
COMMANDITES
Enter the anti-Chrétien
JAMES TRAVERS
The Toronto Star Feb. 10, 2005
Today it falls to Paul Martin to play a familiar role. In front of the television cameras and before Justice John Gomery, the Prime Minister will be, for better or worse, cast again as the anti-Chrétien.
If his performance is stronger than his predecessor hopes, or more reassuring than 14 months in office suggest, Martin will stir memories of what this country once saw in someone who promised to do so much with power. Along with revealing more about himself than the Quebec sponsorship scheme, Jean Chrétien set that stage Tuesday with a haughty, vintage, five-hour appearance that tried hard to implicate his former finance minister and bitter leadership rival.
What Chrétien left behind for Martin is the formidable challenge of convincing doubting Canadians, and particularly suspicious Quebecers, that he approved the unity strategy and its funding but knew nothing of its dark mechanics. Shrewd and tactical as ever, the former prime minister is forcing the current Prime Minister to share the defence that their patriotic war against separatists never took them into the trenches with all the mud and horrors.
Chrétien's strategy won't change the outcome of an inquiry properly focused on the mismanagement of public funds and the politicization of civil servants, not the unity struggle. But it cynically casts doubts on Martin's see-no-evil explanation and will only reinforce the growing consensus among Liberals that calling the inquiry was a foolish mistake.
It also limits what Martin can reasonably accomplish today. In word and body language he can demonstrate the respect for the inquiry so obviously missing from Chrétien's testimony. And he can subtly remind a watching nation that only he was concerned enough about Auditor-General Sheila Fraser's report to subject government and party to such intense scrutiny.
That Chrétien would have left the investigation to the RCMP, a force embarrassed by its own links to the scandal, is important. It provides the Prime Minister with an opportunity to refocus attention on the differences between the two Liberal leaders.
Anyone who has forgotten why the country was glad to see the end of the Chrétien era surely had memories refreshed Tuesday. Along with the arrogance that comes with too much power held too long, the former prime minister demonstrated what was so worrisome about his rule: the concentration of influence at the centre, an obsession with separatists pursued at the expense of other national priorities, laissez-faire fiscal discipline and a flexible commitment to ministerial accountability.
That list could easily include the startling absence of sophistication — flag-waving was never going to turn sovereignists into federalists — and a personal meanness only lightly obscured by the contrived humour of the headline-grabbing golf ball gimmick. But that would be piling on a former leader trying desperately to repair a ragged reputation.
Still, this is a good time to remember that those failings were the things Canadians wanted Martin to fix. The anti-Chrétien Prime Minister was to slay the democratic deficit, widen Ottawa's perspective to include the West, and restore ethics to those partisan civil servants who mumble compliance instead of speaking truth to power.
No, those promises and that promise have not yet been fulfilled. Influence is just as tightly controlled in Martin's office and reducing the democratic deficit is a glacial work-in-progress.
But there is still more optimism in Martin's first year than in Chrétien's last. Canada is a more inclusive, slightly less Quebec-obsessed place and the Gomery inquiry, despite its costs and missteps, may still force reforms to a comfortable system of ministerial responsibility that holds no one accountable.
Today will be a good day for Martin if he emerges as the Liberal with nothing to fear or hide, the one willing to pay the political price for overdue change. It will be a bad day if Canadians compare the performances of two prime ministers and find they are nostalgic for the tough, take-charge guy who would do anything to win.
After watching the Martin Liberals struggle for footing, that would be understandable. But it would also ignore that Chrétien's old-school, parish-pump methods were found sadly wanting long before he slid into retirement, leaving behind for his successor a scandal that could still destroy them both.

COMMANDITES
Comme pisser dans le 18e trou...
Michel Vastel
Le Soleil jeudi 10 février 2005
Nous avons tous bien ri de la comédie des balles de golf. Mais nous avons raté l'essentiel : Jean Chrétien a traité la fonction de premier ministre, la haute fonction publique fédérale et le système judiciaire avec une telle désinvolture et un tel cynisme qu'il eut l'air d'un intrus sur un chic parcours de golf pissant dans le 18e trou.
Paul Martin tentera ce matin d'éviter les pelures de banane que son prédécesseur a semées dans le long couloir vitré qui mène à la salle d'audience de la Commission d'enquête sur le Programme de commandites et les activités publicitaires. Après tout, un ministre des Finances ne fait qu'approuver des "enveloppes budgétaires", sans se préoccuper de ce qu'il y a dedans. Oublions donc pour un instant cette ultime vacherie et revenons à l'essentiel...
Jean Chrétien a révélé que, dès le 7 juin 1995 - plus de quatre mois avant le vote référendaire du 30 octobre - , il a fait débloquer une première tranche de 20 millions $ pour des activités préréférendaires. "On se préparait", a-t-il expliqué. Le premier ministre du Canada, représentant du Québec à la Chambre des communes et bien au fait des obligations de la Loi sur les consultations populaires, a donc décidé, longtemps à l'avance, de ne pas respecter les règles du jeu fixées par l'Assemblée nationale.
C'est une sorte de loi C-20 par anticipation : le gouvernement du Canada ne respecte pas les lois provinciales ou, quand elles ne font pas son affaire, il invente d'autres règles du jeu. Les intentions du président du Parti québécois ne changent rien à l'affaire : Jacques Parizeau a tout de même bien fait adopter la question référendaire par une assemblée législative qui incluait le chef de l'opposition officielle et président du Comité du Non, le libéral Daniel Johnson.
Jean Chrétien nous a encore dit que "si nous gouvernions bien, les Québécois tireraient fierté d'être canadiens". Et l'ancien premier ministre de citer, entre autres bons coups de son gouvernement, l'élimination du déficit et la réduction de la dette. Il a oublié d'ajouter que cette bonne gouvernance s'est réalisée sur le dos des provinces, en sabrant les transferts fédéraux au titre de la santé, de l'éducation post-secondaire et de l'aide sociale. Pour ce qui est de la réduction de la dette, toute relative d'ailleurs, elle a été obtenue en confisquant les excédents des cotisations versées par les salariés et leurs employeurs au Fonds de l'assurance-emploi. L'existence du "déséquilibre fiscal" est maintenant une réalité constatée par toutes les provinces et ce déséquilibre a été créé par le gouvernement de Jean Chrétien, en partie pour compliquer la vie de Lucien Bouchard et de son gouvernement.
Dans un document du cabinet fédéral de février 1996, "les ministres recommandent un renforcement substantiel de l'organisation du Parti libéral du Canada au Québec [organisateurs et candidats potentiels]... et demandent d'identifier les comtés qui peuvent sortir gagnants de la prochaine élection fédérale..." On est loin d'une éventuelle campagne référendaire que Jean Chrétien disait appréhender ! Il explique qu'il ne restait plus que le Parti libéral comme parti fédéraliste assez fort, "le Parti conservateur étant tombé à un seul siège". Encore heureux que ce seul siège ait été occupé par Jean Charest qui lui a tout de même donné un bon coup de main pendant la campagne référendaire d'octobre 1995 !
