Maintenant que le chef est élu

Jean-Claude Michaud, Saint-Eustache
TRIBUNE LIBRE 16 novembre 2005

Bonjour chers amis militants,

Ce soir un nouveau chef du PQ a été élu mettant fin à cette course divisive pour notre parti. Félicitations monsieur Boisclair pour votre victoire et votre discours énergique et rassembleur. Je vois déjà un Gouvernement sous votre gouverne avec madame Marois comme Vice-Première Ministre et ministre des Finances et monsieur Legendre ministre de l'éducation, des sports et des loisirs, monsieur Legault à la santé, monsieur Bernard à la restructuration suite à la souveraineté. Nous devons maintenant nous rallier à notre nouveau chef et travailler ensemble à convaincre tous les Québecois de l'importance et de l'urgence de faire un pays du Québec dès demain.

Maintenant que le chef est élu, nous devons mettre un terme à nos chicanes stériles et allez répandre l'idée de l'indépendance à toutes les portes et à toutes les occasions, dans nos salons, nos cuisines, au travail, à l'école, partout où nous devons aller pour trouver de nouveaux militants et partisans pour augmenter l'appui à l'indépendance pour que la victoire advienne; quand cela sera chose faite être élu et gagner le référendum ne seront plus que des formalités.

Vive le Québec libre et souverain et vive son chef d'état en devenir André Boisclair!




Pour un Québec solidaire

Vincent Dostaler, Montréal
TRIBUNE LIBRE 16 novembre 2005

Les néo-libéraux ont la fierté gonflée à bloc quand il s'agit de leurs réussites à enrichir les riches : — "Profits records" — "Fusions de compagnies" — "On crée les entreprises les PLUS-meilleures pour les actionnaires" — "On va créer plus de richesse, ...que les riches placeront dans leurs abris fiscaux!" — ... Certains possèdent même une LUCIENNE-LUCIDITÉ qui leur permet d'affirmer qu'au Québec, on est prêt à faire des sacrifices pour permettre aux riches de rester riches...

Mais quand il s'agit d'être fiers de nos écoles et de notre système de santé, d'apprécier nos parcs et nos bibliothèques :...Ils répondent en choeur : "Ça coûte cher! "... Quand vient le temps de mesurer la valeur des multiples services que nos communautés se sont donnés au fil des années et de célébrer la paix sociale qui en découle :... "Ça coûte cher!"

Leur fierté se transforme aussitôt en discrédit : "On est la province où l'on paie le plus d'impôts et ça éloigne les investisseurs et les "bâtisseurs" créateurs de richesse! "

Mais, de quelle richesse parlent-ils?

Richesse pour qui?

Richesse pour faire quoi?

UNE RICHESSE EST TOUJOURS HÉRITÉE D'UNE COLLECTIVITÉ ET DE SON HISTOIRE. IL N'Y A PAS DE RICHESSE SPONTANÉE.

— Si ces fiers investisseurs veulent créer une richesse qui fuit le lieu de sa création pour s'abriter hors d'un juste partage, alors qu'ils aillent investir ailleurs!

— Si ces fiers bâtisseurs veulent une société livrée à l'entreprise privée, où les riches sont de plus en plus riches et les pauvres de plus en plus pauvres, et bien qu'ils aillent la bâtir ailleurs!

La majorité des Québécois veulent une société où il fait bon vivre. Une société solidaire qui permet à tous et à chacun d'avoir un toit, de la nourriture, un accès à des équipements collectifs, de l'éducation et des soins de santé. Les Québécois veulent une qualité de vie acceptable pour tous les habitants du pays, un pays parmis les plus riches de la planète.

Cela se paie, ils le savent... Mais ils devront retrouver leur fierté collective. Ils devront se ressaisir et se souvenir que pour préserver et améliorer leur société, il faut le vouloir avec fermeté. ... Ils devront prendre les moyens audacieux nécessaires pour pouvoir continuer de s'offrir cette société solidaire.




Désormais je ne suis plus membre du Parti québécois

Normand Perry, Ex-président péquiste de Soulanges
TRIBUNE LIBRE 16 novembre 2005

Ave Caesar, morituri te salutant !
(Salut César, ceux qui vont mourir te saluent !)

Monsieur Boisclair,

En démocrate que je suis, je suis obligé de m’incliner devant ce verdict de 54% d’appui à votre endroit au premier tour de scrutin et reconnaître cette victoire qui est la vôtre.

Cependant :

Vos idées que je discerne à droite de l’échiquier politico-économique sont à l’opposé même de ce pourquoi même je me suis lancé en politique en début 2005, c’est-à-dire le néo-libéralisme.

Ce que je porte au plus intime de mes convictions politiques au plan de l’éthique se trouve en bute devant André Boisclair et tout ce que l’on sait désormais à propos de son histoire.

Je ne crois point et ne prête aucune foi en votre profession souverainiste non plus.

Par conséquent, je ne peux, par honnêteté envers ma propre conscience me rallier.

Désormais je ne suis plus membre du Parti québécois et c’est de l’extérieur que je vais poursuivre mon combat à l’endroit du néo-libéralisme et pour la cause de l’indépendance nationale du Québec. S’il est vrai que le PQ a été un porte-flambeau extraordinaire de la cause souverainiste depuis 1968, il faudra vous faire à l’idée qu’il n’en détient pas la propriété intellectuelle et exclusive de cette même cause. En janvier 2006, le Québec va recevoir le cadeau tout neuf d’un autre porte-flambeau de cette cause, lors de la fondation d’un véritable parti politique de gauche et ce n’est pas l’envie qui me manque d’y faire le saut.

