Les carottes, le bateau et le train de Mario Dumont

Joseph Berbery
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2006

Quelles peuvent bien être les motivations de Mario Dumont ? Quel légume pense-t-il brouter dans le champ fédéral ? Surtout si les carottes sont déjà cuites. À moins que… À moins que…

Si Jean Charest a fait le grand écart des Conservateurs aux Libéraux, pourquoi lui ne pourrait-il pas sauter de l’ADQ (bien mal en point par les temps qui courent, et surtout pour les temps qui viennent) au PCC ? Maintenant que la victoire (même partielle) de ce dernier semble possible, Monsieur Dumont, s’estimant trop jeune pour la retraite, songerait-il à y faire une deuxième carrière, certes plus modeste mais, pense-t-il, plus stable ? Se préparerait-il, en capitaine avisé, à abandonner le premier son rafiot en perdition sur la mer des périls?

Mais d’abord, cela manque de décence. Un bon capitaine n’est-il pas supposé quitter son bateau en dernier ? Ensuite, le jeune Dumont est légèrement en retard sur les événements. Il n’a pas su prendre le train à temps. Il essaye de l’attraper en pleine accélération. Attention jeune homme ! Vous risquez de glisser sous les rails. Et ça peut faire mal, très mal.

D’autant plus que ce n’est pas le bon train. En effet, alors qu’il cherche désespérément, et bien tardivement, à prendre le teuf-teuf conservateur qui, dans le meilleur des cas, le ramènera à son point de départ, le jeune Dumont est en train de rater celui qui est lancé vers l’avenir. Car Gilles Duceppe conduit de toute évidence un TGV qu’on ne peut attraper furtivement au passage. Il faut le prendre en gare, sans tergiverser. Et présenter un billet valide.

Tel n’est pas le cas de M. Dumont.




Clause dérogatoire

Marc-André Labrecque, L’Ancienne-Lorette, (Québec)
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2006

Lors du débat des chefs en langue anglaise lundi le 9 janvier 2006, dans le cadre de la campagne électorale fédérale, le chef du Parti libéral du Canada, en désespoir de cause en raison d’une campagne électorale désastreuse, a sorti un lapin de son chapeau. Il a proposé de rouvrir les négociations constitutionnelles afin d’abroger la disposition dérogatoire enchâssée à l’article 33 de la Charte canadienne des droits et libertés.

Dans une analyse publiée dans Le Soleil d’aujourd’hui, Me Alain-Robert Nadeau, docteur en droit constitutionnel, se déclare d’accord avec cette suggestion afin de faire disparaître de la constitution ce pouvoir « anachronique ». À l’appui de sa prise de position, il invoque deux motifs principaux :

1- Cette clause découle d’un compromis ayant permis l’enchâssemenr de la charte dans la Constitution de 1982.

2- Elle dénature les droits et libertés fondamentaux en permettant par exemple à une assemblée législative provinciale de se soustraire à des garanties constitutionnelles adoptées par les autres parlements.

Permettez-moi d’exprimer mon désaccord avec cette analyse.

Il va de soi que la clause dérogatoire constitue une mesure exceptionnelle qui doit être utilisée avec parcimonie. Elle permet, selon moi, d’assurer un sain équilibre entre le pouvoir politique et l’autorité judiciaire dans le cadre d’un exercice optimal de la démocratie.

En effet, la loi constitutionnelle de 1867 accordait l’exclusivité des pouvoirs en matière de droits et de libertés au monde politique. La modification constitutionnelle de 1982 a eu pour effet d’ajouter un élément d’équilibre en conférant au pouvoir judiciaire une compétence décisionnelle en matière de droits et libertés. En cas d’opposition entre les deux, la clause dérogatoire attribue le pouvoir de rendre le verdict ultime à la sphère politique, gardienne des droits collectifs et de l’intérêt public.

À titre d’exemple, dans l’affaire Chaoulli, eu égard à la possibilité pour des citoyens d’avoi le droir de contracter des assurances privées en santé pour contourner les listes d’attente qui compromettent leur droit individuel à la sécurité, tous les juges des cours du Québec, « un juge de la Cour Supérieure et trois de le Cour D’Appel », étaient d’accord avec la loi québécoise. Néanmoins, ces décisions ont été renversées par un jugement majoritaire « quatre contre trois » de la Cour Suprême du Canada. Comme deux des juges dissidents étaient du Québec, il en résulte que sept juges sur un total de onze (dont six provenant du Québec) se sont prononcés en faveur de la loi québécoise. Malgré cela, elle a été rejetée par la décision majoritaire de la Cour Suprême du Canada.

Dans un tel cas de figure, il est absolument fondamental que le pouvoir politique québécois puisse faire primer sa conception des droits collectifs et de l’intérêt public au détriment du pouvoir judiciaire.

En effet, contrairement au pouvoir judiciaire dans lequel les juges sont nommés, l’institution politique émane du peuple lui-même. À ce titre, les politiciens doivent répondre de leurs actions et de leurs décisions devant ce même peuple qui peut les récuser en cas de désaccord, ce qui n’est pas le cas des juges. C’est l’essence même de la démocratie, le gouvernement du peuple par le peuple, en dépit de ses imperfections.

En conséquence, les politiciens qui souhaitent la disparition de la clause dérogatoire de la Charte canadienne des droits et libertés, qui constitue à mon humble avis une mesure d’équilibre démocratique exceptionnelle et probablement unique au monde entre le politique et le judiciaire, se conduisent comme des pleutres qui se défaussent de leurs responsabilités politiques. Ce faisant, ils renoncent à l’imputabilité découlant de leurs actions et de leurs décisions au bénéfice d’un gouvernement des juges. Les citoyens devraient prendre en compte cette attitude de Ponce Pilate qui se lavent les mains de leurs responsabilités politiques au moment de déposer leur bulletin dans l’urne.




Gesca ou la honte de la presse québécoise

Jean Dunois
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2006

Référence : André Pratte, éditorial du 11 janvier 2006, La Presse de Montréal : http://www.vigile.net/06-1/11.html#11 Références complémentaires : andre.pratte@lapresse.ca, adubuc@lesoleil.com, edito@lapresse.ca, lettres@cyberpresse.ca, opinion@lesoleil.com

Il y a quelques individus au sein de la presse québécoise qui n'ont jamais su faire la distinction entre l'information, l'opinion et la propagande. Alain Dubuc et André Pratte, du conglomérat Gesca (http://www.powercorporation.com/index.php?lang=fra&comp=gesca&page=profile) - de La Presse (http://www.cyberpresse.ca/apps/pbcs.dll/section?Category=CPPRESSE) en particulier - font partie de cette confrérie pour laquelle toutes les torsions mentales et toutes les bassesses intellectuelles sont recevables quand il s'agit - pour ces Québécois, car ce sont des Québécois - d'opposer radicalement le Canada à la volonté nationale québécoise.

