
Il rêvait d’être Premier Ministre du Canada...
Laurent Migneault
TRIBUNE LIBRE 2 février 2005
Chers Québécoises, chers Québécois,
Notre Premier Ministre - ou devrais-je dire, notre gérant de l’Est du Canada - en remet! Celui qui se disait ‘’prêt’’ avant les élections gouverne le Québec à l’aveuglette. Il rêvait d’être Premier Ministre du Canada, de jouer dans les ligues majeures, mais il a dû se contenter des ligues junior, où il dirige une équipe de Pee-Wee ! Au nom d’un soi-disant mandat clair, notre soi-disant Premier Ministre du Québec s’est attaqué à toutes les institutions qui font du Québec ce qu’il est… UNE SOCIÉTÉ DISTINCTE!!! Il a aussi mené des guerres sauvages contre les pauvres (plutôt que contre la pauvreté), contre les syndicats, contre nos acquis sociaux, alouette... Sans oublier les grandes décisions broches-à-foin qui se succèdent: les défusions, la sous-traitance, le Suroît, le CHUM, alouette...
Cet imbécile, secondé par son gouvernement de deux de piques, en a remis en ridiculisant le Québec aux yeux du monde entier en offrant un ridicule 100 000$ aux victimes des tsunamis, l’une des plus graves catastrophes de l’histoire moderne, faisant du Québec la province la moins généreuse et la moins solidaire de toutes, se faisant même devancer par la super puissance qu’est le Nunavut et ses 30 000 habitants! Par son geste, le Premier Ministre du Québec, M. Jean Charest (il parait que si vous réussissez à le dire trois fois en ligne sans partir à rire, vous gagnez un t-shirt !!!) a envoyé un ‘’message clair’’ au reste du monde: ‘’Nous sommes... cheaps!’’! Bravo Patapouf!
Nous n’avons bien sûr pas oublié le fameux financement des écoles privées de l’une des communautés les plus riches du Canada, à hauteur de 100% (une décision bien sûr prise sans aucun lien avec les généreux dons de cette communauté au PLQ ! You scratch my back and I’ll scratch yours) et ce, au même moment où notre système d’éducation publique est sous-financé et où son ministre de l’éducation a coupé 103 millions de $ de bourses aux étudiants les plus pauvres des réseaux collégiaux et universitaires, limitant ainsi l’accès à l’éducation supérieure pour certains et augmentant l’endettement étudiant pour les autres! Et ce, au nom de quoi ? Au nom de l’intégration culturelle… Comme si le fait de renforcer les ‘’ghettos culturels’’ et de reconfessionnaliser nos écoles allait faire du Québec une société plus unie et allait favoriser l’intégration des minorités…
Il faut dire que le gouvernement Charest s’y connaît en matière d’intégration des minorités ! C’est sans doute dans cet esprit d’intégration qu’il a effectué des coupures drastiques dans les programmes de francisation des immigrants, augmentant ainsi les listes d’attentes et décourageant par le fait même, bon nombre de nos nouveaux compatriotes désireux d’apprendre notre langue et de vivre au Québec en français. Il semble que pour M. Charest, le fait de parler la langue de la majorité, la seule langue officielle de l’État Québécois, la langue de chez-nous, ne soit pas un facteur d’intégration. Il vaut mieux financer à 100% les écoles privées et ainsi encourager immigrants et francophones à profiter des largesses de notre système d’éducation et de la Loi 101 pour faire instruire leurs enfants en anglais ! Voilà sa perception de l’intégration culturelle et d’une société plus unie. Dieu merci, nous l’avons fait reculer.
C’est aussi dans un esprit d’intégration qu’il a redonné aux Rhodésiens Blancs du West Island leurs ghettos dorés, loin de la French Domination qui bien sûr est si intolérable qu’elle rappelle à plusieurs d’entre eux, l’enfer Nazi (à la différence que les Nazis emmuraient leurs minorités dans des ghettos, alors qu’au Québec, - du moins dans le cas des villes défusionnées - ce sont les minorités qui s’emmurent). Et tout ça grâce au grand génie de Jean Charest, champion de l’intégration !
C’est fort probablement toujours pour atteindre ses objectifs en matière d’intégration culturelle que notre frisé a décidé de couper à nouveau dans le budget de la Saint-Jean Baptiste, notre Fête Nationale, la Fête Nationale de tous les Québécois ! Rappelons que notre bouffon national avait coupé de 12% les budgets de la Saint-Jean Baptiste (obligeant les organisateurs de Montréal à transformer le traditionnel grand défilé en simple marche populaire) et qu’il est récemment revenu sur son engagement écrit selon lequel il ne devait pas couper à nouveau dans les budgets des Fêtes de la Saint-Jean Baptiste 2005 menaçant ainsi la tenue de nombreuses fêtes locales! Les célébrations du 24 juin sont l’occasion de s’exprimer collectivement en tant que peuple, en tant que nation ! Elles représentent le Québec dans toute sa splendeur, son génie et sa créativité. Elles représentent aussi le Québec dans toute sa diversité.
Nous avons en effet démontré au cours des dernières années que cette Fête est la Fête de tous les Québécois, peu importe leur couleur, origine, langue ou religion. Les Normand Brathwaite, Florent Vollant, Luck Mervil, Corneille, Mélanie Renaud, les frères Diouf, etc. s’étant produits sur les scènes des Plaines d’Abraham à Québec et du Parc Maisonneuve à Montréal en 2004 en sont des preuves vivantes ! Bien plus qu’une Fête Nationale, il s’agit d’un véritable facteur d’intégration à la société québécoise, une façon de se sentir tous Québécois ! C’est notre façon à nous d’exprimer notre diversité culturelle, une façon qui nous convient beaucoup mieux que celle du Canada pour qui la diversité culturelle consiste à nier l’identité des autres (j’entends ici l’identité du peuple québécois) pour les transformer en vulgaire ‘’composante régionale’’ du grand ensemble canadian.
Notre Fête accueille tout le monde dans le respect de leur identité et n’en sont exclus que ceux qui veulent bien en être exclus. J’entends par là, (entre autres), notre ‘’propre’’ (pour ne pas dire ‘’sale’’) Premier Ministre du Québec, le très honorable Jean Charest, qui dit avoir le Québec dans les tripes (à la hauteur du colon), et qui en plus d’amputer le budgtet des célébrations de la Saint-Jean Baptiste, refuse avec entêtement d’y participer, sous prétexte que c’est aussi la date de son anniversaire et qu’il veut le fêter en famille (à noter qu’il ne participe pas non plus à la Fête des Patriotes… peut-être parce que c’est aussi la Fête de la Reine… qui sait ?).
Bref, Patapouf ne peut célébrer deux évènements à la fois… Trop d’émotion ! Décidément, notre ‘’Mouton Insignifiant’’ bien à nous, n’a jamais entendu l’expression ‘’faire deux pierre d’un coup’’ ! Mais il faut bien pardonner à ce sombre crétin qui a probablement du mal à marcher et à mâcher de la gomme en même temps.
Et même si on se rend à cet argument boiteux, qu’est-ce qui l’empêche de faire une apparition le 23 juin à Québec ? Notre gérant de centre d’achat aurait-il deux dates d’anniversaire ? Aurait-il sorti la tête le 23 juin à 11h55 et le reste passé minuit. Note : je dis qu’il est sorti la tête première, mais cette hypothèse est fort douteuse puisque les individus de cette espèce ont plutôt le réflexe de se présenter par le siège afin d’éviter que le docteur ne les renvoie d’où ils sont venus. On appelle ça l’instinct de survie ! Cependant, à le voir ‘’gouverner’’, faire des décisions ridicules et déblatérer des platitudes pour les justifier on est en droit de se demander si le docteur n’aurait pas malencontreusement jeté le bébé et gardé le placenta… Et se rendant compte de son erreur, lui aurait greffé quelques poils de cul sur la tête en le présentant fièrement à la mère : Félicitation Mam’ Charest, c’t’un beau p’tit clown !
Trêve de plaisanterie, en tant que ‘’chef d’État’’ (faut le dire vite), Johny la patate ne devrait-il pas faire passer l’État avant lui-même ? Qui durant son enfance n’a pas eu à changer la date de célébration de son anniversaire parce que ça ‘’adonnait mieux’’ pour tout le monde de la célébrer un samedi plutôt qu’un jeudi par exemple… Mais non, pas pour le Roi Patapouf ! Et donc, puisque sa propre personne est plus importante que la patrie et qu’il ne peut assister au ‘’party’’ et ben à quoi bon lui administrer un budget décent s’il ne peut en profiter. Bel exemple d’un ego démesuré n’est-ce pas ? Toujours dans le registre du narcissisme à outrance et du ‘’je, me, moi’’, mais aux antipodes, on pourrait penser à l’ancien Président Mexicain Porfirio Díaz, qui a devancé d’un jour la Fête Nationale du Mexique, le ‘’Grito’’ pour pouvoir le célébrer en même temps que son propre anniversaire. Si le second n’est pas plus honorable dans son geste (même moins, eh oui, il semble que ce soit possible), on se rend compte que certains feraient tout pour célébrer leur Fête Nationale le jour de l’anniversaire, alors que d’autres font tout pour éviter d’avoir à la fêter. Entre les deux, il y a quand même un juste milieu, non ?
Ah mais j’oublias, la Saint-Jean Baptiste n’est pas la Fête Nationale de Johny… Sa Fête Nationale à lui, c’est le Canada Day ! Pauvre Patapouf, il est né une semaine trop tôt ! Mais de ce côté, pas de problème, le Canada est là pour financer le party ! Oui, malgré le scandale des commandites et les 600 millions de $ dilapidés (dont 200 millions de $ aux amis du Parti Libéral) pour faire de la propagande Canadian au Québec, le gouvernement Canadien continue sa ‘’campagne de drapeaux’’ en accordant 70% des budgets du Canada Day au Québec, une province qui ne représente que 24% de la population (donc, plus que 30% pour les 76% de vrais Canadian). Si ce n’est pas de la propagande ça… Question : Si Jean Charest était né un 1er juillet et qu’il était Premier Ministre du Canada, refuserait-il de fêter le Canada Day sous prétexte que c’est son anniversaire ? Réponse : Non… et de toute façon, on s’en fout puisque cet abruti qui n’aurait jamais dû voir le jour est né un 24 juin et qu’il ne sera jamais Premier Ministre du Canada, puisqu’il a prouvé à tous qu’il avait atteint son Peter (seuil d’incompétence), en tant que petit ‘’cheuf’’ de province ratatinée.
Nous avons fait reculer Charest deux fois avec les scandales du Suroît et des écoles privées juives et je vous dis : Jamais deux sans trois ! Faisons-lui perdre la face une fois de plus (n’ayez crainte, il en a plus d’une). Ne le laissons pas réduire à néant une autre des institutions les plus importantes au Québec ! Ne le laissons pas détruire notre spécificité et notre identité en tant que Québécois et Québécoises ! Ne laissons pas mourir notre Fête Nationale ou encore la réduire à une simple fête qui ne représenterait plus qu’un autre jour férié parmi tant d’autres ! Ne le laissons pas détruire ce jour qui nous permet d’affirmer collectivement qui nous sommes et de le crier haut et fort (n’en déplaise à certains) ! Il dit avoir un mandat clair, envoyons-lui un message clair : S’il veut la guerre, ‘’NOUS SOMMES PRETS !!!’’.
Signez la pétition du MNQ http://www.mnq.qc.ca/petition.php afin de dénoncer les compressions répétées du ‘’gouvernement Charest’’ dans le budget de NOTRE Fête Nationale !
Très cordialement,
Laurent Migneault

