Wajsman confirme la structure parallèle


SRC vendredi 13 mai 2005

Comparaissant devant la commission Gomery, l'ancien solliciteur de fonds affirme avoir été recruté pour créer une nouvelle structure de financement parce que le réseau de financement libéral en place était « brûlé ».

L'ancien solliciteur de fonds pour le Parti libéral fédéral, section Québec, Beryl Wajsman, a témoigné devant la commission Gomery qu'il avait été recruté à l'automne 2000 par le directeur général du parti, Benoît Corbeil, Joe Morselli, un ami d'Alfonso Gagliano et le ministre Gagliano lui-même.

Selon ce qu'il a déclaré, il avait pour tâche de mettre sur pied une nouvelle structure de financement des activités du parti, parce que le réseau de financement libéral était « brûlé », selon l'expression qu'il a utilisée.

Il a déclaré qu'il avait recueilli 136 000 $ à l'occasion d'un cocktail de financement en février 2001 et qu'il avait remis l'argent à Daniel Cloutier, le comptable de la permanence du parti.

Selon le témoin, M. Cloutier ne rendait jamais de compte à personne.

M. Wajsman a ensuite raconté qu'à l'arrivée de Daniel Dezainde au poste de directeur général, en mai 2001, celui-ci lui avait déclaré qu'il ne voulait pas de représentants des communautés culturelles à la commission des finances du parti.

Il a ajouté qu'il avait perçu M. Dezainde comme un raciste.

Congédié

M. Wajsman a été mis en cause par Daniel Dezainde, ancien directeur général de la section québécoise, qui a déclaré que Beryl Wajsman était rémunéré par commission, ce qui était inhabituel et qu'il se livrait à des activités de démarchage inappropriées.

M. Wajsman a nié cette dernière allégation, soutenant qu'il était normal que le parti offre de l'information aux gens qui donnent des fonds au parti.

Le témoin a aussi nié totalement les déclarations de Jean Brault, de Groupaction, qui a témoigné qu'à une occasion, lors d'une rencontre dans un restaurant entre lui-même, M. Wajsman et Joe Morselli, une enveloppe contenant 5000 $ qu'il avait laissée sur une table avait disparu, vraisemblablement prise par MM. Wajsman et Morselli.

M. Wajsman s'est dit enragé quand il a appris cette partie du témoignage de Jean Brault.

Antonio Mignacca reste discret

Plus tôt vendredi, la commission a entendu la conclusion du contre-interrogatoire d'Antonio Mignacca, ancien organisateur et ami personnel d'Alfonso Gagliano.

M. Mignacca a répété que Giuseppe (Joe) Morselli, un ami personnel, ne lui avait jamais dit qu'il était responsable des finances de la section québécoise du Parti libéral du Canada.

En réponse aux questions du procureur du gouvernement Sylvain Lussier, il a redit que lui et M. Morselli, qui mangeaient ensemble plusieurs fois par semaine, ne parlaient jamais de politique.

Il a déclaré que M. Morselli était souvent dans les bureaux de comté du parti, mais qu'il n'y faisait rien.

Il a aussi affirmé qu'au cours de ses rencontres avec Alain Renaud, ancien lobbyiste pour Groupaction et collecteur de fonds pour le PLC, celui-ci ne lui avait jamais dit pour qui il travaillait ou quelles étaient ses fonctions au Parti libéral.

À la suite des déclarations faites à la commission, l'ancien ministre des Travaux publics a indiqué qu'il souhaitait revenir devant la commission, pour « remettre les pendules à l'heure. »




Les «commandites» à la maternelle

Hugo Meunier
La Presse lundi 16 mai 2005

Les effets des «commandites» faisant la promotion du drapeau canadien se font sentir dès la maternelle dans les écoles québécoises, dénonce le professeur invité de l'Université du Québec à Montréal et ancien commissaire scolaire de Montréal Robert Cadotte.

