
"Il n'y aura pas de référendum", prédit Bachand
Un autre péquiste, Jacques Rochefort, fait défection
Denis Lessard
La Presse jeudi 22 décembre 2005
Québec - Proposer la souveraineté aujourd'hui ne correspond pas aux défis de 2005, estime le nouveau député libéral d'Outremont, Raymond Bachand, assermenté hier à l'Assemblée nationale.
Pour M. Bachand, " c'est comme si on avait voulu utiliser les solutions de la Seconde Guerre mondiale au début de la Révolution tranquille ", a expliqué le nouveau député au cours de sa prestation de serment hier.
" Il n'y aura pas de référendum car le Parti libéral va gagner les prochaines élections ", a lancé M. Bachand, un proche collaborateur de René Lévesque qui était devenu chef de cabinet de Pierre Marc Johnson avant de devenir président du Fonds de solidarité.
" Nos amis du Parti québécois sont en permanence en campagne référendaire, c'est la seule idée qu'ils ont ", a même renchéri le nouvel élu, décrit comme " un cadeau " par un premier ministre Charest toujours au plus bas dans les sondages.
Plus tôt, en point de presse, le nouveau chef péquiste, André Boisclair, avait fait un appel du pied, en vain, à l'ancien péquiste. " Je le félicite pour son élection. Je sais que M. Bachand a choisi de prendre un ticket aller simple vers les libéraux provinciaux. Mais quand je regarde le parcours de certains hommes politiques, je pense à Jean Lapierre, et que je vois le fond conservateur de l'actuel premier ministre Jean Charest, je ne désespère pas de convaincre M. Bachand de reprendre un ticket de retour vers les troupes souverainistes et vers le Parti québécois ", a déclaré M. Boisclair.
Rochefort
Surprenant, le passage de M. Bachand dans le camp libéral était connu.
Mais dans le Salon rouge où on avait rassemblé 200 personnes pour la prestation de serment du nouveau député, un autre péquiste de premier rang attendait son heure.
" Le PQ ne réalisera jamais la souveraineté, ils ne vont nulle part ", a laissé tomber, dans un entretien à La Presse, Jacques Rochefort, organisateur en chef du PQ entre 1976 et 1978. Ancien chef de cabinet de Marcel Léger, M. Rochefort avait été élu député péquiste de Gouin en 1981 et était devenu rapidement l'un des principaux lieutenant de la campagne au leadership de Pierre Marc Johnson. Il avait été ministre de l'Habitation et de la Protection du consommateur sous René Lévesque et Pierre Marc Johnson.
C'est lui qui avait précédé André Boisclair dans Gouin. " Tout le monde sait bien qu'André Boisclair n'a pas de contenu ", a lancé M. Rochefort qui avait pris la parole lors de l'assemblée d'investiture de Raymond Bachand dans Outremont. Il souligne avoir voté pour le Parti libéral du Québec " aux dernières élections et aux précédentes (2003-1998) ". Pour Jacques Rochefort, les récents gouvernements péquistes furent un désastre pour le Québec, " ils ont constamment transformé des déficits en dette... Le gouvernement Bouchard a congédié 30 000 des meilleures infirmières ", a-t-il lancé, reprenant des arguments maintes fois utilisés par les libéraux. À l'arrivée de Jacques Parizeau, ce lieutenant de Pierre Marc Johnson avait choisi de siéger comme indépendant. Il ne s'était pas présenté en 1989, année de l'élection d'André Boisclair.
Raymond Bachand devrait être assermenté comme ministre en début d'année. La rumeur lui destine un portefeuille économique, " que ce soit dans le domaine des finances ou de l'industrie, son arrivée est un plus pour l'équipe ", a dit Claude Béchard, ministre du Développement économique, un poste taillé sur mesure pour le nouvel arrivé.
M. Bachand n'était plus, depuis juin, président-directeur général de Secor, il n'occupait plus que le poste de président du conseil de cette firme de consultants. Il se départira de ses actions " dans les prochains jours ", a-t-il assuré hier.

Les syndicalistes du PQ en colère contre Boisclair
Refus de rouvrir les conventions collectives
Tommy Chouinard
La Presse jeudi 22 décembre 2005
Québec - Les syndicalistes du Parti québécois sont en furie contre leur chef André Boisclair parce qu'il refuse de rouvrir les conventions collectives imposées par le gouvernement Charest s'il est porté au pouvoir aux prochaines élections.
" Je ne suis pas content! Je ne suis pas content du tout! " a vociféré le président des Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ-Libre), Marc Laviolette, lors d'un entretien téléphonique avec La Presse, hier.
L'ancien président de la CSN considère que son chef fait fausse route. " Le Parti québécois, s'il prenait le pouvoir, aurait tout intérêt à renégocier ce qui a été imposé ", a-t-il martelé. Marc Laviolette a souligné qu'" il y a des affaires inacceptables "- dont des hausses salariales insuffisantes- dans les conditions de travail décrétées par le gouvernement Charest.
Hier, La Presse a révélé que M. Boisclair refuse de s'engager à rouvrir les conventions collectives des 510 000 employés de l'État- qui doivent durer jusqu'en 2010- s'il remporte les élections de 2007 ou 2008.
Lors d'une conférence de presse, le chef péquiste a fermé la porte à toute renégociation. " Je ferai le nécessaire pour engager un dialogue responsable avec les employés de l'État. Est-ce que ça veut dire qu'au lendemain de notre élection, on commence à ouvrir une nouvelle ronde de négociations dans la fonction publique? La réponse est non ", a-t-il tranché.
D'après un relationniste du PQ, la présidente du parti et ex-leader syndicale, Monique Richard, partage le point de vue de M. Boisclair. L'ancienne présidente de la CEQ n'a pas rappelé La Presse.
La semaine dernière, la chef intérimaire de l'opposition officielle, Louise Harel, avait pourtant laissé entendre que le PQ rouvrirait les conventions collectives pour bonifier les salaires en reprenant le pouvoir.
Selon Marc Laviolette, André Boisclair est satisfait que le gouvernement Charest ait décrété les conventions collectives jusqu'en 2010, car il n'aura pas la tâche de négocier avec les employés de l'État au lendemain de son éventuelle victoire électorale.
" Je comprends que, pour M. Boisclair, dans son esprit, le problème est réglé. Pour lui, ça va faire un dossier de moins à toucher. Mais il devrait y repenser deux fois. Il ne pourra pas se tenir au-dessus de la mêlée et faire comme si ce problème ne le touche pas ", a-t-il expliqué.
Le SPQ-Libre, un club politique du PQ qui compte plus de 500 membres, promet d'intensifier la pression sur son chef.
" On va reprendre les revendications des organisations syndicales et on va tenter de convaincre les instances du parti de les adopter ", a-t-il dit.
Marc Laviolette reproche également à André Boisclair d'avoir affirmé qu'il ne souhaite pas " fédérer tous les insatisfaits du gouvernement Charest ".
" Il faut s'adresser à ces gens-là! Ce sont eux qui vont voter pour nous. T'es bien mieux de les fédérer, car sinon ils vont aller ailleurs ", a-t-il expliqué.
Le vice-président de la CSN, Louis Roy, dénonce la prise de position d'André Boisclair. " Il y a une arrogance à venir nous dire: c'est effrayant que vous vous soyez fait décréter, mais si jamais nous sommes élus, nous allons continuer dans la même voie. Il va se discréditer auprès de la population et, minimalement, de la fonction publique ", a-t-il expliqué.
La semaine dernière, la CSN avait annoncé son intention de demander aux chefs des partis politiques de s'engager à rouvrir les conventions collectives en vue des prochaines élections.
" Je ne m'attendais pas à des promesses aujourd'hui. Mais en même temps, je ne m'attendais pas à une fermeture de porte aussi catégorique ", a laissé tomber Louis Roy.

Onde de choc au Bloc
Hélène Buzzetti, Robert Dutrisac, Alec Castonguay
Le Devoir jeudi 22 décembre 2005
La main tendue aux Québécois par Harper pourrait torpiller les chances des souverainistes dans plusieurs comtés chauds
La main tendue par Stephen Harper aux Québécois lundi dernier a créé une importante onde de choc, non seulement dans le reste du pays mais également à l'intérieur du mouvement souverainiste. Pendant que le chef péquiste, André Boisclair, laissait tomber les gants et s'en prenait pour la première fois au leader conservateur, les organisations bloquistes dans certains comtés chauds estiment que la nouvelle position du PC pourrait torpiller les chances du Bloc québécois de remporter la victoire, puisque les quelques centaines de votes cruciaux provenant des fédéralistes frustrés pourraient bien s'envoler.
Plusieurs circonscriptions à l'historique fédéraliste au Québec sont dans la mire des troupes de Gilles Duceppe, qui misent sur le vote de protestation pour faire basculer ces comtés chaudement disputés. Or, selon les informations obtenues par Le Devoir, les propositions conservatrices sur le déséquilibre fiscal et la place du Québec sur la scène internationale sèment l'inquiétude dans ces circonscriptions, où la couleur du député se décidera par quelques dizaines ou centaines de voix.
C'est le cas de Gatineau, de Jeanne-Le Ber et de Papineau, entre autres, alors que le comté de Louis-Saint-Laurent, à Québec, est à risque, dit-on. «Ce n'est un secret pour personne que, pour remporter ces comtés, il faut que des fédéralistes frustrés contre les libéraux votent de notre bord si on veut gagner, a expliqué au Devoir un organisateur bloquiste qui a requis l'anonymat. Les idées conservatrices sur le Québec ne feront pas changer suffisamment les choses pour que des députés conservateurs soient élus, mais ils pourraient gruger quelques centaines de votes importants pour nous.»
Dans le comté montréalais de Jeanne-Le Ber, où le Bloc espère détrôner la ministre Liza Frulla, qui l'avait emporté par seulement 72 voix en 2004, on avoue que les propositions conservatrices pourraient brouiller les cartes. «C'est clair que tous les votes ici comptent, explique Thierry St-Cyr, candidat du Bloc. Le Parti conservateur a encore des preuves à faire mais, évidemment, sur 80 000 électeurs, certains pourraient être tentés de voter pour eux. C'est à moi de démontrer que le vrai changement, c'est le Bloc, et que si mes électeurs veulent un vrai porte-parole crédible sur le déséquilibre fiscal, ils doivent voter pour moi.»
Thierry St-Cyr soutient toutefois que les citoyens, peu attentifs à la campagne électorale en cette période des Fêtes, n'ont pas vraiment entendu l'annonce des conservateurs. «On ne m'en parle pas spontanément», dit-il. Même son de cloche chez la candidate du Bloc dans Ahuntsic, Maria Mourani, qui avait perdu par 1200 voix en 2004. «C'est le silence total à propos du Parti conservateur ici», dit-elle.
À Gatineau, le candidat du Bloc, Richard Nadeau, refuse de s'avancer sur ce terrain glissant, lui qui est plongé dans une lutte acharnée contre la libérale Françoise Boivin, qui l'a emporté par 800 voix en 2004. «Mon travail est de convaincre des fédéralistes de voter pour le Bloc», se borne-t-il à dire. Un de ses militants souligne toutefois que «ça pourrait faire la différence entre la victoire et la défaite». Françoise Boivin tend à confirmer cette analyse. «En 2004, beaucoup de voix historiquement acquises aux conservateurs ont voté pour le Bloc ici, alors je tente de les convaincre de revenir au Parti conservateur, a-t-elle dit au Devoir. Tout sauf le Bloc !»
À la permanence du Bloc, à Montréal, on souligne que l'effet conservateur pourrait se faire sentir davantage à Québec et en Beauce, où les candidats conservateurs sont véritablement dans la course. Si le député du Bloc dans Louis-Saint-Laurent, Bernard Cleary, n'a pas rappelé Le Devoir hier, le candidat en Beauce, Patrice Moore, soutient que l'effet sera de courte durée, ajoutant la ligne officielle du parti selon laquelle le manque de détails sur le plan conservateur est un problème majeur.
Sorties de Boisclair
L'onde de choc a été assez importante dans les rangs souverainistes pour forcer le chef du Parti québécois à lancer des attaques musclées contre le leader conservateur, faisant ainsi écho aux sentiments sur le terrain. La première salve a été tirée mardi soir à Gatineau, au lendemain de l'annonce conservatrice, alors que M. Boisclair était de passage pour appuyer le candidat bloquiste. Le chef péquiste a alors qualifié les propositions de Stephen Harper «d'effets de cap improvisés», puisque ce dernier n'aurait pas véritablement engagé une discussion de fond avec les Québécois.
Hier matin, à Québec, André Boisclair est revenu longuement à la charge. Il a critiqué le premier ministre Jean Charest pour «le clin d'oeil» qu'il a fait à M. Harper. «Ce serait un très mauvais signal à envoyer aux Québécois que, pour régler la question du déséquilibre fiscal, il faudrait mettre un X sur tout ce qu'est le Québec sur le plan social», a dit le chef péquiste au cours d'une conférence de presse. Le PC est à des lieues des positions québécoises sur les jeunes contrevenants, l'environnement et le contrôle des armes à feu, a énuméré M. Boisclair, ajoutant même l'avortement à sa liste, même si le Parti conservateur soutient depuis des mois que cette question n'est pas sur la table. «M. Harper avait mis une croix sur le Québec avant l'élection, alors sa conversion tient surtout de l'improvisation», a-t-il dit.
Des remous ailleurs
L'unité nationale est d'ailleurs en voie de devenir un enjeu central de la campagne électorale, Paul Martin et Stephen Harper poursuivant pour la troisième journée consécutive leur guerre de mots sur le sujet. Bien qu'unanimement critiqué par la presse anglophone, le chef conservateur a fait la promotion de sa promesse toute la journée lors de son passage en Ontario, confondant les sceptiques qui voyaient dans son message d'ouverture livré à Québec un appât pour consommation locale.
Loin de se rétracter devant un tel barrage, M. Harper a plutôt pris le bâton du pèlerin, soutenant que les réformes proposées sont souhaitées par les fédéralistes de partout au Canada, dont Jean Charest, qu'il a nommé à plusieurs reprises. «Je ne réponds pas aux séparatistes, a-t-il indiqué en entrevue avec le réseau anglais CPAC, je réponds au premier ministre Jean Charest, qui est le plus fédéraliste des premiers ministres que le Québec ait eus au cours de ma vie. Ce ne sont pas de grandes concessions sans fin. Ce sont des changements très précis qui sont sensés et qui respectent notre Constitution.»
La journée d'hier avait commencé par une guerre de mots. Le chef libéral a demandé à son adversaire conservateur de s'excuser pour l'avoir accusé d'espérer l'élection d'un gouvernement péquiste à Québec pour ainsi mieux jouer son rôle de «capitaine Canada». «Cela dépasse les limites d'un discours raisonnable, a déclaré Paul Martin. Bien que nos positions soient très différentes, jamais je ne laisserais entendre un seul instant que Stephen Harper préférerait, pour des raisons politiques, assister à une victoire séparatiste.» M. Harper a refusé de s'excuser, offrant cette boutade : «Je ne demande pas d'excuses de M. Martin. Je suis un grand garçon, je suis capable de prendre les coups.»

