VAS-Y !

Fernando Moreno
TRIBUNE LIBRE 24 mars 2005

Au Kirghizstan
les manifestants en colère,
drapeau national au poing,
prennent d’assaut le siège du gouvernement
dont ils réclament la démission.

Le Kirghizstan, pays d’Asie centrale
compte à peine 4,5 millions d’habitants.

Pourquoi eux et pas nous ?
N’éprouvons-nous pas cette même rage,
cette même exaspération ?

Qu’attendons-nous au juste ?
Qu’une petite voix s’élève pour
nous dire : « Vas-y, fais-le pour toi ! »

Chut ! Il me semble l’entendre…




Monsieur Charest, pourquoi vous obstinez-vous ?

Patricia Latour, Montréal
TRIBUNE LIBRE 24 mars 2005

Monsieur Charest,

Une majorité de Québécois sont fiers, qu'en Amérique du Nord, ce soit au Québec que les étudiants bénéficient du meilleur soutien financier. Et ils veulent que cela reste ainsi, car la comparaison nous place du côté du bon sens. Les Québécois savent que l'Administration états-unienne engouffre des centaines de milliards de dollars dans la guerre pendant qu'elle coupe dans l'éducation. Nous savons, qu'au coeur de leur empire, c'est "au plus fort la poche" et qu'il en coûte une fortune pour faire des études universitaires. Donc surtout les plus riches, les gens déjà bien nantis, ont accès à une éducation qui, s'ils y avaient accès, permettrait aux démunis d'améliorer leur situation. L'écart entre une minorité de riches et une majorité de pauvres s'élargit et la paix sociale est menacée. Une bonne partie du Canada anglais regarde vers le sud avec envie, et admiration. Mais ce n'est pas le cas de la grande majorité des Québécois.

Le Québec est une société distincte, même Robert Bourassa l'affirmait. Au Québec, nous croyons qu'il faut essayer de donner une chance égale à tous. Cela fait partie de nos valeurs, de nos traditions, c'est presque dans nos gènes. Et je suis certaine que nous nous débarrasserons de votre Administration bien avant de changer cet aspect de notre culture qui est solidement ancré en nous.

Monsieur Charest, pourquoi vous obstinez-vous à toujours nous comparer au pire! Les États-Unis et le Canada anglais ne sont pas des exemples à suivre, selon la mentalité québécoise. Nous préférons nous inspirer des pratiques, qui ont cours dans plusieurs pays d'Europe, s'inscrivant dans une vision à plus long terme et dans le cadre d'une vraie démocratie égalitaire.

Monsieur Charest, pourquoi voulez-vous abaisser notre niveau de "performance" sociale alors que, jusqu'à maintenant, nous sommes un exemple à suivre pour un grand nombre de nations à travers le monde!




LA RÉPONSE DU VENDREDI SAINT
Le «Tout-Puissant incapable» ?

Nestor Turcotte, Matane. L’auteur est philosophe et théologien
aristote@ma.cgocable.ca
http://www.cafe.rapidus.net/neturcot/index.html
TRIBUNE LIBRE 25 mars 2005 (texte paru dans Le Devoir du 25.3.2005)

(version intégrale)

Il y a quelques années, on avait demandé à des étudiants des classes terminales d’un lycée de Stockholm d’exprimer, à l’aide d’un dessin, ce que le mot «Dieu» voulait dire pour eux. Un des grands quotidiens de la ville publia les résultats de l’enquête et retint l’un des dessins qui semblait rejoindre le point de vue d’une large majorité. Pour exprimer sa vision de Dieu, le jeune homme avait tout simplement dessiné un visage, très beau, calme et serein, souriant, au milieu d’un tapis de nuages bleutés. Un visage impassible du Bouddha. En bas de la page : la terre, remplie de ravages, de cadavres et de gens affamés. En légende, cette petite phrase : «Pour moi, Dieu, c’est le Tout-Puissant incapable.»

C’est le cri terrible de Camus : «Comment pourrais-je chanter les louanges de l’Auteur d’une création dans laquelle tant d’enfants innocents sont immolés?» Dieu n’est pas possible dans ce monde si mal-en-point. L’athéisme contemporain est la solution, même au prix d’une métamorphose qui étonne parfois. Dieu est non seulement devenu inutile pour l’athéisme, mais Dieu est pointé du doigt comme le grand coupable des maux de ce monde. Pourquoi naître et vivre, sans raison, dans un monde où pourrissent les inégalités, où l’absurde intégral se lit sur ces millions d’êtres humains qui ne sont nés que pour pâtir et crever dans le plus parfait anonymat? Le coupable étant difficilement repérable, on se tourne vers le Dieu en qui on ne croit pas pour l’accuser d’être l’Auteur de ce monde si absurde. Les Sans-Dieu accusent Celui en qui ils ne croient pas d’être l’auteur du mal qu’ils ne peuvent expliquer. Contradiction?

Devant le mal, toutes les réponses, ne faisant référence qu’à la pensée théologique ou philosophique, ne font pas le poids. Il semble que les mots ne suffisent pas à régler cette question aussi grave. Devant la maladie, la mort, la souffrance d’un être cher, tous les systèmes politiques, dialectiques ou philosophiques ne font pas sécher les larmes de la mère qui pleure la perte de son enfant. Tout naturellement, elle réclame qu’on lui redonne son enfant. La mort ne peut trouver son sens que dans la continuité dans une autre vie. Personne ne se résigne à retourner au néant.

Devant le scandale de la souffrance, de la maladie et de la mort, il y a une réponse qui scandalise. Quelqu’un répond. Ici, c’est un geste divin. Ici, les hommes ne se livrent plus; c’est Dieu qui se livre, en donnant la Croix de son Fils. Un certain Vendredi !

Dieu n’a que faire de nos idées sur le mal. Il le prend sur lui, pose un geste, un acte. Une Passion. Cette réponse est silencieuse et mystérieuse. Elle peut scandaliser, mais c’est la réponse de Dieu. Et c’est la seule valable pour qui cherche encore une solution au scandale du mal.

Depuis toujours, les hommes ont cherché dans trois directions différentes. D’abord la voie de l’apaisement. Le désespoir de l’humanité face à la souffrance et à la mort viendrait de l’ignorance collée à la condition humaine. Repoussons l’ignorance économique et politique, et tous les maux humains tomberont d’eux-mêmes. Certains régimes totalitaires, au nom d’une idéologie particulière, ont sacrifié des millions d’êtres pour guérir l’humanité de son ignorance. Pour enrayer le raz de marée du mal, rien d’autre qu’un raz de marée de mal encore plus grand. Guérir en multipliant la souffrance d’un plus grand nombre, afin qu’un petit nombre arrive à s’en sortir. La clé de cet esthétisme de l’apaisement : sacrifier des personnes à un ordre, à une nécessité historique. Les goulags et les camps nazis confirment l’inhumanité de cette voie.

D’autres, rejetant la voie de l’apaisement, prennent la voie de l’absurde. «Il y a peut-être une harmonie, il y a peut-être une solution, un ordre, pensent-ils, mais je ne le comprendrai jamais. Je rends mes cartes et je désespère.» C’est la voie empruntée malheureusement par une large majorité actuelle d’êtres humains. On sombre alors dans le désespoir, la voie du néant, la nausée et le mépris. Au nom de l’épanouissement humain, on camoufle une révolte qui, en bout de piste, non seulement n’élucide pas la question posée, mais détruit celui qui se la pose.

Enfin, - et les adeptes de cette voie se multiplient – il y a ceux qui, insatisfaits des voies de l’apaisement et de l’absurde, optent pour la fuite. Ce monde du mal perpétuel est illusion. La sagesse consiste à le quitter, à le fuir. Il n’y aucune issue possible au mal. Le sage est celui qui s’en va. Solution : évasion! Le monde va mal, soit ! Mais Dieu n’y est pour rien. Le monde suit son cours, victime d’un développement nécessaire. On n’y peut rien. Pour s’extirper du monde dans lequel chacun est plongé, il s’agit de le voir comme une illusion, un avatar. Collectivement, il n’y a rien à faire. Le pessimisme est la vertu de tous. L’évasion du monde, la seule solution.

Tout autre est la voie des grandes traditions chrétiennes. Le monde a vraiment été voulu par Dieu. Il est le fruit d’une intention divine. Ce monde est bon, mais blessé. Il a besoin d’être restauré. Métamorphosé. Ce monde-ci est l’œuvre du Créateur. Il est déjà régénéré par le Christ souffrant et Ressuscité et il attend sa pleine réalisation, œuvre de l’Esprit, lorsque les temps seront accomplis.

Les réponses humaines face au mal ne font pas le poids face à la réponse de Dieu. « A cette question terrible, la plus ancienne de l’humanité, Dieu seul directement interpellé et mis en demeure, était en état de répondre, et l’interrogatoire était si énorme que seul le Fils de Dieu pouvait y répondre en fournissant non pas une explication, mais une présence, suivant cette parole de l’Évangile : «Je ne suis pas venu expliquer, dissiper les doutes par une explication, mais remplir. » C’est-à-dire remplacer par ma présence le besoin d’explication. Le Fils de Dieu n’est pas venu pour détruire la souffrance mais pour souffrir avec nous. Il n’est pas venu pour détruire la Croix, mais pour s’étendre dessus. De tous les privilèges spécifiques de l’humanité, c’est celui-là que Dieu a choisi pour lui-même.» (Paul Claudel).

Voilà la réponse de Dieu au scandale du mal. Pas une théorie. Pas une solution. Mais une Passion. Dieu n’est nullement plus grand que dans cet abaissement, cette humiliation. Dieu n’est nullement plus grand que dans ce don. Dieu n’est nulle part plus puissant que dans cette impuissance. Dieu n’est nullement plus divin que dans cette humanité qu’il assume. Il est totalement Amour, dans tout son être, en faisant descendre le Très-Haut, dans le Très-bas.

La Croix reste un scandale pour tout homme qui ne cherche qu’en lui-même, la solution aux maux de l’humanité. Le Vendredi-Saint nous rappelle ce grand mystère. Au scandale du mal, Dieu répond par le scandale de son Fils en croix. Ce scandale n’a pas fini de faire parler de lui.

En ce 60e anniversaire du camp d’Auschwitz, je laisse, en terminant, la parole à Elie Wiesel, qui, un jour, a résumé ce mystère de la souffrance de Dieu qui prend corps dans les humains qui souffrent. Dans un de ses livres il raconte : «Les S.S. pendirent deux juifs et un adolescent devant les hommes du camp rassemblés. Les hommes moururent rapidement. L’agonie de l’adolescent dura une demi-heure. «Où est Dieu, où est-il»? demanda alors quelqu’un derrière moi. Comme l’adolescent se débattait encore au bout de la corde, j’entendis l’homme appeler à nouveau : «Où est Dieu maintenant?» Et alors j’entendis une voie répondre en moi : «Où est-il? Il est ici…Il est pendu au gibet…»

Devant la souffrance humaine, chacun cherche Dieu. Il ne faut pas chercher Dieu hors de ce monde pour l’accuser : à chaque fois que la souffrance des hommes frappe un être humain en pleine figure, le Visage du crucifié vient de lui apparaître. C’est à chacun de nous de le faire descendre de la Croix. La joie pascale commence dans le combat des hommes pour plus d’amour et de fraternité.




Enfin de l'action

Dominique Tremblay, Jonquière Qc
TRIBUNE LIBRE 25 mars 2005

Cette semaine j'ai découvert grâce à Vigile le site du Nouveau Parti Québécois (www.nouveaupq.qc.tc ). Vraiment je n'en reviens pas de toute l'information qu'il y a là ! D'abord, trente personnalités ont déjà conclu à l'évidence de la nécessité d'une course au leadership. Je pense qu'il n'y a que Landry qui ne comprenne pas. Non seulement il ne respecte pas la constitution du parti mais il ne voit pas que faire taire le "grenouillage" de force n'est pas une bonne solution.

