Groundhog Day for PQ

Don MacPherson
The Montréal Gazette February 1, 2005 Tuesday

When Bernard Landry sees Jacques Parizeau's shadow, it means it is two weeks until the next big Parti Quebecois meeting

Pennsylvania has Punxsutawney Phil, Ontario has Wiarton Willie, and Quebec has Jacques Parizeau.

The latter bears only a slight physical resemblance to the two much publicized weather-predicting groundhogs, who will deliver their annual long-range winter forecasts tomorrow.

But he is more reliable: When Bernard Landry sees Parizeau's shadow, it means it's two weeks until the next big Parti Quebecois meeting.

Two weeks before a meeting of the PQ's national council last August, former party leader Parizeau published a letter demanding that his beleaguered current successor commit to fighting the next election on the single issue of sovereignty.

And that's what Landry eventually did, in an effort to preserve his leadership by appeasing the members of the Parizeau cult in the party.

The PQ's governing council is to meet next Feb. 12-13, and doesn't appear to have much to talk about at its last meeting before a confidence vote in June on Landry's leadership. So Parizeau helpfully tried to fill the conversational void by surfacing during the weekend to aim a few timely potshots at Landry.

Accepting an invitation to appear on Larocque-Auger, a TVA political talk show that is a must-watch for the political class, Parizeau criticized the PQ's "sorry" recent performance.

The party, he said, had lacked visibility and failed to capitalize sufficiently on the mistakes of the Charest government. It was as though the PQ was sitting back and waiting to win the next election by default.

It smacked of criticism for the sake of criticism. Since the government usually dictates the political agenda, it's hard for an opposition party to be as visible, especially when the National Assembly isn't sitting.

And besides, the next election is always the government's to lose. There are those in politics who believe that when the government keeps shooting itself in the foot, as the Liberals have been doing lately, the best thing the opposition can do is to stand back so as not to block the public's view.

A La Presse columnist yesterday likened the blizzard of furious e-mails to his newsroom after the Jewish-schools debacle to the response after the federal sponsorship scandal broke a year ago.

For the past two weeks, the political class has been debating whether the present government is the worst in history, or merely in the past 40 years.

It's true that Charest has not yet achieved the distinction of having one of his own backbenchers call him "the most hated man in Quebec," as George Springate said of Robert Bourassa during the 1976 election campaign. But in fairness to Charest, he still has at least two years to go in his term, and appears to be ahead of Bourassa's pace.

Even with Landry's gift for hyperbole, what could he possibly add to the current discussion?

Parizeau said the PQ has been distracted from its role as the official opposition by its internal divisions over leadership.

But while he was surely aware that he could have done a great deal to end those divisions by calling for a vote of confidence in Landry in June, he declined to do so. He explained that he doesn't want to play "the role of mother-in-law" in the marriage between the current leader and the party.

Oh, really? Since when? Parizeau has been meddling constantly since he resigned as premier and leader immediately after his sore loser's tantrum about "money and ethnic votes" on referendum night in 1995.

It's as if he believes his own myth, and that nobody but he has the necessary resolve to lead the sovereignist movement. And indeed, he also said he regrets his decision to resign. If he also believes that he had any choice in the matter after disgracing himself, his movement and his province, then he is delusional.

Judging by Landry's irritated response, he was not fooled by Parizeau's insistence that he wanted to intervene "at the level of ideas, not persons." He noted sarcastically that Parizeau had once complained of not getting enough attention while he was premier.

If so, then Parizeau has made up for it since. And, as Landry wryly observed on a previous occasion, he has developed an unerring sense of timing.

dmacpher@thegazette.canwest.com




La Saison (morte) des idées: un bric-à-brac idéologique!

Jacques Brassard
Le Quotidien mercredi 2 février 2005
(texte paru dans La Presse du jeudi 3 février 2005)

L'humeur du temps - En octobre 2003, Bernard Landry lançait une grande opération visant à moderniser le Parti québécois, la Saison des idées. Ce processus doit aboutir au Congrès national de juin 2005. On retrouve les fruits de cette cogitation collective dans un document intitulé "Un Projet de Pays" , qui constitue une proposition de programme à être débattue et adoptée par les délégués.

L'ayant parcouru, je dois dire que je n'ai pas été renversé par une avalanche d'"idées nouvelles"; j'ai cherché en vain les "remises en question difficiles". Nulle trace non plus d'un effort pour refaçonner le sacro-saint modèle québécois. On voit combien il est ardu pour le PQ de se délester de ses vieux travers soixante-huitards, dont le recours systématique à l'État, la survalorisation des solutions d'"origine progressiste contrôlée" et la vénération des postures de gauche.

En matière de souveraineté, les radicaux ont réussi à réintroduire dans le programme un carcan temporel malgré le désir du chef de se garder une marge de manoeuvre. Les "purs et durs" ont aussi pu mettre au rancart toute référence au partenariat économique et politique avec le Canada. Le pragmatisme et le bon sens politique ont-ils une chance de prévaloir parmi les délégués au congrès de juin? Une histoire à suivre!

Services publics

Au chapitre des services publics, nous n'avons droit qu'aux sempiternels lieux communs sur l'efficacité, l'accessibilité et la qualité des services que l'on retrouve dans tous les programmes des partis politiques. Pourtant, dans le domaine de la santé, l'exemple de l'Union européenne devrait nous inciter à envisager le développement d'un système privé de santé. "Les gouvernements, déclarait Claude Castonguay, fondateur de notre régime d'assurance-maladie, ne peuvent à la fois maintenir inchangé un système public incapable de satisfaire en temps utile à la demande de soins médicalement nécessaires et, en même temps, empêcher les Canadiens de se procurer des soins auprès d'instances privées." Mais, au sein du PQ, c'est là un sujet trop tabou, parce que le recours au privé est une solution dépourvue du label "progressiste". Solution qui, pourtant, est mise en oeuvre par des "modèles" de social-démocratie comme la Suède et l'Allemagne.

En matière d'économie et d'environnement, on nous propose le bric-à-brac idéologique des alter-mondialistes et des Confréries écolos. À commencer par le principe du développement durable, ce concept fourre-tout qui est l'objet d'une culte quasi-religieux, mais qui, dans les faits, sert surtout à freiner le développement. Il va sans dire que le Protocole de Kyoto est présenté comme un pacte indépassable et que le changement climatique est considéré comme l'oeuvre des humains. Oublions donc les gisements de gaz naturel du golfe Saint-Laurent. C'est un produit dangereux dont l'exploitation pourrait en plus, peut-être, déranger les baleines.

On y retrouve également une volonté d'appliquer le principe de précaution en "matière d'aliments génétiquement modifiés". Ce principe qui vise à éliminer toute prise de risque, dès lors qu'il existe le moindre doute sur les effets d'un nouveau produit, est, s'il est appliqué avec rigueur, une paralysie assurée de la recherche et du progrès scientifiques. L'aversion irrationnelle pour les OGM (organismes génétiquement modifiés) découle d'un rejet obscurantiste de la science.

Mondialisation

Quant à la conception de la mondialisation, elle est toute enrobée de bons sentiments moralisateurs qui se traduisent par une volonté d'imposer aux pays pauvres des normes du travail et de protection de l'environnement, tellement sans rapport avec leur niveau de développement, que leur application entraînerait un arrêt brutal de leur croissance. Il s'agit là, au fond, d'une forme hypocrite de protectionnisme.