Par-delà toute idéologie et toute opinion politique personnelle - chacun a droit aux siennes, il va de soi - pareils personnages constituent rien moins que des valets du régime canadien. Et ce, depuis de nombreuses années sinon de décennies.

On doit admettre toutefois que M. Pratte descend aujourd'hui à des profondeurs rarement égalées. Cette volonté irrépressible et contre toute intelligence, tantôt de nier, tantôt de banaliser, cet univers cloacale des forces canadiennes dont il est question dans son texte du jour (et pour lesquelles tous les coups sont permis pour contrer le projet on ne peut plus transparent et démocratique que celui de l'Indépendance du Québec de ce joug appelé Canada), cette volonté, dis-je, devient désormais absolument insupportable dans un régime qui s'estime authentiquement démocratique.

M. André Pratte, Québécois éditorialiste en chef à La Presse, je vous croyais valet du Canada. J'étais dans l'erreur. Vous en êtes carrément la prostituée.

Aussi, auprès de mercenaires de l'opinion publique comme vous, M. André Pratte, comme vous, M. Alain Dubuc, les Stéphane Dion, les Denis Coderre, les Jean Pelletier, les André Ouellet, les Marc Lalonde et les Pierre Pettigrew de ce monde apparaissent comme des individus susceptibles de générer quelque sympathie.

Vous constituez, avec quelques-uns de vos collègues, M. Pratte, la fine fleur de la honte du journalisme québécois.

cc : Conseil de presse: info@conseildepresse.qc.ca (http://www.conseildepresse.qc.ca/content/_qui.htm); Fédération professionnelle des Journalistes du Québec: info@fpjq.org (http://www.fpjq.org/); Centre d'Études sur les Médias: cem@com.ulaval.ca (http://www.cem.ulaval.ca/concentration.html).




André Pratte, défenseur loyal des intérêts des libéraux !

Patrick Bourgeois
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2006

Réplique à A. Pratte ! - Il y a une chose qu'on ne pourra jamais reprocher à André Pratte, le « loyal » éditorialiste de La Presse , et c'est de manquer d'imagination lorsque vient le temps de défendre, du haut de sa tribune, le parti libéral du Canada et son petit frère du Québec. À l'évidence, cela ne doit pas toujours être facile pour ce dernier d'élaborer autant de stratégies perfides permettant de justifier l'injustifiable, injustifiable qui prend ici la forme de l'un ou l'autre des scandales politico-financiers dans lesquels sont empêtrés de façon quasi permanente les libéraux.

Hier encore, Pratte prétendait être choqué par les gestes posés par les libéraux dans le cadre du scandale des commandites. Il invitait énergiquement les autorités libérales à faire toute la lumière sur ce scandale qui n'en était alors qu'à ses premiers balbutiements. Mais ce faisant, il prenait tout de même la peine de souligner, à gros traits, les bons coups de Paul Martin, comme quoi on ne sort pas si facilement le libéral de ce corps : « Le gouvernement Martin a réagi vigoureusement hier, annonçant la tenue d'une enquête publique et plusieurs mesures susceptibles d'empêcher qu'une telle affaire ne se reproduise. Cette réaction est appropriée. Mais elle ne peut calmer le profond malaise que suscite le rapport. Le gouvernement n'a pas encore rédigé le mandat du juge John Gomery; il faut espérer que ce mandat sera vaste ( La gangrène, La Presse, 11 février 2004)».

Une telle volonté de justice ne devait toutefois habiter Pratte que le temps d'une chanson. Dès que le scandale des commandites eut atteint une ampleur telle que le gouvernement Martin fut menacé de perdre le pouvoir (printemps 2005), André Pratte a alors cessé d'écrire qu'un tel cas de corruption lui donnait la nausée. Il invitait plutôt ses lecteurs à ne pas punir inutilement Paul Martin à cause des commandites, ce premier ministre qui a eu au moins « l'immense » courage de mettre sur pied la commission Gomery pour épingler quelques coupables. Afin de justifier pareille position, Pratte expliquait que si les électeurs en tenaient rigueur à Paul Martin, de façon à envoyer les libéraux dans l'opposition lors des prochaines élections (comme les sondages le laissaient alors présager), cela pousserait les prochains politiciens aux prises avec de telles crises à refuser que quiconque enquête sur la malversation qu'ils ont commise. Mieux valait fermer les yeux sur ce scandale libéral et voter malgré tout pour les libéraux ( Pourquoi punir Martin ? La Presse, 13 avril 2005). Ce qui revient à dire que pour Pratte, faire la lumière en politique, ce n'est qu'une stratégie devant être employée pour laver la réputation des libéraux, de façon à s'assurer qu'ils se maintiennent encore et toujours au pouvoir. Lorsque faire la lumière présente trop de risques pour les libéraux, vaut mieux alors entretenir un obscurantisme démocratiquement néfaste, mais dont les bienfaits pour l'unité canadienne sont certains.

Et cet obscurantisme, André Pratte propose aujourd'hui de le maintenir fermement dans le cas du scandale d'Option Canada, dossier dans lequel faire toute la lumière porterait trop préjudice aux libéraux pour que cela soit souhaitable. Contrairement à messieurs Lester, Philpot et Boisclair qui proposent de mettre sur pied de toute urgence une enquête publique pour faire la lumière sur les dépenses illicites du camp du Non en 1995, André Pratte, lui, croit qu'une telle enquête serait « futile, coûteuse et néfaste ». Même si Pratte admet que Lester et Philpot exposent des faits inquiétants dans leur livre ( Les secrets d'Option Canada ), inutile il est pour lui de retourner dans un passé douloureux, et ce, parce que ça coûterait excessivement cher et que l'on ne pourrait pas poursuivre les principaux accusés de toute façon, le délai pour ce faire étant maintenant dépassé.

