
Erreur de jeunesse? Quelle jeunesse?
François Trudeau, Trois-Rivières
TRIBUNE LIBRE 25 septembre 2005
Mercredi dernier, je présentais la conférence annuelle sur la prévention du dopage pour des athlètes universitaires, des jeunes de 19-23 ans. Je devais leur expliquer les procédures de dépistage et les sanctions qui découleraient d'un test positif. Dans le cas d'un test positif à la cocaïne et pour une première offense, la suspension est de 2 ans. Dans le cas du cannabis, il s'agit de 1 à 2 ans. Une deuxième offense amène une suspension à vie du sport universitaire. Tous semblaient comprendre que les contrôles visent à assurer la bonne réputation du sport qu'ils aiment. Malgré la sévérité de ces tests, seulement 0.71% des jeunes qui subissent un contrôle ont un test positif, et la plupart des cas découlent de vraies erreurs de jeunesse, 20 cas sur 24 étaient des résultats positifs au cannabis.
J'en viens à ce que je suis surpris qu'on applique des normes moins sévères à un homme de 30 ans qui était payé pour pratiquer le sport de la politique et du pouvoir qu'à des jeunes étudiants qui pratiquent le sport pour représenter leur université et pour la gloire. Qu'en pensez-vous?

L’ÉCOLE, C’EST SECONDAIRE
Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 26 septembre 2005
Course au neutre.
Médecine à deux vitesses.
École à deux vitesses.
Le faussé se creuse.
La vitesse peut vous ralentir
pour la vie.
Pour passer en deuxième, il faut des sous
ou faire d’énormes sacrifices.
La fédération des établissements d’enseignements privés, la FEEP,
dans sa brochure Le Privé guide vers la réussite,
célèbre les vertus et les qualités de l’enseignement privé.
Ce document, cautionné par des personnalités publiques
qui ont réussi dans la vie
s’adresse aux parents « soucieux de l’éducation de leurs enfants ».
Chrystine Brouillet, Réjean Thomas, Alexandra Diaz,
Sylvie Bernier, Alain Zouvi, Sophie Durocher, Paul Houde,
que seraient-ils devenus s’ils avaient fréquenté
l’école publique ?
Des itinérants, des vendeurs de chaussures, de voitures,
des cols bleus, des enseignants ?
L’ont-ils échappé belle !
L’éditeur du guide, Jean-Marc St-Jacques
prévient toutefois que
« La réussite ne relève pas de l’aisance financière ».
Il n’en demeure pas moins
que la hausse de fréquentation des écoles privées
s’explique par le sous-fianacement du secteur public.
« Le privé pave la voie à de grandes réalisations »
et c’est tant mieux
mais est-ce là le rôle de l’état québécois
de subventionner ces institutions
à même l’argent des contribuables,
ceux qui, faute de moyens, ne peuvent offrir
«un milieu de vie stimulant,
un enseignement de niveau supérieur
bien au-delà des normes ministérielles,
une section européenne et
un programme d’anglais intensif au primaire,
dans le respect des religions, des ethnies et
des différences socio-économiques »
à leurs enfants ?
Est-ce le rôle de l’état québécois
de privilégier les privilégiés au détriment des moins favorisés ?
Est-ce le rôle de l’état québécois de financer des écoles
qui offrent un programme enrichi (60% français-40% anglais)
permettant aux élèves de poursuivre leurs études secondaires
dans l’une ou l’autre langue ?
Est-ce le rôle de l’état québécois de financer
les institutions unilingues anglaises ?
Comment croire que le Québec
prépare l’avenir de ses jeunes ?
De tous ses jeunes ?
L’éducation est une priorité s’égosillent-ils sur toutes les tribunes.
Aussi longtemps que le gouvernement n’assurera pas
à l’ensemble de la population d’âge scolaire
une égale chance d’accéder à un enseignement de qualité,
à un avenir de qualité,
ce sera
wouais, wouais, t’sais comme genre full secondaire l’éducation.

Pourquoi un programme fantôme?
Félix Pinel, Conseiller- Exécutif des jeunes du PQ des Laurentides
TRIBUNE LIBRE 27 septembre 2005
En réponse à Michel David
Dans sa colonne du mardi 27 septembre 2005 (Le programme fantôme), Michel David s’interroge, avec raison, sur le délai exagéré de publication du programme du PQ adopté au congrès national. M. David affirme ensuite que ce délai fait l’affaire de bien du monde, je suis aussi de cet avis.
Là où je suis en profond désaccord avec l’écrivant du Devoir, c’est quand il nous entretient de la proposition des « médias souverainistes ». M. David dédit Jean-Claude St-André qui affirmait que ce n’était qu’une mauvaise formulation. Il affirme que c’est une question de fond et non de forme. Il poursuit en évoquant le fait que cette proposition fut (selon lui) débattue dans toutes les instances du parti. Étant l’un des auteurs malhabiles de cette proposition aujourd’hui controversée, je me dois d’intervenir. La rigueur journalistique aurait commandé de bien vérifier la provenance de la proposition. L’idée des médias souverainistes provient d’une autre proposition qui a aussi fait couler beaucoup d’encre, celle des "gestes de ruptures irréversibles" :
34- Il est proposé d’ajouter le paragraphe suivant après le paragraphe 74 :
« Il est primordial d’effectuer des gestes de rupture irréversibles avant même la tenue d’une éventuelle consultation sur la souveraineté du Québec. Par gestes de ruptures, nous entendons la mise sur pied d’un système d’imposition unique, le rapatriement des compétences en matière de culture et de communication par la création d’un pendant québécois du CRTC, la création d’une citoyenneté québécoise et la formation de médias souverainistes. » LAURENTIDES (jeunes)
Cette proposition, on s’en souvient, avait été adoptée intégralement au Grand Rassemblement des jeunes du PQ à Chicoutimi. Elle se retrouvait donc directement dans le cahier de proposition du congrès national de juin. Il est donc faux d’affirmer que cette proposition fut débattue par l’ensemble des instances du PQ.
Alors qu’il ne restait que quelques minutes à la commission sur la souveraineté du congrès national, un militant, plus en vue que le jeune "pur et dur" que je suis, est allé au microphone pour tenter de faire adopter un amendement (un ajout) à la proposition principale :
« Avant même la tenue d’une éventuelle consultation sur la souveraineté du Québec, il est primordial qu’un gouvernement du Parti Québécois crée une citoyenneté québécoise et des médias souverainistes. » (selon mes notes personnelles)
L’amendement fut adopté et, du coup, le concept de "gestes de rupture irréversibles", indirectement; la création d’une citoyenneté québécoise et la formation de médias souverainistes qui nécessiterait l’avènement d’un pendant québécois au CRTC.
Selon moi, il s’agit probablement là d’une des raisons pour ce délai qui fait l’affaire de bien du monde…