Terminons par une manifestation surprenante du chaos créateur. Les nouveaux statuts prévoiraient l'existence officielle de Clubs olitiques. Un Club, ce serait, au sein du parti, un groupe de membres qui entendraient promouvoir l'"expression politique d'une perspective spécifique". Le premier Club serait sans doute le Regroupement des syndicalistes pour la souveraineté. Et pourquoi pas ensuite les Partisans de Kyoto, les Fidèles d'Éole, les Anti-Américains tous Azimuts, ou les Amis des Épinettes noires ? Le parti va devenir le Royaume de la Zizanie, un Capharnaüm d'Idées reçues et le bastion de tous les corporatismes. De beaux shows en perspective...pour les journalistes!




Le PQ évite les controverses

Michel Corbeil
Le Soleil mercredi 2 février 2005

Peu de sujets épineux au menu pour le prochain Conseil national

Signe d'un temps nouveau ? Les résolutions qui seront débattues au Conseil national du Parti québécois, les 12 et 13 février, sont remarquablement peu nombreuses et controversées.

Les militants ont reçu, hier, un cahier du participant qui ne compte que 18 propositions. Aucune ne porte sur la défense du français, un thème qui revient couramment dans les délibérations des militants réunis en congrès. Pas une ne parle directement de la souveraineté du Québec.

Au moment où l'entourage du chef s'efforce de démontrer que les troupes sont unies, une proposition vient souligner le fait que Bernard Landry a été décoré Commandeur de l'Ordre de la Légion d'honneur, en décembre.

Plusieurs motions visent à condamner des gestes posés par le gouvernement de Jean Charest. Les péquistes de Taillon réclament un blâme à l'endroit du ministre libéral Pierre Reid (Éducation). Celui-ci a vu ses collègues renverser sa décision de subventionner les écoles privées juives de Montréal.

Toujours dans Taillon, la circonscription de Pauline Marois, critique en matière d'Éducation, les militants s'en prennent également au ministre Reid pour les coupes infligées dans le système des prêts et bourses aux étudiants. La polémique dans laquelle s'est enlisé le gouvernement Charest à propos de l'emplacement de l'hôpital universitaire du CHUM, à Montréal, fait l'objet d'une proposition.

Le PQ de Mercier tient à "dénoncer fermement le manque de compassion" de l'équipe gouvernementale "face aux populations touchées par le tsunami en Asie du Sud-Est". Québec est la province qui a le moins donné per capita, avec une contribution de 100 000 $.

Le Conseil national donnera aussi l'occasion aux dirigeants du PQ de souligner le succès de la campagne de financement de 2004 qui a permis d'amasser 2,5 millions $. À ce chapitre, le succès est inégalement réparti.

Les "champions" de la collecte de fonds sont sans conteste les partisans du PQ de Johnson. Sans surprise, le député de l'endroit, Claude Boucher, s'est vu confier la campagne de souscription de 2005. Ses militants ont recueilli 97 535 $.

C'est plus que les fonds amassés par les huit circonscriptions de Chaudière-Applaches. Le second "comté le plus riche" - 59 649 $ - est celui du député de Rousseau, François Legault, candidat à une éventuelle course à la direction. Il est suivi par Verchères - 59 061 $ - , représenté par le chef du PQ, M. Landry.

C'est dans la région de Chaudière-Appalaches, francophone, mais sans un seul député péquiste, que la récolte a été la plus maigre. Dans Beauce-Nord, les souscriptions totalisent 1655 $. Beauce-Sud, Bellechasse et Montmagny-L'Islet n'ont pas franchi la barre des 10 000 $. Sur le territoire de la Capitale-Nationale, Jean-Lesage et La Peltrie n'ont pas atteint ce seuil. Taschereau, où s'est fait élire Agnès Maltais, a connu la meilleure performance avec 40 339 $.

Vote de confiance

Par ailleurs, le député Sylvain Simard, responsable de l'organisation pour Bernard Landry, a insisté sur le fait que les choses se présentent bien pour son patron. Au SOLEIL, qui rapportait que trois présidents d'associations péquistes de la région réclament une course à la direction du PQ, M. Simard a soutenu qu'il ressent le contraire lorsqu'il croise les militants.

"Pour le vote de confiance (que doit subir le leader du PQ, au congrès de juin), c'est en général très positif dans les comtés de la région. On fait du pointage (auprès des délégués), un par un", a-t-il précisé.

M. Simard a reconnu que le PQ a connu une année 2004 "difficile" dans la région, une année marquée notamment par la victoire de l'Action démocratique du Québec dans Vanier. Mais les sondages internes de sa formation politique lui indiquent clairement que le Parti québécois est en voie de dépasser l'ADQ, a-t-il fait valoir.

MCorbeil@lesoleil.com




L'opposition caoutchouc

Michel David
Le Devoir jeudi 3 février 2005

Je serais curieux de savoir ce que Jacques Parizeau aurait dit de différent au sujet des subventions aux écoles privées juives s'il avait été à la place de Bernard Landry. Aurait-il accusé le gouvernement Charest d'utiliser l'argent des contribuables pour acheter des «votes ethniques»?

Voilà plus de quatre ans que le PQ se déchire pour des propos sur la communauté juive qu'on a injustement reprochés à Yves Michaud. Fallait-il que M. Landry jette de l'huile sur le feu pour épater la galerie?

On peut trouver que l'opposition péquiste manque parfois de mordant, mais M. Parizeau a choisi là un bien mauvais exemple. Si lui-même avait tourné sa langue sept fois avant de parler le soir du référendum de 1995, son parti, le mouvement souverainiste et le Québec dans son ensemble s'en seraient trouvés bien mieux.

De toute manière, que le PQ soit au pouvoir ou dans l'opposition, rien de ce qu'il fait n'est au goût de l'ancien premier ministre. Il n'a pourtant de leçon à donner à personne. Face à un gouvernement épuisé par neuf ans de pouvoir, il avait presque réussi à conduire son parti à la défaite en septembre 1994. Avec une semaine de campagne de plus, il y serait sans doute parvenu.

N'en déplaise à ses admirateurs, son bref passage au bunker n'a pas été tellement brillant non plus. En moins de 15 mois, deux de ses ministres ont été forcés de démissionner pour des raisons de force majeure et un troisième s'est empressé de partir avant d'être mis à la porte pour incompétence.

La performance de Pierre Reid est jugée sévèrement, mais Jean Garon avait réussi tout aussi bien sinon mieux que lui à semer un vent de révolte dans les milieux de l'éducation. Au chapitre de la gaffe, le ministre de la «Restructuration» choisi par M. Parizeau, Richard Le Hir - le troisième démissionnaire -, ne le cédait en rien à Jacques Chagnon.

L'indécision du gouvernement Charest dans le choix d'un emplacement pour le CHUM est peut-être exaspérante, mais on ne peut pas dire que le regroupement des trois hôpitaux du centre-ville décrété à l'époque par celui de M. Parizeau ait été un grand succès.

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S'il y a un dossier récent dans lequel on peut reprocher à l'opposition péquiste d'avoir mal fait son travail, c'est précisément celui du CHUM. L'automne dernier, il est vrai qu'un retour au site du 6000, rue Saint-Denis, paraissait une bonne solution, mais quand le PQ l'a finalement réclamé, il était devenu irréaliste de penser que le gouvernement pourrait s'y résoudre.

