Les spécialistes de l'ombre

Marie-Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 12 mai 2005

Pendant des années, nous avons reproché au syndicat des enseignants de ne se préoccuper que de leurs conditions de travail et de leur échelle de salaire. Voilà qu'aujourd'hui les enseignants demandent un moratoire sur la réforme de l'enseignement au primaire, au secondaire et éventuellement à l'éducation des adultes dont la plupart sont des décrocheurs âgés entre 16 et 24 ans environ, et issus du système même.

Nous savons maintenant, grâce au scandale des commandites, que même la magistrature est infiltrée par les fédéraux (il n'y a pas si longtemps, on nous accusait de paranoïa quand on utilisait le terme «infiltrer»). De là à penser que le MEQ pourrait lui aussi être infiltré par les fédéraux, il n'y a qu'un pas. Saint Benoît Corbeil n'était-il pas au service d'une université montréalaise? Et il y en a certainement des dizaines d'autres dont il faudrait se méfier.

Le MEQ est le seul ministère qui n'ait pas été réformé depuis la révolution tranquille, à ma connaissance. Qui se cache dans cet édifice E du gouvernement provincial québécois? Nous sommes bien naïfs de croire qu'il n'y a pas anguille sous roche.

À chaque fois qu'il s'est agi de réformes dans les programmes, les seuls porte-paroles ont été les ministres en place. Et le ministre actuel qui sait à peine s'exprimer n'est pas en reste. C'est un déshonneur, une honte nationale que de l'entendre parler, i.e. traduire en français ce qu'il pense en anglais. Quelle compétence transversale peut avoir un ou une ministre de l'éducation, sinon de s'être laissé convaincre, d'avoir appris par coeur les leçons des «spécialistes de l'ombre» et de répéter un peu n'importe quoi. Comment peut-on économiser sur le dos d'une nation? Et surtout pourquoi? Qu'est-ce qu'il y a derrière toutes ces compétences transversales...

Qui sont ces sous-ministres dont on entend jamais parler et qui «font la tête» des ministres qui se succèdent au ministère? Quand les voit-on à la télé nous expliquer les tenants et les aboutissants de ces réformes? Quand avons-nous entendu un sous-ministre nous expliquer les raisons de tel ou tel changement. Par exemples, l'abandon de l'enseignement de la littérature française, de l'Histoire de notre nation, l'enseignement de l'anglais en première année et j'en passe. Quand les chrétiens évangélistes américains s'infiltreront-ils au MEQ, si ce n'est déjà fait? Bien sûr, nous entendons ça et là quelques commentaires de «chroniqueurs» plus ou moins articulés, sans plus. On se défile, c'est bien évident.

Qui sont ces «spécialistes de l'ombre, tel Morselli», qui imposent des méthodes traduites en français, plus ou moins vérifiées, à mon avis, et qui originent sans doute des USA . Je prétends toujours, et je l'ai déjà écrit, que des méthodes issues d'une manière de penser anglo-saxonne ne peut convenir à une manière latine de penser. Il y a déviation, détournement de la pensée, transformation du cerveau. Je ne suis pas spécialiste, mais j'ai la conviction profonde que ces méthodes ne nous conviennent pas. Il est certain que tout cela fait l'affaire des tenants de la globalisation et du fédéralisme anglo-saxon. On transforme le cerveau des petits Québécois pour en faire des petits Anglo-saxons qui baragouineront le français et qui sauront à peine l'écrire. Ils penseront, parleront, écriront à l'américaine à plus ou moins long terme.

Il se cache des «spécialistes de l'ombre» au Ministère de l'éducation du Québec. Il devient nécessaire et impérieux de le nettoyer, s'il n'est pas déjà trop tard. Il y va de notre survie. Et de grâce qu'on ne me dise pas que nous sommes les meilleurs au monde. Le ridicule finira par nous tuer.




La solution JRM Sauvé

François Perrier
TRIBUNE LIBRE 12 mai 2005

Le Bloc Q doit se démarquer du PC à Harper, violemment anti-Québécois. La solution JRM Sauvé.

Le Bloc québécois doit se démarquer du Parti conservateur (PC) néolibéral, et d'un Harper raciste à l'endroit du Québec. Un Harper potentiellement violent envers les Québécois de langue française - et en plus pro-Bush-belliqueux). Le Bloc doit plutôt CUISINER Paul Martin et le Parti libéral canadiAn (PLC), en les forçant de baigner encore plus longuement, dans leur jus de scandale nauséabond. En cela la solution de J. René-Marcel Sauvé est exceptionnellement apte. Machiavel à son plus fin finaud n'aurait pu imaginer un scénario plus … profitable au Québec et au Québécois. Le beurre et l'argent du beurre.

Monsieur Sauvé, dans son texte intitulé "CA VA MAL (à Ottawa) - DONC TOUT VA BIEN (au Québec), un texte paru dans Vigile le 29 octobre 2004, élabore cette idée politiquement juteuse et pleine de gros bon sens : "Pour le moment, il faut continuer à cuisiner Paul Martin et ses libéraux, à petit feu, sans pitié, SANS LUI DONNER LA POSSIBILITÉ DE DÉCLENCHER DE NOUVELLES ÉLECTIONS".

Imaginez le réveil brutal au Canada anglais, alors que l'homme d'État en herbe Gilles Duceppe, invoquant justement la raison d'État et le plus grand bien de la Nation québécoise, VOTERA AVEC le pseudo libéral Paul Martin, ET Jack-ass Layton, (lequel nie notre existence de nation) !! DUCEPPE VOTANT CONTRE les dindons de cette farce, Stephen Harper et le PCC. M. Duceppe en aura-t-il la stature !? Ou va-t-il continuer de beugler "NO COOPERATION", demeurant ainsi à la remorque de Harper. Quel magnifique pied de nez Duceppe pourrait servir à tous ses détracteurs canadiAns qui traitent lui et les siens de méchants SEPARATISTS - pour la simple raison qu'ils parlent français et se disent Québécois avant tout. Un peu de fierté avec ça M. Duceppe !?