Jean Chrétien raisonne comme si tout ce qui est bon pour le Parti libéral est bon pour le Canada : "si on veut que la présence canadienne soit perçue au Québec, il faut que notre parti soit mieux organisé". On comprend pourquoi Jean Charest en a tant voulu, et pendant si longtemps, à Jean Chrétien. Les visites des ministres fédéraux au Québec, soutenues par un appareil coûteux mis en place par l'organisateur en chef, Alfonso Gagliano, servaient donc tout autant les intérêts du PLC que la visibilité du Canada. Au cours de la campagne électorale de 1997 qui a suivi, Jean Charest a fait élire, de peine et de misère, quatre députés conservateurs. Et Jean Chrétien s'est empressé d'en débaucher trois avant la campagne suivante ! Ces deux-là peuvent bien se détester...
Jean Chrétien a aussi parlé des mandarins de l'État fédéral - en particulier de la greffière du Conseil privé et sa sous-ministre, Jocelyne Bourgon, qu'il avait lui-même nommée à ce poste - avec un mépris renversant. "Il faut un input politique du Québec à un bureaucrate qui vient de la Saskatchewan et qui a vécu dans la bulle bureaucratique à Ottawa", a aussi dit l'ancien premier ministre pour justifier la gestion politique du Programme de commandites. Qu'arriverait-il si un premier ministre de l'Alberta disait qu'il faut "un input politique de l'Ouest à un ministre fédéral originaire du Québec et qui vit dans sa bulle à Ottawa..." ?
Le plus odieux de ces attaques contre les mandarins de son régime est que la réussite de Jean Chrétien à Ottawa est entièrement attribuable au fait que, ministre, il avait la sagesse et le talent d'écouter ses fonctionnaires, les meilleurs que Pierre Elliott Trudeau prenait toujours soin de placer à ses côtés. C'est pourquoi il était aussi très drôle de le voir obligé de consulter quatre gros classeurs de documents qu'il avait paraphés de ses initiales mais qu'il n'avait probablement jamais lus : son fidèle conseiller, Eddie Goldenberg, a passé son temps à lui résumer en une ou deux pages - le maximum de mots sur lesquels il arrivait à se concentrer - les volumineux Mémoires au cabinet.
Ce sont tous ces commentaires, cyniques jusqu'à l'immoralité, qui sont passés inaperçus après le coup d'éclat du petit gars de Shawinigan, mardi soir. Oui, si le Québec avait été un terrain de golf, Jean Chrétien s'en serait fait sortir pour grossière inconduite...
Mvastel@lesoleil.Com

COMMANDITES
Canada's Ex-Premier Denies Role in Quebec Fund Scandal
CLIFFORD KRAUSS
The New York Times February 9, 2005 Wednesday
After more than a year of silently watching his legacy become tarnished by charges of corruption, former Prime Minister Jean Chretien defiantly faced an investigating panel on Tuesday, denying any personal knowledge of illegal activities linked to a program intended to keep separatist forces at bay in Quebec.
But Mr. Chretien did acknowledge in sworn testimony that his government made mistakes in bolstering the federal presence in Quebec to undercut separatists in the 1990's. And he said anyone guilty of misusing public funds should be prosecuted.
His nationally televised return to the political stage came before a commission investigating allegations made by the auditor general that his government had furtively funneled tens of millions of dollars to politically friendly advertising companies in Quebec for little or no work.
Opposition parties have charged that the program represented a money-laundering operation in which the advertising companies returned much of the money to his Liberal Party in campaign donations. Witnesses have told the commission that the prime minister's office took an active role in the program and that Mr. Chretien personally directed a national unity fund that paid for it.
Mr. Chretien said the program, which sponsored community and sporting activities in Quebec in order to flood the province with Canadian flags and federal logos, was crucial because the country's very unity was in jeopardy during the mid-1990's.
''I was not going to sin by not acting,'' he said, noting that the separatist forces narrowly lost a 1995 referendum and were preparing future pushes for independence. ''The single most important priority of every prime minister since 1867 has been to preserve the unity of the country.''
Still, he did not try to deny that money had been siphoned from the program, or to justify the laundering of government money. ''If unscrupulous people used that program or any other opportunity to line their own pockets,'' he said, ''they should be found out and put in jail.''
Opposition leaders said Mr. Chretien's testimony was not believable. ''He's trying to set up a smokescreen,'' said John Williams, a Conservative member of Parliament, who expressed doubts that Mr. Chretien was not aware of details of a vitally important program. Prime Minister Paul Martin is scheduled to testify to the commission later this week. Mr. Martin established the commission investigating the sponsorship scandal shortly after he took office in December 2003, but his government has been hobbled by the scandal's fallout.
Mr. Chretien hinted that Mr. Martin might have known more about the program while he was finance minister than he has acknowledged. He noted that Mr. Martin was aware of the $35 million annual fund established by the Finance Ministry.

COMMANDITES
Le prétexte de l'unité
Michel David
Le Devoir jeudi 10 février 2005
À quelques jours du référendum d'octobre 1995, quand tout semblait perdu, Jean Chrétien avait éclaté en sanglots devant le caucus de ses députés. Le Canada était perdu et c'était sa faute à lui. Si le pire était miraculeusement évité, il se promettait bien qu'on ne le prendrait plus jamais au dépourvu.
Lui-même reconnaît que l'entrée en scène de Lucien Bouchard à trois semaines du référendum avait été «un coup de maître» du camp du OUI, même s'il se trouve encore des «purs et durs» pour dire que cela n'a rien changé.
Il soufflait bien un vent de panique au Canada anglais au début de 1996. Keith Spicer, que l'échec monumental de sa commission n'avait pas découragé de devenir le sauveur du pays, évoquait un autre référendum aussi tôt que le 24 juin. Peter C. Newman parlait plutôt d'une élection référendaire en avril.
En réalité, au moment où le programme des commandites avait été mis sur pied, une nouvelle consultation n'était déjà plus dans les cartes. Dès mars 1996, M. Bouchard avait convoqué à Québec un sommet qui s'était conclu sur un consensus pour éliminer complètement le déficit sur une période de quatre ans. Les compressions budgétaires sans précédent décrétées dans presque tous les secteurs allaient créer un mécontentement tel qu'une nouvelle consultation deviendrait politiquement impossible avant plusieurs années.
À preuve, aux élections générales de 1998, le PQ a recueilli moins de voix que le PLQ, malgré la très mauvaise campagne menée par Jean Charest. Au cours des deux années suivantes, ce ne sont ni les commandites ni les lettres de Stéphane Dion qui ont empêché M. Bouchard de tenir un référendum, comme l'en pressaient les militants péquistes, mais l'insatisfaction à l'endroit de son gouvernement.
Il est vrai qu'à chaque conseil national de son parti, il promettait d'en déclencher un aussitôt que les «conditions gagnantes» seraient réunies, mais presque plus personne n'y croyait au Québec, surtout pas au PQ.
***
Dans la déclaration liminaire qu'il a lue mardi devant la commission Gomery, M. Chrétien a déclaré: «Le programme des commandites n'était pas un programme partisan. Il ne s'agissait pas d'aider le Parti libéral. Il s'agissait d'accroître la visibilité du Canada au Québec.»
Le procureur de la commission, Bernard Roy, lui a demandé pourquoi la réunion extraordinaire du cabinet fédéral, en février 1996, avait porté non seulement sur les commandites mais également sur l'identification de candidats et de circonscriptions en prévision des élections. Était-il bien indiqué d'évoquer ces questions en présence de hauts fonctionnaires?
