
Référendum de 1995 - Une lettre qui dérange
Mario Cardinal, Journaliste et ex-ombudsman de Radio-Canada
Le Devoir mercredi 7 septembre 2005
Extraits de Point de rupture, Québec/Canada - Le référendum de 1995 (Bayard Canada, en collaboration avec la SRC-CBC, 2005), à propos duquel la télévision Radio-Canada présente ce soir et demain un documentaire de quatre heures.
Le jour même du rassemblement des gens d'affaires au Palais des congrès, un sondage fait passer le camp du NON de l'inquiétude à la panique. L'écart entre les deux options, qui était de huit points en faveur du NON trois semaines auparavant, est disparu, et c'est maintenant le OUI qui détient un point d'avance. [...]
Malgré le revirement de l'opinion publique en faveur du OUI, l'entourage de Jacques Parizeau n'est pas rassuré pour autant. Le débat autour de l'adhésion du Québec à l'ALENA soulève peu de passion dans la population et les souverainistes s'en réjouissent, mais le gouvernement apprend d'une source diplomatique américaine que la pression se fait insistante sur la Maison-Blanche pour qu'il y ait «une déclaration plus opérationnelle».
«Qu'est-ce que ça veut dire, une déclaration plus opérationnelle ?, dit Jean-François Lisée. Ce qui nous inquiétait, c'était qu'ils disent quelque chose sur les emplois, l'investissement américain au Québec, le nerf économique, quoi !»
Le camp Parizeau ne s'inquiète pas sans raison. Le 18 octobre au matin, [l'ambassadeur des États-Unis au Canada] James Blanchard quitte Ottawa pour Washington en compagnie de son épouse, Janet. Il vient de lire le Globe and Mail, qui annonce que le discours de Paul Martin sur le million d'emplois perdus provoque une réaction négative dans les troupes du NON. «J'étais plus convaincu que jamais qu'il était temps, pour les États-Unis, d'affirmer leur appui à un Canada uni», écrit-il dans son autobiographie.
Blanchard a une certitude : le premier endroit où un gouvernement québécois se précipiterait, une fois l'indépendance acquise, c'est à Washington, et non à Paris, à cause des échanges commerciaux beaucoup plus importants avec les États-Unis qu'avec la France. Il ne craint donc pas que les souverainistes poussent les hauts cris si le gouvernement américain s'engage plus avant dans la défense d'un Canada uni.
Il a une autre certitude : le président Bill Clinton et le secrétaire d'État Warren Christopher pensent comme lui. «Ils ont juste besoin de quelqu'un qui a de bonnes antennes politiques pour vérifier jusqu'où le gouvernement américain peut aller sans insulter les Canadiens», écrit-il dans son livre.
Dès son arrivée à Washington, Blanchard se précipite au secrétariat d'État pour un entretien avec Christopher, le sous-secrétaire d'État aux affaires politiques, Peter Tarnoff, la directrice du bureau des affaires canadiennes, Lynne Lambert, et quelques fonctionnaires. Il propose à Christopher le texte d'une déclaration qu'il pourrait faire à l'appui du fédéralisme canadien. «Mais, dites-moi, pourquoi faisons-nous cela ?», lui demande le secrétaire d'État. Blanchard explique alors que la bataille référendaire est très serrée et que les Québécois attachent la plus grande importance à ce que pensent les Américains.
«J'ai parlé aux adjoints du premier ministre Chrétien, lui dit-il, et ils sont d'accord. Tout le monde est d'accord.» Christopher lui répond alors : «Je me rends compte que ça vous préoccupe beaucoup, n'est-ce pas, Jim ? J'ai simplement voulu avoir votre opinion. Ne vous inquiétez pas. Je suis là !»
Plus tard en journée, Warren Christopher a un tête-à-tête avec le ministre canadien des Affaires étrangères, André Ouellet, qui se trouve à Washington pour discuter du renouvellement du Commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (NORAD). Lors d'un point de presse qui suit la rencontre, le secrétaire d'État va plus loin que la position traditionnelle de Washington. «Je ne veux pas me mêler de ce qui est, à juste titre, une question interne au Canada, dit-il aux journalistes. Mais, en même temps, je veux signaler à quel point nous avons bénéficié, ici aux États-Unis, de l'occasion d'avoir le genre de relations que nous avons en ce moment avec un Canada fort et uni. [...] Je crois que nous ne devons pas tenir pour acquis qu'une organisation différente aurait exactement le même type de rapports.»
En haut lieu
Blanchard jubile : les propos et l'attitude de son patron correspondent à ce qu'il souhaitait. Il doit maintenant s'assurer que la presse rapporte fidèlement ce qu'a dit Christopher. Dès le lendemain, il prend l'avion pour Boston afin de s'entretenir avec des responsables de la rédaction du Boston Globe.
Et c'est alors qu'il reçoit un appel du consul général des États-Unis à Québec, Stephen Kelly, qui l'informe que Bernard Landry a mal pris l'intervention de Christopher, qu'il a une lettre à lui transmettre et qu'il veut la remettre en mains propres à l'ambassadeur. Le gouvernement du Québec aura donc mis moins de 24 heures à réagir aux propos de Christopher.
En même temps que Bernard Landry l'envoie à Kelly, une copie de la lettre est expédiée dans la capitale américaine, confiée au conseiller spécial de Jacques Parizeau à Washington, René Marleau, avec mandat de l'envoyer à la Maison-Blanche. «Je ne sais pas pourquoi [il fallait l'envoyer] à la Maison-Blanche, s'interroge encore Marleau aujourd'hui, puisque la lettre était adressée à Warren Christopher.»
En bon fonctionnaire, Marleau s'exécute et demande à son attaché politique d'aller déposer la lettre à la Maison-Blanche. «J'ai été sidéré à la lecture de cette lettre, dit-il. Pourquoi ? Parce qu'elle allait complètement à l'encontre d'un des principes de notre présence à Washington, surtout pendant cette période, c'est-à-dire de ne pas "antagoniser" les Américains.»
Plus tard, Marleau rencontre son contact au secrétariat d'État, Lynne Lambert, qui lui confirme que Christopher a bien reçu la lettre. Selon Jean-François Lisée, cependant, la lettre est adressée à Warren Christopher, mais «le destinataire réel, c'est la Maison-Blanche».
Ton ferme
La correspondance frappe par la fermeté du ton. «La déclaration [de Christopher], faite moins de deux semaines avant le référendum, écrit Landry, a reçu une attention considérable et a été présentée par les adversaires du projet de notre gouvernement comme une dérogation claire à la position traditionnelle des États-Unis.»