Gilles Duceppe et ses députés bloquistes DOIVENT DONC VOTER POUR le budget néolibéral du PLC jeudi le 19 mai 2005 prochain - tel qu'amendé par l'ex-montréalais (et anti-québécois notoire) Jack Layton. Layton est social-démocrate, et les mesures budgétaires qu'il préconise dans ses amendements au budget Martin, bénéficieront AUSSI à la Santé, à l'Éducation et aux garderies de l'État du Québec.

Imaginez surtout la déconfiture d'un Paul Martin néolibéral, (au point d'avoir placé ses avoirs dans un paradis fiscal afin de ne pas payer ses propres tributs au Canada-bot-pays qu'il dirige), et qui n'a aucunement l'intention d'accéder aux demandes du cuistre Layton. Paul Martin COMPTENT LITTÉRALEMENT - sur la défaite budgétaire que lui infligeraient le PC et le BLOC - pour ne PAS/PAS donner suite aux mesures sociales démocrates du NPD. Pour ensuite se présenter à l'électorat canadiAn et quémander un 4e mandat -- afin de les protéger d'un plus grand mal SÉPARATISTE - alors que "Harper couche avec Duceppe". Pensez-y bien avant de vous 'accoupler' avec Harper.

Harper est un dangereux aventurier qui tente de cacher la nature raciste de son combat. Il est donc une menace pour l'épanouissement du Québec. OUI, bien sûr, il veut une plus grande autonomie fiscale pour les pro-vinces, mais afin de mieux privatiser ces provinces canadiAns et l'État centralisant unitaire. OUI, il est POUR une "autonomie pro-vinciale" en matières linguistiques, et CONTRE le bilinguisme débilitant (de toute façon il n'y a pas de place pour deux langues dans un État qui se respecte - une des deux langues étant TOUJOURS appelée à disparaitre). ET le (mythique) million de CanadiEns français sera perdus à tout jamais comme rempart linguistique non négligeable, pour le Québec.

En plus, alors que se réalisera forcément l'indépendance, Harper insistera pour démembrer du Québec en rattachant Montréal, l'Outaouais, l'Estrie, ET LE FLEUVE SAINT-LAURENT, au Canada ! Par la FORCE. Pensez à toutes les occasions de violences que créera votre coopération malsaine avec Harper, M. Duceppe. Lisez dans la revue canadiAn MACLEAN'S, du 9 mai 2005, "Meet the real Stephen Harper", pour comprendre des actions et agissements passés de cet homme, sa vrai nature inflexible qui effleure la surface de tout son discours, lequel suinte de violence réprimée.

Parallèlement M. Duceppe, maintenant que l'Ontario, invoquant le déséquilibre-fiscal-qui-n'existe-pas - a obtenu $5,75 milliards d'Ottawa, le Bloc Q doit garder en vie ce gouvernement Martin, ET monter à la barricade POUR EXIGER la part québécoise du gâteau fédéraste, au nom de l'État québécois (du Charest absent), et AU NOM des contribuables québécois. Au prix de manquer à votre devoir de solidarité nationale au Québec, M. Duceppe. Finis les transferts de paiement en assurance-pour-le-chomage, qui gonflent démesurément la part sans substance qu'obtient le Québec, alors que l'Ontario reçoit les investissements industriels lourds … de conséquences économiques. C'est la réactivation du vieux dicton, mais combien d'actualité - "Si on donne aux Québécois un poisson (de l'assurance pseudo emploi), on le nourrit pour peu - mais si on lui donne un hameçon (les industries lourdes soutirées au Québec, depuis l'arrivée à Ottawa des colombes rois nègre québéco-canadiAn-françaises) -- on réduit à néant sa dépendance au Canada." Voilà la vraie vocation du Bloc à Ottawa.

Écoutez les conseils de René-Marcel Sauvé, Monsieur Duceppe. CUISINEZ PAUL MARTIN et Cie. Ne couchez surtout pas avec Harper - il a une maladie honteuse appelée … la rage anti-québécoise.




8 MAI 2005, DATE HISTORIQUE

Raymond Cyr, Conseiller spécial du président et leader de la Communauté métisse de l'Estrie
TRIBUNE LIBRE 12 mai 2005

Le 8 mai 2005 s’est fiché en pointe entre temps et espace pour les Métis-ses du Québec et du Manitoba. Depuis 1884, le Manitoba métis, l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba, a scellé sa première alliance avec le Québec métis. La Communauté métisse de l’Estrie inc. est ainsi heureuse de faire valoir de premier droit cet événement historique.

Madame Ismène Toussaint a agi comme principale architecte de cette rencontre afin que soit jetée une tête de pont rattachant d’une pièce les Métis francophones du Manitoba et les Métis du Québec, représentés par Monsieur Gabriel Dufault. Monsieur Marco Daigle, chef spirituel prodigua à Mme Toussaint sa profonde compréhension des nôtres. Elle participa à une rencontre amicale typique entre Métis-ses estriens, rencontre organisée par Monsieur Georges Letendre, Letendre-Batoche, porteur de ce nom métis historique si connu d’Est en Ouest.

Pour le premier contact, la Communauté métisse de l’Estrie y avait mandaté, Monsieur Raymond Cyr, conseiller spécial du président de la Communauté métisse de l’Estrie inc, Monsieur Éric Dubé (président), pour conclure les termes d’une alliance permanente avec le président de l’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba à Montréal, digne représentant des siens.

Un mouvement d’union culturelle franco-métis est fermement enclenché dans le but clair de joindre l’Atlantique au Pacifique pour réunifier notre nation, celle que connaissait si bien le grand Métis Louis Riel et les Métis en son temps.

Le slogan des Métis-ses franco-manitobains ‘‘Pour que nous soyons davantage unis’’ trouve ici un sens fort.

Voici quelques liens utiles

L’Union nationale métisse Saint-Joseph du Manitoba :
http://www.google.ca/search?hl=fr&q=l%27union+nationale+m%C3%A9tisse+Saint-&btnG=Rechercher&meta

Marco Daigle : http://www.autochtones.ca/portal/fr/ArticleView.php?article_id=84

Ismène Toussaint : http://www.google.ca/search?hl=fr&q=Ism%C3%A8ne+Toussaint&btnG=Recherche+Google&meta

Raymond Cyr : http://www.autochtones.ca/portal/fr/Content.php?id=130

Batoche-Letendre : http://www.google.ca/search?hl=fr&q=batoche-letendre+&btnG=Recherche+Google&meta




Il faut dénoncer ce projet

François Gauthier, Président du FFI-Québec
TRIBUNE LIBRE 13 mai 2005

Le 6 décembre 1978, Jacques Chirac donnait les raisons pour dire :

« NON à la politique de la supranationalité.
NON à l'asservissement économique.
NON à l'effacement international de la France ».