On ne peut s'empêcher de penser que M. Landry a garé son parti sur une voie de service pour éviter d'avoir à trancher, au sein de son caucus et de son parti, entre les partisans de l'hôpital Saint-Luc et ceux de la gare de triage d'Outremont.

Dans la perspective du congrès de juin 2005 et du vote de confiance auquel le chef du PQ devra se soumettre, la manoeuvre était peut-être habile, mais l'intérêt public n'a certainement pas trouvé son compte. L'opposition avait le devoir de dire quel emplacement constituait le moindre mal à défaut d'être le choix idéal.

De toute manière, peu importe le parti dont elle est issue, l'opposition n'en fait jamais assez aux yeux de ceux que les politiques du gouvernement exaspèrent. Depuis l'époque quasi mythique où six députés péquistes avaient réussi à mettre le gouvernement Bourassa sur les dents, on l'a toujours trouvée mauvaise, qu'elle soit dirigée par Claude Ryan, Pierre Marc Johnson, Jacques Parizeau, Daniel Johnson, Jean Charest ou Bernard Landry.

Pourquoi pensez-vous que Robert Bourassa s'est arrangé pour occuper le fauteuil du chef de l'opposition moins d'une semaine dans une carrière politique de plus d'un quart de siècle? M. Parizeau disait lui-même que c'était le poste le plus ingrat qui soit. Encore aujourd'hui, il s'acharne à le démontrer.

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Remarquez, ce n'est pas très différent ailleurs. Encore samedi dernier, l'ancien premier ministre français Laurent Fabius reprochait à l'actuel premier secrétaire du Parti socialiste, François Hollande, d'offrir une «opposition de caoutchouc» au gouvernement Raffarin alors que lui-même prône une «opposition frontale». On peut comprendre ce genre d'attaque entre rivaux dans la course à la présidence de la République, mais les motivations de M. Parizeau demeurent toujours aussi difficiles à saisir.

Au moins, M. Hollande a tout le loisir de répliquer à son détracteur, et il ne s'en prive pas, tandis que M. Landry ne peut se permettre, pas plus que Lucien Bouchard avant lui, d'indisposer les nombreux partisans que M. Parizeau conserve au PQ.

Ces jours-ci, M. Landry peut tout de même rire dans sa barbe en observant les étonnants virages du gouvernement Charest en matière de développement économique. Quand il avait engagé le gouvernement Bouchard dans l'aventure d'Ubisoft à l'instigation d'un affairiste controversé, on s'était demandé s'il avait encore toute sa tête. Pendant des années, la Cité du multimédia a été présentée comme un des symboles de son obsession interventionniste.

D'où cette pointe d'ironie en entendant le premier ministre Charest reprendre presque mot pour mot ses arguments de l'époque pour justifier le prolongement jusqu'en 2010 du crédit d'impôt accordé à cette entreprise pourtant florissante afin qu'elle double le nombre de ses employés à Montréal.

Imaginez maintenant la réaction de M. Charest s'il avait fallu que M. Landry décide de construire une usine aux frais des contribuables, comme l'envisage le ministre d'État au Développement économique, Michel Audet, pour aider Bombardier à construire son nouveau modèle d'avion. Question à M. Parizeau: si cela devait se confirmer, l'opposition péquiste devrait-elle opter pour la confrontation ou pour le caoutchouc?

mdavid@ledevoir.com




Pour une fête vraiment nationale

Alain Dubuc
La Presse vendredi 4 février 2005

La Société Saint-Jean Baptiste de Montréal et le Mouvement national des Québécois craignent que le gouvernement Charest réduise, comme l'an dernier, la subvention qu'il leur verse pour l'organisation des célébrations de la Fête nationale.

Les deux organismes ont raison sur un point. Le 24 juin est un moment signifiant pour le Québec, qui mérite d'être célébré avec tout le faste que cela mérite et avec les ressources qui permettront à la Fête nationale d'être à la hauteur des attentes des citoyens. C'est un investissement public nécessaire, sur lequel l'État ne doit pas lésiner.

En réduisant la subvention l'an dernier et en menaçant de le faire encore cette année, le gouvernement Charest a commis une erreur. Plus précisément, il s'est contenté d'une demi-mesure. Au nom du respect de l'ensemble des Québécois, et au nom du simple bon sens, il faudrait plutôt retirer complètement l'argent aux deux organismes et confier l'organisation de la Fête à quelqu'un d'autre.

Pourquoi? Parce que la SSJB et le MNQ sont deux organismes dont l'une des principales missions est la promotion de la souveraineté et qui le font, surtout dans le cas de la SSJB, sur un mode que l'on pourrait qualifier de pur et dur. Il n'est pas question de se lancer dans une chasse aux sorcières. La souveraineté a une place importante dans notre vie collective et des regroupements voués à la promotion de la souveraineté sont évidemment bienvenus dans le débat public.

Mais est-il raisonnable de leur confier l'organisation d'une fête qui, par définition, a pour but de rassembler tous les Québécois? La réponse est non. Peut-on, pendant 364 jours de l'année, se consacrer, comme le dit le MNQ, " plus particulièrement à promouvoir la souveraineté ", et, comme par magie, devenir politiquement oecuménique le 365e? La réponse est encore non, même si les organisateurs font des efforts et mettent leur message en sourdine. Pas plus qu'il serait acceptable qu'un gouvernement libéral demande à des fédéralistes de choc de s'occuper du 24 juin.

La décision du gouvernement, en 1984, de confier la Fête nationale à des organismes très politisés, était une erreur de jugement. Elle reposait sans doute sur l'idée que, d'une certaine façon, le 24 juin était la fête des souverainistes, puisque les fédéralistes avaient leur 1er juillet. Cela ne correspond pas à la réalité du Québec.

Le Québec, aux plans sociologique et historique, constitue une nation. Cette conviction d'être une nation est d'ailleurs un lieu de rencontre de la plupart des Québécois francophones, indépendamment de la façon dont ils veulent affirmer et développer l'existence de cette nation. Cette vision de la nation est également partagée par un nombre croissant de Québécois allophones et anglophones.

Et cette nation, qui n'a pas de pays, comme bien des nations, mais surtout, qui est minoritaire, et qui le restera, peu importe son statut, doit déployer des efforts pour se développer et grandir. En ce sens, une Fête nationale est un outil d'affirmation, une expression de fierté, mais aussi un trait d'union entre l'ensemble des Québécois, au-delà de leurs convictions politiques.

Pour cette raison, il tombe sous le sens que le respect de ces différences au sein de la nation québécoise s'exprime dans l'organisation de la Fête, qui doit être confiée à des gens qui sont capables de transcender le débat politique et rassembler tout le monde.

À cela s'ajoute une autre préoccupation. Le 24 juin a cessé d'être la Fête des canadiens français pour devenir la Fête nationale de tous les Québécois, y compris de ses minorités, anglophones et allophones. Pour cela, il faut être capable de tendre la main.

La SSJB, à cet égard, pose problème. Cet organisme a certes pris plusieurs initiatives qui manifestent une volonté d'inclusion, par exemple le fait d'avoir choisi, l'an dernier, Luck Merville comme " patriote de l'année ". Mais cet organisme reste un porte-étendard d'une vision belliqueuse de la défense de la langue française, prône un renforcement de la loi 101, dénonce les prétendues avancées de l'anglais, convie les Québécois à la délation des infractions linguistiques. Assez pour qu'on sente dans ce combat une certaine anglophobie.