Il rappelle le rôle déterminant du Québec dans le dossier de l'Accord de libre-échange, alors que le Parti libéral de Jean Chrétien y était opposé. «Un Québec indépendant serait, après tout, votre huitième plus important partenaire commercial», ajoute-t-il. Landry souligne que, si des déclarations américaines étaient perçues comme un facteur dans la décision que les Québécois s'apprêtent à prendre, elles entreraient dans la mémoire collective et dans les livres d'histoire.
«Si le OUI l'emporte, ce qui est maintenant probable, poursuit la lettre, les électeurs du Québec et les historiens se souviendront que la souveraineté du Québec a été acquise en dépit et même contre la volonté des Américains. Ce qui rendra plus difficile notre tâche de développer avec les États-Unis des relations productives et amicales qui nous tiennent à coeur.
«Si la victoire échappait au OUI par une mince majorité, comme c'est possible, ceux qui auront voté OUI -- une majorité claire de Québécois francophones -- auront la tentation de rendre les États-Unis en partie responsables de leur profond désappointement. Je ne sais pas combien il faudra de décennies pour dissiper ce sentiment.»
Et Landry de conclure : «Si, dans les jours à venir, il y avait des déclarations américaines encore plus accentuées, ou si elles venaient des hautes autorités de l'administration, elles laisseraient des cicatrices encore plus profondes dans notre histoire.»
Un fou !
«Ce gars-là est fou !, réagit Blanchard à l'information que lui rapporte Stephen Kelly. Dites-lui que je vais l'appeler. Il va passer pour un fou à Washington pour avoir semblé menacer le secrétaire d'État des États-Unis. Dites-lui, s'il a un peu de cervelle, de ne parler à personne de cette lettre. Dites-lui que je vais la garder confidentielle mais que je crois qu'il a fait une grosse bêtise en l'écrivant.»
Le bureau de Warren Christopher a bien reçu la lettre mais le secrétaire d'État en a-t-il pris connaissance ? Selon Blanchard, il ne sait même pas qui est Bernard Landry. A-t-elle eu un impact à Washington ? «Ils ne l'ont jamais vue, prétend l'ambassadeur. Je pense que le bureau du Canada au secrétariat d'État l'a lue et qu'il a simplement pensé que c'était loufoque. Je n'ai pas voulu qu'il paraisse mal. Ce n'est pas mon travail. Et, de toute façon, il s'agissait d'une lettre privée.»
Pour Blanchard, la lettre démontre que le Parti québécois est plus déterminé qu'il ne le croyait, «plus fanatique, plus problématique». Sur ses instructions, Lynne Lambert, au bureau du Canada du secrétariat d'État, l'a classée, destinée à ne jamais recevoir de réponse.
Qui en a pris l'initiative, à Québec ? «Évidemment, la lettre a été approuvée par M. Parizeau», dit Jean-François Lisée, qui l'a rédigée. Mais Parizeau dit qu'il n'était pas au courant : «C'était une initiative de M. Landry, dit-il. Cela faisait partie de ses attributions comme vice-premier ministre et chargé des relations internationales.»
Et on aurait tendance à le croire car, lorsqu'il a nommé René Marleau conseiller spécial à Washington, quelques semaines plus tôt, il lui a fait deux recommandations : «Le tenir informé de la perception des Américains vis-à-vis de la souveraineté et ne pas faire de vagues !», se souvient Marleau.
Quoi qu'il en soit, la lettre a été préparée rapidement, sans consultation des quelques lobbyistes qu'utilise le gouvernement du Québec dans la capitale américaine. «Ou on se comporte en moutons, et les Américains vont nous traiter comme des moutons, ou on leur dit : "Attention !"», dit, pour en expliquer le ton de fermeté, Jean-François Lisée, que sa carrière a amené à bien connaître les Américains.
Contrairement au souhait de l'ambassadeur américain, la lettre, ou, à tout le moins, son contenu, ne demeure pas confidentielle. Le gouvernement québécois téléphone à certains gouverneurs, surtout ceux de la Nouvelle-Angleterre, notamment Angus King, du Maine, et William Weld, du Massachusetts. «Pour leur dire, précise Lisée : écoutez, tout ce qu'on demande, c'est qu'il n'y ait pas d'interventions négatives, et on vous invite à appeler à la Maison-Blanche pour "passer le message".»
Leur a-t-on parlé à ce moment-là de la lettre de Landry à Christopher ? Blanchard n'en écarte pas la possibilité. Deux jours après, le consul américain à Québec apporte aux adjoints de Parizeau ce que ceux-ci considèrent comme la preuve que l'opération est une réussite : il veut savoir combien de gouverneurs ont été appelés. Le message s'est donc rendu au secrétariat d'État.
Lisée considère qu'une autre preuve en sera apportée lorsque, la semaine suivante, le président Clinton, dans sa déclaration d'appui au Canada, se sentira obligé de la nuancer et de dire que c'est aux Québécois et aux Canadiens de décider. Mais le conseiller spécial de Parizeau à Washington, René Marleau, ne partage pas cet avis : «Pour moi, dit-il, les déclarations qui ont été faites par les autorités américaines après la réception de la lettre auraient été faites de toute façon.»

Référendum de 1995:
Le PLC s'apprêtait à évincer ses ministres québécois
Simon Boivin
Le Soleil mercredi 7 septembre 2005
Ottawa n'avait pas de plan B advenant une victoire du Oui
Lorsqu'une victoire du Oui est devenue une possibilité bien réelle, en 1995, des élus du PLC ont envisagé de démettre Jean Chrétien et les ministres québécois de leurs fonctions.
Ce soir et demain, à 20 h, Radio-Canada diffusera le documentaire Point de Rupture, réalisé par Hubert Gendron, qui relate les événements de coulisses du dernier référendum. Accumulées pendant trois ans, les entrevues ont aussi servi à la rédaction d'un livre du même nom, rédigé par le journaliste et ex-ombudsman à Radio-Canada, Mario Cardinal.
À sept jours du plébiscite, alors que les sondages donnent le camp séparatiste gagnant, un groupe de ministres libéraux du Canada anglais tient une réunion. Si le Oui doit l'emporter, il est hors de question de laisser des Québécois négocier la partition du Canada avec Lucien Bouchard et Jacques Parizeau.
"Est-ce qu'un premier ministre qui vient du Québec peut représenter le Canada ? interroge Brian Tobin, alors premier ministre de Terre-Neuve. Est-ce que des ministres du Québec pourraient former l'équipe de négociation canadienne ? La réponse est non et la structure devrait changer. C'était notre devoir. Personne ne le souhaitait, mais on s'est regardé dans le blanc des yeux et on s'est dit que, s'il le fallait, on ferait notre travail."
Pour les Tobin, Franck McKenna, Bob Rae et Mike Harris, évoquer les souvenirs d'octobre 1995 semble toujours une expérience pénible. D'autant plus que le documentaire de M. Gendron révèle clairement que les fédéraux n'ont jamais vu venir l'uppercut Lucien Bouchard, le "miraculé" chef du Bloc québécois qui a survécu à la bactérie mangeuse de chair. Son arrivée à l'avant-scène de la campagne référendaire a complètement renversé la tendance, stimulant un camp du Oui plutôt moribond.