M. Chrétien a reproché à M. Roy de faire dans l'angélisme. Trop heureux de rappeler à l'ancien chef de cabinet de Brian Mulroney que le Parti conservateur avait été pratiquement rayé de la carte en 1993, il a expliqué qu'il fallait renforcer le seul parti fédéral encore en mesure de s'opposer aux souverainistes, soit le Parti libéral du Canada.
Au début de 1996, le Bloc québécois maintenait une solide emprise sur le Québec, même s'il ne pouvait que pâtir du départ de M. Bouchard pour Québec. De son côté, le PLC éprouvait de sérieuses difficultés financières qui mécontentaient fort les agences qui avaient contribué à son élection trois ans plus tôt. De là à penser que l'unité canadienne a plutôt servi de prétexte à une opération de nature partisane, il n'y a qu'un pas.
Bien entendu, M. Chrétien a formellement nié tout lien entre le choix des agences qui ont bénéficié du programme des commandites et les contributions qui ont pu être faites à la caisse électorale du PLC. Mais que voulez-vous, si des individus sans scrupules...
***
Sur le plan du spectacle, tout le monde reconnaît que la comparution de l'ex-premier ministre devant la commission Gomery a été un franc succès. Son successeur, que la moindre question semble toujours embarrasser au plus haut point, risque de souffrir de la comparaison.
On peut sourire aux pitreries de M. Chrétien, mais il est plus difficile de croire à sa complète ignorance des «détails» du fonctionnement du programme des commandites. Il est normal que les adjoints du premier ministre taisent certaines choses, que ce soit afin de lui épargner les tracas de l'intendance ou de lui permettre de nier sans mentir, mais on ne peut tout de même pas tout lui cacher.
Le cas de Jacques Corriveau est particulièrement troublant. De son propre aveu, M. Corriveau est un de ses bons amis, qui a participé activement à toutes ses campagnes électorales et versé plus de 60 000 $ en dix ans à la caisse libérale, mais M. Chrétien ne savait apparemment rien de cette grande générosité.
M. Corriveau a engagé le fils de l'ex-premier ministre dans son entreprise de graphisme, mais ce dernier n'avait aucune idée des importants contrats de sous-traitance dont il bénéficiait. M. Chrétien n'a pas davantage été mis au courant des démarches que M. Corriveau a faites auprès d'Alfonso Gagliano et de son propre chef de cabinet, Jean Pelletier, pour se plaindre qu'on lui devait de l'argent pour le travail effectué durant la campagne de 1997. Malgré leurs fréquentes rencontres, M. Corriveau ne lui en a pas parlé non plus.
Imaginez, M. Chrétien n'a même pas lu le rapport de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, qui est à l'origine de la commission Gomery. Il avait autre chose à faire, a-t-il expliqué. Il n'y aurait peut-être pas appris grand-chose qu'il ne connaissait pas déjà, direz-vous.
Certains ont souligné l'ironie du sort qui a voulu qu'après toutes ces années de commandites, le PLC se retrouve au même point au Québec. «Moi, au moins, mes gouvernements étaient majoritaires», répondrait sans doute M. Chrétien.
mdavid@ledevoir.com

COMMANDITES
Jean Charest devrait comparaître devant le juge Gomery - Bernard Landry
LCN jeudi 10 février 2005
(PC) - Le premier ministre Jean Charest devrait être appelé à témoigner devant la commission Gomery sur le scandale des commandites, selon le chef de l'opposition Bernard Landry.
Il est d'avis que M. Charest a des comptes à rendre à la population pour expliquer le rôle qu'il a pu jouer alors qu'il agissait à titre de vice-président du comité du Non, lors de la campagne référendaire d'octobre 1995.
Le chef péquiste estime donc que le mandat de la commission devrait être élargi, de manière à englober la période du référendum sur la souveraineté de 1995 et examiner les dépenses effectuées alors par le camp du Non.
«Il était vice-président du comité du Non. Le Non a eu au moins 10 fois plus d'argent que le Oui. Peut-être plus que ça. Alors moi si j'avais été vice-président d'un comité qui avait disposé, contre l'esprit des lois du Québec, de 10 fois plus d'argent que l'autre, je me sentirais mal à l'aise, et notre premier ministre doit s'en expliquer», a fait valoir M. Landry, jeudi, lors d'un point de presse.
Lors de la tenue éventuelle d'un autre référendum sur la souveraineté, le gouvernement du Québec devra s'assurer, a-t-il précisé, de prendre tous les moyens à sa disposition pour qu'un tel écart de moyens entre les deux camps ne soit pas possible.
Dans cet esprit, M. Landry demande au premier ministre Paul Martin de s'engager dès maintenant à ce que le gouvernement fédéral «ne viole plus jamais les lois du Québec», lors d'une élection ou d'une consultation populaire.
De plus, il rappelle son souhait que des commissions internationales formées d'observateurs «neutres» aient le mandat de surveiller le processus référendaire et de s'assurer qu'il se déroule «normalement».
Par ailleurs, M. Landry retient du témoignage fait cette semaine par l'ex-premier ministre Jean Chrétien devant la commission Gomery qu'avant même la campagne référendaire de 1995 le gouvernement fédéral avait décidé de dépenser de l'argent pour consolider la position du Non.
«Ce faisant, il violait les lois fondamentales de la démocratie, parce qu'il prenait de mes impôts et de mes taxes pour faire de la propagande contre les idées que je défends», a soutenu M. Landry, ajoutant que «la propagande était la forme la plus vicieuse et pernicieuse de la publicité».
Il va plus loin en affirmant que la «propagande», telle que pratiquée à l'époque par Ottawa, s'apparentait en fait à un «viol des consciences» et à «un lavage de cerveau».
Jean Chrétien a eu tort, selon lui, de ne pas reconnaître cette version des faits et de ne pas affirmer que «ça ne devait plus jamais se reproduire».

COMMANDITES
Buying off Quebec
JOSE RODRIGUEZ
Calgary Sun Fri, February 11, 2005
Balls? Hardly. But there was one stunning admission in this week's AdScam testimony.
In what would constitute contempt of court in most other judicial hearings in the nation, the Little Man with the Mangled Metaphors took AdScam Justice John Gomery to task.
Gomery, who heads the inquiry into how $250 million was squandered on promoting Canadiana in a post-referendum Quebec, was critical of the move to spend a small portion of that money on monogrammed golf balls for the Prime Minister's Office.
He called it "small town cheap."
As former prime minister Jean Chretien's day of testimony was wrapping up, a vengeful, giddy Chretien opened his briefcase to show off golf balls he received from people from small towns, including U.S. President George W. Bush and former president Bill Clinton.
He also displayed golf balls from the law firm Ogilvie Renault, which counts Gomery's daughter among its partners. It was high drama and a clear dig at Gomery.
It was also a slap in the face to any Canadian who was hoping to get some answers on the reckless sponsorship spending.
Yesterday, it was Prime Minister Paul Martin's turn to take the stand.
Martin had no balls and, like Chretien, no knowledge of how the money was spent or how $100 million of it ended up in the bank accounts of Liberal-friendly ad agencies who did little or no work.
And though both men failed to shine any light on how a quarter of a billion dollars could be blown plastering the Maple Leaf on anything that moved, they did concede one nugget.