Robert Cadotte en a vu de toutes les couleurs durant sa carrière de commissaire dans un quartier défavorisé de Montréal. Mais c'est surtout le rouge qui a retenu son attention ces dernières années. « J'ai remarqué une augmentation en flèche du matériel fédéral envoyé dans les écoles au cours des sept ou huit dernières années, ce qui coïncide avec le début du programme de commandites », raconte M. Cadotte.

Ce dernier s'insurge devant «l'orgie» d'outils promotionnels qui atterrissent dans les écoles du Québec, pourtant de compétence provinciale.

Des documents intitulés Le Canada se souvient de la campagne d'Italie, Faites découvrir le Canada et sa capitale à vos élèves, des vidéocassettes sur le Sénat, la Chambre des communes ou sur les règles de sécurité de la GRC, et même un guide sur les services gouvernementaux du Canada pour les enfants et leur famille se retrouvent dans le salon des professeurs d'écoles primaires et secondaires.

Les enseignants intéressés peuvent ensuite commander ces produits pour leurs élèves, gratuitement dans la plupart des cas.

Robert Cadotte n'a mis que quelques mois pour amasser des «échantillons» envoyés par les Anciens combattants, Santé Canada, Environnement Canada, Patrimoine Canada, Statistique Canada, Citoyenneté et Immigration Canada, Travaux publics et même la Monnaie royale canadienne... dans une seule école de Montréal.

À ses yeux, ces «échantillons gratuits» n'ont pas pour but d'instruire les enfants, mais de vendre le Canada.

«Du gaspillage!»

Secrétaire depuis une dizaine d'années à l'école primaire Saint-Noël-Chabanel, située dans l'est de Montréal, Louise Proulx a aussi observé une augmentation de ces outils de promotion. «Les profs en ont assez de crouler sous la paperasse, ils me disent de mettre ça dans la poubelle. C'est du gaspillage!» tranche Mme Proulx.

Selon elle, des envois du fédéral vantant les bienfaits du Canada atterrissent chaque semaine sur son bureau.

En plus d'épinglettes marquées de la feuille d'érable et de calendriers, l'école aurait notamment reçu des boîtes de scrutin à l'image de celles utilisées au fédéral... pour l'élection d'un conseil d'élèves.

En 2003, le Bloc Québécois avait dénoncé l'envoi massif de documents dans les écoles du Québec par le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration.

Pour le responsable de la Culture et des Communications au Bloc Québécois, Maka Kotto, le gouvernement libéral du Canada a une fois de plus outrepassé la frontière de ses compétences. «C'est évident qu'il y avait là une volonté agressive d'aller chercher cette clientèle jeune et souvent immigrante», croit-il. Il constate que la « propagande » pour l'unité nationale s'est un peu estompée avec le scandale des commandites.

Un concours de dessin, le Défi Mathieu da Costa, financé par le fédéral, risque d'ailleurs de disparaître. «Je ne sais pas si Patrimoine Canada va nous donner le mandat à nouveau à cause des commandites», raconte Jo-Ann Gallant, coordonnatrice du projet. Depuis neuf ans, le Défi bénéficie d'une subvention fédérale de 200 000 $ afin d'envoyer dans les écoles du Canada 18 000 trousses comprenant de l'information et des affiches. Ce concours vise à « promouvoir les gens issus de milieux ethniques», explique Mme Gallant.

Du côté des commissions scolaires du Québec, on n'exerce aucun contrôle sur ce qui est envoyé dans les écoles par le fédéral. «Ce sont les enseignants qui décident si c'est pertinent», indique Denis Pouliot, porte-parole de la Fédération des commissions scolaires du Québec.

Selon lui, la fédération n'a pas reçu de plaintes en ce sens de la part de commissaires. «Mais il y a comme un flou entre ce qui est permis et les excès, une porte d'entrée pour profiter de lois abstraites», reconnaît M. Pouliot.

En l'absence de mot d'ordre sur la question, la Fédération des enseignants du Québec, la commission scolaire de Montréal et le ministère de l'Éducation n'ont pu commenter la situation.