En 2005, Chirac demande aux citoyens français de voter « oui », mais il ne dit pas en quoi les menaces de 1978 auraient disparu.

Dans le projet de constitution proposée pour l’Europe, avec un État SUPRA-national qui aurait la gouverne des relations internationales, la gouverne de la nomination des juges qui auront à juger de la répartition des pouvoirs entre l’État SUPRA-national et les États-nations subordonnées, la gouverne des rapports économiques entre les États-nations, on peut légitimement se questionner les menaces ont-elles disparu ?

Si la France adopte ce projet de constitution pour l’Europe, la France se retrouvera face au gouvernement de l’Europe dans la même situation que le Québec face au gouvernement Canadien, les efforts de l’État du Québec (état national au service des valeurs de la francophonie québécoise) sont fréquemment sabotés par l’État canadien.

Sans guerre de conquête, sous l’influence d’une seule guerre de propagande, la France troquerait-elle sa souveraineté pour un statut de province subordonnée à un État SUPRA-national ?

Après deux siècles de batailles incessantes pour se libérer du joug de l’État SUPRA-national canadien, laisserons nous (sans mot dire) la France abandonner sa souveraineté ? Si, plus tard, la France veut se libérer de ce joug combien de générations d’efforts faudra-t-il pour y parvenir ?

Il faut dénoncer ce projet. Le référendum a lieu le 29 mai prochain. C’est tôt, très tôt.

Vous trouverez, ci-joint, l’intégralité de son appel de l’époque.




VOTER POUR LE BUDGET

Marie-Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 13 mai 2005

À une question hier soir à Michel Gauthier, Jean-Luc Mongrain lui demandait ce que le Bloc ferait si les conservateurs prenaient le pouvoir et qu'ils étaient minoritaires. M. Gauthier a hésité et s'en est tenu à la phrase convenue depuis toujours : «Les députés du Bloc représentent les intérêts des Québécois», etc.... Hésitation à mon avis qui ne me semble pas de bonne augure.

Nous sommes en guerre, ne l'oublions pas. Et cette guerre se fait sur le dos du Québec et pour affaiblir le Québec. Les Ontariens ne s'apprêtent-ils pas à voter libéral malgré tous les scandales? C'est toujours le même scénario. Vous verrez, ils se rallieront tous contre nous à la fin.

Stratégiquement et pour notre cause, LE BLOC DOIT VOTER POUR LE BUDGET. Il ne s'agit pas de faire plaisir à l'un ou à l'autre, mais de faire «notre propre jeu» dans cette crise. Il n'y a pas de solidarité qui tienne quand nous sommes en guerre. Il est temps comme me le disait quelqu'un dernièrement que nos politiciens cessent d'être des enfants de choeur.

Il faut que le Bloc USE et USE les libéraux, les conservateurs et les néo-démocrates. Il démontrera ainsi que c'est lui qui a l'avantage du jeu et qui détermine l'agenda. De plus, personne ne pourra les accuser de priver les citoyens des avantages d'un budget et des désavantages d'une élection dont la plupart ne veulent pas, d'autant plus que les libéraux la veulent maintenant... cette élection. Ils jouent sur tous les tableaux, de même que les conservateurs et les néo-démocrates.

Quant à moi, je n'ai aucun scrupule quand il s'agit de notre cause. Il serait temps que nous cessions d'être naïfs.

GARDONS LE CONTRÔLE DE LA SITUATION, GRATTONS LA PLAIE JUSQU'À L'OS et ne faisons confiance à qui que ce soit, surtout pas aux fédéraux. Au bout du compte, ils sont tous frères dans le malheur comme dans la joie de nous écraser. Ne l'oublions pas.




DIVORCE À L’AMIABLE

Fernando Moreno
TRIBUNE LIBRE 16 mai 2005

Après un mariage forcé raté, les Canadiens se rendent à l’évidence. Ça ne peut ne plus durer comme ça. Trop de querelles. Permettons au Québec de quitter le Canada.

Let them go ! Divorçons ! Nous resterons amis même si nous ne l’avons jamais été. Chroniqueur au Calgary Sun, Paul Jackson se montre d’avis que la souveraineté du Québec va dans le sens de l’histoire.

« On ne peut pas tenter de soumettre et d’acheter un peuple éternellement » au vu et au su de tous, aurait-il pu ajouter.

Il capitule. Pour peu, il encouragerait les Canadiens à se séparer du Québec dont il vante le charme français.

« J’aime Édith Piaf, Maurice Chevalier et les films français. »

Piaf et Chevalier sont morts Français et un film français n’est pas un film québécois.

Qu’importe, l’homme n’a rien contre le Québec.

Let them go ! Puisque, à l’intérieur du Canada, le Québec est « déjà séparé. »

Let them go ! Let it be.

Il ne restera bientôt plus que les Québécois à convaincre.




JETER LA PIERRE - Les cochons, c’est aussi ça la vie !

Fernando Moreno
TRIBUNE LIBRE 16 mai 2005

Jean Lapierre ne ménage pas ses transports. Les bonnes nouvelles se multiplient pour le Québec pareilles à des pains et des pots-de-vin : 550 millions pour les routes, les autoroutes, baisses d’impôts pour les aéroports, prêt de 350 millions pour Bombardier…

Jean Lapierre se défend de jouer les pères-Noel. On le croit. Le père-Noel est une ordure. Lapierre qui roule mousse sa campagne comme du champagne.

Car ses annonces, toutes belles soient-elles, et malgré le démenti de Stephen Harper, ne se matérialiseront qu’avec les Libéraux au pouvoir.

Avec la pègre libérale, tout le monde en a pour son argent !

Mais, prévient le lieutenant Lapierre, pas de budget, pas d’argent.

