
Paul Martin doit prendre la responsabilité pour la nomination malhabile de Michaëlle Jean
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Journal Le Québécois lundi 15 août 2005
Québec, le 15 août 2005 – Avec les nouvelles révélations du Journal Le Québécois sur le passé indépendantiste et pro-felquiste du couple vice-royal, il est maintenant temps que Paul Martin cesse de se cacher et prenne la responsabilité pour cette nomination malheureuse.
En jouant les pleutres, Paul Martin laisse un couple qu’il a lui-même plongé dans la fosse aux lions essuyer les coups portés à répétition par le Journal Le Québécois, lui qui n’a jamais eu aucune autre cible que le gouvernement Martin dans toute cette histoire. « Paul Martin agit comme un moins que rien dans ce dossier. Il a manipulé un couple de Québécois indépendantistes pour parvenir à contrôler plus efficacement le Québec qui est, et il le sait très bien, engagé sur la voie de l’indépendance. Maintenant le chef libéral doit faire preuve de courage et répondre aux questions. Ça fait une semaine que Paul Martin se cache. Il doit dès maintenant surmonter ses peurs et faire face aux révélations du Journal Le Québécois », ont indiqué le directeur du Québécois, Patrick Bourgeois et le directeur des Éditions du Québécois, Pierre-Luc Bégin.
En faisant face aux révélations du Québécois et maintenant qu’il est clair que Paul Martin considère que les indépendantistes ont droit de cité dans les institutions fédérales, celui-ci doit proposer des façons de réparer les torts faits aux indépendantistes au fil des ans. Il doit entre autres proposer une façon de faire oublier le congédiement de la fonctionnaire Édith Gendron par le fédéral parce qu’elle milite pour l’indépendance du Québec. Il doit proposer une façon de réparer les torts faits aux journalistes Normand Lester (Radio-Canada) et Robert Mackenzie (Toronto Star) qui ont perdu leurs emplois parce qu’ils étaient indépendantistes. Paul Martin doit aussi trouver une façon de sauver la carrière de Michaëlle Jean qu’il a considérablement menacée en tentant de l’utiliser à son propre profit électoraliste. Le Journal Le Québécois lui propose de la nommer au poste de présidente de Radio-Canada.
MM. Bégin et Bourgeois considèrent par ailleurs que le présent dossier démontre fort bien tout l’amateurisme qui caractérise le régime canadien actuel. « Une bande d’amateurs qui n’est même pas en mesure d’effectuer une enquête de routine. Ça en dit long sur la façon dont cette administration qui utilise des indépendantistes pour obtenir l’appui du Québec fonctionne », de dénoncer MM. Bégin et Bourgeois.

Quotes from '93 book suggest Jean, Lafond supported sovereignty
Jane Taber, Ingrid Peritz
The Globe and Mail Tuesday, August 16, 2005
OTTAWA, MONTREAL - Governor-general-designate Michaëlle Jean and her filmmaker husband, Jean-Daniel Lafond, quietly arrived at Rideau Hall yesterday to begin weeks of intense briefings amid a new wave of allegations about their loyalty to Canada.
Hard-line separatists in Quebec have unearthed quotations by Ms. Jean and Mr. Lafond from a book he wrote in 1993. His statements make clear his unequivocal support for a sovereign Quebec.
Ms. Jean's statements are more ambiguous but suggest that she, too, favours the province's independence.
"Independence isn't given away, it's taken," she said to a group of high-profile Quebec nationalists, including former leader of the Front de libération du Québec Pierre Vallières, former PQ cabinet minister Gérald Godin, and Yves Préfontaine, a founder of the Rassemblement pour l'independance nationale, a separatist group that was the forerunner to both the FLQ and the Parti Québécois.
They were gathered in a Montreal bar.
The quotations were gleaned from Mr. Lafond's book, La manière nègre. It is a companion piece to his 1991 documentary of the same name, which examines independence struggles in Quebec and various Caribbean nations such as Martinique and Haiti.
In the book, Ms. Jean is also featured joining in a toast to "independence." She says, "C'est fini, les petis peuples!" (Which translates roughly as, "No more, dominated people!") She also notes that there are "three choices for independence." She says that in Haiti, the country of her birth, the choice was "painful." In Martinque, it is that of "compromise" and in Quebec it is "on hold."
Says Mr. Lafond: "So, a sovereign Quebec? An independent Quebec? Yes, and I applaud with both hands and I promise to be at all St. Jean [Baptiste] parades."
The Prime Minister's Office has aggressively dismissed allegations that Ms. Jean and Mr. Lafond are closet separatists.
Last Friday, Prime Minister Paul Martin even took the unusual step of telephoning Conservative Leader Stephen Harper and Alberta Premier Ralph Klein to reassure them of the couple's commitment to Canada.
PMO communications director Scott Reid, who has accused separatists of mounting a "smear campaign" against Ms. Jean and Mr. Lafond, has said the couple were subjected to police and government checks.
He repeated that again yesterday: "As we have said previously, there were rigorous background checks conducted before appointment by [the Privy Council Office], CSIS and the RCMP. "
The Prime Minister and his staff were excited when they announced her appointment this month, playing up Ms. Jean's compelling story of a young Haitian girl arriving in Canada with nothing and making something of her life.
And it initially played well throughout the country, especially in Quebec. A poll taken just after the Aug. 4 announcement of Ms. Jean's appointment showed Liberal fortunes rising in that province. The increase in popularity was attributed, in part, to the Jean announcement.
The most recent disclosures only will increase the pressure on the couple to assure Canadians they are federalists.
The controversy began last week when hard-line separatists suggested the couple were sympathetic to their cause. An article in Le Québécois, the voice of the province's sovereignty watchdogs, said that Ms. Jean had been "soaking for ages in the sovereigntist atmosphere that characterizes her intellectual circle." The author of the article, Quebec novelist René Boulanger, provided no statements or quotations to back up his claim.
He also said in the article that former FLQ member Jacques Rose, who was part of the cell that in 1970 kidnapped and murdered provincial cabinet minister Pierre Laporte, had done renovations at the couple's home, including building a bookshelf with a secret compartment where weapons could be stashed.
Yesterday, the magazine issued a news release detailing its new discoveries. The magazine's editor, Patrick Bourgeois, said his group wanted to show that the Prime Minister did not do his homework.
"We're demonstrating in a flagrant way that Mr. Martin is incompetent," he said.
What was said
The following are translated excerpts from La manière nègre.
Michaëlle Jean: There are three choices when it comes to independence. One choice . . .
Paul Chamberland, poet and sovereigntist: (Surprised) Three choices?
Ms. Jean: Yes! There is the painful choice, which was Haiti's, as I was saying before . . . there is Martinique, for which [the choice] is compromise, and Quebec, where it's on hold.
Group of well-known Quebec nationalists along with Haitian-born Quebeckers such as Ms. Jean and novelist Dany Laferrière:
Mr. Chamberland (raising a glass of wine for a toast): To independence! To independence!
Yves Préfontaine: To independence!
Several toast poet and politician Aimé Césaire, the Martinique-born subject of the documentary.
Mr. Laferrière: To people without adjectives!
Mr. Chamberland: Hear, hear!
Mr. Laferrière: To dominated people!
Mr. Chamberland: Hear, hear!
Ms. Jean: No more dominated people!