Peut-on, par exemple, comme l'a fait la SSJB il y a deux ans, nommer le pamphlétaire Pierre Falardeau comme Patriote de l'année et ensuite vouloir jouer un rôle de trait d'union entre communautés? Peut-on, au mois de mai, inviter le même Falardeau à prendre la parole lors de la Fête des Patriotes, où il traitera entre autres la ministre Sheila Copps de " grosse truie ", et se retourner de bord, le mois suivant, pour inviter tous les Québécois à la fête?

Le Québec a changé. Son nationalisme aussi. Cela doit se refléter dans l'organisation de la Fête.

Adubuc@lapresse.ca




Sondage CROP : Landry se voit montrer la porte

Michel Corbeil
Le Soleil samedi 5 février 2005

60 % des Québécois veulent son départ, sans parler des sympathisants du PQ

Bernard Landry est un chef de plus en plus mal aimé. Pas moins de 60 % des Québécois souhaitent maintenant son départ de la présidence du PQ. Un sympathisant péquiste sur deux entretient la même pensée.

Un sondage CROP-Express, conduit pour La Presse et Info-690, indique que Bernard Landry n'arrive pas à profiter personnellement des malheurs qui accablent le Parti libéral du Québec et son leader Jean Charest.

Au moment où le PLQ s'enfonce au chapitre des intentions de vote, la cote de Bernard Landry, elle, ne se redresse pas. L'enquête d'opinion, réalisée entre 20 et le 31 janvier, indique que le nombre d'électeurs qui croient que M. Landry doit quitter la tête de sa formation augmente.

D'après CROP, 60 % veulent son départ. En août, ils étaient 51 %. Entre les deux coups de sonde, la firme Léger Marketing a estimé que 57 % voulaient qu'il se retire.

"De 51 % à 60 %, c'est une tendance, a tranché Claude Gauthier, vice-président de la maison de sondage. Ce qui a beaucoup diminué, ce sont les gens qui disent "non" à son départ." Il y a six mois, 44 % des personnes interrogées tenaient à ce qu'il demeure en poste. Ils ne sont plus que 28 % à se ranger derrière lui.

Selon l'enquête, au sein même des citoyens qui accordent leur vote au Parti québécois, 51 % veulent le retrait de l'actuel chef péquiste. "Il y a comme un problème de leadership, une certaine remise en question, a fait observer Claude Gauthier. C'est sûrement un avertissement au PQ qu'il se passe quelque chose."

Cet instantané politique est pris à un moment où tout semble calme en vue du vote de confiance qui attend le leader, en juin, au congrès du PQ. "La question du leadership est peut-être moins discutée entre les militants, fait savoir M. Gauthier. C'est là qu'on voit qu'il y a une différence entre l'opinion des militants et celle des gens qui votent" pour une formation politique.

La concurrence

Non seulement son départ est-il majoritairement souhaité, mais en plus Bernard Landry voit la concurrence s'affirmer pour le détrôner comme meilleur chef pour conduire le Parti québécois à la victoire. Comme en novembre et en août, les sondés nomment le bloquiste Gilles Duceppe à titre de leader idéal pour ramener le PQ au pouvoir.

Cette fois, le meneur du Bloc québécois à Ottawa éclipse son ami Bernard Landry. Vingt-huit % lui accordent leur confiance. M. Landry n'a l'appui que de 11 % des Québécois.

En fait, il est devancé par deux personnes qui ne cachent pas leur ambition de se porter candidats à une éventuelle course à la direction. François Legault obtient 13 %. Surtout, Pauline Marois récolte 18 %. André Boisclair, jeune retraité de la députation péquiste, a 8 %.

Au sein même de l'électorat péquiste, M. Landry est rejoint par Mme Marois. Tous deux recueillent 19 % d'appui comme meilleur chef chez cette clientèle. C'est presque deux fois moins que M. Duceppe (34 %). François Legault n'arrive pas à rallier plus de 12 % des sympathisants du parti souverainiste.

Québec continue d'être difficile à amadouer pour Bernard Landry. Trois présidents d'associations péquistes de la région souhaitent une course à la direction. Le quotidien The Gazette a indiqué qu'un autre président - Daniel Lévesque, dans Montmorency - estime que le leadership de M. Landry est loin de faire l'unanimité.

CROP rapporte que 67 % des citoyens de la capitale sont d'accord pour que le chef péquiste démissionne, sept points de plus que la moyenne au Québec. C'est ici que Gilles Duceppe - "un gars de Montréal", a suggéré Claude Gauthier - fait moins bonne figure à titre de "meilleur chef". Il demeure premier avec 25 % des préférences exprimées.

Dans la capitale, Bernard Landry n'a que 11 % de la faveur populaire. André Boisclair a 12 %. François Legault et Pauline Marois suivent le chef bloquiste, à égalité à 19 %.

Absent dans les médias

Le vice-président de CROP a estimé que Bernard Landry ne s'est pas beaucoup fait entendre dans les médias, ces derniers temps. "On verra bien. La balle est maintenant dans le camp de M. Landry - qui doit décider s'il quitte. Et, pour sa succession, il faut voir si M. Duceppe acceptera de changer de niveau de gouvernement."

M. Gauthier a signalé que "ce ne serait pas la première fois" qu'un chef proviendrait d'Ottawa. Lucien Bouchard a quitté le Bloc pour diriger le PQ, en 1996. Jean Charest a fait de même, en 1998, pour prendre la tête du Parti libéral du Québec.

Pour réaliser le sondage, CROP a rejoint 982 personnes pour des entrevues téléphoniques. Deux cents sondés proviennent de la région de Québec, 495 de Montréal et 287 du reste de la province. À l'échelle du Québec, cet échantillon donne une marge d'erreur est de 3 %, 19 fois sur 20. Dans une note interne, le PQ a cependant affirmé, jeudi, que les résultats du coup de sonde sur les intentions de vote comportait des erreurs, notamment en ce qui a trait aux pronostics portant sur la région de Québec.

MCorbeil@lesoleil.com




Mise au point du Parti Québécois concernant un article publié dans La Presse du 6 février 2005

Parti Québécois
Montréal, le 6 février 2005

Montréal, le 6 février 2005 – Le Parti Québécois tient à rétablir les faits à la suite de la parution d’un article, le 6 février 2005 dans le quotidien La Presse, intitulé Le PQ dans une mauvaise passe. Dans cet article, on mentionne que le Parti ne compte que 50 000 membres et qu’il manque d’argent. Le Parti tient à mentionner que les véritables informations ont été communiquées aux journalistes qui en ont fait la demande et que les faits présentent un portrait fort différent de celui présenté dans cet article.

Le nombre de membres qui peuvent participer et voter à l’occasion des activités du Parti est de 95 000. Ce nombre se détaille de la façon suivante : 70 000 membres en règle et 25 000 membres à renouveler. Un membre en règle devient membre à renouveler le jour où sa carte expire et a un an pour régulariser son statut. Un membre à renouveler conserve donc tous ses privilèges. Comme la campagne de renouvellement, de recrutement et de financement du Parti se tient à compter du mois de février, le nombre de membres à renouveler augmente donc toujours en début d’année pour ensuite redescendre.

