aveu sur la cocaïne. Le Premier ministre élu procède à une enquête judiciaire avant de nommer quelqu’un ministre. Comment un homme, élu premier ministre, avec un passé douteux, pourrait-il demander à la Sûreté du Québec de faire enquête sur ses confrères, alors que sa feuille de route n’est pas tout à fait blanche?

Comment cet homme, qui aura 40 ans le 14 avril 2006, pourrait-il devenir Premier ministre, chef d’État en autorité et nommer environ une vingtaine de députés élus au poste de ministre, alors qu’aucun de ces postes ministériels ne pourrait être occupé par lui-même?

Dans l'éventualité où un autre que lui soit nommé chef du PQ, le 15 novembre prochain, et que le jeune diplômé de Harvard voudrait, par la suite, se présenter comme candidat dans une circonscription à la prochaine élection, le nouveau chef pourrait-il signer son bulletin de présentation? Mon expérience me dit que non. Si la personne concernée ici ne peut pas se présenter dans une élection générale à cause d’un passé plus que douteux, comment peut-elle prétendre avoir la légitimé pour occuper le poste de chef de parti et de futur Premier ministre?

Chacun doit se poser ces deux questions préalables avant de pitonner sur le clavier de votre appareil téléphonique, le jour du vote. Jean Charest connaît la réponse à ces deux questions préalables. Son entourage aussi. A-t-on le droit de lui permettre de donner les réponses, au lendemain du 15 novembre?




Appel à la raison : si les jeunes sont solidaires, ils doivent voter Pauline Marois

Sébastien Gendron, Président des jeunes du Parti Québécois des Laurentides
TRIBUNE LIBRE 10 novembre 2005

Le militantisme étant une vocation exigeante, il faut un objectif puissant pour mobiliser les troupes. À titre d’exécutif des jeunes du Parti Québécois des Laurentides, nous avons pour motivation deux raisons majeures : l’indépendance du Québec et le développement d’une société progressiste à l’image du peuple québécois.

Aujourd’hui, nous voyons ces deux objectifs menacés par la possible élection de M. André Boisclair.

À la limite, nous pourrions accepter le fait que ses idées soient diamétralement opposées aux nôtres et loin de celles du peuple québécois – il est du type « lucide », nous sommes « solidaires » – si ce n’était que de cela… Malheureusement, le problème est plus sérieux et la situation beaucoup plus critique.

Loin d’être rassembleur comme il le prétend (son slogan étant « ensemble »), M. Boisclair s’avère une source importante de division au sein du Parti. Il soulève la controverse et multiplie l’inquiétude chez les membres et militants.

S’il n’a rien à cacher, il est sérieusement maladroit, car non seulement M. Boisclair ne rassure-t-il pas les militants, mais il entretient l’inquiétude et les déchirements en évoquant qu’il répondra à toutes nos questions après la course à la chefferie. André Boisclair est définitivement incapable de gérer cette crise qu’il a lui-même amorcée.

Il serait intolérable que le chef du Parti Québécois et leader du mouvement indépendantiste se retrouve dans une position de vulnérabilité à un moment aussi important de l’histoire du Québec.

M. Boisclair, et les militants qui l’appuient, ne semblent pas réaliser que, non seulement, ils mettent en jeu la cohésion du Parti et fragilisent nos chances aux prochaines élections, mais qu’ils risquent surtout de mettre en péril la réalisation de notre objectif premier : l’indépendance nationale.

Alors que notre exécutif milite depuis le début de la campagne pour les deux candidats qui, à nos yeux, représentent les meilleures idées pour le peuple québécois, soit Pierre Dubuc et Jean-Claude St-André, il nous apparaît évident, à quelques jours du scrutin, qu’il faut voter de façon stratégique et pragmatique.

Quoique nous n’ayons pas toujours été en accord avec ses politiques passées, nous croyons que la seule personne qui soit apte à diriger le Parti Québécois, à nous mener à une victoire électorale et surtout à donner aux Québécoises et Québécois le pays qu’ils méritent est, sans aucun doute, Mme Pauline Marois.