Jetez la pierre et adieu veaux, vaches, cochons…

Les cochons, c’est aussi ça la vie !






Radio-Canada, vous n'êtes vraiment plus que la prostituée du Canada

Laure Gardenelle
TRIBUNE LIBRE 16 mai 2005

In : http://www.radio-canada.com/nouvelles/Politique/nouvelles/200505/16/003-martin-harper-rb.shtml (en: http://www.radio-canada.com/nouvelles/)

« Martin demande à Harper de baisser le ton » - Telle est l'info en « extrême priorité » tout ce jour du 16 mai 2005, sur le site des nouvelles de Radio-Canada.

« Information » accolée immédiatement à celle selon laquelle une majorité d'Ontariens (Wow! ça c'est une nouvelle, aussi...!) ne désire pas d'élections «hâtives».

Et dire qu'en fin de semaine 46% des Québécois affirmaient dans un sondage qu'ils étaient prêts à opter pour l'Indépendance du Québec sans même «association» avec the Rest of Canada (54% «avec»...). Mais ça, ce n'était pas une information réellement d'intérêt. Bein sÛr.

D'où son renvoi en bas de page au bout de quelques minutes...

Radio-Canada - et je pèse mes mots - vous n'êtes vraiment plus que la prostituée du Canada.

Comme dans la chanson «Tit-Cul Lachance» (1973), de Gilles Vigneault, «on voit vos deux faces»... puisque vous ne prenez même plus la peine (ainsi qu'il en fut, plus ou moins, depuis une dizaine d'années) de vous déguiser...

K... ! que c'est pitoyable de sombrer ainsi au niveau zéro de l'endoctrinement de son auditoire. Vraiment, à ce rythme-là, le Canada va finir par remporter la palme devant Le Congo et le Nigéria.

Et... devant le groupe Gesca (La Presse, Le Soleil, Le Droit...) - un État dans l'État, quoi... Sauf que ces gens-là sont installés au "pouvoir" par droit divin. Nul besoin du suffrage universel, en effet, chez nos Pratte et Dubuc bien-pensant, pour s'autocongratuler dans la fusion marinée des intérêts canadiens, québécois et desmaraisiens et des...

Jean Pelletier, et des Alfonso Gagliano, et des Jean-Marc Bard, et des Jacques Corriveau, et des Joe Morselli, et des Tony Mignacca, et des Beryl Wajsman*, et des André Ouellet, et des Serge Savard, et des Martin Cauchon, et des Denis Coderre et-des-et-des-et-des...

Ça vous fait vraiment une belle jambe, n'est-ce pas, madame la ministre Liza Frulla (frulla.l@parl.gc.ca), responsable de ce sous-ministère de la propagande...

Une Québécoise, qui plus est !

Non, décidément, le Québec vaut mieux que ça. Vaut mieux que cette « taule » tue-intelligence-et-dignité nommée Canada...

* Lequel, du reste, n'a rien à se reprocher : ce sont «les autres» qui sont ou bien intellectuellement déficients, ou racistes. Ah! le gentilhomme, honnête et toujours prêt à rendre service à son pays. Certainement l'homme idéal pour ma fille...

-> Renaud Gilbert, ombudsman de Radio-Canada (Ombudsman@radio-canada.ca), PDG de la SRC (robert_rabinovitch@cbc.ca), nouvelles-internet@radio-canada.ca, auditoire@radio-canada.ca, telejournal@radio-canada.ca




Radio-Canada - vulgaire catin du pouvoir politique

Marianne Vaucouleurs
TRIBUNE LIBRE 16 mai 2005

À l'attention de : nouvelles-internet@radio-canada.ca, auditoire@radio-canada.ca, telejournal@radio-canada.ca, frulla.l@parl.gc.ca

Sondage de ce 14 mai 2005 chez Léger-Marketing

54% : Indépendance du Québec avec partenariat
46% : Indépendance pure et simple


Ce dernier chiffre (en particulier), et sauf erreur, c'est carrément du jamais vu !

Mais Radio-Canada (internet: http://www.radio-canada.com/nouvelles/) renvoie vite fait la nouvelle en bas de page.

Habituellement, les informations notables du jour (la SRC exerce toujours, et c'est normal, un ordre de priorité: aussi bien au plan visuel que sous l'angle de la pérennité). Mais visiblement, cette nouvelle-là, c'est sans intérêt...

De la Radio-Canada comme on le voit depuis une dizaine d'années, quoi. Cette Radio-Canada des Jean Chrétien, des Jean Pelletier, des Alfonso Gagliano...

Pourtant, je croyais qu'ils avaient laissé la place depuis l'arrivée de l'Équipe de Paul Martin, ces gens-là, qui s'enveloppaient dans la haute moralité d'un certain document nommé: «Le livre rouge»...

Deux élections consécutives (1993 et 1997) !!

Il est vrai qu'on ne renverse pas l'Idéologie fondamentale d'un parti politique vieux (et vieille) de 125 ans... Les hommes passent, la haute opinion de soi (PLC = Canada ou: «L'État c'est moi!») demeure.

À n'importe quel prix : celui de nier la démocratie et de frelater et/ou manipuler l'information, notamment.

Il est vrai, aussi, que le PDG de la SRC est toujours le même: il se nomme Robert Rabinovitch.

C'est triste de voir combien une antenne publique comme Radio-Canada, qui eut le respect de tous pendant des décennies, est devenue la vulgaire catin du pouvoir politique.

SRC : Hier société publique, aujourd'hui antenne d'État.

Ce ne m'est plus possible de vous faire confiance, Radio-Canada. Vous vous tirez dans le pied et êtes assurément les seuls responsables de votre crédibilité «égarée».

Qu'attendez-vous donc, maintenant, après la désaffection publique ?

Le mépris ???




La télévision de Rouge-Canada

Envoi de Therrien François
TRIBUNE LIBRE 16 mai 2005






Radio-Canada - Le dégoût

Mathilde François
TRIBUNE LIBRE 18 mai 2005

Gens de Radio-Canada,
robert_rabinovitch@cbc.ca

« Suffit qu'on vende pour que j'achète »
Sylvain Lelièvre, Mettez d'la ouate si ça fait mal (1983)

Je n'ai plus confiance en Radio-Canada depuis plusieurs années (information tendancieuse jusqu'à la propagande, commercialisation/américanisation de sa programmation, de la pub à ne plus voir la différence avec TVA ou TQS, l'insignifiance de ses chaînes radio naguère fort intéressantes, etc.).