LES GLORIEUX
Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 27 septembre 2005
C’est demain que j’avais vingt ans.
Gilles Vigneault
Les membres du PQ
et la presse fédéraliste
semblent miser sur Boisclair.
Parce qu’il est jeune,
Boisclair a toutes les chances
de mener le parti au pouvoir
et le Québec à son indépendance.
Parce qu’il est jeune
Boisclair incarne l’avenir.
Au parti québécois, l’avenir est aux jeunes
qui réclament
quarante députés de moins de quarante ans.
On peut avoir l’air d’un curé, avoir des idées à droite, un passé délinquant,
on peut se prendre les pieds dans les tapis,
parler pour ne rien dire,
ce qui compte,
c’est la jeunesse de l’âge.
Jadis, l’équipe de hockey de Montréal
était composée de joueurs de grand calibre.
Après avoir remporté plusieurs coupes,
les habiles défendeurs et lanceurs de rondelles,
leur entraîneur,
sont devenus des vétérans
remplacés par de jeunes recrues.
Le Forum a déménagé au Centre Molson,
les salaires des vedettes et les coûts des billets ont augmenté,
le spectacle a pris le dessus sur le jeu,
l’individualisme sur l’esprit d’équipe.
Les coups de bâton, les coups de poing,
les tirs à côté du but, les invectives,
les mises en échec,
les échecs
se sont multipliés.
On peut être un génie de la politique à 39 ans
comme on peut le devenir avec le temps.
Ce qui fait la force d’une organisation
c’est sa maturité, son audace, son unité,
les talents de chacun,
de la personne qui en prend les commandes,
sans égard pour l’âge.

L’homme n’est jamais plus important que la cause qu’il défend!
Jacques Bergeron, Ahuntsic, Montréal
TRIBUNE LIBRE 27 septembre 2005
Politique et Sport!
Dans un article paru dans un journal de Montréal le 24 septembre, on nous apprend que «Raphaël Palmeiro» vient d'être mis à la porte par le gérant général (peut-être le Président) des Orioles de Baltimore, Jim Beatie. Qu'avait-il fait? Il avait été condamné par les dirigeants du Baseball majeur pour avoir consommé une drogue. Comme sa condamnation (10 parties sans jouer et perte de salaire inhérente aux nombres de jours de sa suspension) a été maintenue par le jury qui a avait reçu sa demande de révision, on l'a immédiatement avisé qu'il n'avait plus sa place dans l'équipe et que de ce fait il ne jouait plus pour les Orioles de Baltimore. On lui a même interdit de se présenter dans la chambre des joueurs lorsque ceux-ci y étaient.
Mais pourquoi donc avoir été si sévère avec ce jeune homme? Tout simplement parce qu'il est considéré comme étant un mauvais exemple pour la «jeunesse» et pour la «population» en général. Même s'il n'a pas encore 40 ans, comme André Boisclair, il n'a pas cru bon d'utiliser l'argument d'une faute de jeunesse afin de justifier son erreur. Et les dirigeants de cette équipe ne lui ont pas demandé s'il était jeune lorsqu'ils lui ont signifié qu'il ne devait plus se présenter dans la chambre des joueurs puisqu'il ne faisait plus partie de cette organisation.
Quelle différence avec notre parti, le Parti Québécois! Pour ses dirigeants, qu'André Boisclair soit un mauvais exemple pour la jeunesse et la population ne semble pas les déranger. Et pourtant on a exigé la démission de Mme Malavoy pour une erreur de date, une peccadille, alors qu'ici nous avons affaire à une action illégale pour laquelle le nouveau chef de notre parti pourrait être poursuivi, bien sûr s'il était élu, à cause de cette infraction à une loi toute canadienne.
Et nos dirigeants restent bien assis et muets devant les risques que fait courir André Boisclair à l'idéal de près de «3 millions de personnes», et à la noble cause qu'elles poursuivent. Je vois déjà les thuriféraires fédéralistes, ces sbires de l'assujettissement, se faire un plaisir de dénoncer le nouveau chef du Parti Québécois pour sa faute de jeunesse (sic) lors de la prochaine élection et même dès son élection au poste de «Chef» du PQ. Non, il nous est interdit de courir ce risque, et il est interdit à André Boisclair et aux dirigeants de notre parti de faire courir ce risque à l'idéal que nous poursuivons. À quelques mois d'une prochaine élection générale au pays du Québec, nous n'avons pas le droit à ce genre d'erreur. Déjà que notre parti ne peut prétendre posséder une vraie stratégie de promotion de notre idéal, il ne faudrait pas qu'en plus, André Boisclair et les dirigeants du Parti Québécois ne viennent mettre de sable dans l'engrenage indépendantiste. Nous attendons ce pays depuis trop longtemps. Maintenant qu'il est à portée de main, nous n'avons pas droit à la plus petite faite de parcours. André Boisclair doit le comprendre et se retirer de la course à la chefferie.
S'il ne comprend pas le message, les dirigeants du Parti Québécois ont le devoir de le lui faire comprendre. À moins que son orgueil soit plus important que les risques qu'il fait courir à la cause pour laquelle nous nous battons depuis de nombreuses années, et qu'on hésite à le faire réfléchir, alors il nous faudra peut-être recourir aux conseils d'un dirigeant d'une équipe de baseball qui, lui, comprend certaines données élémentaires, inhérentes aux succès professionnels et économiques de son équipe, qui les fera comprendre au candidat «Boisclair» rapidement.
En résumé, ce que doivent comprendre André Boisclair et les dirigeants du Parti Québécois, «c’est qu’un homme n’est jamais plus important que la cause qu’il défend ou prétend défendre».