Élections référendaires?
Bernard Descôteaux
Le Devoir jeudi 22 décembre 2005
La première partie de la campagne électorale arrive à son terme. Elle a été plutôt calme, sinon terne. Seule la question de la place du Québec dans la fédération canadienne, sur laquelle Paul Martin et Stephen Harper se sont affrontés, a réussi à mettre un peu d'animation. Un classique de la politique canadienne.
D'entrée de jeu, le chef du Parti libéral avait décrété que ces élections seraient de nature référendaire. L'objectif recherché était facile à décoder. Pour faire oublier le scandale des commandites, les libéraux devaient s'identifier à une cause qui dépasse toutes les autres en importance. Le coup de l'unité nationale ayant été joué plusieurs fois avec succès, Paul Martin a tout naturellement cru qu'il pourrait rallier les fédéralistes de tout le pays en agitant à nouveau le spectre de la séparation du Québec.
Au cours des deux premières semaines de campagne, seuls les journalistes ont remis en question la pertinence de cette stratégie, soulignant que Paul Martin reconnaissait implicitement le retour imminent du Parti québécois au pouvoir à Québec et le caractère inexorable d'un prochain référendum sur la souveraineté. La semaine dernière, le chef conservateur a à son tour relevé l'ambiguïté du discours libéral. Lors du débat des chefs en anglais, vendredi soir, il a rappelé au premier ministre qu'il semblait oublier la présence à la tête du gouvernement québécois d'un premier ministre fédéraliste avec qui il vaudrait peut-être mieux travailler afin de redonner confiance aux Québécois dans le Canada. Joignant le geste à la parole, M. Harper s'est rendu à Québec lundi pour manifester son engagement à mettre en pratique un fédéralisme flexible.
La réaction de Paul Martin aux propos du chef conservateur montre que celui-ci a visé juste. Touché, il a contre-attaqué en disant que le fédéralisme flexible conservateur fait courir tous les dangers au Canada. Ce pays n'aura de sens que s'il dispose d'un gouvernement central fort. L'ouverture manifestée par M. Harper d'accueillir les demandes du Québec à siéger à des organisations internationales, tout particulièrement à l'UNESCO, et à pouvoir y parler en son nom propre affaiblira le gouvernement canadien, a répliqué le premier ministre, oubliant bien sûr que lors de la campagne électorale de 2004, il avait pris ce même engagement qu'il juge aujourd'hui déviationniste.
Ce débat entre libéraux et conservateurs n'est nouveau en rien. Paul Martin adhère tout à fait à la vision d'un fédéralisme centralisateur définie par ses prédécesseurs. Stephen Harper partage quant à lui la volonté de respecter le partage des compétences constitutionnelles entre les provinces et le gouvernement central. Gardons-nous toutefois de prendre pour parole d'évangile tout ce qu'ils nous disent. Il serait faux de croire que les conservateurs, une fois élus, seraient à ce point souples qu'ils donneraient au Québec tout ce qu'il demande. Il suffit de rappeler à cet égard que c'est un gouvernement conservateur, celui de Brian Mulroney, qui s'était fait reprocher par le gouvernement Bourassa de pratiquer un «fédéralisme prédateur».
La tension des derniers jours entre libéraux et conservateurs baissera alors que la campagne fera brièvement relâche pour les fêtes de fin d'année. Il serait toutefois étonnant qu'ils ne reviennent pas à la charge pour demander aux électeurs de trancher entre les visions du fédéralisme que leurs deux partis entretiennent. Peut-être, après tout, que ces élections seront d'une certaine façon référendaires. Au Québec, la réponse à cette question est plutôt prévisible. Dans le reste du Canada, Paul Martin, lors du déclenchement des élections, a fait le pari qu'il l'emporterait. Aujourd'hui, à le voir se défendre et aller jusqu'à prétendre que la défense de l'unité canadienne fait partie de son ADN, on peut penser qu'il en est peut-être un peu moins convaincu.
bdescoteaux@ledevoir.ca

Duceppe's identity not lost in translation
Daniel Leblanc
The Globe and Mail Thursday, December 22, 2005
Bloc Leader points to his mixed heritage to explain vision for a sovereign Quebec
MATANE, QUE. - Bloc Québécois Leader Gilles Duceppe likes to call himself a "bloke who turned Bloc."
The chief advocate for Quebec sovereignty in Ottawa is one-quarter English, through his maternal grandfather. John James Rowley was one of the so-called British Home Children, orphans and destitute children who were shipped to Canada in the early 1900s.
Mr. Duceppe had fond memories of watching Friday night boxing matches on English TV with his grandfather, who translated the commentary into French for him. He has less pleasant memories of neighbours in the 1950s telling his grandfather he wasn't a true Quebecker.
Mr. Duceppe says his mixed heritage helps explain his views on sovereignty. His desire for an independent Quebec is less rooted in the French-English battles of the past as in his desire for a modern, French-speaking state on North American soil. He wants to change the perception that the sovereigntist movement, which long had the slogan Le Québec aux Québécois (Quebec for Quebeckers), consisted only of pure laine old-stock francophones.
"Nobody can pretend to be of a single origin," Mr. Duceppe said in an interview this week at the back of his campaign bus during a tour in the Gaspé region. "We are part of a large entity. Closing yourself off is a fundamental mistake."
It may sound paradoxical, but Mr. Duceppe, 58, argues that the increasingly borderless world is a key argument in favour of Quebec's independence. Mr. Duceppe likes to point out not just where he comes from, but where his two children are going, working on movie sets in places such as Italy, Japan and Newfoundland.
A former Marxist-Leninist turned social democrat, Mr. Duceppe presents himself as the polite and respectful face of Quebec nationalism, saying that everyone living in the province is a Quebecker "without exception." His goal is to persuade a majority of them to vote for independence and to get the rest of Canada to give up the fight, saying the separation of Quebec would be good for them, too.
"The day that Quebec becomes sovereign, I think Canada will go through its own Quiet Revolution," he said. "Canadians will discover their role in the world and discover that they are fundamentally different than the Americans. I'm not saying better or worse, but different, with a different conception of the world, of society and of liberty."
Mr. Duceppe said an independent Quebec would share many values with Canada, although his new country would respect the "national identity" of Quebeckers. It would be a place where people from all over the world share a common public language, French.
"I want a sovereign Quebec that would be open to the world, but most importantly, open to Canada," he said. "We have a shared past. We have had our problems, but we didn't have any wars like the Germans and the French. They went on to create the European Union, so we'd be off to a much better start."
Mr. Duceppe's grandfather left England when he was 16 after his parents separately committed suicide by jumping into the Thames River. Mr. Rowley's older sister was unable to care for him and his brother, so in 1911 they were sent with other Home Children by boat to Halifax and then by train to Quebec, where they were offered as cheap labour at various stations.
Mr. Rowley was fit and strong, but only five feet tall. He was passed over at the first seven stations until he was picked by the Leduc family to work on their farm west of Montreal.
Mr. Rowley integrated into Quebec society, in part with the help of Mrs. Leduc, who spoke a bit of English. In his late 20s, Mr. Rowley married Marie-Joseph Pilon, a francophone from nearby Rigaud, and they moved to Montreal. Ms. Pilon never learned English and Mr. Rowley spoke only with a slight accent in French.
One of their daughters, Hélène, married Jean Duceppe, who would become one of Quebec's best-known actors. Hélène and Jean were bilingual; day-to-day life was conducted in French, but they spoke English when they didn't want the children to understand.
Gilles Duceppe said his father often travelled abroad to watch plays and buy the rights to stage some of them at home. Jean Duceppe developed a close working relationship with Arthur Miller and brought his plays to Quebec. When a television series was produced a few years ago on the life of Jean Duceppe (who died in 1990), the producers inquired about using scenes from Death of a Salesman. The price to purchase the rights was prohibitive, Gilles Duceppe said, until Mr. Miller heard about their inquiry. "If it's for Jean Duceppe, it's free," Mr. Miller said.
Gilles Duceppe said that even if his father was a strong Quebec nationalist, he didn't close himself off from the outside world. "My father went to see more plays in London than in Paris," Mr. Duceppe said. "Papa wasn't anti-English, he was against injustice."
Mr. Duceppe said that as a boy, he was involved in a few battles of his own, such as the time francophone children had to stand in the buses that brought anglophone children to his bilingual school. He decided one day to sit down, and was slapped by a teacher who objected to this. Mr. Duceppe said he slapped back.
Mr. Duceppe entered the trade union movement after university. He said that after attracting anglophone hospital workers to his union, he surprised some of his colleagues by ensuring that there would be simultaneous translation at the meetings. "You can't ask people to sign up and not offer them services," he said.
Mr. Duceppe's two children are both in the movie business, Amélie, 31, behind the camera, and Alexis, 26, in sound. Alexis recently finished five weeks of shooting in Newfoundland, and both have projects lined up overseas.
Mr. Duceppe said he is not fighting the global trend toward further integration. "When Jacques Cartier came over, he wasn't here as a tourist. He was opening new markets."
He said he would want an independent Quebec to be part of the British Commonwealth, and that Canada should remain in the Francophonie. "We'd have two voices on the international stages instead of one," he said.
Mr. Duceppe said he doesn't foresee any problems resulting from an independent Quebec splitting Canada in two geographically, pointing out that Alaska and Hawaii are separated from the American mainland. He said that there would always be a free flow of goods and people between the Maritimes and Ontario through Quebec.
"Political borders are no longer economic borders," he said. "In Europe, people go through borders without any problems. We're not going to create new ones."

