Mourrons-nous avant d’avoir existé ?

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 3 juin 2005

Le beau temps revenu,
en plus de leur nombril percé et leurs talons aiguilles,
les femmes, comme les marchands de glaces,
ressortent leurs grosses boules.

Le beau temps revenu,
les hommes ressortent leur bedaine de bière et de McDo,
les tatouages plein la peau écarlate de soleil.

Les chars font entendre le bruit de leur puissant moteur
et de leur musique américaine.

Les gens, le téléphone vissé à l’oreille
déambulent, somnambules.
Chacun son style.

Les laisser-aller, les laissés-pour-compte
et les cartes de mode qui se mirent
dans les vitrines des magasins de mode.
Les gens défilent, sur leur fil.
Chacun son chemin.

Aux terrasses, les yeux suivent ceux qui passent
et qui les regardent.

Montréal renaît de son hiver glacial.
C’est la belle saison dans la belle province.

Les gens crient, les gens rient, les oiseaux chantent.

Pourquoi je veux partir ?
Partir, c’est mourir un peu.
Je veux mourir un peu.
Ici, je meurs trop.

Ici, je me bats tous les jours pour mon pays.
Je ne suis pas fatiguée. Je suis pressée.
Combien sommes-nous à ressentir cette urgence ?
Combien à se soucier de l’avenir du Québec qui se joue aujourd’hui ?
Aujourd’hui, c’est déjà demain.

Je vois les gens, de plus en plus nombreux,
de plus en plus épars.
Chacun son chemin. Chacun pour soi.
Tout s’achète. Tout se jette.

J’entends les gens.
Ils ne parlent pas ma langue.
Je me bats pour qui ? Je me bats pourquoi ?
Qui se soucie d’avoir un pays ?
Qui en ressent l’urgence ?

J’ai peur.
Mourrons-nous avant d’avoir existé ?




Aux partisans de l'indépendance

Andrée Ferretti
TRIBUNE LIBRE 5 juin 2005

J'espère que vous avez bien dormi, malgré le bouleversement causé par la sortie de Bernard Landry.

Moi, oui, rassurée complètement par les images du téléjournal qui montraient des miltants en pleurs, des jeunes et des anciens, des femmes et des hommes et aussi des députés. Quand un Parti attire des personnes aussi engagées, vivant, par intérêt national, comme des secousses personnelles les problèmes de leur Parti, on pense spontanément que ce Parti est fort et qu'il surmontera facilement les effets négatifs de la crise, qu'il en sortira nécessairement renouvelé pour le meilleur.

Bien sûr, l'énergie que les militants devront déployer dans la préparation d'un Congrès au leadership et les divisions momentanées qu'elle créera ne sera pas directement consacrée à l'organisation des prochaines élections, mais qui sait, si les débats que cette course suscitera ne seront pas très favorables à la promotion de l'indépendance. Ne serait-ce que parce qu'on en parlera enfin tous les jours sur la place publique, puisqu'elle en sera le véritable, sinon l'unique enjeu.

Et qui sait? Peut-être qu'une nouvelle personnalité, sortie d'en dehors de ses rangs, dynamisera autrement le Parti, moins enferrée dans ses rouages, moins portée à confondre indépendance et Parti québécois.

En ce sens, j'espère que Gilles Duceppe résistera assez longtemps aux pressions exercées sur lui pour qu'il prenne la direction du Parti, afin de laisser à d'autres l'occasion de percer et permettre le nécessaire débat. Il sera toujours temps pour lui de se présenter, si la situation l'exige.

Faut-il le rappeler, l'indépendance est l'affaire du peuple tout entier et non d'un chef.

En toute solidarité,
Andrée Ferretti




Ces mots, je les pèse

Nic Payne, Montréal
TRIBUNE LIBRE 5 juin 2005

Éloquence. Franchise. Conviction. Don de soi. Ces mots, et je les pèse, vont plutôt bien au politicien Bernard Landry. À cette époque où l'on remet en question le calibre de nos hommes et femmes politiques, peut-être devrions-nous aussi nous interroger sur notre capacité à les reconnaître quand ils sont bons.




Le souverain NON de la France et des Pays-Bas

Dave Anctil
Candidat au doctorat à l’Université de Montréal et Sorbonne (Paris-1)
Benoît Dubreuil
Candidat au doctorat à l’Université libre de Bruxelles
TRIBUNE LIBRE 5 juin 2005

29 mai 2005. Observateurs québécois bien au fait du «moment historique», nous étions tous les deux à Paris pour assister au référendum sur le traité constitutionnel européen. Ayant beaucoup discuté, les semaines précédentes, avec nos amis Français qui vivaient le «grand débat» de l’heure, nous les avions trouvés déçus par la polarisation médiatique en faveur du OUI, et ce, même si leur refus ne correspondait en rien aux risibles caricatures des contradicteurs fabriquées par les partisans du projet. Ni gauchistes bornés, ni nationalistes chauvins, ni protectionnistes dogmatiques, ni citoyens insensibles à la construction d’une solidarité européenne… nous n’avons vu que des femmes et des hommes décidés à voter NON parce que ce traité ne correspondait tout simplement pas à leur vision d’une France européenne.