When it comes to Quebec, there are special rules.
Ever since 1759, when the Brits toppled New France on the Plains of Abraham, the theme of Quebec separation has woven a persistent thread through Canadian history.
In the cyclical ebb and flow that followed, from the Conscription Crisis to the Quiet Revolution, the FLQ to the 1995 referendum, one certainty has proven constant: Quebec nationalists will never be appeased.
Yet, each consecutive government -- usually headed up by a Quebec prime minister -- has made special concessions hoping the problem would go away.
In the parts of his AdScam testimony that didn't involve golf ball grandstanding, Chretien made that very clear. "The single most important priority of every prime minister since 1867 has been to preserve the unity of the country," he told the inquiry.
A sad statement, but true.
Generations of prime ministers have all been either naive or ignorant enough to think the separatists could be bought off.
And Quebec separatists, in turn, became cunning manipulators who use the threat of separation to turn La Belle province into a first among equals.
What both Martin and Chretien admitted during their Adscam testimony is that not only is it acceptable to treat Quebec as the Prodigal Son, it's encouraged.
It's a bit like buying your girlfriend a diamond ring every time she threatens to leave.
So maybe now, at a time when Quebec separatism seems to have gone into remission, the time is ripe to plot how to deal with the inevitable next round of separation anxiety.
As much as it would pain most of us to see Quebec secede, sometimes parting can be sweet bliss.
Maybe we could co-exist more happily-- and equally -- apart than we do together.
Past solutions haven't worked and, as we're seeing with the Adscam inquiry, they have proven costly.
To steal a line from the master of mangled metaphors and unintentional one-liners, "Da proof is in da proof and when you have good proof it is proven."
Consider it proven.
Throwing money at Quebec to stick around is a mug's game. It's time to show some balls.

Scandale des commandites
Martin plaide aussi l'ignorance
Alec Castonguay
Le Devoir vendredi 11 février 2005
Le programme des commandites étant le dernier de ses soucis, il ne s'occupait donc pas de sa gestion
Ottawa - Paul Martin, à titre de ministre des Finances, avait beau être le numéro deux du gouvernement de Jean Chrétien entre 1993 et 2002, il n'était pas davantage au courant de la gestion du programme des commandites que les autres ministres de l'époque, a soutenu l'actuel premier ministre devant la commission Gomery.
Pendant près de quatre heures hier, Paul Martin a plaidé sans relâche qu'il n'était pas mêlé à ce controversé dossier, ni de près ni de loin. Jamais il n'a discuté du choix des événements avec le bureau de Jean Chrétien, jamais il n'a parlé des agences de publicité et jamais il n'a su, jusqu'à récemment, de quelle manière le Fonds pour l'unité nationale avait été dépensé, a-t-il martelé.
Le chef du gouvernement était visiblement très à l'aise face à un procureur qui n'avait pas les armes pour le coincer. Bien préparé, témoignant dans la langue de son choix, l'anglais, le premier ministre a sagement répondu aux questions, ne cherchant pas à les esquiver ou à se lancer dans de grandes explications hors contexte, comme d'autres témoins l'ont fait.
Toute la journée, Paul Martin a tenu la même ligne de défense: le programme des commandites était le dernier de ses soucis et il ne s'occupait donc pas de sa gestion. Il a expliqué longuement que le ministre des Finances élabore le cadre financier du gouvernement, brosse le tableau économique et trace le chemin à suivre, mais que c'est ensuite au Conseil du trésor de faire respecter les règles et d'autoriser les sorties d'argent, pas au ministre des Finances.
Bref, à d'autres les détails et la gestion quotidienne des opérations, a-t-il dit. Et même s'il était le vice-président du comité du Conseil du trésor, il a soutenu qu'il n'était pas au courant pour autant. De fait, les documents rendus publics à la commission font état de seulement trois réunions de ce comité où M. Martin a été présent et dans lesquelles les commandites ou le Fonds pour l'unité nationale ont été abordés: une fois en 1996 et deux fois en 1997. Chaque fois, il a dit avoir été là pour défendre un sujet plus important et ne se rappeler que vaguement, ou pas du tout, la partie sur les commandites.
D'ailleurs, Paul Martin, même s'il était ministre des Finances, a expliqué ne pas avoir été au courant avant 1996 qu'il existait une réserve pour l'unité nationale que le premier ministre pouvait utiliser à sa guise. «Cette réserve n'était pas un nouveau poste de dépense, puisqu'elle existait déjà quand nous sommes arrivés au gouvernement en 1994, a-t-il expliqué. C'était caché dans les papiers, sous la ligne "autres dépenses". On ne me l'a pas montrée et je n'ai pas cherché non plus.»
Même scénario en 1995. Mais comme ce budget annuel sera celui des grandes compressions pour atteindre le déficit zéro, tout ce qui est superflu est aboli d'un trait, y compris cette réserve discrétionnaire dont il n'était toujours pas au courant. Ce n'est qu'en préparant le budget de 1996 que Paul Martin a appris l'existence de ce fonds. «J'ai eu une demande pour réintroduire cette réserve de 50 millions de dollars de la part du Conseil privé et du premier ministre. J'ai été d'accord», a-t-il simplement lâché.
Il n'y a pas eu de discussion entre lui et Jean Chrétien sur l'utilisation éventuelle de cette réserve, a plaidé Paul Martin. «J'ai simplement dit oui et je l'ai mise dans le budget. Nous venions d'avoir un référendum au Québec et un budget d'austérité. J'ai trouvé ça raisonnable de laisser 50 millions à la discrétion du premier ministre», a-t-il dit.
Le premier ministre a affirmé n'avoir appris qu'au tournant des années 2000 que cette réserve avait servi à financer les premières années des commandites. D'ailleurs, même l'effort de visibilité du fédéral au Québec ne deviendra apparent aux yeux de Paul Martin que «quelque part en 1996 ou 1997», sans pouvoir préciser le moment exact.
Pourtant, il était à la fameuse réunion du cabinet de février 1996, au cours de laquelle le conseil des ministres en entier a approuvé la stratégie de visibilité axée sur la publicité, mais Paul Martin soutient qu'il n'y a «pas porté attention». «Je me souviens d'une discussion générale sur l'unité du pays et ça m'intéressait, mais sans plus», a-t-il dit. Y a-t-il été question de commandites? a demandé le procureur. «Non, jamais», a tranché le premier ministre.
Par la suite, il n'a «jamais» discuté du choix des événements à financer avec quiconque au gouvernement, que ce soit Chuck Guité (qu'il ne connaissait pas), Alfonso Gagliano ou le bureau du premier ministre. Même scénario pour le choix des agences de publicité et les généreux montants qui leur étaient accordés.
Le seul dirigeant d'agence de publicité impliqué dans le scandale que Paul Martin connaît est Claude Boulay, d'Everest. Ce dernier a même travaillé pour lui au début de sa campagne au leadership de 1990, avant de partir à cause d'un «différend» avec les organisateurs. Malgré les lettres qu'il a échangées avec M. Boulay par la suite, Paul Martin a soutenu ne pas avoir eu de contact régulier avec lui. «C'étaient des lettres uniformes qu'il envoyait à plusieurs personnes et clients», a-t-il dit, soutenant qu'il a répondu avec le même type de message préparé à l'avance, ne faisant que rajouter un petit «cher Claude» à la main pour «personnaliser la lettre, vu que je le connaissais».