À la manifestation qui aura lieu mardi prochain à la fin de l'après midi, Landry et Duceppe seront là tous les deux. Je me demande effectivement lequel sera applaudi, comme la question est soulevée sur le site. Je trouve très intéressant que les militants se prennent en main au lieu d'attendre "Godot", et manifeste contre l'arrogance. Comme je ne pourrai pas être là, à Montréal (p.c.q. j'habite trop loin), j'espère qu'il y en aura une d'organisée en région.

C'est une bonne façon de "s'exprimer" pour ou contre mais au moins on peut passer à l'action.

Bonne manif et je suivrai les évènements aux nouvelles.




JEAN CHAREST RÉDUIT ARBITRAIREMENT LE BUDGET DE LA FÊTE NATIONALE

Léandre Fradet, Québec
TRIBUNE LIBRE 25 mars 2005

Le gouvernement de Jean Charest s’apprête à porter à nouveau financièrement ombrage aux célébrations de notre fête nationale en diminuant, une fois de plus injustement, de18% sa juste part de bon aloi à notre manifestation de fierté d’être Québécois. Quelle gifle éhontée de la part de ce gouvernement de la nation québécoise !

Pourquoi donc alors ne pas célébrer la Saint-Jean devant le Parlement ? Par un gigantesque rassemblement fleurdelysé, en guise de vive protestation contre cet affront odieux du gouvernement à notre légitime expression de fierté québécoise !?

Conséquemment, n’est-ce pas à cet endroit exceptionnellement que nos sociétés nationales se doivent en dépit de Jean Charest d’y convier nos compatriotes à célébrer dignement la fête nationale du Québec !

Que tout le Québec s’y rende joyeusement et fièrement le 24 juin, par tous les moyens de locomotion : autocars, trains, voitures, etc. !

Il ne faut absolument pas que cette coupure financière contre la fête nationale du Québec reste sans écho !




Un Québec en pleine mutation

Claude G. Charron
TRIBUNE LIBRE 25 mars 2005

On n’en prend peut-être pas conscience, mais le Québec est en train de vivre une mutation plus importante que celle qu’il a connue dans l’après-guerre. Ce que l’on a appelé «la Révolution tranquille » couvait déjà dans les années quarante et cinquante. L’arrivée de la télévision a finalement été le principal catalyseur qui a fait que les «Canadiens français» ont effectué un virage signifiant dans leur façon de voir le monde. Et de se voir dans le monde. Un virage qui s’est concrétisé par la victoire du PLQ aux élections de juin 1960.

Le Parti libéral actuel n’a rien à voir avec celui de Jean Lesage. Avec un chef qui s’est glorifié d’avoir un programme copié sur ce que pensent les think tanks de l’Institut économique de Montréal, il est clair que le PLQ n’est plus au diapason des attentes de la population. Il ressemble davantage à l’Union nationale de Duplessis plutôt qu’au parti des Lévesque, Kierans et Gérin-Lajoie. Les parallèles s’accumulant entre ce que vivaient les progressistes des années cinquante et ce que vivent ceux d’aujourd’hui, on a raison de croire que, comme dit la chanson, le Québec est au début d’un temps nouveau.

Mobilisation étudiante. En 1958, trois étudiants assiègent l’antichambre du bureau du premier ministre qui refuse de les recevoir. Leur revendication: l’instruction gratuite pour tous. Le Rapport Parent en 1964 répondra en grande partie à leur exigence. Cette semaine, près de deux cent mille étudiants sèchent leur cours afin de forcer le gouvernement à revenir sur sa décision de charcuter le programme des prêts bourses.

Scandales. Les nouvelles télévisées diffusent actuellement un bien drôle de soap. On y voit d’hallucinants personnages, les uns se rappelant, et d’autres pas, comment ils ont été si grassement rétribués tout en n’étant que de vulgaires petits pions dans la machine propagandiste post-référendaire du gouvernement Chrétien-Martin. En 1958, le régime Duplessis était englué dans le scandale du gaz naturel. Le journal Le Devoir de l’époque jouait au supplice de la goutte d’eau avec l’affaire, jour après jour lui accordant sa une. Le « cheuf» n’a pas apprécié. S’apercevant à l’occasion d’une conférence de presse, que le journal honni était représenté par Guy Lamarche, il le fit expulser illico et manu militari.

«Toué, tais toué». Le journaliste du Devoir n’a pas été le seul à subir les foudres de Duplessis. Paul-Émile Borduas perdit son emploi à l’École du meuble parce qu’il avait été l’initiateur du Manifeste du Refus global. Des pressions seront faites à Rome pour que Mgr Joseph Charbonneau soit déchu de son poste d’archevêque. Il avait eu le tort d’appuyer les grévistes de l’amiante. Duplessis fera des pressions pour que, au grand jamais, Pierre Trudeau n’enseigne le droit constitutionnel à l’université de Montréal. Il y parviendra.

Les «gauchistes». La situation change du tout au tout avec l’arrivée de la télévision en 1953. Le petit écran permet aux signataires du Refus global, tels les Gauvreau, Ferron et Arbour, d’entrer directement dans l’intimité des foyers. André Laurendeau, rédacteur en chef du Devoir, anime l’émission Pays et Merveilles. Le renversement de situation est tellement fort que Robert Rummily s’en émeut. Le biographe et grand admirateur de Duplessis criera haut et fort son indignation de voir les ondes «envahies par tant de gauchistes». En ces temps de grands bouleversements, René Lévesque fut sans conteste le «gauchiste» qui aura le plus fait pour transformer les esprits et les cœurs en Terre Québec.

Finies les folies. La capacité du journaliste à la voix rauque d’expliquer les moindres méandres de conflits, comme celui de l’Algérie, a ouvert une large fenêtre sur le monde à nombre de Québécois. Pierre Elliott Trudeau s’emploiera à la refermer. Alors que la grève des réalisateurs a convaincu le premier qu’il devait faire le saut en politique afin de pousser les Québécois à avoir davantage confiance en leurs capacités, le second s’inquiète de la ferveur nationaliste qui, à partir de 1962, s’empare d’une partie de plus en plus grande de la société québécoise. S’il se résout à faire le saut en politique, ce sera pour contrer cette tendance. Sitôt devenu premier ministre en 1968, il placera ses amis là où ça compte et, fin renard, les hauts lieux de décisions de notre télévision publique ne seront aucunement oubliés. Début de Finies les folies : quand il s’agit de traiter du Québec, la SRC est dorénavant transformée en une officine de propagande.

Le début d’un temps nouveau. Le scandale des commandites démontre hors de tout doute que, tout comme le duplessisme, le trudeauisme a fait son temps. Parce qu’on lui reprochait d’avoir presque perdu le référendum de 1995, Jean Chrétien n’a pas hésité à ouvrir toutes grandes les vannes de la propagande. Il s’est révélé un très mauvais stratège. Les Québécois sont maintenant conscients qu’on a longtemps tenté de les prendre pour des valises.

La SRC n’a plus le choix. Elle se doit redevenir ce qu’elle était avant le Finies les folies. Les Québécois sont de plus en plus nombreux à être conscients qu’ils ne sont pas plus bêtes que les Ukrainiens. Ou que les Libanais. Reste maintenant à savoir si, lors du prochain rendez-vous électoral, les souverainistes auront un chef capable d’appeler un chat un chat.




Qu'il en soit ainsi !...

François Perrier
TRIBUNE LIBRE 29 mars 2005

Si pour éradiquer le cancer au PQ qu'est Landry, il faut y introduire Duceppe, ou ramener Parizeau - COSI SIA - qu'il en soit ainsi !

Se réfère (A) au texte de la journaliste Diane Précourt dans Le Devoir du 14 mars 2005, faisant dire à Jacques Parizeau qu'il faut réaliser "La souveraineté contre les dérives de la mondialisation".

(B) L'ÉDIT de René-Marcel Sauvé, intitulé "Duceppe DOIT rester au Bloc et Landry (SIC !) au PQ" --, paru dans la Tribune Libre de Vigile le 18 mai 2005. Cette déclaration représente pour moi un BRIS de confiance. M. Sauvé semble 'faire de la politique' - partisane -- et conservatrice en plus ! ?

(C) Mes "conditions gagnantes", des 21 au 24 novembre 1998, parues dans la revue La Tempête, du Mouvement de libération nationale du Québec (MLNQ), en mai 1999, et intitulé "Des conditions gagnantes dès le 1 décembre 1998 - une élection référendaire dans 5 ans."

(A) Le texte de Mme Précourt était auréolé par l'éditeur du Devoir, du mot "souveraineté." Ou était-ce "indépendance" !? Dans une curieuse magouille commise par qui connaît la différence entre les mots "indépendance" et "souveraineté" - sans doute pour fin de zizanie - la Presse canadienne substituait le terme "indépendance" dans son compte rendu du texte de Mme Précourt. Parizeau, qui dans son analyse des dangers de confiscation des économies et des cultures nationales par leur globalisation en faveur des USA, et les économies des G7 -- se fait ici un "aumônier", et il affirme que dorénavant "Un pays ne se définit plus par son économie, mais PAR SA CULTURE, celle au sens large". À plus forte raison selon moi, l'économie et la culture française d'une pauvre "province" assujettie telle que le Québec. Déclaration de Parizeau d'autant plus fracassante, si on s'en tient à l'affirmation assassine (dont la véracité reste cependant à vérifier) par la ministre de la Culture et Communications Line Beauchamp -- que c'est sous le règne de Parizeau que le PQ a le plus coupé dans les budgets dudit Ministère de la Culture ! M. Parizeau serait donc bien mal venu de se porter à la défense de … la culture québécoise !

Que l'Organisation mondiale du commerce (OMC) ait des visées sur notre eau québécoise, notre système de santé et d'éducation, n'à rien de bien nouveau non plus. Le sociologue québécois Gilles Gagné l'affirmait déjà dès le 17 septembre 1999, dans un article paru au Devoir, sous la plume d'un certain Daniel Clapin-Pépin, article intitulé "La mondialisation : une condition gagnante ?" Gagné précisait alors (lui qui est tout aussi conservateur et élitiste que Parizeau) -- "Je suis favorable à l'indépendance du Québec parce que je suis favorable à ce qui reste de la souveraineté politique dans un système mondial qui se déploie contre elle … ". L'article identifiait alors comme objets de convoitise de l'OMC, nos forêts et rivières y compris le fleuve Saint-Laurent, nos systèmes publics d'éducation, de santé et même d'aide sociale --, comme étant tous dans la mire des bonzes de la mondialisation. Parizeau dit juste, mais n'innove pas en tant qu'aumônier (celui qui profère sa sagesse).

En plus, nous sommes nombreux à nous demander tout haut, ce que fait dans les platebandes des éducations nationales des États souverains et indépendants, un organisme purement à but lucratif tel l'OMC - pour ne pas dire, "à fin de lucre", dans l'avidité de sa quête du profit crasse. Si un organisme international doit envahir EN TOUT et partout, un domaine dévolu strictement à la Nation et à l'État national - ne devrait-il pas s'agir de l'UNESCO - The United Nations Educational, Scientific and Cultural Organisation !? D'ailleurs, je n'oublie jamais de flanquer une gifle à nos pleutres cousins français, en notant que c'est parce que les principales assises de cet organisme sont à Paris, qu'on n'a jamais cru bon d'officialiser une équivalence en langue française dudit UNESCO. Mais passons outre.