Sheila Fraser trahie par ses députés

Michel Vastel
Le Soleil mardi 17 mai 2005

La deuxième visite de la vérificatrice générale, Sheila Fraser, devant la Commission présidée par le juge John Gomery, tombe à point. Elle nous rappelle que cette enquête porte aussi sur les services de publicité et de recherche sur l'opinion publique achetés par le gouvernement fédéral. Et elle met en évidence la pauvreté du travail des parlementaires - les membres du Comité permanent des comptes publics en particulier.

Il y a une certaine ironie à voir ces deux anglophones du Québec - mariés à des francophones et particulièrement bien intégrés à la "société distincte" - enquêter sur le gouvernement du Canada, ses abus, ses gaspillages, ses turpitudes aussi. Imaginez s'il fallait que ce soient deux "incorruptibles" francophones qui corrigent ainsi les moeurs des gouvernements du reste du Canada !

Ceci étant dit, l'événement d'hier nous rappelle qu'il fallut d'abord le travail sérieux et acharné d'une petite équipe de comptables pour lever un coin du voile sur les abus qui se cachaient dans l'administration du Programme de commandites. Au nom de l'unité du pays ! Dans le cas de la publicité, Sheila Fraser a semblé suggérer hier matin qu'il n'y a pas vraiment d'abus puisque c'est la pratique de tous les gouvernements d'accorder les contrats "à leur bon plaisir". Ce qui ne veut pas dire que nous en ayons pour notre argent.

"Value for money", telle pourrait être la devise du bureau du vérificateur général. Telle devrait être l'obsession de tous les mandarins du régime. Telle devrait être la vigilance des parlementaires, des membres de la Chambre des communes en particulier. Cette semaine, le gouvernement fédéral va sans doute tomber parce que les oppositions ne voudront pas approuver son budget. Mais cela donne quoi de débattre du budget si, la fête passée, on se désintéresse de la façon dont il est administré ?

Cela fait maintenant plus de 15 mois que l'on débat ad nauseam de l'administration d'un Programme de 250 millions $ qui représentait, pour chaque année où il a existé, un gros 0,000003 % du budget total. Comme si le gouvernement ne gaspillait que cela. Comme si la vérificatrice n'avait fait que cela...

Depuis le dépôt de son rapport de novembre 2003 - reporté au 10 février 2004 parce que le Parlement ne siégeait pendant la passation des pouvoirs entre Jean Chrétien et Paul Martin - Sheila Fraser a remis quatre autres rapports au Parlement. Et outre les trois chapitres sur les commandites, la publicité et les sondages, scrutés à la loupe par le Comité des comptes publics et la Commission d'enquête, la Vérificatrice générale a produit 33 autres chapitres. Depuis l'élection de juin 2004, la vérificatrice a aussi publié deux autres rapports et 14 chapitres faisant le point sur des observations précédentes qu'elle avait soumises au Parlement.

Sheila Fraser n'est pas une fonctionnaire comme les autres. On dit d'elle qu'elle est un "officier du Parlement" : elle est nommée par lui et est exclusivement à son service. Il n'y a pas de bon vérificateur général sans bon Parlement. Ce sont les élus, en particulier ceux qui siègent au Comité des comptes publics, qui bonifient son travail. Ils ont la responsabilité de le faire connaître du grand public et de convoquer ministres et hauts fonctionnaires pour répondre des faiblesses de leur gestion.

L'an dernier, avant le déclenchement de la campagne électorale, les membres de ce Comité se sont ridiculisés par leur tentative de lancer une chasse aux sorcières sans avoir ni l'intelligence ni les ressources de la vérificatrice. Les séances du Comité étaient tellement inutiles qu'un jour, Sheila Fraser elle-même envoya paître les députés. "Je suis accompagnée d'une dizaine de personnes payées en moyenne 100 $ l'heure", dit-elle au président du Comité, excédée de voir que ses membres étaient plus intéressés à se chicaner entre eux qu'à l'entendre.