Armé de documents plutôt inoffensifs et qui incriminent peu le premier ministre, le procureur Neil Finkelstein n'a jamais été en mesure de mettre Paul Martin sur la défensive. Une seule fois il aurait pu le faire, mais le juge l'en a empêché.
«Est-ce que votre ministère a utilisé la firme Earnscliffe pour faire de la publicité», a interrogé Neil Finkelstein. «Non», a répondu Paul Martin. «Est-ce que cette firme faisait autre chose pour le ministère?», a enchaîné le procureur. «Elle donnait des conseils stratégiques et faisait de la recherche sur l'opinion publique», a dit le premier ministre.
Le juge John Gomery est aussitôt intervenu pour éviter que le procureur ne pousse plus loin, rappelant que la commission n'a pas le mandat d'enquêter sur les contrats de recherche et d'opinion. Plus tôt cet automne, un mur d'avocats s'était élevé pour faire obstacle à des révélations sur le sujet.
Car les documents déposés en preuve laissent de très gros doutes sur la sélection des firmes de recherche dans le ministère de Paul Martin. En 1995, dans une note interne rédigée par le ministère des Travaux publics, responsable de la sélection des firmes, on peut lire que «même si [la firme] DJC Research a obtenu le plus bas coût sur tous les points, deux contrats de 300 000 $ ont été donnés [plutôt qu'un seul de 600 000 $, comme prévu]. Un à DJC Research et l'autre à Ekos pour satisfaire les voeux des Finances». Puis, entre parenthèses, il est ajouté: «Earnscliffe faisait partie de l'équipe d'Ekos.»
Il est de notoriété publique aujourd'hui que la firme de lobbyistes et de communication Earnscliffe est proche de Paul Martin depuis de nombreuses années. D'ailleurs, plusieurs conseillers actuels du premier ministre sont issus de cette entreprise.
Le témoignage de Paul Martin sonnait hier la fin de la phase A de l'enquête publique sur les commandites. La commission se déplace maintenant à Montréal, au Complexe Guy-Favreau, pour entendre dans les prochaines semaines les acteurs du monde publicitaire.

Scandale des commandites
Le bon soldat
Michel Vastel
Le Soleil vendredi 11 février 2005
Paul Martin a bien paru devant la commission d'enquête qu'il a lui-même créée. Mais il s'agissait du ministre des Finances que les Canadiens aimaient au point de vouloir en faire leur premier ministre, celui que ses collègues des autres pays admiraient pour avoir renversé la situation financière du Canada, l'anglophone de Windsor plus à l'aise dans sa langue maternelle que dans celle qu'il a apprise à Montréal.
Quel contraste avec le chef de parti et de gouvernement que l'on connaît depuis un an, depuis qu'un rapport de la vérificatrice générale a bouleversé sa vie et ruiné ses ambitions, depuis qu'il s'est mis à hésiter, à bégayer, à chercher ses mots, à paraître confus !
Lequel des deux Martin l'histoire, et bien avant cela l'électorat canadien, va-t-elle retenir ? En exposant par son témoignage, de façon éclatante, à quel point il fut un bon ministre, il a aussi souligné, par l'absurde et a contrario, à quel point il est devenu un décevant premier ministre.
Seule certitude : l'homme est honnête, trop occupé pour penser à la corruption, trop riche pour s'intéresser à la fraude, trop important pour faire de la "petite politique de campagne"... Il n'est même pas un bon joueur de golf !
Il n'avait pas demandé de faire une déclaration liminaire, comme Jean Chrétien mardi. Il a trouvé mieux : transformer la première partie de son interrogatoire, à la faveur de longues réponses, en un exposé magistral d'une heure et 15 minutes sur le rôle d'un ministre des Finances. (Il a même réussi à parler de la crise du peso mexicain de 1994, celle qui faillit faire dérailler son ambitieux plan d'élimination du déficit, au grand dam du juge Gomery. Mais tout cela se passa dans la bonne humeur, un peu de complicité aussi entre le chef du gouvernement et sa "créature" qu'est la Commission. Cette ambiance bon enfant contrastait avec la tension qui régnait lors de la comparution de son prédécesseur.)
La gravité des propos de Paul Martin n'était pas innocente : il voulait démontrer à quel point il était trop occupé, en particulier sur la scène internationale, pour se soucier des problèmes de visibilité du gouvernement libéral au Québec ; et il voulait bien faire comprendre qu'un ministre des Finances s'assure seulement que les ministères auront tout l'argent dont ils ont besoin. Après ? Tout se passe entre les ministres et le Conseil du Trésor. La preuve, de révéler le premier ministre : sur 222 réunions du comité du Conseil du Trésor, dont il était vice-président, il n'a assisté qu'à 17 d'entre elles !
Tout cela était dit avec une telle assurance, sans notes, mais malgré tout avec une telle précision, qu'il faudrait être de mauvaise foi pour ne pas le croire. Bien sûr, il y a toujours cette question de la Réserve de l'unité nationale... Savait-il ? Ne savait-il pas ? D'ailleurs, qu'est-ce qu'une réserve de 50 millions $ pour le chef du gouvernement, alors que lui, simple ministre des Finances, s'en octroyait une de 3000 millions ?
La Commission avait déjà amplement établi que les caissiers de cette cagnotte de l'unité nationale, au Bureau du premier ministre, étaient Jean Pelletier et Jean Carle. Il lui a suffi, hier, de faire dire à Paul Martin que lui, traitant de choses aussi sérieuses que le niveau de nos impôts ou la couverture de notre Régime de pensions, ne faisait affaire qu'avec les politiques comme Eddie Goldenberg ou Jean Chrétien lui-même. (Paul Martin, qui appelle toujours son prédécesseur "Monsieur le premier ministre", lui a d'ailleurs rendu hommage pour l'appui qu'il lui a donné, "sans lequel (il) n'aurait pas réussi"...)
Un ministre des Finances ne se fait pas beaucoup d'amis lorsqu'il sabre les dépenses de l'État. Mais il a beaucoup de courtisans, ce Claude Boulay en particulier, président du Groupe Everest, et son épouse, Diane Deslauriers, très active dans le financement du PLC. Mais là encore, les pétards des oppositions étaient un peu mouillés : le Boulay en question s'était porté volontaire en 1990 pour aider Paul Martin à devenir chef du parti, mais il avait disparu, avant même le début de la campagne, lorsqu'il s'était aperçu qu'il ne serait pas payé... Voilà qui en dit plus long sur l'appétit de l'homme d'affaires...
Et quel rôle cet important ministre a-t-il joué pendant la campagne référendaire de l'automne 1995 ? "Celui d'un soldat !" répond Paul Martin, à qui l'on faisait prononcer des discours de ministre des Finances pour expliquer que le Canada n'était pas en faillite, contrairement à ce que disaient les péquistes, et que cela valait encore la peine d'y rester. Paul Martin ajoute que, dans les deux ou trois dernières semaines de la campagne, il a dû rappliquer d'urgence à Ottawa pour rassurer les marchés financiers internationaux qui avaient manifestement de meilleurs sondages que Jean Chrétien.
