
Le syndicalisme mène à tout
Sylvio Le Blanc, Montréal (Québec)
TRIBUNE LIBRE 1er mars 2005
Il est affligeant d’apprendre que l’ex-présidente de la CEQ (ou CSQ maintenant), Monique Richard, compte briguer la présidence du Parti québécois, qui a fait la vie dure à son organisation en de maintes occasions (je lui souhaite malgré tout un plus brillant avenir politique qu’à Monique Simard, ex-dirigeante de la CSN). Cela me rappelle que l’un de ses prédécesseurs, Yvon Charbonneau, qui a été jeté en prison, en 1972, par le libéral Robert Bourassa, en même temps que Louis Laberge (FTQ) et Marcel Pepin (CSN), a été élu, quelque vingt ans plus tard, député provincial sous la bannière libérale, puis après, député fédéral sous une autre bannière libérale (ce qui prouve qu’il n’a pas toujours été rouge, s’il le fût jamais).
D’autres leaders syndicaux récents ont bien percé aussi. Ainsi, Diane Lavallée, ex-présidente de la FIIQ, et Norbert Rodrigue, ex-président de la CSN, président depuis déjà un bon bout de temps la destinée d’organismes gouvernementaux. Et aussi Danielle Maude-Gosselin, devenue un temps, à la fin de sa présidence du Syndicat de la fonction publique du Québec (SFPQ), directrice de cabinet de la ministre Louise Harel, puis secrétaire adjointe à la modernisation (un autre mot pour «coupes») de la gestion publique, relevant du Conseil du trésor, l’ennemi séculaire du SFPQ (ce syndicat, dirigé alors par Richard Thibaudeau, lui a même ouvert généreusement les pages de son journal pour lui permettre de vendre sa salade[1]).
Ont-ils obtenu ces postes du fait de leurs talents ou pour services rendus? À moins que ce ne soit les deux à la fois.
À l’inverse, plusieurs leaders syndicaux ont su préserver leur indépendance face au pouvoir, tout en étant utiles à la société, comme Fernand Daoust (FTQ), Gérald Larose (CSN) et Serge Roy (SFPQ), sans oublier les plus grands: Léa Roback, Marcel Pepin et le célèbre Michel Chartrand, à qui je rends hommage.
[1] «Journal SFPQ», numéro de décembre 2001, pp. 5-7 :
http://www.sfpq.qc.ca/contenu/accueil/journal/journal_decembre_2001.pdf

CHUM - Comment se fait-il qu'on en soit encore à...
Georges Étienne Cartier
TRIBUNE LIBRE 1er mars 2005
Hôpital Saint Luc, Urgence, ce 28 février 2005
Yves Boisvert,
Comment se fait-il qu'on en soit encore à...
1) opposer et comparer
a) 1 projet (St Luc: hôpital) VS 2 (Outremont :hôpital + cité universitaire) ?
Parfaitement divisibles en bonne partie et réalisables selon des échéanciers décalés en fonction des besoins émergents et des moyens financiers disponibles : n'oublions pas qu'on parle ici de 5, 6, 7 ans... au bout desquels on ne sera que trop heureux d'avoir su ménager l'avenir. Comme nous le répétait notre professeur de mathématiques au Collège, "Messieurs, un chapeau vert plus un chapeau rouge, ça fait un chapeau vert et un chapeau rouge, pas un chapeau vert et rouge !"
b) les contraintes de construction infinies d'un rafistolage plein de "surprises" dans du vieux malade (dans tous les sens du terme: ça fait 10 ans et plus que JE vis 9 heures par jour et exerce là dedans) VS du neuf en toute liberté ?
c) 5 à 6 ans d'une une construction sereine VS x,y, z, années à empoisonner la vie des personnes qui travaillent à, sont traitées dans et à , font affaire avec, et circulent autour de St-Luc ?
d) les coûts d'un projet auquel, avec une parfaite mauvaise foi, on impute tout, de l'urbanisme inévitable à la revitalisation éventuelle de ce quartier, aux 6 vagons de plus du métro, en passant par les déplacements de voies ferrées des pôvres co. de chemins de fer, et la moindre expropriation VS un autre qu'on prévoit déjà étendre... au-dessus d'une autoroute ( Aie ! Là ,l a Ville l'a-t-y l'affaire ! Le "CHUM total" qui traite même les plaies urbanistiques aux frais du
Ministère de la Santé: géniaux, nos cols blancs ! ) et exproprier tôt ou tard tout autour en compétition avec le quartier des affaires, le quartier chinois ( c'est vrai: l'avenir est dans la Chine !), l'UQAM, et pourquoi pas l'Hôtel de Ville, tant qu'à faire, et le Château Ramsay avec (pour le Directeur général et le CA !) , et ce sans se soucier chiffrer quoique ce soit. Deux poids deux mesures, ça va faire !
2) être prêts à...
a) asservir la conception des travaux aux diktats d'ingénieurs esclaves des structures existantes VS une planification d'architectes libres de penser l'avenir ?
b) laisser à McGill la vedette éventuellement attachée au véritable Hôpital universitaire neuf de l'avenir ... et de Montréal (bien nourri en"bilingue" par son "RUIS" auquel on s'est permis de de livrer les clientèles de la Montérégie ouest, d'Abitibi Temiscamingue et du Nunavik ) ?
c) laisser McGill raffler la moitié des $ disponibles alors que nos "Anglos" ne contribuent que pour le 1/4 de ce que produit l'U. de M. en termes de médecins qui vont rester au Québec ?
d) oublier qu'en 99, les médecins du CHUM ne se sont ralliés au calvaire imposé par ce dernier que sur la promesse formelle et maintes fois confirmée de l'État d'un site unique et NEUF, c'est à dire d'un terrain à la fois neutre, fonctionnel parce que pensé sans contraintes urbanistiques, géophysiques et structurales de vieux bâti et donc emballant, pas un erzatz en forme de dédale de bric-à-brac simili Notre-Dame ?
e) négliger le fait qu'après avoir refusé pendant 25 ans à l'Hôpital St-Luc la construction d'un stationnement étagé au coin de La Gauchetière et Sanguinet au motif que "ça surchagerait trop la circulation sortant de l'autoroute", la Ville se fout de notre geule quand elle vient prétendre qu'un monstre comme est appelé à devenir le CHUM (à moins, bien sûr, que ça ne devienne précisément une cause supplémentaire de son étouffement chronique appréhendée ? ), en termes de traffic de toute sorte, "Ya rien là !" .
3) s'aveugler volontairement sur...
a) le danger permanent pour les populations les plus denses du Québec qui vivent de part et d'autre des voies ferrées, depuis 100 ans et pour encore longtemps si on n'y voit pas, du passage quotidien de trains chargés de substances dangereuses entre le Port et la Gare de triage de Côte St-Luc au motif que soulever cette question, "Ça aurait pour effet de risquer de compromettre l'économie de tout un quartier". (Katleen Lévesque, à moi, l'autre jour: "De la censure d'opinion ? ": "Ah non! Pas dans ce journal ci, en tout cas !" qu'a répond ). C'est dangereux et inacceptable pour tous ou ça ne l'est pour personne ; et un Hôpital neuf et hermétique, scellé au besoin sur commande et en un instant comme un coffre-fort, sera bien moins vulnérable que les centaine de milliers de personnes de maisons et commerces aux fenêtres et portes ouvertes par un beau soir chaud d'été sous une douce brise d'ouest (ou d'est : Rosemont au lieu du Plateau) ne le seront en cas de catastrophe, dont la survenue possible n'est pas limitée aux abords du site proposé à Outremont, quand même ! Il suffit de colorier en rouge au crayon feutre , comme je l'ai fait , une zone de 1.7 km de chaque coté des voies ferrées pour comprendre : j'ai hâte de voir ça dans un journal, mais reste à savoir qui va oser le faire le premier ... Au fait, l'Hôpital Notre Dame s'y trouve déjà, ou presque, depuis toujours...
