Les premières contradictions boisclairiennes

Nestor Turcotte
TRIBUNE LIBRE 21 novembre 2005

Dans une entrevue à l'émission Les coulisses du pouvoir, diffusée à Radio-Canada le 20 novembre dernier, André Boisclair affirme que lors d'un éventuel référendum, il posera une question claire. De plus, il ajoute que celle de 1995 était très claire.

Pour ceux qui savent lire encore, cette question de 1995, dans les faits, portait, non pas sur l'indépendance nationale, mais sur une union confédérale canadienne. Avis à ceux qui ont porté au pouvoir le nouveau chef péquiste. Les zigzags commencent et ils sont loins d'être terminés.

Face à la loi sur la clarté référendaire, monsieur B. affirme maintenant ceci: «Cette loi (la loi référendaire fédérale) est venue pervertir le jugement de la Cour suprême, et la souveraineté, elle se fera pour des considérations politiques. Ce n'est pas un choix légal, celui de la souveraineté, c'est un choix politique et c'est la démocratie qui va s'exprimer ».

Pendant la campagne à la chefferie, j'ai personnellement demandé à monsieur Louis Bernard de préciser sa pensée sur le sujet. Celui-ci, on le sait, a obtenu une maîtrise en droit de l'Université de Montréal. Après avoir étudié, à titre de boursier du Commonwealth, au London School of Economics and Political Sciences, il a reçu un doctoral en droit administratif de l'Université de Londres. C'est un peu mieux que la maîtrise de Harvard.

Voici la réponse qu'il me donnait par écrit.

Les mots "indépendant" et "souverain" sont des synonymes qui ont cependant des connotations différentes.

Lorsqu'un pays passe d'un statut inférieur au statut de nation, on dit généralement qu'il acquiert son indépendance.C'est ainsi qu'on parle de l'indépendance des États-Unis. Par contre, pour signifier qu'un pays est membre à part entière de la communauté internationale, on parle généralement d'État souverain. C'est pour exprimer clairement que le Québec cessera d'être une province canadienne et accèdera au statut d'État international que j'emploie les deux termes.De cette façon, il ne pourra y avoir aucun doute sur la volonté des Québécois de se donner un pays bien à eux.

L'indépendance est une question politique. La souveraineté est une question juridique. Pour se démêler, Boisclair devrait consulter le docteur du London School of Économics and Political Science de Londres.

Le docteur en droit administratif de Londres précise ailleurs sa pensée sur son site internet. La voici. Il ne suffit pas que le Québec déclare son indépendance pour recevoir la reconnaissance des autres États,être accepté par la communauté internationale et devenir membre de l’Organisation des Nations Unies.

Au contraire, la reconnaissance du Québec par les autres pays relève de chacun d’entre eux. Chaque pays demeure entièrement libre de décider s’il reconnaîtra ou non la déclaration d’indépendance du Québec. Quant à l’ONU, il n’y a aucun cas d’admission d’un pays sécessionniste sans l’accord du pays d’origine.

Si le Québec déclare son indépendance unilatéralement sans l’accord du Canada, il ne pourra demander la reconnaissance des autres pays que s’il est en mesure de démontrer qu’il a le contrôle effectif et exclusif de son territoire. C’est ce qu’on appelle la doctrine de l’effectivité. Et même si le Québec était en mesure de faire cette démonstration, les autres pays ne seraient pas obligés de le reconnaître et pourraient quand même refuser de le faire.

Pour démontrer qu’il a le contrôle effectif et exclusif de son territoire, le Québec devra prouver que seules les lois québécoises s’y appliquent et qu’il est en mesure d’y maintenir l’ordre public et en assurer la défense contre les interventions extérieures. Il va de soi que, si la déclaration de souveraineté était faite unilatéralement au lendemain de la victoire référendaire, aucune de ces conditions ne serait réalisée. Il serait impensable, en effet que, du jour au lendemain, les lois fédérales cessent de s’appliquer au Québec, que tous les fonctionnaires fédéraux se retrouvent sans emploi et tous les contribuables cessent de payer leurs taxes et impôts canadiens. Il est donc clair que le Québec, malgré sa déclaration d’indépendance, n’aurait pas le contrôle effectif de son territoire et, en conséquence, ne pourrait obtenir la reconnaissance des autres pays dès le lendemain du référendum: il serait même malvenu de la demander. Sa déclaration d’indépendance n’aurait donc aucun effet. Ce serait une déclaration bidon dont personne ne tiendrait compte et par laquelle nous risquerions de mettre en cause le sérieux de notre démarche.

Malheureusement, une telle déclaration prématurée ne serait pas qu’inutile : elle risquerait de compromettre notre accession à la souveraineté. Elle donnerait, en effet, une justification au Canada pour refuser de négocier avec le Québec, comme la Cour Suprême lui en a fait une obligation constitutionnelle. Et elle mettrait les députés du Bloc Québécois dans une situation intenable : ou bien ils vont siéger à Ottawa en ignorant la déclaration de Souveraineté de l’Assemblée nationale (au grand plaisir d’Ottawa), ou bien ils démissionnent de leur poste au moment où leur présence au Parlement fédéral serait d’une importance capitale pour l’accession du Québec à son indépendance.

Par contre, si, après des négociations avec Ottawa, le Québec déclare son indépendance avec l’accord du Canada, la reconnaissance des autres États sera quasiment automatique et son entrée à l’ONU pratiquement assurée.

La voie de la négociation avec Ottawa sur la mise en œuvre de la souveraineté et la passation des pouvoirs est donc la voie qu’il faut privilégier. C’est d’ailleurs la voie qui a été proposée par M. Parizeau lors du référendum de 1995.

Cette négociation ne portera pas sur l’indépendance, mais uniquement sur la passation des pouvoirs afin que la transition de fasse correctement et de façon ordonnée, comme le PQ l’a toujours promis. Et cette négociation aura lieu parce que le Canada y trouvera son intérêt, ne serait-ce que pour que nous acceptions d’assumer notre part de la dette canadienne et de maintenir le libre échange entre nos deux pays.

En cas d’échec de la négociation ou de mauvaise foi du Canada, le Québec pourra évidemment proclamer unilatéralement son indépendance. Mais alors, il aura pris le temps de bien la préparer et il aura toutes les raisons pour la justifier et en expliquer la nécessité à sa population, au milieu des affaires et aux pays étrangers.

A l'évidence, Monsieur Louis Bernard nous aurait fait un excellent premier président de la République du Québec.




UN DONATEUR VISIONNAIRE ?

Jean-Luc Dion
TRIBUNE LIBRE 21 novembre 2005

La McGill University s'est payée une pleine page de publicité dans Le Devoir du 18 novembre pour annoncer un autre coup fumant. On pouvait à peine (?) y déceler une volonté de narguer la majorité québécoise de langue française...

En effet, on y apprend qu'un fortuné donateur (francophone?), Marcel Desautels, président de la FCGC/CCMF (Canadian Credit Management Foundation), gratifie l'université anglophone d'une modeste somme de 22 millions de dollars. En fait, ces broutilles permettent carrément de fonder une « Desautels Faculty of Management ». D'ailleurs, ce n'est pas le premier don substantiel de Mr. Desautels à McGill.

On le qualifie de « donateur visionnaire » et l'investissement comme « sûr », probablement du fait qu'il a choisi de faire ce don à McGill plutôt qu'à l'Université de Montréal ou à l'Université du Québec à Montréal, ces vilains petits canards boiteux (et losers ?) où l'on parle le « lousy french » (Trudeau dixit).

On peut aussi lire : « Par la création de chaires, de bourses de recherche et de bourses d'études, ce don permettra à McGill de... attirer, des quatre coins du monde, les étudiants les plus talentueux.» Sans mentionner toutefois que tous les Québécois paieront largement pour ces étudiants formés en anglais qui repartiront exercer leur talent ailleurs en se fichant de ces pauvres francos (qu'ils auront à peine aperçus) qui ne bénéficient guère de donateurs aussi « visionnaires » que M. Desautels pour faire rayonner leur culture dans le monde... Est-ce ainsi que le Québec français progressera ?

Serons-nous encore longtemps de simples moutons bons à tondre ? Pourtant, il y a déjà eu un mouvement « McGill français » visant à franciser McGill en 1969 : « Avec trois prestigieux établissements, les anglophones accaparent 27,7 % des fonds destinés aux universités québécoises. Pourtant, ils ne représentent que 8,4 % de la population. Trouvez l'erreur ! » (*)

Jean-Luc Dion, ing., D. Sc. Trois-Rivières

(*) http://www.er.uqam.ca/nobel/campus/lecture_accueil.php?articleid=114




Ce que craint vraiment Liza Frulla

Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec)
TRIBUNE LIBRE 21 novembre 2005

La ministre du Patrimoine canadien, Liza Frulla, craint pour les réformes qui lui tiennent à cœur, qui mourront au feuilleton si le gouvernement libéral de Paul Martin tombe. Je gagerais ma chemise que ce qu’elle craint surtout c’est d’être battue dans Jeanne-Le Ber, comté qu’elle a gagné par quelque 70 voix seulement, lors du dernier scrutin.

Et ce pourrait être cette même perspective d’être battu qui affecte autant le ministre Pierre Pettigrew, d’ordinaire placide, qui a perdu les pédales en traitant de losers des chefs politiques de la stature de René Lévesque, de Jacques Parizeau et de Bernard Landry. Et Jean Lapierre n’est pas en reste, lui qui fait son loustic comme jamais par les temps qui courent, comme s'il était devant les caméras de TQS.

Ils ont tous bien raison d’avoir peur. J’espère qu’aux prochaines élections, les libéraux fédéraux essuieront le plus cuisant revers de leur histoire au Québec. Ils ne méritent que cela.




Les Péquistes à la défense de la souveraineté... fédérale !!!

Russel Bouchard, Le Métis
TRIBUNE LIBRE 21 novembre 2005

Dans le journal d’hier, comme cela est coutume au Gouvernement du Québec de passer en catimini ses projets de lois vicieux (c’est une habitude nationale d’agir ainsi sur les points de fond), nous avons appris que le gouvernement du Québec, ou plutôt que le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, M. Pierre Corbeil, venait de déposer un projet de loi (no 122) titré « Loi modifiant la Loi sur les terres du domaine de l’État et d’autres dispositions législatives ». Au quatrième paragraphe, il est ainsi écrit :

« De plus, ce projet de loi introduit dans la loi une disposition permettant au gouvernement de conclure des ententes avec les communautés autochtones dans le but de mieux concilier la gestion des terres du domaine de l’État avec les activités des autochtones exercées à des fins alimentaires, rituelles et sociales. Le projet de loi prévoit que ces ententes prévaudront sur les dispositions de la loi et de ses règlements. Elles seront publiées à la Gazette officielle du Québec et déposée à l’assemblée nationale. »

Dans le Journal de Québec, d’hier, 18 novembre, nous apprenions que le gouvernement Charest s’est « littéralement fait crucifier », le jour d’avant, par le chef des Premières nations, Ghislain Picard, qui a appris que cette loi en gestation pouvait altérer leurs droits sur leurs territoires ancestraux. Ce matin, c’est au tour du grand chef Attikamekw, Ernest Awashish, de fesser à grands coups de tomahawks sur ledit projet de loi qui estime, à son tour, qu’il « peut avoir comme effet d’empiéter dans les champs de compétence du gouvernement fédéral sur les terres réservées aux Indiens et sur les droits Ancestraux de la nation attikamekw ».