En plus d’avoir une expérience remarquable à titre de garantie, Pauline Marois est celle qui démontre le meilleur équilibre entre la fermeté et l’ouverture à la collégialité rassemblant toutes les générations, de la gauche à la droite, dans l’ensemble du mouvement indépendantiste, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur du Parti.

Sur la question nationale, son plan est clair, cohérent et elle a la volonté de le mettre à exécution dès le 16 novembre. Mobilisation, tissage de liens internationaux, rédaction de la constitution initiale, élections sur l’indépendance, carte d’électeur, citoyenneté québécoise, observation internationale et référendum exécutoire font partie de sa vision.

Sur le plan social, Pauline Marois est, sans équivoque, idéologiquement beaucoup plus sociale-démocrate s’étant, entre autres, engagée à revenir sur les lois anti-syndicales de Jean Charest et prononcée contre les partenariats publics-privés (PPP) dans la gestion de l’eau.

De plus, ses cinq priorités que sont l’éducation (pour l’égalité des chances), la famille, un revenu minimum garanti, une démocratie participative et le développement durable s’avèrent à l’image des jeunes militants du Parti Québécois et de la jeunesse québécoise dans son ensemble.

À la lumière de notre analyse, il est clair que Pauline Marois constitue la solution afin de maintenir la cohésion du Parti Québécois, de battre Jean Charest aux prochaines élections et de créer un pays progressiste à notre image.

Parce que nous sommes « lucides », nous sommes profondément « solidaires » et nous voterons Pauline Marois.





Lettre ouverte à l'éditorialiste en chef de La Presse

Mythologie et Mythomanie : Un anti-Cassandre est né

Jean-Luc Gouin, Capitale nationale
TRIBUNE LIBRE 10 novembre 2005

« Le mensonge et la crédulité s'accouplent et engendrent l'opinion. »
Paul Valéry, Mélange (1941)

Dans son éditorial titré «Mentez, mentez...» paru dans La Presse du 6 courant, André Pratte nous a offert un de ces textes dont seuls, au Québec, les journaux de Gesca ont le secret.

S'appuyant sur une déclaration du juge John Gomery, selon lequel on ne peut accorder quelque crédibilité que ce soit au témoignage de Benoît Corbeil (qui, on s'en souviendra sans peine, a comparu il y a quelques mois à la barre de la Commission qui porte le nom de ce premier), le rigoureux éditorialiste en tire la conclusion que tout ce qui émane de la bouche de ce membre influent du Liberal Party of Canada, a fortiori hors cour, relève de facto ou du mensonge ou de la galéjade.

Ainsi, muni de ce solide attirail euristique, M. Pratte nous présente une éclatante démonstration à la lumière de laquelle un esbroufeur présumé se montrerait par définition incapable de toute assertion de vérité. Et ce, quand bien même les faits divulgués par l'individu se révéleraient largement corroborés ou avérés par moult autres acteurs ou témoins desdits faits. En l'occurrence, dans la panoplie et pour le cas qui nous concerne, les suivants : a) l'attribution en cinquième vitesse par le Federal Government de la citoyenneté canadienne aux nouveaux arrivants en sol québécois peu avant le référendum d'octobre 1995 portant sur la Souveraineté de l'unique État français des Amériques continentales; b) les conséquents et prestigieux postes de juge au sein du système judiciaire canadien accordés pour services partisans rendus au même Parti Libéral du Canada. Autant de faits une fois de plus rappelés, au demeurant, par d'autres sources (comme s'il en était besoin parmi cent confirmations analogues survenues dans les derniers mois) pas plus tard que dans les derniers jours par MM. Jean-François Lisée, d'une part, et Robin Philpot d'autre part.

Il nous faut donc comprendre, en vertu des fabuleux ressorts mentaux de l'homme de Gesca, vague cousin de l'homme de Java comme chacun sait, qu'il est impératif de réfuter sur-le-champ un «menteur avéré» affirmant en pleine poudrerie de janvier que neige folle s'abat à l'instant sur le sol du pays de Gilles Vigneault et de Jean-Paul Lemieux.