b) le fait qu'en l'absence de droits acquis contre la santé et la sécurité publique, il est parfaitement loisible, et de ce fait de son devoir, au Gouvernement Fédéral sous la juridiction constitutionnelle duquel se trouvent "les chemins de fer", d'imposer à ceux ci, à leurs frais et dans un délais raisonnable (après tout, il n'y aura pas de malades sur quelque futur site que ce soit ... sauf à St-Luc, bien sûr dans le bruit et la saleté, avant au mieux 6 ans ! ) l'élimination de toute circulation de toute "matière dangereuse" sur toutes leurs voies ferrées trans-urbaines: à défaut de quoi, on s'enligne pour un beau et très long scandale... à moins, ben c'est à dire à moins que, après mûre et grave réflexion, analyses, expertises et contre expertises, et tout bien considéré, pesé et disséqué, on ne découvre que, en fin de compte, lesdites" matières ", oh divine surprise, ne sont pas si " dangereuses " que ça, voyez vous...
4) ignorer démagogiquement que...
a) si la clientèle de ce quartier justifie à l'évidence un hôpital moyen de proximité (pourquoi pas ... St-Luc, tiens!), la faire servir par un CHUM de $ 1.2 milliard (et infiniment plus avec les "surprises" et autres "imprévus") ne pourra que la desservir, attendu qu'il ne sera pas question de lui laisser l'accès à plus qu'un nombre strictement contingenté de lits et de services, à l'urgence entre autres : bataille perpétuelle en vue, " Experto credite Giorgio " !
b) il n'y a pas qu'un "lobby" de "Riches et Puissants" à faire pression ici: il y a encore celui des bons sentiments des hypocrites "qui ne pensent, eux, qu'aux malades", des "groupes" auto-proclamés, de la Gauche électoraliste, des administrateurs mollusques carriéristes et pas géniaux (les génies ne sont pas assez bêtes pour postuler de tels emplois), et aussi, non le moindre à ce que l'on apprend, celui des régions dont la dernière n'est pas celle de Sherbrooke (Charest, mais Couillard, Reed, 2 sous-ministres dont un ancien doyen idéologue qui ne laisse pas de nous inquiéter)...
Qu'en pensez vous ? Pourquoi en est on encore là ?

Cordiale invitation aux JEUDIS DE LA LANGUE
SSJB
TRIBUNE LIBRE 1er mars 2005
Des « 6 à 8 » avec conférence suivie d'une période de discussion dans une ambiance festive
Le jeudi 3 mars 2005 à 18h : Conférence de Normand Lester
Depuis le livre noir du Canada anglais : Qu’est-ce qui a changé?
Normand Lester est présentement commentateur au réseau TVA en tant que spécialiste des questions militaires et des renseignements de sécurité. La publication du premier tome du Livre Noir a entraîné sa suspension et son départ de Radio-Canada où il avait été successivement correspondant à Paris, Washington et Ottawa en plus d’être journaliste d’enquête à Montréal. Dans la série Le Livre noir du Canada anglais, Normand Lester mène une vaste enquête sur la discrimination et la haine dont ont été l’objet les minorités canadiennes tout au long de l’histoire. Il analyse les réactions fielleuses du Canada anglais envers les Québécois depuis les référendums de 1980 et 1995 : le fanatisme qui aveugle nombre de médias, de la diatribe de Conrad Black contre la Charte de la langue française qu’il associe au nazisme, aux inepties proférées par Diane Francis en passant par les grossièretés racistes des Richler, William Johnson et Rakoff à l’endroit des Québécois.
À 19h : Hommage à Pierre-Louis Mallen et Lambert Mayer
Au cours de l’année 2004, le mouvement indépendantiste a perdu deux artisans éminents de la complicité franco-québécoise. Pierre-Louis Mallen joua un rôle majeur dans le déroulement du voyage du général de Gaulle au Québec. On lui doit entre autres l’affaire du micro du balcon de l’hôtel de ville…
Lambert Mayer, un Québécois indépendantiste devenu citoyen français, fut un acteur clé de la francophonie. La Délégation générale du Québec à Paris, les artistes québécois que la France acclame et la relation France-Québec lui doivent beaucoup.
Présentations de
Jean Dorion, président général de la SSJBM
Chantal Mallen, fille de Pierre-Louis Mallen
Bernard Landry, chef de l’opposition officielle
Lieu : Maison Ludger-Duvernay
au 82, rue Sherbrooke Ouest (Métro Place-des-Arts)
Une initiative du Comité Jean-Martucci de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal
L'entrée est libre
RENSEIGNEMENTS SUPPLÉMENTAIRES
(514) 843-8851

Canadians for language fairness ? - Un jour j'en ai eu assez...
Pierre-Alexandre Vachon, Châteauguay
TRIBUNE LIBRE 1er mars 2005
Monsieur Frappier,
Vous avez sûrement déjà entendu parler de l'organisme Canadians for language fairness ? Un jour j'en ai eu assez et je leur ai écrit une petite missive, à eux et à l'institut des droits humains d'Ottawa.
Voici ma lettre:
Hello,
Allow a young Quebec student to question himself on the terms that are fashionable right now in our country. There is three things right now in Canada that bothers me a lot. First and foremost, the whole fashion about words like individual rights, equality and human rights. It seems that human rights are only applicable to the english language majority of Canada. Wherever I go to make a political science research on Canada, I always read the same old thing: Quebec has gone too far, Quebec is racist, Quebec is ethno-centrist, Quebec is xenophobic. It is still fashionable after two referendums and constitutional disasters to constantly bash Quebec and its citizens. I am sick and tired of being told that I am racist while I'm not. Bothered and hurt by canadians telling other canadians that WE are treating our minorities badly. As far as I can remember, the english minority in Quebec had a whole education system from kindergarden to university, a whole health system dedicated to them and billingual support from government offices. And if I remember correctly, the U.N has rated Quebec's treating to its english minority as an example to other nations.
And now you talk about equality ?! You DARE mentionning this word while you support measures to destroy Billinguism in Canada ? It seems that equality is only good for your people and french canadians in Ontario, Manitoba and B.C can rot as far as you concern. Equality is only good for english speaking population. Don't ever dare to learn another language so you could learn more from other cultures....As far as I know there is other nations that doesn't speak english around the world and yet, they survive and yet, they shine!
Now you may think that I am very racist because of the words I use, but I do not care, I am reacting. And stop rewritting history to diminish Quebec's influence in canadian history, you're just prooving that your Ph.D isn't worth a lot.
I am not racist nor am I anti-english. English is like another culture that I appreciate and its language proved me useful everyday. I am proud to be able to express myself in more than one language, can't you all seize the opportunity you are given ? I am really annoyed of the words "human rights" when you only defend those who suits your cause. We are human too, don't you forget it.
Come to think of it, anglo-saxon history proved that its people are not fans of sharing countries or territories. Americans are banning spanish in several states, canadians closed french schools by the dozens in the beginning of the 20th century and Britons enslaved Scots to become master of their own island. It doesn't take a Ph. D to understand that, it just take some common sense.
Yours Truly
Pierre-Alexandre Vachon
Châteauguay - Yes, we french and english go along in that town even though it is in the terrible province of Quebec, boo hoo.
Je m'attendais à une réponse visant à provoquer un débat, au lieu de ça, j'ai reçu une réponse insultante, diffamatoire et immature de leur porte-parole. Je vous laisse vous délectez:
You are a poor misguided young twerp and a fine product of revised Canadian/Quebec history. From the far distant eastern region of Quebec in Chateauguay you portends to know what is really going on in Canada. Hell, you don’t even know what is going on in your own province. You only know what you are told is going on. The only way to educate someone like you is to do what one does to a puppy during toilet training time: you stick his nose in his own shit. Anything less is ineffective.