Établissons dès maintenant certains parallèles entre les positions défendue par André Pratte à l'égard de la commission Gomery il y a quelques mois de cela et celles qu'il défend maintenant à l'égard de l'enquête publique souhaitée par les souverainistes. D'une part, il est clair que la commission Gomery aura elle aussi coûté les yeux de la tête aux contribuables canadiens et québécois (tout près de 100 millions $, en tout et partout). Mais étant donné qu'elle devait être l'unique moyen de laver la réputation des libéraux encore en poste à Ottawa et celle de Paul Martin, André Pratte n'a jamais rien trouvé à dire à propos des coûts associés à pareille entreprise. S'il s'oppose aujourd'hui aussi férocement à ce qu'on enquête sur Option Canada, dossier tout aussi d'intérêt public que ne le fut le scandale des commandites, en arguant que cela coûterait trop cher, c'est tout simplement parce que Pratte sait pertinemment que dans ce cas bien précis, tant les libéraux que Paul Martin ne pourraient qu'y perdre des plumes. D'où son choix pour l'obscurantisme. Bel exemple du « deux poids, deux mesures », formule qu'André Pratte a depuis longtemps érigée en dogme !

Pratte ne devrait pas davantage affirmer qu'il ne sert à rien d'enquêter sur Option Canada, et ce, parce que les enquêteurs ne pourraient de toute façon pas mettre en accusation les coupables. À ce chapitre, il est important de souligner que le juge Gomery dont Pratte vantait le mandat jusqu'à tout récemment n'avait pas davantage ce pouvoir ! Aurait-il été préférable donc de s'en remettre uniquement à la Gendarmerie royale du Canada pour mener l'enquête eu égard aux commandites ? Bien sûr que non, car la commission Gomery a contribué à informer efficacement la population par rapport aux gestes frauduleux posés par certains libéraux désireux de vendre le Canada aux Québécois. La démocratie en est donc sortie un peu plus forte. Même si dans le cas d'Option Canada, personne ne devait payer pour les crimes commis par le camp du Non en 1995, le simple fait de connaître la vérité à ce sujet devrait combler d'aise André Pratte. Enfin, cela serait s'il était vraiment démocrate et vraiment décidé à ce que pareilles violations ne se reproduisent plus jamais. Car il est évident qu'une « vaste » enquête publique concernant Option Canada et les dépenses illicites effectuées par les fédéralistes en 1995 devrait nous en apprendre suffisamment pour qu'on puisse, dans un avenir rapproché, développer des structures politiques empêchant tout tricheur de récidiver lors d'une prochaine campagne référendaire. Mais nul n'est plus réfractaire à ce qu'on adopte des règles destinées à empêcher la tricherie que celui qui tire profit de la tricherie !

Et le pire c'est que lorsque le pouvoir libéral aura disparu du Québec, André Pratte ne pourra même pas prétendre qu'il ignorait tout (C'est devenu la mode de prétendre une telle chose par les temps qui courent) des gestes malhonnêtes et liberticides posés par ses amis du PLC et du PLQ contre le Québec. Dans sa chronique d'aujourd'hui, ce dernier a clairement écrit qu'il est conscient que fraude il y a eu en 1995, mais que cela, d'une certaine façon, semble dire le loyal défenseur des intérêts des libéraux, fait partie de la vie : « Il est malheureusement de plus en plus vraisemblable que les troupes fédéralistes n'ont pas respecté toutes les règles financières pendant la campagne référendaire ( Mais quelles règles ont-ils respectées vraiment ? Note de P.B .) ». That's life peut-être, cher Pratte, mais le moment venu, ne vous en déplaise, on s'en souviendra !




Une critique de « Québec libre »

Pierre-Luc Bégin www.lequebecois.org
TRIBUNE LIBRE 12 janvier 2006

LE QUÉBÉCOIS vous transmet ici une critique de « Québec libre » parue dans l'excellente revue littéraire « Nuit blanche » dans le numéro d'été 2005 (no.99, p. 38-39). Elle nous avait passé sous le nez, mais comme il est rare que quelqu'un du milieu littéraire comprenne aussi bien la démarche de Falardeau et des Éditions du Québécois , nous avons pensé vous en faire part, bien que tardivement. Pour en savoir plus sur la revue « Nuit blanche ».
Pierre-Luc Bégin. QUÉBEC LIBRE! Entretiens politiques avec Pierre Falardeau . Éditions du Québécois Québec, 2004, 208p.

Non! Pierre Falardeau n'est ni un imbécile attardé, ni un fou furieux. C'est un cinéaste et un pragmatique soucieux d'analyser et de rester en contact avec le réel et ses contradictions, la plus patente en notre pays étant la double contrainte du néo-colonialisme canadien et de l'impérialisme étatsunien. Le projet de Falardeau est l'indépendance du Québec. C'était celui du RIN et de Hubert Aquin, c'est celui de Jacques Parizeau, de Loco Locass et d'au moins deux millions de Québécois, devenus autistiques malgré la victoire de 1980. C'est également le mien. Voilà qui est tout de même plus sain que de rester noyé dans l'océan de conneries que nous servent les médias et nos soi-disant penseurs pansus. Justement, sa pensée à lui, comme le résume Francis Simard dans la postface de Québec libre!, « est faite de rage, d'indignation et de colère ». Comme celle de tous les révolutionnaires qui ne maquillent pas leur peur et qui savent que des siècles de mépris engendrent la haine. Il continue de rappeler que le Québec est un pays conquis en 1760, écrasé en 1837-38 et annexé en 1840.

Pierre Falardeau ne s'enfarge pas dans les fleurs du tapis. C'est ce que j'aime de lui. Le Temps des bouffons, son magnifique court-métrage, en dit plus que des centaines de pages de recherches universitaires grassement subventionnées par le fédéral. Et surtout, c'est un poème, comme Speak White et Octobre. Le Think Big, s'tie d'Elvis Gratton fait pour moi écho à ce « tell us that Go dis a great big shot and that we're paid to trust him », de Michèle Lalonde. On est loin de La Grande Séduction. ou de la grande arnaque!

Les choses sont pourtant simples : quand Guy A. Lepage, Yvon Deschamps ou Alain Dubuc entonnent le même refrain, qu'un billet dernière catégorie pour enfant au Cirque du Soleil coûte 35$, qu'on nous dit que personne dans l'entourage de Guy Cloutier ne savait ce qui fait la manchette aujourd'hui, qu'on veut instituer un tribunal islamique - je n'ose parler des politiciens que nous élisons -, nous sommes bel et bien dans 1984. Falardeau, tu as raison : les intellectuels et les artistes ne font pas leur job au Québec! Oui, quand je vais au Pharmaprix au coin de chez moi, dans Côte-des-Neiges, j'ai le droit d'être servi en français sans être traité de raciste, même si presque tous les employés sont immigrants. Y'a pas mal de boulot, Pierre! La lutte ne fait que commencer!