Le fichier du Parti Québécois contient 125 000 noms. Il est composé des membres en règle, des membres à renouveler, des membres échus (dont les noms sont conservés 4 ans) ainsi que le nom des personnes qui participent au financement sans être membres.

En 2004, le Parti Québécois a récolté la somme de 3 156 000 $. Si, en 2003, la moitié de ses associations de circonscription n’avaient pas été en mesure de verser leur contribution pour les services nationaux du Parti, ce nombre a considérablement baissé l’an dernier pour se fixer à une trentaine. La tournée de formation présentement en cours porte à croire que la campagne de financement et de recrutement 2005 améliorera encore ce bilan.

Le Parti Québécois a hérité d’une dette importante à la suite des dernières élections, mais sa situation financière ne cesse de s’améliorer. Le Parti commence à rembourser sa dette, sa capacité d’action s’est rétablie. Des choix ont été faits et des changements ont été apportés à son fonctionnement. À titre d’exemple, le Parti a réorienté des ressources autrefois investies dans le fonctionnement de sa permanence et les a redirigées vers l’organisation politique et le service des communications. La fréquence des sondages n’a pas diminué.

Le Parti Québécois tient également à rappeler que les congrès préalables au congrès national sont présentement en cours et que la participation constatée est supérieure à ceux tenus en 2000. Au total, ce sont plus de 5 000 personnes qui auront participé aux congrès de circonscription.

Finalement, contrairement à l’impression laissée par l’article de ce matin concernant le nombre de membres, nous tenons à souligner que plusieurs circonscriptions ont connu l’automne dernier des succès éclatants en matière de recrutement, dont celle de Verchères avec 300 nouveaux membres. L’exemple suivant est également probant : vendredi dernier, 4 février 2005, M. Bernard Landry participait à une soirée organisée par le comité national de la citoyenneté et de l’intégration (CNCI) du Parti à laquelle assistaient une centaine de représentants de la communauté maghrébine. À la fin de cette soirée, le Parti Québécois comptait 20 nouveaux membres.




Le drôle de jeu de balançoire : Le PQ doit prendre position pour attirer les électeurs, croit Paul Bégin

Michel Corbeil
Le Soleil samedi 5 février 2005

Paul Bégin a son idée sur le drôle de jeu de balançoire qui se joue entre le PLQ et le PQ. Alors que le Parti libéral de Jean Charest descend, le Parti québécois n'arrive pas à monter dans les sondages parce qu'il ne propose ni position ni solution claire à l'opinion publique, avance l'ex-ministre péquiste.

Lors d'une entrevue téléphonique, M. Bégin a exprimé cet avis. Il a manifesté son intention de bousculer le plan de match de la haute direction en proposant aux militants, réunis en conseil national, la fin de semaine prochaine, de voter pour préparer à compter de juin des états généraux régionaux.

Celui qui a été député de Louis-Hébert de 1994 à 2003 a commenté le récent sondage publié par LE SOLEIL. Selon CROP, le PLQ est tombé à un creux quasi historique, avec 31 % des intentions de vote, un niveau qu'il n'a jamais atteint depuis 1998. Le sondeur affirme que l'appui au PQ est demeuré stable, à 40 %, depuis la dernière enquête d'opinion, mais que l'Action démocratique du Québec a récupéré le mécontentement, en faisant grimper sa cote à 24 %.

Pour Paul Bégin, la "dégringolade" du gouvernement Charest devrait logiquement profiter à la formation politique de Bernard Landry. "C'est comme une balançoire. Or, il m'apparaît qu'un côté de la balançoire descend, mais que l'autre côté ne monte pas. Pas proportionnellement parlant, en tout cas."

M. Bégin n'est pas impressionné par la note interne du PQ qui attaque la validité des résultats obtenus par CROP, en suggérant que le soutien à l'ADQ est surestimé et que les gains péquistes sont sous-estimés. Un sondage peut comporter de "petits et même de gros défauts, (...) mais s'il y en a 10 qui ont le même défaut", une tendance se dégage.

"C'est clair que le Parti québécois ne gagne pas de points, a poursuivi le souverainiste au long cours. Pourquoi ? Parce qu'on ne se prononce pas."

Paul Bégin a donné l'exemple du chroniqueur du Devoir Michel David, qui "fait reproche à Bernard Landry de ne pas se prononcer dans le dossier (portant sur l'emplacement de l'hôpital universitaire) du CHUM", à Montréal. "Sur le terrain, je dis que, compte tenu que nous (le PQ) ne proposons rien sur les enjeux fondamentaux qui ont cours et d'autres que nous pourrions susciter, il n'est pas étonnant que la balançoire se comporte ainsi."

M. Bégin veut provoquer les événements. L'association péquiste qu'il préside - Louis-Hébert - soumettra au conseil national un amendement au plan d'action 2005, concocté par les dirigeants de son parti, plan qu'il juge durement. "Dans le texte (soumis aux membres), du 6 juin (au lendemain du congrès national) jusqu'au 31 décembre, il ne s'y trouve aucune action spécifique, sauf la journée pour souligner les 10 ans du référendum du 30 octobre 1995. C'est inacceptable."

La proposition de Louis-Hébert vise à lancer le PQ dans une vaste opération de consultation. Elle propose qu'entre septembre 2005 et décembre 2006, des états généraux se tiennent dans les différentes régions. Chacune choisirait trois thèmes. L'exercice serait ouvert à la population en général.

M. Bégin a repoussé les arguments que lui auraient fait valoir les dirigeants du PQ. "Ils vont vous dire que l'idée reprend celle des conseils thématiques qu'ils proposent de lancer, dans leur plan d'action."

Ces forums ne peuvent avoir lieu avant six mois, a d'abord critiqué M. Bégin. De plus, ils se limiteraient aux militants péquistes, a-t-il poursuivi. Moins de thèmes pourraient être abordés et ils seraient choisis par les instances nationales, a-t-il terminé. "C'est une distinction majeure. L'initiative vient d'en haut, pas d'en bas."

Il a fait valoir qu'il a été engagé dans une aventure semblable, en 1992. Des états généraux du PQ avaient débouché sur une plate-forme politique qui a donné la victoire, en 1994, à Jacques Parizeau. "Si nous voulons gagner, a-t-il laissé tomber, ce n'est pas en regardant Jean Charest se planter."

MCorbeil@lesoleil.com




Baisse de popularité - Confiant malgré les sondages, Bernard Landry reste

Bernard Lamarche
Le Devoir lundi 7 février 2005

Bernard Landry n'envisage aucunement de quitter la direction du Parti québécois bien qu'un sondage de la maison CROP révèle une chute de sa popularité au profit de Gilles Duceppe, l'actuel chef du Bloc québécois.

Le sondage commandé par La Presse et publié samedi dévoile que pas moins de 60 % des répondants estiment que Bernard Landry devrait se retirer de la direction du PQ. Le résultat est de neuf points de pourcentage de plus élevé qu'en août dernier. Les résultats de ce sondage ont été glanés auprès de 982 personnes, du 20 au 31 janvier derniers. Seulement 28 % des gens croient que Landry devrait conserver son poste, comparativement à 44 % en août dernier. Du lot, une majorité d'électeurs péquistes (51 %) souhaite son départ (40 % en août). Les rangs des péquistes toujours en faveur de Landry dans le rôle de chef de parti ont aussi diminué, de 52 % en août à 44 % fin janvier.