As for this being the flip side of the coin, as written here below, hell this is not even the same currency.
I could write this in French, since I am a polyglot. But since you are so very good with the language of the people you so obviously despise, I choose to write it in English because that is my choice. This is what a democracy is all about: the freedom to choose. But Quebec and misguided francos do not believe in choice. They only believe in legislating everything including the language spoken and hiring practices based on language ability rather than on the ability to do the job. That way you don’t have to know anything except speak “joual”. And since the charter guarantees you protection on the basis of your French language, removing the freedom of choice from the rest of Canadians, you can run off at the mouth all you want: you are still a poor misguided idiot.
And by the way, my ancestors are from Gaspe. But originally, they came from France and Germany over four hundred years ago. They settled in Gaspe and eventually migrated to western Quebec before moving to Ontario, before the revisionists took over Quebec and Canada. So we are not all misguided fools. In Quebec there is no truth. So don’t try to preach to us about who is racist and who does not respect human rights. You haven’t a clue.
I have travelled the world and lived in many countries so as to broaden my perspective on human cohabitation. Before you attempt to spew more of your venom on the rest of Canadians, get yourself an honest education, something you cannot get in you beloved province.
Sebastian Anders
Spokesman for Canadians for Language Fairness
Official Languages
Hon. Don Boudria (Glengarry—Prescott—Russell, Lib.): Mr. Speaker, I am saddened to learn that a group claiming to represent the interests of Canadians, a group called Canadians for Language Fairness, intends to take the City of Ottawa to court to prevent it from providing bilingual services to its residents.
Their spokesman, Sebastian Anders, is none other than the Canadian Alliance Party candidate who ran against me in the 2000 election. That party is now called the Conservative Party. He was also a Conservative Party organizer in Glengarry—Prescott—Russell during the recent election.
On behalf of my constituents, I demand that the leader of the Conservative Party denounce and dissociate himself from the pronouncements of Sebastian Anders and reaffirm his party's commitment to Canada's linguistic duality.
Source: Le Hansard, 7.10.2004

Pour l'amour du Québec
René Marcel Sauvé, géographe
TRIBUNE LIBRE 3 mars 2005
Pour l'amour du Québec, pour l'établissement d'une cohésion entre tous les Québécois et toutes les Québécoises, cohésion sans laquelle rien ne pourra se réaliser, pour doter le Québec d'une doctrine stratégique nécessaire à cette cohésion, il faut s'entendre sur une donnée fondamentale, si radicale qu'elle puisse paraître.
Quels que soient les risques, il n'y a plus rien à risquer ni à perdre maintenant, il faut absolument mettre dans la tête de tous les Québécois et toutes les Québécoises, sans le moindre doute ni équivoque, qu'un vote, d'appui ou vote électoral, peu importe, un vote, donc, pour le Parti Québécois signifie sans équivoque que celui ou celle qui accorde ce vote:
1. Reconnaît le Québec comme son foyer national. Ce foyer national a été conquis
par 400 ans d'efforts d'exploration, de défrichements, de mises en valeur,
d'aménagements, bref, d'une osmose territoriale qui a fait d'une population de
colons un peuple et d'un peuple une Nation. Point final. Ce statut avait été conquis
de fait dès 1759, lorsque les Anglais entrèrent dans Québec. Ce même statut s'est
renforcé dès l'hiver 1759-1760, alors que les Anglais ont été obligés de composer
avec nous. Il s'est renforcé davantage au printemps de 1760, avec la victoire de nos
milices territoriales qui ont battu l'armée anglaise à la bataille de Sainte Foy.
Notre statut a pris encore plus de force avec la guerre de l'indépendance
américaine, alors que les Anglais ont été obligés de composer avec nous, par un
acte de reconnaissance majeur: l'Acte de Québec de 1774.
Il s'est confirmé
davantage avec la guerre de 1812, alors que de nouveau, les Anglais nous ont
demandé notre coopération contre les Yankees. Un coopérant est un égal.
Notre statut s'est confirmé davantage avec la construction des canaux et des
chemins de fer, qui ont provoqué de vastes mouvements migratoires des United
Empire Loyalists et Orangemen du Québec vers l'Ontario méridional et vers l'Ouest.
Notre statut s'est confirmé davantage pendant toute l'ère des chemins de fer,
alors que, par le moyen de nos Caisses Populaires, nous avons acheté une à une
les fermes, propriétés, terroirs et entreprises des Anglais, Écossais, Gallois,
Allemands, Irlandais, Loyalistes et Orangistes, toutes choses que nous avons
payées en bonne monnaie et pour laquelle nous en avons reçu les titres. Cette
conquête territoriale par défrichements, développements, mises en valeurs et
achats successifs propriétés des autres, qu'on peut situer entre 1860 et 1960,
a fait que Jean Lesage, peu après avoir été élu, a pu parler de l'État du Québec.
2. Reconnaît l'État du Québec comme le seul État à qui il accorde loyauté et
appui. Les assises de cet État étaient en place dès 1759 et les Anglais l'ont
reconnu par l'Acte de Québec de 1774, afin d'obtenir notre appui dans leur
guerre contre les Yankees de Nouvelle Angleterre. Les Anglais ont reconnu
les assises de l'État du Québec parce que ces assises ont été construites
par les colons pendant les 150 années du régime français et qu'eux, les Anglais,
ne pouvaient manquer de reconnaître la cohésion collective des colons du
Saint Laurent, qui constituaient déjà un peuple, avaient satisfait les exigences
territoriales d'une nation et de plus, avaient formé les assises d'un État nouveau
dont il n'était pas possible d'ignorer l'existence.
En dépit de l'adversité loyaliste et
orangiste, le mouvement général de progression collective des colons de Nouvelle
France vers les statuts à reconnaître de peuple, nation et État, s'est poursuivi sans
relâche. Il est inutile de chercher à le nier et les Québécois doivent être les
premiers à le reconnaître. Personne ne le reconnaîtra autrement. Un vote pour
le Parti Québécois est un acte de reconnaissance du statut de peuple, de nation
et d'État du Québec.
3. Ne reconnaît pas Ottawa comme son État et décide que cet État et ses agences
doivent quitter le Québec dans les plus brefs délais. Québec, notre capitale
nationale, existait 259 ans avant Ottawa, capitale artificielle, arbitraire et unitaire des
United Empire Loyalists, des Orangemen, au service exclusif de l'Establishment
anglo canadian dont la tête de pont s'est déplacée de Montréal vers Toronto, avec la
construction des canaux et des chemins de fer, pour lesquels les Québécois ont
largement payé leur quote part.
4. Ne reconnaît pas le Canada comme son foyer national ni comme l'État de droit à
qui accorder sa loyauté et son appui. D'abord, l'identité canadienne a été arbitrairement enlevée aux colons de Nouvelle France, par les United Empire Loyalists et
les Orangemen, qui avaient besoin d'une identité collective et n'ont trouvé rien de
mieux à faire que de nous enlever celle qui nous avait été donnée par les
adminstateurs français, pour distinguer les colons nés sur place des nouveaux
arrivants de France.
Pendant un temps, nous avons remplacé cette identité
perdue par celle de Canadiens français et ce fut une erreur puisque nous nous
réduisions à l'état d'une minorité vaincue et perdante.
Ayant finalement compris
que nous avions bel et bien construit au Québec notre foyer national et les assises
de notre propre État naturel et optimal, nous nous sommes finalement reconnus
exclusivement comme Québécois et Québécoises, l'identité collective d'un peuple
gagnant, car nous avons bel et bien gagné toute la longueur ainsi que nous
l'enseigne la géopolitique. Les historiens qui nous ont identifiés comme un peuple
perdant et sans histoire peuvent retourner à leurs devoirs.