L'effet Bouchard
De l'aveu même de Jean Charest, conservateur à l'époque, "on ne savait pas par quel bout prendre ça. Les adversaires (de M. Bouchard) ne savaient pas comment l'aborder". La vague de popularité soulevée par M. Bouchard, un fédéraliste déçu par l'échec de Meech, frôlait "presque l'irrationnel". "Il y a des gens qui lui demandaient quasiment de bénir le drapeau du Québec, se souvient Jean Chrétien, qui évoque une clémence singulière de la presse envers M. Bouchard. Ce n'était plus de la politique. C'est presque comme si c'était la main de Dieu - comme disait Ronald Reagan - qui est intervenu dans la tête de bien des gens."
Aucun plan B
Trop sûrs de leur victoire, les ténors du Non n'avaient aucun plan B. Chose qui a profondément irrité Raymond Chrétien, neveu du premier ministre et alors ambassadeur canadien à Washington, talonné par les investisseurs américains à la recherche de réponses à leurs questions. "Je voulais avertir (Jean Chrétien) que les Américains jugeaient que c'était trop serré pour prédire un gagnant, se souvient Raymond Chrétien. Je réalisais qu'on n'avait pas de plan B. Qu'est-ce que je fais dans une semaine ? Qu'est-ce que je dis ? Quel est le message ? Est-ce qu'on accepte le verdict ou on le refuse ? C'étaient des questions importantes à régler. Et laissez-moi vous dire qu'à ce moment, ça patinait fort."
À deux mois du 10e anniversaire du second référendum, celui de la "prochaine fois" de René Lévesque, le documentaire Point de rupture offre un bon récapitulatif des événements et des émotions de 1995. La première partie traite aussi des désaccords stratégiques, des débats sur la question référendaires et des manoeuvres diplomatiques. La seconde, qui sera présentée demain, abordera le love-in du Canada anglais et les heures qui ont suivi le fameux vote.
SBoivin@lesoleil.com

Adoption internationale: Un précédent favorable à Ottawa
Robert Dutrisac
Le Devoir mercredi 7 septembre 2005
Québec - Le gouvernement Charest est parvenu à un accord avec le gouvernement canadien sur l'adoption internationale d'enfants vietnamiens, mais c'est au prix de la création d'un précédent: une référence à un traité canadien dans une entente internationale bilatérale que signera Québec dans ses champs de compétence.
C'est la lecture que des fonctionnaires du ministère des Relations internationales du Québec font de l'entente sur l'adoption que le Québec a soumise au gouvernement du Vietnam avec l'imprimatur du ministère des Affaires étrangères du Canada, a appris, hier, Le Devoir.
En vertu de la doctrine Gérin-Lajoie, que le gouvernement Charest souhaite non seulement maintenir mais renforcer, le Québec peut signer de façon autonome des ententes bilatérales avec des pays souverains dans ses champs de compétence, sans droit de regard d'Ottawa. L'adoption, encadrée par le Code civil, une particularité québécoise au Canada, relève de la compétence exclusive du Québec.
En dépit du précédent, on se console toutefois au ministère, parce que cette entente internationale conserve la valeur juridique à laquelle Québec tenait mordicus. L'entente ne sera pas rendue publique avant que le Vietnam ne l'ait ratifiée, ce qui devrait se produire sous peu.
À la fin juin, lorsque le premier ministre vietnamien, Phan Van Khai, était de passage à Québec, le premier ministre Jean Charest avait refusé de signer l'entente, dont Ottawa avait réduit la portée juridique.
À Ottawa, on a toujours exprimé beaucoup de réserves à l'égard de la doctrine Gérin-Lajoie, même si le Québec a pu signer depuis 1965 des centaines d'ententes internationales bilatérales avec des pays souverains. De passage à Québec la semaine dernière, le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, a été on ne peut plus clair: la doctrine Gérin-Lajoie «date d'une autre époque» en cette ère de mondialisation.
La nouvelle entente sur l'adoption d'enfants vietnamiens permet deux lectures opposées, fait-on observer au ministère à Québec. Le gouvernement québécois peut y voir un instrument international autonome à portée juridique, tandis qu'Ottawa peut soutenir que seul le traité que le Canada a signé avec le gouvernement vietnamien a une valeur juridique en droit international, le document québécois n'étant qu'une entente administrative subordonnée en droit au traité canadien.
Au cabinet de M. Pettigrew, on soutient que l'entente soumise par Québec au Vietnam ne crée pas de précédent et qu'elle est le fruit du «travail coopératif» entre le fédéral et une province.


Kyoto, aide internationale, éducation post-secondaire:
Les jeunes libéraux critiquent le gouvernement Martin
Alec Castonguay
Le Devoir mercredi 7 septembre 2005
Ottawa - Les jeunes libéraux fédéraux du Québec débattront de leurs priorités en fin de semaine prochaine dans le cadre d'un colloque d'orientation qui réunira près de 300 jeunes militants à Trois-Rivières. Au menu: environnement, aide internationale, éducation post-secondaire et financement des partis politiques, entre autres. Et très souvent, les idées mises de l'avant vont à l'encontre des positions actuelles du gouvernement Martin.
L'aile jeunesse du Parti libéral du Canada (PLC) au Québec espère que les propositions qui seront débattues au colloque attireront l'attention du gouvernement libéral et le forcera éventuellement à bouger dans certains dossiers.
C'est notamment le cas en environnement, où les jeunes du PLC dans la province jugent Ottawa trop timide. «Ça ne marche pas, le défi une tonne!» lance la présidente des jeunes libéraux au Québec, Brigitte Legault, lors d'un entretien avec Le Devoir. Elle fait ainsi référence à la campagne de sensibilisation que le gouvernement a mise en place pour inciter les gens à atteindre certains objectifs pour se conformer au protocole de Kyoto. «Les gens n'ont aucune idée de ce qu'ils peuvent faire pour atteindre Kyoto, dit-elle. Alors on s'est mis dans la peau des citoyens pour proposer des idées concrètes.»
Ainsi, les jeunes libéraux débattront d'une proposition qui demande au gouvernement d'abolir la TPS sur l'achat des véhicules hybrides, d'accorder la priorité à la construction d'édifices à faible consommation d'énergie, de taxer plus fortement les véhicules à forte consommation d'essence, etc.
