
Les épouvantails à moineaux de Sobolewski
Pierre-Luc Bégin, Sainte-Foy, Québec
TRIBUNE LIBRE 27 juin 2005
Dans une lettre aux lecteurs du Soleil du samedi 25 juin 2005 intitulée « Négocier… après? », un certain G. Sobolewski s’en prend à la démarche des indépendantistes du Québec. À bout d’arguments comme ses semblables fédéralistes, ce monsieur (ou cette dame?) qui n’ose dire son prénom en est réduit à tenter de faire peur aux Québécois en leur disant que l’indépendance d’une « province » est « inconstitutionnelle, illégale et, pour la plupart des pays du monde, un légitime casus belli ». La belle affaire!
Or, monsieur-dame Sobolewski a partiellement raison. Jamais un pays en ayant inféodé un autre sous son contrôle et sa domination n’a considéré légale la libération de ce dernier. Pour Vichy et le Reich, la libération de la France était effectivement « inconstitutionnelle, illégale et (…) un légitime casus belli ». Idem pour les pays de l’Est face à l’Empire soviétique et idem pour tous les pays asservis aux puissances coloniales... Et ce serait une raison pour ne pas que les peuples cherchent à vivre libres avec leur propres États indépendants?!? Il faudrait accepter de vivre sous l’empire des lois de l’Autre, votées par lui dans son seul intérêt au détriment du nôtre?!? Quel bel éloge de la soumission et de la servitude! Né porteur d’eau tu le resteras… ta liberté est illégale!
En fait, le problème c’est que la Constitution du Canada qui rend notre indépendance « illégale » ne vaut pas le papier sur lequel elle est écrite (en anglais seulement, soit dit en passant). Le droit canadien est né par le sang lors de la Conquête de 1760 qui fut suivie de notre annexion en 1840 et de notre minorisation en 1867. Et ça dure. La Constitution de 1982, qu’aucun Premier ministre québécois même fédéraliste n’a signée, n’est que le prolongement de cet état de subordination politique fondé sur l’arbitraire d’une conquête militaire. Pour les Québécois : LÉGITIMITÉ ZÉRO. Cette constitution est une constitution étrangère et n’a aucune, aucune, aucune valeur pour le peuple québécois. C’est nous qui déciderons de notre destin et personne d’autre.
Néanmoins, Sobolewski se sert de l’ « illégalité » en droit canadien de l’indépendance du Québec pour laisser entendre que le Canada refusera de négocier après la déclaration d’indépendance. Sobolewski demande donc aux indépendantistes de négocier avant et de dire d’avance quand et comment… Bref, il faudrait informer nos ennemis de notre stratégie! Rigolo quand même les fédéralistes qui donnent des conseils aux indépendantistes. Et comme cela, il faudrait encore demander la permission à une nation étrangère et négocier avec elle avant de déclarer notre indépendance. Désolé, on a déjà donné.
On parle de négociation, mais qu’est-ce qui sera négocié? Il ne sera négocié avec le Canada que des ententes économiques pour assurer la continuité de nos échanges, notamment la libre circulation des capitaux, des biens et des personnes, comme nous pourrons le faire avec tous les autres pays du monde une fois libres. Or, on peut attendre le lendemain de la déclaration pour négocier ces ententes essentiellement économiques, rien ne presse. Mieux, face à l’incertitude, ce sera probablement le Canada qui nous demandera de négocier. Par amour du Québec? Allumez vos lumières. Tout simplement parce que ce sera à son avantage. Il n’y a pas de sentiment en politique.
Cependant, notre interlocuteur en vient malgré cela à la réflexion que le Canada pourrait être tenté de ne rien négocier voire même d’empêcher l’indépendance « illégale » du Québec. « Va-t-on former une armée et occuper le nouvel état militairement et le défendra-t-on avec nos armes? », se demande Sobolewski. D’abord, il est clair que les effectifs et le personnel militaires de l’armée canadienne au Québec deviendront la base de l’armée québécoise avec l’indépendance. Ces effectifs ont été payés ave nos impôts et nous reviennent de droit. Quant aux militaires eux-mêmes, ils ont voté à près de 75% OUI en 1995. Ils se joindront avec joie en bloc à l’armée du Québec.