Au Québec, nous avons besoin d'HOMMES
René-Marcel Sauvé
TRIBUNE LIBRE 27 septembre 2005
Nous, Québécois, avons eu peu l'occasion de connaître des chefs d'État.
Duplessis en avait quelques caractéristiques: déterminé, clairvoyant, connaissant les hommes et les passions humaines, réaliste, peu influençable, capable de résister à l'adversité, bref, ses actes ont prouvé qu'il en avait l'étoffe.
Nous avons brièvement connu De Gaulle. Solide, réaliste à l'extrême, sans illusion, parlant avec à-propos, capable de faire face aux pires adversités sans en éprouver le moindre dérangement personnel. Un HOMME comme on en voit un parmi un million.
J'ai étudié la vie du maréchal Ferdinand Foch. Même chose. J'ai étudié la vie du maréchal Mannerheim, héros national de Finlande, un homme né dans une société inféodée, dominée par les Russes, dont il a été brusquement détaché, qui s'est repris, a poursuivi et malgré les difficultés, a accompli la libération définitive de la Finlande, malgré des pertes territoriales.
Combien d'hommes de cette trempe avons-nous chez nous? Toute ma vie, j'ai lutté pour en devenir un mais je n'y suis pas encore arrivé.
Le Québec a besoin d'HOMMES mais l'homme colonisé qu'on rencontre au Québec, et qui nous concerne tous, est un homme diminué, infériorisé par la domination et l'inféodation qui le réduit à l'impuissance. L'homo quebecensis souffre d'un grave problème d'identité.
Un Américain sait qui il est. Un Anglais sait qui il est. Un Argentin sait qui il est. Un Japonais sait qui il est. Un Chinois sait qui il est, mais un Québécois ne sait pas qui il est. Un "Canadian" non plus et j'ai observé au Canada anglais les mêmes problèmes identitaires que ceux qui nous affectent au Québec.
J'en suis archi-conscient dans mon propre cas, ayant subi onze années de psychanalyse, justement à cause d'un problème identitaire. ET pour cause, je suis né en plein coeur de Montréal au début des années trente, (rue Sherbrooke coin Saint André), alors que le peuple québécois n'avait pas encore pris conscience de son identité collective et que la nationalité canadienne française ne pouvait s'identifier à aucun territoire spécifique en Amérique du nord. Avec qui s'identifier?
Les femmes ne souffrent pas du même problème. Ce sont les hommes qui en souffrent. Une femme sait qui elle est, peu importe qu'elle appartienne à un peuple inféodé ou dominant. La nature se charge de la prise de conscience de l'identité féminine, dont les manifestations surgissent très tôt chez la fillette. Je l'ai observé chez mes propres filles et chez les filles dans les écoles où j'ai enseigné, surtout la fille de treize ans, qui devient une femme entre les débuts et la fin de l'année scolaire, tandis que le garçon reste nubile et inférieur à elle.
Dans une société rurale, comme la nôtre avant l'urbanisation, l'homme avait l'occasion de s'identifier à la terre et à sa terre. L'identité est un ÊTRE-AVEC. On s'identifie avec quelqu'un ou quelque chose.
Mais dans la société urbaine, l'identité masculine en prend un coup.
Il n'y a pas ou presque pas d'ÊTRE-AVEC en ville. L'homme n'a plus de terre. Il ne peut sentir un humus avec lequel il s'identifie.
ET s'il n'a pas de territoire collectif avec lequel s'identifier, alors c'est la catastrophe. L'homme sans terre ni territoire, qui n'a rien pour construire son identité, est fragilisé à l'extrême. Il ne sait pas qui il est, parce que, comme homme, son existence n'est pas un ABSOLU, comparable à l'existence divine, laquelle se traduit par une simple phrase courte: JE SUIS CELUI QUI EST (Ego sum qui sum) ou JHWH en hébreu, sans voyelles. Son identité n'a besoin d'aucun appui extérieur.
Pour être réel, le Je suis masculin doit être en relation avec quelqu'un ou quelque chose qui lui serve d'appui. Il n'est pas par lui-même un être complet comme la femme. Une femme peut dire "Je suis là", ce qu'un homme peut difficilement faire si son identitaire n'est pas réalisé. C'est le cas de l'homme dominé.
André Boisclair entre dans cette catégorie, comme la plupart des hommes du Québec qui n'ont pas réussi à ÊTRE-AVEC quelqu'un ou quelque chose. Ce qui importe, c'est sa fragilité devant l'adversité, alors qu'on peut déjà constater qu'il se désintègre rapidement lorsqu'il est poussé au pied du mur. Que fera-t-il devant l'adversité extrêmement dangereuse qui va se présenter au cours du processus menant à l'indépendance et après?
Voilà les éléments sur lesquels nous devons réfléchir, d'abord pour nous convaincre que NOUS DEVONS RÉALISER L'INDÉPENDANCE À TOUT PRIX, ne serait-ce que pour posséder un territoire avec lequel nous allons pleinement nous identifier. Nous pourrons alors devenir des hommes. Qui va s'y objecter?

M. Boisclair victime d’une confusion langagière : notre mot «crime»
Gaston Laurion, Montréal
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
Nous sommes en présence, depuis quelques jours, d’un bon exemple d’une confusion langagière que feu le traducteur Jacques Poisson nommait «la babélisation» (babélisme se trouve dans le Larousse avec à peu près le même sens) et qu’il attribuait à la présence pernicieuse de l’anglais, dans notre société, et des mauvaises traductions de cette langue.
Il s’agit, en l’occurrence, de l’emploi du mot crime, que les dictionnaires français, que ce soit le Littré, le Robert ou le Larousse, définissent comme un manquement très grave (c’est nous qui soulignons) à la morale ou à la loi.
Or, d’une part, l’anglais est beaucoup moins précis que le français dans la définition de ce faux ami et, d’autre part, il semble bien que, chez nous, l’on ait tendance, adoptant alors le sens de l’anglais, à qualifier de crime tout ce qui simplement relève du code criminel. C‘est ainsi qu’on en arrive à faire un crime de la consommation de haschich ou de cocaïne alors qu’en français, ce terme est alors tout à fait excessif et prête à confusion. Il faudrait plutôt parler de délit.
Je ne cherche pas ici, puisque aussi bien c’est un peu de lui qu’il s’agit, à défendre M. Boisclair, pour qui je ne voterai sans doute pas, mais j’ai horreur de l’injustice et ne voudrais pas qu’il fût honni par certains à cause d’une erreur de sémantique.
La seule question qui se pose, en effet, est de savoir s’il a les qualités et la culture requises pour devenir le prochain premier ministre et le premier président du Québec.

LES VICES DE LA REINE
Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
On croyait que le patriote de l’année 2004-2005,
Luck Mervil, déclinait l’invitation de la vice-reine
pour ses convictions politiques.
Il n’en est rien.
Un horaire trop chargé.
On croyait que la vice-reine était souverainiste,
elle rêve de réconcilier l’inconciliable.
On croyait la vice-reine préoccupée par la pauvreté,
on lui découvre des coquetteries de music-hall
pour des robes dévoilées au grand jour avant le grand jour
pour jouer les courtisanes.
La fonction de gouverneur-général,
justifie le journaliste Simon Durivage,
n’en coûte aux contribuables canadiens
que quelques sous par année.
Si les Canadiens peuvent se payer ce luxe,
grand bien leur fasse
mais au Québec
on compte sur les doigts de plusieurs mains
les enfants qui arrivent à l’école le ventre vide,
les écoles dépourvues de bibliothèque
et celles qui ne peuvent défrayer 150$
en matériel d’appoint
pour leurs élèves en difficulté.
On voyait la vice-reine s’émouvoir de l’apprentissage
de la liberté du peuple haïtien.
On croyait que la liberté
s’appliquait à tout le monde.
On ne croyait pas aux baisses,
même de quelques sous,
d’impôt
du gouvernement Charest.
On avait raison.