Tell Quebec la vraie question
William Johnson
The Globe and Mail Wednesday, December 21, 2005
Paul Martin plays the nationalist in English. Why, when talking to francophones, does he underplay the threat to this country's survival? demands WILLIAM JOHNSON
After Friday's English language leaders' debate in Vancouver, Prime Minister Paul Martin issued a truly Churchillian challenge to Bloc Québécois leader Gilles Duceppe, saying he was "ready to meet him on every street corner, in every city and in every town and village in Quebec." No Mr. Dithers, he.
Oddly, however, just the evening before, the French language debate had offered Mr. Martin precisely the opportunity to fight the separatist leader on the beaches, on the hills, fields, streets and landing grounds of Quebec, courtesy of the television networks. But Captain Canada was strangely restrained when addressing the country's French-speaking population.
He did say, "Monsieur Duceppe wants to set in motion a process leading to another referendum, and put an end to this Canada that generations of Quebeckers built with other Canadians, and which is the envy of the world." He also, later in the debate, accused the secessionist leader of "wanting to divide Quebec's families." And he added this fighting defence of Canada: "Our competitors are not within our frontiers. Together, Canada can take on the Chinese, can take on the Indians. And we will do it, as a country."
Later, he accused Mr. Duceppe of causing national instability by making a pact with Parti Québécois Leader André Boisclair to start the process for a new referendum, and by "putting sand in the gears so that Parliament would not function." Mr. Duceppe parried that "on the 60 bills that were adopted in Ottawa, the Bloc voted with the Liberals 82 per cent of the time."
In his final statement in the French debate, Mr. Martin warned that Mr. Duceppe "wants to set us on the path to a referendum. He wants to waste our energies while our competitors take advantage of our divisions. My choice is to build Canada, a country that has everything to succeed."
And that was it.
Oddly enough, Mr. Martin turned far more articulate, flamboyant and patriotic the next night when he spoke in English. Then, he bared his teeth and raised his voice. "Mr. Duceppe, let me say to you that the Supreme Court, the Constitution of Canada and international law all make it very, very clear that you cannot have a unilateral declaration of independence. Let me say, also, that I am a Quebecker and you are not going to take my country away from me with some trick, with some ambiguous question . . . This is my country. And my children were born and raised in Quebec."
That one burst of patriotic rhetoric, far too long for me to quote in full, said far, far more than the sum of what he had said in French.
Why the difference? Especially when only French Quebec threatens Canada's existence?
And there was more: "Sovereignty is a question of international recognition. You're not going to get international recognition if what you do is violate the Constitution of Canada, if you violate international law . . . And certainly, and as Prime Minister of this country, I will defend the unity of our land."
In June, the Parti Québécois committed itself to holding an early referendum on secession -- and, with a Yes majority, to a unilateral declaration of independence. The PQ is going for broke, and Mr. Boisclair endorsed the revolutionary plan. But neither the Prime Minister, his minister of justice nor any other federal party leader attacked a plan that clearly meant the overthrow of the Constitution.
That silence was maintained over the six months since.
Quebeckers, as a result, are totally misinformed about the implications of the secessionist plan. It is significant that not one question was raised about it in the French debate. It is now taken for granted.
Mr. Duceppe spoke the truth when he said in the English debate: "The Clarity Bill was unanimously denounced at the National Assembly in Quebec, not only by the PQ -- the sovereigntists -- but also by Mario Dumont's ADQ. Jean Charest also denounced the Clarity Bill."
A would-be prime minister has an obligation to set the people straight on the meaning of the Supreme Court's decision, and hence the strict obligations of the federal government to satisfy the fundamental principles governing secession.
Most people -- even journalists -- think that clarity in the referendum question and its answer is the main issue in determining whether Quebec can secede. But that deals only with the first of four principles that must be satisfied, according to the court. Clarity is a condition for the democratic principle to come into play. A trick question or an unclear answer would violate democratic legitimacy.
But the three other principles, equally important, must be brought into play: the federal principle, meaning the consent to secession by the provincial legislatures and the Houses of Parliament; the rule of law and the constitutional order, meaning that secession requires an amendment to the Constitution; and the rights of minorities, meaning that the boundaries of a new Quebec would be set by negotiations as part of the settlement preceding the constitutional amendment.
Mr. Martin has turned the defence of national unity into a partisan issue, a personal duel of champions between himself and Mr. Duceppe. That undermines Canada, weakening the real case for federalism.
He must, instead, instruct all Canadians about the real implications of a vote for secession -- above all, he must do so in French.
William Johnson, the former head of Alliance Quebec, is the author of several books on Quebec politics.

Revolutionary Tory
Josée Legault
The Gazette (Montreal) December 21, 2005 Wednesday
Conservative leader Stephen Harper has delivered what can only be described as a groundbreaking speech on federal-provincial relations
Conservative leader Stephen Harper has come a long, long way.
Back in his Canadian Alliance days, he believed in equal rights for all provinces, but also held a hardline, Plan B, tough-love approach to Quebec.
This Monday, in Quebec City, he delivered what can only be described for someone with his political history as a ground-breaking speech on Quebec.
Saying that the Liberal approach to Quebec - including the sponsorship scandal - has actually damaged the cause of federalism instead of helping it, Harper offered what he called a more "open federalism," respectful of provincial jurisdictions and rights.
On the crucial issue of fiscal imbalance - where Ottawa takes in more money than it needs - Harper wants to negotiate a new division of revenues at a federal-provincial conference preceded by consultations with provincial governments and municipalities.
Given the Liberal government's intent to keep full financial and political control over the billions of tax dollars it keeps racking up in surpluses, what Harper proposes is a veritable "quiet revolution" in federal-provincial relations.
So is his promise to allow Quebec to play a role in international forums, something we haven't seen since former prime minister Brian Mulroney's epic welcoming of Quebec into the Francophonie.
And so is Harper's commitment to "respect federal and provincial areas of responsibility as defined in the Canadian constitution" and even to limit federal spending power.
Imagine that!
For the final kicker, a Conservative government would adopt a Charter of Open Federalism for a "more efficient and balanced federation." If they were still among us, neither Robert Bourassa nor Claude Ryan would find much here to disagree with.
Given a choice between Paul Martin's increasingly centralist attitude and Harper's surprisingly conciliatory proposals, it's no surprise the latter was music to Jean Charest's ears. Harper's approach also happens to fall perfectly in line with Mario Dumont's still relatively unknown "autonomist" platform.
So chances are it was no coincidence that Harper's Monday speech was preceded by the release of a letter by the Council of the Federation - Charest's baby - demanding each federal party leader answers some crucial questions on the fiscal imbalance.
Harper's speech on Quebec had another interesting result. For the first time in this election campaign, battle lines were drawn with great clarity on the issue of national unity between Martin's and Harper's distinct visions.
Harper's platform on federal-provincial relations is ground-breaking for someone who used to belong to the "tough-love" school. But it's also ground-breaking when compared with Martin's attitude, which grows closer every day to the spirit of Pierre Trudeau.
In an effort to convince Ontarians and Quebec federalists that the Liberal Party is the only one able to fight separatism, Martin has changed as much as Harper did. But his pilgrimage was the reverse of Harper's.
While Harper went from hard-line to soft-line, Martin has gone from supporting the Meech Lake Accord in 1987 to wrapping himself in the Canadian flag with a say-no-to Quebec attitude. It also seems that anyone who professes a different vision of federalism than the Liberals' is somehow, in Martin's eyes, unCanadian.
In perfect Trudeau-speak, Martin's immediate reply to Harper's proposal to give representation to Quebec at UNESCO was that it would weaken Canada. How this would happen, he doesn't explain.
It's too early yet to tell whether Martin's trudeauesque tone will rally Ontarians around the Liberal flag on Jan. 23.
But in the meantime, Harper has a tough battle ahead to convince enough Ontarians that his vision of federalism would benefit their province just as much as the others.
Since Ontario is now a victim of fiscal imbalance, as well, Harper has a potentially receptive audience there if he communicates this message simply and clearly enough.
As for Quebec, Harper surely understands his proposal won't win him many votes this time around. The Quebec electorate is simply too polarized, and the Bloc Quebecois too strong, to let any third vision in at any respectable level.
But if Harper takes his more provincialist platform outside, and presents it as a more positive way to contain sovereignty while remedying the provinces' cash-strapped budgets, it could help him get that much closer to the possibility of a minority government.
When it comes to the Rest of Canada, if Harper is to take a page from Brian Mulroney's book on decentralized federalism - something few Canadians outside Quebec remember fondly - he would be wise to add to his new-found love for Quebec another page on stronger rights for all provinces as well.
As for our real lives, I wish you all a very merry not-too-political Christmas. I shall return Jan. 6, all refreshed and ready for a new, exciting year of politics.