La tactique employée par les médias et les politiques français et européens n’a donc pas réussi. Si la culpabilisation générale n’a pas porté sur le choix des électeurs, elle aura sûrement contribué à les déterminer dans cette opposition «massive et franche». Un collègue universitaire nous disait la veille qu’il croyait initialement voter NON avec des doutes et des regrets. Mais, contrarié par les entreprises ridicules de stigmatisation, dans ce contexte où les enjeux avaient aussi clairement été manipulés, il voterait désormais NON avec détermination.

Si le résultat révèle, selon Thomas Ferenczi, le «désenchantement général» au sujet de l’Union européenne (Le Monde, 31 mai 2005), le refus de 67% des électeurs de la gauche, du quart de ceux de la droite parlementaire ainsi que la quasi-totalité des nationalistes et des souverainistes ne peut plus être réduit à un jeu de confusions ou une réaction basée sur la peur. L’analyse doit aussi révéler l’engagement exemplaire des citoyens qui ont décidé souverainement de rejeter un projet qui ne les rassemblait pas.

Le chômage, la Turquie, l’élitisme déconnecté de la classe politique europhile expliquent en partie la souveraine décision des peuples français et néerlandais : ces facteurs illustrent le déficit de légitimité de l’UE, son incapacité à rejoindre les peuples européens. Mais la réponse politique référendaire semble aussi révéler le mépris des énarques pour la nécessaire sanction démocratique d’une Europe volontairement réitérée par ses acteurs inéluctables : les peuples souverains. Car si les rédacteurs du traité souhaitaient sincèrement rapprocher l'Europe des citoyens, ils doivent maintenant comprendre que la seule manière de le faire est de rapprocher l'Europe des Nations. L'Europe reprendra ainsi la voie qu'elle n'aurait jamais dû quitter, celle de l'intergouvernementalité.

Le «pays réel» contre «pays légal» ?

Nous avons d’abord participé à la soirée référendaire du Parti socialiste avec qui nous pensions partager une certaine parenté idéologique. La chic permanence parisienne, solidement gardée derrière ses grillages, était bondée de «journalistes objectifs» portant fièrement l’étiquette du OUI ( !) et baignait dans une déception encouragée par un mépris général pour la décision référendaire. Puis, quittant l’endroit pour la salle grande ouverte, festive et nettement plus populaire des souverainistes de droite, nous nous sommes vite aperçu que les rares journalistes qui s’y trouvaient laissaient toute la place à une foule enthousiaste, jeune, arborant fièrement le tricolore en attendant le discours de leur chef, Philippe de Villiers, président du MPF (Mouvement pour la France). Celui-ci ne se fit pas attendre, et le champagne fut sablé à la suite d’un engagement général et solennel enjoignant ses militants à rester unis et déterminés devant les difficultés qui ne manqueraient pas de suivre le vote.

Le résultat du référendum est clair. La classe moyenne et les plus démunis, le «pays réel» des gens ordinaires, se sont servis du seul pouvoir décisionnel qui leur restait en refusant le consensus artificiel construit en faveur de l’élargissement puis de la consolidation des prérogatives de Bruxelles. Le balayage est presque complet à l’extérieur de l’Ile-de-France, 84 départements sur 100 ayant voté NON…

Faute d’avoir pratiqué une réelle politique de coopération constitutionnelle européenne, en refusant de donner aux citoyens les moyens démocratiques pour construire une intégration à leur image, bref, en ayant porté du haut vers le bas ce qui devait s’élever légitimement en sens contraire, la défaite des europhiles français et néerlandais nous semble plutôt incarner une victoire des nations démocratiques. Les peuples européens vont-ils récupérer politiquement l’intégration européenne des mains de la technocratie et des financiers ? Tel est, nous semble-t-il, l’enjeu véritable pour l’avenir politique de l’UE.




LES PÉQUISTES NE FONT PAS DE CADEAU

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 7 juin 2005

Les derniers sondages indiquent que 16% des personnes interrogées
voient en Jean Charest le meilleur défenseur du Québec
contre 39 % pour Bernard Landry.
Landry reçoit 45% de la faveur populaire.
L’insatisfaction, chez les francophones, à l’égard de Charest atteint 81%.
Charest remporte la palme du pire
chef de gouvernement de l’histoire du Québec
et c’est Bernard Landry qui ne parvient pas à obtenir,
avec 76,2 % d’appuis,
la confiance de ses délégués.
En toute logique, Charest devrait se faire montrer la porte.
C’est Landry qui la prend.