En démocrate que vous êtes (je le suppose), je vous demande monsieur Boisclair de ne déployer aucun effort à mon endroit pour tenter de vous gagner mon ralliement, que ce soit par vous-même ou par personne interposée. La réponse est claire, sans équivoque et irrévocable tant que vous serez chef de cette formation politique : NON.

Quand un volcan crache le feu, le souffre et une lave bouillante (cela ressemble à mon état d’âme actuellement), on prend bien garde de s’en approcher pour ne point s’y brûler!




Apartide et sans pays!

Louis-François Bélanger, Ancien président du Parti québécois de l’Université Laval (2000-2002)
Enseignant de sciences et mathématiques, Polyvalente des Îles-de-la-Madeleine
TRIBUNE LIBRE 16 novembre 2005

Snif! Je suis en deuil. Apartide et sans pays! Le premier parti auquel j’ai adhéré de ma vie n’est plus celui en lequel je m’étais reconnu. Le parti qui avait incarné l’idéal de l’indépendance nationale a coupé les dernières racines de son projet. Devrais-je pleurer? Non, la phase terminale a duré assez longtemps.

Ce suicide assisté a commencé par l’hospitalisation du parti et les traitements chocs subis durant l’ère Bouchard. Sans lumière du jour pour éclairer ses pas, il a perdu pied. Sans oxygène ni eau, la langue s’est asséchée puis s’est tue. Privé de nourriture, le parti a perdu de sa vitalité. Sans possibilité de mouvement, la fougue de sa jeunesse s’est interrompue, les membres se sont atrophiés.

L’un des plus fidèles assistants nommé Michaud fut interdit de se présenter à la chambre, ses propos étant condamnés à l’avance par le médecin-chef. Les visites de la famille furent désormais plus rares. Malgré les demandes répétées de la famille pour entendre l’avis de Michaud, le corps professionnel a préféré ne pas y donner suite.

En soins palliatifs sous l’ère Landry, le parti était inéluctablement destiné à crever. Sans courage ni conviction, il a cherché à soulager la maladie sans en chercher les causes profondes. Durant une saison décidée, il a tenté de changer le diagnostic sans modifier le pronostic. Rompu à l’ouvrage, il a décidé de poursuivre les mêmes traitements malgré les effets secondaires.

Reconnaissant sa faute professionnelle, il a tiré impulsivement sa révérence. Pénurie oblige, il a fallu ouvrir un concours et attendre plus de 5 mois avant d’engager celui qui débrancherait les fils du parti. Durant cette longue agonie, durant cette patiente attente, on espérait toujours le miracle. Et pourtant, malgré les 9 stagiaires dévoués à la cause, le parti est tombé sous le coma. Sans réaction, sans vision, sans mouvement, la vie du parti fut prolongée artificiellement, en sachant qu’il ne restait rien d’autre que d’attendre. Banalisant l’éthique de la situation pathétique, ce suicide assisté était déjà consommé. Il a enfin rendu son dernier souffle… Snif!... Une neige blanche commençait à recouvrir d’un tapis somptueux la chambre mortuaire.

Des funérailles nationales étaient déjà prévues, les nombreux dignitaires choisis pour y participer. Les cloches sonnaient le glas. La cérémonie fut courte, les chants monotones et les discours de simples lectures. Le cortège portait le défunt parti à son dernier repos. La sépulture du parti fut accompagnée d’une épitaphe rappelant l’article 1 du programme en ses termes : « RIN, c’est-à-dire Requiescat In Nobis».

La triste marche des visiteurs de cimetières ne fait que commencer. Les prières sont désormais vaines. L’âme du défunt parti n’est plus. L’idéal demeure cependant, dans des millions de cœurs fidèles à la vie. Car la liberté de l’indépendance ne s’incarne que dans la volonté de vivre et non de survivre.





Lettre à Gérald Tremblay

Claude Dauphin n’a pas sa place au Conseil exécutif de Montréal

Christian Gagnon, président régional du Parti Québécois de Montréal-Centre
Robin Philpot, auteur du livre «Le référendum volé», publié aux Éditions Les Intouchables
TRIBUNE LIBRE 16 novembre 2005

Monsieur le Maire,

Après toutes ces années marquées par la stagnation des fusions et des défusions, nous partageons entièrement avec vous le souhait que le mandat que vous entamez soit celui de l’harmonie. En effet, durant toutes ces années qui ont vu d’autres grandes villes concurrentes du continent se réorganiser pour mieux grandir et se développer, Montréal a tergiversé. Encore aujourd’hui, alors que plusieurs grandes métropoles nord-américaines courtisent le reste du Monde avec cohésion et unité, notre métropole appréhende avec incertitude le baptême du feu de son nouveau conseil d’agglomération. Pour relever les défis qui l’attendent, Montréal ne saurait pourtant être distraite par quelque nouvelle source d’instabilité et de division que ce soit.