La maison de verre
Bernard Descôteaux
Le Devoir mardi 16 août 2005
Le premier ministre Paul Martin aurait-il nommé Jean Béliveau gouverneur général plutôt que Michaëlle Jean, pas une seule question quant à ses allégeances n'aurait été posée. Personne n'aurait trouvé pertinent de savoir ce que l'ancien joueur du Canadien pense de la royauté, de notre système politique, du scandale des commandites ou encore si lui et son épouse ont déjà eu des pensées souverainistes un jour. Dans le cas de Mme Jean et de son époux, Jean-Daniel Lafond, toutes ces questions sont légitimes. Ce sont tous deux des gens qui oeuvraient dans le domaine des idées avant d'accepter de loger à Rideau Hall. Leur choix a étonné, et ils n'ont pas encore apporté toutes les réponses qu'on attend d'eux.
Certains, tout particulièrement au sein du gouvernement Martin, n'apprécient pas que ces questions soient posées, comme si les soulever constituait un crime de lèse-majesté à l'endroit de la future vice-reine, mais aussi à l'endroit du jugement exercé par le premier ministre en nommant à ce poste Mme Jean. S'agissant de la plus haute fonction politique au pays, ce n'est pas manquer de déférence que d'interroger.
Les questions qui ont été posées jusqu'ici l'ont été à travers les médias qui se substituent aux parlementaires à qui il reviendrait de les poser. Ceux-ci ont le loisir d'interroger directement les personnes que nomme le premier ministre à plusieurs postes. On peut lire au Journal des débats les questions qui sont alors posées. Aucune n'est jugée impertinente, surtout lorsqu'il s'agit de savoir si on a milité dans des organisations de gauche ou souverainistes. Malheureusement, la nomination du gouverneur général échappe à cet exercice. On ne saura que ce que le premier ministre voudra bien nous dire de la personne qu'il a choisie.
Plusieurs des questions soulevées ont trait à Jean-Daniel Lafond. N'étant pas celui qui occupe la fonction de gouverneur général, elles sont dénoncées comme outrancières. Vrai, mais il reste que celui-ci joue un rôle comme époux. Peut-être choisira-t-il d'être moins présent que Son Excellence John Saul aux côtés d'Adrienne Clarkson, mais il sera là dans les événements officiels. Il lui sera impossible de vivre en marge de son épouse. Ce qu'il dira, écrira ou montrera comme réalisateur sera scruté.
D'anciens amis ont entrepris de faire l'exégèse de la pensée de M. Lafond, tentant de démontrer qu'il est aujourd'hui un transfuge. On le croyait républicain, il serait devenu monarchiste. On le pensait souverainiste, mais il était fédéraliste. Michaëlle Jean aussi, ira-t-on jusqu'à prétendre. Or, comme les époux Jean et Lafond ne peuvent dire mot jusqu'à l'assermentation de la nouvelle gouverneure générale, on ne sait pas. Ce silence, ordonné par le bureau du premier ministre, ne doit pas durer. Il autorise toutes les conjectures, même les plus pernicieuses. Elles se transforment en accusations qui font dévier le débat. La pensée de Mme Jean et de M. Lafond a pu évoluer et changer. Ils ne seront pas les premiers à qui cela arrive. Invités à habiter une maison de verre, ils ne pourront se cacher. À eux de prendre la parole.

Le secret de Mme Jean
André Pratte
La Presse mardi 16 août 2005
Au milieu de la campagne contre Michaëlle Jean menée par quelques intégristes souverainistes, certains ont exigé que la future gouverneure générale dévoile pour quelle option elle avait voté au référendum de 1995. Cette requête est venue non seulement du militant indépendantiste Gilles Rhéaume, mais aussi du premier ministre albertain, Ralph Klein, et d'un député conservateur de la région d'Ottawa. Mme Jean créerait un dangereux précédent en cédant à cette forme de chantage.
Le droit de vote n'est rien si le citoyen ne peut s'exprimer en privé, en toute confiance que ce choix ne sera jamais rendu public. Dans le débat national québécois, les plus militants exigent de savoir de chacun dans quel camp il se trouve: OUI ou NON? Fédéraliste ou souverainiste? Or, s'il fallait s'y plier, cette exigence aurait des conséquences néfastes. D'abord, elle créerait une énorme pression sur chaque citoyen pour qu'il se conforme aux opinions dominantes de son milieu. S'il est sain dans une démocratie que les citoyens participent en grand nombre aux débats, cela ne doit pas devenir une obligation. Tous n'ont pas envie de faire de leurs préférences politiques un sujet de discussion. Le fédéraliste au Lac-St-Jean et le souverainiste de Westmount doivent pouvoir mener leur vie en paix.
Si l'on parvient à forcer Michaëlle Jean à dévoiler le sens de son vote de 1995, cela risque de devenir la norme. Pour éviter toute controverse, le gouvernement fédéral exigerait désormais de tout Québécois qu'il pressent pour une fonction importante de révéler ses choix référendaires passés. De même, un gouvernement péquiste s'assurerait que ceux qu'il approche ont voté " du bon bord ". Nous sombrerions alors dans une spirale vicieuse: au moment du vote, chacun se demanderait si sa marque pourrait un jour venir le hanter.
Imposer aux citoyens de faire connaître leur vote a un autre effet pervers: il force à s'inscrire dans un camp ou dans l'autre, un choix que plusieurs Québécois refusent de faire. Si l'idée de bien des gens est faite depuis toujours et à jamais dans ce débat, beaucoup d'autres sont tourmentés chaque fois que la question leur est posée. Leur vote a une signification complexe, qui ne se résume pas par un OUI ou par un NON.
Combien de Québécois, en 1995, ont voté OUI dans l'espoir que le Québec et son " négociateur en chef " Lucien Bouchard concluent un nouvel arrangement avec le reste du Canada? Et si Michaëlle Jean était de ce nombre? Sommée de révéler son vote, elle devrait admettre qu'elle a voté OUI; le tollé subséquent noierait toutes les explications que la journaliste voudrait apporter.
De même, la pensée de beaucoup de Québécois évolue au fil du temps. La publication des votes passés tend à catégoriser chaque personne par ce qu'elle a exprimé dans l'isoloir à un moment précis, sans tenir compte de ce qu'elle pense dans le temps présent. C'est ce qui rend particulièrement choquants les efforts visant à déterrer quelque déclaration vaguement souverainiste qu'aurait faite Mme Jean il y a 10 ou 15 ans; l'allégeance qui compte, son choix actuel en faveur du Canada, elle l'a annoncée en acceptant le poste que lui proposait le premier ministre.
C'est un des aspects les plus malfaisants du long débat sur l'avenir du Québec: les militants imposent à notre société un schéma binaire, ou tout est noir ou blanc, OUI ou NON. Or beaucoup de citoyens, s'ils se résignent à faire un choix lorsque cela est nécessaire, refusent le reste du temps d'être fichés d'une manière aussi simpliste et définitive. En ce sens, le parcours discret et tout en nuances de Michaëlle Jean est typique de celui de plusieurs Québécois.

Monsieur Doublefond
Yves Beauchemin, écrivain.
La Presse mardi 16 août 2005
On vient de choisir la nouvelle gouverneure générale, Madame Michaëlle Jean. C'est une femme intelligente, jolie, aimable, cultivée, membre d'une minorité visible, avec un passé immaculé. Ottawa vient de faire là une trouvaille et je dois m'incliner. On comprend la fierté de la communauté haïtienne. Mais quel dommage tout de même de nommer une personne aussi douée à un poste aussi nul.
Y a-t-il quelque chose, en effet, de plus quétaine et lampe à l'huile que la fonction de gouverneur général? Représenter sa Très Britannique Majesté la reine Élisabeth II, souveraine d'un pays qui nous a conquis en 1759 n'est pas une mince affaire par les temps qui courent. Et passer ses journées à couper des rubans, serrer des mains, remettre des prix adjugés par d'autres, prononcer des discours pensés par d'autres, quelle corvée, quand on y pense! Comment se faire prendre au sérieux?
Mais on voulait rafraîchir à tout prix l'image du gouverneur général et on a trouvé madame Jean.
On a trouvé du même coup son mari, Jean-Daniel Lafond, qui donnera lui aussi un solide coup de plumeau à une fonction devenue très poussiéreuse. Avec son style décontracté d'ancien hippie, monsieur Lafond est cinéaste, écrivain, intellectuel engagé et n'a peur de rien, ou presque; il s'est même fait construire, dit-on, par l'ancien felquiste Jacques Rose une bibliothèque à double fond qui serait susceptible de recevoir des armes afin de faire la révolution. Le courage peut aller jusque là.
Double allégeance
En fait, monsieur Doublefond pratique la double allégeance: il est séparatiste, fréquente des séparatistes, les célèbres dans ses films et ses écrits (Perrault, Ferron, Vallières, Gagnon, etc.) et les engage parfois comme scénariste ou menuisier; mais cela ne l'empêchera pas de faire la promotion de l'unité canadienne à travers le pays aux côtés de son épouse. Nul doute qu'avec sa prodigieuse souplesse intellectuelle, monsieur Doublefond parvienne à concilier des idéologies aussi opposées.
Il endosse ainsi les théories d'un autre fervent Canadien, monsieur Stéphane Dion, qui prétend qu'il vaut mieux avoir deux identités (la québécoise et la canadienne) qu'une seule (la québécoise). Il est vrai que cela ne vaut que pour nous, les Canadiens n'en voulant qu'une seule.
Notre prince consort (qu'on ne sortira peut-être pas souvent) a d'illustres prédécesseurs. Par exemple, Sir George-Étienne Cartier, ex-patriote de 1837, devenu père de la Confédération (on ne choisit pas son père), dont la carrière s'est malheureusement abîmée dans un scandale financier. Des témoins de l'époque disent que, pendant la bataille de Saint-Denis, il s'était caché dans une armoire, qui existe toujours. Gageons qu'elle possède un double fond. Je la verrais très bien à Rideau Hall. La nouvelle orientation idéologique du prince consort a soulevé beaucoup de critiques. Et qui le défend? Monsieur Jean Lapierre, ministre libéral et transfuge du Bloc québécois! Spectacle sublime. On se croirait au ciel.