Cette année, le même Comité des comptes publics s'est encore lancé dans une opération politique avec un ancien adjoint de Jean Chrétien, Warren Kinsella, dont les propos n'avaient rien à voir avec le Programme de commandites ou les campagnes de publicité, mais qui voulait seulement régler de vieux comptes avec les proches de Paul Martin.

Un survol des travaux de la vérificatrice générale depuis deux ans montre à quel point les élus sont passés à côté du bateau en voulant couler une petite chaloupe. Par exemple, on n'a guère débattu, au Parlement, de la protection du patrimoine culturel du Canada - le sujet préféré de Sheila Fraser. Elle est revenue quatre fois sur la gestion des programmes destinés aux autochtones : en avez-vous souvent entendu parler aux Communes ?

Depuis le 11 septembre 2001, les questions de sécurité préoccupent beaucoup le gouvernement - et nous coûtent très cher. Ce sont des questions que Sheila Fraser a fouillées en examinant les pratiques de l'agence des douanes, la lutte au blanchiment d'argent, la politique antiterroriste, la sûreté du transport aérien et la surveillance du réseau national d'aéroports, l'émission des passeports. Il y eut bien quelques manchettes, dues à la conférence de presse de Sheila Fraser elle-même, mais pas de suivi au Parlement.

Bientôt, les candidats aux élections générales débattront de la qualité - ou de la pauvreté - des services de santé au Canada. Lorsqu'ils siégeaient à la Chambre des communes, ces mêmes candidats se sont-ils intéressés à la réglementation des matériels médicaux et la gestion des programmes de prestations pharmaceutiques ? Que nenni ! Pourtant, la vérificatrice a étudié cela aussi l'an dernier.

Enfin, mon sujet favori : le scandale des Fondations de toutes sortes à qui l'on confie des milliards de dollars et qui ne rendent aucun compte sur la façon dont elles les administrent. Ce sont des milliards $ qui échappent ainsi au contrôle des députés. Sans que ceux-ci s'en soucient davantage évidemment...

Le scandale des commandites amuse beaucoup la galerie. Mais il se passe des choses bien plus graves au gouvernement fédéral, qui sont décrites en détail dans les rapports de la vérificatrice générale. Qui les lit ? Et qui lira le rapport de John Howard Gomery, une fois l'élection passée ?

Mvastel@lesoleil.Com





Postes Canada

André Ouellet a perdu la trace de certaines dépenses

Presse Canadienne
mardi 17 mai 2005

L'ancien président de Postes Canada André Ouellet admet qu'il ne peut justifier, à l'aide de reçus, certaines réclamations faites à son compte de dépenses.

M. Ouellet a déclaré à une commission parlementaire qu'il a la documentation nécessaire pour justifier environ 85% des dépenses qu'il a faites pendant huit ans à la Société canadienne des postes. On estime qu'il aurait dépensé 1,2 million $ au total, ce qui laisserait un montant de 180 000 $ qui ne peut être justifié au moyen de reçus.

M. Ouellet n'a pas voulu avancer de chiffres précis au cours de son témoignage. La séance a d'ailleurs été plutôt tumultueuse, alors que le député conservateur Brian Pallister s'est emporté en constatant le comportement de l'ancien président de Postes Canada.

«Jusqu'à ce que vous fassiez la preuve que vos réclamations sont légitimes, à mes yeux vous n'êtes qu'un voleur», a déclaré M. Pallister.

Des membres libéraux de la commission ont rappelé leur confrère à l'ordre, mais M. Pallister a refusé de se rétracter et de s'excuser.

M. Ouellet a invité M. Pallister à répéter ses propos à l'extérieur de la salle, où il ne serait plus protégé par le privilège parlementaire.

«Je vous poursuivrais immédiatement pour diffamation», a déclaré l'ancien ministre de cabinet libéral.

Les dépenses personnelles de M. Ouellet alors qu'il était à la tête de Postes Canada suscitent la controverse depuis qu'une vérification financière faite par la firme Deloitte Touche a révélé l'absence de preuves permettant de justifier les montants qu'il a réclamés sur son compte de dépenses. On avait alors évalué le montant de ses dépenses à 2 millions $.