On s'interroge alors pourquoi Parizeau, régurgite de telles lapalissades - si ce n'est que convoitant de nouveau la chefferie du PQ, il met en évidence l'absence totale d'honnêteté** de Landry quant aux enjeux politiques en place. Si le retour du premier nous débarrassait du cancer qu'est le deuxième, il serait bien qu'il en soit ainsi - et bienvenu M. Parizeau ! J'ai déjà dénoncé la chancre au corps de la Nation qu'est Jacques Parizeau, dans un texte paru dans Vigile le 21 mai 2003, et intitulé "Pitié pour le Québec, mon général - FOUTEZ L'CAMP !" - et n'ai pas changé d'avis depuis. On ne comprend toujours pas pourquoi Parizeau ne clame pas haut et fort la justesse d'au moins la moitié de sa déclaration de novembre 1995 (la défaite de 1995 causée par l'argent - des commandites). Si ce n'est qu'en bon reconfédéraliste il ne veut pas couvrir d'aspersions désobligeantes ses fellow-CanadiAns de droite !! Cependant, en ce que Parizeau avait bel et bien pris quelques mesures administratives pour protéger l'économie québécoise (mais non le bon peuple !) contre le courroux canadiAn, advenant un OUI au référendum de 1995, il fait ici figure d'enfant de chœur, par rapport à Landry - qui affirme que de telles mesures voulant épargner les siens de la violence canadiAn -- sont déloyales … envers ces derniers !!

(B) C'est pourquoi je trouve le texte de M. Sauvé en ce qui a trait à Landry, d'une grande suffisance et d'obscurantisme - Sauvé qui se consulte pourtant régulièrement avec le Christ, Lao Tsu, Machiavelli, Clausewitz et Martin Buber. Monsieur Sauvé ferait mieux de retomber sur terre et accoucher (finalement, après 7 ans de promesses) de son prochain opus (promit pour juin prochain), un livre se voulant une séquelle de "Géopolitique et avenir du Québec" (Guérin). Livre extraordinaire mais qui remonte déjà à 1997. Ou alors, que M. Sauvé aille paître ses moutons dans la Savoie de ses ancêtres, comme il menace de le faire, dans ses moments de découragement.

De plus, M. Sauvé est un de ceux qui inexplicablement 'manipule' le sens des deux mots "nation" et "peuple", inversant même l'ordre de précédence entre les deux, faisant ainsi que le bon peuple, lequel devrait être suprême et une fin en soi - se reconnaisse plutôt dans la nation (de natio - naissance - "ceux nés ensemble") ! ? D'ailleurs, je me suis laissé dire (par l'encyclopédie Rizzoli-Larousse) que "souvent et de façon inappropriée, le concept de peuple (ensemble des individus qui constituent un État), est assimilé à celui de LA nation - alors que ce concept de nation est nettement différent de celui de peuple -- en autant que ceux qui appartiennent à la NATION sont liés ENSEMBLE par des facteurs NATURELS, outre des facteurs sociaux, culturels et moraux". M. Sauvé semble donc avoir rejoint le concept de la république, autant française qu'américaine, des plus forts -- (de Chirac à George W. Bush), où le bon peuple doit se prosterner devant la "communauté politique - DISTINCTE des individus qui la compose -- et elle seule détentrice du POUVOIR". Donc, au dam de la majorité qui forme la communauté.

Passe encore pour la rétention de Gilles Duceppe à la tête du Bloc, homme de paille dont se porte garant M. Sauvé --, Duceppe lequel gère une bande d'opportunistes venus temporairement à Ottawa, en s'y attardant indéfiniment, en piaffant d'aise à l'auge d'un État canadiAn corrompu. Ce sont tous des 'politicailleux' issus d'horizons politiques différents et ruant dans les brancards, au gré d'intérêts nébuleux qui leurs sont propres. Par contre, leur travail est simple, et dans un jeu de chaise, ce travail qu'ils remplissent bien, consiste à nier un siège à Ottawa aux fédérastes québécois, mettant ainsi l'emphase sur 'l'ingouvernabilité' grandissante de l'Amérique du nord britannico-canadiAn, aussi connut sous le nom de Canada. Duceppe - le grand jaune - est de tous les compromis et de toutes les magouilles. Il n'en demeure pas moins qu'il peut à l'occasion se ressaisir et se montrer à la hauteur de la situation. Comme, par exemple, quand après maintes hésitations - et opportunisme oblige - il a opté pour se réclamer de "notre" statut de nation fondatrice de la Nouvelle-France ET peuple fondateur du Québec-Canada. Et force est de constater, que les Anglos nous envient Duceppe !! Trouvant ses mises au point - comme dans les débats des chefs lors des dernières élections fédérales --, tout à fait éclairées ! J'en suis bien aise, notant alors le vide terrible de talent et de politiciens honnêtes au Canada-anglais, pour que cet état de choses existe ! Le seul conseil que je donnerais alors à M. Duceppe, serait d'enlever la patate chaude qu'il a dans la bouche, et/ou apprendre à parler anglais correctement. Imaginez tout le bien que vous pourriez accomplir au nom de la Nation, M. Duceppe, si le Canada-anglais comprenait TOUT ce que vous dites !?

C'est un secret de Polichinelle que j'admire beaucoup l'œuvre de M. Sauvé, lequel me sert en quelque sorte de … guide, de cicérone : "Attention aux coquilles, elles dévaluent vos textes". "Cessez de vous en prendre aux personnalités - limitez-vous aux grands concepts." "Lisez untel ça va vous déniaiser." "Trouvez un créneau particulier et tapez dedans à répétition." Et puis M. Sauvé conseille circonspection dans le choix de sujets - "les gens n'aiment pas ce faire dire certaines vérités". "Le lecteur est sujet à la cuistrerie - écourtez vos textes." Comme on pourra le constater je suis un bien mauvais élève.

Mais ça n'est pas pour autant que j'ignore que M. Sauvé est conservateur, pour ne pas dire de droite. Qu'il renie mon (sain) nationalisme, tout en se campant dans la Nation et l'État au point de verser dans la … "statolatrie". (C'est comme une tendinite mais en plus pernicieux). M. Sauvé se permet ensuite d'insulter le bon peuple québécois ("bande de caves" !) --, tout en démontrant de l'aimer profondément. Il se dit un froid technicien et détaché, quand en réalité il est un macho romantique - et émotif en plus, enclin à la procrastination et versant parfois dans des histoires grivoises. M. Sauvé est l'exemple parfait de l'adversaire politique (plutôt que l'ennemi à abattre politiquement qu'est Landry), avec lequel on peut composer, pour le plus grand bien d'une cause, laquelle nous dépasse - TOUS.

De tous les écrits de M. Sauvé qui me sont tombés sous la main, celui qui caractérise le mieux (selon moi), sa pensée est contenu dans un court texte paru dans Le Devoir le 26 octobre 2001 et intitulé "Il n'y a pas qu'un système politique possible", précédé de l'en-tête "Réplique à Francis Fukuyama". Fukuyama semble dire que le néolibéralisme ambiant, représente (dans sa (sic) modernité), la perfection en terme de gouvernance. Et alors, "nous" devrions tous nous soumettre et nous taire ... Il s'agirait bien sûr d'une démocratie des "prépondérants", de la minorité de ceux qui "ont le dessus", ceux qui "font le poids", ont "plus d'importance", d'autorité ou de capital" - et dictent au monde entier la ligne d'étranglement à suivre - alors qu'ils s'enrichissent. M. Sauvé passait en revue les autres options politiques, économiques et sociales possibles, et concluait que Fukuyama fabulait dans sa naïveté, alors que la démocratie du plus grand nombre devait plutôt triompher. Un petit texte très indicatif du démocrate affirmé qu'est M. Sauvé. Du moins, c'est ce que je pensais …

Dans ce texte M Sauvé se révèle contre le capitalisme et contre le libéralisme. Je suis POUR les deux. Il se dit POUR la démocratie de masse, la démocratie originelle des microsociétés … comme on les retrouve encore dans les villages de montagne en Suisse. J'en suis bien aise, l'essentiel étant que le Québec qui est micro, a tout un macro potentiel de leader mondial, quand allié à d'autres terroirs de la social démocratie tels l'Allemagne, les pays scandinaves et la Hollande. Je ferais noter à M. Sauvé que Adam Smith, un des pères du capitalisme affirmait déjà à l'époque, que "l'homme qui passe sa vie à se livrer à quelques opérations minuscules … devient le plus souvent aussi stupide et ignorant qu'il est possible de l'être … À MOINS QUE LES GOUVERNEMENTS NE PRENNENT LA PEINE D'INTERVENIR". Surtout qu'il intervient tellement pour subventionner les riches !! Pour sa part, Alexis de Tocqueville, ami intime de la démocratie (et tout aussi conservateur que vous M. Sauvé), était devenu prophète du libéralisme politique, et il affirmait "qu'à moins d'être maîtrisées, les forces du marché détruisent les valeurs humaines fondamentales" ... Il plaçait alors "l'égalité des conditions au fondement même de la démocratie". Il y a là, terrain de compromis. De la gauche (gauches et droites existent bel et bien Mme Vallée, et elles se recoupent sournoisement entre apparatchiks et privatae res), l'économiste français Jacques Généreux offre au débat cette phrase éclairante "l'économie (qui) nous semble parfois inhumaine … ne résulte en rien d'une soumission du politique aux lois de l'économie, … MAIS de la soumission de l'économie à des lois politiques CONFORMES À DES INTÉRÊTS PARTICULIERS." Ailleurs, M. Généreux est beaucoup moins clair, et je me méfie de lui.

M. Sauvé n'est pas mon premier choix comme "Sauveur" de la Nation - c'est-à-dire conseiller des princes qui devront mener démocratiquement le Québec à son indépendance politique totale -- mais force est de constater que Frédéric II roi de Prusse, le Grand, l'Unique, -- est bel et bien mort et enterré. Par contre, je suis convaincu que le chapitre 9 du livre de M. Sauvé "Géopolitique et avenir du Québec" (Guérin, 1994, édition périmée je crois et réimprimée), contient l'essence même de la libération du Québec. ET que le livre dont il accouchera (finalement) en juin prochain, contiendra des exemples concrets, et en détails D'ACTIONS GAGNANTES - mettant en évidence son plan détaillé, tant attendu.

Il appert que M. Sauvé est le seul parmi nos élites et zélites, à avoir formulé l'embryon d'un vrai plan D'ACTION de libération du Québec de son joug canadiAn - PLUTÔT que de piailler inutilement, de s'agiter dans la fébrilité et de palabrer aux quatre vents, théorisant ad nauseam dans l'inertie totale, comme font nos cheufs. Et pour cela il mérite tout notre respect. Il s'agit d'un plan étalé dans son chapitre 9 que voici, en vrac, à savoir : 1° Appréciation rigoureuse et correcte du contexte; 2° Appréciation de la situation ; 3° Détermination et maintien d'objectifs praticables et réalisables en termes de temps et d'espace ; 4° Maintien du moral ; 5° Concentration de l'effort dans l'espace et dans le temps ; 6° Économie de l'effort ; 7° Simplicité de l'action ; 8° Idem pour la Souplesse; 9° la Sécurité ;10° la Surprise ; 11° la Coordination; 12° la Coopération ; 13° et - Administration et logistique. M. Sauvé étant grand et vacciné, il sera mieux capable que moi d'élaborer tout seul son programme.