Bravo encore une fois M. Sansfaçon
François Perrier
TRIBUNE LIBRE 2 février 2005
Se réfère à l'éditorial très probant de J-R. Sansfaçon dans Le Devoir du 1 février - "Bombardier en PPP".
Jean-Robert Sansfaçon est du Devoir-de-tous-les-combats pour l'épanouissement (versus la survie), de la Nation française du Québec, dans la création d'un État québécois fort !! Ça ne fait pas de lui un indépendantiste pour autant. Bravo M. Sansfaçon, pour cette mise en demeure, ET mise en garde aux corpoRAT bums - voyous corporatifs, que sont Bombardier, et la famille Beaudoin, Père et Fils --, le Saint-Esprit-Tellier ayant été défenestré pour avoir osé limiter les profits outrageux et mesquins de ladite famille Beaudoin. Toute révolution mange ses petits, et la mondialisation des économies nationales aux seuls profits de zélites multi cum transnationales, ne fait pas exception.
D'ailleurs, votre éditorial M. Sansfaçon contraste drôlement avec un article (perdu temporairement dans mes dossiers), paru dans Le Devoir-de-toutes-les-réserves, durant la période des Fêtes. Photo à l'appui, on nous montrait un Paul Tellier penaud, ployant sous le poids de son licenciement par Bombardier. Tellier se voyait alors offrir par le conglomérat CanadiAn Pacific (CP) - (où Tellier a licencié des milliers d'employés dans un passé récent), un tout petit bureau où se reposer de l'ingratitude des Beaudoin. C'était tellement touchant, et Noël aidant le public lecteur n'a pu que voir l'analogie et faire le lien avec Marie et Joseph se voyant refuser un gîte à l'auberge ! Que de larmes auront été versées pour ce corporat bum, et notre cœur collectif a pleuré pour lui. Pauvre homme !
Nos transnationales, genre Bombardier, doivent résister à la tentation véreuse (malhonnête) de s'approprier l'agenda de tout un peuple québécois sur le chemin de sa libération nationale, alors qu'elles s'enrichissent outrageusement aux frais de ce peuple.
Tout comme les 439 médecins et chercheurs … corporatifs … signant aujourd'hui même un plaidoyer 'GRAND CHUM'. SINON QUOI ? Vous prendrez alors nos bébelles pour aller jouer ailleurs, où c'est plus p-r-o-f-i-t-a-b-l-e …? Vous devez plutôt vous assurer dans votre âme et conscience que c'est vraiment pour le plus grand bien du peuple québécois de souche française, que vous prenez parti pour un hôpital plutôt qu'un autre.
Frondeurs que vous êtes, alors même que étrangement silencieux sur le départage inégal des deniers publics entre les deux communautés nationales. Les Anglos DOC ne représentant - au maximum - que 24% de la population de Montréal. Des Anglos coupables d'avoir pratiqué un véritable génocide envers "nous" durant 2 siècles, se limitant maintenant à un ethnocide SOFT mais impitoyable, à notre endroit. N'avez-vous aucune fierté, sens de l'équité où conscience - nationale ou autre !?
Le Québec est 'riche à craquer' - et 'il y en a pour tout le monde' - y compris le peuple, en autant que nos zélites cupides (comme dans avides d'argent), soient moins 'escrocsgriffes' en s'abreuvant impitoyablement à l'auge de l'État. En pratiquant une charité toute chrétienne, vous verriez alors comment le bon peuple québécois reconnaissant, serait généreux envers vous tous -- en vous rendant vos grâces au centuple.
Bravo encore une fois M. Sansfaçon, qui avec les divers Serge Truffaut, Louis-Gilles Francoeur, Josée Boileau, Caroline Montpetit, Paule des Rivières, plus … Louis Cornellier (strictement pour ses revues de livres, en tant qu'oecuméniques), - et j'en oubli sûrement --, lesquels (selon moi), AIMENT ET RESPECTENT le bon peuple québécois, tout en lui faisant moult remontrances : sachez qu'on vous lit assidûment, en tirant leçons de vos enseignements.
Quant aux apôtres - pour ne pas dire les apostats, du Devoir-de-toutes-les-réserves - MM Descôteaux, Louis Cornellier (eh ben oui, pour son idéologie Tabarnacos infecte !) Michel David, Michel Venne, Denise Bombardier, Kathleen Lévesque, Gil Courtemanche, Chantal Hébert - et al - tentant par tous les moyens possibles et imaginables de détruire un sentiment d'appartenance et la fibre nationale -- HONTE À VOUS !

CHUM inc. et CHU-McGill
Marie Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 3 février 2005
Soixante-trois millions d'études plus tard, nous devons nous rendre à l'évidence. Le Québec français est battu en brèche et ce, depuis 1992-1993, au moment où Daniel Johnson autorisait le CHU-McGill et que le gouvernement du Parti québécois, lorsqu'il était au pouvoir, sous la pression du milieu médical et universitaire autorisait un méga-hôpital pour rendre justice au milieu francophone qui représente 80% de la population québécoise, ne l'oublions pas.
Toute cette saga relève au départ d'un manque de volonté politique de nos gouvernements successifs de reconnaître le fait français au Québec. Il est bien évident pour qui a des oreilles pour entendre que cette affaire en est une de dualité linguistique et culturelle. Bien peu évoque cette dualité, ce pouvoir des anglophones et allophones, qui ont été reconduits et confirmés officiellement par nos gouvernements.
Une citoyenne avertie ne peut que se poser les questions suivantes. Voici.
1. Comment un gouvernement dont l'article 1 de son parti qui fait la promotion de la souveraineté du Québec a-t-il pu reconnaître ces deux méga-hôpitaux, l'un pour les anglophones et un autre pour les francophones? Pourquoi deux méga-hôpitaux finalement? La population québécoise de sept millions d'habitants ne justifie pas ces deux hôpitaux, à mon avis. C'est de l'enflure, de l'imposture, de la forfaiture.
2. Pourquoi cet aspect est-il si peu soulevé, même par les médias?
3. Pourquoi 80% de Québécois français paieraient-ils des sommes énormes jusqu'à la dixième génération pour 20% d'anglophones et d'allophones non intégrés à la véritable société québécoise et que nous encourageons puisque nous les reconnaissons? Il y a là paradoxe, ambiguïté, peur, comme c'est l'habitude au Québec.
4. Pourquoi a-t-on mis de côté aussi cavalièrement le projet de l'Hôtel-Dieu de Montréal qui me semble beaucoup plus approprié que les deux autres? Le milieu francophone a-t-il craint de jouer les parents pauvres si l'on veut bien voir les lobbys médicaux et pharmaceutiques qu'il y a derrière ces constructions? Parce que c'est de cela qu'il s'agit aussi. Je ne suis pas certaine que la santé des malades importe tant au milieu médical. Ne sait-on pas que les médecins reçoivent une formation en vue de devenir des «leaders d'opinion» (leur opinion???), des «managers» (pourquoi???) et «ouverts sur la communauté» (laquelle??? la communauté des médecins?)
5. Ces méga-hôpitaux seront-ils au service de la population ou bien à celui du milieu médical, particulièrement de la recherche? La médecine serait-elle maintenant une affaire de gros sous?
6. En parlant de gros sous, qui paiera pour les coûts de ces deux hôpitaux? A-t-on assez parlé des coûts d'opération par la suite? Le Québec peut-il se permettre d'investir ces sommes astronomiques? Pas un jour, les médias ne nous rapportent que la caisse est vide. Que l'argent est au fédéral. Et si nous devions mettre la main sur notre argent qui est au fédéral, doit-on l'hypothéquer à ce point et ce, sur des générations uniquement pour la santé? Peut-on croire que les fondations privées assureront les coûts d'opération énormes qu'entraîneront ces méga-hôpitaux? J'en doute.
7. Qu'y a-t-il derrière, et de façon soudaine, cette facilité à croire qu'il y aura les sous nécessaires pour entretenir ces futurs éléphants blancs? Rappelons-nous la fable de la Grenouille et du Boeuf :«Elle s'enfla si bien qu' elle creva».
8. Le gouvernement fédéral, et pourquoi pas les américains, auraient-ils l'ambition secrète de vouloir s'ingérer, s'infiltrer davantage au Québec et il aura beau jeu de le faire puisque la santé au Québec est devenu «un veau d'or», une autre industrie comme celles des études? Les médias ne nous entretiennent-ils pas quotidiennement des malheurs des uns et des autres en santé depuis des années? Curieux tout de même!
Et ce ne sont là que quelques questions qu'une citoyenne est en droit de se poser?
Faudra-t-il les «soumettre à la question» comme au Moyen Âge pour avoir des réponses à ces questions?
J'exige donc, en tant que citoyenne québécoise, que le gouvernement Charest mette en place une consultation publique qui reverrait le dossier à ses débuts parce qu'autrement, je croirai qu'il y a injustice envers les contribuables francophones du Québec. Les Québécois français doivent-ils payer pour ainsi dire seuls le coût de cette dualité pas encore réglée. Une autre!