Michaëlle Jean, un des visages du Québec
Louise Lanctôt, Montréal
Le Devoir mardi 16 août 2005
La chasse aux sorcières me laisse toujours incrédule et sans voix. Et je dois faire un effort aujourd'hui pour élever ma voix dans ce concert cacophonique de puristes souverainistes.
Traquer l'ennemi dans chaque geste qui diffère du choix des uns me ramène à la pensée unique, au tout ou rien, à la lutte sans merci au nom de dieu, d'une idée, d'une idéologie. Et ce sont pour moi les échos du conformisme et du conservatisme. Ce sont les miroirs déformants du monde parallèle des conceptions bigotes qui nous obligent à jurer fidélité à un dogme, comme si rien ne changeait ni ne bougeait, comme si le soleil brillait toujours à la même place, comme si l'univers n'avait que deux dimensions, les purs et les impurs.
Peu importe pour les purs que la terre tourne, change de perspective, d'écliptique ou même d'orbite au fil des millénaires. Il faut faire comme si tout était fixe, comme s'il n'y avait qu'un centre de l'univers. Les purs et les durs, ce sont autant les Trudeau que les souverainistes intransigeants, les Mordecai Richler ou les intégristes.
Que Michaëlle Jean ait voté OUI au référendum et qu'elle accepte aujourd'hui la rare occasion qui lui est offerte de présenter un visage francophone, cultivé, multiculturel du Canada ne devrait que nous réjouir. Car ce visage que le Canada offre au monde entier, sur la scène internationale, c'est le visage du Québec. Ce Québec qui subit sans cesse des campagnes de dénigrement, des campagnes qui propagent l'image de Québécois mesquins, racistes, incultes.
N'est-il pas révolu le temps où...
Je croyais révolu le temps où les artistes, les auteurs, les écrivains, les cinéastes ne devaient pas demander de subvention ou de bourse aux organismes canadiens, ni accepter les prix et les honneurs. Je croyais révolu le temps où il fallait rester petit, refuser de se produire au Canada, minimiser les prix de provenance canadienne.
Rappelons-nous quand le Bloc québécois a été créé, cela a donné lieu à des disputes, puis quand le Bloc a décidé de rester sur la scène fédérale, cela a provoqué des cris de mépris. Aujourd'hui encore, le Bloc québécois est considéré comme le parent pauvre des souverainistes alors qu'il est devenu un parti tellement crédible qu'il fait envie dans certaines autres provinces et qu'il représente le visage progressiste du Québec loin devant le Parti québécois.
Nous avons aujourd'hui, comme peuple distinct et souverain, la rare occasion de changer de perspective, de changer de place, de montrer au reste du Canada et au monde entier le visage pluriel du Québec, notre culture, combien nous sommes tolérants et, comme les sondages le dévoilent, comment nous n'avons aucune réticence à avoir un premier ministre femme, noir ou homosexuel.
Fidel et Che Guevara disait «cambiar el revès en victoria» -- changer la défaite en victoire. C'est ce que nous devrions faire actuellement avec le choix de Paul Martin. Le choix qu'il a fait est un choix judicieux qui montre effectivement qu'il sait agir en vrai politicien et tirer profit de tout. Ce choix que Martin a fait pour attirer le Québec dans le giron fédéraliste peut prouver à l'ensemble du Canada et aux autres pays que le Québec est une force incontournable, tout comme nous le prouvons avec nos artistes, nos comédiens, nos cinéastes, nos écrivains.
Refuser de montrer au monde entier un des visages du Québec, le visage de Michaëlle Jean, c'est refuser notre victoire sur le reste Canada. C'est aussi refuser à Michaëlle Jean l'occasion de mettre un peu de baume sur les misères de la communauté haïtienne.
La nomination de Michaëlle Jean, c'est la mise sous forme de conte des remarques de Dany Laferrière sur les liens indéfectibles qui unissent les Haïtiens et les Québécois. À cet égard, il racontait que les Québécoises élevaient leurs enfants dans l'esprit qu'ils étaient nés pour un petit pain, alors que les Haïtiennes élevaient les leurs comme de futurs rois.
Des préjugés que j'ai connus
La campagne contre Michaëlle Jean me rappelle le rôle dans lequel on voulait me confiner à mon retour au Québec et contre lequel j'ai dû lutter et contre lequel je lutte toujours. Les images, ces préjugés tenaces, nous marquent. Je me souviens de Robert Lepage, il y a quelques années, qui s'étonnait tout haut que les ex-felquistes vivent comme tout le monde, étudient, travaillent et aient accès à des postes honorables. En règle générale, l'image des révolutionnaires est fixée et ne devrait plus bouger. De même aujourd'hui, on s'étonne de voir évoluer Michaëlle Jean. Et on voudrait la cantonner dans une image qui ne bouge plus.
Pour beaucoup, comme pour Fidel et Che Guevara, mourir les armes à la main permet de présenter le visage héroïque des martyrs. Car il est préférable de patauger dans la défaite plutôt que de revoir ses façons de faire, ses actions, le sens de ses appartenances. On comprend, bien sûr, que le choix de Michaëlle Jean est en complète contradiction avec l'héroïsme des victimes et des vaincus. Il faut bien comprendre que derrière l'image, où trop souvent on veut nous coller, il n'y a pas de vie, il n'y a pas de contenu, aucun débat, rien qui puisse bousculer les idées toutes faites.
Je suis toujours une souverainiste convaincue, fière d'être Québécoise, croyant dans un Québec libre, et en ce sens je ne peux qu'applaudir au choix de Mme Jean pour représenter mes appartenances.
Je vous félicite, Madame Jean.

Un rôle à définir
Geneviève Caillé, Montréal
Le Devoir mardi 16 août 2005
Décidément, la nomination de la journaliste Michaëlle Jean à titre de gouverneure générale du Canada ne laisse personne indifférent. On pourrait presque parler de la nomination de Michaëlle Jean et de son conjoint, le cinéaste Jean-Daniel Lafond, tant le débat qui fait rage actuellement place ce dernier sur la sellette.
Si la légitimité d'un poste comme celui de gouverneur général est déjà remise en question depuis longtemps, qu'en est-il du rôle joué par la personne qui partage sa vie ? Est-ce un individu ou un couple que l'on nomme, alors que les références au «couple vice-royal» se font de plus en plus nombreuses ?
D'un point de vue formel, il semblerait que les responsabilités ou privilèges dévolus aux conjoints des gouverneurs généraux ne soient pas précisés, à l'exception de deux éléments. Outre le fait de résider à Rideau Hall, ils se voient octroyer le titre de «compagnons» de l'Ordre du Canada, la plus haute récompense du Régime canadien de distinctions honorifiques. Ce titre souligne la qualité de leur oeuvre et leur contribution exceptionnelle à la nation canadienne et au bien de l'humanité, précise le site Internet officiel de la gouverneure générale (www.gg.ca/menu_f.asp).
Chacun sa manière
Un petit retour dans le passé nous apprend que l'implication des conjoints s'est réalisée de manière variable. Certains ont participé en arrière-plan, tel que Maurice Sauvé durant le mandat de son épouse, Jeanne Sauvé (de 1984 à 1990). Au cours de cette période, il a poursuivi ses occupations professionnelles tout en participant à de nombreuses activités culturelles canadiennes.
De son côté, l'épouse de l'ancien gouverneur général Ray Hnatyshyn (de 1990 à 1995), Gerda, cosigne avec lui en 1994 un livre intitulé Rideau Hall - Témoin vivant de notre histoire; une partie des profits vise à renflouer le fonds de la collection d'oeuvres d'arts et de mobilier à la résidence officielle.
Le conjoint de l'actuelle gouverneure générale, Adrienne Clarkson, l'essayiste et romancier John Ralston Saul, a quant à lui choisi de partager de larges pans de la vie publique de son épouse. Dans le bandeau qui surplombe le site officiel de celle-ci, voici les deux premiers icones sur lesquels nous sommes invités à cliquer : «Gouverneure générale», et «John Ralston Saul», qui deviendra, pour ceux qui auront accédé à sa page, «Son Excellence John Ralston Saul».
L'implication la plus significative revient sans aucun doute à Gabrielle Léger, épouse de Jules Léger, gouverneur général du Canada de 1974 à 1979. À peine six mois après sa nomination, M. Léger fut victime d'un accident cérébro-vasculaire. Lors de sa convalescence, Mme Léger remplaça son mari dans diverses tâches, notamment en lisant une partie du discours du Trône. L'importance de sa contribution a fait d'elle la première épouse d'un gouverneur général à figurer, à ses côtés, sur le portrait ornant les murs du salon de réception de Rideau Hall.
L'importance démesurée que l'on accorde ces jours-ci au passé politique de Jean-Daniel Lafond vient redoubler le malaise déjà existant autour de la légitimité du poste de gouverneur général. La controverse actuelle entourant le conjoint de la personne désignée met plutôt en évidence les difficultés liées à la persistance d'une institution pré-moderne dans le cadre d'une société démocratique. Une société qui, par ailleurs, s'est engagée dans un processus visant à réformer ses institutions démocratiques, du mode de scrutin jusqu'à la nomination des juges de la Cour suprême. Visiblement, le poste de gouverneur général semble encore échapper à cette volonté de réforme.