Sauf qu'il y avait peut-être deux ou trois personnes au sein de votre équipe d'information qui me semblaient conserver de la crédibilité.

Mme Pascale Nadeau était l'une de celles-là...

Radio-Canada, le sentiment que vous m'inspirez me « renvoie » à un terme presque vulgaire : le dégoût.

Mais il n'y a pas, stricto sensu, de vocables vulgaires : il n'y a que des réalités qui réclament ces mots-là pour être désignées fidèlement.

Franchement. Honnêtement.




Assemblée publique avec Jacques Parizeau

L’ex-premier ministre du Québec, monsieur Jacques Parizeau, sera à Longueuil le vendredi 20 mai prochain dans le cadre d’une grande assemblée publique à l’initiative des députés du Bloc Québécois de Saint-Lambert et de Longueuil-Pierre-Boucher, monsieur Maka Kotto et madame Caroline St-Hilaire.

En cette journée anniversaire du premier référendum sur l’accession du Québec à la souveraineté (le 20 mai 1980), cette assemblée publique aura lieu au gymnase de l’École Gérard-Filion (Aile B) au 1330, boulevard Curé-Poirier Ouest à Longueuil, de 19 h à 20 h 30.

Entrée libre - Cette activité qui se déroulera également en présence des députées du Parti Québécois, mesdames Pauline Marois (Taillon) et Cécile Vermette (Marie-Victorin), sera l’occasion, pour les souverainistes du grand Longueuil, de rendre hommage à Jacques Parizeau pour son exceptionnelle contribution à l’avancement de la société québécoise et pour son rôle de premier plan dans la cause de la souveraineté du Québec.

Bienvenue à toutes et à tous.




L’AS QUI PIQUE

Fernando Moreno
TRIBUNE LIBRE 17 mai 2005

Qu’il qualifie Alfonso Gagliano de politicien « sans envergure intellectuelle », on ne peut lui donner tort d’autant plus que l’homme, Beryl Wajsmann, manie l’art du financement comme un as.

Celui qui se targue de ne pas tout faire, à l’instar de Gagliano, derrière les portes closes, se voit désigner la porte par Dezainde.

Qui se frotte à Wajsmann, s’y pique.

Piqué au vif, l’as de la finance met son renvoi sur le compte du racisme de son ancien patron, le ci-haut nommé, Daniel Dezainde.

Wajsmann, qui a perdu 70 membres de sa famille dans l’holocauste, sait à quoi s’en tenir : « Il y a des choses que tu ressens ou que tu sais. »

Raciste, Dezainde. Déficient intellectuel, Gagliano.

« Une bande d’incompétents incapables de renflouer le parti », s’exaspère Wajsmann.

Mais au fait, qu’en est-il au juste des activités du GO libéral ?

N’avaient-elles pas pour but de collecter des fonds et de recruter, dans les communautés culturelles, les membres prêts à endiguer le mouvement indépendantiste ?

Faire en sorte que les Québécois n’accèdent pas à leur pleine et légitime autonomie, n’est-ce pas là une forme de racisme ?

Non, bien sûr.
Seul le peuple juif a souffert.

*gentil organisateur




« Ces gens du Parti Libéral » (pièce en trois actes)

Jean-Luc Gouin
TRIBUNE LIBRE 17 mai 2005

Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne cause pas, Monsieur
On ne cause pas
On compte

Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne vit pas, Monsieur
On ne vit pas
On triche

Faut vous dire, Monsieur
Que chez ces gens-là
On ne s'en va pas, Monsieur
On ne s'en va pas
On ne s'en va pas...

Jacques Brel, Ces gens-là

Prologue. Le Devoir rapportait dans son édition de ce 17 mai cette déclaration du président du Parti libéral du Canada au Québec, Pablo Rodriguez: «Il faut s'unir derrière le parti national, qui est le Parti libéral du Canada. Et même si certains sont fâchés avec nous, je dirais: Pincez-vous le nez et appuyez-nous parce qu'on se bat pour le pays.»

Bref, nous sommes des salauds de la tête aux pieds, de l'âme au corps, mais nous n'avez pas le choix, chers concitoyens. Point d'alternative. L'État du Canada, c'est le PLC. Et rien d'autre. Quoi que nous disions, quoi que nous fassions, nous sommes votre unique «chance».

* Acte I. Au lendemain du 1er Empire, consécutivement à la défaite de Napoléon à Waterloo, en 1814, Talleyrand écrivait à propos des hommes de la Restauration (retour au pouvoir de la Monarchie): «Ils n'ont rien appris, ni rien oublié».

* Acte II. Messieurs / dames du Parti Libéral, je serai bref : Plutôt crever - un pistolet sur la tempe - que vous accorder le frisson d'un trait de mine sur un bulletin de vote.

* Acte III. Ces gens-là ne sont pas seulement malhonnêtes, d'une extrême arrogance et manipulant la démocratie comme s'il s'agissait d'un chiffon rouge dont on peut tirer, selon les besoins du jour ou la mode du temps, n'importe quelle pièce de vêtement susceptible de séduire le commettant croisé sur sa route. Non, pas seulement. Pis encore. Ces gens-là - les gens de ce Parti des Stéphane Dion, des Lucienne Robillard, des Tony Mignacca, des Beryl Wajsman, des Jacques Corriveau, des Serge Savard, des Denis Coderre, des Pierre Pettigrew - sont grevés de la plus implacable des tares politiciennes que l'on puisse imaginer. La bêtise.

***

Coda. « L'État du Canada, c'est le Parti Libéral du Canada... ».

Il y a longtemps que l'on n'avait point déniché argument aussi puissant en faveur de l'Indépendance du Québec.

M. Rodriguez, vous donnez à réfléchir.




Merde aux bougons du Québec

Roger Audet, Saint-Irénée
TRIBUNE LIBRE 18 mai 2005

Sorel, dans les années 50, j’ai une dizaine d’années. Je vois, j’écoute, j’observe.