Vous repoussez du revers de la main...
Jacques Bergeron
TRIBUNE LIBRE 3 février 2005
Monsieur le ministre,
J'ai bien reçu la réponse de votre «secrétaire»
concernant la suggestion que je vous faisais parvenir
sur le projet de loi que vous présenterez
prochainement à l'Assemblée nationale sur la
«modification du mode de scrutin».
Il m'est difficle de comprendre que l'on peut rejeter
du revers de la main une proposition visant à
«améliorer» notre démocratie électorale, sous le
prétexte qu'un mode compensatoire tel que proposé
risque «de faire en sorte que le «nombre» de députés
pourrait «varier» d'une élection à l'autre.
Autre constat pénible:
Vous repoussez du revers de la main la mise sur pied
d'une carte d'électeur sous prétexte que le Directeur
des élections a conclut(sic)que les mécanismes actuels
d'identification des électeurs mis en place aux
élections de 1998, étaient pleinement satisfaisants au
plan de l'intégrité du vote et que le recours à une
carte d'électeur n'était pas justifié dans ce
contexte, notamment en raison des coûts élevés de
gestion qu'elle entraine.
Revenons à ma suggestion concernant le vote à deux
tours et au vote compensatoire.
J'ai fortement l'impression que nos partis poltiques
ne sont pas empreints d'une volonté démocratique qui
pourtant devrait les animer, c'est le moins que l'on
puisse dire.
Comment en effet peut-on parler de démocratie lorsque
nous acceptons qu'un député puisse siéger à
l'Assenblée nationale alors qu'il n'a pas obtenu plus
de 50% des votes exprimés par les électeurs d'une
circonscription électorale.
Est-ce que par hazard on craindrait en certain milieu
que le 2ème tour d'une élection (lors duquel on ne
verrait que les deux candidats ayant obtenu le plus de
votes au 1er tour)ne vienne jouer contre son parti?
Si c'est là votre réponse, ou celle des partisans du
vote à l'anglaise,nous devrons en retenir que votre
gouvernement est plus soucieux du pouvoir que de
démocratie, ce qui n'est pas le propre des démocrates
occidentaux normalement?
Votre refus de mettre sur pied une carte d'électeur,
en appuyant votre décison, ou celle de votre
gouvernement, sur une étude du Directeur des élections
, vient encore une fois démontrer que l'on ne veut pas
permettre aux électeurs d'exprimer leur droit de vote
en étant certains que celui-ci ne sera pas annulé par
les malversations de certaines personnes peu
soucieuses de démocratie électorale et du droit d'une
personne d'élire un candidat de son choix.
Cela vient de nouveau démontrer que certaines
personnes et certains partis politiques sont plus
intéressés par le pouvoir que par le respect de la
démocratie, ce qui est fort regrettable.
Élection compensatoire d'un représentant d'un tiers
parti:
Même si nous pouvons reconnaître la justesse de votre
décision dans ce cas très précis,( le nombre de
députés pourrait varier) cela ne m'apparaît pas comme
devant être une fin de non recevoir de la propostion
que je vous faisais.
Nous devons, vous et moi, et tous les citoyens du
Québec, trouver un autre moyen devant permettre que
s'expriment à l'assemblée nationale du Québec,les
opinions et les philosophies( même si elles pourraient
ne pas nous plaire) de partis n'ayant pas eu «un» élu
lors d'une élection générale.Votre réponse démontre le
peu de respect que votre gouvernement peut avoir pour
les partis et les citoyens ayant des opinions et des
philosophies différentes de celle de votre
gouvernement. Je dis que cela est très regrettable,
mais que votre réponse ne nous surprend guère.
Malgré tout, vous me permettrez de croire que votre
gouvernement pourrait revenir sur sa décision et
accepter notre proposition concernant le vote à deux
tours et la mise sur pied d'une carte d'électeur, un
outil que toute démocratie devrait être soucieuse de
posséder.
Ayant assisté à deux élections en France , j'ai pu
voir que les électeurs présentaient cette
carte,accompagnée d'une carte d'identification,avec
empressement et le «respect dû» à l'acte démocratique
qu'ils posaient.J'en ai vu aucun s'opposant à la
présentation de ces deux document, même si la plupart
des gens se connaissaient dans cette petite ville.
Vous me permettrez en terminant de souhaiter à notre
gouvernement et aux députés qui composent notre
assemblée nationale, de doter notre État d'une loi
électorale pouvant répondre aux critères d'une «vraie
démocratie», fatigués que nous sommes de nous faire
voler nos votes par des gens peu scrupuleux du respect
des droits des personnes.
Salutations distinguées

IMPASSE DANS LES CONGÉS PARENTAUX
- CONGÉ D’OTTAWA ?
Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 4 février 2005
Pauvre Claude Béchard. Le ministre québécois de la Famille se heurte à la réalité fédérale, système qu’il supporte pourtant. Ottawa devrait avoir accumulé, à la fin de cette année, un surplus budgétaire d’environ 12 milliards, selon son collègue des Finances Yves Séguin, lui qui en cherche désespérément deux pour boucler son budget. La situation devient intenable pour le gouvernement Charest, empêtré déjà jusqu’au coup.
Ces ministres progressistes devraient convaincre leurs collègues de demander aux Québécois le mandat d’autoriser Québec à administrer toutes ses recettes fiscales, puis revoir ses relations avec Ottawa. Cette offre, qui sera bénéfique pour tous, ne peut que susciter l’adhésion générale. Le déclenchement d’une élection hâtive axée sur cet enjeu représente la seule porte de sortie capable de tirer les libéraux du pétrin.
Ce geste de souveraineté ne peut cependant être concocté par le gouvernement sans le départ de Jean Charest et de ses conseillers. Ironiquement; ce petit groupe fait déjà bande à part du cabinet et du caucus depuis longtemps! C’est pourquoi la confiance n’y est tout simplement plus. Advenant la démission du premier ministre, quelques « fédéralistes purs et durs » du gouvernement le suivront également, entêtés devant l’inéluctable. Les libéraux progressistes auront alors les coudées franches pour préparer le scrutin.
Avec un nouveau chef, il restera au Parti libéral à repenser sa façon de se comporter dans l’espace nord-américain, et montrer qu’il peut fixer des priorités. Subsistera enfin à obtenir l’aval des Québécois, face à des rivaux politiques qui entreront dans la danse. Yves Séguin n’aura pas à brandir son rapport sur le déséquilibre fiscal : la situation actuelle parle d’elle-même. Le Québec est en période de croissance depuis près de dix ans et curieusement n’a jamais pu accumuler des surplus dignes de ce nom. Ce détournement de fonds empêche le Québec de générer plus de richesse sur son territoire. Qui, au Parti libéral, va le nier durant la campagne? Le député de Kamouraska-Témiscouata?

Le mouvement S.O.S. Ma Radio !
http://www.sosmaradio.com/#protest
TRIBUNE LIBRE 7 février 2005
LA VENTE DE CKAC À CORUS ENTERTAINMENT:
- Annonce la disparition de la plus grande institution
de radio francophone indépendante au Québec.
- Met en péril notre liberté d’expression et d’information.
- Sacrifie notre culture et notre voix à des intérêts
strictement économiques.
Le mouvement S.O.S. Ma Radio !
organise une mobilisation familiale et pacifique
le dimanche 13 février 2005, à 13h00
à l’angle des rues Peel et Ste-Catherine
(métro Peel) devant les locaux de CKAC
Parce que :
- CKAC, la plus vieille station de radio privée francophone au monde, est menacée de perdre sa vocation.
- CKAC a été et reste un important moteur pour la diffusion de notre culture et nous croyons que son rôle est unique dans notre histoire. Nous ne pouvons considérer cette transaction d’un point de vue strictement économique.
- CKAC et les stations du réseau Radiomédia sont parties intégrantes de notre patrimoine depuis plus de 80 ans. Si cette transaction se concrétise, CKAC ne pourra plus exercer ce rôle essentiel car :
1 : Les effectifs de la salle des nouvelles seront réduits de 80%.
2 : La survie des tribunes téléphoniques n’est pas garantie.
- La concentration des médias est dangereuse pour la démocratie. (La diversité des sources d’informations donne à chaque citoyen un portrait objectif du monde qui l’entoure. La convergence des médias affecte directement notre liberté d’expression).
CKAC FAIT PARTIE DE NOUS DEPUIS TOUJOURS ! DÉMONTRONS NOTRE ATTACHEMENT POUR CETTE STATION !
le dimanche 13 février 2005, à 13h00
à l’angle des rues Peel et Ste-Catherine
(métro Peel) devant les locaux de CKAC
Des artistes et des personnalités du milieu des médias seront présents
pour soutenir ce mouvement initié par des auditeurs et des citoyens de
partout au Québec.
Venez vous joindre à eux !

NOUVEAU CHEF + ÉTAPISME RÉFÉRENDAIRE = ÉCHEC
Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 7 février 2005
L’équation est implacable. Et pourtant il faut s’y plier. C’est le message que transmet la société civile aux péquistes depuis un bon bout de temps : un nouveau chef qui reconduit la même formule référendaire ne renouvellera pas l’image de ce parti. Ainsi, il était triste d’entendre le candidat à la vice-présidence du Parti québécois François Rebello affirmer favoriser le rajeunissement de son équipe, tout en faisant la promotion d’une démarche obsolète car devenue hasardeuse. Que le référendum survienne au début ou en fin de mandat n’atténue pas le ressentiment que la population éprouve face à ce cadre stratégique que s’entête à employer le PQ.
Le dernier sondage, celui de la maison Crop, ne déroge en rien à cette tendance. Alors que le gouvernement libéral ne va nul part, le Parti québécois ne parvient pas à creuser l’écart. Même l’abandon d’un certain attentisme référendaire suite à la « Saison des idées » ne le dynamise pas. Normal dans ce cas que l’actuel chef Bernard Landry écope, à titre de « dommage co-latéral », à la lumière de la même enquête.
C’est le clan Legault qui sort le plus affaibli de cette réalité. Il pensait avec raison qu’une attitude plus transparente quant à l’objectif souverainiste ramènerait au bercail un grand nombre de sympathisants qui ont boudé le dernier scrutin d’avril 2003. Il semblerait finalement que non : « son projet de pays » qu’il a imposé à Bernard Landry ne lève pas parce qu’il y est toujours question de tenir un troisième référendum. Cette façon de procéder est suicidaire face à un adversaire déterminé à poser les mêmes gestes qu’en 1995. Les « jusqu’au boutistes ou caribous », comme se plaisent à les nommer certains chroniqueurs politiques, pensent malheureusement qu’un référendum promis peu de temps après le retour au pouvoir suscitera l’enthousiasme et garantira la victoire aux souverainistes. Force est d’admettre, avec ce sondage Crop, que les Québécois en doutent. Tout repose maintenant sur les délégués péquistes présents au congrès de juin 2005 pour rejeter cette idée.
Car il s’agit là de la stratégie qui fut utilisée lors du second référendum. Y recourir pour organiser le troisième n’a pas sa place : s’il y a défaite; « la prochaine fois » surviendra aux calendres grecques. De plus, le Québec sortira vraiment affaibli de cet échec et davantage à la merci d’Ottawa qui y verra l’acceptation de son cadre fédéral. Ce risque, les Québécois ne veulent pas le courir. Leur enfoncer un troisième référendum dans la gorge ne les intéressent donc pas. Voilà pourquoi le Parti québécois obtient en ce moment 40% des votes, tirant de l’arrière par environ huit points sur son propre article un.
Il y a fort à parier que cette question sera posée au chef du Parti québécois lors du prochain débat des chefs. Que décidera-t-il effectivement si la conjoncture n’est pas favorable à la tenue d’un troisième référendum? Que répondra un François Legault, engagé auprès de ses troupes à foncer en début de mandat? Transgressera-t-il sa promesse? Pourquoi devoir s’imposer pareille pression et l’infliger au reste de la société civile? N’est-il pas mieux au contraire de la baisser, voire de l’éliminer complètement? Le recours à la voie élective peut faire ce travail.
Le député de Rousseau a raison de vouloir préparer la souveraineté maintenant, libéré de toutes responsabilités ministérielles. Il touche la cible lorsqu’il croit que les gens doivent savoir, avant le prochain appel aux urnes, ce à quoi ressemblera un Québec souverain administré selon le modèle de développement péquiste. Pourquoi alors s’arrêter là? La société civile veut pouvoir s’exprimer là-dessus maintenant, à la majorité absolue. Elle sait que l’élection d’un gouvernement provincial souverainiste retrouvera les mêmes difficultés financières et politiques qui hantent les libéraux. Renouer avec le piège provincial pour ensuite risquer le processus référendaire irrite. Les Québécois n’y croient tout simplement plus. Plusieurs iront vers le parti de Françoise David. Option citoyenne sera pour eux un changement. Le Parti québécois ne peut ignorer cette réalité s’il veut rapidement mener à bien un projet qui rallie la moitié de la population.
Le PQ doit proposer aux gens de briser l’étau fiscal qui les empoisonne présentement, lors du prochain scrutin général. Dans un élan de libération nationale, cette formation doit inviter les autres partis qui partagent ce souhait de former une alliance où les votes seront additionnés. L’atteinte de la majorité absolue s’avèrera tout à fait plausible, tout en démontrant qu’il est possible d’être souverainiste en appuyant différents partis ayant un modèle de développement distinct pour leur patrie. Cette pluralité idéologique liguée temporairement pour la souveraineté témoignera de la maturité politique du Québec.
S’il ne devait pas y avoir 50% plus une voix, le travail de pédagogie se poursuivra, comme à l’heure actuelle, jusqu’au scrutin suivant. La voie élective, comme mode d’accession à l’indépendance, permet cette souplesse qu’un troisième référendum ne peut offrir. Elle laisse la porte fraîchement ouverte aux Québécois. En posant ce geste novateur, le PQ renouvellera son image et donnera espoir aux gens de toutes allégeances, grâce à la possibilité de modifier leur destin à partir de 2007. Exit le stress d’une ultime joute référendaire sans lendemain. Disparue, cette tension collective qui apparaît dès qu’il en est question. Voilà ce que François Legault, ou quiconque, doit modifier dans le programme du Parti québécois pour relancer le Québec.