Michel Peterson




LA LEÇON DU CORDONNIER

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 13 janvier 2006

Mario Dumont
chef de l’ADQ,
parti comptant quatre pelés et un tondu,
invite la population du Québec à ne pas voter
pour le Bloc
qu’il associe à une succursale du PQ.
« Comment le Québec peut-il sortir gagnant quand une formation politique utilise systématiquement le poids politique des Québécois pour le confiner dans un rôle d’opposition ? »
questionne Mario Dumont de l’ADQ,
succursale du parti Conservateur
- dont faisait autrefois partie
l’actuel premier ministre du Québec Jean Charest -
confinée dans l’opposition,
appelée à disparaître,
privilégiant une médecine à deux vitesses,
soutenant, au nom de la liberté d’expression,
un n’importe quoi des ondes.
« Comme défense efficace des intérêts du Québec,
on a déjà vu mieux… »




Un 3e référendum pourrait faire mal

Félix Pinel
TRIBUNE LIBRE 13 janvier 2006

Jacques Parizeau l'a dit : le nouveau programme du PQ porte certaines incohérences, pis encore, je dirais qu'il est irresponsable. J'ai participé de près à la saison des idées et aux différents congrès qui ont mené à l'adoption de ce nouveau programme, je n'avais jamais réalisé le danger qui nous guettait. Une troisième défaite référendaire pourrait anéantir notre projet national.

La défaite de 1980 a affaibli le Québec et deux ans plus tard Trudeau se permettait de rapatrier la constitution unilatéralement. La défaite de 1995 allait affaiblir le Québec encore plus, déséquilibre fiscal, jugement de la cour suprême, C-20, commandites, etc. Chacune de nos défaites est interprétée par Ottawa comme un cautionnement au ratatinement du Québec. Une troisième défaite référendaire serait catastrophique pour le Québec en entier.

Les souverainistes, plus particulièrement les étapistes purs et durs, doivent tirer des leçons de la défaite de 1995 et comprendre que la voie référendaire est maintenant remplie d'obstacles, s'y aventurer est un risque auquel il faut réfléchir davantage. Croyez-vous que Ottawa va nous laisser partir sans rien faire, ils ont érigé un système pour voler et encadrer le référendum à leur façon...

Le problème dans le nouveau programme, c'est qu'il n'y pas de plan B. Il relève de la pensée magique, il repose sur l'assurance morale que nous triompherons lors du référendum. Il n'existe pas de telles certitudes. Nous ne sommes pas certains de gagner même si nous dominons les sondages, vous savez bien comment le vent peut tourner, il ne suffirait que de la venue d'un squelette...

Inconsciemment, les Québécois savent qu'ils courent un grand risque avec le référendum, c'est pourquoi ils n'en veulent pas vraiment, l'option étant plus populaire que la voie référendaire.

Si nous perdons le référendum, que fera le PQ? Comment s'assurera-t-il que le Québec ne reculera pas comme en 1980 et 1995?

Si nous perdons ce troisième référendum, aura-t-on pris le pouvoir pour reculer? La voie proposée par l'ADQ, bien qu'elle n'aille pas au bout de sa logique et qu'elle ne tienne pas compte des blocages que Ottawa lui opposera, a le mérite de proposer un avancement pour le Québec, un progrès national.

Après une hypothétique troisième défaite référendaire, il serait périlleux pour le PQ de poser des actions qui feront avancer le Québec vers un statut de réel État national. C'est pourquoi, le Parti Québécois devrait ré-ouvrir son programme et y inclure des gestes de souveraineté, des gestes de gouvernance nationale qui assureront au Québec une progression dans un prochain mandat avant même la tenue d'un quelconque référendum. Il ne faut pas gaspiller une éventuelle prise du pouvoir, l'élection sera si difficile à gagner!

On ne bâtit pas un pays avec un référendum, mais avec un gouvernement!




VESSIES ET LANTERNES

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 16 janvier 2006

Léopold Lauzon
fait campagne dans Outremont
pour le NPD de Jack Layton.
« Il est bien évident que je suis souverainiste »
, déclare l’ami désavoué de Pierre Falardeau,
en précisant que sa double allégeance
ne lui fera pas abandonner
son rêve d’un Québec souverain.

Comment peut-on à la fois être
souverainiste et fédéraliste ?

Représenter un parti fédéraliste,
voter NPD, Libéral, Conservateur,
équivaut à prendre position pour un Canada uni,
contre un Québec souverain.

Au Québec,
un vote pour le NPD
aura pour effet de reporter les libéraux au pouvoir
ou d’interchanger un libéral pour un conservateur.

Souverainiste ou fédéraliste.
On choisit son camp.
Les souverainistes qui accorderont leur vote à Jean-Paul Lauzon
ne sont pas plus souverainistes que
Jean-Daniel Lafond ou Mario Dumont.

Cette élection prépare la voie à l’Indépendance du Québec.
Avec un gouvernement péquiste,
les choses se mettront en branle rapidement
dans la mesure, bien sûr,
où le nouveau chef cessera de pavaner
et s’attellera à la tâche
tel qu’il se promettait de le faire sitôt élu.

« L’avenir est aux partis socialistes »,
soutient Lauzon, qui cite l’Espagne pour exemple
sans faire cas des mensonges, des dissimulations d’Aznar
que le peuple a congédié.

Le rêve de Jean-Paul Lauzon
est sans couleur
et ceux qui le partagent
assombrissent le nôtre.




Chère Madame Frulla

Jacques Bergeron, Président de la Section Ludger-Duvernay de la SSJB de Montréal et en son propre nom.
TRIBUNE LIBRE 16 janvier 2006

Comme tous les citoyens et toutes les citoyennes du Québec, probablement, je vous ai entendue hier soir, dire aux nouvelles de «RDI», il faut bien vous le dire, car je ne suis pas votre campagne politique électorale, que le livre de MM. Philpot et Lester était un «torchon». Que de vulgarité, Madame, provenant de la bouche d'une ancienne ministre et toujours ministrable personne si jamais le parti libéral de Paul Martin se fait réélire?

Dire que nous en attendions moins de la part d'une personne qui a concouru à la victoire du «Non» serait un euphémisme, madame, puisqu'un coupable réagit toujours de cette façon devant les preuves accablantes qui le touchent.