Veille et jour d’élection que ce soit au municipal, au provincial ou au fédéral, des caisses de 24 (houblon prolétarien) sont livrées de porte en porte dans des rues où la pauvreté et la misère sont omniprésentes. Celui qui est derrière tout cela est le « big boss » francophone de la place. Il est grossiste en énergie, c’est-à-dire le pétrole (naturellement Imperial Oil) et la bière (naturellement Molson). Il veille aux intérêts LIBÉRAUX, fait livrer des caisses de 24 pour acheter la conscience des inconscients.

Je me souviens aussi des années 60. On achète systématiquement des gens et même des «mineurs » (5 ou 10$) pour aller voter 3-4 fois dans des polls différents naturellement. Tout cela est fait impunément, même avec volupté. Le petit colonisateur francophone de la petite ville comme dans toutes les petites villes, enseigne au bon peuple la Démocratie, cette même Démocratie dont tous les Rois de la Terre enseignent sa nécessité absolue et très souvent en déclamant que Dieu est avec eux.

Cinquante ans après, ces mêmes petits colonisateurs francophones LIBÉRAUX sont devenus des parfaits gentils colonisés pour ces grands DÉMOCRATES SUBTILS généralement issus de l’Albion. Des coupures de 20$ blanchies ou noircies circulent d’Ottawa à Montréal en passant par le stade Olympique de Rimouski. Tout cela est fait impunément même avec volupté. Entre-temps, le petit Molière de Shawinigan aura fait des tours de prestidigitation avec ses balles de golf devant un juge et le bon peuple docile et soumis. On applaudit, le bagarreur de Shawi a réparé les consciences quelque peu lézardées. Puis durant ce temps précieux, le Québec, pays mort-né peut-être, se ratatine à vue d’œil, avec ses sujets subjugués aux Bougonneries et aux Lepageries de sa sainteté Radio Canada, pour ne pas dire aux Gommeries.

PS Mon bon maître, je te laisse mon habit et ma vie pour ta subtile Démocratie. J’imagine que tu iras au Ciel, puisque le vrai Dieu, c’est-à-dire celui de Rome, est un parfait Démocrate subtil. Moi, j’ai choisi l’Enfer et je dis poliment « merde aux bougons du Québec ».




SVP, M. le premier ministre, allez-vous-en avant de tout salir

Étienne LaHire, Montérégie, Québec
TRIBUNE LIBRE 18 mai 2005

M. Jean Charest
Premier ministre du Québec
commentairespm@mce.gouv.Qc.ca

Réf. : http://www.radio-canada.com/nouvelles/Politique/nouvelles/200505/17/006-Guitard-Contrat.shtml et http://www.cyberpresse.ca/actualites/article/article_complet.php?path=/actualites/article/17/2,721,0,052005,1036824.php

C'est assez.

Monsieur le premier ministre, le banal citoyen que je suis sera simple, clair et concis: votre présence au sommet de l'État québécois affaiblit le Québec tout entier.

C'est d'une évidence à crever les yeux. Or je tiens à mes yeux.

Et à l'avenir du Québec.

Je vous demande donc de vous retirer dans les plus brefs délais.

Ce n'est pas le partisan qui s'adresse à vous (je ne suis membre d'aucun parti depuis au moins huit ans). C'est le citoyen qui, en dépit de ses limites à tous égards - et notamment de son pouvoir et de son influence politiques (qui sont pour ainsi dire nuls, à l'exemple de l'immense majorité de la population) - qui vous le demande.

Vous n'avez plus la crédibilité ni la légitimité d'occuper des fonctions qui à tous égards dépassent vos compétences et, peut-être surtout, votre vision et votre conscience nationales.

Qui sont, selon moi, celles d'un gérant d'un comptoir-bouffe rapide. Je ne le dis pas pour vous injurier (il n'y a rien de mal à gérer un petit commerce). Je le dis tout spontanément parce que je le pense. Sans plus.

Quitte à faire erreur. Mais après deux ans ma conviction à cet égard, je dois bien l'admettre (rien à voir avec un «coup de tête»), est devenue pour ainsi dire inébranlable.

SVP, M. le premier ministre, allez-vous-en avant de tout salir, de tout démolir ce qui reste encore debout de cet État constitué depuis un demi-siècle par des femmes et des hommes de vision, parfois même de génie.

Par des «gens de pays» au sens noble du terme. Non par des idéologues à la petite semaine dénués d'un authentique Sens de l'État - sens de l'État du Québec tout particulièrement, bien sûr.

Car si vous êtes investi d'une culture politicienne impressionnante, monsieur (comme on dit communément au Québec), la Culture politique au sens fondamental de la «Polis» - de Cicéron à Jean-Jacques Rousseau, de Montesquieu à Périclès, de René Lévesque à Charles de Gaulle - est quelque chose qui, visiblement, dépasse non seulement votre formation intellectuelle, mais également (je regrette sincèrement de devoir vous le dire aussi abruptement) votre entendement.

Aussi, monsieur, ayez l'humilité de constater et de comprendre que vous n'êtes pas de cette race-là.

Le soussigné ne l'est pas plus que vous, vous savez... Et je puis tout de même me regarder dans la glace tous les matins. Sans effroi ou dépit. Ce n'est pas une tragédie de ne pas être chef d'État. On ne peut pas être tous chef d'État. Alors? D'autant plus que je vous soupçonne d'être capable de cette humilité peut-être plus que moi encore...

En effet, pour ma part je suis beaucoup trop orgueilleux pour briguer des «emplois» dont je sais ne pas posséder les qualités qui m'autoriseraient à penser que je puis rencontrer les exigences de la tâche.

Monsieur, l'État du Québec constitue une entité trop essentielle pour la nation québécoise pour la laisser ainsi entre les mains d'individus comme «nous».

De grâce, allez-vous en ! Ne vous entêtez pas à dégrader la fonction que vous occupez, monsieur. Allez-vous en.

« Faites-le pour voir... »
Je vous le demande poliment.

Ce sera bon pour santé.
De la Matrie.




Garder l’équilibre des rapports de forces à Ottawa

Jasmin Sauvé
TRIBUNE LIBRE 18 mai 2005

Il est facile, à quelques heures d’un vote crucial, de penser que l’odieux des doutes qui planent sur le Parti libéral le fera battre à plates coutures et que la voie de l’éclatement du fédéralisme est imminente, mais la prudence est de mise plus que jamais.