LE BATEAU IVRE
Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
Le bateau prend l’eau
Lapierre en rajoute
mais personne ne se mouille.
Pourquoi ce silence au PQ ?
Les députés qui se sont prononcés en faveur de Boisclair
vont-ils lui maintenir leur appui ?
S’ils le font,
sont-ils conscients que c’est la cause
qu’ils mettent en péril ?
Que c’est le pays
qui prend le bord ?
Les anciens premiers ministres
les anciens ministres,
les anciens députés,
qui roulent des yeux de merlans frits
vont-ils risquer un mot, un geste
pour sauver les meubles ?
Terre en vue.
Le bateau sombre.
Qui en sera le capitaine ?
Silence, on coule !

C'est écrit en grosses lettres partout! Réveillons-nous ...!
Dany Bergeron
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
Une nouvelle publiée sur le site de Radio-Canada fait référence à une entrevue diffusée à la télévision de cette même chaîne. Bernard Landry y affiche encore ses couleurs alors que ses feuilles, rougies pendant la saison automnale des idées (voir la saison décidée), foulent maintenant le sol sous nos pas et seront bientôt ensevelies sous un banc de neige... Ce n'est pas que je critique le parcours et la ferveur souverainiste de l'ancien chef du PQ, mais plutôt le contraste entre l'image de combattant mordant qu'il était (?) et l'image qui en est restée après le débat des chefs aux dernières élections. Faute de ses conseillers et des journalistes dirons-nous? Foutaise, il n'en tenait qu'à lui de démontrer sa confiance en soi et sa foi en la cause qu'il disait porter. Ah cette cause! Savez-vous vraiment sur quelles épaules nous allons la mettre bientôt? Partie comme les sondages le prédisent et comme le mode de scrutin arrange bien les choses, la saison hivernale suivant la saison décidée sera bien longue. N'y aura-t-il peut-être pas de printemps avant longtemps, peut-être même pas avant de prochaines élections dans 6, 7 ou 8 ans... Bien sûr d'ici là, le PQ gouvernera probablement la province dans l'illusion de gouverner un futur pays. Incohérence avec le discours de la majorité des candidats, mais, soulignons-le, non tous. À nous de choisir le candidat qui permettra à la cause de s'envoler des ses propres ailes, un candidat qui nous dirigera en ligne droite vers le printemps, avec ses tempêtes et ses écarts de température bien sûr, mais à la hauteur d'un peuple qui s'assume entièrement.
De poser des gestes de souveraineté, car de si nombreuses personnes reprennent à tort l'expression «gestes de rupture», ne veut pas dire se fermer les yeux et se boucher les oreilles comme la classe politique affairiste sait si bien le faire déjà, mais plutôt de collaborer d'égal à égal. Un parti élu à majorité simple a toute la légitimité démocratique de réaliser son programme. S'il doit réaliser la souveraineté, qu'il s'assume et qu'il présente alors un projet de constitution, alternative à la constitution canadienne que nous n'avons jamais signée. Qu'il n'oublie pas non plus que le référendum de 1995 nous a été volé et qu'il nous appartient maintenant de réclamer la victoire, de passer à "l'étape suivante" de la rédaction d'une constitution populaire en la soumettant à un référendum décisionnel. C'est à un référendum sur un projet concret que la population dira "OUI" clairement. La population ne signera pas de chèque en blanc pour réaliser un projet mal défini. De plus, comment pouvons-nous nier certaines évidences et vouloir recommencer à zéro? Les gens sont lassés de répéter la même histoire. C'est écrit en grosses lettres partout! Réveillons-nous ...!
Et sur cette citation de la nouvelle:
« En outre, sans les nommer, il écorche les candidats considérés comme « purs et durs », comme Jean-Claude Saint-André et Ghislain Lebel, qui souhaitent des gestes de rupture avec le Canada dès la prise du pouvoir.
" Pourquoi ces gens-là veulent-ils des gestes de rupture? C'est un peu l'affaire de la cage à homards, explique M. Landry. On va faire l'élection, puis on va se mettre à faire des gestes de rupture qui vont nous précipiter dans une victoire référendaire. À mon avis, c'est le contraire qui se produirait. " »
Eh oui, M. Landry, à vous entendre, on croirait plutôt que ce qu'il va se produire sera le contraire de ce que vous dites, comme vous vous êtes, selon vous, trompé en vous retirant de la vie politique. Et maintenant, restez-en donc à l'écart plutôt que de vous apitoyer sur votre sort. Ne devenez pas jaloux de vos successeurs qui auront à réaliser ce que vous vous êtes refusé à croire être capable, fut-ce l'instant où vous avez pris la décision de démissionner. N'essayez pas non plus de nous faire croire que votre seul motif de vouloir rester à la tête du PQ était d'épargner des dépenses, couvrant probablement plutôt votre peur d'affronter des débats, que votre organisation a si bien étouffée, où les évidences vous auraient rattrapées. Des évidences de coeur et de raison pleuvent à l'automne de la souveraineté. Ouvrons-nous les yeux et remarquons comme elles nous trempent!

«Go Montreal» plutôt que «Go Montréal»
Sylvio Le Blanc
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
Comme on peut le voir aux pancartes partisanes polluant les rues montréalaises, l’«Équipe Tremblay Team» a amorcé sa campagne électorale. Et quel message principal nous livrent-elles? Rien de moins que «Go Montréal». Le «go» entendu ici ne se trouvant même pas dans un dictionnaire de langue française qui se respecte. On se croirait revenu au temps du «Go Expos, go!»
Que ne ferait le maire Gérald Tremblay pour amadouer les anglophones, dont la majorité lui tient encore rigueur pour son rôle tenu lors du débat sur les défusions? Cela dit, il a manqué de courage en s’arrêtant à mi-chemin, car, j’en suis sûr, ces mêmes anglophones auraient préféré «Go Montreal» à «Go Montréal».

La nouvelle coupe de Jean-Daniel Lafond
Sylvio Le Blanc
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
Dans les années 1980, j’ai assisté à un cours donné par Jean-Daniel Lafond à l'Université de Montréal et je me souviens qu’il avait les cheveux longs. En fait, partout où j’ai vu sa tête de soixante-huitard lunatique – dans ses films, à la télévision, sur des photos –, il avait les cheveux longs. Quelle ne fut pas ma surprise de lui voir les cheveux raccourcis sur une photo de l’agence Reuters[1] prise lors de la rencontre du couple bientôt vice-royal avec le couple royal.
On l’aura sûrement convaincu que ses nouvelles fonctions exigent qu’il soit d’apparence convenable aux yeux de ses futurs sujets et admirateurs, qui sont, on s’en doute, parmi les plus conservateurs du pays.
En devenant sous peu vice-roi par alliance, après avoir déclaré par l’intermédiaire de sa dulcinée n’avoir jamais rien eu à faire avec les souverainistes et leurs idées, et renoncé à la coupe de cheveux qu’il affectionnait depuis des années, Jean-Daniel Lafond dévoile un double fond de sa personnalité qu’on aurait jamais pu deviner.
[1] Le Devoir, Jean-François Nadeau, «Lettre à un triste sire», les samedi 17 et dimanche 18 septembre 2005, p. F 2. Photographe : David Cheskin.