C'est dans ce contexte que l'affirmation de Sauvé, à savoir que "Duceppe doit rester au Bloc et Landry au PQ" -- me déconcerte tellement, de par son conservatisme !! D'ailleurs, un certain Paul Sauvé qui fut Premier ministre - conservateur - du Québec suite à la mort de Duplessis, était un cousin de "notre" Sauvé. Ce Sauvé-là avait suscité espoir de renouveau au parti de l'Union nationale (UN). Je me souviens d'une caricature dans Le Devoir montrant Paul Sauvé avec sur ses épaules le plus inutile (et le plus bas sur pattes) de tous les ministres de Duplessis, avec capsule à l'effet que "Dorénavant les gars - vous allez devoir marcher tout seuls !". Paul Sauvé mourrait prématurément quelques mois plus tard, suivi de la débandade totale à l'UN, portant Jean Lesage et son équipe au pouvoir, dont René Lévesque.

Je vois M. Sauvé, comme éminence grise, et conseiller du prince politique, qui gouvernera effectivement et démocratiquement. Et dans le contexte de son plan de libération national, et la nécessaire reprise du pouvoir politique à Québec pour réaliser ce plan en 2007/08, que je favorise Mme Louise Harel comme leader du PQ. Que cette dernière refuse d'assumer cette lourde tâche, est compréhensible. Pourtant tout me porte à croire qu'elle possède la poigne nécessaire, et rien dans la documentation assemblée sur elle, ainsi que ses déclarations passées, n'infirment mon choix. Que des voix de dissension se fassent finalement entendre au PQ, en ce quelles décrient la démagogie, la petitesse et les magouilles dans lesquelles sombre Landry en refusant de démissionner - augure bien pour la nation.

En premier lieu celles du 'dépité' Jean-Pierre Charbonneau un reconfédéraste impénitent, si il en est un, mais un des seuls dirigeants au PQ à se réclamer ouvertement du bon peuple québécois. Puis je suis impressionné, que tout en étant haut comme trois pommes, Charbonneau soit une ceinture noire de judo. Ça réconforte qu'un homme politique québécois sache se faire respecter physiquement. Face aux contraintes qui nous attendent quand nous allons passer aux actes. Contrairement à une tradition anglo saxonne manquant cruellement chez nous, trop peu parmi notre 'politicaille' sont capable de SE DÉFENDRE physiquement (je ne dis pas agresser !), et relever les insultes faites aux nôtres et à nos institutions.

Ceci n'est pas du tout une incitation à la violence. On n'a qu'à prendre en exemple les Irlandais, si prompts à se battrent "at the drop of a hat", mais qui après 800 ans de tentatives, n'ont pas encore réussit à refouler l'occupant britannique de leur sol national. Demeurant une nation appauvrit, alors que ses fils et filles font la gloire d'autres Nations. Ensuite, sans comprendre les tenants et aboutissants du discours nébuleux de Charbonneau, c'est tout en sa faveur que le chroniqueur reconfédéraste au Devoir, et grand disciple de Claude Ryan - l'autonomiste Michel David s'attaque à Charbonneau avec autant d'alacrité et de virulence. Charbonneau éveille la curiosité en tant que … politicien ... irascible.

Puis je pense à la sortie de Sasha-A. Gauthier, 28 ans, militant "souveraineux" et délégué de l'UQAM, convoqué au Grand rassemblement des jeunes du PQ, mettant le 'cheuf' face à ses contradictions. Dixit Gauthier à Landry, "il est pathétique de constater … que l'alliance intergénérationnelle à laquelle il nous a tous conviés … "n'était qu'une mascarade." Relevant le faux problème soulevé par Landry, Gauthier est formel - "Il ne s'agit pas de violer les lois" (canadiAns) … plutôt , "il faut repenser la "légalité" en fonction de nouveaux principes" … (à savoir) … "que nous ne sommes pas libres … "Mais nous existons" … (et dans le contexte de la légalité constitutionnelle telle qu'interprétée par Landry) - "nous sommes condamnés à subir ad vitam aeternam les abus politiques et juridiques du gouvernement canadien." Bien dit Monsieur ! De conclure Gauthier - "Landry JOUE avec la souveraineté" … feignant de "faire l'indépendance tout en respectant C-20 conçue pour la combattre, il est (alors) "juste et normal de comprendre que le vrai problème se trouve dans la crédibilité du PQ." Bravo M. Gauthier.

Il y a ensuite le député de l'Assomption Jean-Claude Saint-André, qui dans "Je persiste et je signe" dans une Tribune Libre de Vigile le 17 mars, SOMME Landry de "clarifier votre position concernant la démarche d'accession à l'indépendance" … (dans le contexte du "JAMAIS sortir de la légalité constitutionnelle" …(pour) "quitter le Canada légalement" … (sans jamais) "dénoncer la constitution du Canada que le Québec n'a jamais accepté et se comporter dans les faits comme s'il en était le signataire" … "comprendre que vous avez l'intention de respecter la loi C-20 sur la clarté référendaire." Au contraire de conclure Saint-André, "Il faut demander à la population du Québec un mandat clair pour réaliser l'indépendance." "Aussitôt élus, nous pourrons ainsi ENCLENCHER un processus menant à l'indépendance." Ceci veut dire et j'aime penser que M. Saint-André est d'accord, qu'il faut utiliser les deniers publics POUR FAVORISER l'indépendance, de la même façon que le Canada utilise notre argent pour L'EMPÊCHER de se réaliser. Le scandale des commandites est éloquent en ce sens.

C'est donc dans sa stratégie de tergiversation malhonnête révélée dans le texte du journaliste Guillaume Bourgault-Côté, dans Le Devoir du 14 mars 2005, que "Bernard Landry rejette la stratégie de "rupture irréversible"". Landry étale toute sa turpitude - alors que PERSONNE ne lui a JAMAIS demandé de verser dans L'ILLÉGALITÉ ! - Landry affirme pourtant qu'il ne le fera JAMAIS !! De noter le journaliste - "Le chef du PQ balaie du revers de la main l'idée qu'un gouvernement fasse des gestes "qui sortent de la légalité constitutionnelle"". Landry crée un faux problème de morale et puis prend le haut du pavé moraliste - et dit impudiquement - JAMAIS ! Jamais je ne verserai dans l'illégalité ! Plus malhonnête*** que Landry - on MEURT. Et c'est ce que fait le bon peuple québécois - trahi sans cesse par des zélites. IL MEURT à petit feu. Landry est abject !

(C) Il s'avère que moi aussi, tout comme M. Sauvé, je 'consulte' les oracles et les grands de ce monde, depuis que j'appartiens à un mouvement faisant dans la spiritualité … laïque. Je ne m'en sens que plus sage. Il s'agit d'un mouvement qui opère dans l'anonymat - non pas cacher des activités clandestines, mais pour préserver la vie privée des gens qui y adhèrent. Et le message d'amour et de respect de soi et des autres que véhicule le Mouvement, rend hommage à l'Humanité toute entière. Si j'en avais la faculté je politiserais un tel mouvement. Imaginez un parti politique dont la plateforme pourrait s'inscrire sur la tête d'une épingle, se résumant à "Aimez vous les uns les autres dans une saine spiritualité". Il est vrai que quelqu'un d'autre a déjà tenté de réaliser un tel programme, et on l'a crucifié …

Résumer le mouvement est simple. Celui-ci suggère que chacun, admettant son impuissance à gérer correctement sa vie, se reconnaisse et s'en remette à une Puissance plus grande que lui -- une puissance "supérieure" - mais bien de son choix. J'ai alors choisi comme puissance supérieure à moi-même -☺ - le bon peuple québécois -- et ne m'en sens que mieux dans ma peau. Il y aura bientôt un an, le 6 avril prochain, je commençais la lecture journalière de trois bréviaires (de brefs guides), afin de donner un sens à ma vie. Enfant, j'étais mystifié par mon frère aîné, alors que novice, puis scolastique, et ensuite prêtre, et de passage dans la famille, se mettait à part, plusieurs fois par jour, pour lire son bréviaire et consulter les oracles. J'étais particulièrement impressionné alors qu'il flippait (eh oui ça aussi c'est du français de France) la petite languette de cuir qui marquait l'endroit ou il en était rendu dans ses réflexions.

Plus tard dans la vie, je m'étais laissé convaincre que de saupoudrer sa conversation ou textes des pensées des autres, était indicatif de pauvreté intellectuelle. Depuis, j'en suis venu à la conclusion que les dictons, paraboles, fables, allégorie, contes, légendes, aphorismes métaphores, maximes et clichés divers -- représentent des capsules de sagesse, et la fine fleur du savoir universel. Dans ces bréviaires, se trouve de tout (entre proverbes arabes, africains, yiddish, anglais - (qu'elle horreur !), et même un auteur inconnu très sage ("Le maître apparaît lorsque l'élève est prêt"). Mais remarquablement, il n'y a pas un seul saint de l'Église catholique - surtout pas Maître Eckhart, (qui déjà au Moyen Âge était pour l'égalité entre hommes et femmes) de notre philosophe national Jean Bédard-de-Rimouski. Eckhart aurait changé le cour de l'histoire du monde occidental si il avait gagné son bras de fer avec Thomas d'Aquin (qui préférait les fidèles ignorants dans leur foi béate). Bédard nous dit que Eckhart est mort de sa belle mort en 1328, après avoir risqué le bûcher, alors qu'Aquin était canonisé en 1323.

Aujourd'hui, par exemple, 3 leçons distinctes : (1) "Il est impossible de commencer à apprendre ce qu'on s'imagine savoir déjà." Et c'est signé, Épictète. (2) "Dishonesty" : I lied, I cheated, I pretended, made excuses, refused to admit - etc etc. (Les breviaires anglos font invariablement dans la religiosité pesante, du genre - à genoux ! repentez-vous - obéissez et taisez vous !). (3) "Trusted Servants" - allusion faite à nos cheufs, zélites, et politicailles qui devraient n'être que les serviteurs du bon peuple québécois, mais qui se comportent en goujats - en valets de la globalisation des avoirs entre les mains d'une extrême minorité.

Le Mouvement a un court texte, appelé "Notre Méthode", que je parodie ici. C'est dans le contexte de la MALHONNÊTETÉ de nos politiciens, de nos élites, et de nos intellectuels - hommes et femmes qui, par leur constitution de profiteurs innés, sont incapables d'être honnêtes envers leur nation de souche française - NI envers eux-mêmes. Ils sont des malheureux. Comme disait Lord Acton, le pouvoir corrompt - et le pouvoir absolu que confère (pour 4 ou 5 ans) le système parlementaire canado-britannique - corrompt absolument. Ce n'est pas leur faute cependant - alors que nés à un petit pain, et pour un petit pain - ils semblent incapables de se contrôler, face au fric et au pouvoir. Ils semblent naturellement incapables de se donner un vision du bien commun, et de développer une façon de vivre qui demande une rigoureuse honnêteté. Leur chance de réussir à penser honnêtement aux autres, est bien mince. Il y a aussi parmi eux ceux qui souffrent de graves désordres de petitesse … Tout au plus, certains d'entre eux peuvent se rétablir si l'honnêteté leur est imposée par le peuple, les talonnant de très prêt. En d'autres mots, rien de bon ne se passera au PQ tant que Landry n'aura pas été remis à sa place de commandant en second d'une Brigade néolibérale ultra légère. Je ne comprends donc pas ce "Landry DOIT RESTER", de Monsieur Sauvé. Auquel de vos 13 principes (la base, l'essentiel, la source) de l'action gagnante se rapporte t-il !? 4° Maintient du moral - 10° La Surprise … la plus totale ?

C'est plutôt dans un contexte d'entraide mutuelle, et l'idée de former un gouvernement de coalition nationale en 2007/08 - pouvant se résumer à "aimons nous les uns les autres" suffisamment pour nous ré-unir dans notre combat national ! C'est dans ce contexte que je questionne l'édit de Monsieur Sauvé.