La souveraineté hante toujours Michaëlle Jean
PC
Le Droit mardi 16 août 2005
Des souverainistes "purs et durs" continuent d'interroger le passé de la gouverneure générale désignée, Michaëlle Jean, et de son conjoint, Jean-Daniel Lafond.
Hier, le journal Le Québécois a attiré l'attention sur un livre dans lequel l'ancienne animatrice affirmait que "l'indépendance, ça ne se donne pas, ça se prend".
Dans La Manière nègre ou Aimé Césaire, chemin faisant : genèse d'un film, paru en 1993 aux éditions de l'Hexagone et qui se fonde sur le documentaire du même nom, M. Lafond s'affirme sans ambages en faveur de l'indépendance du Québec.
"Alors, un Québec souverain ? Un Québec indépendant ? Oui, et j'applaudis des deux mains et je promets d'être de tous les défilés de toutes les Saint-Jean", écrivait le cinéaste dans le livre.
"Un discours plus ou moins essoufflé sur le nationalisme québécois ne pourra plus faire illusion et masquer le véritable enjeu de l'indépendance qui est, non plus d'assurer la survie identitaire d'une société, mais bien d'assurer son affirmation et son accomplissement dans le monde contemporain", ajoutait Jean-Daniel Lafond.
Dans le film, on pouvait notamment voir des extraits d'une rencontre baptisée "assemblée du Quai des brumes", à laquelle participait Mme Jean, le défunt poète Gérald Godin, un cofondateur du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), Yves Préfontaine, l'ex-felquiste Pierre Vallières, le romancier Dany Laferrière, la militante souverainiste Andrée Ferretti et le poète indépendantiste Paul Chamberland.
Au début de la scène, les invités portent, à l'initiative de M. Chamberland, un toast "à l'indépendance" et "aux indépendances", auquel Michaëlle Jean répond "au retour du poète" (Aimé Césaire) et "c'est fini, les petits peuples !"
Dans une scène subséquente, M. Vallières lance : "Non seulement la Martinique doit aller à l'indépendance, mais à la révolution, comme le Québec aussi". À cela, Mme Jean réplique : "Oui, l'indépendance, ça ne se donne pas, ça se prend."
Il est difficile de se faire une idée du sens de ces propos, qui ont été tenus il y a plus de quatorze ans dans un contexte particulier, celui du tournage d'un film.
Cela n'empêche pas Le Québécois de soutenir, dans un communiqué : "Il est maintenant clair que c'est le couple qui a longtemps entretenu des relations felquistes et indépendantistes, et pas seulement Jean-Daniel Lafond".
Au cabinet du premier ministre Paul Martin, on continue de défendre la nomination de Michaëlle Jean. "On a fait des 'background checks' très rigoureux avant son embauche, tant au Bureau du Conseil privé qu'au Service canadien du renseignement de sécurité qu'à la Gendarmerie royale du Canada", a réitéré Melanie Gruer, une porte-parole de M. Martin.
"De plus, Mme Jean a confirmé son engagement et celui de son époux envers le Canada directement avec nous. Elle a aussi répété, lors de l'annonce de sa nomination, qu'elle était engagée envers les peuples du Canada."
La nouvelle gouverneure générale doit entrer en fonction le 27 septembre.
Son mari critique Paul Martin
Le cinéaste Jean-Daniel Lafond, prince consort en devenir étant l'époux de la Gouverneure générale désignée, Michaëlle Jean, a déjà servi des critiques à Paul Martin, le premier ministre qui vient d'élever Mme Jean au rang de représentante du chef d'État canadien.
En entrevue radiophonique en mars 2004, M. Lafond déclarait que Paul Martin avait sacrifié pas mal de monde dans le dossier des commandites, dont Jean Pelletier, sur l'autel de la morale.

"Le Québécois" frappe encore
Michel Corbeil, PC
Le Soleil mardi 16 août 2005
Le journaliste Patrick Bourgeois s'amuse du silence des politiciens
Le journal Le Québécois n'a de cesse de déterrer des déclarations fort peu fédéralistes - et très embarrassantes - attribuées à la nouvelle représentante de la reine d'Angleterre au Canada, Michaëlle Jean, et à son conjoint, le cinéaste Jean- Daniel Lafond.
Selon un livre paru en 1993, rapporte Le Québécois, Michaëlle Jean était d'un groupe d'intellectuels qui a porté "un toast à l'indépendance". La future gouverneure générale aurait alors déclaré que "c'est fini les petits peuples". Elle aurait également indiqué que "l'indépendance, ça ne se donne pas, ça se prend".
Après avoir fait largement état de l'amitié qui lierait M. Lafond à des indépendantistes radicaux et même à des ex-felquistes, Le Québécois est revenu à la charge, hier, avec des extraits d'un bouquin portant sur un documentaire réalisé par son conjoint, La Manière nègre. LE SOLEIL n'a pu consulter le livre.
Joint en fin de journée, le journaliste Patrick Bourgeois, auteur de l'article, a signalé que les passages cités portent sur une conversation qui réunissait notamment Mme Jean, Pierre Vallières, un ancien membre du Front de libération du Québec et des gens de lettres aux convictions souverainistes indiscutables, entre autres, Gérald Godin.
Dans La Manière nègre ou Aimé Césaire, chemin faisant : genèse d'un film, paru en 1993 aux éditions de l'Hexagone et qui se fonde sur le documentaire du même nom, M. Lafond s'affirme sans ambages en faveur de l'indépendance du Québec.
Dans le film, on pouvait notamment voir des extraits d'une rencontre baptisée "assemblée du Quai des brumes", à laquelle participaient Mme Jean, le défunt poète Gérald Godin, un cofondateur du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN), Yves Préfontaine, l'ex-felquiste Pierre Vallières, le romancier Dany Laferrière, la militante souverainiste Andrée Ferretti et le poète indépendantiste Paul Chamberland.
Au début de la scène, les invités portent, à l'initiative de M. Chamberland, un toast "à l'indépendance" et "aux indépendances", auquel Michaëlle Jean répond "au retour du poète" (Aimé Césaire) et "c'est fini, les petits peuples !"
Dans une scène subséquente, M. Vallières lance: "Non seulement la Martinique doit aller à l'indépendance, mais à la révolution, comme le Québec aussi". À cela, Mme Jean réplique: "Oui, l'indépendance, ça ne se donne pas, ça se prend."
Il est difficile de se faire une idée du sens de ces propos, qui ont été tenus il y a plus de 14 ans dans un contexte particulier, celui du tournage d'un film.
Porte-parole de la gouverneure générale désignée, Catherine Ganière a fait savoir que "Mme Jean ne fera aucune entrevue ou déclaration" avant son assermention, le 27 septembre. "Le bureau du premier ministre (Paul Martin) a déjà répondu largement à ce genre de polémique", a ajouté Mme Ganière.
L'attachée de presse de Paul Martin a catégoriquement refusé de commenter les nouvelles informations lancées par Le Québécois. Mélanie Gruer s'est contentée de rappeler qu'une vérification a été conduite sur le nouveau couple vice-royal par le Conseil privé et la GRC.
"Je ne fais pas de commentaires là-dessus", a répondu Mme Gruer lorsqu'elle s'est fait demander si elle niait que Mme Jean ait tenu les propos controversés. "Je dis qu'elle a confirmé son engagement envers le Canada, directement avec nous. Elle l'a répété" au moment où l'annonce publique de sa nomination a été effectuée.
Le chef du Bloc québécois, la formation politique qui représente le mouvement souverainiste à Ottawa, a tenu à ne pas se mêler de la controverse. Gilles Duceppe n'ajoutera rien à la sortie effectuée le 4 août, a rapporté Guylaine Grenier, responsable des communications au Bloc. À l'époque, M. Duceppe avait pris soin de vanter les qualités professionnelles de Michaëlle Jean, mais en dénonçant une fonction jugée "archaïque, dépassée".
Sans réaction
Pendant que la classe politique se faisait silencieuse, Patrick Bourgeois s'est amusé que son point de vue occupe toute la place. "Je m'attendais à ce qu'on fasse réagir Mme Jean ou le bureau de M. Martin de façon très ferme, pour nous tasser sur la place publique. Mais, non, on est tout seul !" a-t-il laissé tomber avant de glisser "qu'on est fier en mautadit" des informations dénichées.
M. Bourgeois a indiqué que toutes les données ont été glanées à la suite d'une modeste recherche dans Internet. Il s'est demandé si elles n'auraient pas échappé à l'enquête de la GRC "et des services de renseignements. "Ou c'est une stratégie hautement sophistiquée" dont le but lui échappe, "ou ce sont des cons".
Patrick Bourgeois a soutenu qu'il reste encore "quelques cartes dans notre manche" dans la controverse. Il a affirmé que les médias anglophones se préparent à prendre la défense de Mme Jean en alléguant que ses propos ne portaient pas sur le Québec. "Le fait que ce soit des indépendantistes purs et durs qui sortent l'histoire ne leur plaît pas. Ils vont faire des pieds et des mains pour ne pas nous donner raison."
Il a souligné que tous les communiqués émis par Le Québécois ont été expédiés au Parti conservateur du Canada. "Et ils (les politiciens de la formation politique) ne réagissent pas."
MCorbeil@lesoleil.com