Charest sera vraisemblablement le dernier émissaire fédéral au Québec.
Landry aurait dû être le premier Président de la République du Québec.
Au PQ, tout est toujours trop beau pour être vrai.


Si la vie ne fait pas de cadeau,
les péquistes s’en gardent bien eux aussi.

Il est triste le PQ ce dimanche
avec ou sans Landry…




LA SERVITUDE

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 6 juin 2005

Comment peut-on parler de durcissement à l’endroit
des immigrants quand il s’agit d’une exigence toute légitime
que celle de fonctionner en français au Québec ?

Où est le drame ?

Nous n’avons pas à financer l’anglicisation des immigrants.
Notre responsabilité est de les franciser et
de les intégrer à la majorité francophone
dans leur intérêt et dans le nôtre.

S’il nous est impossible d’obliger les étrangers à adopter notre langue,
comment pouvons-nous aspirer à devenir un pays ?

De quoi avons-nous peur ?

Nous sommes dans un Québec francophone.
La question de langue ne devrait pas faire l’objet d’une controverse
mais bien d’un consensus.
Aurais-je la liberté d’étudier et de me soigner en français en Chine ?
Allons-nous réussir à nous débarrasser de cette mentalité de colonisés
qui nous colle à la peau.

Difficile pour un troupeau de moutons
même si on le conduit tout droit à l’abattoir.

Avec le déficit démographique,
l’anglicisation des immigrants et des francophones,
le moins que l’on puisse dire
c’est que c’est mal parti pour le pays.




L’Effet Corruption : Un nouveau malaise s’installe au Québec

François Therrien
TRIBUNE LIBRE 6 juin 2005

La corruption de ceux qui sont promus au niveau d’élites provinciales n’est pas accidentelle, comme la commission Gomery semble le laisser entendre; elle est l’essence du combat d’Ottawa contre ce que la capitale appelle les « séparatisss ».

Un des effets pervers du scandale des commandites et de la commission Gomery pourrait bien être celui de transmettre ce message qu’à Ottawa, si vous voulez partir en guerre contre le Québec (les « séparatisss », comme aiment les appeler les médias, sont « aussi » des Québécois, impossible en tout cas de les considérer comme « une petite clique »…), vous courrez la chance d’obtenir plutôt facilement un solide financement puisqu’il s’agit, depuis la conquête et même avant, d’une noble cause. À Ottawa, il se trouvera toujours quelqu’un qui saura vous apprécier à votre juste valeur.

Cette situation risque de durer tant que le Québec constituera une menace à l’unité canadienne et un refus de la constitution de 1982. Tant que le Québec sera assez fort pour accéder à la souveraineté d’un état nation par voie démocratique (question de démographie…) cette offre de financement de la trahison des intérêts de ce qu’Ottawa se plait à appeler la province du Québec risque de valoir.

Plus les choses vont et plus j’en viens à me demander si la majeure partie de ce qui a accès à la publicité et aux médias de masse du Québec ne travaille pas contre les intérêts de ce qu’Ottawa appelle la province du Québec, n’y a pas accès précisément pour cette raison indispensable, pour ce talent-là.

La corruption cessant, l’accession du Québec au concert des nations ne serait plus qu’une formalité...




Voir le vrai visage du PQ

Marie-Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 6 juin 2005

Enfin, nous verrons le vrai visage du PQ qui s'est maquillé à mon avis au fil des ans, ce qu'il fera de l'article 1 et autres articles plutôt embarrassants pour certains nouis et autres opportunistes, à moins que d'autres oligarques et des pires encore prennent la relève. Ce parti est complètement déconnecté de la réalité québécoise.

Ce 76,2% n'a pas suffi à M. Landry? Voulait-il se faire plébisciter pour ensuite nous river le clou avec sa re-confédération et son union à l'européenne qui est en situation d'échec dans le moment? Le PQ serait-il devenu un parti dictatorial dont les piliers s'effondrent et pleurent devant le départ de leur chef?

Si j'étais immigrante, je vous assure que je craindrais un parti dont les membres sont aussi émotifs. C'est gênant. Vite un psy. Il doit bien s'en trouver un à l'Université du Plateau. La politique n'est pas une affaire de premiers de classe doués, ni d'enfants de choeur immatures, mais bien l'affaire d'adultes qui contrôlent leurs émotions.

Une course à la «chefferie» n'aura que du bon. Que les vrais chefs se lèvent et nous disent ce qu'ils pensent du Pays à faire.

Nous les avons à l'oeil et nous verrons... Et surtout que le PQ n'essaie plus de nous manipuler. Nous en avons assez vu depuis des années. Cela suffit.




Concitoyen, je vous regrette déjà...