Les jeunes du PLC au Québec pressent aussi le gouvernement d'augmenter la part du PIB consacrée à l'aide étrangère. Les jeunes veulent que le gouvernement consacre rapidement 0,7 % de son PIB à l'aide internationale. Actuellement, le Canada ne consacre que 0,28 %. Et même si le premier ministre Paul Martin a déjà fermé la porte à double tour en ce qui a trait à un échéancier précis, les jeunes libéraux estiment que le Canada devrait combler l'écart d'ici 2015. «On veut être un leader, un modèle international, alors il faut être capable de se discipliner, affirme Brigitte Legault.
Une autre proposition qui atterrira sur le plancher du colloque marquera la dissidence des jeunes du PLC envers le gouvernement, cette fois en matière d'éducation post-secondaire. Alors que le gouvernement a déjà rejeté la demande des provinces d'augmenter les transferts fédéraux destinés à l'éducation, les jeunes militants débattront du contraire. «C'est inévitable, il va falloir mettre plus d'argent dans l'éducation post-secondaire», soutient Brigitte Legault.
Les jeunes du PLC-Québec débattront aussi du financement des partis politiques, alors qu'ils proposeront de diminuer le financement public des partis à vocation régionale, comme le Bloc québécois. Les jeunes libéraux trouvent «inéquitable» qu'un parti comme le Bloc, qui a des dépenses très concentrées sur un seul territoire, touche presque autant de deniers publics qu'un parti pancanadien comme le NPD. Une nouvelle formule de répartition des sommes sera débattue.

Quebec's inner yee-haw!
Don Martin
National Post September 7, 2005 Wednesday
How the nation views oil-rich Alberta: Part II
MONTREAL - The Quai des Brumes is Montreal's answer to the rural Alberta tavern. True, not a note of country twang will be heard here, there's no chance of a decent Alberta steak emerging from the kitchen and it would take forever to find a parking spot for the pickup.
But when politics is on the table, talk in Montreal's now infamous bar echoes with the separatist sentiments often heard in Prairie watering holes where the Republic of Alberta holds considerable appeal after patrons have their fill of Big Rock beer.
Here is where Quebec's cultural elite regularly gathers to imagine themselves national writers, painters and filmmakers instead of merely provincial artists.
The Quai des Brumes' claim to fame in the sovereignty debate was to serve as the backdrop in an obscure 1990s film showing future governor-general Michaelle Jean and hubby Jean-Daniel Lafond drinking with a former FLQ terrorist and toasting a francophone nation called Quebec.
Here at the very same window fronting the dark wood-panelled bar, two bright young Quebec artists -- a screenwriter and a director -- recently gave me their take on Alberta.
''We don't honestly think much about Alberta,'' shrugs screenwriter Stephan Dubreuil. When pressed for a defining image of Alberta, he lists off all the usual stereotypes. ''I think of cowboys and ranches, I guess. It has a lot of conservative hardliners and a tendency to be a bit less tolerant. Right wing and rednecks, big time.''
How about rich? ''Sure you have oil, but we have pretty girls,'' he smirks, checking out some mini-skirted confirmation walking outside on Rue St-Denis.
''But I'm kinda jealous about Alberta,'' interjects film director Alain Zaloum, sipping a beer that he hopes will somehow cure a bout of food poisoning.
''You're just jealous of their natural resource,'' Mr. Dubreuil counters. ''We have more water and in 20 years you'll find our resources are worth more than oil.''
''No, no. It's about money now. There seems to be a lot more of it for the film business out there,'' Mr. Zaloum says.
''They seem to have attractive tax deals and the impression I get is that a lot of people are moving out there and in a little while they're going to sideswipe Quebec with all the money they have.''
Ask them if Quebec and Alberta are indeed allies to the cause of nation-breaking and you get a mixed response. ''I've seen newspapers pointing out Alberta's indifference to our sovereignty push, columnists who say 'Look, they're willing to let us go, so why don't we pack up and let them go their own way and we'll go our own way?' '' Mr. Dubreuil says.
Mr. Zaloum disagrees. ''Separatism's a tempest in a teapot in Alberta, an argument to make some political points in Ottawa. Here it's a real threat, a real movement where you expect to find people in a smoke-filled room conspiring to break up the country.''
But academics do see a connection between a sovereigntist Quebec and an alienated Alberta, a mutual disdain for all things federal as a heavy-handed and unwarranted intrusion in their lives.
''Both provinces are proud of what they are and quite independent of the federal government. Both want to do their own thing their own way,'' says Guy Lachapelle, a political science professor with Concordia University in Montreal.
''They both own a valuable energy resource -- Alberta its oil and Quebec its hydro -- and there's a deep sense of belonging to North America and a shared mistrust of Ontario.''
University of Quebec professor Alain Gagnon agrees there's a separatist symmetry, but notes the two provinces are taking a fundamentally different route to deal with anti-federal feelings.
''Quebecers are trying to express themselves fully at the provincial level by saying they want out. Albertans say they're unhappy with the situation, but their solution is that the West wants in. That's a fairly stark line of demarcation.''
Other contrasts seem to suggest the two provinces are indeed a very odd couple as the bad boys of Confederation. Alberta gravitates toward Asia, Quebec remains oriented to Europe. Alberta is union-phobic. Quebec's unions exert a powerful influence unrivalled elsewhere in Canada. Quebecers look to the government to defend their culture. Albertans see reduced government as their culture. On social issues like the death penalty, same-sex marriages and abortion, Alberta is the hard-line polar opposite to Quebec's liberal views.
''We took a poll before the last U.S. election and found the only province where George Bush got more support than John Kerry was Alberta,'' notes pollster Jean Marc Leger. ''Quebecers respect Alberta's spirit and their entrepreneurial sense, but they also feel Alberta is like the United States.''
That raises questions about a baffling contrast between the two provinces on health care privatization, with Quebec quietly doing the two-tiered American walk while Alberta remains mostly talk.
Luc Bessette is a physician partner in MD-Plus, a Montreal clinic with 1,800 patients who pay for queue-jumping medical attention in posh suites and a waiting room worth waiting in, complete with cookies, a juice bar and high-speed Internet service in the off chance a doctor isn't instantly available.
The 10-month-old clinic hasn't yet achieved patient projections and the doctors are still pocketing less than they would have as emergency ward physicians, but Dr. Bessette says the partners will stick it out, believing they're the wave of the future.
And that's why Dr. Bessette looks askance at Alberta's lackadaisical approach to what he considers a critical need for private alternatives to an overwhelmed public system.
''Ralph Klein has the courage to say what is common sense. He is openly stating the need to change the system,'' says Dr. Bessette. ''If Klein wanted to do more privatization, he could afford to do it tomorrow. He could say to the federal government, 'I don't give a damn. You've got no leverage against me.' So what's the trap? What are they going to do? Take away money Alberta doesn't need? I don't know why Alberta is being so cautious.''