En fait, ce n'étaient pas de très bons discours, comme le sont tous ceux qui sont écrits au ministère des Finances : demandez-le à Jean Chrétien ! Et Paul Martin a été relégué à l'équipe B lorsqu'il prétendit que le Québec perdrait un million d'emplois s'il se séparait du Canada... Un tout petit soldat donc !
À 14 h 24, l'interrogatoire de Paul Martin était terminé. C'est à ce moment que la cruelle réalité a rejoint le premier ministre. L'avocat d'Alfonso Gagliano, qui poursuit le gouvernement et Paul Martin lui-même, a sorti son gros sac de linge sale et a tenté de prouver que le limogeage de l'ambassadeur du Canada au royaume du Danemark n'était pas si "pourri" que cela.
C'était une transition appropriée vers la deuxième phase des travaux de la commission d'enquête : à partir du 28 février, à Montréal, le juge Gomery et ses procureurs vont sortir de vieilles factures, extirper des relevés bancaires, éplucher les contributions au Parti libéral du Canada.
Paul Martin n'est pas sorti du bois où il s'est tout de même taillé une belle clairière, hier à Ottawa.
CE QU'A DIT PAUL MARTIN
- "Pour moi, cette Commission, je la prends non seulement au sérieux, mais j'espère qu'elle pourra trouver les réponses nécessaires et faire les recommandations nécessaires. Je crois que les Canadiens ont le droit d'avoir confiance dans la bonne gestion de leur argent par les gouvernements."
- "Le rôle du ministre des Finances est d'établir cette Réserve (pour l'unité nationale) pour qu'elle se retrouve dans le budget, mais une fois que c'est fait, la responsabilité est transférée au Conseil du Trésor, qui doit alors gérer l'autre étape (...). Je n'avais aucun rôle (dans l'administration de la Réserve pour l'unité)."
- "C'était la routine que des gens appellent mon bureau et demandent à ce qu'on fasse des suivis à des dossiers en leur nom (...). Si je m'étais impliqué dans ce type de dossiers (de commandites), je n'aurais pas pu accomplir rien d'autre."
- "La visibilité est une préoccupation constante pour le gouvernement. Lorsque le gouvernement fait des choses, il aime bien obtenir de la visibilité, obtenir le crédit pour ce qu'il fait."
Mvastel@lesoleil.Com

Scandale des commandites
Sont fous, ces libéraux!
Vincent Marissal
La Presse vendredi 11 février 2005
Dans un des épisodes les plus surréalistes des dernières années en politique canadienne, Paul Martin et ses députés, réunis mercredi en caucus, ont ovationné la " performance " de leur ancien chef Jean Chrétien devant la commission Gomery, mardi.
Tous ces gens qui ont magouillé dans l'ombre pendant des années contre le " p'tit gars de Shawinigan ", qui ont tenté de le pousser en bas du trône pour y asseoir Paul Martin, qui ont voulu lui faire porter tout le blâme de leur déconfiture électorale chantent maintenant à l'unisson ses mérites? Nous nageons en pleine fiction.
Paul Martin a même pris soin de louanger son éternel rival pour " le travail fantastique qu'il a accompli pour le Canada et pour le Parti libéral du Canada ". Ce même Jean Chrétien, qui l'a tenu à l'écart de la stratégie d'unité nationale et qui est le grand responsable de ses problèmes aujourd'hui, selon le clan Martin.
Pourtant, Jean Chrétien n'a pas rendu service à son successeur cette semaine. D'abord, il a ridiculisé la commission créée par son successeur. Ensuite, il a rappelé à tout le monde que Paul Martin était autour de la table du cabinet quand on discutait commandites. Enfin, Jean Chrétien a démontré à tous qu'il est encore aujourd'hui un politicien nettement supérieur à M. Martin.
En créant la commission Gomery (et en congédiant une brochette de dirigeants de société d'État et l'ancien ambassadeur Alfonso Gagliano), le but du clan Martin était d'ériger un mur coupe-feu entre l'ancien et le nouveau régime. Les témoignages tant attendus de Jean Chrétien et de Paul Martin devaient, selon cette logique, permettre de démontrer la responsabilité du premier dans le scandale des commandites et la bonne foi du second.
Tout l'exercice repose en fait sur la même stratégie qui hante Paul Martin depuis maintenant 14 mois: marquer une rupture définitive entre le gouvernement de Jean Chrétien, entaché par les commandites, et celui de Paul Martin, qui devait symboliser le renouveau.
Mais les deux témoignages n'ont pas produit tout à fait le résultat escompté. Au lieu de coller le blâme sur Jean Chrétien et de permettre, enfin, à Paul Martin de s'en détacher, les derniers jours ont plutôt rappelé aux députés et aux militants libéraux à quel point ils aimaient la fougue de leur ancien chef.
Non pas que Paul Martin ait été mauvais, hier. Au contraire, il s'en est plutôt bien sorti, considérant la pression et sa propension à s'auto-enfarger. Subsistent néanmoins quelques zones floues, notamment sur ses liens avec Claude Boulay et Diane Deslauriers, les anciens proprio de l'agence Everest. Le premier ministre a envoyé des lettres personnalisées au couple, blaguant sur l'âge de monsieur, flattant madame pour ses charmes inaltérables, mais il affirme que ces gens n'étaient que de vagues connaissances.
On s'étonne aussi de constater à quel point Paul Martin, alors ministre des Finances et député québécois, était laissé complètement en dehors de la stratégie d'unité nationale par le clan Chrétien. Il affirme, notamment, ne pas avoir connu l'existence de la réserve de 50 millions pour l'unité nationale avant 1996 et ne pas avoir su avant l'an 2000 que ce fonds secret servait aussi à pomper de l'argent dans le programme de commandites. Cela contredit le témoignage de Jean Chrétien.
Après le passage remarqué de l'ancien premier ministre devant la commission Gomery, les comparaisons étaient inévitables. Suffit de parler aux rouges, ces jours-ci, pour constater que le témoignage de Jean Chrétien a eu l'effet d'un véritable électrochoc sur ses anciens députés. Surtout ceux du Québec, qui ne se sont toujours pas remis du rapport dévastateur de la vérificatrice générale déposé il y a un an, hier.
Cela fait des mois que les libéraux fédéraux au Québec se promènent la mine basse, qu'ils longent les murs. Ils se font insulter par leurs électeurs, ils subissent les attaques du Bloc québécois sans répliquer, ils ont complètement évacué le terrain et ils ont pris une raclée aux élections de juin. Pour eux, de voir le vieux batailleur pourfendre les " séparatistes ", de l'entendre défendre son gouvernement et vanter le Canada, c'était comme écouter de nouveau une symphonie d'un passé glorieux. Fallait voir Denis Coderre bouffer du souverainiste l'autre soir sur les ondes de TQS pour comprendre " l'effet Chrétien ".
Quand on leur demandait, au cours des derniers jours, ce qu'ils attendaient du témoignage de Paul Martin, la plupart de ses députés haussaient les épaules. Par contre, ils étaient presque tous rivés devant leur écran de télévision, mardi, pour suivre celui de leur ancien chef. Ils étaient probablement plus nombreux à suivre la comparution de leur ancien chef qu'à écouter le Super Bowl, dimanche. Et la plupart ont trouvé le spectacle de mardi de loin supérieur.
