
"Du confort et de l’indifférence" … de René Lévesque
François Perrier
TRIBUNE LIBRE 9 mars 2005
du 26 juin 2003, au 8 mars 2005 (version améliorée).
Surpris par la virulence des propos de plusieurs critiques québécois à l’endroit du cinéaste Denys Arcand, j'étais allé voir le film "Les invasions barbares". Établissons d’entrée de jeu que les « ti-counes provinciaux » auxquels on fait allusion dans « Barbares » se réfèrent bien plus à nos 'zélites repues', qu'au bon peuple marginalisé, et sortant plutôt indemne de la caractérisation. Plus confus que jamais par la hargne dirigée contre Arcand, j’ai alors visionné deux de ses films les plus controversés, « On est au coton », réalisé en 1968-69, mais distribué par l’ONF seulement en 1975 tellement le sujet était brûlant en 1970. Suivi de "Le déclin de l'empire américain" (1986). Puis coup sur coup, j'ai visionné "Jésus de Montréal" de 1989, et la série "Duplessis" et "Le (sic !) crime d'Ovide Plouffe". Ébloui par la pertinence encore aujourd’hui de ce "Confort et indifférence" d'Arcand, lequel faisait appel à Machiavelli et son Prince, pour expliquer la défaite référendaire de 1980. Après un visionnement répété sur vidéo cassette, j’ai transcris à la main levée la première partie du scénario du film, alors que dans toute son actualité, nous avons le bien petit prince Landry s'accrochant aux vestiges d'un pouvoir déchu.
"Le confort et l'indifférence " explique de façon magistrale, les raisons de cette défaite lors du référendum du 20 mai 1980, et préfigure la défaite référendaire de 1995, ET DE TOUT FUTUR RÉFÉRENDUM, si on s'en tient aux ténors péquissses d'aujourd'hui. Il est bon de se demander pourquoi le trio Parizeau, Bouchard, Dumont et Cie, n’en avaient pas tiré leçon en 1995. Et la réponse est claire : ils ne voulaient pas gagner, mais seulement "faire semblant" comme l’a si bien noté le fédéraste Jean Paré, ex éditeur de la revue L’Actualité, dans un article-rétrospective, lors du passage du siècle dernier. Arcand qui a été un nationaliste (son association professionnelle avec Pierre Godin en fait foi), et il fait figure de pourfendeur du camp pseudo souverainiste et néo-libéral. Il est en réalité un cinéaste désabusé autant par l’hypocrisie et la mauvaise foi de la plupart de nos zélites, ce qui l'a poussé dans la neutralité politique. Puis ne pouvant résister à l'appât du gain et révolté par le spectacle dégouttant que donnent d'elles-mêmes nos zélites, il en est venu à les parodier dans ses films, versant effectivement par après, dans le camp fédéraste.
Pour bien démarquer Machiavelli/Arcand de mes commentaires, leurs énoncés sont mis entre guillemets, alors que les miens sont précédés de la mention FJP. Le film de 1981 ouvre sur une affirmation qui serait tirée du 2ième paragraphe de la déclaration d’indépendance des Etats-Unis d'Amérique, à savoir que -
"Les hommes préfèrent toujours subir les malheurs supportables, plutôt que de redresser et abolir les formes de gouvernements, auxquels ils sont accoutumés".
FJP. Donc, allusion immédiate au bon peuple québécois, qui n'étant pas dupe de toutes les traîtrises de ses zélites collabos, tergiverse et temporise en 1980, et vote NON. Entre alors en scène le comédien Jean-Pierre Ronfard, jouant le rôle du PRINCE, de Niccolo MACHIAVELLI, (1469 – 1527) -
"Il songeait qu’il n’est d’affaire plus difficile, plus dangereuse à manier, plus incertaine de son succès, qu’entreprendre d’introduire de nouvelles institutions. Car, le novateur a pour ennemis tous ceux que l’ordre ancien favorisait, et ne trouve que de tièdes défenseurs chez ceux que ne favorise pas encore l’ordre nouveau. Leur tiédeur vient en partie, de la crainte des adversaires qui ont les lois pour eux, et en partie du scepticisme naturel aux hommes. Ils ne croient pas volontiers aux nouveautés, tant qu’ils ne les touchent du doigt."
FJ.P - "L'institution" étant l'État du Québec. Apparaît René Lévesque (RL), altier, un des PRINCES en question dans ce film, adressant ce qui semble être l'Assemblée nationale française, (circa 1978 ?).
RL. "Il s’agit d’un peuple (québécois) qui pendant longtemps, s’est contenté pour ainsi dire, de se faire oublier pour survivre, puis, il s’est dit que pour durer valablement il faut aussi s’affirmer – et ensuite que pour bien s’affirmer il peut devenir souhaitable et même nécessaire, de s’affirmer collectivement. Il est donc arrivé, il y aura un an dans quelques jours, qu’un parti soit porté au pouvoir, dont la raison d’être initiale est toujours centrale … JUSTEMENT l’émancipation politique. Il est donc de plus en plus assuré qu’un nouveau pays apparaîtra bientôt démocratiquement sur la carte. Là où jusqu’à présent un État fédéral aurait bien voulu n’apercevoir qu’une de ses provinces parmi d’autres" …
(FJP - retour en scène de MACHIAVELLI, le discours de Lévesque demeurant inachevé).
"Il faut examiner si le réformateur (Lévesque) a le pouvoir de s’imposer, ou s’il dépend d’autrui. Autrement dit, si pour mener à bien son entreprise, il compte sur ses prières ou sur sa force. S’il n’a que ses prières il est inévitablement voué à la faillite ». (FJ.P. On entend en arrière-plan une voix donnant des ordres --, une voix devenant impérieuse à mesure que Machiavelli poursuit son discours). Renchérit le conseiller des princes - "MAIS SI IL DISPOSE DE LA FORCE - SA RÉUSSITE EST ASSURÉE ! Voilà pourquoi tous les prophètes armés furent vainqueurs, et les prophètes sans armes – ÉCRASÉS".
FJP. Avis aux intéressés ! La voix du militaire donnant des ordres se précise, et la Reine du Canada-anglais apparaît à l’écran, accompagnée de son prince-confort, passant en revue leurs troupiers canadiAns. Et voilà pour le SCEPTRE du pouvoir canadiAn. Il est suivi de la carotte, assortie de menaces voilées, dans un gros plan sur leurs BELOVED QUEEN, adressant ses sujets assujettis canadiAns, (en 1982 ?), affirmant que -
"Quel que soit le patrimoine ou l’idéologie qui les différencient, les hommes, depuis toujours, entretiennent trois aspirations fondamentales : la paix, la sécurité, et la liberté. Ils ont fini par former l’étoffe même du Canada. Quand vous vivez en paix, vous jouissez d’un niveau de vie supérieur à celui que connaît 92% de la population mondiale. Et vous appartenez à une démocratie où fleurissent les libertés civiles et les droits de la personne".
FJP - Peace, order and good canadiAn government - OR ELSE ! Et avis à tous les fauteurs de trouble séparatistes ! Gros plan durant l'allocution sur Elliott P. TRUDEAU prenant son air surpris, du genre QUI ? - MOI ! Lui qui aura pourtant écrit le discours menaçant d’Élisabeth II -- laquelle renchérit :
"Et de plus, vos diversités culturelles dilatent (FJP - DILATENT de dérision la rate !) encore vos possibilités d’épanouissement. Une des plus grandes richesses du Canada est en effet celle d’avoir, non pas une, mais deux traditions – la française et la britannique."
FJP. Cause toujours, Queenie ! Une tradition britannique se matérialisant dans un GÉNOCIDE n’ayant rien à envier à l’Holocauste, au nom duquel on a tué et pendu nos ancêtres, violé les femmes, brûlé leurs demeures, confisqué les plus belles terres, puis compromis nos zélites à tout jamais avec le Quebec Act de 1774, nos élites succombant au honneurs et à l'appât du gain, à l’auge du pouvoir. Exactions qui nous rendent 'chers' au monarque britannique et à ses représentant francos-fédérastes. Que le génocide se soit transformé en ethnocide, est la démonstration de tous les 'bienfaits' qui nous tombent dessus, et souligne comment il est peu 'sportif' de notre part, de ressasser de si vieilles doléances !! Changement de tableau - et de nouveau la caméra se pose sur René Lévesque, dans son épître aux jacobins français assemblés, dont certains donnent des signes évidents d’inconfort, pour ne pas dire d'incrédulité, devant autant d’audace du petit caporal séparatiste québécois.