5. Ne reconnaît pas le Canada Act comme ayant autorité sur le territoire du Québec.
Cet Acte couronne une série de mesures arbitraires dirigées contre nous et aussi
contre les autres provinces. La première de ces mesures fut le Union Act de 1840,
la seconde le British North America Act de 1867, la troisième le Westminster
Revised Statutes de 1931 et le dernier, bien entendu le Canada Act de 1982, qui
a pour objet d'établir Ottawa comme seule autorité sur tout l'espace continental
canadien, ce que nous ne pouvons reconnaître, puisque ces mesures ont pour
objet de renier l'Acte de Québec de 1774, toujours en vigueur chez nous.
Un vote pour le Parti Québécois est une vote qui reconnaît tout cela sans équivoque et n'a aucune intention de revenir en arrière.
Cela doit être écrit en toutes lettres sur tous les communiqués officiels du Parti, sur ses annonces et dans les journaux et communiqués officiels à la télévision, l'Internet et la radio.

Lettre à nos chefs souverainistes
Jean-Frédéric Frappier jffrappier@vigile.net
TRIBUNE LIBRE 4 mars 2005
Depuis des mois, on se demande où s'en va le mouvement souverainiste au
Québec. Deux messages contradictoires nous parviennent continuellement: le
discours souverainiste n'attire plus personne, et la souveraineté à 49% dans
les sondages, et ce, en dehors de toute campagne électo-référendaire. Que
se passe-t-il? On dort, ou on piaffe d'impatience?
Peut-être que le discours souverainiste endort les gens parce qu'il ne
contient qu'une coquille, qu'une carapace vide qui n'inspire plus ? Après
tout, la souveraineté est autre chose que des frontières! Il faudrait que
les ténors souverainistes nous vendent autre chose que des clôtures! Au
fond, les gens entendent depuis trente ans qu'il faut être maîtres chez
nous, qu'il faut gagner un référendum, qu'il faut... etc. Mais qu'en est-il
des valeurs véhiculées par les souverainistes? Est-ce une bonne idée que
les leaders souverainistes soient en fait une coalition de gauche à droite?
Ne devrait-il pas y avoir qu'une seule orientation qui soit franchement
progressiste?
Ce que les gens veulent, ce ne sont pas que des frontières factices où nous
vivons dans les mêmes conditions qu'aujourd'hui (monnaie canadienne,
passeport canadien, etc.). Ce que les gens veulent, c'est peut-être, dans ce
pays à naître, un nouveau départ? Un nouveau contrat social?
Voici donc, thème par thème, d’ici les prochaines semaines, quelques idées à mettre dans la pipe des leaders souverainistes! (Vos idées sont aussi les bienvenues).
Éducation :
Quand on écoute ces jeunes qui font la grève dans les CÉGEPS, on les entend
nous comparer aux Allemands, aux Écossais, et autres pays européens où l'on
encourage les études en finançant à 100% les écoles... publiques? Ici, on nous parle de 65% d’augmentation en frais de scolarité seulement! Et l'on a
le brave culot d'oser traiter nos étudiants de plus meilleurement choyés du
monde...
Ils ont raison de faire la grève! Les gouvernements de tous les pays devraient comprendre que leurs étudiants sont ce qu’il y a de plus précieux! Ils ont intérêt à investir dans le système d’études supérieures! Bien avant tous les autres domaines! Avant les subventions aux amis du pouvoir! Avant les subventions aux multinationales déjà milliardaires! Ce sont ces étudiants qui, demain, bâtiront l’économie du Québec, qui créeront les richesses, qui innoveront dans tous les secteurs. Un Québec souverain doit être en possession de tous ses moyens, et pour préparer ce futur, il faut investir dans ses semences!
Investir dans un étudiant, ça rapporte! Que l'État finisse par le
comprendre! Un Québec souverain devrait fournir aux étudiants un avenir
sain, dépourvu de dettes. Des frais de scolarité de 0$, voilà ce qu'il
devrait proposer! C'est un choix de société qui favorise son épanouissement
à long terme! Et c'est peut-être l'une des meilleures solutions contre le
décrochage scolaire!
Remontons aux toute premières années d’instruction.
L’anglais en première année? Pourquoi pas? Plein d’études prouvent qu’il est plus facile d’apprendre des langues secondaires dès l’enfance. Et pourquoi pas, dès la 4e ou 5e année, proposer, là où les ressources sont disponibles, des cours d’espagnol, ou d’allemand? Après tout, le monde de demain ne sera plus seulement américain? L’économie s’ouvre, les Amériques latines et l’Europe se rapprochent. Il faut se préparer à accueillir ces nouveaux partenaires!
Un Québec souverain devrait préparer ses citoyens, grâce à sa géographie et ses langues, à devenir les bâtisseurs de LA plaque tournante entre les marchés européen et américain.

PRESQUE DIX POINTS D’ÉCART
Patrice Boileau, Carignan
TRIBUNE LIBRE 4 mars 2005
La dernière enquête de la firme Crop présentée le 3 mars dernier, dévoile que le Parti québécois stagne dans les intentions de vote, voire régresse légèrement. Pourtant, le « pire gouvernement de l’histoire » n’en finit plus de mécontenter la population et devrait propulser la formation souverainiste vers les plus hauts sommets! Il n’en est rien.
Le récent remaniement désespéré du premier ministre Jean Charest n’a donc par rassuré les Québécois, au contraire. Le nouveau cabinet est dorénavant composé de « carpets fédéralistes » qui n’ont pas manqué de le prouver dernièrement. La ministre Michelle Courchesne pavoisait puérilement suite à « l’entente des congés parentaux » qu’elle a qualifié « d’historique. » Pourtant, quelques semaines plus tôt, son prédécesseur Claude Béchard la combattait bec et ongles. Ne reste-t-il pas d’ailleurs près de deux cents millions de dollars à trouver, quête qui se terminera assurément dans les poches des contribuables québécois? Voilà deux évaluations bien asymétriques de l’accord, chez ces libéraux…
Que dire du nouveau ministre des Finances Michel Audet? Il a littéralement abdiqué cette semaine à Québec devant son homologue fédéral Ralph Goodale dans le dossier du déséquilibre fiscal, alors qu’environ 80% des Québécois refusent de le suivre. C’est « à la pièce » que le député de Laporte comptera dorénavant quémander à Ottawa, avant que le gouvernement canadien achève lui-même de le tailler de la sorte. Michel Audet a néanmoins compris que la gouverne provinciale étouffe la capacité financière du Québec : il n’y aura pas de baisses d’impôt. Au lieu de dénoncer cette réalité, le successeur de Yves Séguin baragouine que « les citoyens les plus taxés en Amérique du Nord » ne le sont plus! L’Ontario, ainsi que d’autres provinces, ont haussé les leurs! Avec la croissance économique du Québec qui crée de la richesse, les contribuables québécois jouissent donc d’un fardeau fiscal qui peut maintenant se comparer avantageusement à celui des Canadiens! Ne reste plus qu’à améliorer l’environnement fiscal québécois afin de le rendre plus propice aux investisseurs privés. L’interventionnisme d’État, stratégie de développement économique répudiée longtemps par les libéraux, devient curieusement pour eux un levier essentiel pour favoriser les occasions d’affaires… Y a-t-il quelque chose à rajouter à cette déconfiture libérale?