Le «Projet CHUM Outremont», deux choses parfaitement divisibles et réalisables séparément
Georges Étienne Cartier, Md, CspQ, LL. (Urgence, Hôpital St Luc, depuis 30 ans)
TRIBUNE LIBRE 7 février 2005
l ) Les révélations qu'on nous fait sur les risques de catastrophes ferroviaires (gaz toxiques, substances radioactives, explosifs et autres douceurs...) appellent inexorablement les observations suivantes :
a) Ces voies ferrées traversant depuis cent ans la portion la plus densément peuplée de la ville de Montréal, les autorités ont jusqu'à ce jour fait preuve «d'insouciance déréglée et téméraire à l'égard de la vie d'autrui», c'est à dire de «Négligence criminelle» à l'endroit des populations vivant et travaillant de part et d'autre desdites voies ferrées.
Un simple coup d'oeil sur une carte donne la mesure du danger... et du scandale !
Il est moins difficile de protéger la population d'un hôpital construit comme une coque étanche (triple vitrage, air climatisé, pression négative, re-circulation temporaire de l'air, etc...) que celle de quartiers entiers exposés à la brise par un beau soir d'été toutes fenêtres ouvertes, enfants jouant dehors...
b) Elles ont donc l'impérieux et urgent devoir d'imposer sans appel aux compagnies de chemins de fer le re- routage immédiat de toutes les substances dangereuses qui jusqu'ici y transitent en catimini.
c) Et que la chose soit « difficile » ou non n'a strictement aucune pertinence, attendu qu'il n'y a pas d« Droits acquis » à l'encontre de la sécurité et de la santé publiques, et qu'il s'agit de ce fait du problème du CP et en aucune façon de la population ni de ses Institutions victimes de ce risque scandaleux (sauf le Gouvernement Fédéral, dont «relèvent» constitutionnellement les «chemins de fer» (AANB, art. 92, par.10-a ).
2) Le «Projet CHUM Outremont», c'est deux choses parfaitement divisibles et réalisables séparément : d'abord un Hôpital universitaire qu'il faut construire sans trop attendre, et ensuite seulement une technopole que rien au monde n'empêche de concevoir dès maintenant pour, au cours des ans, ne la construire qu'au fur et à mesure des besoins nés et des moyens financiers disponibles, sur le site qu'on se trouvera alors ( dans 4 ,6, 8 ou 10 ans, peu importe,) bien sage d'avoir su réserver à cet effet !
3) Disqualifier un projet visionnaire par le fait qu'il est défendu par des compatriotes financiers et des hommes d'affaires qui ont réussi de grandes choses est d'une mesquinerie et d'une tristesse à faire pleurer. Comme s'il ne pouvait pas y avoir, a priori de convergence entre les intérêts, ni aucun enthousiasme patriotique ( mais oui !) chez ceux qui ont réussi !
Mais quel peuple sommes-nous donc pour ne vouloir croire qu'en ce qui est à la mesure de l'ordinaire, du « monde ordinaire », des idées ordinaires? Tout ce qui est visionnaire et grand ne serait donc, pour nous que mégalomanie ridicule ou pire, complot de dangereux exploiteurs ? Et nous serions condamnés par essence... et par esprit de contradiction frileux, timoré ou paranoïaque (« Ah! Ah! Moi, on ne me la fait pas, je suis bien trop malin ! »), au médiocre ?
PS : Je n'ai aucune connexion avec «Québec inc», au contraire !

ET TU, PIAZZA !?
- Éloges à un présumé "autonomiste" libéral* que je souhaiterais indépendantiste
François Perrier
TRIBUNE LIBRE 7 février 2005
Se réfère au texte "Réveille-toi, Jean Lesage, ils sont devenus fou !" - de François Piazza, paru dans Le Devoir le 2 février 2005, et repris le jour même dans Vigile - en manchette.
Mon "Toi aussi, Piazza !?", veut créer un rapprochement avec le texte d'un M. Azzeddine Marhraoui, étudiant à Carleton U. à Ottawa Canada mais Québécois-de-cœur, et son retentissant "NON au multiculturalisme canadiAn-à-Trudeau" -- paru dans ces deux mêmes publications, le 01 février 2005.
Parce que tout présumé "autonomiste" libéral qu'il soit, M. Piazza touche à tous mes 'pitons' nationalistes sociaux-démocrates, à partir des diverses qualités qu'il attribut au gouvernement libéral de Jean Lesage des années '60 -- telles que "rendre l'école accessible pour tous … l'excellence par le savoir … encouragement de la culture d'ici … devenir maîtres chez nous … avec fermeté et doigté, mêlant pouvoir et élégance … Une vraie consultation populaire … qu'il fallait d'abord écouter le peuple avant de lui parler", etc., etc.
En opposition à toutes ses assignations de blâmes à l'endroit du Parti libéral (PLQ) d'aujourd'hui, des blâmes et manquements, comme dans "ils détruisent petit à petit les acquis … les lobbys ecclésiastiques … des amici curiae … contre l'avis du peuple … ils réduisent au rabais l'enseignement … des successeurs qui font du cosmétique … supprimant les bourses étudiantes … le ministère de la Culture - une coquille creuse … tout passe dans le béton, la vitre et le formica … ils nous détruisent tout !
Reproches allant comme un gant au Parti Québécois des satisfaits (PQ) d'hier - avec un Landry sans peuple mais patriotard - attendant patiemment le retour du balancier dans les coulisses du pouvoir, comme un charognard, alors que son maître néolibéral John Charest s'acharne sur le corps indéfendu de la nation québécoise. Afin de nous servir en 2007/08, la même poutine ethnocide.
Passe encore pour la référence à "Reid, jouant le salopin avec croc à phynances de l'Ubu de Jarry", puis "Cornegidouille et Cornecul", qui me font penser à Cornellier - Louis de son petit nom - voulant restreindre au Québec, langue et littérature françaises universelles, en ce qu'elles seraient néocolonialistes !! Par contre, certains bons mots et références, par exemple "Figaro par ci" et "Almaviva par là", sont vraiment trop savants pour moi.
Quant à l'allusion à "nos compatriotes israélites", j'ai tenté en vain de retrouver le texte d'un troisième "Québécois de souche AUTRE" - (Salomon Cohen** peut-être ?) - où il était dit que la légitimité du projet d'indépendance politique totale du Québec, dans la création de son propre État --, ÉTAIT TELLEMENT ÉVIDENTE, QUE NOS ALTÉRITÉS SE FACHANT - les divers Piazza, Cohen et Marhraoui -- choisiraient de réaliser cette indépendance du Québec, en partenariat avec le bon peuple québécois seulement !! Indépendance réalisée à l'insu et en dépit de nos propres élites culturelles 'àplatventristes' et/ou nos zélites néolibérales ou gauchisantes, vendues à l'internationalisme mondialisant, et aux Internationales socialistes, tout en leur subordonnant nos intérêts nationaux québécois.
En ce qui a trait à nos zélites GAUCHES, dans leurs penchants à DROITE -- Pauline Marois aux cabinets d'aisance de $800,000, se rendant à Davos-des-puissants en janvier 2003. Ou nos gauchistes, à socialismes variables, alors qu'ils se portent au secours de tous les petits peuples foutus de la terre, tout en trahissant le leur. Nous vient l'image de nos zélitistes gauchistes auscultant tous les petits peuples de la terre à Portò Alegre en 2003 - les divers Pierre Paquette alors député du Bloc Q (trouvant raciste notre insistance à nous proclamer nation fondatrice du Canada), le recteur Roch Denis de l'UQAM, voulant bilinguiser son université, afin que des étrangers y étudient en anglais ! Le journaliste et auteur Gil Courtemanche, pseudo social-démocrate, affirmant que si la liberté des siens ne devait coûter qu'une seule vie canadiAn, il faudrait alors y renoncer ! Puis, l'ex ministre 'péquissse' Louise Beaudoin, indifférente à toute équité en matière d'égalité des traitements linguistiques entre Québécois et CanadiAns - signant par contre en 2002, une entente de coopération avec des autorités provinciales, de … Rio Grande do Sul ... au Brésil !
* Sur l'évolution du mot "libéral", voici ma traduction maison, d'une note explicative, à la page 167 de "Impossible Nation - The Longing for Homeland in Canada and Quebec", de Ray Conlogue, (Mercury Press). Conlongue affirme que "En Amérique du Nord, ce mot se réfère souvent à des croyances à gauche du centre, alors que le mot "conservateur" est associé avec la droite, spécialement, à la notion d'un individualisme américain farouche ("rugged"). Pour cette raison, un droitiste sans appel, est surnommé un néo-conservateur dans le jargon d'aujourd'hui".
"Historiquement cependant, les deux termes avaient des significations opposées. Un libéral était défenseur de l'individualisme, alors qu'un conservateur avait tendance à soutenir les valeurs traditionnelles de la communauté, voire ("indeed") les idées (contemporaines ?) de la communauté elle-même ... Souvent ces termes sont encore utilisés en ce sens en Angleterre et en Europe, où quelqu'un de l'aile droite ("right winger"), un tenant de la ligne dure, sera appelé un néo-libéral. Conlogue ajoutait, "dans ce livre ... règle générale, le contexte rendra le sens évident."
** Ce M. Cohen affirmait (entre bien d'autres choses), dans un texte intitulé "Pour en finir avec le vote ethnique", dans Le Devoir des 20/21 janvier 2001, "que bon nombre d'entre eux (les immigrants au Québec) reconnaissent la puissance des forces vives du Québec francophone qui tend inexorablement vers l'émancipation de son peuple … et sa participation au concert des nations." Cohen qui aurait combattu dans la "Guerre des 7 jours", fut candidat (défait) du PQ dans Outremont en 1994).
Je suis rassuré par le mot d'ordre lancé par M. Piazza en terminant son texte - "peu importe l'idéologie de chacun … Lesage ! Rends nous les libéraux !". Personnellement, j'aime croire que la définition du mot libéral s'est plutôt déplacée vers 'l'extrême centre' de l'éventail politique plutôt qu'à sa gauche, et équivaux à la social démocratie qui était alors pratiquée par Jean Lesage et Lester B. Pearson. Et bravo, M. Piazza.