La scène politique fédérale des récentes années a été marquée par des révélations sur les multiples formes de malversations, d’une rare ampleur et qui, toutes rassemblées, ont reçu le nom de scandale des commandites. Ces magouilles ont fortement imprégné l’opinion publique d’un cynisme et d’un désabusement qui handicapent nos décideurs. Cette incontournable réalité doit enseigner à l’ensemble de notre classe politique l’importance d’une absolue droiture. Pour rebondir, l’avenir de notre métropole se doit d’être porté par des hommes et des femmes d’une incontestable intégrité. Or, ce n’est manifestement pas le cas d’un élu de votre parti, en l’occurrence le maire de l’arrondissement de Lachine, Claude Dauphin.

Au lendemain de sa quasi-défaite référendaire de 1995, le gouvernement fédéral aurait pu prendre acte de l’expression démocratique de la profonde insatisfaction des Québécois à l’égard du fédéralisme canadien. Il aurait été infiniment plus respectueux du verdict des urnes qu’Ottawa consacre énergies et ressources financières au développement d’une offre consensuelle d’amendements à la Constitution imposée de 1982. Ce que la Commission Gomery nous a jeté au visage, c’est que les Libéraux ont plutôt préféré déployer un plan B consistant notamment à dilapider des sommes colossales issues de nos impôts pour inonder la population québécoise de propagande destinée à convaincre les Québécois de se contenter du statu quo.

Voilà, monsieur Tremblay, une gifle à la démocratie qui ne peut que vous répugner autant qu’à nous. Après tout, un an avant le déclenchement de la campagne référendaire, n’est-ce pas vous qui, alors ministre du gouvernement de Daniel Johnson, estimiez que le Québec sortirait «affaibli» d'une défaite du OUI au référendum si l'alternative était le statu quo? «Si la position, c'est le statu quo contre la souveraineté et que le référendum était battu sur cette position, ça affaiblirait le Québec. On doit proposer une alternative. On doit avoir une plate forme constitutionnelle pour le prochain référendum», déclariez-vous à l’époque. Si les tenants du NON devaient battre l'option souverainiste sans avoir affirmé ce qu'ils veulent pour un «Québec fort dans un Canada uni», vous disiez craindre alors que cela ne soit interprété par le reste du Canada comme une acceptation sans condition du pays tel qu'il est (Le Devoir, 22 septembre 1994). La triste réalité s’est avérée bien pire que ce que vous anticipiez.

Vous ne pouvez aujourd’hui ignorer qu’au moment même où vous prononciez ces paroles, Claude Dauphin, alors directeur des "projets spéciaux" au Conseil de l’unité canadienne (CUC), préparait déjà ce qui, dans ses méthodes sordides et ses objectifs anti-démocratiques, fut clairement le précurseur du programme des commandites. Puis, le 7 septembre 1995, soit trois semaines avant le lancement de la campagne référendaire, le CUC constituait le groupe Option-Canada. Présidée par Claude Dauphin, cette compagnie-paravent était destinée à recevoir des millions de dollars de fonds privés et, seulement 17 jours après sa création, une subvention bidon et ultra-rapide du ministère du Patrimoine canadien au montant de 4,8 millions de dollars. Au mépris des lois fédérales, ces deniers publics ont été détournés à même l’enveloppe normalement destinée au soutien des minorités linguistiques du Canada. De l’aveu même de René Lemaire, l’ex-directeur général d’Option-Canada toujours à l’emploi du CUC, ce véritable magot a été dépensé en pleine campagne du NON, en sondages, en communications mais aussi en organisation au niveau des circonscriptions. Comment peut-on avoir flambé cette fortune «en organisation», et de surcroît «au niveau des circonscriptions», sans que cela ait été fait au mépris total de la loi québécoise sur les référendums? Ces activités locales se sont-elles produites à la Marc-Yvan Côté, à grands coups d’«enveloppes ça d’épaisses» (sic) ? Interrogé en mars 1997 à ce sujet par un journaliste du quotidien The Gazette, Claude Dauphin, qui signait pourtant lui-même les demandes de subventions, a soutenu ne plus se souvenir à quoi l’argent avait servi. Il ajouta même, «le simple fait de prêter mon nom comme président ne signifie pas que j’ai dirigé la compagnie.»

D’aussi invraisemblables trous de mémoire et d’aussi insolents dénis de responsabilité nous ont déjà été trop servis durant la Commission Gomery. De toute évidence, ces millions de dollars ont été utilisés par Option-Canada pour dépenser clandestinement au Québec plusieurs fois la limite de 5 millions de dollars permise au véritable comité du NON. Si le mandat de la Commission Gomery s’était étendu quelques mois de plus avant la création du programme des commandites, Claude Dauphin aurait assurément été l’une des plus tristement célèbres vedettes de ses audiences. C’est tellement le cas que le 20 octobre dernier, le comité parlementaire des Comptes publics à la chambre des Communes a accepté de demander à la vérificatrice générale Sheila Fraser de mener une enquête sur le Conseil de l’unité canadienne et le groupe Option-Canada. Ce n’est donc qu’une question de temps avant que l’administration municipale de Montréal soit éclaboussée par le passé trouble de l’actuel maire de l’arrondissement de Lachine. À chacune de ses sorties publiques à titre de membre du Conseil exécutif, Claude Dauphin risquerait fort de s’attirer opprobre et quolibets de la part d’une population dont il aurait la tâche bien vaine de conquérir la confiance.