Ces dernières paroles du chef Awashish sont publiées ce matin dans le Journal de Québec. Lourdes de sens, elles confirment en quelque sorte mes doutes et lèvent le voile sur une réalité que les gouvernements péquistes précédents, auteurs de l’Approche commune, n’ont jamais voulu reconnaître. Par un curieux retour du pendule, ce sont eux aujourd’hui, les Péquistes, maintenant qu’ils sont à l’opposition, qui dénoncent le fait. Si M. Awashish a raison, et rien n’indique du contraire, j’ai eu raison de clamer haut et fort que le Parti québécois torpillait lui-même la souveraineté du Québec sur son propre territoire en signant le traité de l’Approche commune avec les Ilnutsh, un traité d’une ampleur inégalée, qui, selon les propres dires de Rémy Kurtness, accorde aux Ilnuts sur le Nitassinan, « tous les droits », et aux autres, « les seuls droits qu’ils voudront bien leur accorder ».

Si tel est le cas, s’il est de la plus stricte réalité constitutionnelle que les terres indiennes appartiennent au fédéral et que le Québec perd sa souveraineté sur tous les nouveaux territoires soumis à un futur traité, les Péquistes, qui ont révélé le criminel agissement du gouvernement Charest (criminels pour les Indiens, s'entend!), reconnaissent donc ce fait puisqu’ils ont eux-mêmes révélé le pot aux roses aux Indiens. Voyez maintenant la contradiction, et elle n’est pas mince : d’une part, les Péquistes crient vouloir faire la souveraineté du Québec pour être maîtres absolus sur leur territoire ; et, d’autre part, pour faire échec au gouvernement libéral de Jean Charest, ils appellent à l’aide les Indiens en leur disant, réveillez-vous, on vous vole des droits inaliénables sur le territoire du Québec qu’on accepte être à vous.

Dites-moi que je rêve ! Ce cauchemar me devient insupportable. Il faut voir les choses telles qu’elles sont : dans la réalité des faits, l’opposition péquiste est en train de… défendre la souveraineté du fédéral sur les territoires indiens du Québec !!!

P.-S. Pour le profit des débateurs du journal Le Québécois, vous me permettrez de publier la présente dans le forum sur « Le Péquistan ».




«Patriote de l’année» - Quelques souvenirs historiques

Jacques Bergeron, Montréal
TRIBUNE LIBRE 21 novembre 2005

Pour la plupart des Québécois, la nomination du «Patriote de l’année» est une action (une activité) qui existe depuis toujours. Il semble même pour plusieurs, qu’elle fait partie de nos traditions.

Et pourtant cette tradition visant à honorer une personne s’étant dévouée à la défense et à la promotion de notre langue, de notre culture et de ses concitoyens, n’existe que depuis 1975!

En effet, c’est en 1975 que le conseil de la section Montréal-Nord-Rivière-des-Prairies créait cette activité voulant reconnaître les mérites d’un patriote contemporain, suite à une proposition de son président.

Dans son préambule, celui-ci indiquait que nous avions tendance à oublier les hommes et les femmes qui avaient sacrifié vie professionnelle et vie familiale afin de défendre et promouvoir les intérêts du Québec et de ses concitoyens et concitoyennes, par la promotion de l’indépendance du Québec de langue française depuis le réveil de notre nation sous leur impulsion au milieu des années 1950.

Afin d’illustrer son préambule, celui-ci identifiait plusieurs personnes oubliées ou dont on ne parlait plus, qu’elle devait nommer «Patriotes de l’année» tout au long des 11 années pendant lesquelles cette section dirigea cette grande manifestation. Bien sûr, cette liste ne pouvait être exhaustive, puisque d’autres personnes pouvaient s’illustrer au cours des années subséquentes.

Le conseil de cette section composé de Jacques Bergeron à la présidence, de Georges Thuot à la vice-présidence, de M. Paul-Henri Gosselin à la trésorerie, de Mme Thérèse Asselin, secrétaire, de Mme Olive Grégoire, de Mme Blanche Céré , de M. Gaston Céré et de M. Lucien Bédard, décidèrent à l’unanimité d’accepter la proposition soumise par le président et d’aller de l’avant avec ce projet.

Il fut donc décidé de tenir cette fête dans un«lieu correspondant à la hauteur» de la reconnaissance que l’on devait au Patriote à honorer.

Cette fête devant se tenir le samedi le plus près de la date (23 novembre) de la victoire de Saint-Denis, prit le nom de banquet des Patriotes en l’honneur de ceux qui avaient remporté la victoire de Saint-Denis.

C’est ainsi que toutes (une seule exception) les fêtes organisées par la section Montréal-Nord-Rivière-des-Prairies, furent tenues dans de grands hôtels de Montréal.

Afin de bien indiquer toute l’admiration que l’on avait pour le patriote honoré, il fut décidé de lui offrir un parchemin sur lequel seraient indiqués son nom et les motifs de sa nomination et d’accompagner ce geste par la remise d’un cadeau à son épouse ou à son époux.

Cette première manifestation fut tenue à l’Auberge Richelieu, rue Sherbrooke « est» et visait à honorer Mme Madeleine Dompière/Chaput et M. Marcel Chaput, les premiers «Patriotes de l’année» qui doit maintenant en compter plusieurs dizaines.

Plus de 200 personnes assistèrent à ce premier banquet (alors que la salle ne devait en recevoir que 180) qui se tint sous le signe de l’affection et de l’admiration que l’on avait pour ces deux «Patriotes.

Pendant toutes ces années (1975 à 1986) pendant lesquelles cette section organisa cette grande fête de reconnaissance, d’autres personnages illustres vinrent compléter le tableau des Patriotes de l’année.

Patriotes honorés :

Mme Madeleine Dompierre/Chaput et M. Marcel Chaput (1975)
M. François-Albert Angers.,………………………….………(1976)
M. Camille Laurin,…………………………….……….……. (1977, année de la loi 101)
M. Raymond Barbeau,………………………………………. (1978)
Mme Andrée Ferretti,……………...…………………………(1979)
M. Raymond Lévesque,..…………………………………….. (1980)
M. Jean Duceppe…………..…………………………………. (1981)
M. Jacques Parizeau……..…………………………………... (1985)
M. Gaston Cholette……..……………………………………. (1986).

Des Historiens pourront identifier s’il y lieu, les autres noms qui m’échappent, en cherchant dans les procès-verbaux de la section qui furent remis à la SSJB de Montréal tout au cours de ces années, procès-verbaux que l’on devrait découvrir dans ses archives.

Noms à retenir :

Je m’en voudrais d’oublier toutes ces personnes, présidents de la section et organisateurs, qui ont œuvré tout au cours de ces 11 années à l’organisation et aux succès de cette «Grande fête de reconnaissance» en l’honneur des Patriotes de l’année.

C’est donc avec le plus grand plaisir et la plus grande admiration pour ces personnes que l’on me permettra de les identifier.

MM. «Bernard Longpré», (1976/1977) «Réjean Beaulieu» (1977/1978 , 1978-1979 ) et «Benoît Bergeron» (1979/1980) présidèrent cette section pendant au moins une année, tout au long de ces onze années.

Jacques Bergeron présidait cette section depuis 1970, et occupait donc la présidence en 1974/1975, année de la mise sur pied de la «fête de la Nomination du Patriote de l’année par la section Montréal-Nord-Riv.-des-Prairies» 1975/1976, 1980/1981 et ainsi de suite jusqu’en 1986/1987, lorsque cette fête fut remise à la SSJB de Montréal, après la fête du Patriote de l’année, honorant M. Gaston Cholette.

Retenir que :

L’année politique des sections se situait (ou était répartie) anciennement sur deux années, d’où 1976/1977, 1977/1978 etc..

Mmes «Maude Céré» et «Brigitte Boileau», de même que M.«Albert Chartier» (une occasion) créèrent les parchemins remis aux Patriotes nommés tout au cours de ces années.

Mmes Olive Grégoire, Maude Céré, Brigitte Boileau, Chantal Proulx, Blanche Céré, de même que MM. Stéphane Boileau, Gilles Caron, (précieux aide à l’organisation du premier Banquet des patriotes) M. Denis Boileau, Président de la section LaSalle, et plusieurs autres personnes dont je ne peux me souvenir et auprès desquelles je m’excuse, ont travaillé aux succès de ces nombreux «Banquets des Patriotes».

Question :

Se serait-on souvenues de toutes ces personnes, si la section Montréal-Nord-Rivière-des-Pariries (abolie par un conseil général présidé par M. JeanDorion) n’avait pas créé et mis sur pied cette fête annuelle visant à honorer des personnes s’étant dévouées pour leur peuple, souvent au prix d’énormes sacrifices? On a qu’à penser à M. Marcel Chaput qui fut tenu de démissionner de son poste de la fonction publique fédérale, qui en 1975 était presque oublié chez les indépendantistes et chez l’ensemble des Québécois.

On pourrait continuer ainsi pour la plupart des «Patriotes» nommés tout au long des onze années par la section Montréal-Nord-Rivière-des-Prairies, avec la collaboration de la SSJB de Montréal.

Notes :

M. Jean-Marie Cossette présidait la SSJB de Montréal lors du premier Banquet des patriotes visant à honorer Mme Dompièr/Chaput et M. Marcel Chaput.

Il présidait de même la SSJB de Montréal lors du banquet qui honorait M. Jacques Parizeau en 1985.

M. Marcel Henry présidait la SSJB de Montréal en 1980 et représentait cette société lors du banquet des Patriotes de cette année.

M. Gilles Rhéaume, Président de la SSJB de Montréal en 1981, représentait cette société lors du banquet qui honorait M. Jean Duceppe, Patriote de l’année 1981.

Cette fête fut remise à la SSJB de Montréal au lendemain du banquet de 1986, alors que Mme Nicole Boudreau présidait le conseil général.

Près de 600 personnes assistèrent à la fête en l’honneur de M. Camille Laurin à l’hôtel Windsor, alors que toues les chaînes de télévision des Etats-Unis et du Canada étaient présentes.