Il serait temps...
Marie Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 9 février 2005
Oui, il serait temps que les porte-paroles, s'il en reste, de la souveraineté fassent connaître aux Québécois ce qui les attend.
L'affaire des commandites et les propos de notre inénarrable compatriote Jean Chrétien au sujet de l'unité canadienne font frémir.
Comment pourrons-nous maintenant demeurer froids devant les stratégies perfides des fédéraux?
Il faut nous rendre à l'évidence, le fédéral a une stratégie génocidaire à notre endroit. N'ayons pas peur des mots! Cessons d'être naïfs et «politiquement correct». Sortons du nirvana dans lequel on entretient les Québécois.
Il faut dès aujourd'hui établir notre propre plan stratégique pour contrer les fédéraux afin d'éviter notre extinction au profit de la nation civique.
À tout hasard, je vous transmets une déclaration de M. Jean-Paul L'Allier, maire de notre capitale encore nationale qui doit bien savoir ce qu'il dit. Sa fonction l'a appelé à fréquenter le milieu fédéral depuis des années.
Et remercions-le d'avoir eu le courage de tenir ce propos que nous retrouvons si peu dans la bouche de nos porte-paroles souverainistes.
(...) LIBÉREZ-NOUS DES FÉDÉRAUX ! LE 22 DÉCEMBRE 2004 – Isabelle Mathieu (Le Devoir) rapporte que pour le maire de Québec, Jean-Paul L’Allier, la haute fonction publique fédérale est en train de transformer le Canada en pays unitaire et a déjà signé l’arrêt de mort des provinces.
« Pendant que des gens taponnent pour essayer de dire comment est-ce que pourrait fonctionner le fédéralisme, les penseurs administratifs fédéraux travaillent à créer un pays unitaire, soit carrément la disparition virtuelle des provinces d’ici 20 ans. Les pouvoirs sont à Ottawa. L’extérieur va rester, mais le cœur va être mort », estime le maire de Québec. Né confédération, le Canada a été transformé en fédération et file vers l’unitarisme, selon M. L’Allier. (...)
Ce genre de mise en garde devrait être connu par la population québécoise: celle qui travaille; celle qui paie des impôts; celle qui tire le diable par la queue; celle qui n'a plus ou pas le temps de s'informer correctement; celle qui se fait manipuler quotidiennement pour satisfaire même les lobbys opportunistes des souverainistes.
Cessons d'être faibles, veules et pleutres.

Le testament politique de l’homme fort d’Ottawa
Dave Anctil
TRIBUNE LIBRE 9 février 2005
Le témoignage que vient de livrer Jean Chrétien à la commission d’enquête sur le Scandale des commandites fédérales ne révèle rien de nouveau pour quiconque a su observer l’accélération et le durcissement de la dynamique de construction nationale opérée à la suite du référendum de 1995.
L’ancien premier ministre du Canada a été limpide : le PLC au pouvoir à Ottawa s’est donné la mission suprême de réaliser la Reconquista du Québec. C’est que le Canada avait perdu beaucoup de terrain sur ce plan – le résultat de 1995 le prouvant amplement ! – et que la confiance du peuple québécois en ses capacités tendait à croître au même rythme que l’option souverainiste.
Deux leçons s’imposent. La première : les Chrétien, Pelletier et Dion ont les idées bien plus claires que la plupart des péquistes aujourd’hui. Ils ont mené la Bataille du Québec en suivant les plus purs axiomes stratégiques. Foin de moralisme et de beaux principes à trouver dans leurs motivations les plus fondamentales ; l’unité du pays doit se faire par tous les moyens disponibles : corruption, mensonge, hypocrisie trouvent leur place à côté des moyens habituels de la politique que sont la législation et les élections. Chrétien l’exprime admirablement bien dans son témoignage :
«Les commandites, c'est beaucoup plus que des affiches, des drapeaux, des marques de commerce. C'est aussi la collaboration avec les organisateurs des événements communautaires, avec ces gens qui sont souvent des meneurs d'opinion dans leur milieu, et il s'agit de leur faire savoir qu'il existe aussi un gouvernement du Canada […] Ce type de présence fédérale auprès des dirigeants communautaires faisait partie intégrante de notre stratégie globale. C'est la raison pour laquelle nous nous sommes engagés à débloquer chaque année des crédits importants pour inscrire notre présence dans ces événements communautaires.»
L’autre leçon est tout aussi importante. Tout l’impressionnant travail réalisé par une vaste coalition d’intellectuels et de médias pour déguiser le sens de cette relation impérieuse instituée par le Canada – afin de contenir le Québec contre sa volonté, de réduire ses aspirations à un vain bavardage constitutionnel et à étouffer ses demandes les plus légitimes – toute cette mascarade, donc, vient de montrer son vrai visage : un mensonge hypocrite et intéressé servant les intérêts mercenaires d’une élite élevant la mystification idéologique au niveau d’une profession.
Il faudra confronter maintenant tous les Jocelyn Maclure et les Marc Brière avec leurs affirmations incessantes à l’effet que la question nationale n’est plus fondamentale et que les Québécois doivent «passer à autre chose». Il faudra illustrer à quel point la rhétorique alter-mondialiste, les beaux discours sur les identités multiples et le travail général de dépolitisation de la réalité, viennent se fracasser encore une fois sur le roc immuable de la réalité.
Qu’ils osent venir nous dire encore une fois que les «purs et durs» sont parmi la languissante et procrastino-progressiste direction péquiste ! Qu’ils viennent nous dire que l’«interprétation nationaliste» de notre histoire et de notre situation politique est dépassée et ringarde ! Les bon-ententistes de chez nous devront bien un jour répondre de leur irresponsabilité intéressée.
Il est vrai que défendre le Québec ne donne ni chaire de recherche ni poste à l’université…
***
Jean Chrétien, lui, a les idées claires. Il aura donc livré un puissant testament politique, digne d’un César Borgia et d’un Frédéric II : la politique qu’il a menée toute sa vie, c’est celle de l’affrontement, un combat qui obéit à une dynamique ancienne dans l’histoire du Québec et du Canada. Cette orientation structurante de notre histoire, c’est celle qui consiste à contenir le Québec, à le dominer et à lui ôter tous les moyens de quitter un jour la fédération canadienne.
Chrétien, dans sa conclusion, exprime admirablement bien sa parfaite cohérence avec cette histoire du Canada. Et, notons-le !, il s’agit bien de cette histoire que Maurice Séguin nous a enseignée, et non celle que voudraient nous enseigner nos historiens révisionnistes, comme Jocelyn Létourneau.
Quelle est cette permanence à laquelle se rattache l’action passée du gouvernement Chrétien, celle qui a vastement reconstruit le visage du Canada depuis un peu plus de dix ans de règne? La voici :
«Je conclurai simplement en disant qu'un premier ministre assume de lourdes responsabilités et doit prendre des décisions qu'aucun autre n'a à prendre, pas même le vérificateur général. La priorité la plus importante de tout premier ministre depuis 1867 est le maintien de l'unité nationale. Nous avons tous essuyé des reproches à un moment ou l'autre pour la manière dont nous avons assuré l'unité nationale. Mais dans le cas de l'unité du Canada, tous les premiers ministres, de sir John A. Macdonald à moi-même, ont toujours placé l'intérêt du pays au-dessus de tout.»
C’est donc cette raison d’État canadienne qui a dominé notre histoire. C’est celle-là aussi que Chrétien souhaiterait, à la suite de Trudeau et de ses prédécesseurs, voir se poursuivre à sa suite. L’ancien Premier ne plaide donc pas ici pour la vision d’un pays prospère où il fait bon vivre, pour un pays où certaines minorités ont la liberté de se doter de tribunaux islamiques ou pour un pays qui a signé Kyoto. Il plaide pour que les Canadiens comprennent que son action obéissait à leurs aspirations à eux : une action explicitement opposée à la volonté d’une large majorité de Québécois, qu’ils soient autonomistes ou indépendantistes. C’est à ces hommes et ces femmes, majoritaires au Canada et que le sondage du 8 février montraient plus enclins que jamais à adopter une attitude intransigeante à l’égard du Québec, que Jean Chrétien veut se montrer aujourd’hui sous son jour victorieux.
Chrétien pense qu’il a triomphé et il n’a pas tort, puisque son gouvernement a largement réussi à convaincre le Canada anglais que les Québécois étaient menés par de dangereux démagogues assoiffés de puissance. Au Québec, avec la loi C-20 et un appareil gouvernemental dominé par une direction libérale inamovible, mobilisant les ressources extraordinaires de tout un pays, l’équipe de Chrétien aura démontré que les obstacles à la souveraineté du Québec seraient plus nombreux et plus infranchissables que par le passé. L’intransigeance du fédéral apparaît désormais pour une majorité d’entre nous non pas comme un outrage au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, mais bien comme une réalité politique décourageante et démobilisatrice.
Chrétien a réussi à isoler complètement le Québec du ROC, en détruisant toute possibilité de dialogue entre les deux nations. À ce compte, ce sont les fédéralistes québécois qui ont le plus perdu. Mais il a aussi réussi à tronquer les termes de l’enjeu de la liberté du Québec chez nous. Si Chrétien mentionne que son adversaire jusqu’en 1995 était Jacques Parizeau, ce n’est pas pour rien. C’est qu’une fois Parizeau battu, humilié et discrédité à jamais sur la place publique, le Québec venait de perdre sa tête politique. Et le Parti Québécois aura enchaîné par une longue suite d’hésitations et de psychodrames d’un pathétique à faire pleurer.
***
Avec un gouvernement fédéraliste capitulard à Québec et un Parti Québécois divisé, affaibli et contaminé par la mauvaise conscience, la situation actuelle semble justifier entièrement la politique post-trudeauiste de Jean Chrétien. Mais il n’en est rien !
Les Québécois ne seront plus longtemps dupes des mystifications qui ont été élaborées pour voiler la réalité de la politique canadienne. Le bilan du gouvernement Charest aidant, de vrais leaders indépendantistes vont secouer le Parti Québécois de sa torpeur auto-destructrice et dire les choses comme elles le sont ! Cet espoir est non seulement possible, il est rationnel. La deuxième Bataille du Québec doit maintenant commencer. Et surtout, ne laissons pas notre adversaire tirer en premier…