Nous sommes en droit de savoir
Daniel Magnan, St-Pie, Québec
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
J'aimerais me faire le porte-parole de tous ceux qui ne peuvent tolérer que Boisclair ait déjà pris de la cocaïne et demander formellement au Premier ministre du Québec avec qui et pourquoi il a consommé du cannabis. Une drogue qui, rappelons-le, est illégale et qui laisse des séquelles.
Des comportements fautifs
Charest n'en est pas à une illégalité près: tentative de soudoyer un juge; implication dans le scandale des commandites en tant que membres du comité du non; insulte des femmes (p'tite madame, chienne, etc.); etc. En outre, le Premier ministre du Québec détient presque le record d'absentéisme à la Chambre des Communes alors qu'il était au PC. D'ailleurs, est-ce que cet absentéisme chronique est dû à sa consommation présente ou passée de cannabis?
En toute connaissance de cause
Nous sommes en droit de savoir avec qui il l'a consommé et de qui il l'a acheté. Car s'il y a bien quelque chose que l'affaire Boisclair a démontré, c'est que quiconque a touché à la drogue l'a nécessairement achetée. Donc, notre premier ministre s'est rendu pour acheter cette drogue et l'a consommé et ce, sachant fort bien que c'était illégal. Comble de malheur, il a pris cette drogue alors qu'il avouait vouloir être Premier ministre du Canada un jour. Nous devons savoir où cet individu, ayant des comportements illégaux, a acheté sa drogue et pourquoi il s'est fait le complice du crime organisé. Le tout alors qu'il aspirait à de très hautes fonctions.
Des fréquentations douteuses
Jean Charest dirige le Québec et il est un drogué avoué. Non seulement ses comportements discutables (criminels?), ne manquent pas, comme nous l'avons précédemment démontré, mais, de surcroît, il s'entoure de gens qui commettent des gestes illégaux (ou sont accusés de le faire), Mulcair (diffamation, portables, etc.), Boulet, Daniel Bouchard, camp du non en 1995, groupe Everest, etc.
Des capacités atteintes?
Un consommateur de cannabis, ayant des comportements qui laissent à désirer et s'entourant de gens tout aussi louches, devrait montrer patte blanche et faire en sorte de ne pas laisser poindre de doute quant à ses capacités. Or, ce n'est pas le cas et le Premier ministre du Québec a des comportements qui nous permettent de douter de celles-ci: absentéisme, dénigre ses pairs, prend des décisions sans réfléchir (écoles juives, Suroît, etc.), change d'idées à de multiples reprises, paranoïa (accuse tour à tour ses différents adversaires d'être responsables des problèmes dans les hôpitaux), décline toute responsabilité (c'est toujours la faute du PQ, des syndicats, etc.), incapable de tenir ses promesses (baisses d'impôt), fixation sur le Canada, etc. Et que dire de sa capacité de s'organiser? Il n'a plus d'argent pour les employés du secteur public, sous-payés par rapport au privé, alors qu'ils sont sans contrat de travail depuis fort longtemps!
Pour toute ses raisons, ne serions-nous pas en droit d'en savoir plus sur la consommation de drogue de Monsieur Charest? En outre, n'y aurait-il pas lieu de questionner son entourage sur cette question? Ce que nous ne pouvons tolérer chez un aspirant à la tête d'un parti de l'opposition ne peut encore moins être toléré pour notre Premier ministre. Et s'il était parti en Chine pour prendre de l'opium?

Le mouvement indépendantiste au bord du gouffre
Luc Potvin, Montréal
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
26 septembre 2005. À peine diffusée sur les ondes de la radio de Radio-Canada, parmi mille autres nouvelles, on glisse vite sous le tapis la déclaration faite la veille par le chef du Bloc québécois à propos de Monsieur Sondage. Une déclaration qu’il semble bien avoir été forcé de renier, mais qu’il a quand même faite, même si on s’est bien arrangé pour que le moins de gens possible puissent l’entendre.
27 septembre 2005. Grande une de La Presse pour Monsieur Sondage. Plus que de l’information : de la pub, de la vraie pub, de la grosse pub, de la pure pub !
Alors quoi ?
Alors ceci :
Dans un plateau de la balance : le mouvement indépendantiste tout entier.
Dans l’autre plateau : un candidat qui rappelle Pierre Marc Johnson, un candidat auquel la très fédéraliste Radio-Canada et la non moins fédéraliste Presse réservent un traitement princier, rien de moins que princier.
Un candidat qui, par ailleurs, a lui-même admis avoir consommé de la cocaïne et, par conséquent, s’en être procuré, tout cela lorsqu’il était ministre.
Dort-on au gaz ou quoi ? A-t-on vraiment envie d’une campagne électorale ou référendaire totalement, mais alors là totalement bousillée ?
N’est-il pas temps encore d’empêcher ça ? Oui. Mais vite !