R.L. « Sur quelque deux mille kilomètres du nord au sud, et plus de 1,500 de l’est à l’ouest, le Québec – physiquement du moins --, est la plus grande des contrées du monde dont la langue officielle, soit le français. Plus de 4 sur 5 de ses habitants sont d’origine et de culture française. Hors de l’Europe, nous formons donc la seule collectivité qui soit française de souche. »
FJ.P. Et retour en arrière, dans le film, sur l’arrivée de Lévesque en France, accueilli par l'alors premier ministre Raymond Barre à sa descente d'un jet québécois. Puis c'est au tour des Chefs d’États major interarmes français, de lui serrer la pince. Lévesque, visiblement mal à l’aise et redevenant 'Ti-Poil', sous nos yeux, passe en revue une garde d’honneur en tenue d’apparat, au son d’une musique républicaine impériale --, "La Marche consulaire à Marengo" (1800) ; Ti-Poil et son escorte officielle à vive allure sur les Champs, puis arrivant au palais de l’Élysée, "flag québécois sul’ hood", tel que décrit par notre Crétin canadiAn ; un Ti-Poil penaud et gauche grimpant les marches de l’Élysée, paraissant encore plus petit qu’il était en réalité, avec de longs cheveux longs, débordant sur le col de son complet. Finalement, l'image de Ti-Poil décoré par Valéry Giscard d’Estaing …
FJP - Notate Bene. On aurait tort de voir ici un manque de respect de ma part, ou une attaque au courage de René Lévesque, qui sort grandi dans ce film. J’aime croire que Lévesque, correspondant de guerre ayant maintes fois frôlé la mort, puis devenu pacifiste, et aux prises avec ses démons de l’alcoolisme et du tabagisme, CRAIGNAIT POUR SON PEUPLE, et non pas pour lui-même, à mesure que se précisaient les magouilles infinies au sein du PQ. NUANCE - et retour à MACHIAVELLI.
"Une alliance avec un Prince, que son éloignement - son incapacité ou toute autre raison - empêche de vous porter secours - vous rapporte PLUS de BOUÉE - que D’EFFETS".
FJ P. Le prince en question est Giscard d’Estaing. "BOUÉE" - comme dans SAUVETAGE, et, "EFFETS" - comme dans ... MARGINAUX. Machiavelli/ARCAND alludait à "la France de la non indifférence", mais aussi "de la non-ingérence" --, laquelle "accompagnerait" diplomatiquement nos zélites québécoises, si jamais elles démontraient assez de couilles pour passer à L'ACTION ! Leur manque de volonté d'affranchir leur peuple explique pourquoi MICHELIN préfère installer son siège social canadiAn à Toronto, ou que 'Jean-Marie Vivendi', renie sa culture française, par affairisme. Arcand a été magistral en dénichant ce texte et proposer un tel lien. Gros plan de nouveau sur Lévesque, s’adressant TOUJOURS aux Français en 1977, mais beaucoup plus inquiet et indécis.
R.L - "Pour nous Québécois en tous cas, c’est littéralement du droit de vivre qu’il s’agit, et cette exigence ne nous apparaît pas seulement naturelle et normale -- ce qu’elle est à l’évidence -- mais très clairement inscrite aussi dans un mouvement universel. Contre le risque de nouvelles hégémonies, contre le danger de domestication des esprits et de ‘folklorisation’ des cultures. La véritable chance d’un nouvel humanisme mondial, si il en est une, doit passer par l’apport original et constructif des personnes nationales, dont nous sommes. En Amérique où nous avons tenu le coup pendant pas mal de temps, notre échec ou notre succès peut même préfigurer pour le futur, le succès ou l’échec d’autres peuples, également aux prises avec LE MAL et LA RAGE DE VIVRE, et qui cherchent eux aussi leur voie".
(FJP. - Gros plan sur MACHIAVELLI, prenant un air grave et formel).
"Quant aux changements à opérer tout à coup dans la Constitution, lorsque chacun reconnaît qu’elle ne peut plus servir – je dis que quoique généralement ressenti, son défaut n’en est pas moins difficile à réformer. Les moyens ordinaires ne suffisent plus, ils nuisent même dans les circonstances. Il faut recourir à des mesures extraordinaires, à la VIOLENCE - AUX ARMES ! Il faut avant tout se rendre maître absolu de l’État et pouvoir en disposer à son gré" …
FJP. Ici dans le scénario, filtre petit à petit la voix de Lévesque à son plus inquiet, porteur d’un message défaitiste, aux Québécois cette fois, en 1980, à la veille du référendum.
R.L. "La souveraineté c’est le sentiment de fierté et d’accomplissement, et de responsabilité joyeuse, que ressentent infailliblement tous ceux qui pour la première fois entrent, dans UN FOYER qui est bien à eux, qui leur appartient SANS CONTESTE - (l’emphase est de Lévesque) et qu’ils ont le droit de meubler, (MOI - SIC !) d’aménager et de décorer (RE-SIC !) à leur guise".
FJP. OUF ! Un p'tit meublé !! Comme John Charest, René Lévesque aura lu 'l'àplatventriste' Fernand Dumont, apologiste de la théologie du (SIC) "foyer principal" !!! Applaudissements et bravos fusent, se transformant en invocations cadencées au rythme de - RENÉ ! RÉNÉ !! -- lequel paraît attristé, implorant - beaucoup plus un chien battu, qu'un PRINCE. Retour à Machiavelli/Arcand par l'entremise de Ronfard :
"Le Prince se trompera toujours, si il calcule ses forces, soit d’après ses ressources d’argent, soit d’après la situation de son pays, soit d’après l’affection de ses sujets. Tous ces avantages augmentent bien vos forces, mais ne vous les donnent pas … Ils ne peuvent vous servir, sans le secours d’une ARMÉE à toutes épreuves. Tous vos trésors ne valent rien, sans de BONNES TROUPES" …
FJP : des ordres (militaires) entendus plus tôt durant la répartie de Machiavelli, se font envahissants et apparaît à l’écran une soldatesque canadiAns, tuniques rouges et bonnet d’apparat en poil de castor. Et message SUBLIMINAL si il en est un – il s’agit, si on s’en tient à l’insigne sur le bonnet --, d’un LOYAL bataillon du Royal 22ième Régiment, ainsi qu’un autre complément de troupes, canado-écossaises cette fois, passées en revue, toujours par Elisabeth II, et son Philip-consort. RETOUR à un RENÉ penaud, donnant lecture de la longue-issime question référendaire de 1980, quémandant comme d'habitude, une quelconque souveraineté-ASSOCIATION-réconfort aux CanadiAns.
R.L "Le gouvernement du Québec a fait connaître sa proposition, d’en arriver avec le reste du Canada, à une nouvelle entente fondée sur le principe de l’égalité des peuples. Cette entente permettrait (sic ! – MOI - le Canada permettant au Québec de quémander !) au Québec d’acquérir, le pouvoir exclusif de faire ses lois, de percevoir ses impôts, et d’établir ses relations extérieures --, ce qui est la souveraineté. Et en même temps, de maintenir avec le Canada une association économique comportant l’utilisation de la même monnaie. Tout changement de statut politique, résultant de ces négociations sera soumis à la population par référendum. EN CONSÉQUENCE, accordez vous au gouvernement du Québec le mandat de négocier l’entente proposée entre le Québec et le Canada !?"
FJP. Suivent de longs et frénétiques applaudissements, dans une salle bondée de Québécois-du-oui, en majorité de jeunes hommes et femmes --, puis apparaît Lévesque, angoissé, les yeux suppliants, prononçant la parole OUI dans la cohue, en battant des mains, ressemblant plus à une mère inquiète tentant d’induire son enfant à faire ses premiers pas, qu’à un PRINCE, haranguant ses troupes. Plein feu sur MACHIAVELLI, livrant l'essence de tout discours politique.
"Des hommes on peut généralement dire ceci ; ils sont ingrats, changeants, hypocrites, ennemis des difficultés, amis de l’argent. Tant que tu soutiens leurs intérêts ils sont tout à toi. Ils t’offrent leur sang, leur fortune, leur vie et leurs enfants. POURVU que les épreuves soient éloignées ! Si elles se rapprochent - ils se révoltent … Le prince qui s’est fondé entièrement sur leurs paroles, si il n’a pas pris d’autres mesures, se trouve nu et condamné."
FJP - NB et NDLR. René-Marcel Sauvé, géographe, géopoliticien et auteur du livre "GÉOPOLITIQUE et avenir du Québec" (Guérin 1994), est plus succinct en mettant la politique dans une perspective actuelle, répétant à qui veut l'entendre, que "la politique est affaire d'intérêts, de rapports de force et d'effectivité." Et by the way, Mister L. Sebastian Anders, ("Il est temps de se dire adieu", Tribune Libre, Vigile le 5 mars 2005), en son temps, Sauvé a aussi commandé des troupes d'assaut au 22e Régiment, de celles dont fait allusion Machiavelli, ci haut, et dont tout peuple qui se respecte doit disposer, en tout dernier lieu, contre des mécréants comme vous M. Anders qui semez la haine. M. Sauvé a d'ailleurs définit les termes d'engagements dans le futur : "la DISSUASION" dit-il, "est une violence imposée d'abord à l'esprit et qui a pour objet de briser la volonté adverse, de la plier et de la soumettre à la nôtre.”
FJP. Quant à moi, je crois qu'il doit être inscrit dans la future Constitution de l'État du Québec au nom de la Nation, que tous les fauteurs de violence, ceux qui signent les déclarations de guerre, soient nécessairement de TOUS les assauts, et à TOUTES les barricades. Ainsi il en est de George. W. Bush ayant déclaré la guerre à l'Irak, pour y imposer SA version de la démocratie du plus fort, selon les préceptes de la multinationale Halliburton. Tout en s'arrangeant pour ne pas effectuer son propre service militaire. Ce devrait alors être les enfants de Bush - ses filles --, qui patrouillent la nuit dans Bagdad, en remplacement de leur père.