Par contre, nous n’aurons pas à occuper notre territoire pour le défendre car il est peu probable qu’Ottawa intervienne et use de la force. Jamais la communauté internationale, particulièrement les Etats-Unis et la France, n’accepterait cette agression d’Ottawa. Le prétexte de défendre l’intégrité du territoire canadien ou l’ « unité nationale » ne pèserait pas lourd face à la volonté populaire québécoise. Et le jeu n’en vaudrait pas non plus la chandelle : nous avons les meilleures cartes entre les mains. Un exemple : le Canada anglais veut-il une frontière armée qui coupe son territoire entre les Maritimes et l’Ontario ou préfèrerait-il la libre circulation des capitaux, des biens et des personnes? Il serait mieux de se tenir tranquille. Et s’il ne le fait pas, il trouvera des centaines de milliers de personnes dans les rues pour lui dire de remballer ses blindés avant que la communauté internationale ne le lui dise ou avant que cela dégénère. Il ne prendra pas la chance de s’y perdre. Aucune inquiétude à y avoir là.
Difficile quand même de comprendre les fédéralistes. Défendre un pays becs et ongles en le croyant prêt à nous agresser militairement. Faut vraiment souffrir du syndrome de Stockholm, d’un complexe de colonisé aigu et d’une peur maladive de la liberté qui tourne au masochisme politique. Or, n’ayez pas peur Sobolewski, le plan de match est clair et n’entraînera aucun chaos : élection du Parti Québécois, référendum sur la souveraineté gagnant à 50% + 1, déclaration d’indépendance et partenariats économiques avec tous les pays du monde, dont le Canada. Les histoires d’épouvantails à moineaux, c’est assez. Gardez-les pour vous.

Ce dont Taché ne se souviendrait pas
Christian Gagnon, Montréal
TRIBUNE LIBRE 27 juin 2005
Dans Le Devoir du 23 juin dernier, Jacques Rouillard, professeur d’histoire, se penche longuement sur le sens originel du « Je me souviens » de nos plaques d’immatriculation. Le responsable du programme d’études québécoises à l’Université de Montréal fait des efforts surhumains pour démontrer que par cette devise, Eugène-Émile Taché, architecte du Parlement de Québec, a voulu exprimer « la reconnaissance envers la Grande-Bretagne pour nous avoir accordé la liberté politique ». Obtenue à grands coups de « on peut en déduire que » et de « il est raisonnable de penser que », cette conclusion de M. Rouillard est si catégorique et hâtive qu’il va jusqu’à écrire que « cette mémoire est tombée dans l’oubli, mais il vaut la peine de la faire revivre, ne serait-ce que parce qu’elle est chaque jour sous nos yeux ». Avant de célébrer cette fort discutable « liberté politique », il apparaît urgent de soulever la nature hautement présomptueuse et expéditive de la démonstration.
Il est paradoxal que d’entrée de jeu, le professeur Rouillard réfère aux travaux de Gaston Deschênes, historien et chef du service de recherche de la bibliothèque de l’Assemblée nationale. En effet, au fil des ans, M. Deschênes a acquis une expertise inégalée quant à ce qui tient du mythe et ce qui est véritablement documenté parmi toutes les thèses développées sur la signification du « Je me souviens ». Or, Deschênes réfute totalement la théorie de la « reconnaissance envers la Grande-Bretagne » (Le Devoir, 2 mars 1991 et 30 août 1994) émise par M. Rouillard et quelques autres avant lui.
Jacques Rouillard a beau convenir avec Gaston Deschênes que jamais il n’a existé une version longue se lisant « Je me souviens que, né dans les lis (représentant la Nouvelle-France), j’ai grandi dans les roses (symbolisant le régime britannique) », il n’en arrive pas moins à la même conclusion que les tenants de cette fausseté. Il y adhère par la même filière consistant à faire un lien entre le « Je me souviens » créé par Eugène-Émile Taché vers 1880 et une autre devise de Taché datant de 1908 et qui devait originalement accompagner une oeuvre d’art représentant la nation canadienne. Or, éclairer le sens d’une devise destinée à la façade du Parlement de Québec en se référant à une autre absolument distincte, conçue près de trois décennies plus tard et s’inspirant non pas du Québec mais du Canada apparaît pour le moins tordu.