Plus de 375 personnes assistèrent à la fête en l’honneur de M. Jacques Parizeau à l’hôtel Méridien.

On pourrait continuer ainsi pour tous les Banquets des patriotes organisés par la section Montréal-Nord-Rivière-des-Prairies de 1975 à 1986.

Endroits où se tinrent ces fêtes :

Auberge Richelieu : (coin Berri et Sherbrooke) Il a changé de nom depuis.
Mme Madeleine Dompierre/Chaput et M. Marcel Chaput

Salle de l’École Calixa-Lavallée (Bd Henri-Bourassa)
M. François-Albert Angers

Hôtel Windsor : (rue Peel)
Monsieur Camille Laurin

Hôtel le Méridien (Complexe Desjardins)
M. Jean Duceppe
M. Raymond Barbeau
Mme Andrée Bertrand/Ferretti
M. Jacques Parizeau

Restaurant le Sambo (Rue Sherbrooke « est ») N’existe plus.
Raymond Lévesque

Hôtel du Parc : (Avenue du Parc) N’existe plus :
Gaston Cholette

M. Gérard Turcotte, Secrétaire administratif de la SSJB de Montréal agissait comme responsable du protocole lors de ces banquets.

Afin de bien soutenir cette courte histoire de la nomination du «Patriote de l’année», nous avons conservé plusieurs documents qui attestent de la véracité des faits indiqués ici.

Tous les autres furent remis au conseil général de la SSJB de Montréal, à l’attention de M. Pierre Beaucage (ou Bocage) directeur général, alors qu’elle était dirigée par M. Guy Bouthillier.

Jacques Bergeron, Président de la section Ludger-Duvernay,

Il présidait la section Montréal-Nord-rivière-des-Prairies, lorsqu’elle a mis sur pied cet événement, en 1975.





Lettre ouverte à l’honorable Pierre Pettigrew

LES LOSERS ! Salut, bouffon!

Laurent Migneault
TRIBUNE LIBRE 21 novembre 2005

Les cons gagnent toujours. Ils sont trop.
François Cavanna

Salut Pierre,

Désolé de ne pas te vouvoyer, mais je réserve généralement le ‘vous’ aux personnes respectables et non aux personnes soi-disant 'Honorables'… Comme le reste du Québec, j'ai pris connaissance de tes propos. Contrairement à la plupart de mes compatriotes de diverses allégeances politiques, je n’en suis pas scandalisé. Même Pratte est choqué par ton manque d’élégance et se porte à la rescousse du PQ et de ses chefs passés, présents et futurs. C'est ben pour dire!

Mais non, moi, je ne suis pas choqué par tout ceci, peut-être est-ce parce que je me sens foncièrement obligé d’être en désaccord avec Pratte, mais je crois que c’est tout simplement parce que venant d’une rapace comme toi, c’était plus que prévisible. Tu n’en es pas à tes premières bassesses, ni toi, ni tes collègues! Une de plus, une de moins… Ces propos étaient bas et mesquins, il n’y avait donc rien de choquant, ni d’étonnant à ce qu’ils soient tenus par un individu comme toi.

D’un autre côté, quand je pense que tu étais monté aux barricades en 2000 en pleurnichant pour dénoncer le fait que Lucien Bouchard avait pris position dans la campagne électorale fédérale, sous prétexte que les politiciens ‘provinciaux’ avaient un devoir de réserve sur la scène fédérale… L’inverse n’est-il pas vrai? Ah non, c’est vrai, tu appartiens au PLC et donc, tu peux violer les champs de compétence des provinces, déstabiliser leur gouvernement, intervenir fortement dans les campagnes (comme pour donner la victoire à Charest par exemple), etc., mais c’est à sens unique. Les petits politiciens provinciaux n’ont pas ce droit sur la scène fédérale! Mais qu’avais-tu à craindre de Bouchard… C’est un pauvre loser après tout. Ah Pierre, il faut apprendre à vivre avec ses contradictions, comme d’autres doivent composer avec les erreurs du passé!

Mais revenons-en à ta déclaration. Les chefs du PQ seraient donc tous des perdants… Et les Québécois qui ont élu trois d’entre eux Premier Ministre alors? Mais bon, pourquoi pas… Après tout, il est vrai que les Québécois ont perdu la grande majorité de leurs batailles importantes. Nous avons eu à lutter à armes inégales à chaque fois, mais il faut bien admettre que nous avons perdu à chaque fois… voici quelques exemples parmi tant d’autres;

La soi-disant conquête où le roi de France a préféré garder ses troupes en Europe, alors que Londres a envoyé ses soldats gonfler les rangs des colons anglais : Défaite des Québécois

La rébellion des patriotes : Écrasée dans le sang par de fiers soldats Britishs ayant fait les guerres Napoléoniennes affrontant des paysans sans munitions : Défaite des Québécois

Le plébiscite sur la conscription : On demande à tous les Canadiens le droit de retirer la promesse faite aux Québécois : Défaite des Québécois

Référendum de 1980: Les Québécois croient les promesses de changement de Trudeau et votent NON : Défaite des Québécois

Rapatriement de la constitution : Trudeau et Chrétien réveillent tous les PM des provinces anglophones et laisse le Québec dormir… Beau changement! : Défaite des Québécois

Référendum de 1995 : En violant les lois électorales du Québec par mille moyens tous plus honteux les uns que les autres, le clan du NON l’emporte de justesse : Encore une fois défaite des Québécois!

Donc, si le peuple québécois est un peuple de « loser », il est tout à fait normal que les chefs du PQ, qui veulent émanciper ce peuple en le faisant accéder à son indépendance soient aussi des « losers », puisqu’ils ont de toute évidence échoué (dans les circonstances qu’on connaît)! Oh, excuses-moi Pierre, je viens de me rendre compte que j’ai dit deux fois ‘peuple québécois’, pardon, je voulais dire la tribu, ou l’ethnie ou les habitants de la Belle Province ou de l’Est du Canada ou les Bûcherons consanguins nordiques d’expression française amateurs de cabane à sucre et mangeux de hot-dogs… Je vais arrêter, je te sens excité, tu vas certainement mouiller ta culotte!

Mais toi Pierre, en levant le nez sur ces « losers », tu te réclames donc de la race des vainqueurs, tu te dissocies de ces perdants, tu t’associes à ces grands vainqueurs que sont les maîtres canadian! Mais quand on regarde leurs victoires (j’en ai énuméré quelques-unes plus tôt), doit-on en être fier? Ne dit-on pas qu’à vaincre sans péril on triomphe sans gloire? Ne vaut-il pas mieux perdre honorablement que de gagner dans le déshonneur? Certainement pas au Canada où les conquérants s’honorent et se félicitent entre eux à chaque fois qu’ils écrasent les soi-disant faibles (qu’ils soient Amérindiens et/ou Québécois, Acadiens, Canadiens français… ou autres) un peu comme le feraient 5 ou 6 ‘bullies’ de 16 ans se tapant dans le dos mutuellement après avoir fourré la volée à un ti-cul de 6 ans pour lui voler son lunch. Ils se sentent forts! De grands héros! Dans cet état américain monarchiste qu’est le Canada, qu’importe la façon de gagner, l’important c’est le résultat! La culture du gagnant, la culture du gagnant à tout prix! Mensonge, tricherie, fraude, génocide, emprisonnement arbitraire, lois des mesures de guerre, etc. Tout est bon pour arriver à ses fins!

Tu voudrais bien la recevoir toi aussi ta récompense, ta médaille, ton nanane de la GG... Tu aimerais bien toi aussi aller faire des courbettes devant la Vice-Reine… Rassure-toi, tu as de bonnes chances! En effet, dans ce plussss meilleur pays du monde où on honore les Frobisher, les Molson, les Trudeau, les McGill, les Moncton et toutes ces autres rapaces appartenant à la race des ‘gagnants’, tu risques fort d’être toi aussi récompensé! Et comme dans leur cas de la plupart de ces ‘gagnants’, tu seras arrivé au sommet (le sommet d'une pile de marde, demeure toujours un sommet) en détruisant (ou du moins en tentant de détruire) les rêves et aspirations d’un peuple comme se vante de l’avoir fait Chrétien (sic). Après tout, ces Québécois ne sont que des « losers », mieux vaut s’en dissocier et se réclamer de la grande race canadian. Pour arriver à la gloire, rien de plus facile qu’opter pour le statu-quo comme tant d’autres l’ont fait avant toi. Bâtir un pays c’est trop difficile et les chances de succès sont trop minces. (...)

Et ton parti de vainqueurs, parlons-en! Des centaines de millions dépensés en propagande politique et dont une énorme partie allant à vos bons amis qui se sont bourrés dans l’argent des contribuables comme un club de sumo l’aurait fait dans un buffet chinois! Ils avaient vraiment l’air de vainqueurs, tes amis, devant le juge Gomery… « M’en souviens pu Monsieur Gomery, m’en rappelle pu ». Comme l’a si bien dit Thierry Lhermitte en regardant Jacques Villeret dans le ‘Dîner de Con’, « Il a une belle tête de vainqueur ». Une bande de crottés qui ont gagné en fraudant, en mentant et en crossant… Mais qui ont gagné… N’est-ce pas, Pierre? Nul besoin de faire une récapitulation des grands accomplissements de ton parti, on n'a pas le temps d’en faire le tour, mais tu les connais aussi bien que moi… Crosseurs un jour, crosseurs toujours!

Et toi, Pierre, qui es-tu? Tu appartiens, toi aussi, à la race des vainqueurs, n’est-ce pas? Voici l’historique de ta circonscription et de toutes ces composantes (puisque ta circonscription a été remodelée depuis… un peu comme ton amie Sheila et son Ministère de la Propagane ont remodelé l’histoire du Canada à l’eau de rose avec leurs ‘Minutes du Patrimoine’) et voici ce que j’ai trouvé :

St-Denis: From 1917 — Liberal
Papineau/Papineau-St-Michel: From 1957 —Liberal
Papineau-St-Denis: 1997, 2000 — Liberal

Tu défends une circonscription dont toutes les composantes sont libérales depuis un demi-siècle. Une circonscription où il suffit de peindre une truie en rouge pour gagner avec une avance considérable (...)! Une circonscription qui t’avait été léguée avec une avance importante et, fait incroyable, mais vrai, tu as réussi, en moins de 10 ans de règne à faire pire qu’une truie en passant à un cheveux de perdre ce fief libéral avec à peine 700 voix d’avance contre Martine Carrière du Bloc! Et tu oses traiter des hommes de la trempe de Lévesque, Parizeau et Landry de « losers »!?! Salope, va! C'est Chrétien qui doit regretter aujourd'hui de ne pas avoir confié Papineau-St-Denis à Miss Piggy (...). Et que dire de ta collègue Frulla qui a presque perdu le comté assuré, de Jeanne LeBer aux mains de Thierry St-Cyr du Bloc, un illustre inconnu qui est sorti dans la rue et est allé rencontrer les gens un par un, dans le métro et chez-eux, alors que d’autres étaient évachés sur leur cul pan-canadien! Super-Frulla qu’on donnait gagnante par des milliers de voix s’est retrouvée en recomptage judiciaire et l’a emporté de justesse par 72 voix… Une vraie gagnante, elle aussi!