Jean-Luc Gouin
TRIBUNE LIBRE 6 juin 2005

« Le fondement de l’État est la force de la raison
qui devient effective en tant que volonté. »
GWF Hegel, Principes de la philosophie du droit, § 258, add.

M. Bernard Landry,
Militant de l'Indépendance

Concitoyen, je vous regrette déjà...

Je ne composais pas toujours aisément avec la « velléité » que je percevais chez vous, depuis quelques années, en regard au projet d'Indépendance du Québec. À telle enseigne qu'il me venait à l'esprit, à l'occasion, à titre d'«explication», que vous aviez peut-être en main des informations - «bridantes» - non connues du plus grand nombre...

Car enfin, comme tout un chacun je connais bien vos convictions : profondes, sincères, inspirées, étayées, intègres, volontaires et «libérantes».

Ce qui me désole par-dessus tout cependant, aujourd'hui, M. Landry, et cela dit sans intention de condescendance vis-à-vis de quiconque, c'est que je ne vois nul citoyen actuellement, dans la Matrie québécoise, capable de reprendre les rênes de l'État instruit de ce dosage tout en équilibre qui vous définissait - lequel se voyait en votre personne incarné dans l'imbrication harmonieuse et vivifiante d'un authentique sens de l'État, d'un amour indéfectible du Québec, de solides convictions intimes, d'une puissante énergie et, ultimement, d'une haute compétence proprement politique.

Aussi, monsieur, un fils de la terre des Gaston Miron, des Félix Leclerc et des Jacques Ferron vous exhorte humblement, candidement même, à vous tenir en quelque sorte «en réserve de la République». De manière, celle qu'il vous agréera, à ce que le Québec tout entier puisse être autorisé à continuer à se ravitailler à vos lumières.

M. Landry, la nation québécoise n'a pas les moyens de se priver de citoyens de votre qualité.

Reconnaissance à vous, monsieur ! Reconnaissance à votre labeur investi sans relâche depuis plus de trente-cinq ans dans le progrès et la Libération du peuple auquel j'appartiens.

Mes hommages à votre charmante compagne s'entrelacent aux salutations respectueuses que je vous transmets dans un esprit de fière et cordiale fraternité.




Lettre ouverte à Monsieur Gilles Duceppe

Robert Bertrand, rédacteur, Québec un Pays
TRIBUNE LIBRE 7 juin 2005


Lettre ouverte adressée à Monsieur Gilles Duceppe,
Chef du Bloc Québécois, Ottawa.

Monsieur Gilles Duceppe,

Nous vous voyons, depuis plusieurs années, gravir les étapes de la reconnaissance populaire tant au Pays du Québec que dans le Pays du Canada.

Seulement pour cela, je vous dirais de poursuivre votre travail de "vendeur" du Pays du Québec dans le reste de leur Canada.

Les politiciens véreux LIBÉRAUX n'ont jamais voulu communiquer la réalité québécoise auprès des populations des divers autres États de ce Canada. Vous êtes, ipso facto, le premier ambassadeur du Québec dans un Pays étranger. À tous les jours de session parlementaire, vous avez l'occasion de parler du Québec, des Québécois et des Québécoises.

Vous le faites déjà très bien. Pouvez-vous faire mieux ? On le peut toujours. À vous d'innover, dans ce contexte puisque votre voix porte fruits. On consent, chez les populations de leur Canada à vous écouter, à vous entendre, à vous respecter.

En conséquence, je nous souhaite, pour l'évolution vers le projet de Pays tel que formulé lors du dernier Congrès du Parti Québécois de vous approprier ce texte et d'être le promoteur du Pays qui est véritablement le nôtre.

Avec respect et autorité, vous pouvez faire ce travail avec tous vos collaborateurs et collaboratrices qui sont à vos côtés.

Jean Lapierre n'est l'homme à écouter. Vous le connaissez bien. Il a su profiter, depuis combien d'années de toutes les "capsules" des commandites qui lui sont parvenues tant à la radio qu'à la télévision. Il sait manipuler, il sait jouer avec les mots. Les tricheries, les mensonges, les commandites lui ont donné une certaine écoute auprès de son chef, Paul Martin, le bailleur de fonds.

Nous vous voyons travailler à Ottawa et nous savons l'importance de ce travail qui doit être fait à Ottawa et dans leur Canada que nous respectons pour eux-mêmes. C'est un Pays dont les citoyens et citoyennes de ce Canada doivent être fiers. Vous êtes capables de leur dire et de leur faire comprendre.

En ce faisant, vous ne manquerez pas de donner toute la fierté voulu à tous nos concitoyens et concitoyennes du Pays du Québec.

De part et d'autre nous devons être fiers de ce que nous sommes. Vous êtes un élément dynamique au niveau de cette compréhension mutuelle des membres des deux PEUPLES, des deux NATIONS, des deux PAYS.

Votre rôle est précieux.