Il a agi "par devoir"...
René Marcel Sauvé, géographe
TRIBUNE LIBRE 9 février 2005
Lorsque Winston Churchill déclarait: "It is my wish that...", tout ce qu'il ajoutait d'une manière volontairement ambivalente était pris pour un ordre et traité comme tel. De cette manière, il n'a jamais été blâmé pour ses bourdes magistrales, nombreuses et bien masquées par la presse pro-britannique. Il n'avait pas donné d'ordre. Il n'avait fait que des suggestions.
Voyez devant la Commission Gomery l'ambivalence de Jean Chrétien, sans doute un grand admirateur de Churchill, qui trouve les mots vagues qui font porter ses démons intérieurs par les autres. Comme on dit en québécois:"Yé pas pognable". Les autres vont payer pour lui.
Il a agi "par devoir" pour le maintien de "l'unité canadienne"(sic).
Il n'a jamais donné de définition précise de ce qu'il entend dire par "unité canadienne", comme un gouvernement honnête doit le faire. Encore plus vague et ambivalente est son intention de "combattre le séparatisme"(resic). Il protège des intérêts qu'il ne nomme pas.
En se basant sur la logique des faits, plutôt que celle des discours, "unité canadienne" ne peut vouloir dire que le statu quo et statu quo veut dire inféodation des anciennes provinces d'Amérique Britannique du Nord à un pouvoir unitaire, arbitraire et centralisateur, concentré dans cette capitale artificielle qu'est Ottawa.
Ce pouvoir voué au centralisme totalitaire s'est installé peu à peu, sous divers euphémismes, dont celui de Confédération Canadienne, et maintenant de Fédération Canadienne. L'étiquette change mais la marchandise reste la même.
En 1774, une telle inféodation était impensable dans le cadre d'une guerre contre les Yankees de Nouvelle Angleterre et d'un retour possible de la France, au terme d'un vaste programme d'assistance militaire et navale accordé aux révolutionnaires américains.
D'où l'Acte de Québec, qui reconnaissait littéralement comme un peuple doté des assises de son État futur les colons de Nouvelle France restés sur place dans la vallée du Saint Laurent. Les Anglais avaient grand besoin d'eux. Ils n'avaient pas d'autre choix que de mettre le Québec au monde et ils l'ont fait.
Les conditions naturelles et géopolitiques, telles qu'elles s'étaient présentées dès 1760, ont imposé aux Anglais bien malgré eux d'accorder une première reconnaissance juridique aux colons, par l'Acte de Québec de 1774.
Les mêmes conditions favorables aux colons de Nouvelle France restés sur place se sont prolongées après la Guerre de l'indépendance américaine et la menace que faisait peser les États Unis sur l'Angleterre.
Pour les Anglais, Loyalistes et Orangistes, des politiques centralisatrices étaient devenues nécessaires.
Il y eût le Union Act de 1840, qui préparait de nouvelles centralisations forcées du pouvoir politique en Amérique Britannique du Nord. Le Union Act fut suivi par le British North America Act de 1867.
Pendant le vingtième Siècle, la guerre des Boers et les deux guerres modiales ont fourni à Ottawa et à l'oligarchie "canadian" les prétextes voulus pour accaparer la fiscalité et les communications, deux sources majeures dont les pouvoirs arbitraires ont besoin pour asseoir leurs assises à perpétuité si possible.
Les formes juridiques qui suivirent comprennent les Westminster Revised Statutes de 1931, soit 13 ans après la première Guerre mondiale, et le Canada Act de 1982, 37 ans après la Seconde.
Le tour était joué. Ottawa pouvait continuer de serrer la vis aux provinces, pendant que le Québec poursuivait sa croissance, non sans difficultés, vers les statuts à reconnaître de nation et d'État. Voilà ce qu'Ottawa appelle le "séparatisme" québécois qui "menace"
"l'unité canadienne" et par conséquent le pouvoir d'Ottawa dont personne n'a plus besoin maintenant.
Pendant ces deux siècles de centralisme unitaire, une oligarchie anglo-saxonne s'est constituée. Elle est devenue le Canadian Establishment qui contrôle 85% de toutes les richesses naturelles de l'espace continental canadien. Sans le pouvoir central unitaire et sans les chemins de fer, ces oligarques n'existeraient pas.
Pour notre gouverne, une chose est certaine: Québec, venu au monde en 1608, a existé avant Ottawa, venu au monde en 1867 avec l'argent et le travail des provinciaux. Le Quebec Act a été promulgué 208 ans avant le Canada Act et en dépit des efforts pour le bloquer, le Québec a continué de progresser vers les statuts de nation et d'État. Le gouvernement d'Ottawa n'a rien d'autre à faire que le reconnaître.
L'ambivalence de Jean Chrétien et tutti retardent l'accession naturelle du Québec vers le statut d'État reconnu, de même qu'une révision en profondeur de tous les statuts juridiques d'Ottawa, Ce n'est plus possible maintenant. À nous de procéder et agir sans demander permission à personne. Nous sommes un État et avons le pouvoir d'agir comme tel.

Le sauveur d’un pays en sursis
Simon Girard
TRIBUNE LIBRE 10 février 2005
« À s'acharner sur la personne de Jean Chrétien, nos analystes politiques patentés et nos commentateurs à la petite semaine […] passent à côté de l'essentiel. À force de rigoler d'un tel épouvantail à moineaux, on occulte complètement la réalité du système politique canadien. On réduit un système d'oppression néocolonial d'inspiration britannique aux bouffonneries de son premier ministre, à ses farces plates, à ses facéties. […] En concentrant tous les regards sur la personnalité des individus, on détourne l'attention et on masque les enjeux réels. » - Pierre Falardeau
Les journalistes et commentateurs politiques à gauche ou à droite semblent étonnés des pitreries de Chrétien avec ses balles de golf autographiées. Il n’y a pourtant rien d’étonnant là-dedans ; c’est le même p’tit gars de Shawinigan qu’on a toujours connu : même gueule croche, même air baveux, arrogant et batailleur (genre cour d’école), mêmes répliques simplistes, comme sorties d’un paysan du troisième rang. Contrairement au bon vin, il ne s’améliore pas avec l’âge. Un vrai personnage de foire qui a fait le saltimbanque au Parlement pendant 40 ans.
Par son témoignage, Chrétien veut offrir l’image d’un homme qui a sauvé le Canada, qui a gagné la guerre contre les « séparatisses ». Il fait penser à Staline, qui s’est présenté comme le vainqueur du nazisme après la Deuxième guerre mondiale. Pourtant, ça avait mal commencé pour le Petit Père des peuples, qui avait décimé l’armée rouge lors des purges des années 30 et qui n’avait pas pris au sérieux les plans allemands d’invasion de la Russie. De la même façon, ou presque, Chrétien pensait qu’il gagnerait facilement le référendum de 1995 mais, là aussi, le réveil a été brutal. Et le rest of Canada a fait comprendre à son homme de main qu’il avait mal fait sa job. Qu’est-ce que ça aurait été si le OUI avait obtenu quelques milliers de voix de plus afin de contrer le vote ethnique fédéraliste ! On peut dire qu’il a entendu le message et qu’il se devait d’agir s’il voulait garder son emploi. On connaît la suite.
Chrétien se présente comme le père de la campagne de visibilité fédérale au Québec mais je dirais que le véritable cerveau de l’opération est Trudeau. Rappelez-vous ces paroles venues d’outre-tombe :
« Un des moyens de contrebalancer l’attrait du séparatisme, c’est d’employer un temps, une énergie et des sommes énormes au service du nationalisme fédéral. Il s’agit de créer de la réalité nationale une image si attrayante qu’elle rende celle du groupe séparatiste peu intéressante par comparaison. Il faut affecter une part des ressources à des choses comme le drapeau national, l’hymne national, l’éducation, les conseils des arts, les sociétés de diffusion radiophonique et de télévision, les offices du film. »
Un vrai visionnaire, ce Trudeau ! A-t-il imaginé, en écrivant ces lignes, que ses idées seraient appliquées à la lettre un jour par ses disciples ? Ce que les Chrétien, Guité, Gagliano et les autres ont fait depuis la grande frousse de 95, c’est exactement l’application des idées de Trudeau sur « les moyens de contrebalancer l’attrait du séparatisme. » Les drapeaux, les banderoles CANADA, les Bourses du millénaire, les Minutes du patrimoine, tout ça était contenu dans ces trois phrases. On aurait dû le voir venir mais, comme d’habitude, on dormait profondément…
Reste à voir si cette campagne de visibilité a porté ses fruits. Chrétien, évidemment, affirme que oui, que ça a contribué à faire reculer l’option indépendantiste dans les années post-référendum. Je n’en suis pas si sûr. Dans les années 80, l’indépendance avait aussi connu une baisse de popularité après le premier référendum, due à plusieurs facteurs. Et aujourd’hui, après une autre période sombre, les 54 députés bloquistes viennent tempérer le bel optimisme du « sauveur » du Canada. Même un organisme fédéraliste comme le Centre de recherche et d’information sur le Canada constate que 49% des Québécois sont favorables à l’indépendance (avec partenariat). Y a pas de quoi se réjouir!
Il fallait quand même avoir une drôle de logique pour penser que les Québécois indépendantistes allaient changer d’allégeance après avoir été bombardés de drapeaux, de banderoles CANADA, de Minutes du patrimoine et que sais-je encore, comme il fallait que Durham fusse naïf pour penser que nous allions nous angliciser après avoir été unis de force au Haut-Canada. Il faut croire que ça n’a pas eu l’effet escompté, votre campagne de visibilité, M. Chrétien. Je ne suis pas devenu fédéraliste malgré toutes vos combines malhonnêtes. Au contraire, je suis devenu encore plus anti-canadien et radical dans mes convictions à vouloir libérer mon pays. Et je bouille de rage en voyant les médias remontrer le love-in de 1995, en voyant ces bâtards fédéralistes souiller mon drapeau en le brandissant côte à côte avec le chiffon rouge. Le mépris ne durera qu’un temps!
Cette commission d’enquête n’est pas qu’une simple commission où on découvre les crimes de quelques scélérats. C’est aussi un procès, celui des traîtres envers leur nation, ceux qui lui ont tourné le dos, qui ont craché au visage de leurs compatriotes pour bénéficier du régime de type colonial canadian.
Depuis la Conquête jusqu’à nos jours, les Québécois au service de l’occupant ont fait la job que leurs maîtres attendaient d’eux, c’est-à-dire garder le Québec au rang de territoire conquis et annexé. Jean Chrétien n’est qu’un autre de ces colonisés qui ont vendu leur âme québécoise pour servir les colonialistes canadians. Pour lui, tous les moyens étaient bons pour satisfaire ceux qui l’ont installé dans la chaise du premier ministre. Du pur machiavélisme inspiré de son ancien chef, qui ne s’est pas gêné non plus pour nous remettre à notre place avec la bénédiction du ROC.
Quand il dit avoir sauvé le Canada, Chrétien ne réalise pas qu’en fait, il n’a fait que sauver les meubles. Car le Canada est un pays en sursis. L’indépendance du Québec est inévitable. Tôt ou tard, elle arrivera. Comme disait Napoléon, « on n’arrête pas les peuples une fois lancés. » Et tous ces gestes désespérés que sont la loi sur la clarté, le renvoi en Cour suprême, les campagnes de « visibilité » n’auront servi à rien. Nous avons assez vu le Canada au Québec, il est temps de sortir de notre territoire tout ce qui est canadien et de renvoyer le tout là où il doit être. Il n’y a pas de place pour deux pays sur un même territoire.