FJP. Dernières images d’un Lévesque aux yeux peinés, hochant de la tête, pour souligner que c’est bien lui le PRINCE CONDAMNÉ - ÉCRASÉ. Et - FIN de la transcription partielle du scénario d’Arcand. PAR APRÈS, dans le film, on voit péricliter le sort du camp du OUI. On a droit à une série de diatribes de divers princes et sous princes canadiAns, dont Trudeau, Chretien, Jean Marchand, Claude Ryan, le créditiste Camille Samson à son plus cabochon, puis un Bernard Landry vendant déjà sa salade associationiste, une ex employée de Radio-Cadenas, s’inquiétant du sort de ses milliers d’employés, puis le MALFAMÉ 'ÉTAPISTE' Claude Morin.
Le boxeur souveraineux Réginald Chartrand infligera une raclée à un CanadiAn-français du nom de Beauchamps. Comble de servitude, un noir anglo-québécois franglisé, une sorte de mouche du coche, raille à maintes reprises les souveraineux, sans que ces derniers répliquent. Plus on va de l’avant dans le film et la campagne référendaire, plus les Québécois se font laids, joualisants, incohérents, quétaines, hésitants, peureux et piteux. À la fin, le sujet canadiAn assujetti - Québécois moyen qu'il est - apparaît un être primitif, incapable de s’exprimer dans une langue châtiée, indigne du XX siècle dans lequel il vit en marge, et à l'évidence, tout à fait incapable de se gouverner.
RÉSUMÉ : Quant à moi, Arcand fut une personne engagée, voire, un patriote, qui au début de sa carrière avec le film "Nous sommes au coton" tourné entre 1968 et 1969 mais distribué en 1975 seulement, pour cause d'hystérie politique, dénonçait le colonialisme sévissant au Québec. Un néocolonialisme personnifié par la compagnie Dominion Textiles, ses patrons Anglo-Américains et 'sous-bosses' CanadiAnS-français, dont le Premier ministre québécois Bertrand-de-son-époque. Fin observateur de son peuple, Arcand faisait présager un Québec matérialiste, personnifié par cette belle ouvrière frêle, diaphane, aux yeux bleus, résolue d’arriver coûte que coûte à son petit confort, obsédée par l’argent qu’elle n’a pas.
Imbattable cette avant-dernière scène du film montrant la crème de la crème de la société québécoise hideuse, se dirigeant vers le Salon de la Crasse - qui parlant 'sur le ton', qui affairiste, qui en bilingue, qui s'affichait blasé. On entrevoit un jeune Yves (ne touchez pas à mon pécule) Michaud. Tous laids et conscients de leur grande importance. Film pour lequel Arcand a été rabroué en 1970, au plus fort de la crise du FLQ, 'pour attentat à l'ordre établi', risquant sa carrière de cinéaste. Ayant subi un sort analogue dans la 'bureaucrataise' fédérale en '70, je devine l’angoisse qu’Arcand a dû ressentir.
Malgré tout, et courageux, Arcand 'récidivait' avec ce "Confort et l’Indifférence" en 1981, lequel se révélait cette prescription d'un plan d’action, de tout ce que l’on ne doit pas/pas faire, si on veut vraiment réussir l’indépendance. Et la preuve que les souveraineux n’en voulaient pas de cette indépendance, est qu'ils n’avaient rien retenu en 1995, de la leçon et des erreurs de 1980.
« Jésus de Montréal » qui suivait, (1989), fut une autre attaque et condamnation de la société québécoise médiocre, hédoniste et permissive, versant définitivement dans le consumérisme. Ce film m'a ému jusqu'aux larmes, pas sa beauté, sincérité et spiritualité universelle.
C’est à partir de la série télévisée "Duplessis" (1990 ?) qu’un Arcand désabusé se fait complaisant avec le pouvoir fédéraste. Incertain de sa propre trajectoire face aux contradictions des pseudo souverainistes, Arcand devient complice du pouvoir canadiAn, et dépeint Duplessis en personnage sympathique, humain même, sachant pourtant de tout le mal que ce dernier a causé à notre collectivité. Puis il produit (entre autres), des films comme « Déclin » et « Barbares » moquant toute la société incivile québécoise, en ciblant particulièrement nos zélites, en pleine déchéance. Qui peut l’en blâmer -- face au trio des "font semblant", Parizeau-Bouchard-Landry, qui ont éloigné le Québec de sa libération politique, plutôt que d’y travailler !?
CONCLUSION : Le scénario d’Arcand n'est qu'une allégorie, et la référence "à la violence armée" n'est que ça. Il suffira de mettre en place tant et tant d'actions gagnantes d'indépendance, renforçant le Québec et les Québécois, affaiblissant sur notre territoire national les CanadiAns réfractaires, pour que le Canada-anglais -- croulant sous les contradictions du pseudo bilinguisme, du multiculturalisme, du pluralisme unilingue anglo, et des intrusions dans les champs de compétences des États qui le composent --, IMPLOSE, sans qu'un seul coup de feu soit tiré. Le scandale des commandites est assez éloquent à ce sujet, alors que l'hybride caméléon Paul Martin change de couleur et de discours selon qu'il parle en franglais au Québec ou en anglais, in Canada. Ou, de l'arrogance du millionnaire canadiAn Jean Lafleur, "OUTRÉ de voir le juge Gomery douter de sa probité".
ET ce n'est que dans une RES PUBLICA - celle du plus grand bien public, plutôt que dans la PRIVATAE RES, du singulier, de l'individu - de nos zélites mesquines -- que nous allons réussir l'exploit. La notion de privatae res, voulant que le monde appartienne aux riches, aux puissants et aux surdoués -- n'est que ça, une notion fausse. En réalité et pour peu que la majorité française de 82% du Québec EN PRENNE ACTE, nos 'cheufs' ne sont pas nos maîtres - et ils ne nous possèdent pas ! Ils ne sont que piètres gouvernants et infidèles serviteurs.
D'ailleurs, c'est tout en disant NON au PLURALISME canadiAn-de-la-négotiation-palabres, que le professeur Charles Blattberg de l'Université de Montréal, Ontarien et juif - de ceux qui se disent avec 'nous' -- se déclare "citoyen du Québec". Blattberg a très bien défini cette res publica, comme étant une "politique patriotique du bien commun … concept utilisé dans l'ancienne tradition républicaine, par des penseurs comme Aristote et Machiavel, pour une communauté civique donnée, (la nôtre) sur un territoire donné (le nôtre)". Blattberg comme Arcand s'inspire de Machiavelli. Le monde est bien petit.
Charles Blattberg, n'exclut pas que le Canada ("sur un territoire donné") se ressaisisse et émule le Québec du futur, en devenant lui aussi une res publica. De vestige du Family Compact britannique, qu'il est présentement. Merci M. Blattberg, vos deux livres seront à acheter. Il s'agirait de "From Pluralist to Patriotic Politics" - Oxford University Press 2000), et, "Et si nous dansions", (Presses de l'Université de Montréal, 2004). Et merci à Malorie Beauchemin, du Devoir-de-tous-les-combats, pour nous l'avoir fait découvrir, dans un article exceptionnel des 26 et 27 février dernier, intitulé "Contre le pluralisme - il faut repenser la politique en terme de bien commun".
Denys Arcand, était une fois de la res publica, puis il est passé à la privatae res. Je suis convaincu qu'il pourrait redevenir un phare pour "sa" nation de souche française qu'il a si bien ausculté - alors que "nous" sommes dans le tout dernier droit vers notre libération collective du joug canadiAn.

Le peuple wallon est aujourd'hui très déstabilisé
Claude Thayse
TRIBUNE LIBRE 9 mars 2005
Bonjour !
Vous publiez régulièrement une chronique de José Fontaine qui représente une très petite minorité au sein du Mouvement wallon. Ce n'est embêtant que dans la mesure où ses propos donnent une image déformée de la réalité du combat pour l'autodétermination de la Wallonie. Il faut donc savoir qu'il ne représente que les Wallons wallonisants qui rêvent d'une république wallonne autonome et qu'il accueille sur son site les représentants d'un courant qui considère que le Français n'est finalement que la langue d'un occupant imposée de force. Ces particuliers sont partisans de créer un "wallon refondu" qu'ils veulent imposer comme la langue d'une nation wallonne indépendante. Initiative sympathique, après tout, ça a marché en Flandre et en Israël. Heureusement la très grosse majorité des Wallons s'exprime uniquement en français, souvent en plus de leur patois local qui fait leur richesse par sa diversité.