Les Québécois et les Québécoises vous rendent bien l'appréciation qu'ils ont pour le travail que vous avez déjà accompli. Il reste du travail à faire et nous croyons, sincèrement, que votre cheminement fait avancer les choses au niveau de la saine compréhension de nos deux réalités.

Ce n'est pas parce que l'on parle une langue qu'on accepte un Pays. Les Québécois et les Québécoises sont de culture, de vie et de réalité française. Les Canadians sont de culture, de vie et de réalité anglaise. Les uns et les autres se reconnaissent pour ce qu'ils sont : des Pays vivant côte à côte.

Il faut pouvoir le faire comprendre à chacun et chacune et nous avons besoin de cette personne synthèse qui fera le travail voulu.

Monsieur Gilles Duceppe, vous faites ce bon travail et nous vous en remercions pour ce qui a été fait et pour tout ce que vous allez entreprendre.

La décision vous appartient.

Je me permets de vous en faire part telle que je le perçois comme citoyen engagé pour le Pays du Québec.

Je veux le Pays du Québec depuis 1958. Je sais qu'il faut faire un travail pédagogique, de compréhension mutuelle parce que, finalement, nous sommes appelés les uns et les autres de Pays différents, vivants côte à côte, de devoir vivre éternellement là où nous sommes, sur ce sous-continent Nord-Américain qu'est effectivement le Continent Canadien.

Bien vôtre.




VACUUM ET PSYCHODRAME

JRM Sauvé, géographe, spécialisé en géopolitique, polémologie et stratégie d’État.
Auteur de Géopolitique et avenir du Québec.
TRIBUNE LIBRE 7 juin 2005

Rien n’est plus risqué, plus aléatoire et plus dangereux
que l’établissement d’un nouvel ordre de choses
Machiavel

Le départ précipité de Bernard Landry provoque des commentaires qui font tourner l’affaire en rond, au détriment de l’essentiel. Le contexte a radicalement changé au Québec, au Canada et dans toute l’Amérique du nord. Le temps des atermoiements est passé. Il faut maintenant prévoir ce qui est en train d’arriver.

En stratégie d’État, il existe un axiome peu connu: l’adversité est nécessaire aux peuples, aux Nations et aux États, tout comme elle est nécessaire au progrès de la vie en général. Ce qui veut dire que l’ennemi est nécessaire puisqu’il oblige les peuples à prendre conscience et à agir, à ce point que, si l’ennemi n’existait pas, il faudrait l’inventer. C’est ce que font les États-Unis lorsqu’ils s’inventent des ennemis en « isme » et provoquent des interventions qu’ils s’évertuent à justifier par la suite.

Inversement, l’absence d’adversité provoque l’inertie et l’entropie qui font tomber les empires par l’intérieur. Les ennemis s’amènent pour ramasser les dépouilles. L’implosion avait déjà fait son œuvre. Les hordes barbares n’envahissent que les empires en décadence. Le barbare est un primitif qui s’avance dans le vide des pouvoirs en train d’imploser. L’invasion qui détruit les empires commence par l’intérieur. Les interventions en provenance de l’extérieur surviennent ensuite.

Il est important pour nous d’en prendre conscience afin d’éviter ce qui est arrivé aux Irlandais et aux Finlandais au moment de leur indépendance nationale respective aux lendemains de la Première Guerre mondiale.

Dans les deux cas, l’arrivée soudaine et inattendue de l’indépendance, souhaitée et voulue depuis longtemps, survenue lorsque personne ou presque, ne s’y attendait, s’est soldée par d’atroces guerres civiles. Ces désordres sont venus du fait que l’indépendance inattendue a provoqué des peurs et des angoisses et de l’énervement chez des populations peu confiantes en leur capacité de se gouverner elles-mêmes. Il aura fallu presque un siècle à la Finlande et à l’Irlande pour se rétablir et mener une vie normale comme celle qui convient à un peuple doté de son propre État national et naturel. L’Irlande et la Finlande actuelles jouissent de niveaux de vie qui comptent parmi les plus élevés au monde, comme peuvent le faire des États de taille optimale.

Au Québec à partir d’octobre 1976, alors qu’il était évident que le Parti Québécois avait le vent dans les voiles, le Parti Québécois se trouva soudainement envahi par des convertis de la dernière heure qui ont provoqué des doutes et des désordres. Deux facteurs majeurs étaient en cause à ce moment : l’incapacité du Parti Libéral du Québec sous Robert Bourassa de s’imposer devant Ottawa, et la distribution des sièges dans la carte électorale. C’était au moment où je quittais l’armée et m’étais impliqué dans Taillon, comté de René Lévesque, qui comprenait la base militaire de Saint Hubert.