Charest recule pour mieux foncer!
Jacques Bergeron, Ahuntsic Montréal
TRIBUNE LIBRE 10 février 2005
Finalement Jean Charest , celui qui avait créé la
dernière commission afin de noyer le poisson dans les
eaux nébuleuses de la rivière libérale, dans le but
non avoué de modifier les opinions des citoyens et
citoyenens de Montréàl et du Québec,pendant cette
période d'attente, a décidé de repousser sa décision
(ne devrait-on pas dire son indécision) derrière une
commission devant faire la lumière sur tous les
rapports des «spécialistes» ayant participé aux
différents cirques de comités mis de l'avant afin
d'édudier le projet du CHUM.
En entendant cette nouvelle hier soir, un grand soupir
de soulagement a été ressenti dans tout mon être,
probablement comme chez tous les Québécois épris du
désir d'en savoir plus sur tous les aboutissants de
cette affaire, comme aurait dit le ministre Couillard.
À partir de maintenant, au lieu d'être dans l'attente
du dénouement de cette commission,il serait bon de
nous poser quelques questions inhérentes à ce projet
qui risque de ne plaire qu'aux «dictateurs
capitalistes du néolibéralisme sauvage» (qui sont
aussi dangereux, sinon plus, que ceux des régimes
communistes et des régimes fascistes totalitaires que
l'histoire nous fait connaître) qui n'en n'ont que
pour leurs profits , peu importe ce qui arrivera au
peuple qui pourtant paiera la note.
Essayons ensemble de construire un questionnaire sur
ce qu'une «vraie» commission d'évaluation des projets
(Français et Anglais) voulant faire la lumière sur ces
projets devrait se poser.
1) Est-ce que les hôpitaux actuels peuvent répondre
aux besoins des utilisateurs ( Clients--Médecins-
Université- Centre de recherche) de ces endroits?
2) Que coûterait la mise à jour des hôpitaux faisant
partie des deux projets, si on voulait qu'ils
répondent aux besoins de leurs utilisateurs?
3) Si on répondait par la négative à ces deux
premières questions, ne devrions-nous pas nous
demander si nous (par notre gouvernement) avons les
moyens de nous doter de ce genre de projets, alors que
nous n'avons pas les moyens financiers nous
permettant de subvenir à la demande de soins de nos
concitoyens et concitoyennes?
En supposant que cette commission d'évalutation de ces
deux projets arrive à le conclusion que le CHUM actuel
ne réponde pas aux critères définis, ne devrions-nous
pas nous demander où devrait se situer ce Méga-hôpital
afin qu'il réponde à tous les critères définis par les
différentes clientèles ,sans oublier que cet endroit
doit d'abord être conçu pour les soins à donner aux
malades?
Nous ne prétendons pas ici avoir défini tous les
critères qu'une «Commission d'évaluation de
projets»devrait définir, loin de là.
Ce que nous souhaitons, c'est que le gouvernement
mette sur pied une Commision de ce genre afin de nous
éviter de commettre des erreurs que des générations de
Québécois devront payer pendant plusieurs années,
alors que nous n'avons pas les moyens d'assurer les
soins à celles et ceux qui en ont besoin.
Certains prétendront que mettre sur pied une
Commission de ce genre viendra repousser la mise sur
pied des deux projets.
Il se peut que par cette commission, la construction
des méga-hôpitaux soit repousser de quelques mois.
Mais le «devoir» de ne pas faire d'erreurs doit
suppléer à la hâte d'agir, surtout si on arrive à la
conclusion que ces projets ne sont pas nécessaires.
Monsieur le Premier ministre,la mise sur pied d'une
vraie commission d'évaluation des projets est
absolument nécessaire afin de faire la lumière sur les
besoins de méga-hôpitaux.
Elle vous permettra de vous dédouaner de cette
affaire, tout en donnant l'heure juste aux Québécoises
et Québécois.
Nous vous souhaitons d'avoir le courage de résister à
vos amis et à vos ennemis. Peut-être aurez-vous besoin
de l'aide du Seigneur, en l'implorant de s'occuper de
vos amis, alors que vous pourrez vous occuper de vos
ennemis.

Wal-Mart et Denise Bombardier
Marie Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 11 février 2005
Dans son commentaire à TVA, jeudi le 10 février au bulletin de 22 heures, Denise Bombardier, leader d'opinion(!!!) a fait la démonstration (la sienne sans doute) de la philosophie «du petit pain noir», du «porteur d'eau», de cette mentalité «petite-bourgeoise», de ces «dames patronnesses» d'une certaine époque qui «s'occupaient des pauvres» pour se déculpabiliser d'appartenir à la classe privilégiée.
Mais de quoi se mêle-t-elle? Elle appartient sans doute à cette nouvelle religion qu'on voit poindre de plus en plus. De cette nouvelle religion qui a pris le relais des religions officielles. Elle appartient, son propos nous le démontre, à ce groupe de nouveaux religieux qui nous font régulièrement la morale. Des cols romains, nous sommes passés aux cols blancs.
Il était assez surprenant, mais pas tant que cela si l'on veut bien se rendre compte de son virage idéologique depuis quelques années, de l'entendre accuser les syndicats d'avoir exploité les travailleurs de Wal-Mart à des fins autres que leur bien personnel. Le syndicalisme n'est-il pas affaire de solidarité? N'est-ce pas ce qui manque le plus dans le monde d'aujourd'hui? Comme si ces travailleurs étaient incapables de décider par eux-mêmes ce qui est bon ou mauvais. A-t-elle la preuve que les travailleurs ont été manipulés? Peut-être auraient-ils dû la consulter, de même que ces nouveaux amis?
Madame Bombardier aurait sans doute préféré que les travailleurs de Wal-Mart s'écrasent, se rapetissent, acceptent leur sort, se plient aux nouvelles cultures d'entreprises globalisantes des multinationales qui ne respectent plus les lois du pays dans lequel ils viennent faire des sous. Madame Bombardier sait-elle que de plier devant ces monstres que sont les Grands Marchands, c'est accepter de devenir des esclaves ? Non, Madame Bombardier, nous l'avons entendue, ne sait dire que nous devons nous faire «petits» si nous voulons survivre. Je vous assure que ce n'est pas avec un pareil discours que nous pourrons faire un pays. Qu'elle se taise!
Madame Bombardier devrait se souvenir que les citoyens du Saguenay-Lac-Saint-Jean ont été à l'origine même du mouvement syndical au Québec. Madame Bombardier sait-elle que les Bleuets ont été les premiers sur les barricades pour réclamer la souveraineté du Québec? Ce n'est pas à eux qu'il faut apprendre ce qu'est l'indépendance. Madame Bombardier sait-elle que cette affaire du Wal-Mart Jonquière est une réelle prise de conscience des tentatives des Grands Marchands de réduire les Humains à l'esclavage pour le plus grand bien des privilégiés auxquels elle appartient? Madame Bombardier aurait-elle préféré qu'ils s'écrasent? C'est bien ce que j'ai compris. Sans doute faudrait-il lui confier, puisqu'elle doit savoir..., ce dossier de l'exploitation des travailleurs au Québec et ailleurs dans le monde. Non, le temps n'est plus aux études, aux discussions dans ce genre de dossier qui entraîne l'humanité dans l'abîme. Les syndiqués de Wal-Mart Jonquière ont posé un geste sérieux, courageux, valeureux, mais aussi très positif si l'on veut bien en regarder toutes les conséquences pour l'avenir.
Son propos très réducteur était d'un grand mépris de l'intelligence de ces travailleurs; elle les a infantilisés. Comme s'ils étaient incapables de décider seuls de l'organisation de leur vie, sans l'aide des leaders d'opinions. Indirectement Madame Bombardier est une propagandiste de la tutelle, par les Grands Marchands, des populations moins bien nanties.

Commandites : un scandale qui cache le pire
Louis La Bonté, traducteur au gouvernement fédéral
TRIBUNE LIBRE 11 février 2005
À en croire les différents témoins appelés à la barre de la Commission Gomery, la corruption dont l’ignoble programme des commandites a fait l’objet est passée inaperçue de tous ses responsables.
Eh bien soit! Mais cela cache quelque chose de bien pire : si quelques millions de dollars ont échappé au plus élémentaire des examens, qu’en est-il des autres programmes fédéraux, en particulier les fondations mises sur pied par M. Martin lorsqu’il était ministre des Finances?
Non seulement des milliards de dollars sont-ils placés dans ces fondations, dont celle des bourses du Millénaire, mais encore leur statut particulier les met à l’abri de tout examen public.
C’est à faire peur.
Combien de milliards sont ainsi gaspillés chaque année dans ce pays grand comme un continent, où chaque million compte, où les écoles, les hôpitaux et les infrastructures municipales tombent en ruines?
Combien de centaines de millions continuent d’être dilapidés en propagande au Québec, au nom de ce Canada que l’on doit sauver? L’intégrité nationale du Canada justifie-t-elle tous les moyens, même au détriment de la démocratie?
S’il faut se fier au très honorable Jean Chrétien, le musellement des Québécois infidèles vaut bien quelques petites fraudes commises de bonne foi…
Comme l’a si bien dit l’écrivain Gérard Bauër, « il y une chose pire encore que l’infamie des chaînes, c’est de ne plus en sentir le poids ».