Joint hier au congrès du PQ de la circonscription de Verchères, M. Landry a soutenu que «les échos que j'ai du terrain et les vérifications que je fais me disent que j'ai raison d'avoir confiance». De plus, les militants croient «que je dois diriger ce parti, non seulement vers les élections, mais aussi vers l'indépendance, et que je suis bien placé pour le faire».

Sur la question référendaire, la pensée de Bernard Landry s'est un peu assouplie. «Ma première position était le plus tôt possible. L'exécutif national proposait la première moitié du mandat. Je cherche un compromis, et je pense que je vais l'avoir : c'est le plus tôt possible à l'intérieur du mandat. Je ne reste pas sur ma position initiale, buté, mais je veux qu'on change aussi l'obligation de la faire dans la première moitié.» M. Landry parle de souplesse, mais d'engagement.

Réaction de Duceppe

Alors qu'il est bon premier dans le sondage CROP-La Presse, 28 % des répondants croient qu'il est le chef le plus à même de mener le PQ à la victoire, et Gilles Duceppe a quant à lui réitéré sa confiance envers Bernard Landry. Joint au téléphone à Rivière-du-Loup où il était de passage pour le congrès du Forum jeunesse du Bloc québécois, M. Duceppe a aussi rejeté la possibilité de faire le saut en politique provinciale. «Le budget s'en vient et possiblement une élection. Il en va d'être responsable, et ça veut dire que je dirigerai le Bloc lors des prochaines élections.» M. Duceppe entend continuer à défendre les intérêts du Québec à Ottawa, de même que de jouer un rôle «important dans l'ensemble du mouvement souverainiste.» Il prend le sondage avantageux de la fin de semaine comme une source de motivation.

Le contexte houleux de la politique québécois donne au chef du Bloc des arguments pour renforcer son action. «On est en politique pour se donner un pays. [...] Il y a un gouvernement au Québec qui a réussi une chose que l'on tente tous d'obtenir en politique, c'est-à-dire l'unanimité. Sauf qu'il l'a réussi contre lui. À Ottawa, on a un premier ministre qui n'est pas un homme de décision, mais un homme d'hésitations.» M. Duceppe est catégorique : cette fin de semaine, il a rencontré des jeunes au Forum jeunesse du Bloc qui se disent impatients d'accéder à la souveraineté.

Finances et effectif

Par ailleurs, le Parti québécois a précisé que ses finances et son effectif n'étaient pas une source de craintes, contrairement à ce que déclarait dans Le Devoir de samedi le militant François Rebello. M. Landry a précisé que 95 000 personnes peuvent actuellement participer et voter à l'occasion des activités du PQ. Ce nombre se détaille ainsi : 70 000 membres en règle et 25 000 membres à renouveler.

Côté finances, le PQ a récolté plus de trois millions en 2004. Par rapport à l'année précédente, selon l'ancien premier ministre, ce résultat constitue une augmentation considérable. «Ce n'est pas la misère», a-t-il commenté. Les récents congédiements de l'attachée de presse de M. Landry, Anik Bélanger, et du sondeur maison du PQ, Michel Lesage, n'ont rien à voir avec de supposées difficultés financières du parti.




Le fruit de la Saison des idées : une souveraineté provinciale

Claude Bariteau, André Campeau, Natacha Gagné,
Stéphane Harrisson, Hugues Leclair, Jacques Lamothe,
Marcel Lefebvre, Jean-Pierre Roy, Louise Sarda

Membres du Conseil d’administration du
Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ)
TRIBUNE LIBRE 11 février 2005

(version courte)

Au terme de la Saison des Idées, le conseil exécutif national du Parti Québécois (PQ) a fait une proposition d’amendement que seront appelés à ratifier les délégués au Congrès de juin 2005. Il y est dit que le PQ initierait une coalition des groupes qui font la promotion du pays du Québec. Nous avons analysé le contenu de cette proposition. Si elle est adoptée telle quelle, les membres du CA du Rassemblement pour l’indépendance du Québec refuseront de se coaliser sous le PQ. Voici pourquoi.

La proposition avance que le PQ entend « effectuer des démarches de reconnaissance internationale auprès des États de la communauté internationale ainsi que des demandes d’admission aux organisations internationales (point 81) ». Or, elle limite la portée des démarches puisqu’il est aussi dit que le PQ « entend assumer les obligations et qu’il jouit des droits énoncés dans les engagements internationaux auxquels le Québec et le Canada sont parties (point 83) ».

Il s’agit là d’un recul car, dans le programme du PQ de 2000, il est indiqué que le Québec « assumera les obligations et jouira des droits énoncés dans les traités, les conventions ou les ententes internationales pertinents, auxquels le Canada ou le Québec sont parties », ce qui impliquait l’ALÉNA et tous les organismes dont le Canada est membre.

Ce faisant, cette proposition modifie substantiellement la souveraineté envisagée. Avec elle, le Québec ne participerait de plein droit qu’à quelques organismes internationaux avec l’aval du Canada, soit des institutions spécialisées sous l'égide du Conseil économique et social de l'ONU, auxquelles il est possible de participer sans être un État souverain membre des Nations Unies.

Dans cette proposition, il est aussi dit que le PQ entend « manifester la volonté du gouvernement du Québec de négocier et de conclure un accord international visant le maintien de la liberté de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux entre le Québec et le Canada et de soumettre cet accord à l’approbation de l’Assemblée nationale (point 82) ».

Cette proposition contient des failles majeures.

Premièrement, si le Canada ne veut pas d’un tel accord, ce qui est fort probable, la démarche envisagée débouchera sur un cul-de-sac. Deuxièmement, le document n’explique pas le contenu de l’accord et ne fait écho ni à une armée du Québec, ni à un organisme de régulation douanière. Il en découle qu’à la suite de cet accord, la protection du territoire du Québec serait entre les mains du Canada et que les douanes demeureraient canadiennes. Troisièmement, peu après que le peuple québécois se soit prononcé lors d’un référendum, l’Assemblée nationale aurait, toujours selon la proposition, le mandat de ratifier un accord avec le Canada, ce qui pourrait limiter l’exercice de la souveraineté du peuple québécois. Si le peuple québécois se prononce en faveur de sa souveraineté, il devrait aussi se prononcer sur cet accord. Il est démocratiquement inadmissible que l’Assemblée nationale puisse restreindre sa souveraineté.

Il y a plus. Dans la proposition d’amendement du Conseil exécutif national du PQ, le terme sécession n’apparaît pas. Or, si la souveraineté du Québec ne consiste pas à faire sécession du Canada, elle ne saurait donner naissance à un État souverain membre des Nations Unies.

En somme, tous ces éléments (limitation des successions, offre d’accord, silence sur l’armée, entorse à la démocratie et pas de sécession) révèlent que la souveraineté recherchée est l’obtention d’une souveraineté provinciale élargie qui ne change pas le régime politique et fait en sorte que le Québec demeure dans le Canada.

Au Congrès de juin 2005, si les délégués du PQ adoptent la proposition du Conseil exécutif national du PQ, ils diront aux promoteurs de l’indépendance qu’ils ne veulent pas d’un pays indépendant. Le Rassemblement pour l’indépendance du Québec ne s’associera jamais à cette dérive. Il travaillera plutôt à la création d’un nouveau véhicule pour accéder démocratiquement à l’indépendance.