Tu t’es repris en disant que c’était les militants du PQ qui transformaient leurs chefs en losers. Dans ton cas, mon petit Pierre, tu n’as eu besoin de personne pour te transformer en loser, tu l’as fait toi-même… (...)

Toi qui as un bacc en philo, tu pourrais peut-être me répondre. On se demande souvent: est-ce l'homme qui crée la société ou la société qui crée l'homme (la société à l'image de l'homme ou l'homme à l'image de la société)? Selon toi, si on regarde le PQ en tant que société, ce serait donc la société qui crée l'homme, c'est à dire le parti qui forme le loser... Est-ce qu'on pourrait dire que dans le cas du PLC, ce sont les losers qui forment le parti? Qui a raison, Sartre, Rousseau, euh Bobino? Tu m'excuseras, mes cours de philo remontent à il y a un bon moment! C'est une discipline intéressante, mais tu es la preuve que le fait de l'avoir étudiée ne rend pas sage et n'empêche pas de déblatérer des conneries. Dans ton cas, tous les diplômes des plus grandes universités du monde n'y changeront rien, car, comme dirait Brassens "Quand on est con, on est con".

Tu critiquais Duceppe en disant ‘Il ne veut pas ma job’ parce que, selon toi, le fait de continuer son travail à Ottawa (et de ne pas aller à Québec) prouvait que Duceppe ne voulait pas gouverner et simplement critiquer. Peu importe, Martine Carrière ou quiconque représentera le Bloc dans Papineau-Saint-Denis la veut, ta job! Et cette fois-ci, je doute que tu t’en tires! Que feras-tu après? Avec ton look de beau gosse (j’adore la coupe de cheveux) pseudo-intellectuel, ta diction impeccable et ta grande culture (sic), je t’imaginerais bien dans des info-pubs sur TVA (...)

J’allais faire une récapitulation biographique des anciens chefs du PQ, de leurs qualités et de leurs accomplissements, mais à quoi bon, n’importe qui de moindrement sensé sait bien que tu n’arrives pas à la cheville d’aucun d’eux… Sauf de Johnson… Tu lui arrives quand même à la taille!

(...)

Mais peu importe (parce que tu importes peu en effet). Il faut bien admettre que bien que nos adversaires aient employé tout au cours de l’histoire un nombre incroyable de tactiques malhonnêtes ou illégales et que nous ayons toujours lutté à armes inégales (à 10 contre un, que ce soit en terme d’argent ou de représentation politique), les Québécois ont presque toujours perdu. Mais si nous avons perdu bon nombre de batailles, mon cher Pierre, nous n’avons pas encore perdu la guerre! Trudeau comme Chrétien croyaient qu’ils avaient tué le ‘séparatisme’. Pourtant, les séparatisssses sont toujours là, plus forts que jamais et je suis convaincu que nous appartiendrons au groupe des « ‘petits’ que les ‘grands’ n’ont jamais vaincus »! Nous nous dirigeons vers une victoire écrasante à Ottawa comme à Québec, deux victoires qui nous mèneront droit vers l’indépendance. Et ce jour-là, tous les Lévesque, les Landry, les Bouchard, les Parizeau, les Boisclair, mais aussi les Bourgault, les Chartrand, les Vigneault, les Leclerc, Papineau, De Lorimier, et autres « losers » deviendront soudain des héros ayant pavé la voix de l’indépendance, des gagnants nous ayant menés à la victoire (mais à nos yeux de ‘petit peuple’, ils sont déjà des héros et des gagnants). Je citais Cavana en introduction, mais qu'importe, ce sera l'exception qui confirme la règle, car "Cela ne pourra pas toujours ne pas arriver".

Mais toi, quoi qu’il advienne, tu demeureras toujours un « loser » et tu ne passeras jamais à l’histoire, car le Canada finira bien par tomber et chez-nous on n’honore pas les collabos, aussi Honorables puissent-ils être aux yeux de la Reine! Tu pourras toujours traverser la rivière pour rejoindre tes amis, le Québec parti, ils n'auront que faire d'un Roi nègre bilingue. Je comprends donc ton acharnement à cracher sur le Québec et ses grands hommes politiques... Tu sais que le temps te manque pour recevoir les grands honneurs d'Ottawa et que bientôt, il sera trop tard. Je tiens à te rassurer, Pierre, quoi qu'il arrive, nous ne t'oublierons pas. Je suis convaincu que Rozon trouvera un place pour ta statue au Musée Juste Pour Rire entre le clown Patof et la femme à barbe qui chante en rotant. Enfin tu auras trouvé ta place. Salut, bouffon!

Très cordialement,

Laurent Migneault




RÉPONSE À MONSIEUR NICOLAS MARCEAU

Nick Maltais, Ste-Foy
TRIBUNE LIBRE 21 novembre 2005

RÉPONSE À MONSIEUR NICOLAS MARCEAU sur sa proposition de hausser les tarifs d'Hydro-Québec pour payer la dette nationale parue dans le Devoir du samedi 19 novembre 05

Monsieur Marceau,

Pour arriver à une solution au problème de la dette du Québec, vous nous faites un long exposé en utilisant des chiffres connus et des clichés répétés ad nauseam tel l'équité intergénérationnelle, puis, vous présentez une conclusion mainte fois avancée ces derniers temps par plusieurs acteurs: L'augmentation des tarifs de l'électricité. On a l'impression de faire l'objet d'une manipulation pour préparer la populace à cette ignoble intention d'augmenter fortement les coûts de ce service essentiel chez cette même populace.

Vous étiez l'un des membres de la commission sur le déséquilibre fiscal et je me suis présenté devant cette commission avec une analyse de la situation des REERs au Québec et une suggestion visant à éliminer la dette du Québec en quelques années libérant ainsi des surplus récurrent supérieurs à 10 milliards de $. La seule question qu'on m'avait posée et je crois même qu'elle venait de vous a été: "Vous croyez vraiment que ce serait une bonne chose de collecter maintenant des impôts reportés donc non dus ce qui débalancerait les budgets des générations futures? Je suis resté sans voix devant cette affirmation que les impôts reportés n'étaient pas dus... Votre président lui, était venu me remercier en disant que ça pourrait être une bonne idée mais que ça ne faisait pas partie du mandat de la commission de trouver des solutions aux finances du Québec. Effectivement, c'était vrai, il fallait prouver le déséquilibre fiscal sur lequel Québec n'a aucun pouvoir de décision on le sait.

J'ai représenté mon point de vue au ministre Séguin lors de ses consultations prébudgétaires. Il s'est alors objecté pour 3 raisons: 1) Il fallait se coordonner avec le fédéral pour changer la politique fiscale; 2) les argents des REERs étaient investis dans des entreprises et c'était utile pour le développement. (Bien sûr, Nortel et JDS Uniphase ont bouffé 200 milliards de ces épargnes en 2000!) 3) Ce serait difficile d'enlever cette petite possibilité d'épargne aux petits salariés. (Moi je parlais des 110 000 riches qui mettent 18 000$ par année en REER et qui sont trop riches pour les sortir à la retraite.) "Mais j'avoue que vous avez une solution intéressante" a conclu monsieur Séguin à nouveau! Malheureusement, il n'a pas été ministre des finances assez longtemps pour étudier plus à fond le programme proposé.

Les REERs (je ne parle pas ici du 2000 à 3000 $ qu'un ouvrier va réussir à épargner avec peine!) constituent une cagnotte d'environ 450 milliards au Québec (plus de 2 billions $ au Canada) ce qui génère des revenus non imposés supérieurs à 25 milliards par an. Les impôts reportés non payés sur cette cagnotte représentent plus de 125 milliards de $ pour le Québec seulement. Ne me dites pas que ça va être payé un jour, c'est faux et vous le savez si vous suivez l'évolution de cette cagnotte. Les gens ne sortent pas leurs REERs avant d'être obligés parce que le coût fiscal est trop important et ils n'en ont pas besoin pour vivre!

J'ai fait une vérification personnelle auprès d'amis riches qui ont plusieurs centaines de milliers de dollars voire des millions dans leurs REERs. Je leur demandais: Si on vous accordait une escompte de 10 ou 15% sur les impôts que vous devez dans vos REERs, les transformeriez-vous en fonds d'épargne retraite à impôt prépayé donc non imposable au retrait? Tous ont dit qu'ils sauteraient sur l'occasion pour liquider leurs REERs. Payer la dette donc? Facile, encore faut-il vraiment le vouloir et l'argent est là pour le faire!

Dans son budget de 2004, le gouvernement fédéral a mis en place une structure pour étudier la possibilité d'organiser un système de retraite à impôts prépayés et réservés. (Les voyez-vous venir avec leur système de cumulation des impôts payables aux provinces et conservés dans les coffres d'Ottawa? Moi oui) Aucun pays civilisé au monde n'offre, comme le Canada, un prêt sans intérêt pour au moins trente ans à ses citoyens les mieux nantis! Comme disait le directeur de l'UQAR aux diplômés lors de la collation des diplômes à Lévis il y a 2 semaines: "N'oubliez pas que le superflu des riches doit servir à combler le nécessaire des pauvres et non le contraire". J'aurais ajouté: comme c'est le cas actuellement!

En conclusion monsieur Marceau, je dois vous féliciter d'avoir décroché du déséquilibre fiscal sur lequel Québec n'a aucun pouvoir contrairement à monsieur Séguin qui carbure encore là-dessus dans ses chroniques. Mais de grâce, utilisez votre notoriété et votre pouvoir d'influence pour proposer d'autres solutions que celles visant à saigner un peu plus les plus pauvres de la société même avec le ronflant principe de la lucidité! Il est vrai comme a dit un grand roi que le peuple c'est comme un troupeau de moutons, c'est là pour se faire tondre. Mais il y a des limites, il ne faut pas partir avec la peau!

Nick Maltais

Conseiller en développement industriel à la retraite, président du Club Culturel Québec Métropolitain, agent immobilier toujours actif, conseiller en informatique.




REMETTRE LE QUÉBEC SUR LES RAILS DE L’INDÉPENDANCE !
Pourquoi ? Comment ?