Votre chroniqueur du samedi a une formation de philosophe et, à ce titre, estime avoir le droit de s'exprimer sur tous les sujets de société. Ainsi, dernièrement sur le dossier publié sur l'Etat de Santé de la Wallonie par un sénateur libéral (lisez conservateur), Destexhe, qui ne dit pas que des bêtises au contraire, même si on ne peut pas être d'accord avec ses conclusions. Tout ça montre bien les limites de l'analyse économique, puisque les économistes, sauf ceux cités par José F. - tous deux impliqués dans le jeu politique, un écolo et un socialiste extrême - ne veulent pas se prononcer sur les chiffres. Pour être franc, personne à l'heure actuelle ne peut ni donner raison ni tort à ce sénateur. La principale chose qui lui a été reprochée (sur le site de Fontaine particulièrement) est de ne pas être wallon sous le prétexte qu'habitant depuis quelques temps Bruxelles, il ne peut avoir un regard objectif. Et en plus d'être un franc-tireur, c'est à dire de ne pas s'exprimer avec l'aval de son parti !
Bref, tout ça pour dire qu'il serait utile de prendre du recul par rapport aux messages qui vous viennent de ce côté de la grande mare. Le mouvement wallon n'est pas, et de loin aussi monolithique que ce que Fontaine ne vous présente. Le peuple wallon est aujourd'hui très déstabilisé. Le régime unitaire belge, propriétaire des médias, distille une propagande extraordinairement efficace et féroce à l'égard de tout ce qui est jugé déviant. Deux tendance s'expriment avec peine en matière d'autodétermination wallonne (et bruxelloise), l'une en dehors du combat politique (représentée par José Fontaine) et l'autre autour d'un mouvement réunioniste - C'est à dire faisant le choix d'une union avec la France, le Rassemblement Wallonie-France, parti politique pluraliste, républicain et démocratique.
Je vous remercie.
Claude Thayse
Président du RWF
Rassemblement Wallonie-France
http://rwf.be

 LE CHUM APRÈS LA COMMISSION PARLEMENTAIRE...
Bravo ! « Good show » Dr Couillard !
Georges-Étienne Cartier
TRIBUNE LIBRE 9 mars 2005
Beaurepaire, ce 8 mars 2005
Mais... il n'est peut être pas trop tard pour que le « bon peuple », ébloui et manipulé (à en juger par les réactions que j'entends autour de moi, plus sensibles au brio qu'aux considérations de fond) par ce garrochage éclair (sinon éclairant) , de tant de pseudo «évidences», et le Premier Ministre roulé dans la farine par son successeur (déjà désigné par les officines du PLQ, à ce qu'on me dit de source bien informée), et l'Opposition officielle très faible, considèrent ceci :
1) Pour le CP ( et Gatineau et autres avec...), il ne s'agirait pas de lui faire déménager ses voies elles-mêmes, mais "seulement" de l'obliger, par un Recours collectif "ad hoc " par exemple, à faire transiter (dans un délais raisonnable, pourquoi pas 6 ans?, à ses frais, bien sûr, et en disant merci en plus pour le privilège exorbitant dont il a impunément bénéficié depuis 100 ans!, et par des moyens dont on se fout complètement parce que c'est son problème et non le nôtre) ailleurs que sur des voies trans-urbaines les vraies "matières dangereuses" (stricto sensu, i.e. démontrées, et pas seulement affirmées telles, dans ce contexte précis).
L'événement déclenchant, le "fait justificatif " d'un tel recours , collectif ou autre, existe depuis... 100 ans, sauf qu'on vient tout juste d'en prendre conscience, et c'est le "risque inacceptable" que le transit desdites "matières dangereuses "(pas celui des trains, seulement le contenu de certains wagons!) fait courir, en vertu du"Principe de Précaution" désormais privilégié et retenu par ce que reconnu souverain (Ah cette souveraineté !) par "Vox Populi " qui est "Vox Dei ", aux populations riveraines des voies urbaines. Étant entendu qu'on n'évacue pas cent mille personnes d'un quartier densément peuplé, le cas d'urgence échéant, comme on évacue 3 familles fermières qui peuvent sauter dans leur auto et déguerpir à toute allure avec chien, chat et canari !
À ne pas oublier : on ne peut validement, en Droit, invoquer un «droit acquis» à l'encontre de la santé ou de la sécurité publique !
Ceci aurait l'insigne mérite (ou démérite, pour les démagogues ? ) de libérer le projet Outremont de l'hypothèque « risque sécuritaire » à temps pour l'arrivée des premiers malades !
C'est gros! Et ça fait peur: c'est pour ça qu'on n'en parle pas, sans doute, car on est si tout petits devant un Président du CP qui, de Calgary, vient dire sèchement sa volonté sans appel, « in English of course », à notre carriériste ou pusillanime Assemblée Nationale ! «Et voilà !», réagissait, tout sourire, le futur sauveur du PLQ !
Mais la Gauche nationaliste du Plateau Mont-Royal finira bien, quand même, par se réveiller à une telle démarche puisque sa fierté, son intérêt, sa sécurité, en plus de la sécurité et de l'intérêt national sont en jeu : une telle convergence ne se retrouvera pas de si tôt!
Et, si le Fédéral peut évidemment, en théorie, empêcher un tel recours intenté au nom de la "Sécurité Publique des Populations" ( et pas de n'importe lesquelles S.V.P.: regardez la trajectoire aux 2/3" libérale "des trains en question!) par une "Loi spéciale soustrayant le CP à l'atteinte de toute action de ce genre", en pratique, politiquement... Jean Lapierre a d'ailleurs déjà vu le danger: il banalise celui des trains à Outremont dans un numéro récent de La Presse.
À tout événement, le "Génie" est sorti de la bouteille !
2) Pour le reste ? BOF ! Un Milliard deux cent millions maintenant pour, en fin de compte, rénover St Luc!
Une calamité pour tous ceux qui auront à vivre dans, autour, et avec ça durant 6,7,8,9,10 ans... ou plus !
Relire... si tant est qu'on les ait déjà lus, les avis des véritables experts pertinents que sont Luc Martin (« Ingénieur et directeur général de la Corporation des entrepreneurs généraux du Québec », in La Presse du 18 janvier 2005) et Paul André Tétrault («Architecte, associé principal chez Tétrault, Parent, Languedoc et associés», in La Presse du 11 février 2005) .
Mais, quant au « CHUM-Technopole de la Santé», le vrai, on verra ça dans 10 ans... à Outremont ?
3) Quant aux coûts... Une mise en perspective s'impose pour les fins des conversations citoyennes. On nous assène les $2 milliards (chiffre gonflé par un pessimisme probablement réaliste; mais on ne voit pas pourquoi ce procédé devrait épargner le Projet St Luc, au contraire!) comme s'il était question d'une dépense d'épicerie à consommer dans l'année, alors qu'il s'agit en fait d'une dépense d'investissement destinée à être étalée sur 6 à 8 ans, et remboursable sur 24 ans (à 7% d'intérêt moyen, ça fait $14.23 millions par mois, soit moins de $180 millions par année.
Alors qu'on n'aura plus à payer pour le fonctionnement de deux hôpitaux majeurs (il devra en rester un dans le centre ville : pourquoi pas St Luc, justement?), ni pour leurs perpétuels, ruineux et cauchemardesques rafistolages.
4) Et quant à quoi faire des deux hôpitaux «fermés», Montréal manque désespérément de CHSLD, les malades chroniques en perte définitive d'autonomie candidats à ceux-ci encombrent tous les hôpitaux de la région. Alors...

De Staline à Poutine
Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec)
TRIBUNE LIBRE 9 mars 2005
Selon un sondage, 50 % des Russes auraient une opinion favorable de Staline[1]. Il est urgent que les cours d’histoire deviennent obligatoires en Russie, et ce, à tous les niveaux de scolarité, et qu’on réalise des films, qu’on écrive des livres, bref, qu’on fasse connaître le vrai Staline.
Tout aussi surprenant est que 42 % des Russes souhaiteraient que quelqu’un comme Staline dirige le pays, ou n’y verraient pas d'objection[2]. Comment s’étonner ensuite que, de plus en plus, Poutine prenne des libertés avec la démocratie.
Décidément, contrairement à d’autres républiques de l’ex-URSS, le «communisme» a bien mal pris fin en Russie, avec Eltsine.
[1] Le Devoir, «50 % des Russes favorables à Staline», les samedi 5 et dimanche 6 mars 2005, p. A 10. Dépêche de l’AP.
[2] Idem.

Message d’espoir des personnes âgées «cette fois-ci, ça passerait»
Roger Audet
TRIBUNE LIBRE 9 mars 2005
8 mars 2005, Saint-Irénée - Des jours, je briserais les Québécois comme des coquilles d’œufs de les voir vivre comme des perpétuels gentils qui attendent, qui attendent le tramway nommé Liberté, qui ne passera plus ou peut-être si Dieu Lebon le veut bien. D’autres jours, je les mettrais en laisse pour leur apprendre à se tenir ensemble et solidaires.
Aussi un jour, j’ai débarqué du PQ quand René Lévesque a invité « les trop pressés » à se délester (1). C’est ce que je fis avec empressement et jamais plus je n’y retournerai car moi je me souviens.
Cependant ma soif de l’Indépendance reste insatiable puisqu’elle est un besoin viscéral de ma propre vie dont le dépassement ne passe que par la liberté du peuple dont je suis un maillon. La justification ou le cheminement logique, comptable et philosophique de l’indépendance, est carrément dépassée ou terminée. Quand tu as soif, que la source est en train de se tarir puisque tous la veulent, alors il est temps de boire à ta source… et de la protéger.