Aux élections précédentes, celles de 1973, le PLQ avait remporté 105 sièges avec seulement 41% des voix et le Parti Québécois seulement cinq sièges avec moins de 32% des voix. Des intellectuels, des statisticiens et des politicologues de tous poils avaient alors « prédit » qu’il faudrait que le Parti Québécois obtienne plus de 72% des votes pour n’obtenir que 20 ou 22 sièges à l’Assemblée Nationale. Les ennemis du Parti en faisaient des gorges chaudes. Compte tenu de la carte électorale, cependant, il était évident qu’avec une augmentation de 9% seulement du nombre de voix, le Parti Québécois pouvait récolter une majorité de sièges, la carte électorale étant une arme à deux tranchants.

Or, dès les débuts de novembre 1976, ce 9% de votes supplémentaires au Parti Québécois semblait bien acquis. D’après mes propres calculs, j’en étais arrivé à la conclusion que, advenant une élection générale, le Parti Québécois pourrait remporter au moins 68 sièges. Le 15 novembre suivant, le Parti Québécois a bel et bien reçu les 41% de votes attendus et remportait 71 sièges, au grand désarroi des ennemis du Québec.

Militant de la première heure, je n’étais pas le seul à avoir prévu cette victoire électorale. D’autres l’avaient prévue et il arriva ce qui devait arriver. Peu de temps avant l’élection, le Parti se trouva soudainement gratifié de nombreux nouveaux membres venus de je ne sais trop où, des gens agressifs, qui venaient dicter aux vieux militants leur ligne de conduite. Les barbares entraient dans le Parti. Il y eût des dissensions et des disputes. Il était évident que le Parti avait été noyauté par des agences et aussi des individus qui sentaient que le pouvoir allait soudainement changer de mains. Je me suis toujours méfié de ces « convertis » de la dernière heure et les événements qui ont suivi ont prouvé que je n’avais pas tort.

Un phénomène analogue et d’une bien plus grande ampleur est en train de se produire maintenant. Cette fois, c’est tout le Canada qui est menacé d’implosion. Le scandale des commandites n’en est pas une cause, seulement un incident déclencheur. D’autres événements moins spectaculaires se sont mis en place depuis longtemps.

Depuis au moins 40 ans, le gouvernement centralisateur, unitaire et arbitraire d’Ottawa ne représente plus au Canada anglais ce qu’il représentait. Les provinces ne sont plus des provinces que sur papier. Nous ne sommes plus en 1840, alors que l’Empire Britannique pouvait appuyer par la force les tentatives des Orangistes pour unifier l’espace continental canadien autour du chemin de fer. Le pouvoir est complètement dans ses communications et sans le chemin de fer, le gouvernement fédéral à Ottawa ne serait jamais venu au monde. Sans Ottawa, les provinces auraient continué de se développer comme l’ont fait les États scandinaves, d’une manière qui convient à des régions périphériques par rapport aux grands centres de gravité continentaux situés loin plus au sud, sans aucune poussée de la part d’un gouvernement centralisateur unitaire, peu nécessaire.

Malgré les efforts centralisateurs des Orangemen, les provinces se sont développées et ont pris de l’aplomb jusqu’à tendre vers une autonomie économique et politique de plus en plus grande. Ce n’est donc pas d’hier qu’elles ont commencé à se questionner sur la pertinence d’un État centralisateur et unitaire au Canada. Il ne s’agit pas d’idéologie mais d’intérêts, de rapports de forces et surtout d’effectivité, dont la nécessité dans les conditions actuelles de mieux concentrer l’effort et d’atteindre les objectifs avec une économie de moyens.

Si l’État naturel et optimal du Québec a surgi avant les autres, c’est parce qu’il a progressé à l’intérieur de conditions géographiques et humaines spécifiques expliquées dans Géopolitique et avenir du Québec (Guérin. 1994). Un État comporte cinq dimensions principales, soit : un territoire, une histoire (ou période formative), un savoir, (ou conscience et compétence collective), un pouvoir (d’agir avec envergure) et un vouloir, ou volonté collective d’agir d’un seul tenant pour le plus grand bien de tous et de chacun. Le Québec est déjà tout cela à la fois, sauf que sa détermination de se prendre en charge demeure faible. Habitués à se laisser dicter leur ligne de conduite, les Québécois n’ont pas le sens de l’État.

Dans l’échiquier des rapports de forces au Canada, le Parti Libéral du Canada demeure ce qu’il a toujours été : le brandon politique de l’Oligarchie de Bay Street, déterminée comme aux débuts d’inféoder les provinces à ses intérêts. Le Parti Libéral du Québec sert la même cause. Qu’il soit nécessaire de mettre cette oligarchie au pas et de la soumettre à la loi du bien général est maintenant compris par de plus en plus de monde, tant au Québec qu’au Canada anglais. Dans de telles conditions, les partis traditionnels n’ont plus d’avenir.