(C) J'avais assemblé des "conditions gagnantes" à la mi novembre 1998, afin d'influencer favorablement le cours des élections québécoises de novembre, gagnées par le PQ. Ignorées par les journaux auxquels elles avaient été expédiées, ces conditions gagnantes n'apparaîtront que plusieurs mois plus tard dans la "La Tempête" du MLNQ, en mai 1999. Je reproduis ci-après le texte de novembre 1998. Je me suis permis de corriger maintes erreurs grammaticales et ajouter certains mots pour refléter la sagesse d'autrui, acquise depuis. Par exemple, l'ajout à l'expression "de souche", du mot "française" comme le veut le journaliste chevronné de la "survie" (plutôt que de 'l'épanouissement') - qu'est Jean-Marc Léger, ajout qui fait beaucoup pour auréoler l'expression et la rendre plus accueillante aux altérités.

Toujours est-il, que ces 12 CONDITIONS gagnantes avaient tellement choqué la rédaction de La Tempête, qu'on avait (I) substitué (comme la Presse canadienne à fait à l'article de Mme Précourt), le titre "Idées de choc pour des conditions gagnantes", au miens. (II) mis à jour (correctement) mon introduction pour refléter la victoire électorale du PQ. MAIS AUSSI pour substituer quelques mots afin de dénaturer mon idée de renoncer à la tenue d'un 3e référendum, "pour toute la durée d'un prochain mandat électoral" --, par les mots "dans un délai aussi court que nous l'aurions souhaité", (III) ajouté maintes erreurs grammaticales aux miennes, dans la transcription, effectué plusieurs insertions douteuses de lettres capitales, de soustractions de concepts jugés déplaisants pour l'idéologie péquissse, de substitutions de mots clés considérés hérétiques à leur cause nébuleuse, (IV) ET ablation totale de la 11e condition gagnante - au lecteur de juger de son degré de perniciosité.

"De conditions jugées gagnantes" - du 16 nov 98. Révision le 04 déc 2000. Notez l'usage que je faisais des mots "souveraineté" et "conditions" -- remplacés depuis par "indépendance" et "ACTIONS".

CITATION - Trop peu de “conditions gagnantes” ont déjà été réalisées depuis le 30 octobre 1995 - date du dernier référendum - ou le seront dans les quelques mois et années qui suivent. Parce qu’un report du PQ au pouvoir, pour 5 autres longues et fructueuses années - de mises en chantier et de réalisations de nombreuses conditions gagnantes additionnelles - sera garant d’une future souveraineté réussie. Sans compter l’effet démobilisateur dans le camp fédéraliste. Et pour ne pas aliéner les “purs et durs” tout en ralliant des nationalistes mous, le PQ doit énoncer maintenant - autant de conditions gagnantes nécessaires - pour assurer à tout jamais la survie (SIC) de la nation québéco/canadienne-française - au delà d’un statu quo canadiAn. Des conditions répondant à la tristement célèbre question “What does Québec want ?” - à laquelle le CanadA-anglais feint toujours ne pas avoir de réponses. Des conditions que le PQ a trop tardé à énumérer.

À partir de ces conditions gagnantes, il s’agira de réaliser la souveraineté DE FACTO du Québec. Dans les us et coutumes des Québécois, dans leurs faits et gestes de tous les jours. Une souveraineté qui ne dépendra que de “nous autres.” À défaut de la souveraineté DE JURE, celle entérinée par des lois, mais que tous les CanadiAns confondus - anglos, autochtoness (amérindiens), immigrants et franco-fédérastes (ça rime avec collabo et piastre) - refusent de nous concéder. Des Anglos qui menaçent un recours à la violence et à l’usage de la force armée, pour empêcher que toute souveraineté se réalise.

(NDLR Notez l'usage, dès 1998, des termes "de facto" et "de jure", dont se réclament autant M. Sauvé, que Jean-Claude Saint-André député péquiste de l'Assomption, et/et Sacha-A Gauthier, porte parole des jeunes du PQ, quand ils font allusion à la pose de gestes concrets. Dans sa signification la plus dénudée le mot "de facto" égale "une action, réalisée par des faits et gestes de tous les jours, dans l'utilisation de deniers publics pour réaliser l'indépendance du Québec". Landry pour sa part, qualifient cela de "rupture irréversible". !!!)

"Donc, des conditions gagnantes imposées par la force … des évènements, malgré des accusations de racisme qui fuseront de toutes parts et malgré des grincements de dents multiculturels. Sans quémander la permission à Ottawa ou au peuple canadiAn. Et à leur insu, puisqu’elles se réaliseront dans une légitimité sécurisante - chaque condition étant 'légale', chacune des conditions renforçant les autres - et le tout relevant exclusivement de la VOLONTÉ de notre nation, et de la JURIDICTION de l’Assemblée nationale du Québec. Qui dit mieux ? Souveraineté juridique par ailleurs impossible, puisqu’elle dépend d’un gouvernement central canadiAn, résolument unitaire et pseudo confédéral. Et de non moins de 9 gouvernements provinciaux et deux territoires, sans compter l’accord de toutes les nations 'autochtones' ! Aussi bien dire JAMAIS ! Voici donc quelques suggestions.

(1) Fort d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, le Parti québécois abolira l’infâme Loi 86 “mi-figue mi-raisin,” en proclamant la Loi 101-B* sur le statut de la langue française au Québec. Utilisant une clause nonobstant - et honni soit qui mal y pense ! L’astérisque “B” contenant les provisions juridiques nécessaires pour invalider tous les jugements négatifs antérieurs de la Cour suprême canadiAn, à l’endroit des provisions de la première Loi 101. On renoncera formellement aux principes du bilinguisme et du multiculturalisme ETHNIQUE canadiAn, sur toute l’étendue du territoire québécois. La Loi 101-B proclamera L’UNILINGUISME FRANÇAIS des lois et des institutions québécoises, dans tous les Ministères, Offices et organismes gouvernementaux, AINSI QUE DANS l’affichage public. Et dans un magnifique pied de nez au bilinguisme virtuel des sujets/assujettis canadiAns, on proposera des mesures incitatives favorisant le TRILINGUISME non institutionnel des citoyens québécois. Tel qu’il existe chez les petites nations progressistes, comme la Hollande et les pays scandinaves. Réfutant l’allégation que l’unilinguisme institutionnel français isole du monde extérieur. Et pour que Monsieur Bouchard puisse se regarder dans un miroir, l’Assemblée nationale re-confirmera les droits linguistiques de la minorité anglo du Québec, les liant CEPENDANT - sous peine de voir ces droits contestés irrémédiablement - au strict respect des droits de la minorité francophone au CanadA. La primauté de la langue française au Québec, est condition non négociable de (sic !) survie. (Aujourd'hui j'utilise le mot "épanouissement.".

(2) ASSAINISSEMENT DE LA LANGUE PARLÉE : une CONDITION “sine qua non” de souveraineté. On ne peut aspirer à l’indépendance du Québec au nom de la langue française - et continuer d’enseigner le JOUAL dans nos écoles ! Notre joual national est médiocrité, jappement d’impotence, un manque de respect envers nous-mêmes, une capitulation langagière qui sape notre volonté commune d’action. Le joual est au coeur de nos craintes, de nos valses-hésitations et de nos refus, face à la souveraineté. D’ailleurs, dans la lutte qui se livre pour les âmes et les coeurs des immigrants à Montréal, ça n’est pas la très belle langue française qui se mesure et se heurte à la langue anglaise utilitaire, passe-partout et autrement plus sécurisante - mais notre JOUAL national. Et le joual perd à chaque fois ! En s’exilant, les immigrants ont déjà beaucoup sacrifié dans leur quête d’une vie nouvelle - et ne veulent rien savoir de se voir refiler un vulgaire patois comme “langue nationale.” Et ça n’est pas vrai, comme veut la thèse péquiste - qu’à souveraineté accomplie, délivrés du joug anglo et transfigurés par le succès et la fierté, nous allons tous verser magiquement dans un français correct. Le JOUAL a une emprise dévastatrice sur la nation de souche (française). La souveraineté se fera donc dans une langue québécoise de bon aloi et la langue française universelle - ou elle ne se fera pas du tout ! (Feu) Georges Dor (futur Ministre de l’éducation dans un gouvernement de salut national), instituera une refonte de l’enseignement de la langue PARLÉE. Concentrant tous les efforts de refrancisation, sur les 3 premières années du cours primaire, tel que préconisé dans son livre “Anna braillé ène shot (Elle a beaucoup pleuré),” sûrement un des plus beaux témoignages d’amour jamais offert au peuple québécois.

(3) Sous le couvert de la DÉCENTRALISATION de l’appareil bureaucratique de l’État québécois, et pour assurer L’INTÉGRITÉ DU TERRITOIRE contre toutes futures tentatives de partition, le Gouvernement québécois réassignera vers des régions à majorité anglophone, du personnel francophone de certains Ministères à vocation périphérique, tel celui de l’Agriculture. Mais aussi ceux de l’Environnement - section Protection de la Faune et celui de la Sécurité publique, dans lesquels le port d’arme est requis. Non seulement pour redresser l’équilibre linguistique et démographique dans les régions anglos du Québec et pour sécuriser une population francophone intimidée par les menaces, mais surtout pour servir une mise en garde aux partitionistes. Dans le Pontiac, à Portage du Fort par exemple et sur l’île Morrisson à Allumette Island East, à l’entrée des ponts menant vers l’Ontario, le Ministère de la Sécurité publique établira une École de lutte au terrorisme, y cantonnant d’importants effectifs paramilitaires. De telles affirmations non équivoques de l’inviolabilité du territoire national s’imposent. Ou alors, que le PQ cesse les veuleries souverainisantes. Sans de tels gestes posés lucidement et froidement, il n’y a pas d’intégrité territoriale ou de souveraineté, qui tiennent.

(4) RÉCONCILIATION avec les Premières nations du Québec - pour les mettre à leur place... de choix, dans un Québec libre. Pour en faire des alliés indéfectibles, consolidant toujours plus l’intégrité du territoire. (Certains Mohawks criminels de droit commun, étant exclus d’une telle réconciliation). Comme “nous,” les autochtones (devenus depuis "amérindiens" dans un clin d'œil au rectificatif du chroniqueur de Vigile Deshaies) québécois, y compris la nation iroquoienne, ont beaucoup souffert du racisme inné de l’Anglo-canadiAn. Et nombreuses sont nos familles québécoises de souche, ayant “un petit indien” dans leur arbre généalogique. (Dans la mienne, se sont les Tougas). Nous sommes donc des alliés naturels qui s’ignorent. Présentement, et le désespoir aidant, les 'autochtones' contestent et défient le Gouvernement du Québec - le percevant à juste titre, comme le maillon faible du carcan canadiAn qui les emprisonne. Le territoire du Québec est énorme. Pourquoi est-il acceptable d’en céder des pans entiers aux “papetières” souvent irresponsables écologiquement dans leur pratique de la coupe sauvage du bois - mais pas à nos 'autochtones' ? Attribuons donc spontanément - du moins à ceux d’entre eux qui aspirent à y vivre en harmonie avec la nature - de vastes territoires à administrer - sous l’égide de l’État québécois - et dans une grande autonomie. On ne peut qu’imaginer le désarroi que cette “mesure gagnante” jettera dans le camp fédéraliste - lui qui compte sur les 'autochtones' pour déclencher le mouvement partitioniste au Québec.