Pendant ce temps, que propose le Parti québécois aux gens s’il est réélu? La gouverne provinciale! Bien sûr qu’il y aura peut-être un référendum. Il s’organisera néanmoins dans un climat de déroute financière identique à celui qui l’a paralysé entre 1996 et 2003. Il faudra nous expliquer pourquoi cette fois-ci l’atmosphère politique sera favorable à sa tenue… Si tel était le cas, ne devrait-on pas en observer des signes positifs aux travers des sondages? Soyons franc jeu : la démarche étapiste n’intéresse pas les Québécois. Ces derniers sont prêts néanmoins à faire la souveraineté, comme le prouve le pourcentage d’appui que recueille ce choix politique. Le Parti québécois accuse maintenant un retard de près de dix points face à son option. À ce compte, il a tout à gagner d’annoncer qu’il laissera dorénavant le peuple libre de choisir, par voie élective, le cadre politique dans lequel il voudra voir le Québec se développer. Au PQ d’inviter d’autres partis à s’associer à lui, le temps de l’élection, pour atteindre le seuil de la majorité absolue des suffrages exprimés. Il n’y a pas que le Parti libéral qui peut modifier certaines décisions, afin de se plier à la volonté de la société civile qui les considérait mauvaises.

N'espérez pas trop de notre Patapouf national...
Louis Gagnon, Montréal
TRIBUNE LIBRE 4 mars 2005
Nos jeunes sont vêtus comme les jeunes Américains (made in China and India), ils écoutent et consomment de la culture américaine. La relève québécoise a vraiment du pain sur la planche, le tsunami de la culture américaine déferle sur la planète, et nous sommes les petits voisins d'à-côté.
Jean Charest sait très bien qu’en laissant les choses aller, en ce qui concerne la culture, l'assimilation est la meilleure chose... comme le rapport de Lord Durham le préconisait pour la belle province. Pour lui, le degré d'insatisfaction de sa cote de popularité est directement proportionnel au degré de satisfaction des fédéralistes fondamentalistes; son job n'est-il pas de remettre le Québec à sa place après l'affrontement du référendum de 1995?
La culture suit le reste: les coupes de 103 millions dans les prêts et bourses, l'état lamentable du système de santé dans les institutions, (Amiante, champignons dans les conduits d'aération, bactérie C. difficile, etc.), bureaucratie qui s'alourdit sans cesse au détriment de la personne humaine, et ce, dans presque toutes les sphères technocratiques de l'appareil gouvernemental qui en sont affectées.
L'être humain ne compte plus, ce sont les statistiques qui mènent les jeux de la vie, notre culture a besoin d'un virage pour contrer les effets pervers de notre assimilation. Car que l'on veuille ou non, chaque jour comme un diamant de 144 facettes qui étincellent, nous sommes constamment bombardés par notre culture, et celles des autres: Canadienne, Américaine, Latino, Haïtienne, Italienne, Européenne, Asiatique. etc. La télé, la musique, la bouffe, la danse, les arts, etc. Tout se mondialise à une vitesse fulgurante.
Le laisser-aller est voulu pour accélérer le processus de mondialisation, alors n'espérez pas trop de notre Patapouf national, il a d'autres P.P.P. à fouetter.

Francophones ou Québécois?
Simon Girard
TRIBUNE LIBRE 4 mars 2005
« Je su-t’un Canadien-Québécois, les deux! Un Québécois-Canadien-français-francophone… Un Québécois-francophone-français du Canada… Je su-t’un francophone d’un océan à l’autre ! » - Elvis Gratton
La grosse chicane est pognée chez les fédéraux, paraît-il. John Manley souhaite que le prochain chef du PLC ne soit pas un Québécois. « Cela fait pas mal de temps qu'on a des chefs originaires du Québec, peut-être que c'est la conséquence du principe de l'alternance... », qu’il dit, le peut-être-futur chef du liberal party, avant de tout nier par la suite. Les éditorialeux et autres commentateurs à la petite semaine qui se tapent les cuisses en voyant les péquistes s’entre-déchirer ne rient pas autant cette fois. Comme quoi les « chicanes » d’ordre idéologique ne sont pas l’exclusivité des indépendantistes!
Paul Martin originaire du Québec? On croit rêver! Un homme né dans un pays étranger mais originaire du Québec. Assez spécial quand même. Le fait qu’il soit député d’un comté montréalais en fait-il un Québécois pour autant? Comme le fait de le présenter comme un « francophone » alors qu’il a une mère « anglophone », comme PET et John James Charest, et que l’anglais est sa langue maternelle. À l’écouter s’exprimer dans la deuxième langue « officielle » du Canada, on voit bien qu’il n’est pas un authentique « francophone », malgré qu’il s’appelle Paul Edgar Philippe Martin (selon sa fiche biographique disponible sur le site du Parlement canadian).
Et les penseurs officiels des journaux fédéralistes de renchérir sur l’alternance francophone-anglophone à la tête des libéraux fédéraux depuis Wilfrid Laurier. Mais pourquoi toujours parler des Québécois comme étant des « francophones » et des Canadians comme étant des « anglophones »? Dans son livre d'entretiens politiques intitulé « Québec libre! » (que j’ai pris plaisir à lire récemment), Pierre Falardeau déplore qu'on en soit rendu à utiliser les termes « francophone » et « anglophone » pour désigner les Québécois et les Canadians. Il prend comme exemples les Haïtiens et les Portugais, qui se décrivent respectivement comme Haïtiens et Portugais et non comme « créolophones » ou lusophones. Et nous, on parle de « francophones » plutôt que de « Québécois ». Comme si on avait peur de se définir comme Québécois par crainte d'être accusés d'ethnocentrisme et d’exclure les « non-Québécois de souche ». Ceux qui nous font cette accusation, les Anglais surtout, devraient se regarder avant de nous pointer du doigt. L'histoire de l'empire britannique pourrait nous en apprendre de bonnes sur l'ethnocentrisme des Anglais.
On voit cette peur de se décrire comme Québécois jusque dans les sondages, où on affirme, par exemple, que les « francophones » votent pour le PQ et que les « anglophones » et « allophones » votent libéral. Il faudrait plutôt dire que les Québécois votent PQ et que les Anglais et la plupart des immigrants votent libéral. Dans cette optique, nous avons gagné le référendum en 1995 puisque 61% des « francophones » (y compris les immigrants qui appuient l'indépendance) ont voté OUI. Mais c'est la vision fédéraliste et « civique » qui s'est imposée dans nos esprits, ce qui fait que c'est l'argument voulant que 49% des Québécois qui ont voté OUI qui prévaut. Voilà comment, par le brouillage identitaire, la mauvaise conscience et la culpabilité, on parvient à implanter dans l'esprit d'un peuple soumis depuis 244 ans l'idée de la défaite. C’est ce qui fait qu'on traite de raciste et d'exclusiviste quiconque ose parler de « vote ethnique » ou définir l’identité québécoise sur une base autre que civique. Quand va-t-on cesser de jouer le jeu que veulent nous faire jouer nos ennemis? Quand va-t-on comprendre que ces accusations d’ethnicisme n’ont pour but que de nous diviser?
Cette manie de définir les habitants du Québec selon leur langue ressemble au cas de l’Irlande du Nord, où on présente le conflit entre Irlandais et Anglais comme un conflit entre catholiques et protestants. Je ne vois pas ça comme un conflit religieux mais plutôt comme un conflit politique, un conflit ethnique entre les Irlandais qui veulent réintégrer la république d'Irlande, et les unionistes qui veulent rester sujets britanniques. Dans le cas nord-irlandais, comme pour le cas du Québec, on semble, là aussi, avoir peur de décrire les gens selon leur origine ethnique, comme si tous les habitants de l’Ulster étaient Irlandais et qu’il y avait des Irlandais catholiques et des Irlandais protestants.