Lors de la dernière élection, l’Ontario libérale a perdu des plumes au profit des conservateurs surtout en région. A la surprise générale, le pouvoir de Bay Street s’est retrouvé minoritaire.

Pour un bref moment dans l’histoire de la confédération, les provinces périphériques bénéficient d’un rapport de forces sans précédent, sauf peut-être au tout début de la confédération.

Si l ‘opposition, dans une démonstration de petit pouvoir, décide de renverser le gouvernement, il est certain que l’establishment de Bay Street ne laissera pas cette situation se reproduire dans l’élection qui suivra et fera tout pour donner au parti libéral un mandat fort. Paul Martin le sait fort bien.

La possibilité de l’éclatement du pouvoir central sera toujours présente sauf que ça va se faire selon LEURS termes et conditions. Il faut de plus compter dans la balance les provinces atlantiques. Même si Terre-Neuve réveille sa fibre nationaliste par les temps qui courent, il n’en est pas de même pour les autres. Stratégiquement, leur allégeance penchera en faveur d’Ottawa afin d’éviter de se retrouvé isolées dans une enclave.

Mon Oncle JRM martèle que la politique est question d’intérêt et de rapport de force. Il est important de savoir reconnaître l’un et l’autre quand ils se présentent.

Pour ceux qui douteraient de mon analyse, demandez-vous pourquoi Paul Martin est allé chercher Mme Belinda Stronach dans les rangs conservateurs et en a fait sa ministre du Développement économique. Il est facile de croire que c’est un coup de tête pour avoir un vote de plus et que Mme Stronach n’est qu’une petite arriviste en mal de pouvoir. Mais c’est justement cette naïveté dans la réflexion, entretenue par les médias, qui ralentit notre marche vers la souveraineté.

Lors de la guerre de 1812 contre les Américains, dans la bataille de Chateauguay, Michel de Salaberry a entretenu ses troupes sur l’importance d’appuyer les tuniques rouges dans leur combat contre l’envahisseur car ils étaient un moindre mal comparés à l’hégémonie américaine.

Le Peuple Québécois se retrouve dans une situation semblable aujourd’hui et se doit d’étudier le contexte de manière froide et rationnelle.

La porte de l’histoire est grande ouverte mais son entrée est piégée. Si on s’y précipite de peur qu'elle ne se referme, on va l’avoir en pleine face. Dans le contexte actuel, c’est nous qui avons le pouvoir de la refermer par les gestes que l’on va poser.

Si par notre mauvaise appréciation du contexte, la porte se referme, il ne faudra blâmer que nous et pas les autres (méchants anglais et tutti quanti) qui auront profité de notre naïveté pour prendre le pouvoir, et on criera à l’injustice et autres sentimentalismes. Ça ne changera rien aux faits. Nous aurons perdu une belle occasion de prendre notre destinée en main.

Moise a dû avec son peuple errer dans le désert durant huit générations avant que le peuple ne se débarrasse de sa mentalité d’esclave et devienne un peuple libre.

Nous sommes ici depuis quatre siècles, soit huit fois cinquante ans. Il est temps pour nous d’agir en peuple libre.

M. Duceppe, pensez à Michel de Salaberry et à la sagesse de son propos avant de prendre le vote. Vous pouvez changer d’idée.

Je serai le premier à vous saluer pour le courage de votre geste. Le geste d’un homme d’État.




Lettre ouverte à PROVIGO - Métier - Épicier ou marchand de tapis ?

Marcelin Gélinas, Québec
TRIBUNE LIBRE 18 mai 2005

http://www.loblaw.com/fr/apercu_profil.html
http://www.provigo.ca/francais/
http://www.loblaw.com/fr/contactez_courriel.html service_clientele@weston.ca, service@provigo.ca, cust_serv_Quebec@weston.ca, customer_service@weston.ca, customer_relations@weston.ca

Au PROVIGO de mon quartier, on me recevait dans les dernières heures avec une belle affiche - baillingwall - m'informant que la «Fête de Dollard» et du Victoria Day n'aurait aucune incidence sur les heures d'ouverture, lundi prochain.

Lundi prochain, le 23 mai - Journée nationale des Patriotes (congé férié et chômé dans la patrie de Félix Leclerc).

Mais que voilà un consommateur ravi, pensez-vous...?

Alors un mot pour vous, gens de PROVIGO (du complexe alimentaire «canadien» MAXI / LOBLAW / Inter-Marché / WESTON).

Je veux bien croire que vous estimez le marché québécois en rien différent du Rest of the America, ou si peu, en nous infusant constamment dans le cerveau un bruitage commercialo-musical conçu pour l'adolescent de Pittsburgh, Chicago et Calgary (d'où déjà notre désagrément, ma famille et moi depuis de nombreuses années, à visiter votre établissement - pour des raisons (im)purement pratiques - plus souvent que nous le souhaiterions). Je veux bien croire également que vos décideurs de Toronto - à l'instar de ces Belinda Stronach dont les «convictions» (?) politiques se modulent au gré des odeurs de pouvoir - ne soient pas particulièrement sensibles à la Fête nationale des Patriotes au pays des Québécois. Je veux bien faire ma part, en effet. Et comprendre enfin que si le fric de mes concitoyens aiguise votre appétit, vous n'avez rien à cirer de leur langue, de leur culture. Ou de leurs Patriotes.

Alors voici, messieurs / dames de PROVIGO / MAXI / LOBLAW / Inter-Marché / WESTON.

Il faut dans l'arrogance et le mépris - si tant est... - savoir dosage conserver. Or vous ne savez pas, et n'avez jamais su. Et manifestement, n'avez jamais voulu «savoir». Ainsi, au fil des ans, vous nous imposez des circulaires commerciales bilingues (les mêmes sont exclusivement anglaises partout en territoire canadien hors-Québec), vous nous inoculez un bilinguisme larvé de plus en plus insidieux et généralisé jusque dans le détail (dont, incidemment, la face «non-française» des produits de consommation présentée en priorité au client, comme si nous étions toujours à... Calgary, Chicago ou Toronto), vous nous martelez de l'insignifiante American Music à frapper les murs de colère et, maintenant, last but not least, vous procédez rien moins qu'à la négation d'un symbole important de la collectivité québécoise!