He sees a ''huge hypocrisy'' in Quebec, where provincial politicians pretend to embrace a single tier system, but turn a blind eye as a second tier develops into medical practice. There are more private medical, surgical and MRI clinics per capita in Quebec than Alberta, some operating in open defiance of the Canada Health Act to gentle tsk-tsks from a hands-off government.
''In Quebec things are being done in health the politicians say shouldn't happen. In Alberta politicians say things should happen in health and they're not being done. It's very strange,'' Dr. Bessette says.
Even more strange -- and yes, this is a jarring segue -- is finding the Wild West in St. Tite, a small Quebec town not far from Shawinigan, which Jean Chretien represented and coddled during his misspent reign as prime minister. Here you will find an event that has, sorry Calgary, claimed the title of North America's best outdoor rodeo five years in a row.
With just 4,000 residents, St. Tite will attract more than 400,000 spectators for the nine-day event that begins on Friday. Surely, you figure, there's a cultural connection to Alberta here.
''Alberta's going to be the first to separate from the rest of Canada, that's for sure,'' shrugs rodeo director Sylvain Bourgeous.
''Quebec's been talking about it for a long time, but we're too much in debt. Albertans can afford it and they don't need the rest of Canada the way the federal government's been going.''
But beyond that, Alberta just doesn't loom large on the francophone rodeo scene.
''The western heritage is not here,'' Mr. Bourgeous explains. ''But I'll tell ya, there is a cowboy somewhere in everybody's blood that takes only a matter of hours to come out. I've seen doctors and lawyers arrive in town saying it's not for them and an hour later they've got a cowboy hat on their head and a cold beer in their hand and they're yippie-ki-yaying around the town.''
That image will be mighty familiar to anyone who's ever staggered through a Calgary Stampede. Finally, it would seem, a French connection Albertans can understand.

Islamic-law plan will respect rights, Premier says
Karen Howlett
The Globe and Mail Wednesday, September 7, 2005
Protest mounts against bid to allow sharia tribunals in family disputes
Ontario Premier Dalton McGuinty vows that the rights of women will not be compromised if sharia tribunals get the go-ahead to settle marital disputes for Muslims in the province.
Amid a growing international outcry against allowing such tribunals, Mr. McGuinty said the government will decide "shortly" on whether to permit Islamic law to be used in Ontario family arbitration cases.
"But whatever we do, it will be in keeping with the values of Canadians and Ontarians," he told reporters yesterday.
Mr. McGuinty said the government is still in the process of reviewing a report by former New Democrat Attorney-General Marion Boyd, which concluded that Muslims in Ontario should have the same rights as other religious groups that use faith-based arbitration to settle family disputes. The government has been sitting on her report for nine months.
"I think they're actively looking for solutions," Ms. Boyd said in an interview yesterday. "I think they have to have the political courage to recognize they're not going to satisfy everybody."
The issue of sharia-based tribunals in Ontario is raising alarm bells among women's groups in Canada and Europe, as well as human-rights activists and dissidents from Islamic states such as Iran. They argue that sharia, even limited to family arbitration, could discriminate against Muslim women who could feel pressured into it against their will.
The controversy will hit closer to home when demonstrators converge on Queen's Park at noon tomorrow as part of planned protest marches in 12 cities in Canada and Europe, including Victoria, Ottawa, Montreal, London, Paris and Stockholm.
The protesters say allowing Islamic law to be used in Ontario would create a precedent for religious fundamentalists working to suppress women's rights, and give fodder to political Islamists in Europe who are also lobbying for sharia law to be used to settle family matters.
However, Ms. Boyd concluded in her report that there was no evidence women were being discriminated against in faith-based arbitration and recommended that the province's existing arbitration system be strengthened.
The government is in a conundrum over the issue, said a senior government source. While government officials think it is only fair to extend religious arbitration to Muslims, he said they are unsure of how to communicate that to the public, especially in the wake of this summer's bomb attacks in London carried out by three British Muslims of Pakistani origin and a Jamaican-born Briton.
"I think people just viscerally react negatively to the idea of there being any Muslim- type law in Ontario or any decision influenced by Muslim law," he said.
New Democrat MPP Peter Kormos accused the McGuinty government of burying its head in the sand. "It's regrettable that the government has simply failed to act in the matter and failed to address concerns that are raised," he said yesterday.
Progressive Conservative Leader John Tory acknowledged that the government is grappling with a difficult issue, one that is hugely emotional for both sides.
"What's paramount in this is that the rights of women can not in any way be diminished," he said.
The government asked Ms. Boyd to study the issue after Syed Mumtaz Ali, a retired Muslim lawyer, established the Islamic Institute for Civil Justice, with an aim to train imams and religious scholars to resolve civil disputes.
Christians and Jews have practised religious arbitration in Ontario since 1991, when the NDP government at the time made it law. If Ontario says no to sharia, then it faces the spectre of ending all religious arbitration, Ms. Boyd said.
"The government is concerned that there is so much controversy and is really looking for a solution that may not cause a great divide," she said. "It's a terrible dilemma for them."

Radio par satellite: La commissaire aux langues se plaint du manque de contenu francophone
Paul Gaboury
Le Droit mercredi 7 septembre 2005
Ottawa - La commissaire aux langues officielles, Dyane Adam, est intervenue directement auprès de la ministre Liza Frulla, responsable du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), afin de lui faire part de ses préoccupations quant au manque de contenu francophone lié à l'octroi, en juin dernier, des licences autorisant les services de radio numérique par satellite. De plus, son bureau a décidé de mener une enquête sur l'octroi de ces licences, selon ce que Le Droit a appris.
Au moment où les membres du cabinet Martin seraient à couteaux tirés au sujet des récentes décisions du CRTC, la commissaire Dyane Adam a écrit directement à la ministre Liza Frulla vers la mi-juillet afin de lui faire part de ses préoccupations. Le 16 juin, le CRTC a autorisé les services de radio numérique par satellite à importer environ 120 chaînes américaines. Des licences ont ainsi été octroyées à la Canadian Satellite Radio Inc. et à Sirius Canada Inc. dans le but d'exploiter une entreprise de radio par satellite par abonnement. Mais les conditions liées à l'octroi de ces licences soulèvent des inquiétudes quant au contenu francophone.
En vertu des licences octroyées à ces deux firmes, le CRTC avait exigé notamment qu'elles distribuent chacune au moins trois chaînes originales de langue française produits au Canada, dès le début de leurs activités. En tout temps, au moins 25 % des chaînes originales produites au Canada seront de langue française. Enfin, au moins 65 % de toutes les pièces musicales vocales de catégorie 2 (musique populaire) diffusées sur chaque canal de langue française seront des pièces de langue française.
Depuis, les entreprises auraient décidé de bonifier leur offre en offrant quatre stations en anglais et quatre stations en français. Reste à savoir si ces propositions seront suffisantes pour calmer le jeu sur le plan politique.