Pierre Daviau, Québec pierredaviau.ca@videotron.ca
TRIBUNE LIBRE 21 novembre 2005

Les indépendantistes devraient comprendre cette réflexion destinée à rompre avec les décisions absurdes du passé et à effectuer un virage qualitatif pour nous projeter dans l’avenir.

POURQUOI ? PARCE QU’IL N’Y A RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL.

La course à la chefferie du PQ terminée, avec le résultat que l’on sait et avec la poussière à peine retombée, nous pouvons déjà affirmer qu’il n’y a rien de nouveau sous le soleil. Le nouveau chef élu semble utiliser le discours traditionnel des nationalistes-souverainistes, soit la lutte DANS le régime. Il ne suffit plus de reprendre les attaques contre le régime fédéral.

Ce genre de discours est connu et ne fait pas avancer l’idée de l’indépendance d’un iota. Qui plus est, plusieurs personnes constatent que ce parti et ses élites ne savent pas ce qu’est l’indépendance nationale du Québec. Il faut se débarrasser du « coffre d’outils comme d’un moyen » et reconnaître que L’INDÉPENDANCE CONSTITUE UNE FIN EN SOI. Voilà pourquoi le discours s’englue dans le combat DANS le régime et porte le plus souvent sur les questions sociales. Jamais ce parti n’oriente le combat SUR le régime.

Voici deux exemples illustrant cette incapacité atavique du PQ à mener le vrai combat.

JEAN GARON

Le 14 ou 15 novembre 2005, à Télé-Québec, Jean Garon informe les téléspectateurs de la vision de l’indépendance que lui a confié l’ancien Premier ministre Pierre-Marc Johnson. Selon Jean Garon, que je cite de mémoire : « Pour P.M. Johnson, L’INDÉPENDANCE EST COMME UN MIRAGE. PLUS ON AVANCE, PLUS LE MIRAGE RECULE. »

Voilà un éclairage renversant qui prouve que cette élite péquiste ne croyait pas à l’indépendance du Québec.

MICHEL DAVID

Michel David (1) commente l’entrevue qu’André Boisclair a accordé jeudi dernier à l’émission Le Point de la télévision de Radio-Canada. Voici quelques extraits des commentaires les plus savoureux mais aussi inquiétant au sujet du nouveau chef du PQ :

« Le nouveau chef du PQ semble aussi déterminé à ne rien dire de substantiel que l’était le candidat à la succession de Bernard Landry. »

« Si la meilleure intervieweuse au Québec a été incapable d’en tirer autre chose que des âneries, le cas est presque désespéré. »

« Il est toutefois inquiétant de l’entendre baratiner sur des sujets de première importance pour l’ensemble de la société québécoise. »

« […] pour empêcher le gouvernement Charest d’utiliser le jugement de la Cour suprême dans la cause Chaouli pour instaurer une « médecine à deux vitesses » le nouveau chef du parti a obstinément refusé de se compromettre. Plutôt que de dire clairement s’il est d’accord ou non avec la création d’un système de santé privé parallèle au système public, M. Boisclair s’est réfugié dans les lieux communs habituels sur le déséquilibre fiscal et le « coffre d’ outils » complet que la souveraineté procurerait au Québec. »

Cette chronique de Michel David vise juste et mérite d’être lue, relue et conservée. Elle a l’immense mérite de provenir d’un journaliste critique. Enfin, David recommande : « […] Boisclair devrait inclure dans son entourage des gens qui ne font pas parti du cercle de ses adulateurs, qui sont éblouis par son verbiage ou simplement en quête d’avancement. »

Cette critique du journaliste assombrit passablement l’image de jeune premier qui sait tout et connaît tout. Triste augure pour ce nouveau chef et pour son parti !

Le texte qui précède annonce un avenir sombre pour l’idée de l’indépendance nationale du Québec. Voilà pourquoi les deux chronique auxquelles je réfère ci-après veulent contrer l’immobilisme du PQ et son enfermement dans ses décisions absurdes.

Bruno Deshaies affirme que « L’instrumentalisation de l’indépendance ne sortira JAMAIS du Parti québécois. » Je ne peux qu’être entièrement d’accord avec cette affirmation. Pour en savoir plus :

L’INSTRUMENTALISATION DE L’INDÉPENDANCE

Oui ! Il faut cesser de rêver qu’avec le temps, sans effort d’éducation, les Québécois et Québécoises comprendront simplement par un affect de la pensée magique. Voici ce qu’affirme Bruno Deshaies dans CESSEZ DE RÊVER ! p. 4: « […] il faut un peuple formé, éduqué et motivé. » Cet énoncé, d’une évidence élémentaire pour quiconque observe et a appris à penser par lui-même, n’est pas compris par le PQ et ses chefs.

COMMENT ? PAR L’UNION DES INDÉPENDANTISTES.

Dans « Cessez de rêver » (p.4) Bruno Deshaies écrit : « Il faut des individus dévoués et conscients de former une union de pensée en vue de contester fermement l’annexion dont tout un peuple est la proie. »

Eh oui ! La cause de l’indépendance ne peut progresser sans que des individus prennent la décision réfléchie de s’engager sincèrement et entièrement à porter le flambeau de cette cause de libération essentielle.

Dans la chronique de Bruno Deshaies LA DÉRIVE DES INDÉPENDANTISTES j’écrivais « Je me porte volontaire pour rencontrer quiconque désire se former à l’indépendance nationale. De plus, j’invite toutes les personnes de bonne foi à s’engager dans la lutte nationale, car vivre n’est pas survivre, c’est agir. » Quelque temps plus tard, le 5 novembre 2005, je récidivais et je lançais l’appel suivant sur le forum de l’Académie de l’indépendance (Courriel; Academie-independance@groupesyahoo.ca) :

« Afin de contribuer à sortir du marécage des faux problèmes qui occupent les pensées, discours et actions des indépendantistes, il n'existe qu'une façon de faire, d'avancer; comprendre ce qu'est l'indépendance nationale et comprendre aussi la situation véritable des Québécois, province de l'État canadian.

Pour avancer dans la bonne direction, celle précisée dans le texte de Bruno Deshaies, je propose une rencontre des membres de l'Académie et de leurs amis. Cette rencontre pourrait se tenir à Montréal ( considérant les membres de l'Outaouais). Pour ceux des autres régions du Québec qui, à cause de la distance, ne pourraient pas se rendre à Montréal, je serais aussi disponible à cet effet pour d'autres rencontres régionales.

Vous savez, pour se comprendre, il n'y a rien de mieux que de se parler face à face. De ces réunions il pourrait se forger des amitiés et un esprit de collaboration pour faire avancer la compréhension des Québécois au sujet de l'indépendance nationale du Québec et ainsi se libérer de notre complexe de nation ANNEXÉE.

Il est temps, pour chacun d'entre nous, d'agir au lieu d'attendre un miracle qui ne viendra jamais. »

APPEL PRESSANT À SE RASSEMBLER

Aujourd’hui, je récidive une nouvelle fois et je lance un appel pressant à tous les indépendantistes de s’unir pour METTRE LE QUÉBEC SUR LES RAILS DE L’INDÉPENDANCE. Ce cri du cœur se justifie par le désir primordial d’atteindre l’objectif politique ESSENTIEL pour libérer le peuple Québécois de L’ANNEXION, DE LA SUBORDINATION, DU REMPLACEMENT ET DE L’OPPRESSION ESSENTIELLE.

J’invite les personnes prêtes à s’engager à m’écrire par courriel ( 2 ) à l’adresse suivante : pierredaviau.ca@videotron.ca . Des rencontres seront organisées (du genre de celles décrites précédemment) pour que nous puissions créer ensemble un groupe de ces personnes essentielles à l’atteinte de notre objectif politique. N’oublions pas : « Il faut des individus dévoués et conscients de former une union de pensée en vue de contester fermement l’annexion dont tout un peuple est la proie. »

Bienvenu à tous les indépendantistes.

( 1 ) Michel David, S.O.S., Le Devoir, 2005-11-19 et 20, p. B 3.
( 2 ) Sur réception de courriels personnels, je pourrais communiquer mes coordonnées




BRILLER

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 22 novembre 2005

English version available upon request

Le mois de novembre n’aura jamais été aussi long.
Les libéraux sont au pouvoir depuis mille ans
et s’y maintiendront jusqu’en 2007
le temps de couper
de découper, de déterrer à la hache
tous nos lys
pour en faire des feuilles d’érable.
« Nous voyons déjà se dessiner le Québec de demain. »

L’anglais est enseigné dès la première année du primaire,
les futurs enseignants
ne maîtrisent pas les notions de base du français,
le Québec forme des analphabètes instruits,
les étudiants s’endettent.
Le gouvernement,
tel que promis,
oriente l’éducation vers la réussite.
Dans une même volonté d’amélioration de l’éducation
et, puisqu’il entend soutenir l’épanouissement
de la famille et du développement social,
une refonte des CPE s’impose.
La création de bureaux de coordonnateurs
entraînera des économies de 50 millions de dollars
qui pourront servir à financer les entreprises privées,
un club de hockey par exemple.
La flexibilité du réseau sera accrue
et les enfants bien administrés.

« Le Québec prend du mieux !
Un tournant historique !
Nous voulons que les Québécois de demain puissent,
dans un monde de plus en plus compétitif,
se mesurer aux meilleurs et gagner.
Nous voulons qu’ils puissent briller parmi les meilleurs. »

Comment ne pas partager cet élan d’optimisme,
cet espoir de faire du Québec un modèle du
petit peuple deviendra grand ?

Le Québec de demain
avec cette corrida libérale
se dessine en feuille d’érable rouge
sur fond blanc
en franglais
en PPP.

Au Star Quebec
nous brillerons.
Les étoiles filantes
brillent aussi.

Réf : www.briller.gouv.qc.ca




Larmoyant, alarmiste, infantile, simpliste

René Marcel Sauvé, géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec
TRIBUNE LIBRE 24 novembre 2005

Un État a l'armée de sa politique et non la politique de son armée

Votre texte larmoyant, alarmiste, infantile, simpliste et chargé de clichés vides de sens, au sujet des propos de Gilles Duceppe concernant la nécessité d'une armée de défense du Québec, procède de l'âge mental de cinq ans.

"Séparatisme" est un terme qui masque les enjeux réels qui opposent, non le Canada au Québec , mais le Québec et les autres provinces contre Ottawa, ce qui n'est pas la même chose.

Au moment des Westminster Revised Statutes(1931), qui accordaient à Ottawa et à d'autres colonies de l'Empire britannique des statuts et des pouvoirs d'État accrus, des Orangistes de Toronto ont hurlé au "séparatisme" contre la Mère-patrie, l'Angleterre.