Il s'agirait là de l'équivalent de 1000 $ pour chaque journée qu'a passé M. Ouellet à Postes Canada, de 1996 à 2003, a souligné le député néo-démocrate Pat Martin.

«C'est un niveau d'excès tout simplement décadent, digne d'une orgie romaine», a lancé M. Martin.

M. Ouellet a maintenu que les chiffres avancés par Deloitte Touche étaient «exagérés», expliquant que ceux-ci comprenaient des dépenses facturées à son bureau, mais effectuées par d'autres individus.

Pressé de questions par le député du Bloc québécois Marcel Gagnon, M. Ouellet a indiqué que le chiffre de 150 000 $ par année était plus près de la réalité. Ce qui donnerait un total de 1,2 million $ sur une période de huit ans.

M. Ouellet a remis sa démission à la Société canadienne des postes à la suite de la publication du rapport de la firme Deloitte Touche, l'an dernier.

Revenu Canada fait également enquête dans cette affaire. M. Ouellet a déclaré à la commission qu'il collaborait de plein gré, mais que les détails de ses négociations avec le fisc canadien devaient demeurer confidentielles.

M. Ouellet, qui a fait partie des cabinets des premiers ministres Pierre Trudeau et Jean Chrétien, est devenu président de Postes Canada lorsqu'il a quitté la politique en 1996.

La vérificatrice générale Sheila Fraser a critiqué la Société des postes parce qu'elle a pris part à deux initiatives — un concours de timbre et une télésérie sur la vie de Maurice Richard — qui ont permis à des agences de publicité, complices du Parti libéral, d'empocher des commissions généreuses.




Quebec gives Canada deja vu

Rob Mckenzie, Special to the Sentinel
Orlando Sentinel (Florida) May 16, 2005 Monday

STOUFFVILLE, Ontario -- It's all about the separatism.

Canadians will almost certainly soon be voting in another federal election, the second in only a year, and as in so much of Canadian public life, the subtext is separatism, rather as race is so often the subtext in American public life.

On Oct. 30, 1995, Quebec's government held a referendum on separating from Canada, and the national-unity side won by only 50.56 percent to 49.44 percent. This narrow and harrowing victory provoked a crisis of conscience among federalist politicians over their poor handling of the referendum campaign. And so the Liberal government decided that now that the referendum was safely over, it would begin the battle to save Canada in earnest.

The Liberals under Prime Minister Jean Chretien set up a $250 million sponsorship fund to promote federalism. It was not money well spent:

The government paid Groupaction, a Montreal ad agency, $615,000 to study whether the sponsorship program was getting its money's worth. Groupaction filed a 20-page report that listed projects desiring public money.

A Montreal ad exec billed the program $1,300 for a fishing rod that he brought on a trip in case one of his guests forgot their rod.

Worst of all, recent testimony suggests the overpaid ad agencies funneled some of this money back into the coffers of the Liberal Party.

The Watergate break-in occurred in June of 1972. It did not unseat Richard Nixon until August of 1974. Canada's sponsorship scandal was even slower to bubble to the surface. And just as Watergate was blown open by a public inquiry, so was this scandal -- by a judicial inquiry that Paul Martin, the current Liberal prime minister, probably wishes he had never summoned into being -- on Feb. 10, 2004, shortly after the federal auditor-general said $100 million of the sponsorship spending could not be properly accounted for.

The inquiry that Martin called, the Gomery inquiry, has dominated Canadian headlines for weeks now. It is taking on the quality of a soap opera, and its allegations of corruption have given the parliamentary opposition a strong incentive to topple the government.

And how's this for irony: The separatists will supply many of the votes needed for that toppling. The sponsorship program, rather than marginalizing them, has made them the good guys of Quebec politics.