Réponse à Gil Courtemanche
Jacques Lanctôt, Montréal
Le Devoir mardi 16 août 2005
Lettres: Pauvre petit collaborateur (c'est ce qui est indiqué au bas de ton article). Tu ne changeras donc jamais. L'inflation verbale qui caractérise souvent tes articles n'est certes pas un signe de grande honnêteté intellectuelle.
Je n'ai jamais qualifié Jean-Daniel Lafond de «traître» (envers qui, envers quoi ?), je n'ai jamais affirmé que toute son oeuvre cinématographique (t'es-tu demandé pourquoi tu n'as pas vu un seul de ses films ?) «serait un sale torchon». Quant à Cuba qui serait selon moi le «paradis sur terre», tu tombes dans les pires clichés du genre. Va-t-on te taper sur les doigts à Alternatives ? (J'en doute, bien évidemment).
Pour ce qui est de mon appartenance à une «gaugauche» indépendantiste, là encore tu glisses vers la facilité et les mots recettes, ceux qui sont censés rapporter gros. Je suis plutôt du genre qu'on ne peut classer nulle part, du moins en dehors du «club des pensées respectables». Si je suis un «ayatollah», je me demande bien où sont mes fervents disciples. On ne me lit tout de même pas chaque semaine dans Le Devoir. Trouve autre chose, por favor. René Char disait que «celui qui vient au monde pour ne rien troubler ne mérite ni égards ni patience». Je suis bien d'accord.

The politics of picking a new governor-general
Editorial
The Globe and Mail Tuesday, August 16, 2005
The Prime Minister's Office continues to fulminate against those who would question the suitability of the governor-general-designate, Michaëlle Jean, and her husband Jean-Daniel Lafond. The couple, it says, have been vetted by the Privy Council Office, the RCMP and the Canadian Security Intelligence Service. "There is a rigorous process, and when the Prime Minister says that he is satisfied and that we can all be satisfied that Madame Jean and Mr. Lafond are committed Canadians, we have good reasons to believe the Prime Minister," Scott Reid, Paul Martin's director of communications, said last week. Essentially, the line is that the Prime Minister has picked the new governor-general, and the right people have given the couple a clean bill of health, so shut up.
But even ignoring for now the controversy swirling around the pair, here's the rub. The post of governor-general must be non-partisan. If the government loses the confidence of the House of Commons, the governor-general has the constitutional authority to decide whether to call an election or to give the Opposition a chance to form the government. Yet the appointment process gives the prime minister -- leader of the governing political party, and hardly non-partisan -- free rein in naming the new governor-general.
In this case, he picked one with very little public profile. She owes her office not to her record but to him. There was no requirement that Mr. Martin consult with the leaders of the opposition parties; there was no requirement that he share details of the background checks. Is it any wonder that the sudden unveiling of the name should occasion a mad scramble to find out who this person is, why she might have been picked and what makes her tick?
As Montreal-based pollster Jean-Marc Léger has observed, the fact that Ms. Jean is a Haitian-born francophone may help the Liberals in northern Montreal ridings and particularly among Haitians who, while they have long voted Liberal, have of late been staying away from the polls, while the Bloc Québécois threatens those ridings. The PMO has blasted separatists and others for playing politics. Can it say with a straight face that it put politics entirely aside in choosing Ms. Jean, whatever her other merits? This is not to quarrel with her selection. Rather, it is to suggest that the Prime Minister was the first to inject politics into a position that should be above politics.
The Constitution Act of 1867 did not say how the governor-general should be appointed, or for how long. The assumption, Peter W. Hogg wrote in his book The Constitution of Canada, was that the Queen would just appoint the person on the advice of the British Colonial Secretary, as had been the practice with all colonial governorships.
Mercifully, that assumption has evolved. It should evolve further. It is time, at the very least, to let the opposition leaders know what's up before the next governor-general's name is proclaimed.

Les Haïtiens en colère
Dany Laferrière
La Presse mardi 16 août 2005
Si on pousse Michaëlle Jean à la démission, Dany Laferrière prédit une réaction semblable à celle de l'affaire Maurice Richard, il y a 50 ans
Durant ces 20 dernières années au Québec, on m'a parfois accusé, dans la communauté haïtienne même, d'être trop souvent passé de l'autre côté. Du côté du Québec. Car dans un ghetto, il y a toujours une frontière que ceux qui vivent du bon côté ne voient jamais. Il n'y a pas que la rue Saint-Laurent comme ligne imaginaire de partage dans cette ville. Durant ces vingt dernières années, il m'est arrivé aussi de secouer les Haïtiens, de les provoquer afin qu'ils sortent de leur enfermement social et politique. Je comprends que la dictature puisse les préoccuper encore ici puisque, d'une certaine manière, elle sévit toujours (la dictature de la faim et de l'insécurité) en Haïti.
Mais les Haïtiens sont d'abord un peuple de passionnés. Pas plus ni moins que les Québécois d'ailleurs. Des peuples monomaniaques pour ainsi dire (l'un obsédé par la dictature, l'autre par l'indépendance). Je disais aux Haïtiens d'ici que les Québécois (voyez le recul, alors qu'il y a quelques mois à peine, j'affirmais ici même qu'il n'y a que des Québécois au Québec) ne réclament pas moins que cette liberté qui vous semble si chère. Qu'il faudrait les entendre, un jour. Qu'un Haïtien n'a pas à avoir peur du mot indépendance. Que ce serait important d'analyser les choses calmement avant de prendre une décision.
Les années ont passé, et on a noté un changement important dans l'attitude des Haïtiens face à ce grave débat national: celui de la souveraineté. Je ne dirai jamais aux gens pour qui voter, mais je refuse qu'un parti politique quel qu'il soit puisse penser qu'il a à tout jamais le vote des Haïtiens ou qu'un autre parti puisse croire qu'on doit voter pour lui, ne serait-ce que par reconnaissance. Le vote reste pour tout le monde un acte qui touche à la conscience de l'individu. Tout ce que je voulais, c'est que les Haïtiens tiennent compte de ce qui se passe autour d'eux. Nous ne sommes pas seuls sur une île avec nos drames. Le débat sur l'indépendance qui fait rage au Québec est bien nôtre.
Que comprendre?
Et je demande aujourd'hui à ce que l'on tente de comprendre cette affaire (je parle bien sûr de la controverse qu'a provoqué la nomination de Michaëlle Jean comme gouverneure générale du Canada) du point de vue des Haïtiens. Pour eux, cela fait un moment qu'il n'y a pas eu une seule bonne nouvelle. Les nouvelles venant d'Haïti sont toujours mauvaises, dès qu'on ouvre la télé ici, c'est pour tomber sur des délinquants à cheveux crépus. Une grande majorité de gens honnêtes et travailleurs tentent de rétablir la situation, mais les bonnes histoires font rarement la manchette. Et voilà cette nouvelle de taille qu'un chauffeur de taxi haïtien commente ainsi: " Je ne sais pas si c'est politique, tout ce que je sais c'est que je suis content qu'une Haïtienne soit gouverneure générale du Canada ". Dites-moi la dernière fois que vous avez vu des Haïtiens souriant dans les rues de Montréal ou d'ailleurs au Québec? Et même en Haïti, ce fut comme une pluie bienfaisante sur un pays assoiffé.
Comment avez-vous pu être insensibles à une joie populaire si spontanée (je pointe ici du doigt tous ceux qui, à court d'arguments, ont utilisé des ragots et des insinuations pour tenter de discréditer cette femme qu'ils commencent pourtant tous par dire qu'elle est admirable)? À ceux-là je demande comment avez-vous pu penser que cette joie pouvait jouer contre vous? Comment vous êtes-vous arrangés pour gâcher le plaisir de cette adolescente de Montréal-Nord (elle voyait s'ouvrir devant elle, pour la première fois, de nouvelles perspectives) qu'on a vu si heureuse à la télévision? Bien sûr que tant de naïveté peut faire sourire à une époque où il est de bon ton d'être cynique.
Je m'insurge encore: de quel droit vous êtes-vous placés en travers du bonheur d'un peuple? N'avez-vous pas compris que c'était tout simplement une bonne nouvelle pour des gens qui n'en reçoivent presque jamais? Mieux encore: une nouvelle historique. Pour la première fois, dans l'histoire (il n'y a pas qu'en sport qu'on puisse battre des records), une femme noire devient chef d'État en Amérique Nord. Je sais, je ne suis pas idiot, qu'elle n'a presque aucun pouvoir réel, sauf celui de représenter une Reine qui, elle, ne représente plus grand-chose. Clarifions encore: je ne suis pas monarchiste non plus, mais je connais beaucoup de républicains qui se prennent pour Dieu, et qui pensent qu'ils sont plus importants que leur peuple.
Je n'entends pas défendre Michaëlle Jean et Jean-Daniel Lafond ici. Ils répondront eux-mêmes aux attaques dirigées contre eux. Moi, je veux défendre les sans-voix qui ne peuvent que rentrer se coucher avec leur douleur au ventre. Et la tristesse de voir des gens salir leur unique bonne nouvelle. Mais je leur rappelle aussi que 89 % des Québécois ont accueilli favorablement la nomination de Michaëlle Jean comme gouverneure générale du Canada. Voilà une deuxième bonne nouvelle.
Si un petit groupe de gens croit qu'il peut changer les choses et pousser Michaëlle Jean à la démission, je tiens à les avertir que les Haïtiens et leurs nombreux amis sortiront pour la première fois dans les rues de Montréal pour défendre leur fierté bafouée, comme on l'a déjà fait au Québec lors de l'affaire Maurice Richard. Car, depuis trente ans que je suis au Québec, je n'ai jamais senti monter une telle fierté de se sentir Québécois suivie d'une telle déception dans la population haïtienne. Une déception qui pourrait bien se changer en colère.