Cette idée de parler de « francophones » plutôt que de « Québécois » est un argument en faveur du nationalisme civique, pour qui tout le monde au Québec est Québécois et, donc, qu'il y aurait des Québécois francophones, des Québécois anglophones et des Québécois allophones. J'ai tendance à m'opposer à cette idée. Comme si on était Québécois par le simple fait de vivre sur le sol québécois et que l'identité québécoise n'avait rien d'ethnique, donc que n’importe qui peut s’approprier le nom « Québécois » comme on nous a volés notre ancien nom « Canadiens ».
Mais qu’en pensent ceux qui vivent au Québec et ne sont pas des Québécois « de souche »? Les Amérindiens se reconnaissent-ils comme Québécois? Et les « anglophones »? Si on demandait aux premiers de se définir, ils répondraient sans doute qu’ils sont d’abord Hurons, Cris ou Mohawks et pas du tout Québécois. Même chose pour les « anglophones ». S’ils veulent tant se constituer une enclave inspirée de l’Ulster pour ne pas être pris à vivre dans un Québec libre, c’est qu’ils ne se sentent pas Québécois alors il faudrait arrêter de les considérer comme tels.
Pourtant, le peuple québécois existe bel et bien! Nous avons une langue, une histoire, une culture et une origine qui nous sont propres, ce qui est la définition d'un peuple. Ce n’est pas vrai de dire qu’un Québécois est quelqu’un qui vit au Québec. Je suis Québécois parce que j’appartiens au peuple québécois, peuple implanté en Amérique du Nord depuis près de 400 ans, et non pas parce que je vis au Québec. Si je déménageais de pays, je ne deviendrais pas Irlandais, Allemand ou Hongrois en posant le pied sur le sol. Pour cela, je devrais apprendre la langue et devenir citoyen de ces pays mais je resterais Québécois au fond de mon être même si je ne vivrais plus dans mon pays d’origine.
Pour moi, il y a une différence entre la nationalité et la citoyenneté. Dans la « nationalité », il y a la « nation » définie par une langue, une histoire, une culture et une origine propres aux fondateurs du pays, alors que la « citoyenneté » est le fait d’être citoyen du pays où on vit, peu importe qu’on soit immigrant ou autochtone. Ainsi, on peut devenir Québécois mais il faut vouloir faire du Québec sa patrie d’adoption et adopter la langue française, langue officielle de notre pays et langue commune de la majorité, ainsi que la citoyenneté, ce qui ne sera possible qu’après l’indépendance.
Et j'ajouterais qu'un étranger peut devenir Québécois s'il décide de militer pour l'indépendance du Québec. À mes yeux, en tout cas, ce serait le signe d’une volonté ferme de s’intégrer à notre peuple. Des gens comme Luck Mervil ou Maka Kotto sont d'origine étrangère mais ont choisi de vivre chez nous et de militer pour l'indépendance de leur pays d'adoption alors je les considère comme des Québécois et des compatriotes. Par contre, j'ai de la misère à considérer comme Québécois et compatriotes des gens comme Gagliano, le docteur Swingh ou d'autres étrangers qui combattent le mouvement indépendantiste et qui veulent garder le Québec au rang de « province ». J'aurais tendance à les classer dans la catégorie « collaborateurs étrangers » de nos ennemis. Ils ont choisi de défendre le Canada alors ils devront vivre avec les conséquences de leur choix. Je ne pense pas que je serais bien considéré des Palestiniens si je me déclarais hostile à la création d’un État palestinien ou si je déménageais en Irlande du Nord et que je prenais le parti des « protestants » plutôt que des « catholiques ». Choisir son camp est une responsabilité qui incombe aux immigrants autant qu’aux Québécois « de souche », aussi longtemps que le problème de notre statut ne sera pas réglé dans le sens de l’indépendance.
Alors, le prochain chef du PLC doit-il être un « anglophone » ou un « francophone »? Méchant casse-tête! Ils choisiront qui ils voudront, je m’en fous comme du fédéralisme asymétrique de nos jovialistes libéraux. Le Libérez-nous des libéraux ! de Loco Locass ne vaut pas seulement pour les provinciaux mais aussi pour leurs cousins fédéraux et leurs amis du crime organisé (Lafleur, Guité, etc…), tous des salopards qui profitent de notre situation d’inféodation pour s’en mettre plein les poches. Et le bon peuple à genoux qui continue à vivre son train-train quotidien au lieu de se mettre en marche pour conquérir sa liberté politique. Qu’est-ce qu’il va falloir pour le réveiller? La réélection de Patapouf ou une victoire éclatante de Paul Martin au Québec? Désolant…
« Les hommes nés sous le joug, puis nourris et élevés dans la servitude, sans regarder plus avant, se contentent de vivre comme ils sont nés et ne pensent point avoir d'autres biens ni d'autres droits que ceux qu'ils ont trouvés à leur entrée dans la vie; ils prennent pour leur état de nature l'état de leur naissance. » - Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire

Projet CHUM au lendemain de la «commission parlementaire du gouvernement»
Jacques Bergeron
TRIBUNE LIBRE 4 mars 2005
La commission parlementaire mise de l’avant par le gouvernement vient de terminer ses audiences sur la pertinence d’un site par rapport à l’autre. Sommes-nous plus avancés qu’au lendemain de l’annonce de la mise sur pied de celle-ci par le Premier ministre du Québec?
Même si le témoignage de M. Daniel Johnson, ancien premier ministre du Québec, a été percutant en démolissant les arguments du Recteur de l’Université de Montréal et ceux des deux derniers experts mandatés par le gouvernement afin d’évaluer les sites d’Outremont et du 1000 Saint-Denis, il demeure que plusieurs questions, peut-être les plus importantes, n’ont pas été posées, et encore moins élucidées.
Comme plusieurs citoyens du Québec, nous aurions aimé qu’on évalue la pertinence des deux «CHU». Alors que Toronto, beaucoup plus riche que nous, refuse de se donner un centre de ce genre, comment le Québec peut-il légitimer la mise sur pied de deux «CHU», un de langue française et un de langue anglaise, et des investissements de près de trois (3) milliards de dollars alors qu’il ne possède pas les ressources financières lui permettant de répondre aux besoins de soins de ses concitoyens et concitoyennes?
Comme le soulignait le Dr Éric-Viet Laperrière-Nguyen, dans un article publié dans le Devoir le 28 février dernier : «dans un contexte de contraintes budgétaires et de pénurie aiguë de ressources humaines», on est prêt à se payer un méga-hôpital (et probablement deux :JB) de deux milliards ( probablement 3 ou 4 milliards : JB) de dollars. Et elle continuait : «je n’ose même pas imaginer ce que nous pourrions réaliser en «première ligne et en santé publique» avec une telle somme»?
Alors que des questions aussi pertinentes sont posées, on évalue deux projets afin de déterminer le meilleur endroit pour le situer. Comment le Premier ministre du Québec et son ministre de la santé peuvent-ils ignorer les besoins de la population en soins de première ligne en valorisant un site plutôt qu’un autre, en sachant que la réponse aux besoins du Québec n’est pas là?
La seule façon de pouvoir connaître les besoins des Québécois réside dans la mise sur pied d’une «commission d’évaluation de tous les projets» qui ne sera tenue que par les besoins exprimés lors des audiences qu’elle tiendra.
Nous refusons que le prétexte d’une période d’attente de la mise sur pied des deux «CHU» soit trop longue, alors que de toute façon nous avons déjà des «CHU» répartis dans plusieurs hôpitaux. Il n’y a donc aucun risque de plus pour la santé des Québécois et Québécoises à attendre encore quelques mois de plus afin que naissent ces grands centres de santé, si besoin il y a?