Course à la chefferie du PQ [ 1de 2 ]
André Boisclair doit-il démissionner ?
Pierre Daviau, Québec
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
« … affiche ses valeurs : l’indépendance,
l’objectivité, la transparence, la responsabilité sociale. » (1)
Une faute dite de « jeunesse » rendue publique en juin dernier est passée inaperçue. Or, les candidats de la course à la chefferie étant maintenant connus, les médias ont cherché à connaître la vérité. Sous la pression médiatique, le candidat André Boisclair a avoué avoir « consommé ».
Toute cette saga médiatique, suscitée par les comportements d’un candidat dont l’ambition politique est d’être élu chef du Parti Québécois et éventuellement premier ministre du Québec, mérite que les citoyens s’y arrêtent. Analysons donc cette affaire à la lumière de la phrase citée en exergue et de certaines autres valeurs.
La transparence opacifiée
Comme point de départ, voici quelques citations des médias :
« André Boisclair avait admis avoir touché de la poudre blanche, mais il n’avait jamais précisé avoir fait ce geste illégal quand il était ministre du gouvernement ». (2)
« André Boiclair n’a jamais employé le mot « cocaïne ». Mais il a admis « avoir consommé » à l’époque où il était ministre. […] Devant l’insistance de la journaliste, il a laissé tomber « qu’il m’est arrivé de consommer », sans préciser lui-même la substance dont il était question. « On ne peut être plus clair que ça. Je ne peux aller plus loin ». » (3)
« Poussé dans les câbles, il a dû préciser la nature , la fréquence et le moment de ces dérapages. Il y a trois jours, il se contentait de parler d’erreur de jeunesse, soulignant que tout le monde avait eu 20 ans ». (4)
Ces citations dévoilent, sans équivoque, l’attitude de louvoiement et de demi-vérités du candidat. Cet état d’esprit n’est pas sans inquiéter tout citoyen vigilant quand chacun sait qu’il comporte un ensemble de jugements et de tendances qui pousse à un comportement.
Qui plus est, André Boisclair essaie de minimiser cette bêtise et de se disculper en invoquant des « erreurs de jeunesse ». De plus, il prend pour témoin l’ensemble de la population lorsqu’il a affirme, tel qu’entendu à la télévision, qu’il a consommé « comme tout le monde ».
À ce que je sache, il est irresponsable d’invoquer des « erreurs de jeunesse » quand on est dans la trentaine et, de surcroît, ministre du gouvernement. En plus, vouloir se disculper en invoquant que tout le monde le fait est une insulte à l’intelligence et une tentative de manipulation de l’opinion publique ou pire, une tentative de corruption de la pensée et des valeurs de la population. Monsieur Boisclair, je ne me suis jamais drogué et tout le monde, y compris les personnes de 20 ans, heureusement, ne se droguent pas. Quelle petitesse d’esprit avez-vous ! Quel raisonnement tordu vous a conduit à cette accusation ! Cela ressemble étrangement à un comportement qui consiste à rapetisser les autres pour mieux s’élever soi-même et dénote une absence de maturité.
Un pasteur, commentant à la télé le meurtre commis par un joueur ( Un dénommé Kane, je crois.) de football qui a déjà joué à Montréal, déclare ceci (citation de mémoire) : « On ne peut justifier un crime en invoquant la jeunesse, la pauvreté et la drogue ». La déclaration de ce pasteur, remplie de bon sens, convie chacun à assumer ses responsabilités. Elle s’applique sans restriction au candidat Boisclair.
Une revue sérieuse, Protégez-vous, considère important d’afficher ses valeurs afin de mieux se faire connaître et pour attirer et conserver ses lecteurs. Or, chacun sait que les fonctions exercées par un député, un ministre, ou un premier ministre consiste à exercer un pouvoir sur les citoyens. Par conséquent, les citoyens ne devraient-ils pas contraindre toutes ces personnes, y compris les candidats à ces fonctions, à afficher et attester leurs valeurs, sans oublier que ces valeurs commandent un comportement congruent. En effet, quiconque exerce ou désire exercer ces fonctions sort du domaine privé et entre dans le domaine public. Connaître ces valeurs relève de l’intérêt public.
La responsabilité sociale bafouée, violée
Michèle Bérubé enseignant le français au secondaire écrit, sous le titre « J’enseigne, c’est banal… », des vérités concrètes auxquelles est confronté cette génération d’élèves. Voici l’essentiel de son intervention : « […] Depuis lundi, j’explique à mes jeunes de 15 et 16 ans que la coke c’est nocif ; c’est une drogue dure, criminelle, dangereuse. […] Maintenant, je veux faire comprendre à mes jeunes que fumer ça peut passer à l’occasion. Mais la coke… Hiiiiii ! Ce n’est pas la même chose du tout. Mais les réponses sont jouées ; la télé, même celle d’État, nous montre des reportages où on banalise la coke. Ce n’est pas si grave, ce n’est pas pire qu’un joint finalement… […] Mais voulez-vous, pour quelque temps, me laisser travailler ? Ne défaites pas ce que je tente de faire : des adultes responsables et qui peuvent s’amuser sainement, sans drogue. Laissez-moi la chance de leur montrer que notre monde est sérieux, sain, en santé et que l’on aime s’amuser dans la légalité… En fait, laissez-moi travailler…. ». (Les caractères gras sont de nous) (5)
Quel témoignage émouvant nous livre cette enseignante ! Elle nous plonge au coeur des impacts négatifs sur l’éducation de nos enfants qu’exercent tous les comportements illégaux et amoraux. Sous prétexte de « liberté » individuelle, d’une permissivité débridée et de l’inconscience collective, tous les comportements sont jugés d’égale valeur. J’ai l’impression qu’un ancien message publicitaire devient la règle de conduite collective : « Tout le monde le fait, fait le donc. » Il y a un hic! dans tout cela. Dans quelle sorte de société voulons-nous vivre ? Quelles valeurs voulons-nous inculquer à nos enfants et petits enfants pour qu’ils deviennent des adultes responsables et respectueux des autres ? Quelle solidarité sociale désirons-nous développer ? La solidarité sociale n’est pas que de belles paroles et de l’aide financière, c’est surtout des attitudes et des comportements qui contribuent à aider les jeunes et les moins jeunes à grandir.
Dans le même ordre d’idées, voici une citation de madame Lise Payette rapportée par Michel David. Bien des gens, écrit-il, pourraient se poser la même question qu’elle : « Si on pense qu’il est dommageable pour les jeunes d’apprendre que leur héros sportif se drogue, et si on prétend que ces vedettes doivent servir de modèles pour ceux qui les admirent, n’est-ce pas la même chose pour les politiciens ? » (7) Cette citation brille par sa clarté et sa pertinence. En effet, la société doit être plus exigeante envers ses représentants à tous les niveaux.
Les personnes publiques, députés, ministres et premier ministre, portent sur leurs épaules le poids de l’exemplarité. Jeunes, moins jeunes et plus vieux observent leurs actions et souvent les choisissent comme modèle et les imitent. Or, commettre une infraction au code criminel est un acte répréhensible dans tous les cas, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’un ministre. Cet acte est doublement condamnable lorsque le délinquant tente de s’esquiver ou de minimiser son comportement et sa responsabilité. Cette façon de faire contribue à corrompre les valeurs que les parents et les enseignants responsables veulent inculquer aux jeunes.
Que ce soit à titre de citoyen, de député, de ministre et de candidat à la chefferie, André Boisclair n’a pas assumé ses responsabilités sociales.
La responsabilité politique détruite par une faute criminelle grave
Ministre dans un gouvernement soumet le titulaire à des règles de prudence, d’objectivité, d’indépendance d’esprit, de crédibilité et de probité. Un ministre doit éviter de déstabiliser le gouvernement et de mettre la sécurité de l’État en péril. Il doit éviter de se placer dans des situations embarrassantes aussi bien pour lui que pour le gouvernement.
Commettre une infraction au code criminel en se droguant à la cocaïne, même à une seule occasion, signifie s’approvisionner directement ou indirectement auprès des gangs de criminels. C’est se placer dans une situation de subir les pressions ou le chantage des junkies, des trafiquants et de tous les criminels qui gravitent dans le monde interlope. Comme membre d’un parti politique indépendantiste au Québec, c’est aussi se mettre dans la situation périlleuse, s’il en est, d’être manipulé par les forces occultes, la police canadian, le SCRS et tous les fédéralistes au pays. Souvenons-nous du colonel Pierre Sévigny. Pour avoir mis la sécurité du Canada possiblement en péril en ayant eu des relations sexuelles avec l’espionne allemande Gerda Munsigner, il dut démissionner promptement.
Bien que le candidat Boisclair ne veut pas préciser le nombre de fois, les circonstances et avec qui il se droguait, la situation semble s’éclaircir malgré lui. En effet, sous le titre de « L’ancien chef de cabinet de Boisclair voit son salaire saisi » (6) deux journalistes nous apprennent;
1- « … Luc Doray avait falsifié des factures pour son compte de dépenses ».
2- « Lors de son procès, Luc Doray avait admis devant la cour avoir un problème de dépendance à la cocaïne et à l’alcool ».
3- « La fraude était survenue entre 1996 et 1998, au moment où il était directeur de cabinet d’André Boisclair, alors ministre de l’Immigration et aux Relations avec les citoyens dans le cabinet Bouchard ».
Cette information tombe à point. Elle nous apprend qu’une (ou des personnes) de l’entourage du ministre Boisclair était alcoolique et toxicomane. Comme il survient généralement quand une personne vit dans un état de dépendance à l’alcool ou aux psychotropes, elle n’hésite pas à commettre des crimes pour satisfaire ses besoins.
André Boisclair s’est déclaré rassembleur lorsqu’il a posé sa candidature à la chefferie. Or, l’admission de son chef de cabinet à l’effet qu’il était toxicomane et alcoolique et que lui-même, André Boisclair, se droguait nous amène à nous interroger sur le genre de personnes que le candidat avait rassemblées dans son cabinet de ministre. Y-avait-il trois, ou quatre personnes alcooliques ou toxicomanes dans ce cabinet, ou étaient-elles toutes dépendantes de ces substances ? Est-ce que tous se rassemblaient dans des orgies arrosées à l’alcool et stimulées à la drogue ? Ces personnes doivent cesser de protéger leur ancien patron ; elles sont invitées à se comporter en citoyennes et citoyens responsables en disant la vérité, sinon elles deviennent complices des actes criminels commis. La discrétion et la protection du patron ne tiennent pas face à des fautes criminelles. De plus, l’intérêt supérieur du Québec exige de démasquer les irresponsables et les infractions au code criminel.
Cette situation met aussi en cause la crédibilité des collègues passés et actuels du candidat, de son chauffeur et de son garde du corps et de toutes les personnes qui, connaissant ses frasques, ont choisi de l’appuyer malgré tout. Enfant, les gens de mon milieu avait l’habitude de dire : « L’instruction ne met pas du plomb dans la tête ». Cette expression signifiait pour eux que l’instruction ne garantit pas le jugement et le discernement. Force est de constater que le candidat Boisclair, contrairement à beaucoup de personnes de milieux plus humbles et moins favorisés, a démontré qu’il ne possédait pas les aptitudes essentielles de jugement et de discernement. Cette assertion s’applique aussi aux personnes mentionnées précédemment.
Conclusion
Toute cette saga n’inspire pas confiance. Au contraire, de nombreux doutes subsistent. De plus, existe-t-il d’autres cadavres pourrissant dans les garde-robes et qui répandent des effluves nauséabondes ?
Chercher l’appuie de la jeunesse est légitime lorsqu’on veut la faire grandir. Cependant, quant on exploite sa naïveté comme le fait le candidat Boisclair afin de justifier et faire oublier la commission de fautes criminelles est éminemment néfaste pour la société. Les faits démontrent que le candidat n’hésite pas à fait flèche de tout bois pour atteindre ses fins et qu’il se conduit en expert en manipulation de la jeunesse. Danger ! Nous devrions tous être angoissés de le voir occuper quelque fonction publique que ce soit.
Considérant tous les faits, une seule conclusion logique et responsable s’impose;
André Boisclair doit démissionner au plus pressant.
(1) Protégez-vous, octobre 2005.
(2) Michel Hébert, Le journal de Québec, 2005-09-20, p. 3.
(3) Michel Corbeil, Le Soleil, 2005-09-20, p. 1-2.
(4) Denis Lessard, La Presse, 2005-09-20, p. A2.
(5) Michèle Bérubé, Le Soleil, 2005-09-25, p. B 7.
(6) Yves Chartrand et Michel Hébert, Le journal de Québec, 2005-09-22, p. 6.
(7) Michel David, Le Soleil, 2005-09-20, p. A 3.