Merci, Jean Chrétien!
Daniel Lévesque, Québec
TRIBUNE LIBRE 11 février 2005
Si le Québec accède un jour à son indépendance, il lui faudra certes ériger une statue à la gloire de Jean Chrétien. En effet, ce dernier aura fait, par son contraire, la plus éclatante démonstration de l’existence du mépris qu’un nombre important de dirigeants du mouvement fédéraliste entretiennent à l’égard des Québécois.
Jean Chrétien est loin d’être le politicien rusé que l’histoire tend à dépeindre. Au contraire c’est un homme hargneux, méprisant et dénué de toute subtilité. Un homme dont on peut même douter de l’intelligence. Il entretient une vision si basse de ses concitoyens qu’il a poussé l’audace jusqu’à croire que ces derniers allaient endosser un fédéralisme promu à grands coups de drapeaux et de commandites. Il a pris les québécois et aussi les canadiens pour de grossiers imbéciles. Les Québécois ne comprennent rien, pense-t-il! S’ils ont voté ainsi au référendum de 1995, c’est qu’ils ont été bernés par la question référendaire et surtout par sa référence au partenariat. C’est avec ce postulat infantilisant que Jean Chrétien a créé la loi sur la clarté référendaire, croyant que les Québécois ne savaient pas ce qu’ils faisaient lors du référendum de 1995 et c’est avec les mêmes arguments que Jean Chrétien a mis sur pied le programme des commandites.
Bien malin serait celui qui pourrait aujourd’hui nous dire combien de votes ont pu être achetés par les millions de dollars dépensés en publicités ainsi que les milliers de drapeaux tapissés ça et là. N’empêche, il faut bien l’admettre, même si tout cela n’avait rien de très sophistiqué, il n’en demeure pas moins que ça a dû avoir eu son effet. Néanmoins, je demeure sceptique. Et s’il est un seul Québécois qui fut convaincu par cette campagne, j’aimerais bien qu’il se manifeste…
Quoi qu’il en soit, tout cela, c’était avant le rapport de la vérificatrice générale madame Sheila Fraser. Cette grand-mère bien ordinaire n’est certes pas une souverainiste mais on peut présumer qu’à l’instar de bien des canadiens doués de la moindre intelligence, elle a flairé l’incidence épouvantable que pouvaient avoir les actions du gouvernement de Jean Chrétien sur la suite des évènements et qu’en bonne et fidèle fédéraliste, elle ait attaché le grelot dans l’espoir de refaire une virginité au mouvement fédéraliste. Quant à Jean Chrétien, jusque là, il avait toujours cru que le scandale n’éclaterait jamais au grand jour, mais hélas pour lui, l’histoire l’aura encore déjoué. Aussi, au terme de ce qui fut probablement un événement qui se fera de plus en plus rare, c’est-à-dire l’apparition publique de Jean Chrétien, il nous reste donc à faire le bilan.
À cette heure, il est permis de penser que Jean Chrétien puisse une fois de plus se glisser entre les goûtes de pluie et que jamais il n’ait à répondre ni politiquement ni autrement des actes qu’il a cautionnés. Bien sûr, Jean Chrétien et ses complices que sont les Dion, Coderre et tous les autres allègeront qu’ils ne savaient rien et qu’ils n’ont ainsi commis aucun geste répréhensible; cela en vertu des largesses que notre État de droit leur permet, et c’est de bonne guerre! Mais l’histoire retiendra par contre que c’est eux qui dirigeaient, que c’est eux qui étaient les fiduciaires de l’argent de tous les Québécois et de tous les Canadiens et que c’est eux qui, en dernier ressort, en avaient la responsabilité. Et la même histoire dira également qu’ils ont failli à leurs tâches. Autant celle de protéger le bien des contribuables, que celle de garder ce pays uni. Car en définitive, le scandale des commandites aura produit l’effet contraire de ce qu’ils souhaitaient. Il aura donné au mouvement souverainiste un souffle qu’il n’espérait plus. Entre autres, il aura contribué à faire réélire le Bloc québécois par une forte majorité.
Avec le gouvernement Charest qui s’enlise et la perspective d’un autre rendez-vous avec l’histoire qui se pointe de nouveau à l’horizon pour le Québec, on peut alors se demander quels seront les arguments que pourraient invoquer les tenants du fédéralisme pour garder une fois de plus, les Québécois dans cette fédération qui les a de toute évidence roulés. Pourtant, les Québécois sont sans rancune et pardonneraient assurément si au moins Jean Chrétien avait une once de remords. Mais hélas, à l’instar de ses complices, il persiste dans l’arrogance. Interrogé hier par les journalistes, Denis Coderre expliquait d’ailleurs quant à lui, « qu’il fallait examiner le contexte dans lequel les évènements se sont déroulés ». On peut se demander en effet, quel contexte peut justifier que des fond publiques soient dilapidés ainsi sans vergogne? Et surtout, quel contexte peut justifier que des actes criminels soient commis?
Si jamais il devait y avoir un troisième référendum, il ne fait aucun doute que les souverainistes capitaliseront sur les frasques du gouvernement Chrétien. Ils rappelleront alors comment nous avons été bernés, combien cela a coûté et quellles furent les conséquences de cet acte de piraterie perpétré par le gouvernement de Jean Chrétien à l’encontre des plus élémentaires règles de la démocratie. Ils rappelleront également le mépris du gouvernement de Paul Martin vis-à-vis des chômeurs, son refus de négocier les congés parentaux, ses actions centralisatrices et finalement, son aide au compte-goûtes en santé. À la lumière de cela, nous serons alors à même de mesurer tout l’héritage de l’ère Chrétien par le résultat d’un éventuel référendum.
Or, si ce scénario se concrétisait, il se pourrait aussi qu’à ce moment, à l’instar de tous les Québécois, Jean Chrétien réalise enfin qu’il aura contribué à rassembler les conditions gagnantes qu’il cherchait à plutôt à anéantir.

Un colonisé n'a que l'âme du colonisateur...
René Marcel Sauvé, géographe
TRIBUNE LIBRE 11 février 2005
Dans deux textes précédents, j'ai comparé l'ambivalence de Jean Chrétien à celle de Winston Churchill et je ne serais pas surpris si Jean Chrétien a pris Churchill pour modèle.
Cette fois, en lui regardant la face devant la Commission Gomery, publiée dans les journaux et dans Vigile, j'en suis convaincu. Voyez-lui l'expression. Churchill produisait le même visage devant le grand public lorsqu'il était frustré ou mécontent. Voyez l'expression des yeux et la gueule de Jean Chrétien. Il plagie son maître, ce qui prouve qu'il n'est qu'un colonisé.
Certes, il lui manque le visage rubicond du bonhomme Churchill mais il fait des efforts pour se donner une face empruntée à quelqu'un d'autre, qui ne peut être que celle de Churchill. Chrétien est beaucoup plus colonisé que je croyais. Je le pensais soumis aux diktats du Canadian Establishment, comme ce fut le cas de P.E. Trudeau, un autre colonisé qui se donnait des airs, mais Chrétien est encore pire. Il est le p'tit gars de Shawiningan des "big shots" de Toronto.
Un colonisé n'a que l'âme du colonisateur. Tout chez lui est artificiel, chiqué, imitation servile de ce que d'autres lui dictent de faire.
Pauvre ti-Jean à sa môman et pauvres Québécois qui y ont cru et se sont fait prendre comme des naïfs et comme les demi-instruits et demi-civilisés que dénonçait Jean-Charles Harvey dans son livre "scandaleux" paru en 1931.
Quant à nous, la sortie du bois approche.

Danseuses nues
Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec)
TRIBUNE LIBRE 11 février 2005
La danse dite moderne traverse une période difficile. Des compagnies font faillite. Chose certaine, la publicité n’est pas en cause, car elle fait ce qu’elle peut pour nous aguicher souvent avec des photos de danseurs et (surtout) de danseuses nus ou demi-nus. Cette nudité semble couler de source pour la critique, qui ne s’arrête pas toujours sur les résonances qu’elle éveille. Par exemple, les commentaires sur la prestation récente de la magnifique et court-vêtue Ziyian Kwan ont été nombreux et variés, mais, curieusement, je n’en ai pas lu portant sur son caractère suggestif.
Bien entendu, je n’ai rien contre la nudité (partielle ou complète) dans la danse. La cause des danseuses africaines contre le maire Drapeau a durablement gagné ma sympathie. Cela dit, notre société est bien hypocrite de grassement subventionner un certain type de danse élitiste tout en traitant avec mépris la danse exotique, comme on l’a constaté dans l’affaire des danseuses nues roumaines, il y a quelques mois. Un mépris qui consolide un peu plus la ghettoïsation de ces travailleuses (car, c’est bien ce qu’elles sont).
Pour un peu, on se croirait au pays de Bush. Dans la mesure où danser nu est légal au Canada, des gens ont le droit de préférer une danseuse lascive, genre Salomé, à une danseuse esthétisante.
En outre, il est à se demander si mettre des bâtons dans les roues des impresarios de danseuses nues provenant de l’étranger n’empirera pas les conditions de vie de celles-ci. Comme, d’une manière ou d’une autre, elles seront au poste – parce que les «besoins» sont là –, autant que cela se fasse dans les moins mauvaises conditions possibles.

Propositions 2005
Section Jacques-Viger
TRIBUNE LIBRE 11 février 2005
SOCIÉTÉ SAINT-JEAN-BAPTISTE DE MONTRÉAL
Section Jacques-Viger - Propositions 2005
1) Il est proposé que:
Le Président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal envoie une lettre à chacun des députés et ex-députés de l’Assemblée Nationale (à l’exception de MM. Jean-Claude Saint-André et Jean-Pierre Charbonneau) qui, le 14 décembre 2000, ont voté (aveuglément pour presque tous) une motion de blâme à l’endroit du citoyen Yves Michaud, portant ainsi atteinte à la réputation de ce dernier et, de surcroît, à la liberté d’expression de tous les Québécois. Qu’il les y invite à déclarer publiquement qu’ils regrettent d’avoir posé ce geste injuste et non fondé, au mépris de la dignité de l’institution dont ils font ou faisaient partie, n’ayant même pas pris connaissance des propos reprochés à M. Michaud, qui sont d’ailleurs restés inconnus jusqu’à nos jours . Justice et honnêteté intellectuelle obligent.
2) -- Attendu que les anglophones constituent une minorité au Québec;
-- Attendu qu’il n’est pas normal que leurs hôpitaux soient aussi nombreux et aussi importants que ceux de la majorité francophone;
– Attendu que le coût de construction et d’équipement d’un seul mégahôpital dépasse le milliard de dollars, sans compter les frais ultérieurs de fonctionnement;
– Attendu qu’un seul mégahôpital universitaire de langue française suffit pour desservir la population montréalaise et québécoise,
Il est proposé que:
La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal fasse d’urgence toutes les pressions nécessaires, auprès du gouvernement québécois, pour qu’un seul mégahôpital (et non pas deux comme il en est question actuellement) soit construit à Montréal, que celui-ci, fondamentalement de langue française, soit rattaché à l’Université de Montréal et qu’un protocole de collaboration, qui reste à définir, soit établi avec l’Université McGill, pour que les chercheurs de cette université puissent s’y intégrer.
Février 2005