Notre gouvernement doit comprendre que les réponses que les citoyens et citoyennes du Québec attendent sont trop importantes pour qu’il se prive des consultations préalables à la mise sur pied de ces deux institutions. Encore faudrait-il qu’il soit démontré lors des audiences publiques, que le Québec a vraiment besoin d’une institution de langue française et d’une autre de «langue anglaise»? Encore là, il devrait être démontré que le Québec peut se payer deux institutions de ce genre alors que d’autres provinces et d’autres états ne sentent pas ce besoin, ni cette obligation, et qu’il n’a pas les ressources financières pouvant répondre aux besoins de soins de santé de ses concitoyens et concitoyennes.
Exigeons de notre gouvernement, qu’au-delà de la «commission parlementaire» qui vient de se terminer, que soit mise sur pied immédiatement une «commission indépendante d’évaluation de la création des projets de deux CHU» qui devront être évalués en fonction des besoins de la population et de ses moyens financiers?
La bonne gestion des affaires publiques a des exigences qu’un premier ministre ne peut ignorer.

L'avenir de Bernard Landry ne tient qu'à un fil ?
Luc Cusson, Granby
TRIBUNE LIBRE 5 mars 2005
A la lumière du dernier sondage Crop et de la contestation persistante
du leadership de M. Landry, son sort pourrait se jouer avant le vote de
confiance du congrès de juin prochain.
Il suffirait que quelques présidents de comtés ou des dissidents connus
acceptent de s'associer à la manifestation convoquée par des militants
souverainistes via un site web et sur de nombreux forums de discussions
de la grande toile internet.
On peut comprendre que des personnalités connues deviennent frileuses
quand il s'agit de manifestations qui attirent souvent des agitateurs,
mais, s'il y a plus 2000 manifestants, ces fauteurs de troubles passent
inaperçus et surtout les médias savent maintenant informer le public
correctement. Les représentants dissidents des nombreuses instances du
Parti Québécois sauront-ils prendre la balle au bond ?
La manifestaion peut sembler un moyen inapproprié mais si on sait comme
l'a souligné M. Jacques Parizeau que le prochain congrès modifiera les
status de telle sorte qu'il n'y aura pas d'autres congrès avant 2010. Il
faut donc comprendre que M. Landry verrouille le Parti Québécois pour
longtemps. Ceux qui oseront critiquer seront expulsés sur-le-champ,
comme on l"a vu avec Marc Brière et de nombreux autres moins bruyants.
Un parti politque qui veut contrôler à ce point les débats oblige les
dissidents à prendre d'autres moyens d'expression, il reste les
manifestations dans la rue pour s'exprimer. Le projet de souveraineté et
le PQ n'appartiennent pas à M. Landry.
Une poignée de dissidents à visage découvert qui prendrait fait et cause
publiquement pour cette manifestation pourrait réussir à mobiliser
plus largement en vue de l'objectif défini dans le site internet, soit
l'obtention d'un congrès au leadership.
Jetez un coup d'oeil: www.nouveaupq.qc.tc
Il appartient à la base du parti de rebrancher les souverainistes qui ne
se reconnaissent plus dans le PQ de M. Landry, un nouveau chef est un
bon début.

Commentaires sur Les feux de la St-Jean de 1968
Michel Di Pasquale
TRIBUNE LIBRE 5 mars 2005
Commentaires sur Les feux de la St-Jean de 1968 diffusé hier à Télé Québec.
Je voulais vous faire ce commentaire suite à la diffusion hier à Télé Québec de ce reportage "où les Canadiens français seraient devenus des Québécois (dixit dans le film).
C'est drôle avec du recul de voir comment d'une part Trudeau a suivi son plan de destructeur
de la "race canadienne française" et que d'autre part l'ennemi à abattre était Pierre Bourgault !!!!
Où serions-nous aujourd'hui si la fusion du RIN avec le PQ ne s'était pas faite?
À part Marie France Bazzo, RC jeudi am, où elle a interviewé l'auteur, personne ne parle de ce document pourtant percutant;
d'où vient l'idée, 27 ans plus tard, de diffuser ce document un jeudi soir à une heure d'écoute où les grands réseaux se battent en cotes d'écoutes?
On aurait dû le diffuser à la veille du congrès du PQ en juin...
Que la Police cherchait à coffrer des indépendantistes?
Et que dire de la couverture de ce gand défilé que Radio-Canada nous montrait en nous faisant accroire que tout était beau et qu'il n'y avait pas d'évenements...
Triste à mourir.
Une chance que le programme des commandites n'était pas né à ce moment-là .... les matraques et les paniers à salades auraient été commandités par le gouvernement du Canada...
Pourquoi aucun dirigeant du PQ n'a réagi à ce reportage?
Dorment-ils????
Triste !
Jeudi 3 mars 20 h - Rediffusion : Samedi 5 mars 17 h
24 heures pour l'histoire
Les feux de la Saint-Jean
Ils sont 292. Ils sont indépendantistes québécois. Le 25 juin 1968, ils sont tous en prison. Parce que la veille, au lieu de faire la fête, ils sont allés à la guerre. Pour eux, parmi les 400 000 Canadiens français présents pour le défilé de la Saint-Jean, il y en avait un de trop. Un homme qui leur avait déclaré la guerre. Ce dernier volet de l'excellente série 24 heures pour l'histoire relate la nuit mémorable du 24 juin 1968.
Cette année-là, les Montréalais venus assister au traditionnel défilé de la Saint-Jean-Baptiste vont être témoins et parties d'un affrontement qui deviendra emblé-matique. Pierre Elliott Trudeau, à la veille de son premier test électoral, a décidé, envers et contre tous, d'assister au défilé. Les séparatistes perçoivent son geste comme un affront et sont déterminés à le chasser de l'estrade d'honneur. Les policiers sont nerveux et ont la matraque leste.
Cet événement se passe dans un contexte où les Canadiens français en ont ras-le-bol : assez des patrons qui ne parlent qu'anglais, des travailleurs et des chômeurs qui sont français, des immigrants qui grossissent la population anglophone... Marginaux qu'ils étaient jusqu'alors, leurs rangs ont grossi depuis qu'ils ont le soutien du président de la France et qu'une vedette politique, René Lévesque, s'est rangée de leur côté.
Pour Pierre Elliot(sic) Trudeau, la séparation du Québec n'est pas une solution. Au printemps 1968, il répète sur toutes les tribunes : « Je veux mettre le Québec à sa place et sa place est dans le Canada, pas ailleurs! » Alors pour Pierre Bourgault et de nombreux autres indépendantistes, la place de Trudeau n'est surtout pas au défilé de la Saint-Jean. « Le 24 juin, c'est la fête des Canadiens français. Il ne reconnaît pas l'existence de la nation canadienne française, il n'a pas d'affaire à y assister et à y faire le paon » déclare publiquement Bourgault. Pour tous les indépendantistes, comme pour les policiers, c'était évident qu'il allait se passer quelque chose ce soir-là, mais quoi?
Rapidement, les événements dégénèrent. Les manifestants font preuve d'audace et les policiers, d'une extrême violence. Des manifestants sont arrêtés par centaines, puis battus à coups de matraque. C'est une véritable émeute. Pendant ce temps, des millions de Canadiens regardent la parade que diffuse Radio-Canada, sans savoir ce qui s'y déroule réellement. Ce n'est qu'une heure plus tard, alors que le défilé est interrompu en raison des événements, que les téléspectateurs vont enfin découvrir qu'il y avait plus qu'un défilé.
À 23 h 30, le journaliste de Radio-Canada Claude Jean Devirieux est appelé à raconter au téléjournal ce qu'il a vu lors du défilé et fait état du manque de contrôle des policiers et de leur violence. Quelques heures plus tard, il est suspendu pour avoir tenu des propos tendancieux. Le lendemain, jour d'élection fédérale, les journalistes francophones de Radio-Canada feront une grève d'une journée, en appui à leur collègue. Ce n'est donc qu'au réseau anglais qu'on pourra assister à la victoire de Pierre Elliot Trudeau.