En décembre dernier, avec toutes les accumulations de bêtises de Charest, je devais écrire dans le dos de mon manteau d’hiver avec de la peinture jaune sur fond noir « Charest est en train de tuer le Québec ». Toujours est-il que j’ai décidé plutôt d’afficher dans mon dos ce que j’avais fait, il y a déjà deux ans, soit ma propre affiche considérant cela comme de la douce visibilité.
Le message d’espoir est qu’il y a deux semaines dans un marché d’alimentation de La Malbaie, une femme âgée a dit à une autre aussi âgée en voyant mon oui, «cette fois-ci, ça passerait», et cela avec un beau sourire.
L’espoir, c’est le début du printemps… De grâce, n’attendons pas un sauveur pour réaliser notre Pays. Déclarons haut et fort, partout dans la rue, dans l’autobus, dans le tramway de l’espoir, dans la face de tout le monde… que nous sommes en route vers l’Indépendance sans qu’un bureaucrate de la souveraineté aille quémander à «l’establishment international » de New-York (11$$$$$ept) ou Paris (Chiraq le grand Molière de la Dernière République Aristocrate Intellectuelle) notre droit de peuple à la liberté.
Si chacun des Québécois voulant ce pays s’affichait visiblement, alors quelle force nous aurions! Trudeau était remarquable et remarqué avec sa rose, hein! Selon toute vraisemblance, c’est le parfum perfide de cette rose qui attira le petit Molière de Shawinigan, le très honorable Jean Chrétien dans le giron des coups de pied au cul aux Québécois.
Êtes-vous un peuple? Bêh bêh bêh… OUI je le veux.
(1) Malgré toute la grandeur de René Lévesque et sa grande fierté d’être Québécois qu’il clama un soir unique, il a eu peur d’aller au bout du chemin qui mène à la liberté car il ne nous croyait pas prêts. La liberté d’un peuple n’est pas l’affaire d’un homme ou de quelques-uns, mais celle d’une majorité. Chaque être humain conscient de son état veut être libre; quand sa conscience va au-delà de lui-même, il veut la liberté pour son peuple puisque chaque être humain gravite généralement autour d’un ensemble que nous pouvons appeler Peuple.

Radio-Ottawa et l’art de la perfidie
Luc Potvin, Verdun
TRIBUNE LIBRE 9 mars 2005
Ça s’adonne souvent que, le dimanche, à l’heure où Radio-Ottawa diffuse à la télévision l’émission Et Dieu créa Laflaque !, je n’ai guère autre chose à faire que de la regarder tout en vaquant à ma lessive hebdomadaire.
J’ai déjà lu, dans les tribunes libres des journaux, des lettres de gens qui se plaignaient du fait qu’à cette émission, on se moquait surtout et même presque exclusivement des politiciens fédéralistes, comme Paul Martin ou Jean Charest.
C’est vrai. Depuis le début, il semble bien, en effet, que ce soit surtout les politiciens fédéralistes qui y sont tournés en dérision. Pourquoi en est-il ainsi ? Peut-être tout simplement parce que Serge Chapleau, le maître-d’œuvre de l’émission, a choisi de concentrer son tir sur les premiers ministres et que ça s’adonne que ceux-ci sont fédéralistes.
Toujours est-il que ça va peut-être changer car, le dimanche 6 mars 2005, pour la première fois, un chef indépendantiste, Gilles Duceppe, y est apparu sous forme de marionnette virtuelle, tout comme les Martin et Charest.
Les téléspectateurs fédéralistes pourront donc se tranquilliser.
Sauf que…
Sauf que, pour quiconque regarde les choses comme elles sont, il faut bien admettre que le traitement réservé aux indépendantistes est infiniment pire que celui auquel ont droit les fédéralistes.
Certes, depuis le début de l’émission, à l’automne 2004, on s’est surtout payé la tête des politiciens fédéralistes. Mais de quelle manière, au juste ? En se moquant de leur adhésion au fédéralisme ? Jamais, au grand jamais. Les politiciens fédéralistes, Laflaque s’en moque beaucoup, certes, mais exclusivement pour leurs prises de position dans ce qu’on pourrait appeler des dossiers sectoriels : financement des écoles privées, environnement, bouclier anti-missiles, etc. À moins que cela m’ait échappé, jamais Laflaque n’a-t-il, par exemple, ri de Charest en raison de son aplatventrisme face à Ottawa.
Bref, à Radio-Ottawa, les Martin et Charest sont attaqués en tant que politiciens, jamais en tant que fédéralistes.
C’est un traitement bien différent qu’on a réservé à Gilles Duceppe. Le chef du Bloc québécois n’a pas été tourné en dérision pour ses prises de position dans des dossiers sectoriels. Non. C’est directement son adhésion au projet d’indépendance qui a été ciblée. En fait, c’est le discours indépendantiste en soi qui a été caricaturé et ridiculisé. Ainsi, on a présenté Duceppe comme une espèce de paranoïaque voyant des Anglais partout en train de comploter sans arrêt contre le Québec. C’était d’autant moins drôle que Gilles Duceppe, en réalité, est plutôt de ceux qui ont tendance à considérer que notre peuple n’a aucun ennemi et que tout le problème ne réside que dans une structure politique inadaptée à nos besoins. (Comme si personne ne dépensait des milliards pour nous empêcher de nous affranchir de cette structure-là !)
L’abondance des attaques humoristiques contre les politiciens fédéralistes à Radio-Ottawa a peut-être de quoi déplaire à leurs partisans et peut donner l’impression qu’une entière liberté y est accordée aux indépendantistes.
Mais la réalité, c’est que la direction de Radio-Ottawa accepte sans problème les farces contre les politiciens fédéralistes, si récurrentes soient-elles, à la condition expresse que ne s’y glisse pas la moindre critique à l’égard du discours fédéraliste.
En revanche, les farces contre les politiciens indépendantistes, même si elles sont peut-être moins nombreuses, doivent presque toujours comporter une critique à l’égard du projet d’indépendance et du discours qui le sous-tend.
En somme, la règle à Radio-Ottawa pourrait s’énoncer ainsi :
« Les politiciens fédéralistes, on peut s’en moquer tant qu’on veut, mais strictement en tant que politiciens, jamais en tant que fédéralistes. Les politiciens indépendantistes, il faut s’en moquer, mais plus en tant qu’indépendantistes qu’en tant que politiciens. »
J’ignore de quel côté penche Serge Chapleau. Mais, quoi qu’il en soit, je pense qu’il sait d’instinct et avec précision ce que son diffuseur lui permet d’une part et lui interdit d’autre part.
Si acidulées soient-elles, mille farces contre des politiciens fédéralistes en tant que politiciens ont une portée politique infiniment moindre qu’une seule farce contre des politiciens indépendantistes en tant qu’indépendantistes.
Dans le cas des farces contre les politiciens fédéralistes, on ne s’attaque, à Radio-Ottawa, qu’aux individus, nullement au régime dont ils sont les représentants.
Au contraire, dans le cas des farces contre les politiciens indépendantistes, on vise bien moins, à Radio-Ottawa, les individus que la cause même dont ils sont les porte-parole.
De la part de Radio-Ottawa, cela se comprend. Encore faut-il voir bien clairement la manœuvre, autrement l’abondance des farces permises contre les politiciens fédéralistes peut faire croire à une liberté d’expression qui n’est, dans les faits, qu’une pure illusion.
Je peux toujours me tromper. Mais je suis prêt à parier qu’une analyse serrée de tout ce qu’on voit et entend sur les ondes de Radio-Ottawa depuis des années confirmerait ma thèse.
Pour la direction de Radio-Ottawa, ce qui importe, ce n’est pas que les politiciens indépendantistes soient la cible de moqueries plus ou moins souvent que les politiciens fédéralistes. Pour la direction de Radio-Ottawa, ce qui compte, c’est que les moqueries contre les politiciens fédéralistes soient exemptes de toute critique à l’égard du régime fédéral, alors qu’au contraire, les moqueries contre les politiciens indépendantistes peuvent sinon même doivent s’accompagner d’une critique du projet d’indépendance.
Pour qu’un coup d’épée dans le cœur d’un indépendantiste n’ait l’air de rien, le glisser parmi dix ou cent coups d’épingle dans le postérieur d’un fédéraliste. Il suffisait d’y penser.
Il y a donc au moins un art que les dirigeants de Radio-Ottawa, même s’ils nous paraissent de plus en plus incultes, maîtrisent à la perfection : l’art de la perfidie !

 Lucien Bouchard et le CHUM à Outremont
L’interminable mea-culpa de Lucien Bouchard!