The separatist Bloc Quebecois holds 54 seats in the federal Commons. The Conservative party holds 99. Together these traditional adversaries have enough votes for a majority, and they will use it at the first opportunity to force an election. Indeed, last Tuesday they did win a parliamentary vote, 153-150, but the desperate Liberals insisted the vote was not a confidence measure, was merely a matter of procedure, and so kept governing. When the election comes, the Bloc is positioned to win nearly all of Quebec's 75 seats, to the detriment of the Liberals. The Conservatives will win the West again. And -- this is a growing source of resentment in much of the country -- Ontario's 106 seats will be the pivot on which power turns.

Here again, separatism is the unseen hand moving events. For until the separatists first came to power in 1976, Montreal was the first city of Canada. Montreal was the one to hold a world exposition in 1967, was the one to land a professional baseball team that same year, was the one to host the Summer Olympics in 1976. Toronto was the lesser power. But when the separatists took over, thousands upon thousands of Quebec anglophones moved to Toronto, and the separatists' hard-line language laws made Quebec less attractive to immigrants. Now Toronto has a baseball team and Montreal hasn't. Toronto has an NBA team, too, and is a frequent if unsuccessful bidder for Olympic Games.

It is this population shift in part that has given Ontario such a singular share of the seats in the Commons.

So, in sum: A controversy over federal spending to combat separatism has led to a scandal that separaratist politicians in the federal legislature will employ to force an election that may well be determined by the votes of people who fled separatism.




De la commission Gomery aux écuries d'Augias

Jean-Marc Léger, Journaliste
Le Devoir jeudi 19 mai 2005

Libre opinion: Les audiences de la fameuse commission Gomery ont visiblement fait moins recette dans la dernière quinzaine qu'au cours des mois précédents. Elle ont en effet dû subir une rude concurrence de la part de la Chambre des communes. C'est là en effet que se déroulait le spectacle haut en couleur cependant que M. Gomery n'avait à présenter que des témoins certes importants mais fort sages et plutôt ternes si on les compare à ceux des semaines précédentes.

Il faut bien convenir en effet que, règle générale, c'est moins un louable souci d'information et d'éducation qui anime la majorité des auditeurs et des spectateurs assidus des audiences de la commission qu'un certain voyeurisme et la satisfaction de voir confondus publiquement des hommes politiques (ou plutôt, en l'occurrence, des politiciens), des membres ou d'anciens membres de cabinets ministériels et des dirigeants ou des cadres supérieurs d'agences de communication. Toutes les conditions étaient réunies pour que ce spectacle d'un genre inédit fasse concurrence aux Bougon.

Comment ne pas penser aux célèbres écuries d'Augias ? Hercule lui-même aurait été stupéfait, atterré, voire effrayé devant l'étendue de la gangrène et l'ampleur des dépôts d'immondices que révèlent les témoignages recueillis par la commission. Voilà qui fait pâlir les écuries d'Augias, qu'il s'était fait fort de nettoyer en y faisant passer l'Alphée.

Aujourd'hui, le Saint-Laurent entier et tous ses affluents ne sauraient suffire à épurer le cloaque du système fédéral de ce qu'il a accumulé de déchets au cours des 10 à 15 dernières années. On pourrait résumer le phénomène d'un mot en empruntant le titre d'un célèbre ouvrage de Cioran : Précis de décomposition.

Toutes les vilenies

Les révélations entendues tout au long des derniers mois par la commission ont notamment fait ressortir à la fois l'acuité et la bassesse de la haine antisouverainiste dans le camp fédéral, notamment chez les fédéralistes francophones, prêts à toutes les vilenies pour faire échec à ce grand dessein.

Curieuse faune, décidément, que ces francophones d'Ottawa. Plusieurs des témoignages entendus par la commission ont pleinement justifié le propos lapidaire et laconique de Jacques Parizeau au soir du deuxième référendum, le 30 octobre 1995, dont il est maintenant acquis que, derrière une apparente et très mince défaite (49,6 % contre 50,4 %), il a en vérité été gagné.

En effet, les manipulations et les manoeuvres de toute sorte des fédéraux (ainsi que les procédures accélérées de naturalisation de milliers d'immigrants) et les multiples initiatives de conditionnement des dirigeants et chefs de file des communautés et associations d'immigrants ont lourdement pesé sur les résultats.