(5) IMMIGRANTS au Québec : INTÉGRATION à la société de souche (française) - ASSIMILATION - ou BYE BYE. Depuis la nuit des temps, un émigrant s’exile pour améliorer son sort ou pour fuir l’infamie. ET NON pour imposer sa langue et sa culture au peuple d’accueil - en l'occurrence - le peuple québécois de souche ! Pourtant, aiguillonnés par le Canada anglais, c’est exactement ce qu’ils font au Québec ! Sous le couvert du multiculturalisme à Trudeau, certains immigrants pavoisent en mur à mur, leur culture d’origine - et imposent leur langue anglaise d’adoption ! Du jamais vu ailleurs dans le monde ! Mettant en évidence, capitulations et inconsistances du Parti-québécois-au-pouvoir. Selon la loi du Québec, ces immigrants n’ont que des privilèges linguistiques, contrairement aux Anglos québécois AOC, qui eux, ont des droits acquis. Et toutes ces magouilles entravent la francisation légitime du Montréal métropolitain.

(6) RÉCONCILIATION des Québécois avec les DIASPORAS, canadienne française et acadienne. Une condition gagnante, au prix de n’importe quel compromis, dans la foulée d’un sprint final vers la souveraineté DE FACTO. En Ontario, sous l’égide de Gisèle Lalonde, “la pasionnaria” du mouvement SOS MONFORT, se dessine une volonté timide de rapprochement entre Franco Ontariens et Québécois. Devant culminer dans l’enchâssement des droits de la minorité franco ontarienne, dans la Constitution canadiAn de 1982. (Celle-là même qui n’est pas reconnue par le Parti québécois - un jour si, un jour non). Tenant compte des inconstances souverainistes en matière constitutionnelle, ces initiatives de la diaspora ne doivent plus être occultées par le PQ pour des raisons politiques inavouables, ni repoussées pour cause de vieilles querelles linguistiques !

Il existe donc ces deux zones tampons BILINGUES, entre un Canada unilingue anglais et un Québec qui se doit résolument unilingue francophone, au nom de sa survivance (lire épanouissement). Situées aux confins du Québec, l’une au Nouveau Brunswick - l’autre dans l’Est ontarien - elles abritent les “marquis” bilingues du Québec. Marquis, du francique "marka", marche/frontière. (À une autre époque, un monarque conférait des terres mal pacifiées situées aux frontières du royaume, à des “marquis” qu’il anoblissait en fonction de leur habileté à les défendre). Une analogie plutôt apte, quant au “rôle à jouer gagnant” de nos diasporas.

L’Acadie et l’Outaouais franco-ontarien: les voilà les zones bilingues si chères aux Anglos Québécois-de-tous-poils. Et toutes proches de leur Québec “bien-aimé.” Voici donc une invitation “subtile” aux irréductibles CanadiAns anglo-québécois, de se reloger au Canada, si ils veulent absolument ne parler qu’anglais. (Quel francophone hors Québec ne s’est pas fait dire “GO TO QUEBEC, if you want to speak French). Mossié l’Anglo est servi ! Ironie du sort, le triangle ontarien situé entre Hawksburry Pembroke et Kingston, a déjà appartenu à la “Province of Quebec” entre 1774 et 1791 - ce qui consacre sa vocation bilingue.

(7) CONSOLIDATION DE LA FAMILLE 'francophone' de souche et assainissement du TAUX DE NATALITÉ. Comme disait si bien Lucien Bouchard, dans un rare moment de franche lucidité - rare chez un “politicailleux” de son espèce - à quoi sert l’indépendance si la nation est vouée à une disparition tranquille, à cause de l’insuffisance des naissances ? Dans cette optique, on peut affirmer que la profession de mère est toute aussi vitale à la nation que celle du militaire. Et de façon routinière, les États concèdent aux soldats de première ligne, une pension à vie après seulement 25 années de service. Même si en temps de paix la plupart d’entre eux n’auront jamais essuyé le feu de l’ennemi, ou tiré une seule balle avec l’intention de tuer. Pour sa part, la mère de famille, elle, demeure “sur la ligne de feu” toute sa vie. Ne serait-il pas équitable que l’État social-démocratisant québécois octroie à toutes ses mères porteuses, une pension à vie après 25 années passées à élever les filles et les fils de la nation...? Une pension analogue à celle du militaire, et exclusive à la mère et non transférable au mari - ou à l’enfant devenu grand. Ainsi qu'à toutes les mères, comprises les épouses séparées ou abandonnés, mais qui demeurent chef d’un nucléon familial. Ceci donnerait le goût de la maternité à celles qui en ont vraiment le désir et la vocation. Condition gagnante si il en est une ! Et un taux de natalité québécois sûrement plus élevé.

(8) Autre condition gagnante que l’enseignement de L’HISTOIRE du GÉNOCIDE subi par nos ancêtres les CanadiEns, aux mains des CanadiAns. C’est quoi cette (fausse) prémisse - à savoir que nous devons tout pardonner aux Anglais - sous peine d’être accusés de racisme ? Le monde à l’envers ! Sommes nous la lie de l’humanité ? Pourquoi serions nous la seule nation au monde n’exigeant pas amende honorable et juste rétribution pour tout le mal qu’on lui a fait subir ? Serbes, Croates, Bosniaques, Rwandais et Kosovars pratiquent le revanchisme et s’entretuent au nom de génocides anciens et récents. Les Juifs stigmatisent la Shoah. Anglais, Français et Allemands ont entretenu des haines séculaires. Tous carburent à la haine engendrée par le passé - tous, sauf “nous autres” - dont paradoxalement la devise nationale est “Je me souviens.” Nous avons été SOMMÉS par des fédérastes, des péquistes, et des 'nationaleux de la non-violence', de taire les pires excès génocidaires anglos britanniques à notre endroit - de passer l’éponge - et inexplicablement le mot d’ordre tient ! Pourtant, entre se vautrer et se consumer inutilement dans la haine et la xénophobie - ET la juste dénonciation d’un génocide - il y a un gouffre -- que l’on DOIT franchir. Le passé étant garant de l’avenir, ce refus de l’assumer détonne. Ou alors, ne serions nous qu’un avatar fâcheux de l’histoire - et bonasses en plus ? Au fait, comment peut-on être à la fois francophone de souche, fédéraste acharné - et de bonne foi ?!

(9) La création d’une MILICE TERRITORIALE francophone. Tout au moins égale en nombre, en armement et en moyens techniques - à ceux du “Quebec Special Action Committee” (QSAC) de Brent Tyler, avocat de Montréal et professeur à McGill. Il n’y aura pas à fouiller bien profondément dans ce milieu raciste, héritier du Doric Club des années 1837-38, pour découvrir les caches d’armes dont il dispose. La hiérarchie du Parti québécois dans sa bravade de souveraineté mal fagotée, récuse la création d’une force d’auto défense à la hauteur de ses prétentions de liberté inconditionnelle. Malgré les mises en garde du Gouvernement fédéral canadiAn, et les menaces répétées des partitionistes Anglo-québécois. Et la justification de cette fanfaronnade péquissse - l’élément clé sensé freiner l’ire canadiAn - serait un appel (in extremis), à l’opinion mondiale et une requête d’intervention des Nations Unies en sol québécois - pour protéger cette souveraineté larvée. Cette même ONU qui a laissé perdurer les pires excès génocidaires des Serbes, à l’encontre des nations bosniaque et kosovare !

Deux théories sur les fanfaronnades pacifistes (lire 'àplatventristes') du PQ-à-Landry face aux violences accompagnant forcément la partition du Québec. (A) La hiérarchie du Parti québécois, issue de la bourgeoisie roi nègre canadiEnne, laquelle n’a jamais gouverné un VRAI pays, et n’a exercé que des demi pouvoirs dans la soumission aux Britanniques et dans la déférence respectueuse des CanadiAns - n’a dans son instinct de préservation - aucune notion du désarroi, de la colère et de la rage - que ses velléités souverainisantes provoquent chez l’Anglo. Ou, de la violence que peuvent user ceux qui détiennent le VRAI pouvoir, et la dureté dont ils sont capables pour le conserver. (B) Ou alors, les dirigeants du PQ, en politicailleux invétérés qu’ils sont et ne lorgnant le pouvoir que pour l’exercice du pouvoir crasse et provincial - sans l’intention de réaliser une quelconque souveraineté - SAVENT PERTINEMMENT qu’ils risquent bien peu, puisqu’ils n’ont pas du tout l’intention d’aller de l’avant.

Difficile d’expliquer autrement la désinvolture du PQ face à autant de violences promises par les CanadiAns. L’Onu a laissé perdurer l’holocauste de la nation bosniaque et elle a longuement tergiversé face au martyr kosovar. Et comble du cynisme, nous avons été à même d’apprécier en direct, la célérité avec laquelle l’Occident (dont les approvisionnements en pétrole pourraient être compromis !) s’apprêterait à sévir de nouveau contre l’Irak. Démontrant si besoin il y avait, la futilité des recours à l’Onu par des nations en mal d’un État bien à elles. Pourtant, il y en a qui se demandent encore pourquoi le bon peuple québécois hésite toujours face à son destin ? C’est qu’il a PEUR ! Ce n’est donc pas la création d’une milice francophone qui sera cause de violence au Québec, bien au contraire. Mais plutôt son absence, laquelle incitera les Anglos québécois à poser des gestes provocateurs faisant dégénérer la situation politique. Malheurs aux peuples sans défense. Malheurs aux vaincus !

(10) SOS MONTRÉAL FRANÇAIS. La souveraineté du Québec sans sa métropole, est impensable. De par les incuries du PQ, Montréal glisse irrémédiablement aux mains des Anglos et des immigrants. Au West Island, la tentation partitioniste est renforcée par le prolongement de la base territoriale anglo vers le coeur même d’un Montréal ghethoïsé. La réforme du statut d’un Montréal métropolitain doit donc passer par un retour en masse de l’élément francophone vers le coeur de la cité, à partir d’incitatifs allant du dégrèvement de taxes foncières et autres impôts, au renforcement de l’unilinguisme francophone, à la découpe de la carte municipale pour inclure/exclure certaines zones - et finalement à l’appel patriotique tout cru. Poser de tels gestes au nom de la raison d’État, s’appelle gouverner avec pragmatisme. Monsieur Bouchard en sera-t-il capable, ou sa sollicitude pour la minorité prendra-t-elle le dessus sur les impératifs de la nation ?

(11) (N.B. Voici la condition jugée impudique et hérétique par la rédaction de La Tempête, et retranchée : au lecteur de juger). Une autre condition gagnante : CULTIVER DES ALLIANCES chez les Anglos. Pourquoi ne voit-on pas plus d’Anglos dans les anti-chambres du pouvoir péquiste ? On se perd en conjectures pour expliquer de telles absences, surtout qu’abondent les Anglos favorables à des réajustements constitutionnels. Et/et d’autres qui acceptent la nécessité de l’unilinguisme francophone (lire "français", en 2005) au Québec. Serait-il que leurs vues ne correspondent pas en tous points à un agenda politique péquiste occulte ? Que la hiérarchie du PQ y verrait un dérapage idéologique sur le chemin de la (sic !) souveraineté ?! Ou que bêtement, on craigne se faire 'voler son tonnerre' - du genre “à vaincre sans péril on triomphe sans gloire...” La rumeur de l’existence d’un ethnocentrisme “de souche nôtre” doit être démentie, par une plus grande et effective collaboration de tous les éléments du peuple québécois. Si seulement pour éviter le décuplement d’efforts pour contrer la partition, et pour profiter des talents de tous les Québécois.