Robin Philpot, chronique présentée à l’Effet versant, CIBL, le jeudi 10 mars
TRIBUNE LIBRE 10 mars 2005
La carrière politique de Lucien Bouchard, ces dernières années, peut se décrire comme un éternel mea-culpa. Ses plus récents agissements et déclarations en sont une preuve. Monsieur Bouchard est un homme conservateur, assez à droite. Il l’a été depuis le début de sa carrière. Proche de Brian Mulroney pendant qu’il était aux études, il s’en est éloigné un peu parce qu’il a voulu brièvement prendre le train de la souveraineté. Il dit qu’il admirait René Lévesque plus que tout autre homme politique, mais ce qui le distingue de Monsieur Lévesque, c’est, entre autres, que le fondateur du Parti Québécois n’était pas un conservateur et était très à l’aise avec le peuple, et beaucoup moins à l’aise avec les soi-disant grands de ce monde.
Lucien Bouchard, par contre, a toujours eu une admiration béate des hommes d’affaires, des millionnaires, voire des milliardaires. Un peu comme si ces hommes sont riches seulement parce qu’ils sont beaux et qu’ils ont du mérite. Lucien Bouchard refuse de reconnaître qu’ils aient pu faire de mauvais coups, exploiter d’autres et utiliser des tours de passe-passe, pour y arriver. L’envers de cette médaille, bien sûr, c’est que les pauvres sont pauvres et les travailleurs demeurent des travailleurs, en bas de l’échelle, parce qu’ils n’ont ni l’intelligence, ni le caractère de ces grands dirigeants de notre société. Il est clair que Lucien Bouchard veut frayer avec les millionnaires, les grands de ce monde, non pas avec les messieurs et les mesdames des rues principales des villes et des villages du Québec.
Or les aléas de la vie politique québécoise ont propulsé Lucien Bouchard à l’avant-scène, d’abord au Bloc Québécois, où il a été chef fondateur, et ensuite au Parti Québécois et au poste de Premier ministre du Québec de 1996 à 2001.
Le problème, pour Lucien Bouchard, c’est que ces deux partis sont inspirés par une certaine solidarité sociale. Ils sont nés dans la contestation de l’ordre établi, leurs alliés naturels sont les mouvements syndicaux, les groupes populaires et la vaste majorité de la population qui ne gagnent pas plus que 30 mille $ par année.
Pendant 11 ans, soit de 1990 à 2001, Lucien Bouchard s’est donc trouvé, tour à tour, à la tête de ces deux partis. Lui qui, jusqu’à son départ du Conseil des ministres du gouvernement de Brian Mulroney, frayait régulièrement avec les grands de ce monde, qui mangeait dans tous les clubs privés, qui se faisaient inviter régulièrement à tous les bals et toutes les œuvres de charité où les riches soulagent leur culpabilité d’être si riches, devait maintenant, pour rester à l’avant-scène et se sentir important, se rendre à tous les sous-sols d’église du Québec, à toutes les assemblées de cuisine, aux brasseries et aux assemblées de syndicalistes et de groupes populaires.
Imaginez comment ses anciens copains du Club Saint-Denis, du Club Mount Stephen et du Beaver Club et de tous les conseils d’administration des Bombardier et autres Power Corporation ont dû le mépriser pendant ces 11 ans d’un mariage politique difficile entre un chef très conservateur et des partis de centre gauche. Lucien a sûrement trouvé le temps très très long! Même s’il a essayé de leur faire plaisir en saignant tout le Québec avec sa politique de déficit zéro ou en donnant à un ennemi juré du mouvement souverainiste et du mouvement populaire québécois, soit Jacques Ménard de la Banque de Montréal, la direction du Conseil d’administration d’Hydro-Québec, Lucien n’a pas réussi à endiguer le courant de mépris des hommes d’affaires à son endroit.
Donc, quand Yves Michaud lui a offert une occasion en or avec certains écarts de langage, Lucien Bouchard a abandonné le navire tout en faisant une attaque en règle contre le peuple québécois qui ne l’aurait pas suivi dans le combat qu’il disait vouloir mener contre le Canada centralisateur. Notons qu’il aboyait beaucoup mais mordait très peu.
Cela fait 4 ans que Lucien Bouchard a quitté la barre. Il a gardé le silence pendant quelques années, mais il n’était pas inactif. Les gens qui suivent les histoires la vie mondaine à Montréal, régulièrement décrites d’ailleurs dans The Gazette, savent que chaque fois que la famille de Paul Desmarais se déplaçait pour un événement mondain de charité, le très fidèle Lucien était à ses côtés. Chaque fois que les grands Jean Monty et autre milliardaires daignaient rehausser de leur présence une bonne action visant à soulager la conscience des riches, Lucien y était. Il a fallu qu’il travaille très fort pour réparer les pots qu’il avait cassés, du moins aux yeux de ces gentilles personnes, en dirigeant les deux partis qui visent à troubler leur sacro-saint bien-être.
C’est dans le contexte d’un très long mea-culpa qu’il faut lire l’article de Lucien Bouchard sur le CHUM a Outremont qu’il a publié dans La Presse le 8 mars dernier. C’est aussi dans ce contexte qu’on peut comprendre son attachement à l’entreprise Corus qui entend démanteler la salle de nouvelles de CKAC, ainsi que son plaidoyer publié l’automne dernier aussi dans la Presse en faveur de la privatisation de la santé dans lequel il a comparé les hôpitaux et cliniques privées aux écoles privées.
Mais le texte de Lucien Bouchard sur le CHUM est un document d’anthologie. La clé se trouve dans la phrase où Lucien se met en mode mea maxima culpa : « Mettons-nous un instant à la place de ces deux éminents professionnels [Armand Couture et Guy Saint-Pierre] qui ont exécuté des grands travaux à travers le monde, géré à la douzaine des délais et des coûts de construction, dirigé de grandes sociétés comme Lavalin, Hydro-Québec et la Banque Royale. » C’est comme si Messieurs Couture et Saint-Pierre n’ont aucun intérêt, aucune visée dans la décision, que leur seule motivation est, et aura toujours été, notre bien. Pour l’histoire, rappelons que ces deux messieurs sont devenus millionnaires grâce à d’autres projets lancés par le Gouvernement du Québec, notamment les grands travaux de la Baie-James. En fait, ils souhaitent que la richesse collective du Québec continue à couler en direction de leurs propres comptes de banque.
Lucien a sans doute reçu de très bonnes tapes sur le dos pour cette phrase servile, rampante, obséquieuse à l’endroit de ces deux éminents hommes d’affaires, parce que c’est comme ça qu’ils aiment les politiciens : serviles, à genoux devant leurs intérêts.
C’est une triste fin de carrière pour Lucien Bouchard, mais je crains qu’on n’ait pas vu la fin de ses mea-culpa, parce que ceux qui lui donnent les tapes sur le dos et qui lui demandent de venir, la main sur le cœur, se prononcer en leur faveur sur la place publique, sont insatiables.
Pour nous, il s’agira de distinguer le Lucien Bouchard qui, pendant un certain temps et surtout avant le référendum de 1995, a su exprimer la volonté et les aspirations de tout un peuple, de celui qui passe son temps à s’excuser auprès des grands de ce monde pour son égarement dans la galère politique indépendantiste.

Cordiale invitation aux JEUDIS DE LA LANGUE
TRIBUNE LIBRE 10 mars 2005
Des « 6 à 8 » avec conférence suivie d'une période de discussion dans une ambiance festive
(relâche le jeudi 10 mars, jour de l’assemblée générale de la SSJBM)
Le jeudi 17 mars 2005 à 18h30 : Conférence de Bruno Roy
Langue et chanson : de la Bolduc aux Cowboys Fringants
« Chaque langue a sa géographie, son contexte social, ses horizons, son imaginaire, son passé et son avenir. La langue, pourrait-on dire, c’est la totalité de notre expérience en une terre précise : en ce qui nous concerne, le Québec, voire l’Amérique. De la Bolduc aux Cowboys Fringants, la langue émerge d’un profond sentiment d’appartenance installée dans l’avenir. Il y a ce que les chansons disent sur la langue, il y a la langue qu’utilisent les auteurs de chansons. La mise en situation de la langue française ne peut échapper au discours social, culturel et politique dont sa propre évolution, et parfois sa propre survie, est l’enjeu. Car, comme on l’entendra, la langue française est source de conscience historique. »
Essayiste, poète et romancier, Bruno Roy fut président de l'Union des écrivaines et écrivains québécois de 1987 à 1996 et de 2000 à 2004. Depuis 1994, il est porte-parole et président du Comité des orphelins et orphelines institutionnalisés de Duplessis (COOID). Il a siégé au comité du Mouvement Québec français de 1987 à 1996, et au comité d'implantation d'un cégep francophone dans l'Ouest-de-l'Ile.
Lieu : Maison Ludger-Duvernay, 82, rue Sherbrooke Ouest
(Métro Place-des-Arts)
Une initiative du Comité Jean-Martucci de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
L'entrée est libre
RENSEIGNEMENTS SUPPLÉMENTAIRES
(514) 843-8851

Sommes-nous si différents...
Marie-Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 11 mars 2005
Depuis des années, les souverainistes péquistes et bloquistes nous répètent comme un mantra que nous sommes différents. J'écoute, je regarde et je n'ai pas l'impression que nos chefs politiques pratiquent cette différence dans le quotidien. Qu'ils en sont si convaincus. Cette différence m'apparaît de plus en plus de l'opportunisme politique pour amadouer les naïfs. J'ai plutôt le sentiment que chez les souverainistes, la main gauche ignore ou veut ignorer ce que fait la main droite.