De plus, M. Rouillard prête à Taché une anticipation phénoménale qui aurait fait en sorte que dès 1880, il ait voulu inscrire sur la façade de l’Assemblée nationale, vingt ans avant le fait, la vision des gouvernements libéraux et des grands quotidiens du début du XXième siécle à l’égard de la Grande-Bretagne. Eugène-Émile Taché était héraldiste, pas prédicateur.
Dans certains milieux canadiens-anglais, on ne manque pas une occasion de soutenir d’autres mensonges voulant que les Filles du Roy aient été des prostituées, les premiers colons de Nouvelle-France, d’anciens bagnards, Dollard-des-Ormeaux, un voleur de fourrures, et les Canadiens-français anti-conscriptionnistes, des lâches. Dans le cas du « Je me souviens », il serait apprécié que nos universitaires ne se fassent pas les courroies de transmission de cet autre exercice de désappropriation et de détournement de sens des symboles historiques nationaux de notre peuple, comme ce fut le cas pour l’hymne «Ô Canada», la feuille d’érable et le castor.

Très bien, l'article de Gérard Bouchard
René Marcel Sauvé, Laval, géographe et auteur de Géopolitique et avenir du Québec.
TRIBUNE LIBRE 27 juin 2005
Gérard Bouchard. Le rêve patriote, Mouvement phare du passé
québécois.
Très bien, l'article de Gérard Bouchard sur l'utopie des patriotes et des
réactionnaires qui ont suivi la guerre civile de 1837-39 et qui ont tenu
le Québec dans un état quasi permanent d'inconscience jusqu'à nos jours. Je
l'ai lu et je vais le relire.
On veut en sortir de l'utopie, oui ou non? Alors raisons de plus pour
étudier Sun Tsu, Machiavel, Jomini, Klauzewitz, Kjellen, Mackinder,
Richelieu, Talleyrand et tous les auteurs qui se sont passionnés pour
l'État et qui en ont compris le sens, la portée, la signification et la
dynamique, ce que reconnaît actuellement Benoît XV1 dans une communication
récente et une invitation au discernement.
Ce n'est pas de l'utopie que de constater le nombre de petits peuples qui
non seulement se sont affranchis de la domination d'une puissance qui leur
dictait leur ligne de conduite, mais ont réussi à jouer dans l'échiquier
des affaires du monde un rôle hors de proportion avec leurs dimensions
modestes. Le réel, qui est relationnel, non pas rationnel mais relationnel,
porte en lui-même le principe de sa permanence et de sa transcendance.
L'efficacité n'a rien à voir avec le nombre mais avec la dynamique et la
mise en pratique de principes universaux qui ont fait leurs preuves et
qu'on ignore toujours au Québec.
Il n'y a pas longtemps, lire Machiavel entraînait l'excommunication. Sun
Tsu, Klauzewitz et Jomini étaient des inconnus, sinon, je me serais fait
mettre depuis longtemps à la porte de l'Église et des sacrements. L'Église
actuelle enseigne que la Rédemption est un Acte, non une utopie. C'est un
facteur majeur de progrès spirituel et moral. Le surnaturel s'appuie sur
le naturel. L'État aussi est un Acte, qui relève d'un autre ordre de choses
et l'État du Québec existe bel et bien de fait (de facto), n'ayant
maintenant qu'à être reconnu de droit (de jure).
Les conditions ont radicalement changé depuis l'utopie du mouvement des
Patriotes de 1837-39. Pourtant, le Québec de l'époque avait matériellement
tout ce qui lui fallait pour écraser plusieurs fois l'Armée britannique de
Colborne. Il lui manquait le sens d'une stratégie concrète, une discipline
qui colle à la réalité et la volonté qui l'accompagne. Or, malgré cet
échec cuisant, les conditions qui ont fait que le Québec est passé de colonie à
Nation et à État naturel se sont maintenues, envers et contre l'hostilité
anglaise et la détermination orangiste d'en finir avec nous. De nouveau
maintenant, le Québec arrive à un seuil décisif qui n'a rien de théorique.
D'où nécessité de ne pas se tromper en matière de doctrine et
d'enseignement.
Je pense aux autres grands auteurs qui collent à la réalité envisagée
comme transcendance, porteuse d'existence et de vie réelle, dont Aristote, St
Thomas d'Aquin, St Bonaventure, Nicolas de Cues. Ils n'étaient lus et
étudiés qu'en surface et j'en ai fait l'expérience. On disait tout sur
leur compte, sauf l'essentiel.