Décisions néfastes
Ces décisions rendues récemment par le CRTC, qui s'ajoutent à celles de l'octroi de trois des quatre dernières fréquences FM à des stations de langue anglaise et à une station touristique de langue anglaise, auront des effets " débilitants " pour la francophonie, en particulier dans la région de Gatineau-Ottawa, croit le président d'Impératif français, Jean-Paul Perreault.
Il a décidé de déposer une plainte officielle auprès de la commissaire aux langues officielles, et une enquête est en cours dans ce dossier, a-t-on confirmé hier au bureau de la commissaire Adam.
" Le 30 mars dernier, Impératif français avait dressé un tableau du paysage radiophonique de la région de Gatineau-Ottawa démontrant que le profil radiophonique favorise nettement l'anglais. Si on exclut les stations de la SRC et de la CBC, le déséquilibre radiophonique est très nettement à l'avantage de l'anglais, y compris au Québec, tout comme il l'est dans le choix télévisuel. Ce qui est vexant et frustrant, c'est que les fréquences radiophoniques sur la bande FM sont maintenant épuisées dans la région ", note M. Perreault.
Ce dernier dénonce le fait que c'est uniquement en anglais qu'une nouvelle station de radio accueillera les touristes visitant Ottawa. " Pour le gouvernement du Canada, Ottawa est donc, à l'image du pays, la capitale unilingue anglaise du Canada s'il faut en croire les décisions biaisées de son régulateur des ondes. "

Quebec sovereignists hope Alberta goes first
CHANTAL HÉBERT
Toronto Star Sep. 5, 2005
After a successful century in the Canadian federation, is Alberta about to seriously contemplate going it alone?
What is certain is that the topic is increasingly in the air and not only in Alberta.
A recent column on the challenges posed by the province's growing energy windfall brought loads of mail from Quebec sovereignists hopeful that Alberta would lead the way out of the federation and give their own cause the missing impetus to finally secure the support of a majority of Quebecers.
But there were also plenty of comments from Albertans willing to wager a modest amount on their province breaking away from the rest of Canada in relatively short order and, in many cases, eager to have it do so.
While there has long been a secessionist streak in Alberta public opinion, only Quebec has a sustained history of flirting with secession. While some of the ingredients that have made the sovereignist movement a force to be reckoned with in Quebec are present in the Alberta mix, other possibly fundamental ones are missing.
Given Alberta's wealth, chances are Quebec would already have turned its back on the Canadian federation. But money or even federal-provincial grievances alone never had the legs to carry the sovereignist option very far.
Economic concerns or more precisely economic insecurity did play a large part in the outcome of the 1980 referendum. But by 1995, pollsters found that such issues were no longer pivotal in the decision to support or oppose sovereignty.
That change cut both ways. Federal arguments as to the potential costs of the transition from province to country rang increasingly hollow and often backfired. But the sovereignist case that Canada had deliberately made structural investments in Ontario while keeping Quebec dependent on government handouts was ultimately relegated to the sidelines of the debate.
In the same fashion, the federal-provincial bickering that keeps the motormouths of the chattering classes in permanent motion in Quebec does not seem to ever move significant chunks of votes from the federalist to the sovereignist column.
In Quebec, the real engine of the sovereignty option was always identity-related.
Quebec would never have contemplated secession as a viable option if it had not had a common language and culture that set it apart from the rest of North America. It certainly would have had more fear of being gobbled up by the United States had it not felt insulated by that difference.
The future of the French language was a cornerstone issue in the 1980 referendum as was the failure to recognize Quebec as a distinct society in the Constitution in 1995.
Much more than Quebec, Alberta is home to people who have strong personal ties to other regions of the country. By definition, English-speaking Canadians are more mobile within the federation than their francophone counterparts as the latter are often reluctant to trade a French-speaking environment for an English one. If Quebec's experience is any guide, making a case for cutting those ties through secession would ultimately be as hard or harder.
Alberta brings more wealth and a stronger sense of alienation from federal institutions to the fore of a debate on its future within the Canadian federation but it lacks the core identity motive that has allowed the sovereignty movement to thrive in Quebec.
But just because a cocktail is mixed differently does not mean it has less potential to pack a punch.
When Quebec sovereignists first started to promote their option 40 years ago, support for the notion of separating from Canada was marginal. These days, about one in two Quebecers supports sovereignty.
If he wants to stem a similar phenomenon in Alberta, Prime Minister Paul Martin will have to do more than just put to rest the bogeyman of a reborn National Energy Program.

Grit strategy revealed: They plan to use Alberta's wealth to buy off Quebec
Ezra Levant
Calgary Sun Mon, September 5, 2005
"There will be no NEP," Paul Martin said in Calgary last week for Alberta's centennial . "The question that I have is why keep asking it?"
Here's one reason: Jean Lapierre, Martin's cabinet minister in charge of Quebec. Ten days ago he unveiled the Liberal re-election strategy for that province. He announced that the federal government would channel money from Alberta to Quebec to "transform" the Quebec economy.
Here's word-for-word what Lapierre told the Sherbrooke Tribune on Aug. 26.
"The federal government has the duty to be a real partner [to Quebec], especially since as a government we benefit from the West's wealth.
So we have to redistribute the wealth. After all, the good fortune of the West could become a disaster for the East. That is why we need a pact that will allow us to even things out."
Many Westerners have never heard of Lapierre -- just as many had not heard of Marc Lalonde until he became Trudeau's energy minister who brought in the National Energy Program. (As mentioned here last week, Lalonde is new co-chair of the Liberal campaign in Quebec.)
Lapierre used to be a Liberal, but broke ranks to help found the separatist Bloc Quebecois. Before the last election, Martin recruited him to run for the Liberals, and appointed him to cabinet as transportation minister and senior political minister for Quebec.
According to convention, he's second in line to the prime minister, after Jack Austin, the Liberal leader in the Senate. According to the rules of Parliament, Lapierre outranks Ralph Goodale, the finance minister, and even Anne McLellan, the deputy prime minister.
Politically, he outranks everyone in the country because he is the man Martin has charged with winning enough seats in Quebec to give Martin back his majority government.
In May, we saw the lengths to which Martin went to win a confidence vote -- letting the NDP rewrite the budget, giving cabinet seats away to defectors, whatever it took. Imagine the lengths he will go to win back Quebec and with it a majority. Lapierre is the man tasked with that job, so it is foolish to underestimate his impact on policy, even through impulsive statements.
Last year he simply declared the Clarity Act -- the law governing how Quebec could secede -- "useless", and with that one utterance changed Canada's constitutional policy. Neither Martin nor the intergovernmental affairs minister dared to contradict him. Lapierre carries even more clout today.