Voilà, monsieur Tremblay, un enjeu qui transcende les allégeances souverainistes et fédéralistes. Alors que dans l’espoir de sauver sa propre peau, le Premier ministre Paul Martin vient tout juste d’exclure à vie de son parti les personnages les plus indéfendables du rapport du juge Gomery, il vous serait politiquement dangereux de confier des responsabilités névralgiques à une personne contre qui de semblables accusations pourraient être déposées. Monsieur le Maire, une seule conclusion responsable s’impose à vous. Pour le bien de Montréal, il vous faut mettre notre ville à l’abri de cette tourmente éminemment prévisible et exclure Claude Dauphin du Conseil exécutif de Montréal.




LE CHIEN ET LA PLANTE

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 16 novembre 2005

L’élection de Boisclair à la direction du PQ
me prend la tête comme un lendemain de veille.
Je cuve mon vin triste.
Le PQ nouveau
a un goût détestable de piquette.
Il faudra mettre beaucoup d’eau dedans
pour le rendre buvable
et d’ivresse
pour croire à un grand cru.

À la nôtre…




J'appuie donc André Boisclair

René Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 16 novembre 2005 (Texte publié dans Le Devoir du 17 novembre sous le titre «Tous derrière Boisclair»)

J'y vois un événement psychologique, voire psychanalytique.

Pauline Marois est Mère au sens fort du terme. Elle est sans reproche, symbole matriarcal puissant qui en fait un homme d'État, capable de dominer les esprits et les coeurs et inciter à la soumission. Ce qu'elle rassemble autour d'elle, ce ne sont pas des hommes ni des femmes mais des poussins. En votant pour elle, j'ai voté pour ma mère.

André Boisclair est le jeune frère blessé qui relève la tête et reprend le combat. Il ne culpabilise personne. Le roi David n'était pas sans reproche. Lui non plus ne culpabilisait personne, ce qui est extrêmement important pour un peuple qui oeuvre à fonder son propre État.

La présence d'André Boisclair à la tête laisse tous les Québécois libres, sans pression psychologique ni entrave. Et c'est au fond ce dont nous avons le plus besoin. L'action viendra de la base désormais, non du sommet, ce dont nous avons le plus besoin pour constituer notre État et NOUS prendre en charge.

Ce qui arrive met en pratique un principe cardinal en stratégie d'État: maintien du moral. En effet, le moral est comme le courant électrique qui pousse un organisme complexe à agir. Sans moral, les plans les plus brillants et les idéologies les plus avancées resteront en plan. Des chefs aux personnalités trop puissantes paralysent leurs sujets, qui deviennent des pions dans les jeux savants des spéculateurs de cabinets. Un vrai chef garde le moral et incite à l'action, sans pression aucune.

J'appuie donc André Boisclair et nous devons tous nous ranger derrière lui. Il n'a pas de programme. Il EST le programme. C'est à nous d'agir à partir de la base et c'est lui qui va entériner nos décisions.

Donc, au travail, mais avant, que chacun s'accorde une journée de repos pour récupérer.




Seules vos actions futures le révèleront

Joseph Berbery
TRIBUNE LIBRE 16 novembre 2005

Il est de mise de reconnaître le verdict des urnes, fussent-elles virtuelles, et de se rallier au vainqueur, ce que je fais de bonne grâce. Cependant, l’esprit critique ne se dilue pas pour autant. Le problème le plus grave d’André Boisclair ne réside ni dans les autres, ni dans son passé proche ou lointain. Ce problème est en lui, et il est tout à fait actuel. Il est même clairement ressorti à deux reprises dans son discours de la victoire d’hier soir. Monsieur Boisclair a, en effet, dit puis répété que ce «15 novembre 2005 était entré dans l’Histoire». Non, monsieur Boisclair. Ce 15 novembre 2005, c’est vous qui êtes entré dans l’Histoire pour le meilleur ou pour le pire. Seules vos actions futures le révèleront. Votre personne n’est pas si importante ni si exceptionnelle que votre seule élection puisse marquer l’Histoire d’une pierre blanche. Ce 15 novembre 2005 est une journée importante pour vous. Plus tard, nous saurons si elle aura été faste ou néfaste pour le Québec et les Québécois.

Réflexion faite, vous avez sûrement besoin d’une cure d’egofuge ou de modestifère, si ça existe.

Bonne chance.




Cordiale invitation aux JEUDIS DE LA LANGUE

SSJB
TRIBUNE LIBRE 16 novembre 2005

Des conférences suivies d'une période de discussion dans une ambiance festive.

Le jeudi 27 novembre 2005 à 17 h30 : proclamation de la nouvelle Patriote de l’année 2005-2006

Qui est-ce ?

C’est une militante inlassable pour la promotion de la souveraineté, la défense de la langue française, l’accueil et l’intégration des immigrants et l’éducation!

Elle a joué un rôle clé dans la mise sur pied de la coalition Partenaires pour la souveraineté avant le référendum de 1995.

Cette année, elle a célébré l’aboutissement d’un des combats majeurs qu’elle a mené, soit celui de la laïcisation scolaire.

Lieu : Maison Ludger-Duvernay
au 82, rue Sherbrooke Ouest
(Métro Place-des-Arts)


Entrée libre

RENSEIGNEMENTS SUPPLÉMENTAIRES
(514) 843-8851




LE POULS

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 17 novembre 2005

Comment réagissez-vous à l’élection d’André Boisclair ?