Je l'ai encore sur le coeur, cet enseignement superficiel qui donnait à la
petite bourgeoisie un verni qui ne servait qu'à masquer davantage
l'ignorance crasse du milieu Canadien-français de l'époque, tout en
entrenant l'illusion de la culture. Avec les nouvelles communications, nous
avons des possibiltés d'en sortir et de progresser que nous n'avons jamais
imaginées auparavant.
Le temps de la maturation intellectuelle nécessaire à la reconnaissance de
notre État-Nation est arrivé et il faut réussir.

Acharnement loyaliste
Simon Girard
TRIBUNE LIBRE 27 juin 2005
Le super-pigiste est en mission, Dubuc revient à la charge. Il réclame haut et fort, dans son papier du 25 juin paru dans Le Soleil, la tête de la Société-Saint-Jean-Baptiste et du Mouvement national des Québécois. Il exige, demande, réclame du haut de sa chaire gescaïenne qu’on écarte les deux organismes de la supervision de la Fête nationale sous prétexte qu’ils sont trop associés à la cause indépendantiste. C’est ça qui le dérange sinon, ils font « du beau travail », qu’il dit, l’ancien trotskiste.
S’ils font du « beau travail » depuis des années, pourquoi pénaliser la SSJB et le MNQ... parce qu’ils font la promotion d’un Québec libre ? Est-ce qu’on reproche aux organisateurs du Canada Day de défendre l’unité canadian? « L’option souverainiste divise les Québécois », selon Dubuc. Comme si son option à lui ne divisait personne, comme si John Charest était un grand rassembleur (dans un sens, oui, si on en juge par le taux d’insatisfaction de son gouvernement). Comme si Dubuc lui-même ralliait tout le monde avec son idéal de dépendance, de soumission et de subordination.
Une fête nationale n’est pas une fête comme les autres. Parce qu’elle est la fête de tout un peuple, elle doit être organisée par des gens ayant un certain sens du patriotisme. On n’est quand même pas pour demander aux Œuvres du cardinal Léger ou à la Saint-Vincent-de-Paul d’organiser la Fête nationale des Québécois! Et encore moins à Power Corporation et à ses joyeux collaborateurs…
La transformation de la société québécoise au fil des années implique-t-elle une dépolitisation totale de la fête du 24 juin pour ne pas emmerder les fédéralistes fatigués comme Dubuc et les nouveaux Québécois avec nos « chicanes »? Comme si l’immigrant qui choisit le Québec choisissait en fait le Québec-province, que le Canada était son vrai pays d’accueil et qu’il ne fallait pas lui parler de notre projet d’indépendance. On nous reproche tellement de ne pas être inclusifs, de ne vouloir faire l’indépendance que pour les « pure laine » qu’on a fini par intérioriser cette fausse culpabilisation.
Pourtant, ils sont nombreux à considérer le Québec comme leur pays d’accueil et à militer pour sa liberté. Je trouve génial que ce soit Luck Mervil qui ait animé le spectacle des Plaines d’Abraham. De voir un nouveau Québécois s’imprégner de notre culture et se battre pour notre indépendance, c’est un soulagement, quand on voit des Gagliano ou des Pablo Rodriguez rejoindre les rangs des ennemis de l’indépendance. Comme peuple accueillant et ouvert sur le monde, nous avons le devoir, non seulement d’intégrer les immigrants à notre société, mais aussi de les conscientiser à notre lutte pour l’indépendance.
On ne le réalise pas assez mais les loyalistes sont en guerre contre tout ce qui peut évoquer de près ou de loin l’indépendance. Le geste provocateur des chiffons rouges déployés sur des édifices de Gatineau en est une illustration et l’acharnement dubuciste à « désouverainiser » notre Fête nationale en est une autre. Si la SSJB et le MNQ font du si bon travail, M. le super-vendeur de la dépendance, laissez-les continuer! Allez-vous réclamer la tête du Dr. Singh, ce partitionniste déclaré, comme organisateur du défilé du Canada Day? Votre patron, M. Paul, a-t-il déjà congédié un de ses employés qui faisait bien sa job de nous rentrer le Canada dans la tête? On ne se privera pas de parler de notre idéal de liberté et d’indépendance sur toutes les tribunes sous prétexte que ça indispose les esprits foncièrement colonisés, comme disait le chanoine Groulx.