Sachez qu'une personne qui collabore à la perte de son peuple est souvent victime de ses actions. Mais peut-être ne vous sentez-vous pas membre de ce peuple du Québec dont la victoire aurait pu lui donner un pays indépendant de langue française, capable de participer au bonheur des peuples dans le concert des Nations libres et indépendantes.

Mais comme vous avez choisi votre camp, Madame, il vous faut vivre avec les soucis inhérents à la conduite de celui-ci, même si ce groupe peut avoir agi, tout comme ses collaborateurs, (dans le sens le plus péjoratif du mot) sans vous en faire part.

Vous seriez donc une victime de vos ami-e-s, mais une victime qui ne veut pas connaître la vérité, toute obnubilée que vous êtes par les gens qui vous ont trompée.

On peut trouver cela malheureux, mais on doit surtout le regretter! Il vous serait si facile de démontrer votre bonne foi en exigeant que toute la lumière soit faite sur cette affaire, en «suggérant» à Paul Martin et au gouvernement du «Canada», qu'une commission d'enquête publique et neutre fasse toute la lumière sur cette ténébreuse affaire dévoilée par MM. Lester et Philpot.

Alors, madame Frulla, vous auriez beaucoup mérité de la nation et de vos vrai-e-s ami-e-s!

Veuillez agréer, Madame, l'expression de mes sentiments les plus respectueux.




Scandale des commandites et d’option Canada - De quel amour parle-t-on ?

Daniel Lévesque, Québec arrondissement Beauport
TRIBUNE LIBRE 16 janvier 2006

Si on fait de la politique par amour de son peuple, je voudrais bien savoir de quel genre d’amour ceux qui ont transgressé les lois de ce pays nous gratifient. Et comment peut-on justement affirmer que l’on nous aime, alors que l’on viole cette démocratie qui nous est si chère et si caractéristique de cette société. De quel amour parlent ceux qui ont toujours traités les membres du mouvement souverainiste de racistes et qui les ont accusés de pratiquer un nationalisme ethnique quand on sait maintenant que ces mêmes accusateurs ont bafoué sans vergogne l’héritage que nous a laissé René Lévesque ?

Ne serait-ce pas plutôt de la haine ? Quand on sait maintenant qu’ils ont détourné l’argent de nos taxes, pour lequel nous peinons durement, pour se graisser scandaleusement et aussi tenter de nous acheter.

Et puis, comment des Québécois comme les Dauphin, Corriveau, Beaudoin, Chrétien, Martin, Pettigrew, Charest, Dubuc, Nolin, etc. oui ! comment il se fait que ce soit des Québécois qui nous aient trahis de cette façon ? Et comment expliquer l’apathie sinon l’indifférence généralisée de la population ? C’est méprisable déconcertant et décourageant !




Sur la signification de l`hommage aux patriotes

Alain Raby, Saint-Jean-Port-Joli
TRIBUNE LIBRE 16 janvier 2006

Plusieurs québécois se demandent s`il est justifié d`avoir institué une journée fériée pour honorer les patriotes.

Quel est le sens de cette commémoration?

Il faut savoir que les patriotes se sont battus pour l`obtention des droits démocratiques qui faisaient défaut au peuple du Bas-Canada ( aujourd`hui essentiellement le Québec.)Les décisions importantes y compris l`octroi des subsides étaient entre les mains d`une oligargie pro-anglaise non élue.

Dans ce combat il y avait bien sûr le désir de reconnaissance nationale pour le peuple français du Bas-Canada.

Après 30 années de tentatives infructueuses de réforme et un non catégorique de Londres aux 92 résolutions des patriotes, l`exaspération vint à son comble et ce peuple si pacifique prit les armes.

Les conséquences en termes humains furent terribles : « 325 personnes mortes sur les champs de bataille 3 villages rasés, environ 3000 réfugiés aux États-Unis, 99 condamnés à mort, 8 réfugiés au Bermudes, 58 en Australie, 12 pendus à Montréal, la suspension de la constitution et des libertés démocratiques pour 4 ans,1700 prisonniers dans un Bas –Canada de 630 000 habitants. Bref la plus grande répression de notre histoire. » Extrait du décret de l`assemblée nationale du Québec juin 1982.

Suite au décret adopté par le conseil des ministres en novembre 2002, le premier ministre, Bernard Landry, affirma :

« Ce jour férié soulignera la lutte des patriotes de 1837-1838 pour la reconnaissance nationale de notre peuple, pour sa liberté politique et pour l`obtention d`un système de gouvernement démocratique……Nous avons choisi d`honorer de cette manière la mémoire des hommes et des femmes qui depuis l`implantation des institutions parlementaires,en 1791, ont milité pour les droits de la majorité, dont celui du peuple à se gouverner lui-même »

Il y a eu ici , sur la Côte-du-sud, à Saint-Jean-Port-Joli, un bel exemple de la façon dont on peut commémorer nos patriotes. La Grande tablée des patriotes sera encore au rendez–vous cette année pour dévoiler le patriote de l`année, le dimanche 21 mai

J`ai la conviction que l`on peut faire plus encore .

Ainsi pour un autre public il y aura samedi 20 mai « Le Pique-nique des patriotes »au parc municipal Chanoine Fleury. Tout se déroulera dans une ambiance festive, détendue et de cordialité fraternelle et ce sera gratuit.

Il y aura une légère animation sous le sceau de la simplicité :

Par exemple on chantera- À La Claire Fontaine- qui a été l`hymne des patriotes d`alors.

Et- Le Canadien Errant - ……..

Un ou deux poèmes seront récités.

« Le Patriote » de Nérée Beauchemin.

Louis Fréchette.

Remise du Certificat de mérite « JE ME SOUVIENS » aux étudiants de la région qui ont performé à leur examen d`histoire du ministère, et rencontre possible des professeurs d`histoire de la région et d`ailleurs.

Tirage d`un drapeau des patriotes et d`une ceinture tissée aux couleurs des patriotes.

Et l`an prochain, peut être pourra-t-on présenter dès le vendredi soir un conférencierpour nous expliquer cette époque charnière, si importante de notre histoire et ses enjeux.

Faisons de cette fin de semaine un « Hommage aux Patriotes » exemplaire pour tout le pays.

Venez m`y aider !

À un moment où, très bientôt, les citoyens québécois auront des décisions politiques importantes à prendre, il leur faudra une bonne analyse de leur histoire. Cet éclairage sera notre contribution.