F 56 ans

Je ne crois plus au parti québécois. Je ne pense pas que ce gars-là soit en mesure de mettre en action ce pourquoi le PQ existe : la souveraineté. J’ai peu confiance en son passé. Quelque chose va arriver qui va faire qu’ils vont le sacrer dehors. Il va être obligé de démissionner. C’est comme si le PQ disparaissait de la carte. Il n’y en a plus de Parti québécois. J’ai un mauvais feeling. Je n’en reviens pas que les gens n’ont pas compris quel genre d’homme c’était. Ça prouve à quel point il est manipulateur. C’est un arriviste. J’éprouve une grande tristesse. C’est fini.

H 54 ans
Ce n’est pas une surprise. Il est rentré. Espérons qu’il ne fera pas de bêtises. Qu’elles sont du passé. Il faut se résigner. Il a gagné avec tellement d’avance. Tout le monde s’est rallié. 54%, ce n’est pas faible. Personne ne peut contester sa légitimité. 30% pour Marois c’est fort mais loin derrière. C’est fini. C’est réglé. Il faut tourner la page. Même s’il ne gagne pas les prochaines élections le vote en sa faveur a été tellement massif qu’il va rester le chef. J’espère que Marois ne partira pas. C’est sa caution morale. Sa prudence, sa maîtrise des dossiers, ça va l’aider à faire un équilibre. Elle a les deux pieds sur terre. Boisclair a mené une campagne à l’américaine : sourires et poignées de main, sans donner l’ombre d’une idée. Ça prouve à quel point il est manipulateur.

Les attaques des libéraux sont tellement basses et mesquines qu’il se fait du capital politique là-dessus.

F 50 ans
D’abord, je suis déçue, un brin triste, je regarde le paysage et je reste froide. Je me dis… je ferai mon pays à moi, (j’en ai tout de même un, intérieur et vaste) à ma façon. Je m’en irai dans un pays où il y a un vrai pays. J’apprendrai une autre langue, je me ferai hindoue ou népalaise… je prendrai mes aises où je pourrai. Je suis déçue et je veux bien garder confiance mais j’ai du mal. Je reste froide, tourne la tête et je me dis « après tout, je m’en fous! »

Mais j’ai besoin de tous pour retrouver mon propre pays. Qui sera là ? Où habiterons-nous ? Le doute de voir un jour ce pays, dans son rêve et sa réalité, me revient.

Je suis bien curieuse. J’attends la suite. Je suis coite et curieuse.

F 48 ans
Je n’ai même pas voté. C’est contre mes principes de voter pour des candidats s’ils ne m’inspirent pas confiance.

F 47 ans
Le petit est rentré. Il va nous mener droit au pays !

H 44 ans
Boisclair a gagné parce que les gais ont voté pour lui. Je ne peux pas le dire sinon je passe pour un homophobe. Je n’ai rien contre les gais. N’empêche que c’est la réalité. Le pire c’est qu’il est de droite. Le PQ n’est pas un parti de droite.

F 42 ans
C’est triste. Je n’aime pas cet homme. Je n’aime pas son visage. C’est lui qui a coupé dans les COFIS. Ça prend quelqu’un qui sait se contrôler, qui va organiser le travail de tout le monde. Mais ça a l’air qu’il n’y a personne. Il a remporté avec une forte majorité.

H 37 ans
Je n’ai pas été surpris. Je ne pense pas qu’il ferait un bon Premier ministre. Il est un peu trop jeune. Ce n’est pas un gladiateur de la politique. La politique, c’est l’arène. Je suis déçu.

F 34 ans
Quelle désolation ! Bien que je n’aie pas suivi tout le dossier, je dirais que ça m’apparaît alarmant. Et je crois que ça va avec tout le reste : la faillite de l’environnement, l’épidémie de grippe aviaire qui s’annonce, les banlieues de Paris qui sont en feu, les écoles en grève, etc. Ça craque de partout…

F 32 ans
J’ai été surprise. D’un côté ça me rassure que ce soit un homosexuel coké qui l’emporte. Ça veut dire qu’on n’a pas de préjugés au Québec. Mais Boisclair ce n’est pas mon choix ni mon style.

F 22 ans
Je ne suis pas surprise. Mais c’est l’incertitude face à sa capacité de se défendre et à défendre la cause qui me dérange beaucoup. J’ai l’impression que l’électorat était étranglé entre deux choix barbants, comme un enfant qui a le choix de manger soit des épinards, soit des choux de bruxelles. En tout cas, je me suis sentie comme ça le soir du vote et pour l’instant aussi.

H 20 ans
Je suis bien content. Ça ne me dérange pas ses histoires de cocaïne. Il sait où il s’en va. Il est capable de faire du Québec un pays. Il est solide.

F 17 ans
Je suis d’accord. Je n’ai rien contre ça. Ça va faire du nouveau. Je ne suis pas la mieux placée pour parler de ça. Je ne suis pas très politisée.

Enfant 8 ans :
Il n’aurait pas dû être élu parce qu’il a pris de la drogue et il avait des responsabilités.