De multiples signes indiquent heureusement que la situation est en voie de changer rapidement. Les tentatives d'intimidation ont fait leur temps. Voilà qui autorise un véritable optimisme, non seulement d'ailleurs quant au déroulement des futures consultations populaires mais quant à la mesure d'intégration en profondeur de ces Québécois d'origines diverses à leur nouvelle patrie québécoise et, dès lors, à la nation franco-québécoise.




De Jean Brault au vote de confiance, quelques rappels

PC
vendredi 20 mai 2005

Ottawa -- Il y a deux mois, personne n'aurait cru à la possibilité d'élections hâtives ce printemps. Alors, que s'est-il vraiment passé pour que le gouvernement minoritaire de Paul Martin en soit à un vote près d'être renversé par des conservateurs désirant plus que jamais se retrouver en campagne électorale? Pour comprendre, il faut remonter à la fin du mois de mars.

- 30 mars : l'ancien patron de Groupaction, Jean Brault, commence son témoignage frappé d'un interdit de publication à la Commission d'enquête sur les commandites. Les révélations qu'il fait sont explosives et démontrent un financement occulte du Parti libéral du Canada. Pendant une semaine, le secret entourant le témoignage attise la rumeur et la curiosité, créant une attente.

- 7 avril : l'interdit de publication sur le témoignage de M. Brault est levé. Les médias rapportent les révélations, qui indignent la population. Les libéraux dégringolent dans les sondages, les conservateurs voient une occasion de leur ravir le pouvoir.

- 18 avril : le gouvernement décide de retirer les journées d'opposition afin d'éviter que les conservateurs les utilisent pour présenter des motions de censure afin de les renverser. Les conservateurs répliquent que, désormais, ce sera la guerre ouverte pour faire tomber le gouvernement.

- 21 avril : le premier ministre Paul Martin s'adresse à la nation sur les ondes des télévisions et fait un plaidoyer pour la survie de son gouvernement. Il promet des élections 30 jours après le dépôt du rapport du juge John Gomery, soit en janvier ou février 2006. Les conservateurs et le Bloc québécois répliquent que le gouvernement n'a plus la légitimité nécessaire pour gouverner.

- 26 avril : le gouvernement libéral consent à retirer les réductions d'impôt aux grandes entreprises et à ajouter des dépenses sociales de 4,6 milliards à son budget afin d'acquérir l'appui des 19 néo-démocrates aux Communes. Les votes des trois députés indépendants deviennent cruciaux.

- 27 avril : le chef conservateur, Stephen Harper, promet lors d'un discours de renverser le gouvernement.

- 2 mai : après une semaine de relâche, les conservateurs mettent en branle une série de tactiques parlementaires pour créer des occasions de renverser le gouvernement. Les libéraux tentent de saper toutes leurs tentatives.

- 9 mai : les conservateurs prennent les libéraux par surprise et arrivent à présenter une motion de défiance qui sera mise aux voix le lendemain.

- 10 mai : l'opposition retire sa confiance dans le gouvernement minoritaire de Paul Martin, dont le sort semble de plus en plus précaire (153 voix contre 150). Le gouvernement indique que ce vote n'est qu'un vote de procédure et n'est en rien un vote sur la confiance envers le gouvernement.

- 11 mai : le premier ministre Martin annonce qu'il s'engage à tenir un vote sur les mesures budgétaires le 19 mai.

- 12 mai : dans l'espoir de convaincre le député indépendant David Kilgour de se rallier aux libéraux, le premier ministre Martin bonifie l'aide du Canada au Darfour de 170 millions de dollars. M. Kilgour estime que c'est insuffisant.

- 17 mai : dans la stupéfaction générale, la conservatrice Belinda Stronach annonce, aux côtés du premier ministre Martin, qu'elle renie son parti et devient libérale. En échange, elle devient ministre des Ressources humaines. Le gouvernement n'a plus qu'à convaincre un indépendant pour assurer sa survie.