Le temps a passé et au Canada anglais, sous les pressions de l'Angleterre précisément (j'étais à Londres pour le vérifier), la Monarchie anglaise est maintenant prête à reléguer sa place à une présidence ou une chancellerie.

Le traité de Paris du 10 février 1763, par lequel la Monarchie prend possession de droit (de jure) de l'Amérique Britannique du Nord et dont elle demeure seule détentrice des titres, va être aboli. Restera à décider des statuts territoriaux à venir, à partir des statuts de facto existants. Si Londres retarde, c'est pour éviter des problèmes que ne manqueront pas de causer les gens dépourvus de maturité, encore trop nombreux et dont il faut se méfier.

Pas tout à fait aussi simpliste que vous pensez.

Le mot "séparatisme", fédéralisme, souverainisme et tout ce qui se termine en "isme" a fait fortune lorsque la majorité des gens s'accrochaient aux idéologies pour se donner l'air de savoir quelque chose. Aujourd'hui, l'époque intellectuelle des demi-instruits, des cuistres et des savantasses commence à passer.

La vérité est dans les faits, les faits accomplis suivant la logique des faits, ontologique et porteuse de statuts naturels à reconnaître, dont les statuts de peuple, de nation et d'État, toutes choses qui exigent le sens de l'Histoire afin d'être correctement et rigoureusement interprétées et à partir desquelles il est possible d'agir d'une manière authentique et légitime.

Dans mon livre, que vous ne lirez jamais, j'explique le sens et les corrélations qui font qu'une société donnée devient peuple, puis, nation et finalement État de facto, avant de le devenir de droit (de jure). notamment le rôle de l'espace géographique, premier facteur de différenciation et d'individuation des peuples, nations et États, et, du temps, la quatrième dimension du réel, que beaucoup de gens sont incapables de comprendre.

Il y a quelques années, votre texte aurait fait sensation. Aujourd'hui, il pourrait encore effrayer les gens dont le degré d'instruction ne permet pas le plein exercice du jugement critique, ces gens que les médias à sensation manipulent encore assez facilement.

Je connais le Canada anglais comme le fond de ma poche, ayant servi pendant 28 ans comme officier des Forces Canadiennes et pendant 18 ans comme prof à Toronto. Vos propos, tels que rédigés, n'auront aucune influence sur personne au Canada, ou presque, où on réalise que le gouvernement central d'Ottawa ne représente plus ce qu'il représentait.

Comment expliquez-vous le fait qu'en Ontario, Dalton Mc Guinty a récemment déclaré: "L'Ontario paie 23 milliards par année au fédéral, c'est 23 milliards de trop"? Vous ne le traiteriez pas de séparatiste, celui-là, qui, comme beaucoup de monde en Ontario, ont déjà décidé qu'il n'est plus possible de continuer avec deux États superposés: un État post-impérial, centralisateur, arbitraire et unitaire à Ottawa, et un État naturel à Toronto. Un des deux doit disparaître.

Je vous conseille de lire et d'étudier de John Ibbitson: Loyal no more. Ontario's struggle for a separate destiny. Chez Harpers Collins. Vous qui me semblez de bons "fédéralistes" très larges d'esprit, je suis sûr que vous connaissez l'anglais écrit en termes encyclopédique, alors vous lirez et comprendrez John Ibbitson sans difficulté. Il est journaliste au Globe and Mail de Toronto.

C'est une question d'État, ce n'est pas une question de "feelings and emotions". L'État est ontologique et se fonde sur les principes, des certitudes opératives, des universaux qui ont fait leurs preuves. L'État naturel, vanté par Stéphane Dion devant le London School of Economics, est une société émergente et non un organisme arbitraire créé pour inféoder les peuples. Stéphane Dion n'a pas mentionné que les provinces, Québec en tête, sont les États naturels alors que le pouvoir central à Ottawa est une création artificielle et arbitraire.

Sept autres provinces sont prêtes, non à se "sépârer" comme disent les demi-instruits, mais à saborder d'Ottawa dont personne n'a plus besoin dans les conditions actuelles. Le Canada a existé avant Ottawa, le Canada va exister après Ottawa, quoi que vous en disiez.

Il est évident à vous lire que vous n'avez pas fait d'études avancées, ni en géopolitique, ni en stratégie d'État.

Au moins, aurez-vous le courage de dire qui vous êtes? Vous avez des noms et des adresses, alors montrez-vous et exposez-vous à la critique comme je m'expose moi-même.

Quant à l'unité, il ne peut y avoir d'unité du monde que selon l'esprit, non par inféodation, fusion et soumission servile à un pouvoir centralisateur, unitaire et arbitraire. Au Canada anglais, où j'ai servi comme officier dans l'armée et où beaucoup de gens ont maintenant un niveau d'instruction très élevé, beaucoup de gens en comprennent le sens. Il n'y a qu'au Québec, empoisonné par la propagande qui réduit le jugement critique à l'âge mental de cinq ans, où on ne comprend pas, exception faite des souverainistes et des libéraux nationalistes, dont vous ne faites pas partie évidemment.

Et quant à la proposition de Gilles Duceppe concernant la nécessité d'une armée de défense pour le Québec, elle n'a rien à voir avec le militarisme grossier dont vous l'accusez.

La Suède, la Suisse et la Finlande sont des États pacifiques qui comptent parmi les plus fortement armés au monde et qui n'ont jamais sombré dans le militarisme. Un État a l'armée de sa politique et non la politique de son armée.

J'ai servi moi-même comme officier d'infanterie et parachutiste et je n'ai jamais été militariste, ce qui veut dire favorable à la conduite des affaires politiques par des juntes militaires.

De Gaulle était général, un des plus grands de la France, et n'était aucunement militariste.




Le courageux éditorial de Jim Duff...

Le Docteur D.
TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2005

Le docteur D. ne peut qu’approuver le courageux éditorial de Jim Duff qui supplie le gouvernement Charest de déclencher immédiatement un référendum en vue de résoudre l’insoutenable drame des familles qui se déchirent entre elle.

Chez les V. par exemple, arrivés ici avant Cartier, et dont l’oncle Athanase refuse toujours de renier son Canada : « C’est mon pays, j’vas quant même pas le donner aux maudits anglais » dit-il pour justifier son NON systématique aux précédents référendums.

Chez les Z., nouvellement devenus citoyens canadiens après 18 années de déboires juridiques dans lequel le Canada plaidait qu’un journaliste opposé au pouvoir dans son pays d’origine ne risquait rien, à preuve son président venait d’acheter deux Challenger de Bombardier pour se promener, c’est la petite Laïsha, née à Sainte-Perpétue, qui rebiffe : « Y’m’pêtent les plombs, t’sai veux dire. J’ai poché ma géo parce que la prof a comprend rien dans le new ortograf. La vache de péquisse a mis une phôte sur ma réponse, moé j’ai écrite « la mère de Champlain », pis y fallair dire « mer de Champlain ». Ma prof de French, è super cool, a m’a dit que la prof de géo c’était une fasciste réac. Pis elle m’a invitée a faire partie de la Ligue révolutionnaire troskiste progressiste. Pour ma carrière de journaliste c’est parfa qu’à m’a dit. C’est une porte garantie pour écrire dans La Presse. »

Oui, avec cette proposition, plus besoin de prendre en pitié le pauvre Fred et sa femme Shirley, qui votent NON. Que dire du party des abonnés de la Presse, ou plus de 85% des lecteurs ne savent plus quoi dire au 15% qui votent NON. Pensons aux party des Fêtes dans les Écoles, Cégeps et Universités du Québec et à son pauvre 5% qui refusent d’y aller parce qu’ils votent NON.

C’est la fin des divisions familiales!

Avec une question claire : « Voulez-vous que le Québec demeure dans le Canada? » immédiatement approuvée par Stephane Dion, c’est la fin de l’ambiguïté, de l’incertitude.

Surtout avec les sous questions :

« Pour vous faire voler? »
« Pour vous faire fourrer? »
« Pour vous faire assimiler? »





VICTOIRE DE BOISCLAIR

LA SOUVERAINETÉ PRAGMATIQUE

Éric Tremblay, Avocat et fervent indépendantiste
TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2005

Depuis le vol référendaire de 1995, la démission de Parizeau et son remplacement par Bouchard à la tête du PQ, le projet indépendantiste a constamment perdu de son essence au profit d’un pragmatisme de centre-droit. La victoire récente de Boisclair s’inscrit naturellement dans ce processus teinté d’utilitarisme.

Le couronnement de Boisclair ne s’avère pas si éclatant que ça, contrairement à ce que plusieurs péquistes semblent le croire. En effet, le nouveau chef n’a obtenu que 38% d’appuis des membres du PQ si nous tenons compte des 35 000 abstentionnistes. Boisclair doit donc se poser de sérieuses questions quant au fait que 62% des membres du parti ne l’ont pas choisi comme chef. Sa victoire se veut plus fragile qu’il n’y paraît à première vue.

Le PQ doit aussi chercher à connaître les raisons profondes ayant poussé 35 000 péquistes à s’abstenir de voter. Les dirigeants de notre parti nous assuraient pourtant que le système de vote par téléphone devait permettre une plus grande participation démocratique. Nous sommes forcés de constater qu’ils se sont royalement trompés. Nous devons aussi admettre que nous sommes loin d’assister à une mobilisation sans précédent des Québécois envers notre idéal commun.

Bien que Boisclair connaisse les raisons techniques motivant la souveraineté du Québec, son discours en ignore l’essence fondamentale. Cette inadéquation pourrait-elle expliquer en partie que 62% des membres du PQ aient cru bon de ne pas lui accorder leur premier choix?

Le discours pragmatique tenu par les dirigeants péquistes depuis Bouchard se base sur la définition technique de l’indépendance du Québec : contrôle et exercice exclusifs de l’ensemble des pouvoirs législatifs et fiscaux, ainsi que la participation aux différents organismes et forums internationaux grâce à la personnalité juridique internationale. Or, cette vision utilitariste ignore les raisons profondes rendant l’indépendance du Québec plus nécessaire que jamais.

La raison d’être ou l’essence du projet indépendantiste ne se fonde pas sur les problématiques du déséquilibre fiscal et de l’intrusion grandissante du fédéral dans nos champs de compétence exclusifs, argumentaire technique fragile répété ad nauseam par nos dirigeants péquistes, dont la dernière version « boisclairienne » définissant la souveraineté comme un « coffre à outils » risque fort de ne pas permettre de convertir suffisamment de nos concitoyens à notre idéal. Si M. Boisclair veut réaliser la plus grande mobilisation de l’histoire du Québec afin de réussir là où ses prédécesseurs ont échoués, il doit absolument changer de rengaine et véritablement renouveler le discours insipide du PQ en mettant l’accent sur l’essence de ce fabuleux projet indépendantiste : la nécessaire LIBERTÉ.