What's revealing about Lapierre's comments -- and Martin's failure to renounce them -- is that they illustrate the Liberal religion of jealousy, and that religion's rituals of political payoffs. How on Earth could anyone possibly call Alberta's success a "disaster," unless one is motivated by contempt and envy? Lapierre's solution is equally odious: He doesn't just want to raise Quebec up, he wants to cut Alberta down.
This is how Lapierre himself works. He was persuaded to defect back from the Bloc in return for a cabinet seat. Now he wants to replicate that on a massive scale, by buying Quebec voters.
That would be outrageous in any event. But Ottawa is running its own massive surplus. It's not just that Lapierre believes in bribing Quebec voters, he believes the bribe will have special resonance if the money is wrested from Alberta.
Until Martin renounces his chief cabinet minister, we have plenty of reason to continue asking about the NEP.

Let's not separate; let's join Quebec!
Mike Jenkinson
Edmonton Sun Mon, August 29, 2005
One of the more enjoyable aspects of my job is printing letters from one of Alberta's eight hard-core separatists and then pooh-poohing the whole Alberta separation concept, ensuring that I get letters from the remaining seven provincial separatists characterizing me as a stooge of a Quebec-based company being ordered to denounce the imminent departure of this province from Confederation.
Of course, it would be a lot easier to take Alberta separation more seriously if its membership couldn't comfortably fit in a Dodge Caravan. In fact, the entire strategy of Alberta separatists seems to be writing angry letters to the editor wondering how this vicious letter-writing campaign hasn't yet toppled the country!
In the interests of fairness, then, I have developed a foolproof strategy that will ensure Alberta separatists get taken as seriously as their legion of Quebec counterparts, who have not only managed to hold two referendums on the concept, but even got one of their own appointed Governor General!
The biggest mistake that Alberta separatists have made is trying to separate from Canada. Instead of separating from Canada, Alberta separatists need to merge with Quebec.
Now, of course, we're not talking about an official merge, because there's no way that Albertans want a bunch of big-government, free-spending politicians runn- oh, never mind.
Well, even still, there's no way that the other provinces, who get a veto over any significant changes to the status of other provinces, would allow Alberta and Quebec to actually merge.
But we can do an unofficial merge with Quebec simply by changing our name.
The model to be followed is Newfoundland, which in 2001 changed its name from simply "Newfoundland" to "Newfoundland and Labrador and Chihuahua and Dalmatian" and then changed it again to just "Newfoundland and Labrador."
The process that Newfoundland and Poodle used to change its name was simple: it requested a bilateral constitutional amendment, which had to be approved by both the government of Newfoundland and Corgi and the government of Canada and corruption.
Of course, neither side objected, and now Canada's 10th province has a new name.
Alberta should follow suit, requesting that our province's name be changed to the "Province of Quebec and Alberta."
The reason for this, while obvious, is two-fold. For starters, if Major League Baseball can approve of the Anaheim Angels changing their name to the "Los Angeles Angels of Anaheim," then there's no reason why Alberta can't piggyback its name onto that of a more powerful province for the sake of better marketing.
Secondly, every time some bureaucrat in Ottawa looks at a piece of letterhead that says "Government of Quebec and Alberta," he or she will think, "This cannot possibly be a real demand from the government of Quebec because it's written in English!"
And he or she would be exactly right. So scratch the idea of renaming Alberta the "Province of Quebec and Alberta."
Instead, we'll change our name to "La province du Quebec et de l'Alberta."
Then we'll start seeing some action from the feds. Oh yeah: federal politicians bowing to our every whim, $100 bills in paper bags left in washrooms, you name it! And it still won't be enough to satisfy us in the same way it doesn't satisfy Quebec.
And to ensure that the Liberals move on this quickly, Alberta will have to get Jean Chretien's cousins who live up in St. Paul to push for the name change. It would probably help if we got Quebec onside, too.
But I can't see them objecting, particularly if we pay them royalties for use of the name. It's a win-win situation.
Particularly for Alberta separatists, who would have to buy a bigger vehicle.

No westerners allowed
PAUL STANWAY
Edmonton Sun Wed, September 7, 2005
Westerners are inclined to believe that their region has few champions in the rest of the country, so it's nice to find a supporter who takes western alienation seriously because he believes the grievances are real.
If you're looking for an advocate of western rights you wouldn't automatically think of Truro, Nova Scotia, but that's where veteran Conservative MP Bill Casey hangs his hat. And he's fed up with the way Ottawa routinely discriminates against westerners when it comes to filling vacancies in the public service.
He recently sent me a list of jobs being advertised by the Public Service Commission of Canada, and every one of them is restricted to applicants with postal codes in Eastern Ontario and Western Quebec: essentially residents of the Ottawa region.
Well, they must be looking for bilingual people, right? That's the most common reason anglophone westerners are frozen out of federal civil service jobs.
No, most of these jobs list only English as a requirement. They're not even restricted to Canadian citizens, although citizens will be given "preference" in hiring.
"There are hundreds of other jobs like this every year," says Casey. "All applications from people in any western province are automatically discarded without consideration because they do not have an Ontario or Quebec postal code."
He's so incensed about this "discrimination" that he wrote to Prime Minister Paul Martin in late August complaining about the Public Service Commission's hiring practices.
"Your calls to end western alienation lack sincerity as long as your government continues to systematically prevent citizens from western provinces from working in federal government jobs in Ottawa," he wrote. "The most qualified person from a western province will not be considered to work in Ottawa, but the least qualified person from eastern Ontario and western Quebec will be given consideration."
(et comment, bande de racistes, pouvez-vous juger des candidats les plus ou les moins qualifiés? Ce n'est pas parce qu'un candidat est francophone qu'il est moins qualifié)
Here's how daft this hiring policy gets.
One job from Casey's list is with Corrections Canada. That department falls under the control of Deputy PM Anne McLellan. But if the Edmonton Centre MP wanted to apply for this position in one of her own departments, she wouldn't be eligible because of her postal code.
There's another job with the federal Department of Health, which is currently headed by Ujjal Dosanjh - but he couldn't apply for it. "Any application from Minister Dosanjh would be automatically discarded because he has a British Columbia postal code," says Casey.
One job that's being advertised at the moment is for a "materiel manager" for the Department of Defence in Ottawa. "If DND needs a soldier to go to Afghanistan, they will accept applications from the western provinces," Casey points out. "For a safe job in Ottawa, the applications are reserved for only Ottawa-area postal code applicants."
Why? After several attempts to get an answer from the Public Service Commission, I was told somebody authorized to talk to the media would call me back. No one did. Maybe it's my postal code.
The unauthorized explanation, from a couple of contacts in the capital, is that the commission has a policy of supporting employment in the Ottawa area. Fair enough, but in a country as large as ours moving is an expensive proposition. If there's no assistance provided (which is the case with the majority of these jobs), distance alone is guaranteed to produce more applicants from the local area.