Le fédéralisme de M. Harper
Alain Dubuc
Le Soleil mercredi 21 décembre 2005
Éditorial - Le chef conservateur, Stephen Harper, dans un discours lundi à Québec, a esquissé une vision du Canada assez proche de celle qu'ont la plupart des Québécois, notamment par son respect de l'autonomie des provinces et de leurs compétences, la reconnaissance de l'existence d'un déséquilibre fiscal et même son ouverture à certaines revendications traditionnelles du Québec, comme sa participation à certains forums internationaux.
Évidemment, il y a loin de la coupe aux lèvres. Le fait qu'un chef en campagne promette "un nouveau fédéralisme d'ouverture" sera accueilli avec prudence par des Québécois trop souvent échaudés. Le chemin est long entre les intentions, même sincères, et les résultats, dans ce pays ingouvernable qu'est le Canada. Paul Martin aussi, en 2004, a entamé son mandat sous le signe de l'ouverture.
Il faut néanmoins prendre ces intentions au sérieux, parce qu'elles s'inscrivent dans une double tradition. Celle des conservateurs, naturellement plus décentralisateurs. C'est avec Brian Mulroney que le Québec est proche d'une entente constitutionnelle. Mais aussi celle du courant réformiste, dont est issu M. Harper, un parti né de la colère de l'Ouest contre le gouvernement central.
Bien des gens au Québec, parce que l'univers politique défini par le Bloc est québéco-québécois, ont interprété les propos de M. Harper comme des promesses faites au Québec pour y gagner des votes. Mais dans les faits, ce qu'a exprimé le chef conservateur, c'est sa vision du Canada, celle d'un authentique provincialiste, qui croit au rôle des provinces et qui souhaite la réduction du pouvoir central.
Mais il est vrai que les propos de Harper ressemblaient étrangement à ceux d'un fédéraliste québécois aux pulsions autonomistes. "Nous allons encadrer le pouvoir fédéral de dépenser, dont ont tellement abusé les libéraux fédéraux. Ce pouvoir de dépenser exorbitant a donné naissance à un fédéralisme dominateur, un fédéralisme paternaliste, qui est une menace sérieuse pour l'avenir de notre fédération. Le déséquilibre fiscal n'est pas seulement un problème budgétaire, une question de gros sous. C'est le fonctionnement et l'esprit même de la fédération canadienne qui est en cause." D'où la réaction réjouie de Jean Charest, qui est sorti de sa neutralité.
Car c'est un ton et une approche qui s'écartent nettement de la vision du Canada que partagent les libéraux fédéraux et la haute fonction publique à Ottawa, un fédéralisme que l'on qualifie de centralisateur, mais qu'il faudrait plutôt décrire comme un fédéralisme messianique. Et que le chef libéral Paul Martin a très bien exprimé, en affirmant, en réaction aux engagements de Stephen Harper : "Nous ne construirons pas un Canada fort en affaiblissant le gouvernement fédéral". Exactement le genre de propos qui hérisse les Québécois.
Cette prise de position conservatrice, quand même prévisible, introduit une autre donnée dans l'équation électorale. Les Québécois, n'ont pas d'atomes crochus avec Stephen Harper, qu'ils trouvent trop à droite. Mais obnubilés comme ils le sont par le déséquilibre fiscal, ils ne seront certainement pas insensibles au fait qu'un politicien fédéral reconnaisse son existence et promette de le régler.
Ce n'est pas assez pour faire des conservateurs une alternative au Bloc québécois, mais c'est assez pour positionner le PC comme le parti fédéraliste le plus ouvert aux provinces et pour affaiblir le monopole sur l'unité canadienne que prétend avoir le parti libéral.
Cela montre également qu'il est loin d'être évident qu'une victoire conservatrice serait nécessairement, comme le croient certains, le scénario du pire dont rêveraient les souverainistes. Les conservateurs issus du courant réformiste ne sont pas des amis du Québec. Mais il existe manifestement un terrain d'entente sur la vision du Canada.
Cela m'amène d'ailleurs à aborder un sujet un peu tabou. Qu'est-ce que cela donnerait si le Canada était dirigé par un vrai Canadien anglais provenant d'une province anglophone, sans nécessairement voir M. Harper dans ce rôle.
Depuis 1969, le Canada n'a été dirigé que par des Québécois : Pierre Trudeau, Brian Mulroney, Jean Chrétien et Paul Martin. Cette domination québécoise sur la politique fédérale qui dure depuis 36 ans, brièvement interrompue par les neuf mois au pouvoir de Joe Clark, les deux mois de John Turner et les quatre mois de Kim Campbell.
Cette anomalie, qui devrait être intolérable pour les Canadiens des autres provinces, s'explique essentiellement par le fait qu'une victoire à Ottawa n'était possible que si l'on avait conquis le Québec. La domination du Bloc au Québec libère les partis nationaux de cette obligation.
En plus du fait qu'il serait sain, sur le plan démocratique, que le Canada anglais produise aussi des leaders, un premier ministre anglophone aurait peut- être un recul et un détachement salutaires, pourrait plus facilement parler au nom du reste du Canada.
ADubuc@lesoleil.com

Yes, Mr. Martin, there is a better approach to federalism
Stephen Harper - Stephen Harper is Leader of the Conservative Party of Canada.
The Globe and Mail Thursday, December 22, 2005
Following my recent speech on open federalism in Quebec City, The Globe and Mail wrote an editorial asking for more information. I am happy to elaborate on the concept of open federalism, which has been welcomed by all mainstream federalists in Quebec and across Canada.
"Stand up for Canada" is the title of our platform, and that is what we are going to do. We are going to make Canada work better, not by transferring federal powers to the provinces, but by co-operating with the provinces in the exercise of their legitimate constitutional jurisdiction.
A Conservative government will put an end to the Liberal scandals that have so damaged the cause of federalism in Quebec. Paul Martin's party has been held responsible in a judicial inquiry on corruption. Mr. Martin should have known and acted against this corruption when he had the chance. If Quebeckers face only a choice between the tainted Liberals and the Bloc Québécois in this election, the majority will opt for the Bloc. That is why putting forward a Conservative federalist alternative is so important to Quebec and, indeed, to all of Canada.
As Conservatives, we do not believe national unity and federalism itself should be punished as a consequence of the actions of one party. A Conservative government will offer a complete departure from the approaches of both the federal Liberals and the Bloc Québécois. Instead of the old paternalistic and arrogant attitude of the federal Liberals, and the blind and sterile obstruction of the Bloc, a Conservative government will practise an open federalism.
Our commitment is to establish a new relationship with the provinces, while clarifying the roles of both levels of government within the division of powers of the Constitution. That means working constructively with the Council of the Federation. For example, we will support the creation of practical mechanisms to facilitate provincial involvement in the development of the Canadian position in areas of federal jurisdiction where provincial jurisdiction is affected.
We also recognize that Quebec has certain linguistic and cultural responsibilities that are of less interest to the other provinces. We will invite Quebec to participate in UNESCO in the same way it has participated in la Francophonie -- an arrangement that has worked well for Canada as a whole, as well as for Quebec.
These are mainstream positions of federalists in Quebec and across Canada. They have been welcomed by Quebec federalists, including Premier Jean Charest and Intergovernmental Affairs Minister Benoît Pelletier, as well as Action Démocratique du Québec Leader Mario Dumont, who opposes holding another referendum on sovereignty. They have also received support from the Council of the Federation, which represents all provinces. And, until very recently, they were positions that Mr. Martin himself supported.
In contrast to the Liberals, the Conservatives have openly acknowledged that a fiscal imbalance exists in this federation. Again, this is the mainstream position of all federalists in Quebec. And it is the position of the Council of the Federation. Only Mr. Martin finds himself outside this mainstream national federalist consensus.
It is common knowledge that the federal government enjoys large and growing surpluses -- estimated at $83-billion over the next five years -- even as most provinces are struggling to balance their budgets while maintaining indispensable social services, such as health care, public education, highways, and municipal infrastructure. Correcting the fiscal imbalance means ensuring that the provinces can deliver on these responsibilities.
The Conservative Party has proposed realistic measures in this campaign and has offered to bring integrity and political accountability to Ottawa, to reform federalism, and to help taxpayers. It is a balanced approach that strengthens the federal role in areas of its own jurisdiction and works with federalists from coast to coast to address the concerns of all Canadians.
By its corruption, the Liberal Party has gravely damaged federalism in Quebec. Nonetheless, Mr. Martin has spoken recklessly and repeatedly of a referendum in Quebec ever since the campaign began. He has said nothing constructive about working with Mr. Charest, the most federalist Quebec premier in a generation, to head off separatism. And yet he attacks Conservative positions designed to rebuild federalism in Quebec. It is time for a new hand at the tiller.

Harper est critiqué pour son ouverture à l'endroit du Québec
Tristan Péloquin
La Presse jeudi 22 décembre 2005
Chatham - Sévèrement critiqué par les médias anglophones pour avoir promis au Québec qu'il pourrait participer à l'UNESCO et à d'autres instances internationales, Stephen Harper a dû rectifier le tir, hier. " Nous ne proposons pas aux provinces de leur transférer des pouvoirs fédéraux ", a affirmé le chef conservateur.
" Les médias, particulièrement anglophones, n'ont pas bien compris les politiques que nous proposons ", a commenté M. Harper. Il faisait notamment référence à un article du Globe and Mail l'accusant de vouloir "dépouiller le gouvernement fédéral de son pouvoir " en promettant aux provinces de prolonger leurs compétences sur la scène internationale.
" Selon la Constitution canadienne, les provinces ont déjà un rôle à jouer dans les affaires internationales lorsque leurs compétences sont en question. Nous cherchons seulement des façons de mieux faire fonctionner cette réalité. Nous voulons créer les mécanismes qui permettraient une telle chose ", a expliqué M. Harper, qui participait hier à un ralliement avec des agriculteurs de Chatham, en Ontario.
La veille, il avait indiqué qu'un gouvernement conservateur ne s'opposerait pas à ce que le Québec participe à l'UNESCO pour les questions reliées à la langue et à la culture. M. Harper avait alors précisé que le modèle du Sommet de la francophonie, où le Québec détient un pouvoir de négociation avec les autres États, mais pas de droit de vote, lui semble approprié.
Cette participation internationale, réclamée par le gouvernement Charest, est une importante source de discorde entre le ministre des Affaires intergouvernementales, Benoît Pelletier, et le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew.
La doctrine Gérin-Lajoie
" La proposition que nous faisons répond aux préoccupations très terre-à-terre du gouvernement québécois le plus fédéraliste qu'on ait vu depuis longtemps, s'est défendu le leader conservateur. Paul Martin refuse catégoriquement de reconnaître que ce genre de politique est légitime. Cela le place bien loin du cercle des fédéralistes raisonnables qui veulent faire fonctionner ce pays. "
Pour lui, les difficultés qu'éprouve actuellement le gouvernement Martin pour faire appliquer le protocole de Kyoto à la grandeur du pays sont un autre exemple de l'erreur que commet son gouvernement en refusant de prolonger les compétences des provinces. " Le gouvernement libéral n'a pas voulu consulter les provinces lorsqu'il a négocié Kyoto. Huit ans plus tard, le résultat, c'est que le protocole tarde à s'implanter. "
Traditionnellement, le Canada s'est toujours réservé les pleins pouvoirs sur la négociation de traités internationaux. Une décision du Comité judiciaire du Conseil privé de Londres, survenue en 1937, a cependant précisé que la mise en oeuvre des traités relève à la fois du gouvernement fédéral et des assemblées législatives provinciales. De cette décision est née au Québec la " doctrine Gérin-Lajoie ", selon laquelle " lorsque le gouvernement du Québec est le seul gouvernement compétent pour tenir un engagement, il est normal que ce soit lui qui le prenne et qu'il conclue l'entente avec l'étranger. "