C'en est trop, Provigo !
Vraiment trop.

Je vous informe par conséquent qu'à compter de ce jour vous perdez définitivement la clientèle d'une famille entière.

Nous irons désormais au IGA (groupe Sobeys), un peu plus éloigné de notre domicile.

Certes, à bien des égards (et d'ailleurs pour les mêmes motifs), IGA n'est pas forcément toujours préférable à PROVIGO. Mais reste que cette chaîne d'alimentation témoigne d'un certain respect de notre langue en ne tentant pas, par exemple, de nous enfoncer dans la gorge une circulaire commerciale hebdomadaire bilingue (ce que n'est même pas fichue de faire METRO [RICHELIEU / LOEB / SUPER C / Pharmacie BRUNET], la toute dernière chaîne - le croirait-on? - encore de propriété québécoise...!).

Et tout ceci, enfin, pas même dans le Rhodesian MountTreal's West Island, ou en quelque Pontiac County où l'on vit encore avec le Traité de Paris (1763) dans la petite poche arrière de sa jupette.

Point du tout. Tout ceci, je vous le donne en mil, se passe en pleine capitale nationale. Boulevard René-Lévesque...

À deux pas de l'Assemblée nationale.

Note : En guise de complément sur le sujet : http://www.imperatif-francais.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=2027
et http://www.imperatif-francais.org/dossiers/dossiers.php?id_dossier=3275





Le référendum du 29 mai 2005

Marie Mance Vallée, Montréal
TRIBUNE LIBRE 18 mai 2005

Monsieur,

J'ai assisté dimanche dernier, à Montréal, à une conférence sur la constitution européenne, organisée par le Forum francophone international, section Québec (FFI-Q). Conférence prononcée par des spécialistes de l'Université de Montréal, de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) et de l'Université McGill. J'ai voulu ainsi m'informer sur certains points qui m'apparaissaient assez obscurs, voire inquiétants.

Je me permets cette intervention puisque je suis une Québécoise de souche française dont les ancêtres sont arrivés en Nouvelle-France au milieu du XVIIe siècle. Je me crois donc autorisée à vous donner mon opinion. Nous sommes encore un peu parents, et je crois que la France a une responsabilité envers la francophonie et particulièrement envers nous, Québécois.

Pour ce que j'en sais, l'Union européenne est née d'abord d'un désir sincère d'en finir avec les guerres, et par la suite, d'un désir légitime d'unir les forces économiques européennes pour faire face à la mondialisation des échanges, surtout commerciaux.

Le Québec et les Québécois ont vécu depuis 1760, cent ans d'un régime anglais et plus d'un siècle dans une fédération qui, en réalité n'en est pas une, et pour laquelle nous n'avons pas été consultés, contrairement à vous qui le serez le 29 mai. D'ailleurs le gouvernement québécois a refusé de signer la constitution canadienne de 1982. Nous avons dû et nous devons nous battre quotidiennement pour faire reconnaître et respecter notre identité, notre langue et notre culture. De plus, il est devenu impossible d'en sortir tellement les règles sont difficiles à respecter. Nous sommes devenus captifs, en plus clair, prisonniers de cette fédération unitariste canadienne. Ce qui se passe au Canada ces semaines-ci en est la démonstration.

Trois points de tout ce débat sur le référendum du 29 mai me troublaient particulièrement.

Le premier. Comment une constitution de plus de 400 articles et d'autant d'annexes peut être comprise, assimilée, au point de permettre aux électeurs de votre pays de faire une analyse sérieuse en vue d'un scrutin. Je me disais que les Français étaient sans doute le peuple le plus studieux de la terre puisque, m'a-t-on dit, chaque adresse civique en aurait reçu une copie.

Sans vouloir vous offenser, de même que ceux qui l'ont rédigée, cette brique m'est apparue un travail colossal, mais les articles qui concernent l'existence même d'une nation souveraine sont peu développés. D'ailleurs, madame Andrée Lajoie, spécialiste connue et reconnue de ces questions, affirmait en conférence que «ce projet de constitution européenne est un projet de subordination des États-nations européens actuellement souverains. Les États-nations n'auront pas plus de pouvoir que les municipalités au Québec». C'est dire...

Le deuxième. En tant que Québécoise, j'ai bien cherché à trouver ce qui aurait pu me rassurer quant à notre avenir et à celui de la francophonie internationale. Je n'ai rien entendu qui puisse me convaincre que cette constitution protégera les nations qui se sont abreuvées à la source française et ce, depuis des siècles. J'ai été fort déçue et de plus en plus inquiète.

Le troisième. On nous informe que la langue de travail est l'anglais et qu'il s'y trouve quelque 6000 traducteurs. Est-ce à dire que les Français ont accepté que leur langue soit devenue une langue secondaire ou encore de deuxième catégorie. Notre expérience canadienne au sujet de la langue vous prédit des lendemains bien douloureux.

En conclusion, la France a une responsabilité envers nous tous, francophones, et elle ne peut et ne doit nous trahir au nom et pour l'OMC parce que c'est ce que j'en ai conclu.

S'il advenait que la France vote OUI, nous aurons compris qu'elle vient de larguer la francophonie. La France est notre phare, même si nous ne vous le disons pas à tous les jours, dans cette mer déchaînée de la mondialisation. Elle doit résister aux attaques sournoises des Grands Marchands internationaux.

Que deviendrons-nous, je vous le demande, nous qui vivons en cette Amérique anglo-saxonne et sous la botte anglo-canadiAn?

Ces seules raisons évoquées me semblent suffisantes pour voter NON le 29 mai prochain. Dans le cas contraire, je comprendrai que les Français n'ont pas relu «Le Discours de la servitude volontaire» de La Boétie depuis fort longtemps. Parce que c'est bien de cela qu'il s'agit. Elle aura accepté par voie de scrutin de perdre sa souveraineté au nom du dollar, et elle aura accepté de vivre sous la férule anglo-américaine.

c.c. http://www.voxlatina.com
http://www.vigile.net