Certes, les artistes écriveurs des journaux de Power Corporation, Mme Lysiane Gagnon et M. Alain Dubuc n'étant pas par ailleurs les moins doués du nombre, nous avaient habitués au fil des ans à des contorsions intellectuelles peu communes les autorisant - par délégation légitime de pouvoir de leur conscience à leur propre conscience, on peut le subodorer faute de le déduire avec certitude - à faire avouer au réel québécois tout le contraire du sens qui jaillit des cris sémiotisants qui sourdent de ses tripes depuis déjà quelques siècles. On doit convenir toutefois qu'à la faveur de ce théorème fameux issu du génie éditorialien de M. Pratte - et selon lequel nulle vérité ne peut attester, quelque lumineuse ou cartésienne qu'elle fût, les allégations d'un individu qu'on aura déclaré fieffé gascon au préalable - nous sommes parvenus ce jour béni du 6 novembre à des sommets jusque-là inaccessibles à l'intelligence humaine.

Aussi, du moins si on s'autorise de l'hallucinante Mythologie d'Homère qui alimente notre imaginaire occidental depuis maintenant presque trois mille ans, on peut présumer que si naguère les foudres d'Apollon firent de Cassandre un être de vérité condamné sans partage au solipsisme, en contrepartie, dans un avenir plus ou moins rapproché, on dira peut-être du cas des cendres de M. André (presque rien à voir avec le Dupneu du À jeun de grand Jacques) qu'elles auront été sans conteste, avant crémation ou décomposition, l'anti-Cassandre par excellence des temps dits post-modernes. Convaincu jusqu'à son dernier camouflet sera demeuré en effet l'homme de Gesca de la vérité canadienne de sa Mythomanie.

C'est ainsi que, reposant pour l'éternité, le désormais peu pressé pressien aura tout le loisir de méditer sur la fortune que lui aura valu cet extraordinaire aphorisme dont il fit le fondement de son existence, et qu'il n'aura pas manqué, on s'en doute un peu, d'inscrire en lettres d'ébène sur la pierre de marbre rose offerte généreusement, encore et toujours pour services rendus, par les soins de la famille de feu papy Paul (Alain alors sur canne y sera allé aussi de son écot, bien assurément): « Mentons ! Mentons ! il en restera toujours quelque vérité ».




La gravité de l'heure des choix au PQ

Normand Perry, philosophe et militant souverainiste
(ex-président du PQ de Soulanges)
TRIBUNE LIBRE 10 novembre 2005

L'heure décisive du choix des militants du PQ arrive à grands pas, et nous devons laisser entièrement place à la raison en un temps aussi crucial pour l'avenir de la cause souverainiste, que du porteur de cette cause, le Parti québécois.

Mon premier choix demeure le même que celui annoncé l'été dernier : monsieur Louis Bernard, parce que je crois que ce candidat n'a pas son égal en fait de compétences et de sagesse parmi les neuf en lice. Surtout, sa position sur l'enclenclement rapide du référendum post-électoral, et de sa stratégie de déclaration de souveraineté après avoir négocié les termes de la passation des pouvoirs entre un Oui au référendum et le retrait de la fédération canadienne.

J'avais annoncé l'été dernier que mon second choix était Richard Legendre. Je viens de prendre la décision de le retirer de mes choix de votes. Le débat télévisé sur la santé hier, a laissé transparaître un rapprochement de monsieur Legendre par rapport à André Boisclair.

Mon deuxième choix s'arrête donc à Pauline Marois. J'étais un farouche opposant à madame Marois au début de cette course, et cette dernière s'est révélée à moi sous un jour où je ne la connaissais point. Mon regard sur Pauline Marois a totalement été transformé par sa simplicité, que je n'avais point soupçonnée chez-elle auparavant; la grande maîtrise de ses dossiers où visiblement l'expérience parlementaire était prépondérante.