Nomination de Wilfrid-Guy Licari à la Délégation générale du Québec à Paris
Que le vrai Jean Charest se lève
Louise Beaudoin, Ancienne ministre des Relations internationales
Le Devoir jeudi 22 décembre 2005
La nomination de Wilfrid-Guy Licari, actuel ambassadeur du Canada en Tunisie, au poste de délégué général du Québec à Paris est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Pendant que Benoît Pelletier, le ministre québécois des Relations intergouvernementales canadiennes, se bat, verbalement tout au moins, pour donner un espace viable au Québec sur la scène internationale -- et se fait traiter de «méchant péquiste» par le lieutenant québécois de Paul Martin --, Jean Charest est en voie de faire de la diplomatie québécoise une succursale de l'appareil fédéral.
Qui dit vrai ? Stephen Harper quand il annonce qu'il y a au Québec un des premiers ministres «les plus fédéralistes» depuis des décennies ou Charest lui-même quand il prétend publiquement se battre avec acharnement pour la place du Québec dans le monde ?
On aurait tendance à donner raison à Harper tant Charest, de toute évidence, «fédéralise» à outrance la diplomatie québécoise. Quelles étranges ambiguïtés : Harper appelle à reconnaître au Québec un rôle international pendant que Charest nomme à Paris un ambassadeur dont le mandat, comme celui de tous les ambassadeurs canadiens, a été de combattre systématiquement quelque action internationale québécoise que ce soit !
Est-ce le fait d'avoir été bêtement lâché par Paul Martin, dont la stratégie «référendaire» contre le Bloc dans les élections fédérales lui nuit, qui le mène à des entourloupettes visant à plaire, malgré tout, au grand frère libéral ?
Toujours est-il que les nominations de Charest en matière de relations internationales se suivent et se ressemblent :
- celle, à Toronto, de Jocelyn Beaudoin, ancien président du Conseil pour l'unité canadienne, qui a engendré Option Canada, dont les 4,5 millions de dollars obtenus de Patrimoine Canada ont été dépensés de façon occulte pendant la campagne référendaire;
- celle d'Alfred Pilon à la tête des trois offices internationaux de la jeunesse (l'Office franco-québécois pour la jeunesse, l'Office Québec-Wallonie-Bruxelles et l'Office Québec-Amériques), maintenant regroupés sous la même présidence, ce qui affaiblit considérablement le caractère unique des relations directes et privilégiées qui unissent la France et le Québec. Alfred Pilon est lui aussi un ancien du Conseil pour l'unité canadienne, subventionné à même les fonds publics par Jean Charest.
- et, maintenant, celle de Wilfrid-Guy Licari, ambassadeur du Canada en Tunisie.
Je connais depuis longtemps M. Licari puisque nous avons tous les deux étudié en France à la fin des années 60, et c'est un homme courtois, mais quand, à titre d'ambassadeur du Canada, a-t-il récusé, par exemple, le «petit catéchisme» de l'ancien ministre Axworthy, ouvrage anti-Québec remis à la mode du jour par l'actuel et particulièrement agressif ministre Pierre Pettigrew ? Quand a-t-il contesté la politique du «cadenas diplomatique» imposée au Québec sur la scène internationale depuis 40 ans ? Quand a-t-il appuyé la doctrine énoncée en 1965 par le ministre de l'Éducation de l'époque, Paul Gérin-Lajoie, en ce qui concerne le prolongement externe de nos compétences constitutionnelles internes, doctrine qui constitue le fondement juridico-politique de notre présence internationale ? Jean Charest peut-il nous assurer que, contrairement à l'immense majorité de ses collègues ambassadeurs, il n'a pas, dans tous les pays où il a représenté le Canada, donné du Québec moderne une image caricaturale et mensongère ?
Ayant baigné depuis 30 ans dans la paranoïa fédérale à Ottawa sans jamais s'en dissocier, il sera difficilement en mesure de mener le combat pour la place du Québec à la tête de son poste le plus névralgique, Paris. En effet, en France autant qu'ailleurs, la vie d'un diplomate québécois est un combat quotidien, comme peuvent en témoigner tous les anciens délégués généraux, dont son prédécesseur, Clément Duhaime.
À cela s'ajoute l'affront ainsi fait à tous ceux qui, avec compétence et loyauté, oeuvrent au ministère des Relations internationales, ou ailleurs dans la société québécoise, et se préparent, depuis de nombreuses années, à assumer la relève. Nous ne sommes plus, contrairement à ce que voudrait nous faire croire Jean Charest, à l'époque de la Révolution tranquille, où nous avions besoin d'importer d'Ottawa pour créer notre diplomatie un ambassadeur chevronné, Jean Chapdelaine, qui a été notre maître à tous et nous a appris notre métier, où nous avions aussi besoin, venant d'Ottawa, d'un Jean Lesage qui croyait au Québec. À sa nation et à son État.
Jean Charest lui, visiblement, n'a jamais vraiment quitté Ottawa et rêve toujours d'y retourner...


Nomination de Wilfrid-Guy Licari à la Délégation générale du Québec à Paris
La nomination à Paris d'un ami de Charest est contestée
Antoine Robitaille
Le Devoir jeudi 22 décembre 2005
L'Association des anciens délégués du Québec prépare une lettre de protestation
Québec -- La nomination de l'ambassadeur du Canada à Tunis, Wilfrid-Guy Licari, au poste de délégué général du Québec à Paris est contestée non seulement par l'opposition péquiste, mais aussi par les anciens détenteurs du titre le plus prestigieux de la diplomatie québécoise.
Actuellement en poste à Tunis, M. Licari, qui a 58 ans et dont la nomination a été entérinée par le conseil des ministres hier, est un ami personnel de Jean Charest. Ils se sont connus au Maroc en 1987, au moment des Jeux de la Francophonie à Casablanca, selon ce qu'a rapporté hier le porte-parole du premier ministre, Hugo D'Amours. M. Licari y était ambassadeur et M. Charest détenait alors le portefeuille de ministre d'État à la Jeunesse dans le gouvernement conservateur de Brian Mulroney. Plus récemment, à l'été 2003, lorsque M. Licari était ambassadeur du Canada au Vatican, Jean Charest, qui venait d'être élu, avait pu obtenir une audience avec le pape Jean-Paul II, notamment grâce au travail de M. Licari.
Comme Le Devoir le révélait il y a un mois, M. Licari, à l'emploi du ministère des Affaires étrangères du Canada depuis 1968, succédera à Clément Duhaime -- qui était en poste depuis 2000 rue Pergolèse --, non seulement comme délégué général du Québec mais aussi comme «sherpa» du premier ministre auprès de la Francophonie. M. Duhaime a été nommé au début du mois administrateur de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), ce qui en fait une sorte de «sous-ministre» de l'organisation.
Chose inusitée, l'Association des anciens délégués généraux du Québec à Paris prépare une lettre ouverte pour protester contre cette nomination. «Ce n'est pas une question de compétence et encore moins une question personnelle», dit Michel Lucier, qui préside cette association. Selon M. Lucier, la nomination de M. Licari envoie un mauvais message : qu'il n'y a personne dans le «bassin québécois» qui puisse occuper ce poste, explique celui qui a été délégué de 1997 à 2000, sous Lucien Bouchard.
On se demande de plus comment un personnage qui a appliqué «le petit catéchisme» de lutte contre la diplomatie québécoise pendant des années peut soudainement se mettre à défendre cette même diplomatie. Il faut savoir que la délégation du Québec à Paris, par son statut de «quasi-ambassade» acquis dans les années soixante, est une sorte de vaisseau amiral des relations internationales du Québec. Or, avec la nomination d'un ambassadeur canadien, on craint, dit M. Lucier, que «la rue Pergolèse ne devienne une annexe de la rue de Montaigne» (rue où se trouve l'ambassade du Canada). Selon nos informations, d'autres anciens délégués, même certains nommés par les libéraux, et qui ont refusé de nous parler, trouvent tout autant contestable la nomination de M. Licari.
«On ne peut baigner 30 ans dans la paranoïa fédérale pour ensuite mener le combat quotidien qui consiste à assurer la présence du Québec en France», dit crûment l'ancienne ministre des Relations internationales du Québec, Louise Beaudoin, aujourd'hui professeure associée au département d'histoire de l'UQAM. Mme Beaudoin, qui a elle aussi été déléguée du Québec à Paris en 1984 et 1985, précise que son opposition n'a rien de personnel puisque, en tant qu'ambassadeur, M. Licari n'était pas reconnu comme un de ceux qui, à l'endroit du Québec, se comportait comme un «faucon».
L'actuel ministre des Relations internationales, Monique Gagnon-Tremblay, soulignait hier que la nomination d'un ancien ambassadeur du Canada comme délégué général du Québec à Paris n'est pas un précédent puisque Jean Chapdelaine, qui occupa ce poste de 1965 à 1976, avait auparavant été ambassadeur du Canada en Suède, au Brésil et en Égypte. «Mais on n'est plus au temps de Jean Chapdeleine !», lance Louise Beaudoin. À l'époque, «on construisait la diplomatie québécoise». Aujourd'hui, note-t-elle, le Québec a une diplomatie professionnelle, expérimentée. Mme Gagnon-Tremblay admet que plusieurs personnes issues du réseau québécois des Relations internationales auraient pu accéder à ce poste, «mais ce nom-là [M. Licari] a été retenu parce que c'est quelqu'un qui connaît bien M. Charest», explique-t-elle. Elle souligne que tous les premiers ministres du Québec depuis les années 60 ont tenu à confier ce poste clé à une personne en qui ils avaient une parfaite confiance.
Mais, selon le porte-parole péquiste en matière de relations internationales, Daniel Turp, la nomination de M. Licari illustre une «contradiction frappante» de Jean Charest. «Il plaide pour l'extension de la doctrine Gérin-Lajoie mais il nomme à Paris quelqu'un qui émane de l'appareil qui la combat depuis qu'elle existe !»
M. Licari, mathématicien et philosophe, a aussi été affecté à Nairobi, à Alger, à Paris et à Rome et a représenté le Canada comme ambassadeur au Maroc, au Sénégal et au Vatican.
«Lors de ma dernière visite à Paris, a relaté Mme Gagnon-Tremblay, j'ai rencontré M. Abdou Diouf [ancien président du Sénégal maintenant secrétaire général de l'OIF], qui le connaît très bien parce que M. Licari a déjà été ambassadeur au Sénégal.»
De 1998 à 2000, M. Licari a été «en détachement» auprès de Secor, une firme dirigée par Marcel Côté et reconnue comme étant proche des libéraux de Jean Charest. Présent hier à l'assermentation du nouveau député libéral d'Outremont, Raymond Bachand (autre ancien de Secor), M. Côté a dit avoir un bon souvenir de M. Licari : «Il était à trois bureaux du mien, se souvient M. Côté. Je le taquinais parce qu'il était toujours en voyage !» Mais le diplomate travaillait sur des dossiers internationaux, «surtout en Europe», alors que Secor venait d'ouvrir son bureau de Paris. «Il avait travaillé étroitement auprès de deux de nos clients canadiens, la division transport de Bombardier et un autre que je ne nomme pas», a dit M. Côté.
La ministre Gagnon-Tremblay ignorait, hier, si M. Licari avait démissionné de la fonction publique fédérale ou s'il prendrait sa retraite. Quant aux rumeurs selon lesquelles elle-même était intéressée par le poste, Mme Gagnon-Tremblay les trouve étranges. «Je ne sais pas d'où ça vient. Je n'ai jamais évoqué ça. Ce n'est pas un poste que je souhaiterais pour une fin de carrière, c'est trop actif», a-t-elle dit candidement.