…LE DERNIER DROIT

Paul Gadoury, L’Île-des-Sœurs
TRIBUNE LIBRE 17 janvier 2006

La course s’achèvera bientôt. Les canassons galopent vers la ligne d’arrivée, groupés sous les couleurs de leur écurie … rouge enfer, bleue rêve, orange pas mûre et bleue d’outremer. Il y a «Roquentin» qui semble avoir cassé son allure, puis «Red Neck» qui file à l’américaine avec la guerre au cul. Loin derrière suivent «Petit Jack» en déséquilibre arsenical et «Jean Bâtisse», dit «Gars de Pays».

L’enjeu, «la coupe Elizabeth» qui coiffera la rosse au fil, probablement par un museau et qui sera remise par notre «Barbie d’Ébène», «Michaëlle Dernière».

La course, dite à obstacles, donne l’occasion à des montures – la plupart enfourchées par des financiers magouilleurs, faiseurs de croyances – de tenter d’illusionner des joueurs avec la promesse d’une grande propension à faire triompher leur salade verte de billets. Foutaise.

Une fois l’épreuve terminée, deux palefrois retourneront au haras pour tenter d’y améliorer leur race en produisant – selon, comment dites-vous, la méthode de grenouillage ? – des poulains malheureusement tout croches ou, encore, pour les expédier sur des terres à conflits où on les contraindra à servir dans la cavalerie des entrepreneurs d’armes blanches et de machines à guerre, dans la cavalerie des fabricants de chair à saucisse – from Us, made in Quebec. (Remember Dieppe) !!!

Et les deux pouliches aux chances de victoire nulles – parce que plutôt habituées à courir sur piste sèche que sur une longue trotte de quelque milliers de kilomètres accidentée d’embûches, d’excréments, de filous – continueront à vivre leurs valeurs en brassant avec une «braoule» la sauce infecte que constituent les collègues de la banquette avant.

Peut-être qu’un jour, des purs-sangs – qu’ils se nomment «Rocky», «Bertha», «Tario» - couveront sous un utile bouclier provincial la forme qui leur permettra de courir éventuellement en toute liberté pour leur propre pays. Peut-être !

Ne lit-on pas d’ailleurs que certains – pas d’ici - envient déjà notre «Jean Bâtisse» ?

Ne me dites pas que tous ceux qui ont quitté l’enclos à cause de René, de Jacques, de Lucien (celui-là vous pouvez le garder …), de Bernard vont vouloir revenir ? Comme Félix l’aurait chanté : «la place est déjà occupée».

Alors, lundi, faisons en sorte de garder notre avance.




APPEL À TOUS LES BLOQUISTES

Serge larochelle
TRIBUNE LIBRE 17 janvier 2006

Dans une semaine, nous serons en pleine journée d’élection fédérale. Beaucoup de travail a été accompli depuis le début de la campagne mais il en reste encore à faire pour que nous puissions dire Mission Accomplie. Même si les sondages sont bons et intéressants pour nous, il ne faut jamais présumer de la victoire avant d’avoir le résultat final et souvenez-vous qu’il ne faut jamais sous-estimer nos adversaires. Méfiez-vous des eaux qui dorment!!!!

Dans les prochains jours, les organisations verront à trouver les bénévoles manquants pour le jour J, terminer le pointage, peaufiner la sortie de votes. Mais vous, saviez-vous que vous pouvez faire beaucoup pour que le Bloc remporte la victoire dans votre comté?

Je vous propose que dans cette élection, de vous impliquer davantage. Et voici comment. Vous connaissez tous de ces amis, parents et connaissances qui ne sont pas encore convaincus de l’ importance de voter pour le Bloc. Cette fois-ci, prenez quelques instants pour en convaincre juste UN. Si chacun d’entre nous convertit une personne, quelle belle victoire que nous aurions et la fierté avec laquelle on la savourerait!!

Dès aujourd’hui, identifiez cette personne que vous aurez à convaincre et faites-lui voir tout ce que le Bloc a fait depuis 1993, et surtout demandez-lui ce qu’il serait arrivé si le Bloc n’avait pas été aussi présent et actif?

Je vous souhaite une bonne et fertile semaine de militantisme.




Les parcs municipaux et la fête des patriotes

Alain Raby, Saint-Jean-Port-Joli
TRIBUNE LIBRE 17 janvier 2006

Dans chaque village,
pour chaque quartier,
un hommage aux patriotes.

Lors de la longue fin de semaine pendant laquelle sont honorés les patriotes

C`est-à-dire la troisième fin de semaine du mois de mai de chaque année, je suggère que tous les parcs publics du pays servent à recevoir un « HOMMAGE AUX PATRIOTES ».

Voici ce qui est imaginé :

Un pique-nique populaire familial et citoyen avec une animation légère,le samedi midi. S`il fait mauvais temps , c`est remis au lendemain.

Exemple :
Volée de cloches de l`Angélus
Brève allocution rappelant le sens de cet « Hommage aux patriotes ».

Quelques chants :

« À la claire fontaine », l`hymne des patriotes de 1837
« Le Canadien errant ».
Musique d`époque et autres chansons patriotiques.

Quelques poèmes :

« Les patriotes » de Nérée Beauchemin.
D`autres poètes et poèmes.

Remise du certificat de mérite « Je me souviens » aux étudiants qui ont performé dans leur examen d`histoire du ministère.

Tirage d`un drapeau des patriotes.

Apportez votre panier de victuailles,un peu de laine et votre ceinture fléchée si vous en avez une.

Tout est GRATUIT.

C`est ce que nous présenterons à Saint-Jean-Port-Joli le 20 mai prochain à Saint-Jean-Port-Joli,au parc municipal Chanoine Fleury.

Patriotiquement.

P.S : Beaucoup d`autres activités peuvent être envisagées pour cet « Hommage aux patriotes » ou « Fête des patriotes ».Voyez l`autre document intitulé : Suggestions pour La fête des patriotes.




UNE PLACE AU SOLEIL

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 18 janvier 2006

Le 29 janvier prochain,
45 jours avant l’équinoxe du printemps,
les Chinois célébreront l’année du chien.

Si Mau Chiu, qui signifie « belle fille » ,
candidate bloquiste
ne se fait guère d’illusion quant à l’issu
de la campagne qui l’oppose, dans Lasalle-Émard,
au chef libéral Paul Martin,
sa présence au sein d’un parti souverainiste
a l’heur de soulever une certaine réflexion
dans la communauté chinoise.