The Stranger
Lettre ouverte au ministre fédéral Pierre Pettigrew
Marie-Louise Lacroix, Capitale nationale
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
M. Pierre Stewart Pettigrew
Ministre des Affaires étrangères
Ottawa, Canada
http://www.parl.gc.ca/common/senmemb/house/members/MemberDetails.asp?Language=F&Parl=38&Ses=1&PersonId=380&OrgCId=16&Sect=hoccur
Monsieur le ministre
(pettigrew.p@parl.gc.ca),
Je vais tuer sa majesté
Qui dit m'attendre, qui dit m'aimer
Cent fois par jour elle me trahit
On doit mourir quand on trahit
Félix Leclerc, Chant d'un patriote
Vos propos récents concernant le Québec et les Québécois, reconduits à satiété sur maintes tribunes (dont Le Devoir pas plus tard que ce matin même, et notamment au sujet de quelques-unes des personnalités parmi les plus remarquables qui y vivent ou y ont vécu, dont Félix Leclerc et Gilles Duceppe) appellent à mes yeux la contre-réplique suivante d'une simple citoyenne sans autre visibilité ou pouvoir réels que la simple opportunité, à l'occasion, d'exprimer son opinion à peu près librement.
Il y a vingt ans, lorsque l'on demandait à la Québécoise que je suis ce que signifiait à ses yeux le Canada, ne sachant trop que répondre je me contentais de hausser les épaules. Il y a une dizaine d'années, je commençais à saisir certains codes de ce pays-là, de son gouvernement en particulier, ainsi - du Calgary Sun au Halifax Herald, par tous les Don MacPherson* et les Diane Francis des National Post et des The Gazette de Mount Treal ou Toronto - que de sa presse toujours fielleuse et de mauvaise foi lorsqu'il y est question du Québec... ou de sa langue. Et c'est ainsi, quoique sans acrimonie aucune, à la manière pour ainsi dire d'un banal constat objectif, à la même question je rétorquais alors tout spontanément: «Le Canada ? C'est pour moi un pays étranger !».
Or depuis lors, après douze ans (1993) du régime autoritaire d'un Parti libéral du Canada qui a toujours confondu ses intérêts partisans avec ceux de l'État canadien, régime qui cherche par tous les canaux et les moyens possibles à anémier, à débiliter, à aveulir et à déstructurer l'État québécois - tous gouvernements confondus par ailleurs («bleus» ou «rouges» : à l'instar de mon fils de trois ans et demi vous raffolez manifestement des couleurs bien «repérables» qui, n'est-ce pas, simplifient la vie), de Robert Bourassa à Bernard Landry ou Jean Charest -, mon sentiment à l'égard du Canada a continué à «évoluer».
Et c'est ainsi - de l'étranglement fiscal délibéré et concerté à la propagande et à la corruption systématique, des violations de la démocratie québécoise aux Commission Gomery, des Stéphane Dion, des André Ouellet, des Céline Hervieux-Payette, des John Parisella, des Serge Joyal, des Claude Garcia et des Jean Pelletier aux Denis Coderre, aux Serge Savard, aux Yves Gougoux, aux Joe Morselli, aux Jacques Corriveau, aux Charles Guité, aux Alfonso Gagliano et autres Pierre Pettigrew, des Jean Chrétien, enfin, aux Paul Martin (les Québécois on her Majesty's Service ont toujours été légion) - que j'en suis arrivée avec horreur à la terrible conclusion que le Canada n'est plus tout banalement un corps étranger (un gène récessif, il est vrai, ne constitue pas à tout coup une gêne pour l'organisme hôte) dans le seul État français des Amériques continentales. Il en est carrément - virus prédateur et cancérigène qui tue de l'intérieur - l'ennemi avéré.
Et à chaque fois que le ministre fédéral que vous êtes ouvre la bouche au sujet de ce Québec, vous me confirmez hélas ! un peu plus dans cette conviction lentement, progressivement et mûrement élaborée et réfléchie au fil des ans. Aussi, monsieur le ministre canadien des Affaires étrangères, permettez-moi bien humblement de vous dire que vous ne portez jamais si bien votre titre que lorsque vous vous autorisez à discourir du Québec.
Ce sont des hommes comme vous, M. Pierre S. Pettigrew, qui seront parvenus avec le plus d'efficacité à éjecter la citoyenne Lacroix de ce Canada auquel des années durant - et contre toute lucidité historique, vraisemblablement - elle a voulu croire non sans une certaine obstination. Sinon aveuglement.
À n'en pas douter, plus que tous les Parizeau et les Landry de ce monde, vous et les vôtres constituez désormais les valeurs sûres de l'Indépendance du Québec. Laquelle maintenant, il est vrai, m'effraie beaucoup moins que le Canada lui-même... Comme quoi il peut arriver quelquefois, ironie de l'Histoire avec un grand H, que l'on construise des pays à coups de poutres géantes dans les yeux.
La vérité, c'est que l'arrogance et le fanatisme canadien à la Saint-George, tout drapé dans cet unifolié qui lui bouche l'horizon, ne seront point parvenus à terrasser la noblesse tranquille - ô combien tranquille - du chêne que les Québécois ont naguère planté, avec Vigneault, au bout de leur champ.
* Rien à voir, on s'en doute, avec le héros éponyme et magnifié - un noir unilingue anglophone dans le Québec «profond» des années trente - de la chanson de Félix...