Laferrière : une attitude irresponsable et malsaine
Journal Le Québécois
16 août 2005
Québec, le 16 août 2005 - Dans l'affaire de la gouverneure générale Michaëlle Jean et son mari, le romancier Dany Laferrière fait preuve d'une irresponsabilité sans nom en jugeant de la désignation de Mme Jean et des remises en question qui fusent sur une base raciale, et ce, en y allant d'un odieux chantage, en menaçant le Québec de rien de moins qu'une révolte haïtienne.
L'ORIGINE ETHNIQUE ET LA COULEUR DE LA PEAU DE Mme JEAN N'ONT RIEN À VOIR DANS LE PRÉSENT DÉBAT!
M. Laferrière, sachez que, dans une société moderne et pluraliste comme le Québec contemporain, la couleur de la peau et l'origine ethnique des individus ne devraient pas être des critères pour juger de la place qu'occupe une personne dans un poste publique. De grâce, cessez de vouloir faire dévier le débat sur des critères raciaux, c'est une attitude ethniciste, irresponsable, malsaine et scandaleuse!
Pour notre part, nous croyons que la communauté haïtienne du Québec et nos frères et soeurs d'Haïti méritent mieux qu'une racialisation du débat et d'une gouverneure générale dont la mission sera, dixit Paul Martin, de « redorer l'image du fédéralisme au Québec » et non d'aider Haïti.
Ainsi, le journal Le Québécois propose plutôt que les différents candidats à la chefferie du Parti Québécois s'engagent à ce que 50% de l'aide internationale du Québec indépendant aille à Haïti pour aider ce pays-frère francophone à se reconstruire.
Cela devrait aider beaucoup plus nos frères et soeurs d'Haïti qu'une gouverneure générale et que les irresponsables et malsaines menaces et dérives de M. Laferrière.
Aidons nos frères et soeurs haïtiens et haïtiennes et gardons-nous de faire dévier dangereusement le débat!

The gathering storm
Don MacPherson
The Montréal Gazette August 16, 2005 Tuesday
Tensions between the Charest government and its unions are growing, leading to inevitable confrontations in the fall
Fall provincial-election watch update: Premier Jean Charest now says he has no intention of holding an early election this fall.
This is in response to what I wrote a week ago, which is that Charest appeared to be laying the groundwork for a possible early election in which he would seek support against the public-sector unions.
Charest's denial can mean one of three things:
He was bluffing when he told his caucus of Liberal MNAs last June to be ready for a possible fall election, and was using the possibility of an imminent campaign to keep the party in line behind him.
He was serious then, but has backed down because he realized public opinion won't buy the need for a majority government to hold an election less than three years into its term in office.
A fall election is still an option, but Charest wants to quiet public talk of one so as not to be seen acting in bad faith toward the unions.
If there's no provincial election this fall, it will not be good for the Liberals - the federal ones.
Because it means the federal Libs will be first to face the anger of Quebec voters at both Liberal parties, at the federal one over the sponsorship scandal and at the provincial one for its body of work.
Prime Minister Paul Martin has vowed to subject Canadians to an election in the dead of next winter if the opposition parties will give him until then to introduce an election budget.
And as Martin's Quebec lieutenant, Jean Lapierre, acknowledged in an interview with The Gazette last week, the parties sharing the Liberal name are "cross-contaminated" in this province by each other's political problems. Whichever one faces the judgment of the electorate first will pay not only for its own sins but also in part for those of the other.
Whether Charest's agenda is to justify an election or a settlement imposed by law or simply political self-preservation, his government already has mounted a public-relations offensive against the unions representing its employees.
Both the government and the unions know that the public has tended to blame the Charest government for disturbances of "social peace" by protesters against its policies. So the government knows to expect disruptions of public services this fall, and it's trying to make sure they're blamed on the unions instead of on itself
On consecutive Sundays, first Charest and then Treasury Board president Monique Jerome-Forget took advantage of the slow news day to suggest the unions are being unreasonable. For this government, repeating the same message a week later passes for a sustained PR campaign.
Charest kicked off the campaign by urging the unions to respect Quebec's capacity to pay, noting unlike other workers, the government's employees have "guaranteed jobs."
Then Jerome-Forget invited the unions back to the bargaining table, which the unions said they found puzzling for two reasons. One is that talks haven't broken off in the first place. The other is that the government hasn't left much room for bargaining, since it insists its initial overall offer is also its final one.
(The two sides are far apart. The unions haven't budged from the initial position they took in fall, 2003: wage increases totalling 12.5 per cent over three years, and an additional adjustment to achieve pay equity. The government is offering 12.6 per cent - but over six years, and including pay equity. Wages and benefits account for 56 per cent of what the government spends on its programs.)
And though it might seem early to launch a PR campaign on the first weekend of August, the start of the new school year is fast approaching, and disruptions seem inevitable.
Jerome-Forget, in particular, targeted the teachers. She said she was "surprised" they hadn't accepted a government proposal addressing their stated priority, which is additional professional help for pupils with learning or behavioral problems. And she hoped for a "peaceful" start to the new school year for pupils and parents.
Not much chance of that. Though it's still only mid-August, tensions are already escalating, and it appears inevitable the fall will be a season of confrontation.
dmacpher@thegazette.canwest.com