PQ - Une souveraineté provinciale et point d’indépendance

Claude Bariteau, André Campeau, Natacha Gagné,
Stéphane Harrisson, Hugues Leclair, Jacques Lamothe,
Marcel Lefebvre, Jean-Pierre Roy, Louise Sarda

Membres du Conseil d’administration du
Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ)
TRIBUNE LIBRE 11 février 2005

(version intégrale)

Au terme de la Saison des Idées, le Conseil exécutif national du Parti Québécois propose : Une souveraineté provinciale et point d’indépendance

Le Parti Québécois (PQ) a fait de l’année 2004 la Saison des Idées comme l’y avait invité Bernard Landry en octobre 2003. Trois rapports de chantier ont alimenté des débats internes. Il en est ressorti un document intitulé Le Grand chantier qui contient un Projet de pays. C’est ce document que seront appelés à ratifier, avec ou sans modifications majeures, les délégués au Congrès de juin 2005.

Dans ce document, au point 94 de la page 16, sous le titre Coaliser les groupes favorables au pays, il est dit que le PQ initierait, avec le Bloc Québécois (BQ), une coalition de l’ensemble des groupes qui font la promotion du pays du Québec, dont le Rassemblement pour l’indépendance du Québec (RIQ). Nous avons analysé le contenu de la proposition d’amendement du conseil exécutif national du PQ. Si elle est adoptée telle quelle, les membres du CA du RIQ refuseront de se coaliser sous le PQ. Voici pourquoi.

Cette proposition d’amendement au programme du PQ énonce un principe selon lequel le Québec sera « un pays capable de se donner toutes les lois (…) et de négocier, en son nom propre, des traités et conventions avec les autres pays (p. 3, point 4) ». Elle comprend aussi un projet de négocier et de conclure un accord de libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux entre le Québec et le Canada.

Le document, qui détaille cette proposition d’amendement, traite abondamment de la souveraineté envisagée sans préciser clairement ce qu’elle impliquera. Quant à l’offre d’accord, son contenu est à peine esquissé. Il s’agit pourtant d’un accord qui peut avoir d’importantes conséquences sur l’exercice de la souveraineté. Ces deux points, au cœur de la proposition d’amendement, font entrevoir un pays au statut différent des pays membres à part entière des Nations Unies.

La souveraineté

La proposition d’amendement avance que le PQ posera des gestes de souveraineté nationale à la suite d’un référendum portant « sur l’accession du Québec au statut de pays (p. 13, point 69) ». Elle dit aussi qu’il en posera pour affirmer la souveraineté internationale du Québec et signale, à cet effet, que le PQ entend « effectuer des démarches de reconnaissance internationale auprès des États de la communauté internationale ainsi que des demandes d’admission aux organisations internationales (p. 14, point 81) ».

Un tel énoncé invite à penser que le Québec entend être membre de plein droit de tous les organismes internationaux et y assurer la succession du Canada à la suite de sa sécession de ce pays. Or, au point 83 (p. 14), la proposition d’amendement limite la portée des démarches envisagées. Il y est dit que le PQ déclarera qu’il « entend assumer les obligations et qu’il jouit des droits énoncés dans les engagements internationaux auxquels (nous soulignons) le Québec et le Canada sont parties et entreprendre des négociations relatives à la succession du Québec à ces engagements (p. 14, point 83) ».

Ainsi formulée, cette proposition avance que, sans les nommer, seuls sont visés les organismes auxquels le Québec est déjà associé avec le Canada et exclut, par le fait même, que le Québec assumera la succession du Canada dans les organismes auxquels seul le Canada est partie. Ce point est majeur. Dans le programme du PQ de 2000, sous le titre Les relations internationales, il est clairement indiqué que le Québec « assumera les obligations et jouira des droits énoncés dans les traités, les conventions ou les ententes internationales pertinents, (nous soulignons) auxquels le Canada ou le Québec sont parties, à la date de l’accession à la souveraineté (p. 23) ».

En changeant le « ou » par un « et » et en permutant l’ordre des termes Canada et Québec, les auteurs de cette proposition d’amendement modifient substantiellement la souveraineté envisagée dans le programme du PQ de 2000. Avec cette proposition, le Québec ne participerait de plein droit qu’à quelques organismes internationaux avec l’aval du Canada, soit les institutions spécialisées sous l'égide du Conseil économique et social de l'ONU telle que l’Organisation mondiale de la santé (OMS). On comprend ici pourquoi, dans la proposition d’amendement, ce sont à ces organismes auxquels il est fait écho à la page 10 du document lorsqu’il est question des organismes internationaux. S’agissant de ces organismes, pour en être membre, il n’est pas nécessaire d’être membre des Nations unies. C’est aussi le cas de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).

Le programme du PQ de 2000 était transparent sur ce point. Il avançait que le Québec, après sa sécession du Canada, sera membre à part entière de tous les organismes internationaux auxquels participent les États souverains membres des Nations unies et y assumera la succession du Canada. Cela impliquait l’ALÉNA et tous les organismes dont le Canada est membre, ce qui comprend le Commandement de la défense de l’Amérique du Nord (NORAD). Avec cette proposition d’amendement, ce ne sera plus le cas. C’est une limitation inacceptable de la souveraineté du Québec.

L’offre d’accord

Dans la proposition d’amendement, il est dit que le PQ entend « manifester la volonté du gouvernement du Québec de négocier et de conclure un accord international visant le maintien de la liberté de circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux entre le Québec et le Canada et de soumettre cet accord à l’approbation de l’Assemblée nationale (p. 14, point 82) ». Cette proposition contient trois failles.

Après avoir gagné le référendum envisagé, le Québec ne sera pas en position pour signer un accord international. C’est la première faille. Pour signer, le Québec devra d’abord être reconnu comme État souverain. La reconnaissance du Québec implique la reconnaissance par le Canada du statut d’État souverain pour le Québec. Si le Québec n’a pas été reconnu par le Canada, il ne pourra pas signer un accord international. Il sera en mesure uniquement de signer un accord d’une province avec le Canada, comme c’est présentement le cas. Présumer le contraire, c’est imaginer que le Canada reconnaîtrait le Québec en signant cet accord. Si le Canada ne veut pas d’un tel accord, ce qui est fort probable, la démarche envisagée devient à haut risque. Le RIQ a toujours été clair sur ce point. Il importe de concevoir la souveraineté sans la lier à un quelconque accord et, surtout, sans présumer que le Canada reconnaîtrait le Québec en le signant.

La deuxième faille est le contenu de l’accord envisagé. Le document ne l’explique pas. Actuellement, la liberté de circulation se pratique à l’intérieur du marché canadien sur un territoire qu’il revient au Canada de protéger par des lois, des mécanismes de contrôle, des forces policières et militaires. L’accord envisagé sera-t-il celui de deux États souverains, chacun ayant une armée et des douanes, qui, à l’aide d’un organisme commun, assureront la gestion et la protection du territoire pour maintenir la liberté de circulation ? Dans ce cas, la souveraineté du Québec serait assurée par le Québec et il y aurait un organisme commun pour harmoniser les politiques. Or, le document ne fait écho ni à une armée du Québec, ni à un organisme de régulation douanière. Cet accord conduira-t-il plutôt au maintien de la protection sous contrôle canadien ? Si c’est le cas, c’est le Canada, avec son armée, qui assurerait cette protection et l’accord préciserait les modalités.