Radio-Canada - s'attifer de ridicule
Marcelin Gélinas
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
Voici ce que nous lis(i)ons dans la nuit du 26 septembre 2005, sur le site des « nouvelles » de Radio-Canada:
Le Festival international des films de Montréal (FIFM) a mis un terme, dimanche, à une première édition difficile en couronnant une première oeuvre canadienne. Le long métrage L'Audition, du Québécois Luc Picard, a en effet remporté le tout premier Iris d'or, distinction suprême du FIFM. Le comédien passé derrière la caméra a aussi obtenu les prix de la meilleure interprétation canadienne pour son rôle de Louis, un dur à cuire qui décide sur le tard de devenir acteur. L'Audition obtient aussi la palme du meilleur film canadien.
En quatre courtes phrases, Radio-Cadenas est parvenue à insérer le vocable « Canadien » à trois reprises...
Décidément, la chaîne d'État au service du Liberal Government of Canada cherche par tous les moyens à évacuer le tout petit fond de poussière de crédibilité que d'aucuns pourraient encore s'évertuer à lui conserver.
Cela dit, il faut bien admettre que Radio-Canada constitue une entreprise qui ne manque pas de courage. En particulier lorsqu'il s'agit de s'attifer de ridicule jusqu'à extinction même de toute vraisemblance d'intelligence.
Télé-Québec, il est plus que temps de prendre le relais...
PS : Je lève respectueusement mon couvre-chef à Luc Picard, un Québécois de cran et de talent...
• Courriels de ladite Société de Propagandes : auditoire@radio-canada.ca, nouvelles-internet@radio-canada.ca, telejournal@radio-canada.ca, frulla.l@parl.gc.ca (Liza Frulla, ministre du Canadian Department of Propaganda), robert_rabinovitch@cbc.ca (Robert Rabinovitch, PDG de la Canadian Broadcasting Corporation - English and French)

Les propos intempestifs et outrageants du prétendu Dr. Mailloux
Joseph Berbery
TRIBUNE LIBRE 28 septembre 2005
Les propos intempestifs et outrageants du prétendu Dr. Mailloux méritent quelques commentaires.
1- Le rejet de l’Étranger, de l’Autre caractérise la xénophobie. Mais considérer l’Autre comme inférieur relève du racisme pur et simple.
2- Il y a longtemps que les vrais scientifiques ont relativisé leurs conclusions, toute «vérité» scientifique si solidement fondée soit-elle restant tributaire de l’état du Savoir au moment où elle est énoncée.
3- Avec de fausses prémisses et des paramètres truqués on peut faire dire n’importe quoi à n’importe qui au nom de la science.
4- Entre la fin du XIXème siècle et le premier tiers du XXème, les précurseurs d’Hitler, puis lui-même et ses disciples se sont basés sur des études de même valeur et de même acabit pour justifier leur théorie sur la supériorité de la race aryenne. Par ses propos, Mailloux se situe lui-même dans la lignée de ces soi-disant «gens de science». (?)
Tout cela est bien plus grave que le simple énoncé d’une opinion dans le cadre d’une émission de variétés. En invitant ce personnage connu pour ses sorties, Radio-Canada et l’émission Tout le monde en parle ont pris des responsabilités très graves.