Jean Charest au Devoir
«On a des responsabilités beaucoup plus importantes que le fédéral»
Antoine Robitaille
Le Devoir mardi 16 août 2005
Banff - Le fédéral est dans le «policy making» abstrait alors que le Québec a les mains directement dans les «opérations» quotidiennes concrètes, a fait valoir le premier ministre du Québec Jean Charest, vendredi, lors d'un entretien avec Le Devoir, peu après la fin de la réunion du Conseil de la fédération (CdF), à Banff.
Certes, il était enchanté d'avoir obtenu ce qu'on aurait pu qualifier de «happy ending à la canadienne», soit un consensus des provinces pour réclamer du fédéral de rehausser sa part de financement de 1994-95 en éducation (ce qui signifierait au moins 2,2 milliards de plus pour les provinces et quelque 700 millions de plus pour le Québec). Mais il s'est montré déçu de l'attitude du fédéral, qui a fermé la porte, le jour même, et à une conférence fédérale provinciale, et à un réinvestissement immédiat en éducation. L'homme n'était toutefois pas surpris et dit avec une certaine candeur: «J'y ai été au fédéral, moi. Dans ces dossiers-là, le fédéral ouvre toujours avec "non" comme première réponse. Ça a été comme ça en santé. Ça a toujours été comme ça. Alors, je ne suis pas surpris.»
Pour percer ce mur du refus de ce fédéral aux poches pleines de surplus (lesquels pourraient être davantage autour de huit milliards de dollars en 2005 et non cinq, tel que projeté), pour le contraindre à «faire sa part», le premier ministre compte sur une série d'événements que le CdF organisera cet automne: une rencontre des ministres des finances et de l'éducation des provinces et territoires à Québec début octobre, suivie d'un sommet pancanadien de tous les intervenants en matière d'éducation, fin octobre, dont le lieu n'a pas encore été déterminé - «on a évoqué la possibilité d'aller à Ottawa», dit-il. Ensuite, le fédéral devrait accepter de tenir une conférence fédérale-provinciale.
«Comme un couple...»
Le déséquilibre fiscal fait beaucoup de tort au Québec, a aussi dit Jean Charest. «C'est comme un couple où chacun gagne 50 000 $. Il y en a un qui dit à l'autre: "toi tu vas payer l'éducation, la santé, le transport, le chauffage de la maison, la garderie pour le plus jeune et les frais de scolarité pour le plus vieux. De mon côté, je vais prendre le compte de téléphone, le câble et la sécurité de la maison, point". Pour illustrer le propos, j'ai fait sortir les chiffres sur nos dépenses respectives.» M. Charest présente alors un petit graphique: «Voilà: 74 % de nos dépenses, c'est pour les opérations: les salaires, l'immobilisation, les fournitures. Au fédéral, c'est exactement l'inverse: c'est 33 %. Le budget fédéral, c'est 67 %, de transferts. Nous, en transferts, on est seulement à 26 %.»
Mais que disent tous ces chiffres, exactement? «Comme les autres gouvernements provinciaux, nous, on est dans les opérations de tous les jours: c'est-à-dire les services en éducation, en santé, en aide sociale. C'est ça notre mandat. Le fédéral, lui, n'est pas là du tout. C'est ce qui explique le déséquilibre fiscal. On a beau avoir accès aux mêmes sources de revenus, on a des responsabilités beaucoup plus importantes que le fédéral.»
Stratégie «nationale»?
Par ailleurs, pour obtenir son consensus la semaine dernière, Jean Charest a dû accepter qu'une future conférence fédérale-provinciale sur l'éducation ait pour objectif de définir «une stratégie pancanadienne d'éducation et de formation professionnelle». Stratégie «nationale», donc. Cela ne rappelle-t-il pas la notion honnie de «normes nationales»? L'éducation n'est-elle pas de compétence provinciale? «Raison de plus pour moi de coprésider le sommet d'octobre», répond Jean Charest. «Ça va être très clair qu'au Québec on est très ferme sur la question des compétences, et tout le monde est d'accord», dit-il, prenant soudainement un air déterminé. Il soutient ensuite que le «fédéralisme asymétrique» nous permet d'avoir bon espoir que tout se fasse «dans le respect des compétences québécoises». Selon lui, «c'est le propre du système fédéral qu'on puisse reconnaître les réalités de chacune des régions». En revanche, à ses dires, collaborer avec les provinces et le fédéral en matière d'éducation peut profiter aux Québécois: «Moi je veux que les diplômés québécois puissent se faire reconnaître à l'extérieur du Québec et je veux qu'on puisse reconnaître les compétences qui proviennent de l'extérieur et qui arrivent chez nous», dit le premier ministre.
«Chose certaine, ça va être un automne de débat en matière d'éducation», dit-il, avec le sourire, avant de congédier le journaliste.

Sur les traces de nos ancêtres
William Biard
Sud Ouest, Cote Basque, mardi 16 août 2005
Une carte touristique basco-québécoise sera établie pour 2008. Il faut répertorier les Basques partis en Nouvelle-France et leurs descendants
En juillet 2008, l'ensemble des régions de France fêteront le 400e anniversaire de la fondation de Québec et de la Nouvelle-France par Samuel de Champlain en 1608. Des festivités se dérouleront tout au long de l'année et il est prévu, entre autres, l'édition d'une carte sur les lieux de mémoire communs franco-québécois.
Cette carte servira de support aux touristes québécois, louisianais et acadiens qui viendront à la recherche de leurs ancêtres sur des « chemins de mémoire ». « Un enjeu économique autant que culturel, destiné à promouvoir aussi les attraits touristiques des zones concernées » commente la présidente nationale du Comité des lieux de mémoire, Janine Giraud-Héraud (Terres-de-Provence-Québec).
Incontournables basques. Le but : localiser exactement les communes d'où sont originaires les missionnaires, fonctionnaires, filles du roy, paysans et autres soldats des régiments de sa majesté envoyés outre Atlantique de la Baie d'Hudson au delta du Mississippi, chez Indiens Abénaquis d'Acadie jusqu'aux Sioux Sauteux des plaines de l'Ouest, dans cette immense Nouvelle-France (les 2/3 de l'Amérique du Nord) dont Québec était la capitale continentale.
Le Pays Basque est l'un des mieux placé pour promouvoir ses charmes sur cette carte touristique. Aucune autre région ne peut se targuer d'avoir été aussi présente tout au long de l'aventure nord-américaine. Avec Thomas Etchevette, réputé premier Basque aux Terres-neuves au XVIe siècle et qui entrepris pas moins de vingt-huit voyages vers les grands bancs. Avec Bernard Marot et le sieur de Martignon (Martin d'Aprendisteguy) qui firent les belles heures de l'Acadie dès le XVIIe, sans oublier tous ces patrons de pêcheries (Pierre Carrerot, Michel Daccarette) pour qui la France créa la province de Plaisance à Terre-Neuve où se trouve toujours, de nos jours, l'Anse aux Basques et Port aux Basques. Basques qui, ensuite, se rapatrièrent vers l'Ile Royale (Louisbourg, Nouvelle-Ecosse) où beaucoup firent fortune, vers la vallée du Saint-Laurent et Saint-Pierre et Miquelon.
Frères. Emigrant souvent en Nouvelle-France par couple de frères (les D'Olabaratz, Laporte de Lalanne), gardant systématiquement le lien avec les armateurs de Bayonne et Saint-Jean de Luz (Damestoye, Darguinarat...) pour exporter le poisson tant vers les Antilles que vers l'Espagne, de nombreux Basques firent souches, certains se distinguant dans l'orfèvrerie (Jean-Baptiste Descheverry) ou dans la carrière militaire (Michel de Salaberry). Et l'émigration au long des côtes du Saint-Laurent (en Gaspésie notamment) continua, y compris après 1763 et la fin du régime français (Michel et Pierre O'Bask).
Appel. Cela dit, toute la difficulté, aujourd'hui, réside à retrouver non seulement les actes de naissance, baptêmes et autres pièces d'Etat civil de ces illustres « ancêtres » comme l'on dit au Québec, mais également à retrouver des descendants de ces pionniers. Descendants issus de frères ou de soeurs restés dans les régions d'origine. Car la demande est forte, outre-Atlantique, de venir sur place participer à des « cousinades » à l'occasion du « Quat'centième ». Autrement dit d'organiser des rencontres entre Bernatchez d'Amérique et Barnetxe du Pays Basque, entre Chapados de Paspébiac (Québec) et Chapados d'ici. Mais d'où étaient originaires Joannis Bastarache, Johan Chapados ou autres Jean Dolabaratz dont on sait simplement qu'ils étaient Basques ? Certains lieux de naissance, certaines maisons de famille manquent au recensement en cours. Appel est lancé aux familles du pays qui, dans leur mémoire généalogique, se rappellent du départ d'un aïeul vers les terres d'Amérique. Avis également aux historiens et spécialistes de nos contrées.
Contact : Monique Marchand, Pays-Basque-Québec : 05.59.44.01.99. Courriel : paysbasque.quebec@wanadoo.fr
(1) France-Québec compte 6 000 adhérents répartis dans 68 associations régionales et locales dans l'Hexagone.
(2) Euskaldunak est le nom de l'association des Basques du Québec dont le siège est situé à Outremont (Montréal). Tel. : 1-514-270-6035.