En effet, d’après mon amie Qin (prononcez Tshin)
qui a parcouru pour moi les journaux en mandarin
les Chinois, déçus des libéraux auxquels ils ont,
par tradition accordé leur vote,
prenant exemple sur la communauté noire,
se demandent si le moment n’est pas venu
d’envisager un changement
même si, de par nature,
ils y sont réticents
même si, de par nature,
ils sont apolitiques.
Nous vivons au Québec.
Pourquoi ne pas essayer de comprendre les Québécois ?
Pour quelles raisons cherchent-ils à se séparer du Canada ?
Vouloir ce qu’il y a de mieux pour le Québec
n’est-ce pas vouloir ce qu’il y a de mieux pour nous ?
De toute manière, à Ottawa, qui nous entend ?

L’élection du député d’origine camerounaise
Maka Kotto, la candidature de May Chiu pour le Bloc,
les autorisent à croire
qu’ils peuvent eux aussi prendre en main leur destin,
mettre en place des mécanismes
qui leur permettront, pour le bénéfice de tous,
de participer aux enjeux politiques et publiques
de leur société d’accueil,
le pays de leurs enfants, de leurs petits-enfants.

L’obstacle majeur,
outre leur aversion au changement
demeure, de l’avis de Qin,
la langue :
« L’apprentissage du français représente un défi
difficile à relever pour nous les Chinois
déjà pour la plupart anglicisés. »
Avoir su que le Québec était français
elle-même ne serait pas venue ici.

Les Chinois ne cachent pas non plus leur crainte
d’être expulsés d’un Québec souverain
puisque, au lendemain d’un référendum gagnant
M. Parizeau les aurait, selon la rumeur,
mis à la porte.

Au kiosque à journaux où je m’arrête
Fawzi Ayoub, syrien d’origine,
établi au Québec depuis trente ans,
apporte un bémol à mon enthousiasme.
Il convient de l’ouverture des différentes communautés
à l’option souverainiste
mais garde en mémoire le souvenir des Arméniens
lesquels, après avoir obtenu
du gouvernement Lévesque
leurs écoles
ont tout de même voté libéral :
« Ce n’est pas
parce que les Chinois s’affichent auprès de la candidate bloquiste
qu’ils voteront pour le Bloc.
C’est comme les personnes âgées, dit-il.
Confrontées à leur bulletin de vote,
elles reviennent à leurs habitudes. »

Les libéraux, de leur côté,
ne lâchent pas prise
et offrent, malgré une caisse à sec,
un montant de 150 $
aux bénévoles de langue chinoise
qui feront pour eux du pointage.

Le Québec, assure Dan Philipp
de la ligue des Noirs,
est le Québec de tous les Québécois.

Pour nous
ensemble
nous le bâtirons.





Rouge ou bleu, le régime fédéral reprolétarisera notre peuple !

Luc Potvin, Montréal
TRIBUNE LIBRE 18 janvier 2006

À moins d’une semaine du scrutin fédéral du 23 janvier 2006, tandis que les libéraux coulent à pic, les conservateurs, selon les sondages, effectueraient une percée au Québec, en partie aux dépens du Bloc.

Étonnant ? Pas trop. Le chef conservateur, Stephen Harper, parle de décentralisation et de réduction du déséquilibre fiscal. En surface, cela contraste avec l’intransigeance des libéraux et cela suffit pour que nombre de poissons mordent à l’hameçon.

Quel hameçon ? Celui que constitue l’idée d’une troisième voie possible entre notre dissolution dans le British North America (frauduleusement appelé Canada par le conquérant anglais) et notre accession à l’indépendance nationale.

Cette idée d’une « troisième voie », ou d’une « dernière chance », ou d’un « moyen de moyenner », cette idée-là est une pure illusion et, en tant qu’indépendantistes, nous avons le devoir de la tuer avant qu’elle ne nous tue.

Mais comment la tuer ?

C’est bien simple : en rappelant avec force et constance que l’indépendance du Québec est le seul et unique moyen pour notre peuple d’échapper au sort tragique de sa diaspora nord-américaine.

On parle parfois de « louisianisation ». Ce mot, hélas, semble être devenu un cliché et peut-être conviendrait-il d’en trouver un autre. Mais, à la limite, qu’importent les mots !

La réalité, c’est que la Conquête anglaise et la répression des Patriotes ont eu pour principale conséquence d’asservir notre peuple durant deux siècles en l’enfermant d’abord dans la paysannerie, puis dans le prolétariat. La Révolution tranquille nous a extirpés de cet état d’infériorité collective grâce à des réformes qui ont assuré notre émancipation économique : nationalisation de l’électricité, fondation de la Caisse de dépôt et de la Société générale de financement, etc. Mais qu’est-ce qui a permis aux artisans de la Révolution tranquille d’accomplir leur œuvre, si ce n’est le mouvement indépendantiste ? Cette œuvre, souvenons-nous-en, heurtait de plein fouet les intérêts des héritiers du conquérant. Après tout, ne s’agissait-il pas de déloger les tout-puissants Anglos de St. James Street, soutenus depuis toujours par Ottawa ? Pour y arriver, il nous a fallu plus, infiniment plus que de la bonne volonté. Il nous a fallu rien de moins qu’une arme politique puissante, et cette arme politique, ce fut et c’est encore le mouvement indépendantiste, rien d’autre !

Or, tout ce que nous avons bâti nous-mêmes depuis bientôt cinquante ans pour sortir de notre infériorité économique biséculaire, tout cela, nous ne pourrons pas éternellement empêcher Ottawa et la majorité anglaise de s’en emparer juste en nous contentant d’avoir l’air de vouloir faire l’indépendance. L’heure approche dangereusement où seule la réalisation même de l’indépendance nous protégera des assauts vengeurs et carnassiers de nos ennemis politiques.

Par conséquent, n’est-il pas temps, dans tous nos discours, de bien clarifier l’enjeu ? Et l’enjeu, le voici : ou bien nous accédons à l’indépendance sous peu, ou bien nous serons tôt ou tard reprolétarisés, et ce retour à notre vieille condition de porteurs d’eau sera le prélude à notre assimilation, à notre dissolution dans le grand-tout continental.

Bien sûr, nous pouvons toujours continuer à laisser entendre qu’un échec ultime du mouvement indépendantiste n’aurait pas d’aussi tragiques lendemains. Mais, tant que nous banaliserons ainsi les choses au mépris même de la vérité, le mirage de la « troisième voie » perdurera, il y a lieu de le craindre. Et toujours, on dénichera un Lafontaine pour nous faire oublier un Durham ou des bleus pour nous reposer des rouges…

Quand donc cesserons-nous d’être si modestes et oserons-nous enfin affirmer que du succès de notre cause dépend rien de moins que la survie même de notre peuple ?