Le Parti Québécois se trouve donc placé dans des conditions plus que gagnantes, mais n’a pas la compétence nécessaire pour agir. Cette situation est dangereuse.

En quittant, Bernard Landry a pris la seule décision qui convienne. Il a senti le potentiel de chaos qui en train d’envahir le Parti Québécois. Le vide de pouvoirs qui vient de commencer peut se prolonger pendant plusieurs décennies. C’est ce que prouve l’expérience des autres, dont nous devons nous instruire.

C’est le temps de serrer les coudes. Le pouvoir et l’indépendance sont maintenant à portée de la main, dangereusement parce que nous ne sommes pas prêts à nous prendre en charge comme État. Les discours ne servent à rien. Le temps d’agir est arrivé. Que Bernard Landry soit lui-même en faute ou non n’a aucune importance.

Ottawa est appelée à tomber comme autrefois Kalmar, l’ancienne capitale de l’Union Scandinave. Ottawa tombera comme est tombée Bruxelles, capitale d’un pays qui n’existe à peu près plus. Aux lendemains de la Première Guerre mondiale, la chute de l’Empire Austro-hongrois a réduit la ville de Vienne à sa plus simple expression, celle d’une capitale d’État nation et non d’un empire. La chute récente de l’ex-Yougoslavie a réduit Belgrade au statut de capitale de la Serbie.

La chute de l’URSS a réduit l’empire soviétique, construit sur l’empire des Tsars, à la dimension d’un seul pays : La Russie et sa capitale nationale Moscou. La chute de l’Empire Britannique a réduit Londres au rang d’une capitale post-impériale. Avec la renaissance de l’Écosse, du Pays de Galles et de toute l’Irlande au statut d’États reconnus, Londres ne sera plus alors que la capitale de l’Angleterre. Et si le nord de l’Angleterre décide de se constituer en État, Londres ne deviendra qu’une capitale régionale, une Cité État, analogue par certains égards à d’autres Cités États, dont Singapour.

Le monde est en train de se transformer en milieux de plus en plus contrastés et différenciés. C’est la réalité qui oppose les lois naturelles aux efforts des multinationales pour inféoder toute la terre à leurs intérêts. Leur pouvoir sur le monde ne durera qu’un temps.

Ottawa, capitale post-impériale, artificielle, ne correspond à aucun centre de gravité naturel. La perte de son rôle de capitale du Canada ne peut que réduire cette ville au niveau d’un chef-lieu régional. Ses habitants doivent entreprendre dès maintenant de trouver de nouvelles activités pour leur ville. Quant à forcer les provinces à se soumettre au gouvernement centralisateur et unitaire pour permettre à Ottawa de survivre, mieux vaut ne pas y penser. Le temps des interventions armées est passé et toute tentative de s’imposer par la force ne fera qu’aggraver la situation précaire de cette fausse capitale.

Mieux vaut se préparer à ce qui s’en vient. Le Canada a existé avant Ottawa. Le Canada va exister après Ottawa. Voilà où nous en sommes. Rien ne sert d’avoir peur. Ce n’est pas du déterminisme comme le pensent certains philosophes pour qui toute la réalité se résume à des idéologies en « isme ». C’est la radicalité du réel, son ipséité, sa sémelfactivité, sa royauté, qui s’imposent au monde, non par arbitraire, mais par des lois naturelles. Ce n’est plus une question d’option politique. Le Québec doit se prendre en charge et se gouverner lui-même. La liberté ne prétend pas davantage.




LE SUCCESSEUR

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 7 juin 2005

À Ottawa, les Libéraux perdent la voix
de leur homophobe député Pat O’Brien.
Des élections laissent présager le meilleur pour le Bloc
et pour l’Indépendance du Québec.
Au Québec, Charest continue de mécontenter.
La population se prend à rêver d’élections
et à rêver le Québec.

Les astres sont alignés.
Un moment rare. Un momentum.
Le Québec joue son devenir.

Au congrès du PQ, les délégués infligent une raclée
à Bernard Landry qui leur en inflige une à son tour.
Au PQ, après le beau temps, la pluie.
Mais le malheur des uns fait le bonheur
des aspirants à la succession
qui se frottent déjà les mains.
La course est lancée.
La population s’est prononcée en faveur de Gilles Duceppe
qui soupèse.
L’idéal pour le chef pressenti
serait de pouvoir attendre au lendemain des élections fédérales
pour rendre une décision.
Or, les candidats à la direction du parti,
attirés par les feux de la rampe,
voudront vite entrer dans le feu de l’action.
Ils sont prêts à livrer bataille.
Elle sera féroce.
Au PQ, le pouvoir avant la cause.
Que Duceppe ne s’étonne pas, s’il fait le pas,
de se mettre les pieds dans un panier de crabes.
Même élu, il pourrait s’en mordre les pinces.