(12) La pseudo CONFÉDÉRATION canadiAn est mûre pour L’ÉCLATEMENT. Des compétences qu’avaient déléguées les signataires du Pacte confédératif de 1867, sont de plus en plus usurpées par l’État unitaire centralisant, qui s’immisce dans plusieurs domaines de compétences exclusifs aux Provinces, tout en s’arrogeant leurs pouvoirs. Le Gouvernement québécois doit donc SABORDER cette supercherie par tant et tant de conditions gagnantes. La créature multiculturelle-à-Trudeau ayant mis bas des rejetons, ces derniers exigent maintenant une place au soleil pour leur propre langue. Et les minorités ethniques ont raison de vouloir “leur pays” bien à eux. Mais pas/pas au Québec ! L’affranchissement du Québec passe donc par l’éclatement de cette fédération, pour refléter une nouvelle réalité québéco/canadiAn. Dans une authentique CONFÉDÉRATION du Québec-CanadA, comprenant l’État francophone et souverain du Québec, et, quelques 5 autres pays anglophones dont - The New Anglo-Asian Republic of British Columbia, Alliance-Canada (l’Alberta et le Saskatchewan), MetisLand (le Manitoba et une partie des Territoires), Multicult-Ontario, et The RE-United Wasp Maritimes. Bof, c’est un début.

CONCLUSION. Avec de telles “conditions gagnantes,” est-ce qu’un seul pur et dur refuserait son vote au PQ le 30 novembre, même dans l’éventualité d’un report référendaire pour 5 ans ? Ainsi formulées, ces conditions calment les APPRÉHENSIONS des Québécois et répondent à maintes ATTENTES. Et sans affaiblir le Québec - bien au contraire ! Le renforçant singulièrement, en vue d’un éventuel référendum post-moratoire. Conditions répondant ceci à la fameuse question de Anglos : “Quebecers want - un Québec aux Québécois, et les CanadiAns chez eux.” Possiblement réunis par la suite, dans une VRAIE confédération d’États souverains, et dans un meilleur esprit de bon voisinage. Fin du texte de 1998.

De 12 qu'elles étaient, ces "conditions" sont depuis devenue des "ACTIONS gagnantes" - et 40 et plus en nombre - précédées d'une vingtaine de CONDITIONS SINE QUA NON - (traduction maison = 'SI NON, on laisse tout tomber') - se reflétant toutes dans un 'étapisme concerté, cum gradualisme'. NON, pas celui de l'espion du RCMP Claude Morin, mais un 'étapisme' de mon cru, défini ailleurs, mais consistant simplement dans un cumul d'actions lesquelles, se répercutant les unes sur les autres, CRÉENT une dynamique IRRÉVERSIBLE d'indépendance. Quand un néologisme comme "étapisme", en instance de béatification à cause de la justesse de l'idée qu'il colporte - prend l'importance qu'il atteint dans l'imaginaire de toute la nation québécoise, il n'est pas juste qu'il soit usurpé et souillé à tout jamais pas cette personne (Morin). Un concept magistral demeure magistral, en dépit du parcours sinueux qu'il emprunte.

Magouiller ! C'est d'ailleurs ce qu'avait fait, et, à-la-grande, la (défunte) revue "L'Action indépendantiste" à un autre de mes textes, une version de "Paul Bégin et Josée Legault" etc., etc, parue dans Vigile le 28 février 2005) - AJOUTANT un paragraphe entier à mon texte pour refléter LEUR doctrine, AMPUTANT non moins de 4 paragraphes, lesquels faisaient les noms des plus fascisants parmi des sommités au PQ (tout en laissant un paragraphe qui écorchait la gauchisante Louise Beaudoin), mélangeant abondamment leurs erreurs grammaticales aux miennes - et comble de cuistrerie - substituant le néologisme crétin "néolocaux", à "néolibéraux" que j'avais accolé à Landry, et à sa bande.

… En terminant - je me réfère à l'hommage suprême rendu à la nation québéco/canadienne-française par le fédéraste de droite Antoine Robitaille, intitulé "Solide comme le ROC", texte paru dans Le Devoir des 12 et 13 mars 2005 et repris dans Vigile le 16 :-- Après lecture rapide du texte de Robitaille - on ne peut que conclure -- MON DIEU - lui et ses petits zamis anglo-canadiAns voudraient QUÉBÉCISER l'Amérique du nord toute entière -- en réunissant les États "bleus" américains (gagnés par le Parti démocrates) ayant voté pour Kerry aux dernières élections américaines, et, les pro-vinces plus "progressistes" au Canada. Humaniser le Canada-anglais et les Etats-Unis, en copiant tout ce qui avait très bien fonctionné socialement, politiquement et économiquement au Québec de la Révolution tranquille inachevée - avant/avant que l'aile néolibérale péquissse - et maintenant le PLQ - ne finissent de mettre la hache dedans !!! Quel hommage au Québec français que ce texte de Robitaille ! . François Perrier





Course à la mairie de Québec.

Libérez-nous des bouffons !

Daniel Lévesque, Québec arrondissement Beauport
TRIBUNE LIBRE 29 mars 2005

Marc Bellemare et Andrée Boucher veulent diriger Québec. Aux secours !

Si le ridicule pouvait tuer, Marc Bellemare serait mort depuis longtemps. Se prenant pour Rudolph Giuliani, le justicier de Québec fait campagne sur la sécurité. Dans la ville de plus de 500000 habitants la plus sécuritaire d’Amérique, il faut le faire !

Ce sont les élucubrations de Jeff Fillion et d’André Arthur suite à la désormais célèbre affaire Scorpion qui ont convaincu une frange importante de la population que Québec est une ville où le simple citoyen est en danger. Et c’est sur cette base populiste, ce jugement de taverne et ces raccourcis intellectuels des plus crasses que notre « Pierre Bourque » local va faire campagne. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien si son parti s’appelle Vision Québec. Il s’agit bel et bien d’un visionnaire d’occasion. On s’en tiendrait les côtes de rire s’il ne s’agissait pas là d’un odieux et pitoyable racolage politique qui risque malheureusement d’être payant! D’ailleurs, les victimes de l’affaire Scorpion devraient elles aussi exiger des droits à Marc Bellemare pour la basse exploitation dont elles sont une fois de plus l’objet.

Décidément les choses ne s’améliorent vraiment pas dans la vieille capitale de la belle province où les séduisantes conneries adéquistes véhiculées par la trash-radio ont transformé un certain nombre d’habitants de notre ville en « gars de bois ». À ces modèles de virilité s’ajoute aussi certains BS et quelques étudiants sans cervelle. Plus souvent qu’autrement ce troupeau se retrouve dans les « tavarnes » en fin de journée, lieu de prédilection pour le défoulement de gorilles de ville. Et là tout y passe ! Dans ces endroits étranges se déversent des imbécillités imaginables sur les femmes, les homosexuels, les fonctionnaires, les politiciens, les syndicalistes, les séparatistes, les immigrants etc. C’est souvent là que se décharge les frustrations issues des envies et de la jalousie des uns et des autres. Frustrés, résignés, impuissants et vivant probablement une vie insignifiante, ils râlent contre tout. Dénués d’imagination, ne comptez pas sur eux pour proposer une quelconque solution aux problèmes qu’ils s’amusent à dépeindre. Ils pestent contre tout projet d’envergure arguant qu’il faut d’abord tout mettre nos ressources dans le système de santé qu’ils souhaitent aussi privatiser. Allez y comprendre quelque chose !

C’est ainsi que la démagogie fait son nid dans une des plus belle ville du monde que l’on s’apprête à la livrer pieds et poings liés à Marc Bellemare, (homme de conviction) qui va diriger la ville qu’il voulait démanteler il y a quelques mois à peine. Big-Marc est en effet un de ceux qui ont voté la loi sur les défusions du gouvernement Charest. Contre l’avis de tous les gens intelligents et des experts venus de tous les horizons, ce rigolo voulait aussi mettre la hache dans le no-fault du régime d’assurance-auto simplement pour satisfaire sa hargne vis-à-vis des chauffards. Il a démissionné soi-disant pour ça. Ce farfelu mettait aussi son nez dans tout les procès alors qu’il était procureur général ; ce qui a même failli provoquer l’avortement de l’un d’eux pour lequel des millions de dollars des contribuables du Québec avaient déjà été dépensés. C’est ce « Don Quichotte » au jugement pour le moins tordu qui va prendre charge de notre ville à partir de novembre prochain.

C’est ça ou encore c’est la mairesse Boucher ! Une vieille dame qui gère tellement bien une ville qu’elle s’est fait construire un hôtel de ville plus gros que celui de la ville de Montréal alors que les touristes ont l’impression d’arriver en Haïti lorsqu’ils roulent sur le boulevard Laurier que Madame a pourtant eu 16 ans pour faire reconstruire. Hélas, elle n’a pas eu le temps ni l’argent. Les taxes servant plutôt à décorer le palais de la route de l’église.

Ça, c’est le choix des gens de Québec… Au royaume des creux, les démagogues en tout genre sont roi. Heureusement, il est encore temps d’agir. Or, je suggère que nous déménagions la capitale du Québec à La Tuque et que nous vendions la ville aux américains. Eux, au moins, ils sauront quoi faire avec. Ils lui redonneront l’envergure qu’elle mérite. Nous pourrions ainsi payer la dette nationale qui empêche les adéquistes de dormir. Qu’en pensez-vous ?




La fin de la récréation

Robert Lachance
TRIBUNE LIBRE 29 mars 2005

Il est grandement temps que tous, d’une seule voix, nous indiquions à ce gouvernement qu’il doit mettre fin à la récréation… la sienne. L’immense bordel qu’il a généré par la modification insensée du régime des prêts et bourses a assez duré. Bien sûr, le moment le plus propice pour corriger cette gaffe était à l’occasion de la nomination du nouveau ministre de l’éducation.Ce fut un rendez-vous raté. Ceux qui ont fondé beaucoup d’espoir dans cette nomination déchantent amèrement et constatent que le ministre Fournier n’a pas inventé l’eau bouillante. Il en est et en sera ainsi des ministres qui n’ont pas la parcelle d’intelligence et surtout de colonne vertébrale pour s’opposer au PM et à ses conseillers lors de décisions ou d’énoncées d’orientation contestables.

Plusieurs personnalités, à titre individuelles ou au nom de leurs organisations, ont lancé des appels aux associations étudiantes afin qu’elles négocient, proposent un compromis, mettent de l’eau dans leur vin,etc. Malgré les bonnes intentions, ces interventions confortent le gouvernement dans son attitude attentiste et fait perdurer le conflit. Le gouvernement, misant depuis le début sur l’essoufflement des étudiants et depuis peu sur les pressions du milieu et de l’extérieur pour que les leaders du mouvement l’aident à sauver la face ne fait donc aucun geste afin de trouver une solution viable. A moins que la longue fin de semaine de Pâques n’ait permis au ministre de voir la lumière au fond du tunnel et d’accoucher d’une offre que les étudiants ne pourront refuser, selon l’expression consacrée, il reste une façon rapide de sauver les meubles : renoncer à la coupure des 103 millions et mettre sur pied un groupe de travail ayant pour mandat de se pencher sur le financement de l’éducation y compris le volet de l’aide financière aux étudiants. Ce ne sera pas la première fois qu’un comité ou un groupe de travail permettra de solutionner un problème à court ou moyen terme et pour une fois, ce seront les victimes qui tireront le bénéfice d’une mesure dilatoire.

Tous les appuis à la lutte étudiante (y compris ceux du caucus libéral) doivent redoubler de vigueur et réclamer en le martelant l’annulation de cette mesure absurde et inique. Dès lors que le gouvernement réparera les pots cassés, ainsi que le souhaitait le ministre au début du mouvement, les étudiants pourront enfin étudier.