La réalité québécoise
Monique Jérôme-Forget, Présidente du Conseil du trésor et ministre responsable de l'administration gouvernementale
Le Devoir jeudi 22 décembre 2005
Dans l'édition du samedi 17 décembre 2005 du journal Le Devoir, le chroniqueur Gil Courtemanche descend en flammes le gouvernement du Québec, en particulier à cause de sa décision d'adopter des mesures législatives pour dénouer l'impasse salariale des négociations dans les secteurs public et parapublic. On laissera de côté les insinuations gratuites, les raccourcis idéologiques du genre «voler les pauvres pour donner aux riches», les comparaisons oiseuses avec le régime de Duplessis et les références au mépris.
Je suis cependant forcée de constater que si cette chronique est truffée de lieux communs et d'affirmations gratuites, elle est par ailleurs totalement dépourvue de la moindre rigueur intellectuelle. Cette lacune mène tout droit à la déformation des faits. C'est sans doute une liberté que peut prendre quelqu'un dont l'idée première n'est manifestement pas celle d'analyser sérieusement ces mêmes faits mais plutôt de recourir à l'insulte et aux procès d'intention.
Rappelons les faits à M. Courtemanche. Un fait, ce sont plus de 1500 rencontres de négociation depuis deux ans, sans compter les rencontres au sommet avec les dirigeants syndicaux. Un fait, ce sont 35 ententes sectorielles qui améliorent les conditions de travail de plus de 365 000 employés de l'État. Un fait, ce sont des efforts financiers de plusieurs centaines de millions qui vont procurer de meilleurs services aux élèves en difficulté et augmenter de près de 2000 le nombre de professionnels et d'orthopédagogues dans nos écoles alors que l'ancien gouvernement les avait renvoyés, et cela, à une période où la clientèle scolaire diminue.
Un autre fait consiste à prendre des mesures importantes pour mieux former les préposés aux bénéficiaires dans le réseau de la santé, pour attirer et garder les professionnels comme les infirmières. Les faits, c'est aussi que parmi les 500 000 employés de l'État, pas un seul ne perd son travail et que la grande majorité conserve la sécurité d'emploi, un avantage pratiquement exclusif au secteur public, sans parler des congés ou des régimes d'assurance et de retraite généreux.
Les parents et les artistes du Québec s'étonneront également de l'opinion de M. Courtemanche voulant que les tactiques de pression syndicale constituaient un modèle de modération : quelques jours d'école perdus, quelques activités culturelles annulées et quelques bureaux fermés... On comprendra que M. Courtemanche minimise les inconvénients d'une situation qui ne l'a pas trop affecté. Pourtant, des centaines de milliers d'enfants ont été privés de plusieurs journées d'école autant que d'activités parascolaires et culturelles et des milliers d'artisans des milieux culturels ont subi pendant longtemps le boycottage de leur propre gagne-pain.
Les organisations syndicales étaient en mode d'intensification de ces moyens de pression. Les dirigeants syndicaux souhaitaient que ces perturbations se poursuivent pour une période indéfinie. Le gouvernement a décidé qu'il était temps qu'on cesse de priver de services des citoyens à qui on demande de payer plus pour ces mêmes services. Bien que légal, le recours à la grève doit être utilisé de manière raisonnable et responsable. L'incertitude sur la livraison des services attendus par les citoyens ne peut se transformer en menace permanente et en interruptions continuelles.
M. Courtemanche qualifie les demandes salariales des organisations syndicales de relativement modestes. Je ne suis pas persuadée que les contribuables approuveraient. Les exigences des dirigeants des syndicats s'établissaient à près de sept milliards de dollars sur six ans, une somme qui se serait ajoutée à une masse salariale de 27 milliards, soit plus de la moitié du budget du Québec. Cela représente l'équivalent de 1450 $ ajoutés annuellement à la facture d'impôts de chaque contribuable. La capacité de payer du gouvernement, annoncée depuis 2004, est de 3,2 milliards sur six ans. Il s'agit d'une réalité, celle d'aujourd'hui, et il n'est pas certain que si le gouvernement cachait cette réalité, il rendrait un grand service aux Québécois. 3,2 milliards, ce n'est pas une coupe mais une addition sur l'ensemble des chèques de paie des employés de l'État au cours des six prochaines années.
La réalité, c'est que le gouvernement devra trouver des centaines de millions de dollars pour corriger les injustices passées à travers le règlement de la question de l'équité salariale. C'est un engagement formel qui profitera à plus de 235 000 employés de l'État, principalement des femmes. Ce ne sont pas des chimères, et l'argent en question ne vient de nulle part ailleurs que de la poche des contribuables.
Les faits, c'est également que le gouvernement doit s'assurer d'être équitable dans la redistribution de la richesse collective. Nous avons choisi de nous donner des programmes que d'autres ailleurs ont jugé qu'ils n'avaient pas les moyens de se payer. À titre d'exemples, les coûts du programme des services de garde à l'enfance progressent de 15 % par année depuis sa création, en 1997, et ceux du programme d'assurance-médicaments, de 13 %. Les frais de scolarité universitaires sont gelés depuis de nombreuses années. La dette du Québec dépasse les 100 milliards de dollars. Les besoins d'autres secteurs et groupes de la population nécessitent également des investissements budgétaires importants, qu'on parle de la santé, de l'éducation, de l'aide aux plus démunis ou des transports.
Notre gouvernement croit qu'on ne peut plus se cacher la tête dans le sable et ignorer les réalités d'aujourd'hui. Notre gouvernement croit qu'il faut rétablir les liens entre les services, leurs coûts et les moyens dont nous disposons pour les assurer. Notre gouvernement estime que la conscience de ces réalités doit exister partout, y compris dans les organisations syndicales représentant les employés de l'État.
Ostraciser le gouvernement dans une chronique de journal représente certainement une tâche moins exigeante que celle de dire la vérité aux Québécois sur les défis qui nous confrontent. Le gouvernement a en effet la responsabilité de répondre de ses actes non seulement aux lecteurs des chroniques du Devoir, non seulement aux 500 000 employés de l'État, mais également aux sept millions d'autres personnes qui forment la population du Québec et qui ne s'attendent certainement pas à voir le gouvernement dépenser l'argent qu'ils n'ont pas encore gagné.

Une population manipulée
Michel Tremblay, Président de la Fédération des professionnels de la CSN. Réaction aux propos de Jean Boivin, professeur à l'Université Laval, publiés dans l'édition du 17 décembre 2005 du Devoir sous la plume de Robert Dutrisac.
Le Devoir jeudi 22 décembre 2005
Libre opinion: Pour un spécialiste des relations de travail, Jean Boivin, professeur à l'Université Laval, a une analyse pour le moins surprenante du processus de négociation des conditions de travail et de salaire des employés de l'État. Selon lui, les organisations syndicales se seraient fait manipuler du début à la fin par le gouvernement libéral.
Les faits démontrent au contraire que la négociation s'est dramatiquement terminée par une loi spéciale qui fixe unilatéralement les conditions de travail et de salaire. De plus, en brandissant cette menace, le gouvernement a exercé une pression sur les organisations syndicales pour qu'elles acceptent de signer des ententes à peine supérieures au décret mais qui constituent tout de même des reculs par rapport aux conditions de travail existantes.
L'attitude intransigeante du gouvernement Charest à l'endroit des travailleurs et sa propension à briser le consensus social sont chose courante chez les libéraux au pouvoir. Déjà, en 1993, sous la direction de Robert Bourassa, les libéraux avaient adopté une série de lois spéciales pour retirer des droits aux travailleurs de la construction et à ceux d'Hydro-Québec. La loi 102, récupérant 1 % de la masse salariale des employés de l'État et bafouant leur droit de négocier, avait aussi été adoptée.
La présente ronde de négociation a commencé il y a deux ans. Malgré toutes les rencontres de négociation à la table où sont discutées les clauses normatives, les représentants patronaux et gouvernementaux n'ont à aucun moment eu l'intention de discuter véritablement pour en arriver à une entente. Ils ont temporisé. Le comité patronal de négociation du secteur de la santé et des services sociaux n'avait qu'une réponse à donner aux représentants syndicaux : nous n'avons pas de mandat.
Quant aux questions financières, il n'y a eu que deux rencontres de négociation. Malgré les ouvertures manifestées par le front commun et le dépôt d'une contre-proposition visant à relancer la négociation, le gouvernement est demeuré sur ses positions. Il n'a donc jamais recherché une entente négociée.
Les syndicats n'étaient pas dupes. C'est justement pour amener le gouvernement à changer son attitude et à dégager des mandats à ses représentants aux diverses tables de négociation pour la conclusion d'ententes que la mobilisation a été intensifiée et que des piquets de grève ont été dressés.
Contrairement au secteur privé, l'exercice de la grève dans le secteur public n'a aucun impact économique. La pression est d'ordre essentiellement politique. À cet égard, les organisations syndicales ont réussi à démontrer que le gouvernement n'a jamais eu l'intention de s'entendre avec les employés de l'État, comme le prouvent les différents sondages d'opinion publique. Les libéraux sont toutefois demeurés insensibles à toutes les critiques qui leur ont été lancées. D'ailleurs, les dernières lois votées, à la vapeur encore une fois, touchant les CPE et les services municipaux comme l'eau, illustrent à juste titre le fait que rien ne semble arrêter le gouvernement libéral dans son entreprise de diminuer les droits sociaux et syndicaux pour briser un certain nombre de remparts contre la privatisation des services publics.
Le gouvernement Charest est en mission. Il veut procéder à une marchandisation du bien commun et des services publics de santé et d'éducation pour le seul profit de la grande communauté des affaires et à l'encontre des intérêts du plus grand nombre. La négociation du secteur public s'inscrit dans cette volonté de privatisation et de tarification.
À l'endroit des organisations syndicales, il ne faut pas parler de manipulation mais de négation du droit de négocier ainsi que de répression. La manipulation, ce sont les citoyens du Québec qui la subissent de la part d'un gouvernement qui cache son jeu et camoufle les véritables enjeux.

Abusif
Brigitte Breton
Le Soleil mercredi 21 décembre 2005
Éditorial - La CSN lance un appel à la résistance. Évitons d'y voir seulement un baroud d'honneur folklorique de la part d'une organisation syndicale. En imposant par loi les conditions de travail aux 500 000 employés de l'État, même ceux dont la convention collective ne viendra à échéance qu'en mars 2007, le gouvernement bafoue les règles élémentaires de négociation dans le secteur public. Syndiqués ou non, les Québécois doivent s'interroger sur la portée du coup de force du gouvernement Charest et sur le respect qu'il a des droits.
Le premier ministre, Jean Charest, justifie sa décision de recourir à une loi spéciale par son sens des responsabilités. Un sens qu'il pousse à l'extrême et qu'il façonne à sa guise, non pas sur la base des intérêts du Québec, mais bien sur les siens et sur ceux de son parti.
C'est une chose, très critiquable bien sûr, de dicter par loi les conditions salariales des employés dont les conventions collectives sont échues depuis plus de deux ans. Cela en est une autre d'étendre ces paramètres salariaux, ainsi que des dispositions normatives, à des syndiqués qui viennent à peine d'amorcer des négociations et à d'autres dont le contrat de travail est valide jusqu'au printemps 2007.
La précarité des finances publiques peut expliquer qu'un gouvernement fixe un cadre salarial rigide et qu'il l'applique à tous. Les contraintes budgétaires ne peuvent toutefois pas justifier un gouvernement-employeur de nier le droit qu'ont les salariés du secteur public de se regrouper pour négocier collectivement des conditions de travail qui diffèrent d'un secteur à l'autre. Ni, qu'un gouvernement contesté sur plusieurs dossiers, se vote une paix "industrielle" et sociale de cinq ans.
Un ancien premier ministre libéral, Jean Lesage, opposé à la syndicalisation des fonctionnaires, soutenait que "la reine ne négociait pas avec ses sujets". Quarante ans plus tard, les employés de l'État sont massivement syndiqués et des lois précisent leur régime de négociation et les services essentiels qu'ils doivent assurer lors de débrayage. Et pourtant, les propos de Lesage résonnent toujours. Péquistes ou libéraux, les gouvernements les ont faits leurs. Cette fois-ci, plus de 500 000 salariés sont visés par la loi 142. Une portée inédite. Une portée inquiétante.
Certains diront que les syndicats ont trop de pouvoir et qu'il est sain qu'un gouvernement se tienne debout et les mette à leur place. Mais jusqu'où va aller le retour du balancier ? Pour ne pas avoir de manifestants dans les rues, pour que le calendrier des négociations colle mieux au programme politique, pour affaiblir le poids des associations non gouvernementales, pour mater et affaiblir une organisation syndicale trop militante, pour imposer les vues du patron dans les écoles, les hôpitaux, les ministères, un gouvernement pourra-t-il dorénavant recourir à une loi ?
Si un gouvernement ne respecte pas ses vis-à-vis à une table de négociation, s'il balaie des règles établies, s'il se permet d'édulcorer les droits d'association et de négociation de ses travailleurs, d'autres abus sont à craindre.
Par loi, le gouvernement Charest a décidé en 2003 que les responsables de garde en milieu familial n'étaient pas des salariées, mais bien des travailleuses autonomes. Des décisions du Tribunal du travail soutenaient pourtant le contraire. Avec la loi 8, des milliers de femmes ont perdu le droit de se syndiquer au Québec.
Avec la loi 142, les salariés du secteur public demeurent syndiqués. Mais, comme le gouvernement abuse de son rôle de législateur et décide unilatéralement d'une partie du contenu des conventions collectives, plusieurs doivent faire comme Yvon Deschamps et se demander : "Une union, qu'ossa donne" ?
BBreton@lesoleil.com