Ramer vers la terre de liberté

Nestor Turcotte, Matane, deux fois candidat du Parti québécois dans la circonscription de Matane.
TRIBUNE LIBRE 7 juin 2005

L’équipage s’affole une fois de plus. Sur les ponts, dans toutes les directions, il cherche quelqu’un, un sauveur, un guide, qui mènerait le navire à bon port. Les matelots, pour une bonne part, affaiblis par la dure traversée, vieillis, aux cheveux gris pour les uns, aux cheveux blancs pour les autres, aspirent à mouiller en fin en face de la Terre promise tant de fois annoncée.

Le capitaine est bien là, mais l’équipage hésite, en bonne partie, à le suivre, à accepter les derniers paramètres d’un long parcours sinueux, imprécis. Il en a assez de ramer sous la gouverne d’un chef qui cherche sa route, pointe un horizon flou, s’amuse à foncer dans le brouillard, s’acharne à brandir le miroir aux alouettes, à écrire des généralités tant de fois répétées, des objectifs aussi lointains qu’imprécis.

Sur la mer houleuse, parfois terrifiante, un homme, au regard infiniment triste, les larmes aux yeux, la gorge serrée, annonce aux vieux routiers des mers comme aux jeunes moussaillons fraîchement montés à bord, que, dans les circonstances, il va quitter le navire, en pleine contestation. Il a décelé du mécontentement au sein de l’équipage. Il craint la mutinerie. Il sait que son autorité est minée. Son rêve s’effondre devant lui : il ne pourra pas, tout comme ses prédécesseurs, fouler la terre promise.

Il descend maintenant du bateau, par l’échelle déployée. Les uns pleurent. D’autres restent bouche bée. Certains esquissent un sourire en coin. D’autres regrettent sans le manifester. La culpabilité monte dans les cœurs. Ils ne savent plus. Ont-ils, oui ou non, posé le bon geste dans les circonstances? Que faire maintenant? Regretter ou applaudir? Rire ou laisser tomber les larmes? Se congratuler ou verser dans l’embrasement du moment?

Le dernier des capitaines de ce bateau bicéphale a bien compris que, lui non plus, ne pourra conduire cette embarcation à l’équipage déréglé. Il sait qu’il ne peut plus rien. Il sait que celui qui viendra lui succéder ne pourra pas faire mieux que lui. Il sait, au fond, que ce navire MSA-RIN n’aurait jamais dû prendre la mer avec cet équipage aussi disparate qu’idéologiquement éloigné. Il sait que les longs détours, sur la mer déchaînée, ont choqué ceux qui auraient voulu ramer en ligne droite. Il sait que la ligne droite aurait découragé les moins armés, les moins engagés, les plus frileux. Il sait tout cela. Il sait qu’il a fait tout ce qu’il a pu pour réconcilier l’inconciliable. Et il part, triste, blessé, découragé.

Il est rentré, il y a quelques jours, près de la joyeuse flambée de son foyer de Verchères, face à ce grand fleuve, source de son inspiration. L’équipage se cherche déjà un nouveau capitaine. Et, sur le pont, les envolées verbales reprennent, tout cela rapporté à la une des quotidiens du pays en état de choc. Aucun matelot de l’équipée ne peut se passer de la soupe quotidienne des affrontements stériles, des joutes verbales démesurées.

Toute révolution politique a besoin de deux éléments fondamentaux : des mots pour le dire, des moyens pour le faire. Les mots pour le dire sombrent présentement et depuis toujours dans le vague et l’imprécision. Les moyens sont désordonnés et incohérents à cause de l’imprécision dans l’expression. Les matelots demandent rien de moins qu’une date butoir pour espérer arriver à temps à bon port. Ils aimeraient ramer en ligne droite. Ils ont eu des capitaines, depuis si longtemps, qui les font ramer pour le plaisir de les voir ramer..

Le prochain capitaine des péquistes (confédéralistes ou indépendantistes) doit cesser de se croire «roi» sur son navire. Il doit regarder, tout droit, avec toutes les difficultés que cela comporte, vers la terre de liberté. Il n’a pas à chercher dans toutes les directions. La seule qui peut lui convenir, c’est la ligne droite. Ainsi, les rameurs ne seront pas seulement enthousiasmés par leur travail quotidien, mais ils multiplieront, par leur ténacité, le nombre de nouveaux adhérents venus les aider.

L’équipage foulera-t-elle, dans les prochaines années, le terre de liberté envisagée? Il ne peut l’espérer qu’en travaillant, sans cesse, sous l’égide d’un capitaine déterminé, au vocabulaire franc, à l’expression correcte et démasquée. Le dernier chef de bord venait tout juste de trouver ces mots détachés de toute ambiguïté : indépendance nationale. Le chef qui reprendra la barre devra les reprendre pour continuer. Sinon, le bateau risque bien, lors de la prochaine tempête, de tout simplement couler.