La troisième faille est le mandat confié à l’Assemblée nationale. Peu après que le peuple québécois se soit prononcé lors d’un référendum, l’Assemblée nationale aura, selon la proposition d’amendement, le mandat de ratifier un accord avec le Canada. Elle pourrait alors limiter l’exercice de la souveraineté du Québec à l’encontre de l’expression de la volonté populaire. Pour que l’Assemblée nationale ait ce pouvoir, il faut que la question posée précise ce que sera la souveraineté avec l’accord. Si ce n’est pas le cas, l’Assemblée nationale n’a pas de tel mandat.

Les pays européens, qui ont accepté d’avoir une monnaie et des douanes communes, ont procédé par référendum, ce qui pourrait être fait aussi à l’occasion d’une élection portant sur l’accord. Aussi nous apparaît-il incontournable que le peuple québécois se prononce sur cet accord par élection ou par référendum comme cela était prévu antérieurement. Au référendum de 1980, une consultation populaire était envisagée à la suite d’une entente sur une association économique. En 1995, il était précisé qu’en cas de mésentente sur le projet de partenariat, projet contenu dans la question, l’Assemblée nationale pouvait procéder. Avec la proposition d’amendement, si le peuple québécois se prononce en faveur de sa souveraineté, cette souveraineté lui appartient. L’Assemblée nationale ne peut pas en restreindre le sens et la portée. Une telle procédure est démocratiquement inadmissible.

Affirmer la sécession

La souveraineté du Québec, si elle ne consiste pas à faire sécession du Canada, ne saurait être celle d’un vrai pays. Or, dans la proposition d’amendement, le terme sécession n’apparaît pas. Dès lors, tous ces éléments (limitation des successions et absence du Québec dans tous les organismes auxquels participent les États souverains, offre d’accord, silence sur l’armée, entorse à la démocratie) mis ensemble révèlent que la souveraineté recherchée n’est pas celle des États souverains membres des Nations unies.

La déclaration de principe (du point 4) qui semble avancer que le Québec serait un État souverain comme les autres États souverains et l’affirmation (du point 81) qui annonce une demande d’admission et de reconnaissance sur la scène internationale s’inscrivent dans un document qui restreint leur portée. Elles ne peuvent donc pas être interprétées comme menant à l’indépendance du Québec. L’évacuation de tous les éléments associés à la souveraineté du Québec présents dans le programme de 2000 en témoigne.

Cette proposition d’amendement fait uniquement la promotion de l’obtention pour le Québec, après un accord avec le Canada, d’un statut différent, soit une souveraineté provinciale élargie, par rapport à la situation actuelle. Avec elle, le Québec ne change pas de régime politique et demeure dans le Canada.

Au Congrès de juin 2005, si les délégués du PQ l’adoptent, ils diront aux promoteurs de l’indépendance du Québec, qui sont très nombreux dans la société civile québécoise et dans les différents partis politiques québécois, qu’ils ne veulent pas d’un pays indépendant. Il reviendra alors à ces promoteurs de se doter d’un nouveau véhicule pour accéder démocratiquement à l’indépendance.




Landry is paper tiger

Josée Legault
The Montréal Gazette February 11, 2005 Friday

Birds gotta fly. Fish gotta swim. So must Bernard Landry bring up sovereignty and flex his muscles at Ottawa just before his party holds a meeting.

For Landry, heading tomorrow for Trois Rivieres for a national council, this ritual has become vital, especially after a recent La Presse-CROP poll showed 60 per cent of Quebecers and 51 per cent of Parti Quebecois voters want him to quit.

So on Wednesday, the PQ leader declared: "We will get national independence" in five years. On Thursday, he called a press conference to demand Paul Martin and Jean Chretien apologize to Quebecers for the sponsorship scandal. He also asked Jean Charest to go to the Gomery Commission and demand Ottawa promise to never again violate Quebec's rules on referendum spending limits.

Those two things are as likely as Princess Diana rising from the dead to slap Prince Charles for marrying Camilla.

Last June 23, Landry also said : "There will be a referendum in five years." The PQ leader always likes to mix sovereignty with numerology. In 2001, he said Quebec would be sovereign by 2005 in time for the Summit of the Americas. In 2002, it would happen within the next 1,000 days. Then it was 3,000 days.

In the fall of 2004, he promised a referendum within the first half of a PQ mandate. Two days later, he backtracked and said it would be "as soon as possible."

Landry also likes to mix concepts. In 2003, he ditched independence and advocated a confederal union. In 2004, he changed his mind and ditched the confederal union. Last fall, he said he'd spend public funds to promote sovereignty if he became premier again - something he refused the last time around.

Yesterday, he called that "propaganda" and "brainwashing," saying he'd spend public money the way Robert Bourassa did to "study" the federalist and sovereignist options.

Having trouble following? Wait. There's more:

In Saturday's La Presse, he said: "I have made a decision. There will no deadline for a referendum, nor any referendum on the adoption of a constitution. We are going back to winning conditions or the moral obligation to win." Finally, a clear statement.

What this says to PQ members is should the PQ return to power, it will also return to Lucien Bouchard's "winning conditions." This means the PQ will not seek a mandate with a clear commitment to make the promotion and achievement of sovereignty its first priority.

What it also means is this wait-and-see position, which under Bouchard gave way to five years of complete inaction on sovereignty, comes in a packaged deal with Landry himself. If PQ members give him his vote of confidence at their June convention, they will get Bouchard's approach, too.

For someone who knows the meaning of words, even in Latin, Landry's surprise statement on the return to "winning conditions" is not gratuitous. It is part of his strategy to kill two birds with one stone next June.

First, to get his confidence vote and remain leader. Second, to get rid of the Parizeau strategy, which is popular among the PQ's rank and file in which the PQ would ask for a clear mandate to promote and achieve sovereignty by trying to win a referendum on the constitution of an independent Quebec.

This is what will matter at next June's convention: Behind the vote of confidence will lie the paramount stake of the party's own option and whether or not it is to be a PQ government's ultimate priority.

With Landry's attempt to do away with the pro-active Parizeau approach comes the intention of silencing what is left of the so-called harder-line faction - something Bouchard did with diligence throughout his premiership to the point of decreasing the party membership to its lowest level in 15 years.

So it was ironic to hear Landry resort to Bouchard's approach the same week he denounced Chretien's post-referendum strategy in which he made national unity his No.1 priority and his duty as prime minister to fight separatism with massive resources, even at a time of deficit-cutting.

Bouchard, after all, was the one who failed to offer any counter-strategy to Chretien's. He chose instead to concentrate on his zero-deficit policy, refusing to spend a cent on sovereignty while waiting for imaginary winning conditions.

It was also ironic to hear Chretien at the Gomery Commission tell of how he feared Bouchard would quickly hold another referendum after the last one, which, Chretien said, the PQ would have won.

Instead, Bouchard, the great messiah, turned out to be a paper tiger reduced to bring up sovereignty as a ritual before PQ national councils. Now, Bouchard's do-nothing "winning conditions" are what Landry wants to go back to.

So the PQ will have to decide in June whether it wants another paper tiger as its.