"Nous disons, d'une seule voix, NON à la loi spéciale !"
Déclaration commune de six organisations syndicales du secteur public au Québec
Le Soleil jeudi 22 décembre 2005
Depuis son élection, le gouvernement Charest pose des jalons pour démanteler les acquis de la société québécoise mis en place depuis près de 40 ans. Les services publics sont un des joyaux de notre société. Les Québécoises et les Québécois peuvent compter sur une fonction publique compétente, dévouée et indépendante des pouvoirs politiques, contrairement à d'autres pays dans le monde. Le Québec possède des services publics de qualité que nous avons décidé, collectivement, de nous donner.
Comme organisations syndicales, nous représentons 425 000 personnes qui tiennent, à bout de bras, le réseau de la santé et des services sociaux, de l'éducation, la fonction publique et les organismes gouvernementaux. En imposant une loi spéciale qui fixe les conditions de travail dans le secteur public, le gouvernement Charest vient de faire la preuve, une fois de plus, de son mépris envers ses employés et envers les organisations syndicales qui les représentent. Notre travail au quotidien est essentiel et nos organisations jouent un rôle majeur, depuis des décennies, dans l'organisation du travail au Québec. Notre droit de négocier toutes nos conditions de travail est fondamental.
La loi spéciale ne règle rien. Elle nous a été imposée, rentrée dans la gorge, sans que nous ayons quoi que ce soit à dire. Elle appauvrit les travailleuses et les travailleurs du secteur public parce qu'elle gèle leur salaire pendant deux ans et trois mois. Zéro pour cent d'augmentation ! Depuis 2003, nous accusons une perte de notre pouvoir d'achat de près de 5 %. Le retard avec le secteur privé ne cesse de se creuser. Pourtant, les employés de l'État ne roulent pas sur l'or. Le salaire moyen dans le secteur public est de 31 000 dollars par année et la précarité affecte un travailleur sur deux.
Le gouvernement du Québec ne dispose pas de tous les moyens financiers dont il a besoin. Mais les finances publiques lui permettent tout de même d'offrir plus à ses employés. S'il ne l'a pas fait, c'est par choix politique, au détriment des travailleuses et des travailleurs. En s'attaquant aux syndicats du secteur public, c'est aux services publics que ce gouvernement s'attaque. Il a déjà, au cours des dernières années, adopté sous le bâillon plusieurs lois qui, entre autres, facilitent la sous-traitance et modifient l'organisation des soins de santé au Québec. Son objectif n'est pas d'améliorer ni d'augmenter les services à la population. Ce gouvernement poursuit plutôt des desseins cachés de sous-traitance et de privatisation de pans entiers des services publics.
Ce gouvernement a des comportements antisyndicaux et antisociaux. Messieurs Charest, Couillard, Fournier et madame Jérôme-Forget semblent avoir oublié que les employés de l'État sont des travailleuses et des travailleurs comme les autres. Ils ont le droit de négocier l'ensemble de leurs conditions de travail, comme tous les travailleurs du Québec. Eux aussi payent des impôts comme tout le monde et veulent qu'ils servent le bien commun.
Ce gouvernement veut discréditer les syndicats alors qu'ils sont une force qui a, dans l'histoire, toujours fait avancer le Québec vers plus d'équité et de justice sociale. Nous disons non à cette loi spéciale. Nous disons non à cette vision étriquée du Québec. La population du Québec, qu'elle soit syndiquée ou non, n'est pas dupe. Nos organisations syndicales vont résister et se battre contre cette loi afin de retrouver le droit à la libre négociation.
Claudette Carbonneau, Réjean Parent, Lina Bonamie, Henri Massé, Michel Sawyer, Carole Roberge
Respectivement présidente de la CSN, président de la CSQ, présidente de la FIIQ, président de la FTQ, président du SFPQ, présidente du SPGQ.

Why we bash America
Dan Dunsky, National Post
National Post December 21, 2005 Wednesday
The latest war of words between the United States and Canada began this month at the UN Climate Change Conference in Montreal, where Paul Martin accused America of lacking a "global conscience" because it has refused to sign the Kyoto treaty. Recognizing the Prime Minister's puffed up rhetoric as a transparent campaign ploy, David Wilkins, the U.S. ambassador to Canada, shot back. "It may be smart election year politics to thump your chest and constantly criticize your friend and your No. 1 trading partner," he said. "But it is a slippery slope, and all of us should hope that it doesn't have a long term impact on the relationship."
Unfortunately, the PM's outburst was hardly an aberration. The Liberals can be depended on to trot out anti-Americanism whenever they are desperate to curry public favour. They do it because it is effective: All too often, Canada depends on anti-U.S. sentiment to unify its chronically fractured sense of nationhood.
By and large, Canadians like Americans. A recent comprehensive study reveals that 70% of us "value and respect the United States and its citizens." The problem is that Canada's political dynamic reinforces the minority anti-American sentiment.
Traditionally, Canadians distinguished themselves from Americans on the basis of having a different political system. However, over the last half-century, as centrifugal forces threatened to tear the country apart, opinion makers began to distinguish Canadians from Americans on the basis of having a different value system as well.
Alarmed at the rise of nationalism in French Canada and fearful that, as the British empire receded from memory, the United States would replace Great Britain in the affections of English Canadians, a new breed of federal politicians and bureaucrats attempted to erase Canada's very real divisions (and centuries of history) by appealing to a largely imaginary set of "Canadian values" shared by all from sea to sea. Only by appealing to these values, nationalists believed, would Canada overcome its cultural neurosis and emerge as a unified state.
So, where Americans were religious, Canadians were now secular. Where Americans were a martial people, Canadians were now pacifists. Where Americans were conservative, Canadians were now liberal. Where Americans were greedy capitalists, Canadians were now social democrats. And these beliefs -- reinforced by a large contingent of nationalist and anti-American media -- rubbed off. Today, Canadians consistently tell pollsters they are more tolerant, more respected by others, better educated, and friendlier than Americans.
Oh, yes: and more modest, too.
This pattern shows up in international matters, as well. Canadians are confirmed multilateralists (except when they seize Spanish and Portuguese fishing trawlers on the high seas, bomb Kosovo without UN authorization and unilaterally claim a 200-mile marine exclusive economic zone). Canadians are a "moral superpower" (except when it comes to official development assistance, where Canada's contribution ranks among the lowest of wealthy nations). Canadians are environmentally conscious (except that they've seen their greenhouse gas emissions rise faster than the U.S., despite Canada's putative commitment to the Kyoto protocol). And on and on it goes.
This need to present a unique set of Canadian values often manifests itself in juvenile ways. Consider three recent episodes involving the governing Liberal party: Jean Chretien's communications director called George W. Bush a "moron," and the then-PM at first declined her resignation. An MP was caught on camera saying "Damn Americans! I hate those bastards." And, in an "open letter" to Condoleezza Rice, former minister of foreign affairs Lloyd Axworthy called the United States a "virtual one-party state," devoid of the checks and balances the country "once espoused before the days of empire." This from someone whose own party has governed Canada for 70 of the past 100 years.
More seriously, the anti-American paradigm has influenced government policy on security issues. The most recent example is Canada's confused decision on Ballistic Missile Defence (BMD). Paul Martin had given every indication that Canada would sign on to the development and deployment of BMD, even ensuring that NORAD be used as a key component in the program. However, the opposition -- and, again, elite opinion -- relentlessly attacked BMD as "the weaponization of space," and a policy which could "harm Canada's "international reputation." The government, fearing that as many as 20 members of its own caucus would vote with the opposition, decided to opt out.
To understand how this anti-American bias is being strengthened by Canada's current political reality, one must begin with Lord Durham's observation in 1839 that Canada was "two nations warring in the bosom of a single state." Except that today, Canada is really three nations: Quebec, the West and its multicultural cities.
Quebec is already separate within Canada. To the average Quebecer, the federal government is essentially irrelevant. Quebecers make almost all their own political and social choices, and international markets are as influential an economic force in the province as is the rest of Canada. Quebecers are more left-wing and statist than their English-Canadian counterparts and more culturally confident, too. The province has a thriving French-language media industry that dominates public tastes, as opposed to the U.S. products which resonate in the rest of Canada.
Meanwhile, more than one-third of Western Canadians believe it is time to consider separating from Canada. Western alienation is nothing new, but it has lately taken a different form with the rise of the Conservative party, whose intellectual roots owe more to the American conservative movement than to traditional Toryism. (Nearly 60% of Albertans supported the Iraq war while fewer than a quarter of Quebecers did.)
This leaves Canada's increasingly multicultural cities. Five cities are home to 43% of Canadians, and Toronto alone accounts for 17% of the country's population. Cities are also the primary destination for immigrants and refugees to the country. About 20% of Canada's residents -- and half of Toronto's -- are foreign-born, compared to 11% in the United States and 4% in the U.K. Cities are therefore the testing ground for our multicultural experiment.
However, multiculturalism rejects the idea that a single set of organized cultural beliefs and political principles are foundational to the nation's public life. So multicultural Canada cannot demand, as other countries can, that new arrivals adapt to our traditional forms. As a result, multiculturalism has today become linked to an anti-Western impulse, specifically one that sees the United States as the locus of all evil in the world.
In truth, Canada is now a country of three solitudes -- four, if Canada's native population is included. Quebec's secessionist political parties obviously do not believe in trying to bridge this gap. Significant portions of the Conservative party probably do not believe in doing so either, though the party will not acknowledge this publicly. This leaves the Liberals as the only major party attempting to be pan-Canadian in its appeal. And the only way of appealing to these disparate groups is by reference to the mythical "Canadian values" described earlier.
However, Canada's first-past-the-post electoral system and demographic reality (highly urban Ontario and Quebec represent 60% of the population) reduces Liberal pan-Canadianism to vote-getting among multicultural city-dwellers and non-secessionist Quebecers. So, a typical Liberal election campaign -- e.g., this one -- preys on fears of the country's disintegration and the loss of its allegedly unique social character and diversity at the hands of the Conservatives and their "hidden agenda" of "U.S. style" policies.
Ergo, the Liberals believe they are the only thing holding the country together and preventing its inevitable drift into the American orbit. And so the Liberal party confuses its interests with those of Canada's citizens -- diverting public money to further its partisan interests (in the case of Adscam), and using electoral politics to stir up divisive anti-Americanism and regionalism.
Paul Martin is fond of saying that Canada "will set the standard by which other nations judge themselves." Politicians are often called upon to say silly things, but it is generally a good idea not to let rhetoric stray too far from reality. However, contemporary Canada consistently confuses rhetoric with reality, perhaps overcompensating for deep feelings of inferiority vis-a-vis the United States.
This attitude will persist until the status quo of Canadian federalism changes: either by easing regionalist tensions through a greater devolution of power to the provinces, or by breaking apart. Either way, the narcissistic platitudes concerning "Canadian values" and "national unity" -- and the anti-Americanism that inevitably accompanies them -- should cease.
There is no shame in fundamentally altering Canada's political arrangements. Unlike the United States, Canada was not founded in an ecstatic commitment to a great cause but on the more pedestrian grounds of being a good idea. Canadians should be mature enough to question whether the country created in 1867 is still acting in the best interests of all its citizens in 2005.