La dernière déclaration de Bernard Landry au sujet des écoles privées laisse à penser... sérieusement. M. Landry déclare dans l'essentiel «que nous sommes les seuls en Amérique du Nord à posséder un régime mixte et qu'il faut regarder cela de près. Que le temps est venu d'en discuter». Si nous sommes si différents, pourquoi alors remettre en question cette différence... Je ne comprends pas ou pis, je comprends trop bien....
En effet, M. Landry, prudent, se garde bien de répéter le mantra des fédéraux qui nous comparent quotidiennement au ROC et particulièrement à l'Ontario, jusqu'à plus soif. Non, il nous compare à l'Amérique du Nord; il voit grand. Il mondialise la différence.
Que penser d'un pareil propos... d'un argument semblable. Désolant!
En guise de mise en garde à M. Landry et au PQ, je leur dirais de tenir compte de notre différence dans l'étude de ce dossier, bien entendu s'ils y croient encore. Et voici pourquoi.
Nous savons que la révolution tranquille qui n'aura servi que nos ennemis héréditaires, les fédéraux, a été pilotée d'Ottawa par Jean Lesage et Gérin-Lajoie, fédéralistes notoires. Elle n'aura servi pour notre plus grand malheur qu'à déstructurer la société québécoise dans son identité première, pour en faire je-ne-sais-trop-quoi. Que la révolution tranquille à l'analyse aura été une «lutte des classes». Et depuis ce temps, les souverainistes sont à la recherche d'une nouvelle identité comme si cela pouvait se faire en un tour de main et les fédéraux se bidonnent. Il faut être bien prétentieux et insconscients pour penser une pareille chose. Ou tout à fait sots.
***
Monsieur Landry, la plupart des écoles privées du Québec appartiennent au patrimoine québécois de souche française et certaines remontent au temps de la Nouvelle-France. S'il advenait que ces écoles privées disparaissent au nom de la lutte des classes, du progressisme, du néo-libéralisme et du mondialisme comme vous semblez le dire, nous ferions encore une fois office d'assassins de ce qui reste de notre identité de souche française. De notre différence. Les écoles privées sont des symboles pour ceux qui auraient tendance à l'oublier et la propagande fédérale, y compris celle des mercenaires québécois, mettra tout en oeuvre pour faire disparaître ce dernier symbole et faire de nous des canadiAns et, pour beaucoup de Québécois, des «citoyens du monde», expression qui justifie maintenant à peu près tout et n'importe quoi.
Si vous êtes sérieux quand vous prétendez «nous» dire «différents», vous tiendrez compte de cet aspect de l'histoire des écoles privées du Québec dans vos discussions à ce sujet. Sinon nous croirons que vous êtes complètement débranché de la réalité de 80% de la population québécoise, à moins que vous vous fassiez le chantre de la lutte des classes et de la mondialisation. Sinon, je croirai aussi que vous avez occulté, que vous vous préparez à troquer votre identité et surtout la nôtre au nom d'un certain opportunisme politique. Il n'y a qu'au Québec, pays des meilleurs au monde, pour entendre de pareils arguments.
Monsieur Landry, à quoi nous servirait une indépendance du Québec dans des conditions créées par la révolution tranquille, c'est-à-dire par les autres? Les écoles privées, à part la langue française, sont le dernier rempart de notre identité. Le statut quo est préférable si l'on doit accepter de détruire ce qui reste de nous-mêmes. Nous serions peut-être en meilleure sécurité en demeurant dans le Kénéda. Notre identité doit-elle passer d'une main fédérale à une main québécoise hybride???? D'ailleurs, votre entrevue à Télé-Québec, aux Francs-Tireurs, m'a laissée bien en colère et déçue. Votre bonentendisme faisait pitié à voir et à entendre. Pensez-vous vraiment faire l'indépendance du Québec dans un tel état d'esprit... Incroyable et très inquiétant!
Monsieur Landry, sommes-nous encore si différents? Qu'en pensez-vous?

Les carrés de l'hexagone
A small Talk with the Paris' Monde
Jean-Luc Gouin
TRIBUNE LIBRE 14 mars 2005
M. Gérard Courtois Directeur de
Rédaction Le Monde,
Paris
Objet : Illustration, parmi cent
et une, de reddition linguistique (prodrome sans doute obligé à l'abdication
culturelle et politique) dans les pages de cet étendard de la presse française
que l'on nomme Le Monde: «A 8 heures par e-mail, recevez la
Check-list, votre quotidien du matin [...]» (en
http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3260,36-401008,0.html) /color>*/color>
M.
Courtois,
Comme Le Monde, manifestement, n'est plus habilité à
rédiger une simple et courte phrase sans sacrifier spontanément au frenchglish
dont il se délecte, vous me voyez au regret de vous informer que de la sorte
vous éradiquez chez moi toute disposition/color>
(ne parlons même pas de l'abonnement en bonne et due forme) /color>à me
prévaloir de l'offre qu'il me semble subodorer dans les brumes de ce
«Pidgin-Idiom».
Depuis que les Edwy Plenel et les Alain Minc ont passé
par là (by the Way, I suppose) - hormis qu'il s'agisse d'un malencontreux hasard
? -, je ne reconnais plus LeMonde que
j'ai naguère apprécié. Il n'y a pas jusqu'à IBM, par le biais de la publicité
(sponsors, you know), qui désormais ne m'y proposât - entre le Desk, le Flash
Shopping et les blogs - un «MoMa on demand»...
Histoire, on peut le
présumer, d'accompagner les «Renault Trucks» du fleuron de la
fière
industrie franco-française.
(Nenni ! Détrompez-vous. Le soussigné en est
encore à peine à mi-chemin de ses quatre-vingt-dix ans...)
Cela dit, ne
vous donnez pas la peine de répondre, ou de rétorquer, à cette présente:
conservez pour vous vos «Newsletters», monsieur le directeur. Car il y a pire
que le ridicule.
Sa justification.
Jean-Luc
Gouin LePeregrin@yahoo.ca Québec, le 14 mars 2005
/color>*/color>
/color>/fontfamily>On
notera au surplus que la préposition qui amorce la phrase (les signes
diacritiques sur les capitales - les usances contre les lumières de la
signifiance ? - semblent en certaines contrées relever du crime de lèse-majesté)
n'a cure de son identité propre, qui se voit évacuée d'emblée par l'abrogation
de l'accent qui précisément la définissait. Ce qui au reste se révèle tout à
fait symptomatique de la langue - future/color>
ex-agonisante ? -/color>
hexagonale /color>de notre
temps/color>:
l'englissement, en effet, s’accompagne simultanément (affranchissement
graduel, voire progressif,
de la langue française d'elle-même ?) de la déprédation du tissu linguistique de
manière générale (plans lexicologique, morphologique et syntaxique, entre autres
champs de désolation). C'est ainsi que l'on constate de plus en plus fréquemment
- phénomène aberrant jusqu’à l’extraordinaire - des tournures de phrases dont
«la part» anglaise du discours disglossisant respecte les règles de l'idiome de
Byron et de Shakespeare (notamment l’orthographie) mieux encore que la part
française n’obéit de fait au génie de la langue de Boileau et de Chateaubriand.
Pour le dire concisément: la qualité de l’anglais y est souvent supérieure à
celle de la langue maternelle du locuteur, trahie par /color>l'imprécision,
un vocabulaire élimé et des errances de toutes sortes (confusion des «genres»,
grammaire à la va comme je te pousse, etc.). Bref, le franco-français actuel
s'apparente dangereusement à la langue bâtarde des Québécois d'il y a quarante
ou cinquante ans.../color> «
Ah... le français de France !
», disions-nous naguère avec émotion, au
Québec, comme si par notre souffle illocutoire nous emmitouflions avec force
délicatesse un bijou précieux dont nous désespérions (dans l'indigence lexicale
ou, ce qui est le même, à grands renforts de
Tabarnak!)
de ne pas être les dignes héritiers et dépositaires sur notre terre d'Amérique
pourtant presque quatre fois plus vaste que la Mère patrie. Or aujourd'hui nous
comprenons que sous cet angle (comme sous bien d'autres au demeurant) nous ne
pouvons plus compter sur la France - pas plus d'ailleurs que sur la Belgium, la
Swiss ou le
Grand Duchy of Luxembourg (il faut dire, étonnant retour de
l'Histoire, que l'Afrique se montre à cet égard /color>- de la
Port-Gentil ébène à la maghrébine Carthage - n/color>ettement
plus boyarde et surtout moins poreuse à la... colonisation). Non pas que ce
peuple français d'outre-Atlantique vous soit devenu parfaitement inintéressant
ou indifférent mais bien plutôt, je pense, à tort ou à raison, parce que la
France ne se supporte plus dans son être-propre. Peut-être même se fait-elle
horreur...? Quoi d'autre qu'un profond quoique indicible mépris de soi, en
effet, pourrait disposer ainsi une nation - qui dans son histoire s'est élevée à
rien moins qu'au statut de civilisation - à se proscrire de l'intérieur en
sabordant l'instrument de son pouvoir de penser: sa propre langue.