Reste à déterminer qui de Jean Chrétien ou de Paul Martin dit vrai, ce qui est la mission de la commission Gomery. Mais sans rien enlever au juge Gomery et à ses futures conclusions, celles-ci ne changeront pas grand-chose dans la perception du public, qui aura été convaincu cette semaine, après le passage de MM. Chrétien et Martin, que toute la vérité ne sera probablement jamais connue.

Scandale des commandites
Charest devrait s'expliquer devant Gomery, croit Landry
Gilles Normand
La Presse vendredi 11 février 2005
Québec - Accusant les autorités canadiennes de s'être livrées à " une espèce de viol de la conscience " des Québécois, durant la campagne référendaire de 1995, en injectant des sommes colossales dans la propagande et la publicité à l'encontre du projet souverainiste, le chef du Parti québécois, Bernard Landry, invite la commission Gomery à prendre les dispositions pour faire témoigner le premier ministre du Québec, Jean Charest, qui était alors le numéro deux du Comité du NON.
Le chef de l'opposition officielle à Québec a également vilipendé l'ex-premier ministre Jean Chrétien, dont il dit qu'il a témoigné avec une extrême légèreté et avec mépris devant le juge John Gomery.
" Si l'on veut éviter un autre scandale de cette ampleur, il est impératif que le premier ministre actuel du Canada, Paul Martin, et le premier ministre du Québec et numéro deux du Comité du NON en 1995, Jean Charest, s'expriment haut et fort en faveur des lois québécoises encadrant les consultations populaires et s'engagent à les respecter à l'avenir ", a réclamé Bernard Landry.
Le témoignage de Jean Chrétien a rendu les choses plus claires pour le chef du PQ. La machine gouvernementale fédérale a bafoué les règles administratives les plus élémentaires, et l'exemple venait du bureau du premier ministre du Canada " pour qui le débat démocratique sur l'avenir du Québec se résumait à un combat pour la survie du Canada ".
Selon M. Landry, cette conception des choses et le fait que le Comité du NON a disposé " d'au moins 10 fois plus d'argent que le OUI et peut-être davantage " constituent une dérive démocratique grave qui doit être dénoncée avec vigueur. Pour lui, il devient évident que la genèse de ce scandale est l'avènement du Parti québécois au pouvoir, en 1994.
" Pour Jean Chrétien, il faut tenir compte des circonstances qui régnaient au Québec pour juger du dérapage des commandites. Que doit-on comprendre? Que lorsque le fédéralisme n'a plus la cote au Québec, le gouvernement fédéral a les coudées franches pour violer les règles qui s'appliquent normalement? Que la fin justifie les moyens? " s'étonne le chef souverainiste.
Même s'il qualifie ce dérapage d'un des plus grands scandales de l'histoire de la démocratie canadienne, Bernard Landry se dit néanmoins confiant que " les Canadiens ne voudront plus jamais qu'une telle chose survienne ".

Scandale des commandites
Ottawa ne pourra plus duper les Québécois au prochain référendum, dit le chef péquiste
Robert Dutrisac
Le Devoir vendredi 11 février 2005
Québec - Réagissant au témoignage de l'ex-premier ministre canadien Jean Chrétien devant la commission Gomery, le chef de l'opposition officielle Bernard Landry a sommé le gouvernement fédéral de s'engager à ne plus jamais violer les lois du Québec lors d'élections ou d'un référendum.
Rappelant que le camp du NON, en contravention de la loi québécoise sur les consultations populaires, a dépensé dix fois plus d'argent que le camp du OUI lors du référendum de 1995, M. Landry estime que M. Chrétien, en jugeant que «la fin justifie les moyens, de façon machiavélique et cynique, a donné le signal à tout le monde dans l'appareil fédéral qu'on pouvait faire n'importe quoi».
M. Landry a accusé M. Chrétien d'avoir dépensé l'argent des contribuables pour faire de la propagande, ce que M. Chrétien a d'ailleurs reconnu d'emblée devant le juge John Gomery. «On était dans la propagande. Il n'y avait même pas de vrai message, c'était du visuel. C'était une espèce de viol des consciences», s'est indigné M. Landry.
Le chef péquiste voudrait que la commission Gomery se penche sur les événements survenus entre l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement péquiste, en 1994, et l'année où le programme des commandites a été créé, en 1996. «La réaction d'Ottawa, avant le référendum comme après, c'est de mettre l'argent des taxes pour modifier le cours des choses contre nos lois», a-t-il soutenu.
Jean Charest, qui était vice-président du comité du NON en 1995, devrait - et M. Chrétien aussi - présenter ses excuses aux Québécois et témoigner devant la commission Gomery, estime M. Landry.
Le Canada est «une grande démocratie occidentale» qui a été entraînée «par Jean Chrétien et ses sbires libéraux» à violer les règles démocratiques établies par la loi québécoise, a avancé M. Landry. Mais lors d'un prochain référendum, la naïveté ne sera plus de mise, a dit le chef péquiste.

Scandale des commandites
Landry réclame la comparution de Charest
Michel Corbeil
Le Soleil vendredi 11 février 2005
Jean Chrétien a fait tourner son témoignage à l'enquête sur le scandale des commandites en une vaste "comédie", énonce Bernard Landry. Mais celle-ci masque une "tragédie" démocratique dont doit s'expliquer publiquement le premier ministre du Québec, Jean Charest, enchaîne le chef du Parti québécois.
Hier, en point de presse, M. Landry a réclamé la comparution de M. Charest aux auditions présidées par le juge John Gomery. Il a insisté sur le fait que Jean Charest, alors leader du Parti progressiste-conservateur, à Ottawa, occupait le poste de vice-président du comité du Non au référendum de 1995.
Prudent, Bernard Landry a indiqué qu'il ne peut affirmer que Jean Charest était au courant de la décision de Jean Chrétien de réserver 50 millions $ à des dépenses pour préserver l'unité nationale. "C'est pourquoi je suggère que M. Charest témoigne.
"Pour demander au Canada d'être prudent et de respecter (les lois sur les dépenses électorales du) Québec et pour jeter de la lumière sur ce qui est arrivé lorsqu'il était le numéro deux du camp du Non."
Dépenses du Non
M. Landry a réclamé que la Commission Gomery enquête sur la période où s'est tenu le plébiscite. "Le Non a eu 10 fois plus d'argent (en dépenses électorales) que le Oui par ce que nous apprend la Commission et (ce qu'avaient divulgué depuis longtemps) les rapports de la vérificatrice du Canada.
"Si j'avais été vice-président d'un comité qui a disposé, contre l'esprit des lois du Québec, de 10 fois plus d'argent que l'autre, je me sentirais mal à l'aise, a-t-il poursuivi. Notre premier ministre doit s'en expliquer."
Chrétien "cynique"
Bernard Landry a jugé sévèrement la comparution de son vieil adversaire, l'ex-chef libéral fédéral Jean Chrétien. Sa "comédie a été réussie, mais elle n'a pas réussi à masquer la tragédie qu'il y a derrière, (...) le manque d'éthique".
Jean Chrétien "a assumé de façon machiavélique et cynique que la fin justifie les moyens. Il a donné le signal à tout le monde dans l'appareil fédéral qu'on pouvait faire n'importe quoi".