Le territoire québécois en copropriété??
Marie-Mance Vallée
TRIBUNE LIBRE 28 juin 2005
Les habitants de quatre ou cinq villages du comté de Deux-Montagnes, entre autres, Saint-Placide, ont dû mal dormir la nuit dernière. En effet, l'un des chefs élu au Conseil de bandes de Kanesatake, à une question d'un journaliste qui lui demandait quelles seraient leurs priorités, n'hésite pas à déclarer qu'ils envisagent de réclamer du territoire ancestral dans cette région du Québec (triangle Kanesatake, Akwasasne, Kaknawake). À une autre question au sujet de l'île de Montréal, il répond que ce territoire fait également partie de leurs terres ancestrales...
Nous nous souviendrons que le nouveau Grand Chef Steven Bonspille avait déclaré l'hiver dernier que les Mohawks envisageaient de réclamer une partie de l'État de New York, puisque cet État fait partie de leurs territoires ancestraux.
Nous savons que les Montagnais (Innus) dans l'Approche commune réclament une grande partie du territoire québécois appelé le « Nitassinan ».
Nous savons que les Métis du Domaine-du-Roy et de la Seigneurie de Mingan réclament à leur tour le même territoire (lire sur www.voxlatina.com, forum Vive le Québec libre, le fil Un événement historique au Saguenay-Lac-Saint-Jean).
À quand les réclamations des Abénaquis et des autres tribus??? Et les Cris qui remettent en question les ententes signées antérieurement.
Si l'on veut bien regarder la carte du Québec, nous pouvons imaginer ce qui restera de territoire pour les descendants des Français qui vivent ici depuis 1608. Il me semble bien que les fondateurs de ce pays se retrouveront assis entre deux chaises.
Mais les questions qu'il faut se poser, à mon avis, sont les suivantes et ce, avant qu'il ne soit trop tard, si ce n'est pas déjà le cas : Le territoire québécois est hypothéqué de toutes parts. Donc, l'indépendance du Québec se fera à partir de quel territoire? De quelle nation parlons-nous? Quelle indépendance envisageons-nous? Une nation virtuelle sur un territoire virtuel? Un territoire en copropriété? Deviendrons-nous une nation de locataires? Dans l'esprit des politiciens, les régions du Québec font-elles encore partie du projet de pays? J'aimerais bien que nos jovialistes souverainistes se prononcent sur ce sujet. Qu'ils cessent d'occulter cette réalité qui se fait de plus en plus présente dans certains milieux, hors la région montréalaise.
Nous avons entendu le 24 juin dernier, des politiciens (Louis Bernard, entre autres) encourager la ghettoïsation des communautés culturelles. Encourager le bilinguisme, si ce n'est le multilinguisme. Jamais un politicien souverainiste ne parle d'intégration. Cependant, ils nous invitent, nous, Québécois de souche, à la tolérance, à l'inclusion qui, à mon avis, ne doit pas être à sens unique. J'irais jusqu'à dire que nos politiciens nous invitent à renoncer à notre propre identité. Qu'ils nous encouragent à nous suicider...
Je m'interroge sérieusement...

Défilé contre publicité
Christian Gagnon, Montréal
TRIBUNE LIBRE 28 juin 2005
Il y a un an, Jean Charest avait justifié la coupure de 150 000$ signant
l'arrêt de mort du défilé de la Fête nationale en soutenant que son
gouvernement préférait assigner cette somme aux soins de santé. Pourtant, à
l'échelle des dizaines de milliards$ de nos dépenses en santé, la subvention
de financement du défilé constituait une somme franchement dérisoire.
Démagogie ou gestion rigoureuse des priorités?
La réponse à cette question
est venue cette année. Combien ont coûté, M. Charest, les flamboyantes
publicités télévisées diffusées la semaine dernière sur les grands réseaux
et dans lesquels on pouvait vous entendre nous offrant vos voeux de bonne
Fête nationale?

Le Gouvernement « actuel » du Québec
Ou comment semer le dégoût partout sur son passage
Mathilde François
TRIBUNE LIBRE 30 juin 2005
Je suis consternée par l'insignifiance - jusqu'au bout des doigts - de l'actuel gouvernement du Québec.
Et ce, jusque chez ses représentants outre-mer !
Mon sentiment ne s'apparente plus à la déception ou à la tristesse.