De la confraternité des cuistres
François Perrier
TRIBUNE LIBRE 14 mars 2005
Mme Vallée, de la confraternité des cuistres - bienvenue - mais cette fois vous exagérez !
Se réfère à "Sommes-nous si différents …", de Mme Marie-Mance Vallée, texte paru à la Tribune Libre de Vigile, le 11 mars.
Larousse défini le cuistre comme étant "une personne qui fait un étalage intempestif d'un savoir mal assimilé". Venant du vieux français "quistre" = marmiton - ça sent le subalterne à plein nez. Les Français, chauvins et ne faisant pas du tout dans la dentelle, se réfèrent plutôt au "béni oui oui" - (de l'arabe = ben - fils de). Il s'agit "d'une personne approuvant systématiquement les paroles, les actes, d'une autorité, d'un pouvoir". Cela faisant, les Français blessent les susceptibilités autant des juifs que des arabes, lesquels se servent abondamment de ce préfixe pour se définir.
Le génie de la langue française québécoise universelle dans sont appui à sa langue souche, s'est inventé le vocable "àplatventriste", beaucoup plus subtil que béni oui oui, en ce qu'il s'applique à tout un chacun, sans distinction aucune, y comprit nos 'zélites'. Créatif et sans doute en instance de béatification dans un processus de reconnaissance officielle par l'Académie - 'àplatventriste et àplatventrisme' exprime par exemple "LA PEUR des impuissants du joual, comme le Patrick huard (huer comme dans hyène), traumatisés par la peur de s'exprimer en français, une langue qui les dépasse."
Quand je dis BIENVENUE, Mme Vallée, c'est que j'en suis de cette confrérie des cuistres. L'important comme disent les Belges, c'est de se soigner. Et pour ce faire, il faut penser plus loin que son nez. N'ayant que 12 années de scolarité, la cuistrerie me vient facilement. Je n'étais tout simplement pas là quand on a enseigné la logique. D'un autre côté, on peut être philosophe à Matane, et penser tout croche. Ou chroniqueur au Devoir-de-toutes-les-réserves, et induire ses compatriotes dans l'erreur, et sciemment à part ça.
De cuistrerie ? Comme disait l'âne aux animaux malades de la peste -- quand le bouchar est tombé fin 2000 début 2001, j'étais en Italie et privé des sources habituelles d'information. Donc plus cuistre qu'à l'accoutumée. Je suis alors allé aux renseignements - jubilant de par la possibilité que le 'pur et dur' Landry prenne le pouvoir, applaudissant ses 'coups de cochon' aux autres prétendants au trône de Sauveur. Mon interlocuteur à Montréal (il se reconnaîtra), avait beau tempérer mes ardeurs - j'étais convaincu que cette fois serait la bonne ! Landry - qui selon, moi avait été entravé dans ses coudées franches par les timorés, nous mènerait à la Terre promise. Ça c'est être cuistre.
Ou encore, et mine de rien, on me fait noter à Vigile, que Fulvio Caccia dont je faisais éloge il n'y a pas si longtemps ("Bravo M. Marhraoui" - Tribune Libre, Vigile, le 31 janvier 2004), est en réalité un fédéraste impénitent. Pourtant son transculturalisme, comparé au pseudo multiculturalisme canadian, ou le melting pot américain, est enjôleur. Le problème étant que certains préceptes du ROC, en commençant par le fédéralisme, le bilinguisme et le multiculturalisme, sont des principes sains. Ce n'est que l'usage raciste qu'on en fait pour "nous" éliminer - littéralement - qui est malsain.
ET ALORS, Mme Vallée, quand vous dites "NOUS" pour fustiger autant Landry du Pécule néolibéral, que Gilles Duceppe du Bloc-Q -- j'en suis ! Mais quand vous vous portez à la défense des diverses écoles privées au Québec, sous prétexte qu'elle "nous" définissent - faisant même partie d'un (sic) patrimoine (dans la religiosité réprimante) remontant jusqu'à la Nouvelle-France, alors là, c'est vous qui êtes désolante de cuistrerie ! Le mantra auquel vous vous référez, selon lequel que "nous sommes différents" au Canada de par nos écoles privées, est tout simplement fumisterie.
Ces écoles privées sont au contraire symbole d'une race de bien nantis, qui comme des 'pimps', "nous" traitent de putes, tout en insistant pour s'instruire aux frais et aux dépends de la collectivité. Parmi les "souteneurs" des écoles privées, il y a Michel Venne de l'Institut du Nouveau Monde-à-droite, et Joseph Facal, ex ministre péquissse de la 'réingéniérie' de l'État-à-la-baisse, et pourfendeur de nous, pauvres misérabilistes, avant que son sort le rattrape. Mais vous Mme, que faites vous dans ce bordel !?
La lutte des classes existe bel et bien Mme Vallée, et c'est la classe des 'prépondérants' contre TOUS les autres, qui la mène. 'Prépondérants', du latin = celui "qui a le dessus, qui fait le poids, qui a plus d'importance, d'autorité, ou de capital". Sans savoir ni lire ni écrire, je soupçonne que vous ne serez ni millionnaire, ni docte bardée outre mesure de diplômes, ni influente chez la politicaille péquisso-bloquiste. Et alors j'assume que comme moi, vous faites partie des subalternes -- plutôt que des nantis.
Les Noirs américains, plus subtils parce que plus opprimés encore, ont départagé ces deux classes en faisant référence aux FUCKERS, (ceux qui 'fourrent' les autres), et les FUCKEES (tous les enculés par ces nantis). Ceci est vrai depuis la nuit des temps alors qu'un individu a accumulé plus de pécule que les autres, et a immédiatement payé quelqu'un pour le protéger. Et cette lutte des classes continu, alors que les prépondérants comptent sur des suppôts pour les défendre, en jouant des faibles contre les plus faibles encore. Voilà pourquoi il y a toujours plus d'argent pour la répression au Québec (et dans le monde), mais jamais assez pour l'économie sociale. Voilà comment les policiers sont toujours plus nombreux alors qu'on coupe dans le nombre des enseignants et des infirmières.
Idem pour votre attaque sauvage à la Révolution Tranquille Mme Vallée, puisque elle n'a jamais été portée à fruition par les gauches. Ayant plutôt été usurpée à droite puis combattue de l'intérieur du PQ - tout de suite après la défaite référendaire de 1980, par les divers Johnson, Parizeau, Bouchard ET Landry. Tous de droite, se drapant tous dans la social-démocratie pour pervertir les idéaux de tout un peuple, qui doit son épanouissement (et non sa "survie" comme disent certains) à la solidarité, dans la recherche du plus grand bien commun.
Je vous laisse avec deux citations, la première de droite, de quelqu'un se voulant républicain pluraliste dans la répudiation des masses sales, la seconde d'un gauchisant soit disant radical.
L'anthropologue et constitutionaliste Claude Bariteau, affirme que “TOUS les arrangements constitutionnels depuis 1774, sont fondés sur une alliance entre des élites locales et les Britanniques, détenteurs du pouvoir” (aujourd’hui les CanadiAns). Bariteau avalise ainsi la théorie que nos franco-fédérastes à Ottawa (ça rime avec collabo et piastre) ainsi que les vendus de l’aile pseudo-souverainiste néolibérale du PQ “dans leurs appréhensions (fictives), leurs éternels (faux) espoirs et les courbettes qu’ils font pour être de bons et loyaux sujets canadiAns, sont prêtes à tout pour empêcher que la nation politique québécoise ne s’affranchisse d’un système qui la contraint à l’insignifiance.”
Victor-Lévy Beaulieu, fait ici l'éloge de chroniques accusatrices de nos zélites, par l'historien de grande valeur qu'est Michel Lapierre. Chroniques intitulées "L'autre histoire du Québec" (Éditions Trois-Pistoles) sur nos zélites, à savoir - "Nos élites furent et sont encore bien lâches. Le peuple, elles l'ont trahi tout au cours de notre histoire : un haut clergé troquant notre liberté pour se rassurer dans ses privilèges par-devers le conquérant anglais ; des notables trop assujettis à l'Église et rêvant de ressembler à l'opprimant, au point d'y perdre leur être identitaire ; des édiles formés par des professeurs, ou bien anglophiles ou bien francophiles, pour qui être Québécois est synonyme d'une désastreuse infériorité ; et des politiciens traumatisés par une Histoire dont ils renient les tenants pour ne pas avoir à s'éprouver dans leur volonté de puissance et en assumer les conséquences." ! FIN DE CITATIONS.
Si j'ai bien compris (pas facile de comprendre puisque nos zélites sont cachottières pour ne pas dire sournoises), Gilles Duceppe est né marxiste et même marxiste-léniniste, aujourd'hui 'gras-dur' à droite. Comme disait le méchant loup au Petit chaperon rouge "c'est pour mieux te manger mon enfant !" Comme les Belges, je dis alors "je suis con, je me méfie de nos zélites, ET je me soigne". Faites donc de même Mme Vallée.
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