Ces mensonges font partie de la "game"

René Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 29 mars 2005

Si Lapierre admet que la Commission Gomery nuit au PLC, c'est qu'elle doit nuire beaucoup, énormément, beaucoup plus que ne suggèrent les apparences. Nous ne voyons que la surface. Quant au fond, Lapierre n'admettra pas facilement le dommage que cette commission cause à son parti, surtout le dommage en profondeur, dont la perte de crédibilité, le pire dommage de tous.

Politicien en place, il est porté vers les diminutifs, jusqu'à nier l'existence d'un problème qui le préoccupe, voire le menace. Pas question de l'admettre, le principe stratégique de sécurité l'interdit. Il faut aller encore plus loin: lorsque toute la baraque menace de s'écrouler, il faut déclarer qu'il ne peut s'agir que de quelques défauts mineurs dont il ne vaut même pas la peine de parler.

ET lorsqu'elle s'écroule, alors on déclare que rien n'est perdu. seulement un accident de parcours. Les naïfs mordent à tout coup. Généralement plus primitifs et agressifs que les plus intelligents, ils passent le message aux autres, qui finissent par croire à leur tour de sorte que tout le monde finit par croire tous les mensonges de l'administration en place. Le truc a fait ses preuves.

Comme le financier qui dit qu'il n'a qu'un petit mal de gorge pour cacher une angine de poitrine. Ces mensonges font partie de la "game".

(...) Il faut toujours en ajouter lorsqu'un politicien en place parle de mauvaise posture et en enlever lorsque ce sont les adversaires qui le font.

Là où il y a de l'homme, il y a de l'hommerie....




Nous, Québécois, appuyons la France dans son mouvement de résistance

René Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 29 mars 2005

Nous, Québécois, appuyons la France dans son mouvement de résistance contre les tentatives acharnées d'inféoder l'Europe aux multinationales.

Un OUI des Français placerait les multinationales en position de force, encore davantage que le OUI des autres Européens, car la sanction morale de la France occupe une place centrale en Europe. Pour la défense non seulement de la France mais de toute l'Europe et pour l'honneur de leur nom, les Français doivent sortir aux urnes le 29 mai prochain et voter NON.

L'inféodation est une ignominie et nous en savons quelque chose, nous Québécois, qui sommes inféodés à un pouvoir étranger à notre identité et nos intérêts depuis plus de 245 ans. De Gaulle nous a redonné le sens de l'honneur et en reconnaissance, nous devons appuyer la France de toutes nos forces et contribuer à convaincre les Français de ne pas céder aux manipulations et au chantage des multinationales.

La moindre faiblesse se paie cher. Au référendum de 1980 au Québec, P.E. Trudeau, alors premier ministre du Canada, nous avait fait des promesses de donner au Québec une place de choix dans la "confédération(sic) canadienne" si nous votons NON à l'indépendance du Québec. Nous avons voté NON et Trudeau a retiré toutes ses promesses. Il était en position de force. Il n'avait plus besoin de nous.

À cette époque, le nouvel aéroport de Mirabel était en construction au nord de Montréal. Dès le lendemain du vote naïf des Québécois, tous les travaux d'infrastructure ont été interrompus et n'ont jamais été repris depuis. Les communications par autoroute et chemin de fer prévues entre Montréal et Mirabel n'ont jamais été achevées. Résultat, l'aéroport, qui avait coûté plus d'un milliard de dollars à construire est maintenant fermé. Sa construction avait été précédée par des expropriations arbitraires des fermes des environs, supprimant les meilleurs sols agricoles du Québec alors que nous en manquons.

Les Québécois ignorent qu'ils n'ont aucun titre protégé sur leurs propriétés. Le seul titre sûr appartient à SM la Reine Élisabeth d'Angleterre. Le transfert des titres s'est effectué avec le traité de Paris du 10 février 1763 et n'a jamais été modifié depuis, de sorte que tous les habitants du Canada, Québécois compris, n'ont aucun statut territorial sur l'espace de Sa Majesté. Ils ne sont que des squatters mais n'en sont pas conscients. Le gouvernement fédéral peut exproprier à loisir sans que personne ne puisse intervenir. Voilà ce qu'il en coûte de se trouver en position de faiblesse et les Québécois se sont affaiblis davantage en votant contre leur propre indépendance.

Dans le cas de la France, c'est le OUI qui placera non seulement la France mais toute l'Europe en position de faiblesse devant ses pires adversaires. Il est évident que les petites nations d'Europe ont été faciles à piéger par les multinationales, qui s'en servent pour créer un effet d'entraînement dans le genre: tout le monde le fait, fais-le donc. Les Français n'ont pas la réputation d'un peuple grégaire et c'est une bénédiction pour l'Europe et le monde qu'ils restent ce qu'ils sont. Il y a trop d'invertébrés dans le monde.

J'espère que les Français auront eu l'occasion de voir le dernier film de Costa Gravas: Le couperet, et de s'en pénétrer, au cas où ils pourraient avoir un moment de faiblesse le 29 mai prochain, jusqu'à voter OUI et placer les multinationales en position de force. Elles feront alors de l'Europe ce qu'elles voudront.

La politique est affaire d'intérêts, de rapports de forces et d'effectivité. Les Québécois commencent à le comprendre. Il faut que les Français, beaucoup plus expérimentés que nous en matière d'État, se le mette solidement en tête. De cette manière, les procédés manipulatoires employés pour les inciter à voter contre eux-mêmes n'auront aucune emprise sur eux.

Bonne chance. Nous sommes avec vous.




JEUDIS DE LA LANGUE

Comité Jean-Martucci de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
TRIBUNE LIBRE 29 mars 2005

Des « 6 à 8 » avec conférence suivie d'une période de discussion dans une ambiance festive.

Le Jeudi 31 mars 2005 à 18 h30 : Conférence de Paolo Zambito. La situation du français : des transferts linguistiques à la langue commune.

Les mesures scolaires de la loi 101 ont produit une augmentation des transferts linguistiques vers le français. Mais cette amélioration est insuffisante pour en faire la langue commune au Québec. Paolo Zambito est Président de la cellule du Parti Québécois de l’UQAM et membre du conseil d'administration du Comité Souverainiste de l'UQAM.

à 19h : Conférence de Sébastien Pageon. . Dans les pays développés, le Québec est presque le seul État qui finance, sans restrictions, des institutions d’éducation post-secondaire d’une autre langue que celle de la majorité. Cette aberration a un effet anglicisant majeur chez les nouveaux arrivants et les allophones. Sébastien Pageon est président du Conseil Jeunesse de la SSJBM, et président de l’Unité des syndiquées et des syndiqués de La Ronde.

Lieu : Maison Ludger-Duvernay, au 82, rue Sherbrooke Ouest
(Métro Place-des-Arts)

Une initiative du Comité Jean-Martucci de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal

L'entrée est libre

RENSEIGNEMENTS SUPPLÉMENTAIRES (514) 843-8851




VOIR CLAIR

Fernando Moreno, Montréal
TRIBUNE LIBRE 29 mars 2005

M. André Boisclair, récemment diplômé de la prestigieuse Havard University, tourne le dos à la politique et se tourne vers le privé. L’ancien député de Gouin s’établira à Toronto afin, explique-t-il, d’observer et de mieux comprendre le Canada anglais.

Mais qu’y a-t-il au juste à comprendre du Canada anglais ? Pour faciliter la noble tâche de M. Boisclair, offrons-lui quelques pistes :

Le Canada anglais nous aime et nous châtie bien.

Le Canada anglais veille à notre bien-être de la même façon que les Américains veillent à celui des Irakiens auxquels ils déclarent la guerre pour mieux leur inculquer les principes de la démocratie.

Et si le Canada s’oppose à l’Indépendance du Québec, il agit, d’abord et avant tout, dans l’intérêt de ce dernier.

Comment en effet survivre à la perte des Rocheuses et des Chutes du Niagara ?

Ce n’est pas parce qu’on est des pea soup qu’on crache dedans !

De plus, le Canada anglais, avec ses milliards de surplus tombés du ciel, nous rappelle à quel point le Québec, qui se voit contraint de rogner dans l’éducation et les programmes sociaux, est un mauvais gestionnaire.

Force nous est d’admettre que d’observer le Canada anglais et le comprendre nous sera d’un précieux secours.

Applaudissons à cette initiative et souhaitons que quelqu’un, quelque part dans le beau grand Canada anglais, Terre de nos aïeux, aura l’idée de venir observer et de comprendre le Québec français avant qu’il meurt d’avoir été trop aimé.




Les dérives sémantiques et la vérité

Gaston Laurion, Montréal-Outremont
TRIBUNE LIBRE 29 mars 2005

Les dérives sémantiques, c’est-à-dire les «déviations incontrôlées», et parfois inconscientes, du sens des mots, sont fréquentes autant que tenaces, au Québec.

En 1982, politiques et journalistes nous serinaient que le gouvernement Trudeau se proposait de rapatrier de Londres la constitution canadienne; or il s’agissait surtout, en réalité, d’amender celle-ci, sous le couvert d’un rapatriement patriotique fallacieux, de façon à diminuer les pouvoirs du Québec, surtout en ce qui avait trait à la langue française. En 1995, on a fait dire à Jacques Parizeau les votes ethniques (et on continue à le faire) au lieu de des votes ethniques, c’est-à-dire un certain nombre de ceux-ci, ce qui, au demeurant, fut parfaitement vrai. En 2000, à la traîne d’une Assemblée nationale servile, on a attribué à Yves Michaud (et on continue à le faire) des propos antisémites qui n’ont jamais existé.

Il semble bien qu’au Québec nous soyons habitués à ce souvent lucratif manque de nuance et à cette atteinte feutrée à la vérité, mais on pouvait croire, naïvement sans doute, que ce phénomène n’existait pas en France. Il n’en est rien. Comme un ministre de l’UMP, on s’y plaît couramment à parler d’un «oui à l’Europe» (Le Devoir, 24 mars 2005, p. B 5). Ici, M. Serge Truffaut, relayant peut-être une certaine presse française, commence un récent éditorial par ces mots (qu’il nuance heureusement par la suite) : «L’humeur des Français à l’égard de l’Europe (c’est nous qui soulignons) est actuellement maussade». (Le Devoir, 24 mars 2005, p. A 6). Dans le Devoir des 26 et 27 mars (pp. A1 et A 10), on ne semble considérer que les conséquences néfastes d’un NON pour l’Europe, «qui perdrait un peu de sa notoriété sur la scène internationale et se retrouverait déstabilisée sur le plan politique». C’est le scénario catastrophe, que nous connaissons bien au Québec, mais, pour être honnête, il faudrait peut-être aussi mentionner toutes les conséquences néfastes du OUI.

Quoi qu’il en soit, il importe, en premier lieu et pour éviter toute dérive, de savoir qu’il ne s’agit ni de l’humeur de la France à l’égard de l’Europe, ni d’un OUI ou d’un NON à l’Europe, mais bien de l’acceptation ou du rejet d’une constitution pernicieuse qui diminuerait considérablement la souveraineté de la France et, de ce fait, aurait, entre autres, une influence négative sur les relations de celle-ci avec le Québec et sur sa liberté de défendre la Francophonie contre l’hégémonie de l’Empire. Un NON, le 29 mai, à la Constitution proposée, loin d’être un refus de l’Europe, ne ferait que ramener la France et les pays de l’Union, sans catastrophe, au Traité de Rome de 1957 et à celui de Nice de 2000, quitte à ce qu’on élabore, par la suite, une constitution moins soumise à l’OTAN et plus respectueuse de la souveraineté des nations, comme le désirait De Gaulle.