Un vent de belle jeunesse

Serge Larochelle
TRIBUNE LIBRE 17 novembre 2005

Voilà maintenant André Boisclair bien en selle à la tête du Parti Québécois, avec un résultat sans équivoque. Il règnait en cette soirée d'élection, un vent de belle jeunesse, de maturité et de grande confiance en notre prochaine victoire électorale et surtout notre combat ultime qu'est le référendum sur notre souveraineté nationale, car ces jeunes qui sont venus à notre parti dans les derniers mois doivent absolument être des plus présents dans ces deux luttes à venir. Le mot à la mode ces temps-ci est "intergénérationelle". Hier soir, lors de l'annonce du grand vainqueur, les 20,40,60 ans et plus, avaient le même désir dans les yeux et la même énergie, devenir souverain ENSEMBLE.

Je n'ai pas voté au premier tour pour Boisclair, mais je me rallie facilement. Rien de plus beau à voir et à entendre qu'un jeune chef plein de charisme, d'énergie et de grands espoirs.

Vous ayant cotoyé à quelques occasions, entendu discourir à maintes reprises, il ne fait aucun doute que vous nous ouvrirez la porte de notre pays et que vous saurez traverser les coups bas, les tempêtes partisanes et la démagogie que vos amis d'en face sauront faire preuve très bientôt à votre endroit. Votre grande expérience comme homme politique et comme Leader du gouvernement vous ont fourni les outils nécessaires pour prendre en main ce parti et votre futur gouvernement.

Merci de votre grande implication, de votre générosité aux choses de l'état et longue route à vous.

Nous serons avec vous pour réaliser notre projet commun, parce que CE SOIR, PLUS QUE JAMAIS, TOUT DEVIENT POSSIBLE.




Course à la chefferie ou histoire récente!
Lendemain d’une élection du chef!

Jacques Bergeron, Ahuntsic, Montréal
TRIBUNE LIBRE 18 novembre 2005

Lorsqu'en juillet on nous faisait part qu'une course à la direction du Parti Québécois allait être ouverte, je m'étais permis d'écrire ces quelques mots que vous trouverez dans l'article inclus dans le présent message.

La lecture de ce texte vient démontrer la justesse de mon propos d'alors. Et pourtant, j'aurais tant souhaité qu'il en fut autrement, et qu'au-delà des images des «Candidat-e-s» à la direction du parti, on eut choisi ce moment afin de définir le pays dans lequel on voudrait vivre le jour de l'indépendance du Québec?

Comme toute organisation trop «encadrée» par des directives dignes du milieu de l'enseignement, aucun candidat , ce qui inclus la candidate, n'a osé s'éloigner un tant soit peu de la ligne définie par les «bonzes» dirigeant le Parti Québécois.

À les observer lors des combats de «coq», excusez moi, lors des débats organisés par le PQ ,dirigés d'une main dictatoriale par Mme Marcoux,on se serait cru à un cours d'art oratoire organisé par une école, peut-être une école secondaire, mais certainement pas de niveau universitaire. Là au moins, peut-être que quelqu'un fraîchement issu de la «maîtrise» aurait été tenté de franchir le Rubicon de la direction afin d'essayer de définir le pays.

Mais non, aucun-e n'a osé parlé de choses sérieuses avant que le candidat «Ouimet» ne vienne mettre un frein à ces périodes ennuyeuses d'admiration mutuelle, au grand «dam» de la dame «Marcoux» qui dirigeait les supposés débats. Et c'est ainsi qu'on a ennuyé les gens tout au long de ces «cinq» mois avec des balivernes.

On ne doit donc ne pas être surpris du choix des «jeunes (plus de 20,000 de 16 ans à 18 ans, ne l'oublions pas) électeurs et électrices» qui ont permis que la personne la moins apte à diriger notre parti soit élue à la direction du PQ par la grâce de sa jeunesse «sic» et de son talent à ne rien dire, sauf des balivernes.

Lorsqu'au début des années 60 , avec des milliers d'autres, je me suis joint au RIN, puis au PQ, on n’aurait jamais osé se présenter, même au micro, encore moins à un poste de dirigeant,avec si peu de bagages intellectuels et sociaux.

Au PQ de 2005, on aura réussi ce tour de force, en s'appuyant pour y arriver, sur un programme dont la faiblesse n'a d'égale que celui des fédéralistes. Vide d'idées , mais rempli de sous et de sous-entendus! Il faudra bien qu'un jour, que ce nouveau chef, vienne aider ses «jeunes congénères», ceux-là et celles-là qui ont assuré son élection, à définir le pays et son contenu, bien sûr avec l'aide de gens plus âgés et plus sages, deux denrées qui ne s'acquièrent qu'avec l'âge.

Mais pour cela il devra terminer ses études entreprises à Harvard en y insérant quelques notions de société et d'engagement social, disons dans un complément de maîtrise ou de doctorat, ce dont il a vraiment besoin, car comme pensée sociale, on repassera. Lorsqu'on appuie la naissance de «PPP» à la Lucien 1er et à la Jean Charest, disons que comme projet de société c'est un peu le vide social que ce nouveau chef nous propose. Il peut recevoir toutes les cajoleries et toutes les caresses de ses député-e-s le félicitant pour son élection, (voir 1ère page du Devoir du 17 novembre) il faudra bien que rapidement il sorte des bras de ces gens et de ces «brumes» où son élection l'a placé, afin de réfléchir sur autre chose que son «je». En attendant de pouvoir prendre connaissance du contenu du jeune chef/tourtereau du PQ, je souhaite qu'on trouve moyen de le «gaver» de quelques idées sociales/maîtresses lui permettant d'acquérir quelques notions de société en dehors de ce qu'il croit posséder, ce qu'on nomme gentiment, le vide ou le néant!