IL EST TEMPS DE DIRE ADIEU
L. Sebastian Anders, Ottawa
TRIBUNE LIBRE 5 mars 2005
Les Canadiens, c'est à dire, ceux qui habitent le reste du Canada et les
quelques-uns qui n'ont pas encore eu le courage de quitter le Québec, en ont
ras le bol des conneries de Landry, des séparatistes, des nationalistes et
des anti non-francophones.
Nous attendons avec impatience un nouveau référendum, parce que la prochaine
fois que les P-Quistes, les Blocquistes et tous les autres anti-Canadiens se
mettrons à l'oeuvre pour obtenir l'indépendance du Québec, nous serons là
pour vous aider avec le "OUI". Nous vous aiderons à devenir indépendant à
l'intérieure des frontières que nous vous accorderons. Nous vous aiderons
même à faire vos bagages. Nous serons enfin débarrassés de vos
enfantillages, de vos entêtements, de vos crises, de vos exigences, de vos
caprices, de vos propagandes qui ont divisé les peuples et créé un climat de
désaccord et d'apartheid linguistique par moyen du terrorisme linguistique
et culturel.
Pendant trop longtemps vous vous êtes comporté comme des vampires en suçant
le sang des autres provinces, en exigeant des sommes exorbitantes pour vous
maintenir dans un style de vie auquel vous n'avez pas le droit parce que
vous n'avez pas la force d'âme pour développer votre propre économie. C'est
plus facile de vivre des efforts, du sang et du travaille des autres. C'est
surtout facile lorsque la gouvernance du Canada est dans les mains de
Québécois, plutôt des séparatistes cachés (l'Ordre Jacques Cartier, i.e. La
Patente, et l'Association St Jean Batiste). Ça aussi ça prendra fin. Le
Canada redeviendra canadiens en dépit de tous vos efforts à travers le pays
pour "franciser" le Canada. Le bilinguisme est en voie de disparition.
Le Canada aurait pu être bilingue, là où c'est nécessaire ou justifiable, et
les gens auraient pu continuer à vivre harmonieusement en dépit de leurs
différences linguistiques et culturelles. Mais vos antagonismes et vos
tactiques de chantage ont fait déborder le vaisseau, et maintenant, nous
disons, assez. Nous ne cédons plus. Et la séparation que vous recherchez
sera une séparation complète: pas de dollars canadiens, pas de passeport
canadiens, etc. Mais on vous souhaitera quand-même une bonne continuation
dans votre petit satellite pseudo français au milieu d'un océan
non-francophone. Peut-être qu'enfin vous vous rendrez contes de la réalité.
Mais puisque nous sommes tellement tolérants et généreux, comme nous l'avons
prouvé pendant des siècles, nous vous souhaiterons bonne chance. Peut-être
que nous, le reste du Canada, pourrons enfin retrouver la paix sociale et
politique, et un renouvellement économique puisque nous n'aurons plus à vous
maintenir ni céder à vos chantages et crises d'enfant gâté.

Doit-on dire adieu à la France...
Marie-Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 7 mars 2005
Certains parmi les nôtres s'en réjouiront. D'autres comme le gouvernement canadien et ses mercenaires québécois français, de même que beaucoup de Francophones hors Québec bien assimilés, bien formatés, bien colonisés, à tel point qu'ils ne savent que vomir sur leur origine, se préparent sans doute à sabler un champagne américain(!!) si le OUI l'emportait. Ce qui ne semble pas le cas dans le moment selon les derniers sondages. C'est de bon augure!
Je ne connais pas cette constitution européenne-américaine dans les détails, mais d'instinct, je sais qu'elle ressemble drôlement à du fédéralisme unitariste à la canadiAn qui conduira et réduira éventuellement (les anglosaxons sont patients), la France à une province comme le Québec. Une province sans pouvoir, et dont les habitants perdront leur identité (langue, culture et religion) si essentielle à l'équilibre et à la survie des nations. Nous connaissons bien ici les résultats de ce fédéralisme dévastateur qui n'a de cesse de vouloir nous faire disparaître depuis la conquête.
C'est pourquoi je m'adresse aux lecteurs de Vigile avec conviction, persuadée que je suis, que la France est aux abois. Qu'elle se retrouve dans ses derniers retranchements pour défendre sa survie en tant que nation indépendante. Que sa situation ressemble de plus en plus à la nôtre dans la fédération canadiAn. Il m'apparaît évident qu'il faut lui apporter aide et assistance dans les circonstances. Je suis une lectrice du site http://www.voxlatina.com/a> et je vois bien que la France, la vraie France, appelle à l'aide.
Si la France venait à se noyer dans le Grand Tout européen, que deviendrions-nous? Quelle serait notre référence? Quelles seraient nos chances de survie? Qui pourrait nous défendre? Rappelez-vous le général de Gaulle en 1967... J'ai la conviction que ce serait notre fin en tant que Québécois français. Que pourrions-nous faire dans ce cas? Nous jeter dans les bras des canadiAns (lire Orangistes pour qui le Canada n'est qu'une grande entreprise où ils font des affaires entre eux et avec leurs mercenaires) comme beaucoup le font depuis le référendum presque gagné de 1995? Des lâches!
Je ne comprends pas, et je trouve même inquiétant, ce silence des éditorialistes, des souverainistes (PQ et BQ), des hommes et femmes politiques à tous les niveaux, incluant les syndicats, les regroupements de tous ordres, et surtout des mouvements patriotiques et nationalistes. Que craignent-ils? Ont-ils renoncé à leur identité? Ont-ils décidé qu'il valait mieux, à la suite de Gérard Bouchard, faire l'éloge de notre américanité, cette nouvelle trouvaille pour gagner du temps avant l'assimilation finale?
Je crois bien sincèrement que les Québécois devraient réfléchir sérieusement aux conséquences, pour eux et la francophonie en général, de la disparition de la France telle que nous la connaissons. N'oublions pas qu'elle a été et est encore un chef de file; nous l'avons vu agir lors de la guerre en Irak. Il faut s'en souvenir; nous en étions fiers à ce moment-là. Je ne dis pas que la France n'a pas de défaut et que tout est parfait, mais nul pays en occident ne peut prétendre avoir été aussi civilisateur et ce, depuis le roi Clovis.
À tout hasard, je vous recommande de lire à l'adresse indiquée plus haut un argumentaire pour le NON à la constitution européenne. Cet argumentaire vous convaincra davantage que moi.
Quant à moi, je fais tout ce que je peux pour convaincre les Français de passage au Québec, en les invitant à voter NON. Pour cela le meilleur argument est «la triste histoire d'un peuple victime du fédéralisme canadiAn et qui disparaît lentement». Je dois vous dire que les résultats sont encourageants.
Faisons un effort pour venir en aide, parce que c'est de cela qu'il s'agit, à nos parents français. Sinon que deviendront-ils? Et que deviendrons-nous? Je vous en prie oublions le passé et ne pensons qu'à l'avenir.
Ne disons pas adieu à la France... en faisant silence.

LIBÉREZ-NOUS DES LIBÉRAUX !
Fernando Moreno, Montréal
TRIBUNE LIBRE 7 mars 2005
Plusieurs jours de mobilisation
contre la présence syrienne
mènent à la démission
du gouvernement libanais.
En Bolivie,
d’importantes manifestations
obligent le président Mesa
à présenter sa démission.
En Ukraine,
à la suite de manifestations,
la population obtient un nouveau scrutin
qui défait Koutchma.
Au Québec,
70 % des électeurs
se disent insatisfaits
du gouvernement Charest.
À quand une mobilisation
pour lui montrer la porte
et faire du Québec un pays ?