Le projet d’indépendance du Québec trouve son sens dans le désir grandissant de notre peuple de s’affranchir d’un pays dont le fédéralisme centralisateur nie depuis toujours son existence. Il s’agit d’un combat identitaire basé sur notre langue française et notre culture propre visant à nous libérer d’un pouvoir étranger dont l’objectif depuis Lord Durham vise notre assimilation totale. Le projet d’indépendance du Québec traduit notre volonté de mettre un terme définitif à notre statut de minorité au sein du Canada et de nous préserver d’un processus de « louisiannisation » inéluctable. Nous voulons briser le fédéralisme colonial canadien subordonnant notre peuple à la majorité anglaise (la moitié des lois sont adoptées par la majorité anglaise à Ottawa, la moitié de nos taxes et impôts sont utilisés par cette majorité anglaise afin de nous enfoncer l’identité canadienne dans la gorge et cette majorité refuse que notre voix soit reconnue officiellement sur la scène internationale). Nous voulons prendre notre LIBERTÉ afin de ne pas mourir. Nous voulons voir triompher les forces de vie. Nous voulons la victoire de l’éros sur le thanatos. Voilà l’essence de l’indépendance!

Malheureusement, les critiques de Boisclair sur le nationalisme ethnique, sa définition du peuple québécois qu’il confond trop aisément avec la définition de la citoyenneté québécoise, ses positions en faveur d’un multiculturalisme « trudeauiste » version Québec, son refus de reconnaître la problématique de la régression du français due à l’anglicisation grandissante des citoyens allophones et des nouveaux arrivants, son refus d’attaquer la puissance coloniale canadienne, ainsi que sa profession de foi étapiste nous conduisant dangereusement à un nouvel échec référendaire qui pourrait sceller à jamais le sort de notre avenir collectif démontrent clairement les lacunes profondes de ce nouveau chef. Son discours creux, insipide et désincarné, ainsi que l’absence évidente d’une pensée claire, structurée et enthousiasmante risquent fort d’anéantir notre fabuleux idéal.

Boisclair saura-t-il abandonner les vieux habits usés du politicien traditionnel et la langue de bois? Saura-t-il tirer les leçons de notre histoire et du vol référendaire de 1995? Saura-t-il renouveler véritablement le discours péquiste ayant connu de nombreux échecs depuis près de quarante ans? Aura-t-il le courage de briser le dogme étapiste référendaire suicidaire et procéder à une élection décisionnelle permettant à une coalition souverainiste (PQ-UFP/OC-adéquistes/souverainistes) de remporter le scrutin avec plus de 50% des voix pour ainsi déclarer l’indépendance du Québec présentement souhaitée par 55% de nos concitoyens? Si oui, alors il deviendra le plus grand chef d’État que le Québec n’aura jamais connu. Si non, alors il pourra revendiquer le titre du plus grand fossoyeur de notre superbe idéal.

Vive l’indépendance du Québec!




La mairesse « bouchée » : un choix incompréhensible !

Daniel Lévesque, arrondissement Beauport, Québec
TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2005

À défaut de défusionner la nouvelle mairesse présidera à la désintégration du tissu social de la nouvelle ville de Québec.

La ville de Québec une ville sans histoire mais historique et dotée d’une qualité de vie hors du commun qui fait l’envie de nombre d’étrangers qui nous visite. Les touristes à qui je fais découvrir la ville me font d’ailleurs remarquer avec étonnement la chance que nous avons de vivre dans un endroit où on peut encore sortir le soir sans être inquiétée. Eux qui parfois viennent de banlieues délabrées où les taux de criminalité obligent à toutes les précautions. Ils me disent aussi jusqu’à quel point ils trouvent notre ville belle et s’éternisent souvent sur ce sujet. C’est ce joyau que nous venons de mettre en péril en l’offrant en pâture à Andrée P. Boucher.

La population de Québec a élu une mairesse défusionniste, hystérique et extrémiste ; au discours belliqueux à saveur fortement antisyndicale. Une femme déséquilibrée et aigrie, qui, comme on l’a vue à l’émission tous le monde en parle sur les ondes de Radio-Canada, est incapable de rire d’elle-même. Une femme entretenant un mépris sans borne pour ceux qui ne pense pas comme elle, comme en fait foi la première réunion du conseil de ville. C’est ça, la nouvelle mairesse de Québec.

Les gens de Québec ont choisi cette femme ignare qui entretient une vision manichéenne du monde politique municipale. Longtemps mairesse de Ste-Foy, cette ville est alors passé de première cité sportive du Canada à ville dortoir. Porte d’entré de Québec, le boulevard Laurier, justement situé dans l’ancienne ville de la mairesse, est l’archétype même d’un développement urbain anarchique. Avec le boulevard Ste-Anne, cette artère routière est de loin la plus délabrée de la région. Cela est sans compter sur SA conception tout à fait tordue de la démocratie. Pendant son règne comme mairesse de Ste-Foy, madame Boucher a consulté les citoyens de sa ville à trois reprises afin de leur faire entériner le projet d’un nouvel hôtel-de-ville. Or malgré les multiples refus qu’elle a essuyés, la mairesse a quand même procédé en autorisant la construction d’un immeuble somptueux au coût de plusieurs dizaines de millions de dollars.

Comme on le voit, il y a une différence énorme entre le discours populiste de rationalisation des dépenses entretenu par la mairesse et ses actions. La mairesse forte en gueule, est d’ailleurs passée maître dans l’art d’endormir ou plutôt d’assommer les gens. Quant à ses réalisations, pouvez-vous m’en nommer seulement une seule ? Et pour l’avenir ? Aucun projet structurant, rien ! Même les fêtes du quatre-centième anniversaire de cette ville superbe sont maintenant menacées.

Le programme des quatre prochaines années se limitera donc sans aucun doute à de sempiternels conflits car, là où il faut agir avec intelligence et doigté, la mairesse se comporte comme un éléphant dans une boutique de porcelaine. Avec cette reine de la dictature municipale, Québec s’enfonce dorénavant encore plus dans la voie de la marginalisation. Pas étonnant donc de voir qu’ailleurs on chuchote à propos du jugement des gens de Québec.




Uni canada, une autre entreprise de bashing Québec

Fernand Lachaine
TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2005

Bonsoir Monsieur Frappier,

Je viens de lire l'article de uni canada, une autre entreprise de bashing Québec. La photo de jeunes enfants faisant partie d'une armée est vraiment minable. Je suppose qu'une armée du Québec, contrairement à l'armée canadienne, pourra servir par exemple à empêcher les avions du Dept of Justice américain d'aterrir sur le sol québécois avec des prisonniers musulmans, torturés à bord de ces avions par la C.I.A.. L.armée québécoise servira à empêcher des terroristes à venir s'établir au Québec contrairement aux autorités qu..qu..qu..anadiennes qui ont autorisé un terroriste à obtenir sa citoyenneté qu..qu..qu..anadienne pour voter NON au référendum de 1995.

Monsieur Frappier, je suis un ex-employé du gouv. du Qu..Qu..Qu..anada qui a travaillé dans 5 provinces différentes et qui voudrait suggérer ceci aux commanditeux de uni.ca:

1- Au lieu d'essayer de venir nous donner la leçon, à ces gens de uni.ca, je suggère qu'ils aillent parler (en français) d'unité aux francophones du Labrador qui sont presque tous disparus.

2- Que ces gens aillent aussi discuter en français avec les francophones de Terre-Neuve. Là non plus ils n'auraient pas besoin d'une grande salle.

3- En revenant ils pourront s'arrêter à la Nova Scotia, la Prince Edward Island et le New/Nouveau Brunswick où les francophones bataillent pour garder leur langue française et n'y arrivent pas ( ne pas se laisser avoir par la propagande de Radio Canada et RDI).

4- Ces gens de uni.ca devraient également porter attention à ce qui se passe dans la province de l'Ontario. Les francophones ont de la misère à garder leur seul hôpital francophone. Ici au Québec nous sommes en train de soupoudrer des milliards à notre minorité anglophone pour qu'elle puisse avoir un mégahôpital en plus des autres hôpitaux anglophones existants.

Ces amuseurs d'uni.ca devraient jeter un coup d'oeil sur l'état du français qui est en voie de disparition au Manitoba, Saskatchewan, Alberta et Colombie-Britannique. Sûrement qu'ils auraient du travail à faire pour améliorer l'Unité Qu..Qu..Qu..anada.

Des articles bas de gamme comme celui présenté par uni.ca devraient nous préoccuper car il y en aura de plus en plus compte tenu de la faiblesse des arguments des fédéralistes gras-durs du Qu..Qu..Qu..anada.

Merci monsieur Frappier de m'avoir laissé la chance de m'exprimer concernant ces "donneux" de leçon de démocratie.




Trop jeune à 39 ans

Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec)
TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2005

Durant la campagne électorale menant à l’élection puis à la nomination de Robert Bourassa comme premier ministre du Québec à 36 ans, en 1970, peu de commentateurs avaient alors parlé négativement de son âge. De même, durant la campagne menant Pierre Marc Johnson à la tête du Parti québécois à 39 ans, en 1985, pratiquement personne n’avait fait état de son âge. Mais, vingt ans plus tard, durant la campagne menant à l’élection d'André Boisclair, né en 1966 et âgé lui aussi de 39 ans, on a pas cessé de parler de son «jeune» âge et, corollairement, de son manque d’expérience, etc., pour lui nuire en quelque sorte.

Que cela dénote-t-il? Que nombre de baby-boomers (mot que je ne retrouve pas dans le dernier «Multidictionnaire de la langue française» de Marie-Éva de Villers, allez savoir pourquoi), nés entre 1945 et 1965, en nombre écrasant au Québec, ne veulent pas vieillir. Et que pour occuper les plus hautes fonctions, tous ceux qui sont plus jeunes qu’eux sont nécessairement trop jeunes.

Pauline Marois, qui a été directrice générale de CLSC à 24 ans (et rivale malheureuse de P. M. Johnson à 36 ans), ne peut espérer aujourd’hui une semblable nomination pour l’un de ses enfants à pareil âge. Alexandre le Grand, mort à 33 ans, serait bien malheureux aujourd’hui.

Pour beaucoup, à 45 ans, il est temps de s’acheter des lunettes. J’en recommande à double foyers à certains, pour voir que la maturité n’est pas forcément liée à l’âge et que la jeunesse peut compenser bien des manques.




GAGNER DU TEMPS

René Marcel Sauvé, géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec
TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2005

Lorsqu’un gouvernement est en danger, sa stratégie poursuit alors les objectifs suivants : gagner du temps; conserver les appuis qu’on peut conserver; discréditer l’adversaire. Nous retiendrons le premier objectif stratégique du gouvernement Martin : Gagner du temps.