Canada and the U.S. must ease rhetoric
EDITORIAL
The Gazette (Montreal) December 21, 2005 Wednesday
War of words? More like a food fight, with all the tact, perspective and intellectual rigour that image entails. Still, the Christmas outbreak of anti-Canadian rhetoric in the United States - in response to a spike in the anti-Americanism that always smoulders under the surface in Canada - is worth thinking about seriously, and addressing.
First, we should recognize the diplomatic problem is real. However ephemeral the anti-Canadian comments of conservative blogmeisters and cable-TV blabbers, they have the imprimatur of the White House and Congress. Ambassadors do not rebuke their host countries without direction or approval. When U.S. Ambassador David Wilkins said he hoped anti-American criticism by the ruling Liberals "doesn't have a long-term impact on our relationship" - a thunderbolt in diplomatic terms - he was expressing a very official sentiment.
And why not? The source of the complaint was a very official plane-stop campaign speech by Prime Minister Paul Martin, disguised as a statement of environmental principle. As we have noted before, by reacting publicly when he did Wilkins probably only aided the Liberal campaign. But we can hardly be surprised by the reaction. Nor the spin-doctor fallout. Canada is seldom talked about south of the 49th parallel, for the good reason that Canada is among the least of America's problems. We have been viewed, by and large, as good neighbours and trustworthy friends.
Now that cozy feeling is being replaced by something more dyspeptic. One reason is the widespread belief, even among individuals as senior as Senator Conrad Burns, Republican of Montana, that the 9/11 attackers entered the United States from Canada. Canadian Ambassador Frank McKenna has asked for a retraction and an apology. Burns issued a retraction but refused to apologize. A further diplomatic escalation? Perhaps. But here, there is no substitute for the truth. We need to kill this canard before it further damages Canadian-American friendship.
But we also need, collectively and as a sensible people, to gear down our own fondness for anti-American bromides. Too often criticism of the policies of George W. Bush - a president who apparently received fewer votes than his opponent in 2000 - shape-shifts into criticism of America and Americans, as if all the citizens of that vast and varied country think, talk and act alike. One might suppose from Paul Martin's outbursts that the United Statees is full of gleeful greenhouse-gas-emitters and softwood-lumber pirates. In fact, millions of Americans oppose the White House line on these and other issues.
If prejudice is rife on both sides of the border, there is an interesting difference. American anti-Canadianism is mostly the preserve of the right. Canadian anti-Americanism is the favoured pose of the left. Perhaps this says something about the contrasting natures of the political culture of each nation.
The key is to respect this difference and recognize the right of each nation to its independence. And respect most decidedly means laying off the rhetoric.

Le statu quo de l'OMC: un sursis
Jooneed Khan
La Presse mercredi 21 décembre 2005
Comme prévu, la dernière conférence de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) à Hong Kong, la semaine dernière, n'a rien accompli. Sauf maintenir en vie le processus, ce que les économies dominantes considèrent en soi comme une réussite. Même si cela a été acquis aux dépens des économies dominées, une fois de plus.
" Hong Kong a remis sur les rails le cycle de développement de Doha ", s'est félicité Pascal Lamy, le directeur de l'OMC, qui en était à son baptême du feu. " Il nous a insufflé de l'énergie pour une autre année de négociations ", a-t-il dit.
Le texte de Hong Kong " est une trahison des promesses pour le développement ", il " reflète plus les intérêts des pays riches que des pays pauvres ", il est " inacceptable ", affirme Christine Laliberté, de l'ONG Oxfam-Québec.
" Les maigres progrès sur les négociations agricoles sont annulés par les propositions extrêmement nuisibles sur les services et l'industrie ", ajoute-t-elle.
Deux " concessions " de dernière heure des États-Unis et de l'Union européenne ont joué un rôle clé dans le sauvetage de la conférence.
Subventions agricoles
Washington a offert de cesser en 2006 ses subventions aux exportations de coton et d'admettre en 2008 sans droit de douane ni quota le coton d'Afrique de l'Ouest.
Et l'UE s'est engagée à éliminer toute forme de subvention à ses exportations agricoles d'ici 2013; les États-Unis, l'Australie et le Brésil visaient 2010.
Les États-Unis versent 4 milliards de dollars de subventions à leurs producteurs de coton. Ces subventions restent, forçant les prix à la baisse, et contribuant à un dumping nocif aux fermiers africains que l'OMC a condamné. Ils versent en tout 19 milliards de subventions à leurs agriculteurs, protégés en outre par de fortes barrières tarifaires.
L'Europe, de son côté, accorde 80 milliards de subventions à ses fermiers, et maintient elle aussi des barrières tarifaires contre les importations. L'engagement d'éliminer sur huit ans ses subventions aux exportations laisse intacts ces autres composantes d'une structure protectionniste qui a un effet de distorsion sur le système de commerce mondial.
" En échange de ces offres symboliques, les pays riches ont arraché aux pays pauvres des concessions vitales dans les domaines des services (ouverture de l'eau, de l'éducation et de la santé, par exemple, aux investissements étrangers) et de produits manufacturiers (à importer des pays développés à des tarifs douaniers minimes) ", note Aftab Alam Khan, de l'ONG ActionAid.
La vache japonaise
" La vache japonaise, subventionnée à sept dollars par jour, va continuer de vivre mieux que des millions d'êtres humains en Afrique, qui ont moins de un dollar par jour ", a dit le centrale syndicale sud-africaine COSATU.
" Les promesses faites à Doha il y a quatre ans restent non réalisées, et il faudra une vraie volonté politique en 2006 pour mettre le commerce au service du développement et donner une chance aux Objectifs de développement du millénaire ", a commenté Kofi Annan, le secrétaire général de l'ONU.
Volonté politique invisible, note Fred Bergsten, ancien sous-secrétaire états-unien au Trésor qui dirige l'Institute for International Economics (IIE). " Les déséquilibres massifs des comptes et les disparités des devises poussent les grands blocs commerciaux vers le protectionnisme et privent les politiques de toute volonté d'ouverture commerciale ", dit-il, soulignant entre autres l'ampleur du déficit commercial états-unien face à la Chine.
La suite de Hong Kong va s'enclencher dès le début de 2006. Les détails et modalités, laissés de côté jusque-là, seront sur la table. Et les pays en développement, grands et petits, présenteront alors un nouveau front commun qui entend ramener le thème du développement au coeur des négociations. Alors que l'autorité " fast track " du président George W. Bush doit expirer vers le début de 2007.

We need to cut back farm subsidies
EDITORIAL
The Gazette December 22, 2005 Thursday
The grand goal of lifting the world's poorest countries out of trade poverty desperately needed a champion at the Doha round of trade talks last week. Canada could have tried to serve that role. We have a distinguished history of promoting just causes and helping negotiations move forward.
But unfortunately, Canada behaved just as badly as every other developed nation at the talks - even though just four years earlier, with other World Trade Organization members, we promised to open rich markets to world's poorest nations.
In Hong Kong, Canada fought successfully to maintain our system of price and quota controls on dairy, eggs and poultry products. This was scarcely moral high ground from which to argue that countries whose citizens veer between subsistence and starvation should be helped to compete in the global marketplace. If a country like Canada clings to protections, what chance have impoverished nations like Benin, Burkina Faso, Chad and Mali to compete?
Virtually the only plus about this round of talks is that they didn't collapse altogether. In a last-ditch compromise hammered out at the end of the meeting, the WTO's 149 member states agreed to stop subsidizing agricultural exports by 2013. Wealthy developed nations also agreed to allow more duty-free access to commodities produced by the world's poorest nations.
Unfortunately, this is a whole lot less than it seems - and it doesn't look like much to start with. The European Union agreed, for instance, to the 2013 deadline for getting rid of all subsidies for farm exports. But by 2013, the EU was already scheduled to have decreased its export subsidies from $4.2 billion to $1.4 billion. By the time it comes to do the right thing, Europe's farmers, and the politicians they vote for, will be giving up almost nothing.
Export subsidies are, in any event, of extremely limited significance. According to the World Bank, getting rid of them would amount to merely two per cent of the gains expected in the liberalization of trade in agriculture.
The real enemy of the poor is domestic subsidies. The U.S., for example, produces cotton at a net cost to its taxpayers. According to Oxfam, every acre of farmland devoted to cotton in the U.S. brings a subsidy - from taxpayers - of $230. U.S. cotton farmers receive more in subsidies, Oxfam points out, than the entire gross domestic product of Burkina Faso, where 2 million people depend on cotton production to survive. How can that country or any other export cotton to the U.S. when American agribusiness can sell so cheaply, thanks to cheques from Washington?
What is absent from the trade liberalization talks is the political will for developed nations to tackle their farm special interests. We, the wealthy, should be ashamed.

Tout le Québec sous la botte rouge
Jacques Noël
Cyberpresse jeudi 22 décembre 2005
OPINIONS - Sur le fond, Pierre Pettigrew a tout à fait raison : les Libéraux sont les grands «winners» de notre cirque électoral. Et la majorité francophone active, qui ne vote jamais pour eux, le grand dindon de la farce. Les vrais losers.
Le PIB du Québec est de 265 milliards$; les taxes et impôts payés aux trois niveaux de gouvernement totalisent près de 100 milliards. Toutes ces taxes, taxes à l'environnement, taxes d'eau, taxes d'accise, taxes de bienvenue, taxes scolaires, TPS, TVQ, et bien sûr l'incontournable impôt sur le revenu, sont entre les mains des Libéraux, d'un petit réseau de quelques milliers de personnes, tricotées extrêmement serré, qui administrent presque toutes les grandes villes du Québec, la plupart des MRC et des commissions scolaires, le gouvernement du Québec et celui d'Ottawa. Le Québec entier vit sous la botte rouge.
Tout cet immense pouvoir repose sur une base démocratique extrêmement faible où la majorité francophone active, qui produit le gros du PIB et paie le gros des taxes et impôts, est systématiquement écartée du pouvoir puisqu'elle ne vote pas libéral. Voyons les chiffres.
Jean Charest a été élu avec le plus faible taux de participation des 60 dernières années. Il a obtenu 1,755,963 voix, 11,623 de moins qu'en 1998, en dépit de 236,069 nouveaux électeurs! Plus de 68,1% des 5,490,551 électeurs inscrits n'ont pas voté pour lui! Ce qui ne l'empêche pas d'administrer 58 milliards de dollars.
Qui a voté libéral? Les personnes âgées de 65 ans et plus forment 17,5% de l'électorat, mais comme elles votent en plus grande proportion que les autres groupes d'âge, elles représentent près de 20% des bulletins dans l'urne. Sur les 3,817,764 électeurs qui ont voté, plus de 750,000 étaient des personnes âgées. Comme les 2/3 ont voté libéral, on a 500,000 votes rouges.
Les non-francophones font 18% des électeurs qui ont voté, soit près de 700,000 votes. En enlevant les 65 ans et plus déjà comptabilisés, on a 560,000 électeurs. Comme plus de 90% ont voté libéral, on a un autre 500,000 votes rouges. Les Libéraux ayant obtenu 1,755,000 votes, il ne reste donc plus que 755,000 votes parmi le 4 millions de francophones de 18 à 64 ans. En d'autres termes, plus de 81% des francos âgés de 18 à 64 ans, qui constituent le coeur de la société québécoise, qui produisent le gros du PIB et fournissent le gros des taxes et impôts, sont SYS-TÉ-MA-TI-QUE-MENT rayés du pouvoir politique !
Et c'est encore plus hallucinant à Ottawa. Paul Martin a obtenu seulement 1,165,645 votes au Québec (rappelons que le OUI a fait 1,485,851 en1980 et 2,308,360 en 1995), à peine 600,000 votes francophones et un ridicule 300,000 parmi le 4 millions de francos de 18-64 ans. On ne rêve pas : plus de 92% des francos âgés de 18 à 64 ans n'ont pas voté pour le parti des sympathiques Jean Lapierre et Denis Coderre, sans parler du drôlatique Stéphane Dion! Incroyable non? 92%!! Le Bloc a bien rafflé 54 des 55 comtés francophones mais se retrouve avec zéro pouvoir, tout le fric de nos taxes et impôts (plus de 41 milliards$) restant entre les mains des rouges qui croulent sous les scandales.
Bien sûr, en démocratie, les absents ont tort et un vote est un vote, qu'il vienne d'un électeur jeune ou vieux, productif ou non-productif, blanc ou noir, anglo ou franco, riche ou pauvre. Sauf qu'à l'heure où l'on s'inquiète de la sous-représentation de certains groupes au Parlement au point de vouloir changer le mode de scrutin, il est scandaleux, pour ne pas dire carrément antidémocratique, que les 4/5 de la population francophone active (voire les 12/13 à Ottawa) qui produit le gros du PIB et des taxes, soient SYS-TÉ-MA-TI-QUEMENT tenus à l'écart de tout pouvoir politique. Une situation pathétique de vrais losers qui doit bien faire rire Pettigrew. Avec ou sans chauffeur.