Afin de remplir ce vide constaté pendant et au cours de cette course à la chefferie, tout en apprenant à diriger le parti dont il en est le chef pour quelque temps,souhaitons- lui d'acquérir quelques notions de conscience sociale,sinon il risque de déplaire à sa jeune clientèle qui ne tardera pas à vouloir le limoger. D'autres chefs avant lui, possédant beaucoup plus de qualités qu'il n'en peut revendiquer, ont connu ce triste sort.




Pettigrew au parti des losers

Benoît St-Denis, Longueuil
TRIBUNE LIBRE 18 novembre 2005

Bon, je sais bien qu’il ne s’agit pas d’un concours, mais en lisant les propos du très minuscule Pettigrew, j’ai tout de suite pensé à ce fédéralisme « canadian », auprès duquel le mot échec est rarement accolé.

Pourtant, ceux et celles qui se sont conformés et qui adhèrent encore aujourd’hui à cette vision, celle du très corrompu Parti Libéral du Canada, ont lamentablement échoué dans la tentative de faire du Canada un pays à l’image de sa population. Les grandes manœuvres des années Trudeau sont d’ailleurs qualifiées, par un professeur de science politique de l’université York, en ces termes : “L’échec des politiques constitutionnelles canadiennes” dans un essai intitulé Un pays à refaire*.

Si ce livre traite en profondeur des échecs qui entourent et découlent de la constitution de 1982, les événements des 30 dernières années nous indiquent aussi clairement que les fédéralistes québécois ont échoué à plusieurs égards, et très gravement. Incapables d’empêcher le recours à la loi martiale en 1970, incapables de prévenir le rapatriement unilatéral de la constitution, incapables de faire modifier cette loi avec les accords rejetés du Lac Meech, poursuivant leurs minables aventures avec leur défaite référendaire de Charlottetown, et même incapables de faire autre chose que le caniche devant les crocs du bouledogues « canadian » lors du référendum de 95, et dans le même souffle, incapables d’empêcher Stéphane Dion de faire des lois absurdes et déshonorantes, comme le Clarity Act!

Les fédéralistes québécois sont des incapables, ma foi du bon dieu !

Et je ne parle pas de l’échec des fédéralistes québécois en regard du déficit fiscal, puisqu’il ne s’agit en fait que d’un petit désordre administratif contextuel pour leurs amicaux vis-à-vis d’Ottawa.

Depuis une trentaine d’années, les fédéralistes québécois se révèlent comme autant d’incapables pantins, des loosers de première, qui échouent à chacune de leur tentative de faire du Canada un pays pour les Québécois. À cet égard, le microscopique Pettigrew fait figure de champion et d’étalon.

Les Québécois qui ont puissamment investi le courant souverainiste n’ont pas à baisser la tête, à détourner le regard, ou à se culpabiliser outre mesure. Qu’ils réagissent aux insultes des Minigrew et à l’agenda des autres Charest et consorts de ce monde en poursuivant leur chemin, pavé par eux et elles, au fur et à mesure, de projets en défis, à coup de raison et de passion, qui nous mène sans équivoque vers notre pays, le Québec.

* Kenneth McRoberts, Un Pays à refaire, Boréal 1999.




Petit-Petit… Pettigrew

Gilles Néron, Charlesbourg
TRIBUNE LIBRE 18 novembre 2005

Il n’est jamais là où il faut; il ne dit jamais ce qu’il faut dire. Malgré tout, il poursuit une carrière politique à Ottawa. La raison : il plaît aux Canadiens anglais et… à son chauffeur. Devinez qui? Vous gagnez Petit-Petit Pettigrew.

Le tsunami de janvier a mobilisé plusieurs nations et de nombreux ministres des Affaires étrangères sont allés en Asie du Sud-Est pour évaluer l’aide à apporter. Où était Petit-Petit? En vacances avec son chauffeur quelque part à l’abri des tremblements de terre sur un plage ou à Paris, Place de l’Opéra, s’informant de la dernière mode en matière de coupe de cheveux, chez les hommes naturellement.

Les négociations sur le bois d’œuvre commandaient de nombreuses séances à Washington tout au long de l’année, mais Petit-Petit avait d’autres chats à fouetter. Quand il a, enfin, rencontré Condolessa Rice pour en discuter, elle ne voulait plus rien savoir. Le moment favorable était passé. Un homme devrait savoir ce genre de chose.

Trois de nos soldats sont blessés en Afghanistan dans une mission de l’ONU, notre ministre des Affaires étrangères n’a pu faire autre chose que prendre fait et cause parce qu’il s’occupait des affaires de Paul Martin et disputait à Lapierre la lieutenance du parti au Québec.

Durant l’été, les voyages se sont multipliés, toujours en compagnie de son chauffeur, mais pas là où on l’attendait. Il laisse le Premier ministre aller seul en Écosse pour la réunion du G-8 sous prétexte qu’il avait planifié des vacances sur le Continent avec… oui tout le monde le sait.

Au chapitre des déclarations, c’est le même épivardage. Il parle et s’excuse, le lendemain, en se passant la main dans sa lourde crinière pour se consoler de sa bévue. Ah que le Québec profond ne comprend rien!