Gagner du temps s’applique d’abord au Québec. C’est là que le temps presse pour les Libéraux fédéraux. Mais il n’y a pas que le Québec. Aux dernières élections générales, les Libéraux ont certes remporté cent sièges en Ontario, non parce qu’ils on obtenu une confortable majorité de votes, mais parce que leurs adversaires sont divisés, comme d’ailleurs tout l’Ontario est divisé et dépourvu de certitudes pour l’avenir. Ces divisions, les Libéraux les ont bien entretenues, par la multiplication de partis postiches à leur solde, exploitant par ce moyen les faiblesses politiques d’une société de plus en plus sophistiquée. Car l’Ontario n’est plus la société White Anglo Saxon Protestant qu’elle était jadis. Elle n’est plus liée à la bourse de Bay Street à Toronto comme elle l’était jadis et les Ontariens, comme les Québécois, se méfit du tandem formé par l’oligarchie de Bay Street et l’autocratie d’Ottawa, dont font partie «Chuck » Guité et consort. L’Ontario n’est plus loyaliste et les Ontariens ne savent pas encore qui ils sont, alors que les Québécois commencent à le savoir.

Donc, la réélection des Libéraux de Paul Martin au Québec et en Ontario comporte plus de conjectures que de certitudes. En stratégie, et particulièrement en stratégie d’État, le temps est le facteur primordial. Les meilleurs stratèges sont ceux qui savent le mieux apprécier cette quatrième dimension de la réalité qui est le temps, lequel se déplace inexorablement sans que personne ne puisse l’arrêter. Les gens oublient vite et passent à autre chose. Les stratèges, individus au tempérament secondaire, qui savent reconnaître les signes des temps, parce qu’ils comprennent le sens de l’Histoire, n’oublient jamais, mais gardent leurs perceptions pour eux-mêmes, pendant que les autres, les natures primaires, s’épivardent dans leurs impressions du moment, piégés comme ils le sont dans leurs émotions et leurs affect. La stratégie est froide et faite de perceptions et de calculs d’envergure, ce qui n’est pas donné à tout le monde.

Gagner du temps pour les Libéraux veut dire attendre le rapport final de la Commission Gomery. Ce rapports doit faire des recommandations que le gouvernement Martin va s’empresser de récupérer pour montrer à l’électorat combien il a corrigé les défauts d’une administration dont il n’est pas entièrement en faute, la faute étant entièrement aux «séparatistes » du Québec, et jusqu’à quel point il est disposé à se lancer dans des réformes qui vont aboutir à renforcer davantage le pouvoir central, centralisateur, unitaire et arbitraire d’Ottawa, en association avec la bourse de Bay Street.

Avec tous les pouvoirs, tous, on aura droit à pratiquer toutes les vertus. Il n’y aura plus jamais ni de séparatisme ni de conflits de juridiction entre le fédéral et les provinces, puisque les provinces n’auront plus aucun pouvoir. Le pouvoir corrompt et le pouvoir absolu corrompt absolument mais pas pour la clique de Paul Martin, l’oligarchie de Toronto et l’autocratie d’Ottawa. Eux sont les élus destinés à gouverner le monde et tout ira mieux lorsqu’ils auront tous les pouvoirs, même si l’Histoire prouve absolument le contraire.

Déjà, le premier rapport est facile à exploiter à des fins électorales par le gouvernement Martin, en jetant toute la faute sur le Québec et ses tendances souverainistes, tendances qui ont gagné même les Libéraux du Québec maintenant. En attendant le second rapport avant de déclencher des élections générales dans une conjecture plus favorable, le gouvernement Martin compte bien garder le pouvoir pour une bonne décennie et poursuivre l’œuvre centralisatrice de ses prédécesseurs.

La question qui se pose pour la stratégie québécoise est la suivante : Quels seront les résultats d’une élection précipitée comme celle qui s’annonce? Encore sous l’impression défavorable laissée par les bourdes magistrales des Libéraux, en place à Ottawa depuis trop longtemps, l’électorat le plus important et le plus décisif, celui du Québec et de l’Ontario, se tournera contre eux et Paul Martin sera battu. Gilles Duceppe et ses bloquistes peuvent récolter jusqu’à 55 sièges au Québec. L’Ontario se retrouvera profondément divisé et en position de faiblesse. Les Maritimes seront également divisées. L’Ouest élira le Parti Conservateur pour se mettre en position de force devant l’État central unitaire, sinon, se retournera vers les nouveaux partis. Le contexte sera mûr pour entamer le processus de démantèlement du système fédéral canadien, condition sine qua non pour réussir l’indépendance du Québec avec une économie de moyens. Il y aura du travail à faire.




GRATUIT AVEC ACHAT

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2005

Guerre en Irak
ouragans
tremblements de terre
pluies diluviennes
glissements de terrain
écrasements d’avions
mises à pied
commission Gomery
Martin
Charest
Boisclair
Ouf !
Vivement que 2005 se termine.
Vivement que les fêtes nous étourdissent
de leurs mille bougies,
que chante la famille Dion.
Déboisons un peu plus nos forêts pour planter un sapin.
Achetons pour oublier
que le temps passe et
n’arrange rien.
Achetons pour détruire davantage la planète
au point où elle en est
un peu plus un peu moins
qu’elle différence cela fait ?
Achetons pour se donner le sentiment d’être vivants.
Achetons puisque nous le pouvons.
Il y a des coins de terre,
où ce n’est pas le paradis
où ce pourrait être l’enfer.
La vraie misère
c’est quand il n’y a rien à manger.

Paix sur la Terre
santé à deux vitesses
prospérité aux travailleurs de GM
d’Olymel, de Kraft, d’ABI, de Bombardier.
Une bonne année 2006
qui ressemblera en tous points à celle qui s’achève.
Pourquoi se tracasser ?
Il y aura toujours les millionnaires de la loterie,
les stars académiciens,
les anges de la rénovation.

Noël pour ne penser.
Le nouvel an pour espérer.
Tous les espoirs sont permis
il suffit d’avoir de l’argent ou une carte de crédit.

S’il y a des ventres vides,
les magasins sont pleins.

Pour les fêtes
profitons des offres exceptionnelles :
Photo gratuite avec le Père Noël
cadeau à l’achat
gratuit avec achat
50 versements
pas d’acompte
aucun intérêt
des miles de récompenses
des points prime.
Offrons le cadeau idéal :

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Père Noël holographique illuminé 280 lumières 39,99 $
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Bain de pieds avec nodules réglables pour massage de réflexologie sur mesure 54,98 $
Health Pac Pantoufles chauffantes 24,99 $
Pull ou bottillons pour chiens 9,93 $
Souris animée chantante « Merry Mice » 9,99 $
Jeep Wrangler 4X4 pour enfants de 3 ans et plus 99,93 $
Exerciseur Gazelle 159,96 $
Grande canne de Noël en peau crue pour chiens 6,93 $
Station météorologique pour la maison 93,73$
Ourson Magic Glow Doodle Bear 29,94 $
Portique de Noël gonflable en forme de canne en sucre de 8 pieds 89,99 $
Briser le silence de Nathalie Simard 19,99 $
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Poussette pour animal 124,88 $
Fouets en silicone, Trudeau 14,99 $ (bleu) 16,99 $ (rouge)
Laisse turquoise à motifs de caniche rose 46 $
T-shirt en coton pour Pitou 14 $
Tasse de café et son manteau en feutre 20 $
Masque civette or avec des plumes rouges 56,99 $
Épilation au laser à partir de 25 $
Coussin de détente en forme de lèvres 16,95 $
Ballet Home Studio ou Pop Star 26,57 $
Lit à rayures pour toutou 69,99 $
Toffifee 5,96 $
Princesse Barbie 11,99 $
Ongles en acrylique 45 $
Addition mammaire sans aucune cicatrice sur les seins
Peinture au chocolat
Jeux pour couples.

Avec les économies réalisées sur nos dettes
parce que dans chaque maison ne flotte pas
un air de fête
parce qu’on n’a pas été tous les jours très sages
peut-être pourrait-on envisager
une modeste contribution
pour lutter
contre le cancer,
les maladies infantiles, la fibrose kystique
la sclérose en plaques, le sida, l’analphabétisme, la pauvreté,
le diabète, la famine…

La bonne conscience a aussi son prix…
mais elle est déductible d’impôt.




AU BOUT DE L’EXIL

TRIBUNE LIBRE 25 novembre 2005

C’est jeudi le 1er décembre que la poète France Bonneau offrira au PETIT MEDLEY sa dernière production artistique : AU BOUT DE L’EXIL, un spectacle alliant poésie, théâtre et musique.

La route serait-elle au bout de l’exil, dans des pays enivrants?

D’entrée de jeu, le ton est donné. Avec la performeuse, nous partons à la rencontre des êtres confrontés d’une façon ou d’une autre à l’exil, à la découverte de tous ces pays en nous. Recherche d’identité, peurs, errance, révolte, solidarité humaine, tous ces thèmes chers à l’auteure forment le canevas scénique du spectacle. Traversant chaque tableau, la poésie illumine la scène. Par ses textes simples, denses et émouvants, par son interprétation sensible, par son ouverture au monde, AU BOUT DE L’EXILtouche et séduit l’auditoire.

France Bonneau s’est assurée ici la signature audacieuse et originale de Martin Mercier, metteur en scène et directeur artistique du Centre de création scénique de Montréal. De plus, Jacques Fiore, accordéoniste chevronné, compositeur et interprète, soutient habilement le jeu de la performeuse. Notons aussi la précieuse collaboration de Pauline Tidbury, du groupe folk-actuel Antidote et violoniste de longue expérience.

France Bonneau a publié textes et poèmes dans différentes revues littéraires et participé à de nombreuses lectures publiques. Elle a également écrit et livré trois spectacles à caractère théâtral et poétique et offert ceux-ci dans divers lieux culturels (La Licorne, La petite Licorne, Le théâtre du Maurier etc…). Allier poésie, théâtre et musique, n’est pas chose commune mais avec AU BOUT DE L’EXIL l’auteure gagne son pari. Poursuivant sa démarche artistique, elle redonne à la parole poétique toute sa force et sa beauté et nous offre avec cette performance la véritable mesure de son talent d’auteure et d’interprète.

AU BOUT DE L’EXIL
Où : Au PETIT MEDLEY, 6206 rue St-Hubert (coin Bellechasse)
Quand : Jeudi, le 1er décembre
Heure : 20 H.
Entrée : 12 $

Réservations et informations : André Therrien, (514) 523-8214
France Bonneau, (514) 523-7135