C'est devenu rien d'autre, et rien moins, qu'un puissant et profond dégoût.
À titre de Québécoise, je suis devenue littéralement allergique à ces Clément Duhaime qui, tels des clones se multipliant comme de petits rongeurs dans la nature, infestent l'appareil d'État pour ne jamais rater l'occasion de déconsidérer celui-ci ainsi que la nation qu'ils ont le mandat de promouvoir et de protéger.
À Québec (comme à Ottawa), nous sommes sous la gouverne de (deux) administrations publiques qui n'ont désormais plus aucune légitimité politique en vertu des règles de la Démocratie.
Ce qui instaure d'emblée un climat social et politique propice à tous les excès. Car la frustration citoyenne atteint un seuil qui, il faut bien le dire, avoisine ce que nos «friends of» Canada appelleraient l'«acting out».
Je veux bien, au demeurant, prendre note que les États-Unis s'offrent des George - doublevé - Bush, et que le Canada s'auto-détruit avec des Jean Chrétien, des André Ouellet, des Denis Coderre, des Pierre Pettigrew, des Stéphane Dion, des Alfonso Gagliano, des Charles Guité, des Jean Pelletier et, peut-être surtout, des Parti libéral des décennies entières durant. Reste qu'il est tout à fait extraordinaire, voire surréaliste, qu'un peuple moderne et éduqué comme le nôtre se donnât des «représentants» à ce point - et tout à la fois - incompétents, irresponsables et malhonnêtes.
Note : 1) Premier ministre du Québec, M. Jean Charest (Commentairespm@mce.gouv.qc.ca) ;
2) Mme Louise Harel, Cheffe de l'Opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec (LHarel@Assnat.Qc.ca) ;
3) Délégation générale du Québec à Paris (D.G.: Clément Duhaime / Qc.paris@mri.gouv.qc.ca) : http://www.mri.gouv.qc.ca/paris/delegation/coordonnees.asp#affaires ;
4) Députation de l'Assemblée nationale du Québec: http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/deputes_lst.html

La réciproque est vraie aussi
Christian Gagnon, Montréal
TRIBUNE LIBRE 30 juin 2005
Si selon CROP, bon nombre de Québécois francophones seraient peu enclins à élire un Premier ministre anglophone, ils étaient encore davantage d’anglo-Montréalais de l’Ouest, il y a un an, à avoir refusé d’être gouvernés par un maire francophone, fut-il fédéraliste.
En avril 2004, l’ex-président d'Alliance Québec et conseiller d’arrondissement Anthony Housefather faisait remarquer que les anciennes villes de Côte-Saint-Luc et Hampstead, auraient du mal à protéger leur «caractère culturel distinct» si elles continuaient à faire partie de la grande ville de Montréal. «C'est impossible. Car on pourrait utiliser le même argument en disant : "pour défendre son caractère distinct et sa culture, Israël devrait être englobé dans un État Palestinien". Quelle est la différence ?», avait-t-il déclaré. Bref, les Montréalais devaient être considérés comme des gens fondamentalement hostiles.
À cela, le maire d’arrondissement et ex-chef du Parti Égalité Robert Libman a plus tard répliqué qu’en se joignant au parti du maire Tremblay, les banlieues de l’Ouest de l’île ont pu voter en bloc, prendre le contrôle de l'Hôtel de ville et mener la métropole. M. Libman se montrait heureux d'avoir, avec d'autres non-francophones, réussi à investir le comité exécutif et le conseil municipal de la ville de Montréal, alors composé à 40 % de non-francophones. «Sept des onze membres du comité exécutif sont non-francophones. Les réunions du caucus se tiennent en anglais à 60 %», avait-il fièrement signalé. Autrement dit, plutôt que de se sentir ménacés comme leur proposait M. Housefather, nos concitoyens anglophones devaient plutôt s’employer à dominer les francophones, ce qui n’était pas vraiment plus sympathique.
En juin, c’est le point de vue de Housefather qui a eu le dessus sur celui de Libman, la totalité des banlieues anglophones de l’Ouest votant massivement pour la défusion et la consécration des deux solitudes. Conclusion en 2005 : «non merci» à un Premier ministre anglophone pour les Québécois francophones et «over my dead body» à un maire francophone pour les «West-Islanders» anglophones. C’est du joli.