APPUI A LA FRANCOPHONIE CANADIENNE
LE QUÉBEC VERSE 1,9 MILLION DE DOLLARS POUR UNE TROISIEME ANNEE CONSECUTIVE
CNW Telbec/
mardi 16 août 2005
QUÉBEC, le 16 août /CNW Telbec/ - M. Benoît Pelletier, ministre
responsable des Affaires intergouvernementales canadiennes, de la
Francophonie canadienne, de l'Accord sur le commerce intérieur, de la Réforme des
institutions démocratiques et de l'Accès à l'information, est fier
d'annoncer que plus de 1,9 million de dollars sera accordé cette année à des organismes
du Québec et à des communautés francophones et acadiennes du Canada qui se
sont associés en vue de réaliser 246 projets liés à la promotion de la
francophonie canadienne. "Malgré l'état précaire de ses finances publiques,
le gouvernement du Québec se réjouit d'appuyer pour une troisième année
consécutive des initiatives qui contribuent à la vitalité et à l'affirmation
du fait français au Canada", a-t-il déclaré.
Ainsi, dans le cadre du Programme de soutien financier aux partenariats
et au développement des communautés découlant de la Politique du Québec à
l'égard des communautés francophones et acadiennes du Canada, le
gouvernement a appuyé, cette année, 154 projets qui équivalent à une contribution
financière totale de 1 526 950 $. Sur une base régionale, ils se
répartissent de la manière suivante : 28 projets proviennent de l'Atlantique, 43, de
l'Ontario ou du Manitoba, 41, des provinces de l'Ouest, et 42 projets
pancanadiens ou multirégionaux. Ces projets touchent des domaines jugés
essentiels à la vitalité de la langue française comme la culture et les
communications, l'éducation, l'économie et la santé.
A la faveur du Programme de coopération interprovinciale découlant de la
même politique, le gouvernement du Québec s'associe à un nombre grandissant
de gouvernements des provinces et territoires au moyen d'accords bilatéraux en
vue de mieux appuyer la francophonie au Canada. De tels accords ont
d'ailleurs été signés récemment avec l'Alberta, le Yukon et le Nouveau-Brunswick, ce
qui porte à huit le nombre de provinces et territoires auxquels le Québec s'est
joint pour favoriser l'essor de la francophonie canadienne. Les domaines de
la culture, de l'éducation et de la recherche universitaire de même que la
clientèle des jeunes y sont particulièrement visés. Ainsi, depuis le début
de l'année, 92 projets ont été retenus à la faveur d'accords de coopération
interprovinciale associant le Québec avec le Nouveau-Brunswick, l'Ile-du-
Prince-Edouard, la Saskatchewan et le Manitoba, pour une contribution totale
des gouvernements participants de 806 590 $, dont 403 295 $ provenant du
Québec. Des initiatives de coopération appuyées par le Québec de concert
avec
la Nouvelle-Ecosse, l'Alberta et le Yukon seront également annoncées à
l'automne 2005. "Je me réjouis de cet engagement très significatif des
gouvernements des provinces et territoires qui démontre l'importance qu'ils
accordent à la francophonie canadienne", a ajouté le ministre.
Soulignons que, pour une deuxième année, plusieurs des projets retenus
dans le cadre des deux programmes s'inscrivent dans la foulée du Forum sur
l'éducation qui s'est tenu à Québec, à l'automne 2003. C'est le cas, par
exemple, du projet "Réseau des cégeps et des collèges francophones du
Canada" qui prévoit la mise en place d'activités à l'intention des établissements
d'enseignement québécois et francophones de l'extérieur du Québec, afin que
ces derniers forment des canaux d'échanges continus et partagent des outils
de gestion et des méthodes pédagogiques.
Par ailleurs, mentionnons que dans le cadre du Programme de soutien
financier aux partenariats et au développement des communautés un appui de
près de 100 000 $ a été accordé cette année à la réalisation d'activités
publiques qui mettent en évidence la richesse et l'apport des communautés
francophones de l'Alberta et de la Saskatchewan au moment où ces provinces
fêtent leur 100e anniversaire d'entrée dans la Confédération. Un soutien
important a aussi été apporté à la Fédération de la jeunesse canadienne-
française pour assurer la planification des Jeux de la francophonie
canadienne et leur tenue à Winnipeg, du 20 au 24 juillet dernier.
M. Benoît Pelletier a aussi soutenu qu'il voulait renforcer les
relations entre le Québec et les communautés au sein de la francophonie canadienne en
rappelant que cette vitalité est une condition essentielle au maintien de la
dualité linguistique, une des caractéristiques importantes de ce pays. A cet
effet, au cours des prochains mois, il annoncera l'implantation d'un Centre
de
la francophonie dans les Amériques et la mise en oeuvre d'une nouvelle
politique du Québec en matière de francophonie canadienne. Il a également
mentionné que "cette politique, fruit d'une vaste consultation auprès des
communautés francophones et des Québécois, proposera une vision renouvelée
de
la francophonie canadienne au sein de laquelle le Québec entend exercer un
leadership rassembleur. Les programmes d'appui qui accompagneront cette
nouvelle politique viseront le développement de liens encore plus étroits
entre toutes les composantes de la francophonie canadienne, une francophonie
vivante, tournée vers l'avenir".
Les personnes intéressées à obtenir plus de renseignements sur les
mesures de soutien financier à la francophonie canadienne ou sur les projets
soutenus en 2005 2006 sont invitées à visiter le site Web suivant :
http://www.saic.gouv.qc.ca/francophonie_et_cooperation/ .

Canada must give in order to get in agricultural trade negotiations
David Crane, Toronto Star
The Toronto Star August 12, 2005 Friday
In any serious negotiation, you have to give to get. Canada's trade negotiators seem to have forgotten this basic rule in the current global trade negotiations on agriculture at the World Trade Organization.
Canada is seeking much better trade access for its farmers who produce grains such as wheat and barley, meats such as beef and pork, products such as canola and corn. But at the same time, it says, it will fight "tooth and nail" to resist making it easier for other countries to sell dairy or poultry products in Canada.
The reason for this double standard is simple.
Canadian dairy and poultry farmers' products are produced and sold under a system of supply management based on strict production quotas allocated to individual farmers, with the domestic market protected by tariffs so high they make imports next to impossible. These farmer are based primarily in Ontario and Quebec - and disproportionately in Quebec. Dairy farmers in Quebec hold quotas entitling them to produce 45.8 per cent of Canada's milk. Ontario farmers have 31.5 per cent and the other eight provinces have 22.7 per cent.
With a minority Parliament, the federal government is determined to show Quebec farmers in particular it is standing up for their interests. To get a majority in Parliament, the Liberals would have to win more seats in Quebec, and the Quebec dairy farmers are a powerful lobby.
But this approach doesn't make sense for two reasons. First, at the end of the day, Canada will have to make concessions, so it is foolish to pretend it won't. Second, by demanding better access for products such as meat and wheat, while resisting concessions in dairy and poultry, Canada is marginalizing itself at the World Trade Organization, losing credibility with other trading nations.
The first inroads into Canada's supply management system occurred in the Uruguay Round of negotiations concluded in 1994. Canada had to convert existing import quotas to tariffs. These tariffs are very high, currently a prohibitive 298.5 per cent for butter, 245.5 per cent for cheese, 238 per cent for chickens and 168 per cent for eggs.
At the same time, Canada has a tiny tariff rate quota for each of these products, which means a small percentage of imports can come in at a much lower or even zero tariff rate. Imports are equivalent to about 5 per cent of butter production and nearly 20 per cent of cheese production.
Since the mid-1990s, there appears to have been little serious thought given to finding ways to better prepare dairy and poultry farmers for change in world trade rules. So once again, trade officials have to make brave noises about fighting "tooth and nail" to defend our dairy and poultry farmers.
In fact, there are only about 16,790 farms producing under the dairy quota, compared with 26,199 in 1993-1994 and 46,910 in 1983-1984, and the volume of production in 2003-2004 was almost identical to the volume produced in 1983-1984. The result is that each dairy farm today produces much more milk.
One of the consequences of a quota system is that it is very expensive for newcomers to enter the business. Today, a quota costs about $28,000 per cow so that a young person wanting to start a dairy farm with say 50 cows would have to find $1.4 million just for the right to produce. Getting an actual farm would come on top of that.
It also means that existing dairy farmers have a huge financial stake in their quotas, which, according to Statistics Canada, are altogether worth about $18 billion.
Despite these numbers, dairy farming is not a rich way of life for many dairy farmers and their main asset may consist of the value of their quotas.
There are many advantages to the supply management system - in particular it provides a level of stability to a way of life that is subject very much to the vagaries of weather, disease and other factors. It has also provided Canadians with safe and high-quality products.
The question now is how to reconcile the goals of supply management with a global trading system. This has received far too little attention. But if we want to gain better access to world markets for many other of our farm products we can't build a wall around our dairy and poultry farms.

Je maintiens ma décision
Bernard Landry
Montréal, le (16) août 2005
En juin dernier, j’ai pris la décision de quitter la direction du Parti Québécois. J’ai posé ce geste dans le seul intérêt du Québec et pour mieux contribuer à son accession à l’indépendance nationale.
Depuis ce temps, plusieurs militantes et militants m’ont demandé de réévaluer ce choix et m’ont sollicité de diverses manières pour me présenter à la direction du parti.
C’est au nom du respect de ces personnes que j’ai analysé soigneusement la situation et accepté de réfléchir à la possibilité de répondre à ces appels.
La réflexion que j’avais le devoir de mener est maintenant terminée et toujours dans l’intérêt supérieur du Québec et du Parti Québécois, je maintiens ma décision de juin dernier.
Je fais pleinement confiance à la capacité du Parti Québécois de se renouveler et je suis persuadé que l’actuelle course permettra à nos militantes et militants d’élire comme chef la personne qui nous conduira à la victoire électorale et, surtout, référendaire.
J’ai été extrêmement touché par les témoignages d’estime et de sympathie qui m’ont été adressés et je tiens à exprimer ma gratitude à tous celles et ceux qui les ont exprimés. Je les remercie de leur confiance et tâcherai de ne pas les décevoir dans mes actions futures en faveur de l’indépendance du Québec.
L’objectif de la souveraineté est au centre de ma vie citoyenne comme il l’est pour des millions de personnes qui veulent se donner au plus tôt un « pays complet et reconnu » comme le disait René Lévesque. Je resterai donc un militant dévoué et chercherai de toutes mes forces à contribuer à l’atteinte de cet idéal essentiel pour notre nation.