Mon troisième choix s'arrête à Gilbert Paquette et mon quatrième à Jean-Claude St-André. Ils sont les candidats qui ont été le plus à gauche au plan économique durant cette campagne, c'est la raison pour laquelle j'opte pour eux.

On aura remarqué que tout ce qui est d'André Boisclair ou qui gravite autour au plan idéologique et politique a été écarté de mes choix (Richard Legendre et Ghislain Lebel).

Il faut discerner dans le discours d'André Boisclair, pour le peu de substance qu'il puisse y avoir, une nette tendance néo-libérale au plan économique. En ce sens, André Boisclair est pour moi une véritable imposture au sein d'une formation politique fondée sur une base sociale-démocrate par René Lévesque en 1968. Par surcroît ce candidat s'est révélé d'une incapacité totale à gérer avec l'étoffe d'un chef d'état la crise qui a entouré les révélations sur son comportement à titre de ministre "il y a sept ou huit ans".

J'espère que les membres du parti qui liront cette missive vont prendre conscience que l'heure est grave dans l'histoire actuelle du Québec.

On ne peut se permettre de partir en campagne électorale et en référendum par la suite avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. S'il est vrai qu'André Boisclair attire à lui les foules, il est tout aussi vrai que son histoire récente à titre de ministre est un risque trop grand pour la cause qui nous tient à coeur, la fondation de notre pays. On ne peut confier une telle tâche à une personne dont la passé demeure rempli de doutes et de mystères qui pourraient assombrir une campagne référendaire.




Power Corporation veut la victoire de Boisclair

Luc Potvin
TRIBUNE LIBRE 10 novembre 2005

Vous avez vu la une de La Presse en ce jeudi 10 novembre ?

C'est l'information sérieuse, ça ? C'est vraiment ça, la nouvelle du jour ? Franchement !

Si ce n'est pas de la PUB, de la vraie PUB, de la très grosse PUB en faveur du candidat Boisclair, qu'est-ce que c'est ?

Power Corporation veut Boisclair comme chef du PQ... pour que le PQ coule mieux ensuite.

Y a-t-il encore, dans la salle, de véritables naïfs pour en douter ? Non, il y a ceux qui font semblant d'être naïfs.

On dira qu'il y a, dans les pages intérieures de La Presse, un article de Vincent Marrissal plutôt négatif sur Boisclair. C'est vrai. Mais faut bien que Power Corporation puisse se défendre...

La une ! La une ! Quiconque a une connaissance même rudimentaire du fonctionnement des médias en général et des journaux en particulier sait fort bien l'impact démesuré que peut avoir la une d'un quotidien. Les gens qui passent en vitesse devant les kiosques à journaux en jetant un rapide coup d'oeil, ils ne voient que ça. Il n'y a jamais rien d'innocent dans le montage de la une d'un quotidien. Tout est pensé dans les moindres détails.

À quelques jours du vote des membres du PQ, quand La Presse de Power Corporation met en gros plan le visage souriant de Boisclair au sommet de sa une, tout juste à côté de son logo, avec le titre suivant : «André Boisclair sort indemme du dernier débat», comme si c'était ça, la nouvelle du jour, ça veut juste dire une chose, et une seule :

L'ultra-fédéraliste Power Corporation souhaite, espère et veut l'élection de Boisclair au poste de chef du PQ.

On la comprend. Avant cette course à la chefferie, Boisclair n'a jamais été fort en matière de promotion de l'indépendance. Et, par ailleurs, c'est un néolibéral, obsédé par l'élimination du déficit et favorable aux privatisations.

Avant de voter, les membres du PQ doivent donc se demander si le favori de Power Corporation, compagnie propriété de la belle-famille de Jean Chrétien, est vraiment celui dont le PQ a besoin comme chef.

La réponse est évidente et c'est : non. Un véritable indépendantiste n'aurait jamais pu bénéficier ainsi de la PUB de Power Corporation.

À partir de maintenant, quand on prononce le nom de Boisclair, il faut systématiquement ajouter : «le préféré de Power Corporation», ou «le préféré de Gesca», ou encore «le préféré d'Ottawa». (...)