Aux yeux de Bernard Landry, Ottawa s'est lancé dans une campagne qui tenait strictement de "la propagande, (...) une espèce de viol des consciences, (...) une tentative de lavage des cerveaux", a-t-il conclu.
Le chef du PQ a pris garde de faire la distinction entre les agissements du fédéral et ce que pense le Canada anglais. "Le Canada anglais s'est fait entraîner par ces gens-là dans un des plus grands scandales de l'histoire de la démocratie canadienne." À son avis, l'actuel chef du gouvernement fédéral, Paul Martin, doit s'engager à ce qu'Ottawa ne "viole plus jamais les lois du Québec".
MCorbeil@lesoleil.com

Martin devant la commission Gomery
«Je ne savais pas»
Gilles Toupin
La Presse vendredi 11 février 2005
Le témoignage du premier ministre Paul Martin s'est déroulé dans un climat de sobriété, de sérieux et de grande courtoisie.
Le ministre des Finances de Jean Chrétien, Paul Martin, n'avait pas la faveur de son patron lorsque le temps de contrer le mouvement souverainiste au Québec est venu, au milieu des années 90. Jean Chrétien tenait en effet son grand argentier à l'écart de sa «priorité des priorités», soit la mise en place de sa stratégie pour l'unité nationale.
Dans ce contexte, Paul Martin n'a rien su à l'époque de la mise sur pied d'activités de commandite liées à cette stratégie.
Dans un passage historique hier devant la commission d'enquête publique sur le programme de commandites, l'actuel premier ministre a assuré qu'il ne faisait pas partie à l'époque du cercle des favoris qui ont mis sur pied cette stratégie, pas plus qu'il n'a été appelé à jouer un rôle important dans la campagne référendaire en 1995.
Paul Martin avait également été tenu à l'écart des activités de commandite critiquées par la vérificatrice générale dans son rapport de novembre 2003, et il n'a été informé qu'en 1996 de l'existence du Fonds de réserve pour l'unité canadienne, géré par Jean Chrétien depuis 1993.
Au sujet de la mise sur pied par Jean Chrétien, au lendemain du référendum, du comité Massé destiné justement à mettre au point cette stratégie pour l'unité nationale (qui a donné naissance au fameux plan de visibilité du gouvernement fédéral au Québec), là aussi M. Martin a eu la même réponse laconique : «Encore là, on ne m'a pas demandé.»
Le témoignage de Paul Martin devant la commission Gomery était le premier témoignage public devant une commission d'enquête d'un premier ministre en fonction depuis John A. MacDonald en 1873.
Après la prestation théâtrale de Jean Chrétien dernier, le témoignage du premier ministre s'est déroulé au contraire dans un climat de sobriété, de sérieux et de grande courtoisie.
Le procureur Neil Finkelstein a d'abord tenté de comprendre la nature du défi que M. Martin a dû relever aux finances dès 1993, lorsque les libéraux ont pris le pouvoir. «Le plus grand problème que nous devions affronter était celui de la crédibilité», a raconté le premier ministre, rappelant l'endettement catastrophique du Canada et sa réputation grandissante de «république de bananes» à l'étranger. La crise du peso mexicain et d'autres crises financières internationales menaçaient la stabilité du pays. M. Martin a témoigné qu'il avait consacré presque tout son temps à l'époque à contrer les effets néfastes de cette situation. Cette partie de l'interrogatoire a donné au bout du compte l'image d'un ministre des Finances talentueux et efficace.
Par ailleurs, selon M. Martin, les rapports qu'il entretenait avec le bureau du premier ministre passaient presque exclusivement par deux conseillers de M. Chrétien, Eddie Goldenberg et Chaviva Hosek. M. Martin a peu travaillé avec le premier ministre lui-même et son chef de cabinet, Jean Pelletier, celui qui s'occupait de la gestion politique du dossier des commandites en coordination avec le ministère des Travaux publics.
C'est ainsi que M. Martin n'a pas été informé, en 1994 et en 1995, que ce soit par le premier ministre ou par les fonctionnaires de son ministère, de l'existence du fameux Fonds de réserve pour l'unité canadienne, appelé également «la réserve du premier ministre». Ce n'est qu'en 1996, lors de la préparation du budget du 6 mars, qu'on lui a fait part de l'existence de ce fonds de 50 millions de dollars par année, tout simplement parce que le programme se terminait et qu'il fallait le renouveler. M. Martin se souvient qu'il n'avait eu aucune querelle avec le premier ministre au sujet de l'inclusion de ces 50 millions dans le budget. Il a témoigné cependant qu'il ignorait, avant 2000, que ce fonds servait à financer les activités de commandite. «Saviez-vous qu'une partie de cette argent allait aux commandites ?» a demandé Me Finkelstein. «Non, je ne savais pas», a répondu le premier ministre.
M. Martin a de plus affirmé au commissaire Gomery qu'il n'avait jamais discuté de commandites avec le ministre responsable de ces activités, Alfonso Gagliano. Cependant, le procureur Neil Finkelstein a mis en preuve une lettre adressée à M. Martin fin 1998, dans laquelle un certain Douglas Jobb de l'Alberta se plaint que la part du lion des commandites est réservée au Québec. M. Martin répond à ce monsieur le 16 décembre et lui signale que la responsabilité de ce dossier incombe au ministre Gagliano. L'ancien ministre des Finances a affirmé que c'était la cellule chargée de la correspondance à son bureau qui s'était occupée de cette lettre, une lettre «probablement signée mécaniquement».
Par ailleurs, la commission a tenté de connaître la nature des liens qui unissent Claude Boulay, du groupe Everest, et M. Martin. Le premier ministre a expliqué qu'il s'agissait d'une «connaissance», mais qu'il n'avait jamais discuté de commandites avec M. Boulay et sa femme, Diane Deslauriers. Le groupe Everest est l'une des agences de communication mises en cause dans le rapport de Sheila Fraser.
Enfin, l'avocat de l'ancien ministre Alfonso Gagliano, Pierre Fournier, a tenté en contre-interrogatoire de mettre M. Martin dans l'embarras lorsqu'il lui a demandé s'il avait congédié M. Gagliano de son poste d'ambassadeur du Canada au Danemark à partir des seuls constats contenus dans le rapport de la vérificatrice générale. «M. Fournier, a répondu Paul Martin, nous n'avons posé aucun jugement sur M. Gagliano. Comme l'a dit le ministre des Affaires étrangères en Chambre, il y avait une controverse. Nous avons rappelé M. Gagliano pour protéger l'image du Canada à l'étranger.» M. Fournier a insisté afin de savoir si le premier ministre avait d'autres motifs que les conclusions de la vérificatrice générale pour rappeler son ambassadeur. Le procureur Finkelstein et l'avocat du gouvernement, Me Sylvain Lussier, ont fait objection.
Après des échanges mouvementés, le juge Gomery a ordonné à Me Fournier de ne plus poser de questions au témoin sur un sujet qui n'avait rien à voir avec les objectifs de son enquête, d'autant plus que l'affaire de M. Gagliano est actuellement devant les tribunaux.
M. Martin a terminé son témoignage en réaffirmant sa confiance dans le commissaire John Gomery. «J'ai hâte de lire votre rapport», lui a lancé le premier ministre.