Une fois, c’est l’Union européenne qui adopte, de facto, le modèle fédéral du Canada. Puis il se ravise pour parler du modèle allemand. Une autre fois, parlant du Québec au sein de la Confédération, il va jusqu’à dire « qu’il vaut mieux être exploité que d'être exclu». Bien sûr ce n’était pas ce qu’il voulait dire. Puis, il patauge au sujet du prochain référendum, cauchemar de tous les fédéralistes, pour déclarer, en appui à son collègue Dion, que « la majorité simple marque une division plutôt qu'une décision » Et vive la démocratie qui lui a donné une majorité de 430 votes pour le propulser à la tête de la diplomatie canadienne!

Plus récemment, il décide que « la doctrine Gérin-Lajoie est périmée et dangereuse pour l'unité canadienne », propos qui contredisent les déclarations plus positives de son premier ministre. Mais il n’y a rien là, lui seul peut renverser le courant des 30 dernières années. Ses conseillers bureaucrates canadian l’en ont assuré avant qu’il ne parte se faire bronzer avec…

Il a eu de belles déclarations pour dire non aux USA dans le dossier des anti-missiles et d’encore plus belles pour appuyer les droits des Palestiniens juste avant de se rendre en Israël. Et pourtant, il y aura une base de radar anti-missile au Labrador et il y a déjà eu un alignement sur la position d’Israël et des États-Unis sur la question des blâmes de l’ONU consécutifs au non respect des résolutions de l’organisme international.

Et voilà le pas de deux de la ballerine (dixit Claude Charron) de la diplomatie canadienne. Petit-Petit découvre que les Premiers ministres de sa terre natale (Québec, ville de Québec) sont tous des « lousers », des pauvres caves pour parler français. Il attend les applaudissements de la galerie anglaise et une fois encore se passe la main dans sa chevelure conquérante en espérant qu’on lui passera, avec ce haut fait d’arme, ses comptes de dépenses avec son chauffeur. Houppi!




POST-PARTUM

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 18 novembre 2005

Après les chicanes des péquistes
les médias nous livrent celles des Simard.
Maudite famille.

Est-ce qu’on est obligé de s’aimer ?
Est-ce qu’il nous faut faire semblant ?
Doit-on se forcer ?
Les nouveaux et d’anciens membres du PQ
ont choisi leur chef.
Je ne reconnais plus ma famille.
Elle m’est étrangère.
Seule mon aversion des fédéralistes
me lie encore à elle.
Heureusement, elle est grande.
Il suffit d’entendre et de voir s’agiter un Pettigrew
pour que la raison prenne le pas sur les sentiments.
On ne peut être Québécois sans être indépendantiste.
On ne peut être indépendantiste et seul.

Le moment n’est pas venu de claquer
mais de montrer la porte
à ceux et celles qui
au nom de l’unité canadienne
font du Québec une abstraction :
il n’y a pas de Québec.
Il y a un Canada, une nation, un drapeau.
La pizza McCaine est canadienne.
Les joueurs de hockey de l’équipe de Montréal sont canadiens.
La gouverneure-générale est canadienne.

Moi,
je ne suis pas canadienne.
Je suis Québécoise.
Je ne suis pas anglo-saxonne mais latine.
Mon sang est chaud.
Mon sang bouillonne.
Je suis indépendantiste
et je ne suis pas seule.
J’ai une famille.




Vous avez dit "loser" ?

Serge Larochelle
TRIBUNE LIBRE 19 novembre 2005

Ce n'est pas rien votre affirmation vous savez. Vous avez eu beau prononcer de plates excuses non senties à la Chambre des communes et tenter d'expliquer sans succès que ce n'était pas les Premiers ministres Péquistes que vous avez voulu viser, mais bien les citations de ces même personnes.

Le mal étant fait et la réparation impossible, je me permets de vous dire ce que je pense de vous, Monsieur le ministre. Confortablement assis sur votre fauteuil de la Chambre des communes du comté de Papineau, à forte concentration anglophone, vous n'avez jusqu'à date jamais rien risqué avec vos déclarations insipides et arrogantes. Mais, tout cela pourrait bien changer d'ici peu car je vous suggère fortement de surveiller, dans le miroir de votre limousine, la petite voiture de la candidate bloquiste de votre comté Mme Viviane Barbeau, car elle devrait bientôt vous rattraper.

Mais une chose me trotte constamment dans la tête depuis votre dernier mépris envers les chefs Péquistes. Qui êtes-vous donc, M. Pettigrew, pour parler ainsi de personnes qui ont donné tant d'années, d'énergie et même leur santé pour faire du Québec ce qu'il est devenu aujourd'hui? Vous qui étiez au Conseil des ministres durant l'épisode pas trop glorifiant des commandites. Qui n'avez jamais rien accompli de majeur dans vos dossiers comme ministre. Quand vous aurez fait le "quart du huitième" de ces grands premiers ministres pour citer Bernard Landry, alors là peut-être aurez-vous le droit de critiquer.

Une chose demeure, pour critiquer ou analyser comme vous le faites, faut savoir de quoi on parle et surtout être en mesure de démontrer que l'on peut ou avons fait mieux. Ce qui manifestement n'est pas votre cas Monsieur. Donc, les losers ne sont pas toujours ceux que l'on croit, qu'en dites-vous?