But if somebody wants to pay their own way to Ottawa to work for their federal government, why would you make them ineligible? Why would you impose a restriction that actively prevents qualified Canadians from working for their own federal government? It sounds like the very definition of discrimination.
Casey may be from Nova Scotia but he had no doubt how this sort of thing is interpreted in the west. "As long as westerners are told that they cannot work in their own capital, and that those good jobs are reserved for people in Ontario and Quebec, there will be western alienation," he wrote to Martin. No argument here.

Plus de 1400 personnes ont signé le bulletin de candidature
Pierre Dubuc
Montréal, 7 septembre 2005
Montréal, 7 septembre 2005 - Pierre Dubuc, candidat appuyé par le club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre), dépose aujourd'hui son bulletin de candidature, dûment signé par plus de 1400 personnes provenant de 110 circonscriptions.
La candidature a été appuyée par dix personnes ou plus dans 60 circonscriptions, soit vingt de plus que le nombre de 40 circonscriptions requis.
À cette occasion, il a publié le communiqué suivant.
Le Parti Québécois a besoin de renouveau
Il y a deux ans à peine, j'ai contacté Monique Richard, Marc Laviolette, Luc Desnoyers, Michel Parent et d'autres syndicalistes et progressistes, pour mettre sur pied le club politique Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre).
L'urgence de mettre fin le plus rapidement possible au démantèlement des acquis sociaux par le gouvernement Charest et la nécessité impérative de réaliser l'indépendance du Québec nous commandaient de « faire le saut en politique ».
Nous l'avons fait de façon organisée, en inventant une nouvelle forme organisationnelle - celle des clubs politiques - que le Parti Québécois a reconnu dans ses statuts au congrès du mois de juin.
La démarche du SPQ Libre est basée sur une analyse qui attribue la défaite du Parti Québécois au fait que l'électorat progressiste l'a boudé, mécontent de son virage néolibéral et de sa tiédeur sur la question nationale. Il est donc essentiel de réajuster le tir afin de ramener les progressistes au Parti.
Pour le SPQ Libre, un virage à 180 degrés s'imposait, de même qu'un renouvellement du discours, de la stratégie et du leadership.
C'est dans cette perspective que le SPQ Libre a participé à la Saison des idées, puis au congrès où nous avons fait adopter des propositions progressistes sur le syndicalisme, le plein emploi, l'eau, la langue. La présidente du SPQ Libre, Monique Richard, a même été élue à la présidence du Parti Québécois.
Mais le virage amorcé est compromis. Jusqu'à présent, les représentants de la vieille garde dans cette course à la chefferie s'autoproclament à tour de rôle les « grands rassembleurs » du mouvement souverainiste, mais nous servent le même discours que celui qui a conduit à la défaite de 2003. C'est un discours qui sonne faux et tombe à plat.
D'une part, on se félicite d'avoir fait adopter la politique de l'eau mais, de l'autre, on se prononce en faveur des Partenariats Publics-Privés (PPP) qui sont la négation même d'une politique nationale.
On proclame son soutien au grand principe de l'égalité des chances en éducation, mais on se prononce pour le maintien du réseau des écoles privées, en contradiction totale avec les propositions adoptées au dernier congrès.
On se fait les champions de la défense de la spécificité culturelle du Québec, mais on ne se préoccupe pas du fait que, dans la grande région de Montréal, il n'y a que 45 % des allophones qui utilisent principalement le français au travail, que 40 % des étudiants allophones qui sont passés par l'école secondaire française choisissent de fréquenter le cégep anglais, et qu'à peine 45 % des transferts linguistiques des allophones se fassent en faveur du français.
On critique l'attitude du gouvernement Charest dans les présentes négociations du secteur public, mais on évite de s'en prendre à sa politique de réduction des impôts qui a vidé les coffres de l'État, et on se garde bien d'apporter son soutien aux revendications syndicales qui ne couvrent même pas la hausse du coût de la vie.
On promet de faire la souveraineté le plus rapidement possible, mais on nous annonce, du même souffle, qu'un Oui à un référendum ne ferait qu'ouvrir la porte à une année de négociations avec le fédéral.
Il faut arrêter de parler des deux côtés de la bouche en même temps. Il faut en finir avec la langue de bois.
La vieille garde est obnubilée par la popularité de l'ADQ de Mario Dumont. Plutôt que de s'appuyer sur les militantes et les militants progressistes du Parti Québécois - qui constituent l'immense majorité du parti - et faire un véritable travail d'éducation au sein de la population, elle préfère capituler devant le discours néolibéral.
Une page de l'Histoire est aujourd'hui en train d'être tournée. Le discours néolibéral s'essouffle, la mondialisation trébuche, le libre-échange est questionné. Partout, l'État est réhabilité pour faire face aux nouveaux défis économiques, écologiques et culturels. Le Parti Québécois ne peut se contenter d'un changement cosmétique. Un véritable virage idéologique et politique s'impose.
C'est dans cette perspective que le SPQ Libre a décidé unanimement d'appuyer ma candidature à la direction du Parti Québécois.
La population du Québec doit reprendre espoir. La lutte pour l'indépendance nationale doit porter la promesse d'une société nouvelle, libre, juste et égalitaire.
J'ai clairement indiqué que ma candidature s'inscrit dans cette voie. J'ai parcouru le Québec cet été en déclarant sur toutes les tribunes que, dès le lendemain de l'élection, un gouvernement du Parti Québécois devra :
Faciliter la participation de nos concitoyennes et concitoyens les plus démunis au débat sur le pays à bâtir en augmentant de façon substantielle l'aide sociale et le salaire minimum;
Rappeler les lois anti-syndicales du gouvernement Charest dont les modifications à l'article 45 du Code du travail insécurisent les travailleuses et les travailleurs en permettant la sous-traitance, et redonner aux responsables des services de garde en milieu familial le droit de se syndiquer en invalidant les lois 7 et 8;
Adopter une loi contre les fermetures d'établissements sauvages pour contrer l'utilisation du terrorisme économique comme nous l'avons vu avec Walmart à Jonquière;
Assurer une information de qualité en investissant massivement dans Télé-Québec pour en faire une chaîne de télévision continue et en créant une radio nationale;
Reconnaître par un soutien financier adéquat la contribution majeure du monde culturel dans l'accession à la souveraineté
Les idées que je développerai dans les sept grands débats le seront dans la même perspective.
L'élection à la direction du Parti Québécois au suffrage universel des membres est un exercice démocratique exceptionnel, nul doute sans équivalent dans les démocraties occidentales.
J'invite les membres des organisations syndicales et populaires à profiter de cette occasion extraordinaire pour « faire le saut en politique » et influencer le cours du développement historique du Québec.
Le Québec est une société progressiste, le Parti Québécois est un parti progressiste, nous devons nous donner un chef et une direction progressistes.