Le Bloc ou les conservateurs?

Louis La Bonté, électeur de Papineau, 28 ans le 23 janvier inscrit à la maîtrise en études internationales
TRIBUNE LIBRE 18 janvier 2006

Selon toute vraisemblance, les conservateurs formeront le prochain gouvernement fédéral. Bien sûr, ils seront aidés en cela par les libéraux, dont les scandales et les déclarations de mauvaise foi montrent clairement qu’ils n’ont pas su éviter l’usure du pouvoir. Par exemple, le ministre des Affaires étrangères, Pierre Pettigrew, est à ce point déconnecté de la réalité qu’il entend empêcher le Québec de défendre lui-même ses champs de compétence à l’étranger, alors que celui-ci le fait déjà depuis une trentaine d’année. En cette ère de mondialisation où la démocratie internationale exige la prise en compte des points de vue régionaux, il n’est pas surprenant que son siège de député de Papineau soit plus menacé que jamais. À n’en point douter, un séjour dans l’opposition ferait beaucoup de bien aux libéraux, qui ont grandement besoin de prendre congé… du pouvoir.

Par ailleurs, le transfert de ce pouvoir aux conservateurs permettra d’aborder quelques questions pressantes du fédéralisme que les libéraux ont toujours préféré nier (jusqu’à récemment, et encore!), en particulier le déséquilibre fiscal et, justement, la place du Québec sur la scène internationale. Dans ce contexte, il est tout à fait normal que de plus en plus de Québécois se tournent vers le Parti conservateur. Cependant, s’il est vrai que l’élection des conservateurs représenterait une amélioration pour le Québec en cas de gouvernement minoritaire, rien n’est moins sûr en cas de gouvernement majoritaire. Selon Frank Graves, président de la maison de sondages EKOS, la possibilité d’une majorité conservatrice demeure incertaine, mais « bien plausible » (La Presse, 16 janvier). Ainsi, un appui du Québec à ce parti concrétiserait sans doute cette possibilité.

Les Québécois, qui constituent un groupe minoritaire, ne gagnent pas toujours à être représentés par un député du parti au pouvoir, qui sera malencontreusement tenu à sa ligne de parti, laquelle est surtout déterminée par le groupe majoritaire. Pour le citoyen fortuné, le problème peut être contourné en faisant appel à des groupes de pression (lobbying), auxquels les gouvernements accordent souvent plus de poids qu’à la population. Or, le Bloc québécois représente indéniablement un groupe de pression pour le Québec, et tous les Québécois peuvent faire appel gratuitement à ses services.

Les représentants du Bloc sont aussi tenus à une ligne de parti, mais puisqu’ils défendent un groupe qui ne peut accéder seul au pouvoir (comme tout groupe de pression), ils peuvent invariablement dénoncer ce que les autres sont souvent contraints de concéder silencieusement. De plus, chaque vote pour le Bloc consacre 1,75 $ à la défense exclusive des thèmes auxquels l’opinion publique québécoise est attachée, y compris à l’extérieur du Québec.

Il est vrai que les partis fédéralistes s’entêtent souvent à ignorer les idées défendues par ce parti progressiste, sous couvert de lutte au séparatisme, mais ils sont ainsi les seuls responsables de l’« isolement politique » du Québec déploré par Mario Dumont (Le Devoir, 12 janvier).

Qu’à cela ne tienne, car nous sommes loin d’être mieux servis lorsque pareille mauvaise foi, antidémocratique, se transporte dans un gouvernement majoritaire. Par exemple, l’illégitime constitution de 1982, déplorée par tous les partis siégeant à Québec, a été adoptée après l’élection de 74 députés libéraux sur les 75 sièges du Québec. Depuis, elle met le pays dans un carcan intenable et s’est avérée inchangeable, même si elle est à l’origine d’un nombre grandissant de différends entre les gouvernements d’Ottawa et ceux des provinces, surtout le Québec.

Selon Antonia Maioni, directrice du McGill Institute for the Study of Canada, contrairement à une croyance répandue, « le Bloc se révèle être [sic] un parti qui prend très au sérieux son travail parlementaire, dans les comités ou à la Chambre des communes. Dans ses questions au premier ministre ou aux ministres, le parti essaie d’aller au fond des choses, en général pour essayer d’améliorer les politiques sociales » (La Presse, 15 janvier).

En outre, lorsqu’il pose ses questions, le Bloc peut au moins s’attendre à ce que les médias en parlent lorsqu’il le faut, poussant parfois le gouvernement à agir pour s’éviter les foudres de la population. Même les libéraux, outrageusement hostiles à ce parti démocratiquement élu, ont emprunté plusieurs idées progressistes aux bloquistes après les avoir officiellement ignorées. Dans les faits, le Bloc a un poids certain, et ce n’est pas celui d’un boulet.

Démocratiquement, le poids du Bloc pèse dans la balance… du pouvoir.




Voter pour le Bloc, un devoir de patriote

Simon Girard
TRIBUNE LIBRE 19 janvier 2006

Je n’ai pas voté lors des dernières élections municipales de novembre et je ne vote jamais aux élections municipales en général. Parce que je ne veux pas accorder mon vote à des candidats dont l’allégeance politique est inconnue et, donc, appuyer des fédéralistes sans le savoir. Et puis le monde municipal n’a aucune influence sur le destin du Québec alors à quoi bon voter pour des petits politiciens municipaux qui vont boucher les nids-de-poule et planter des fleurs dans les lampadaires?

Je déplore seulement que les deux plus importantes villes du Québec, la capitale et la métropole, soient dirigées par des pro-canadiens : une mairesse mégalomane, comme en témoigne son « temple » municipal à Sainte-Foy, et un ancien ministre libéral « provincial » plutôt terne. Il faudrait que chaque ville ait son parti qui serait l’équivalent du PQ et du Bloc, comme ça se voit en France, où les candidats municipaux n’ont pas peur de dévoiler leur allégeance.

Mais si les élections municipales ne sont d’aucun intérêt pour les raisons mentionnées, l’élection fédérale du 23 janvier a une grande importance. Et ce jour-là, j’irai voter pour mon candidat bloquiste et député sortant Michel Guimond. Si, en temps normal, voter est un devoir de citoyen, dans le contexte présent de la lutte pour l’indépendance, voter aux élections nationales québécoises ou aux fédérales est aussi un devoir patriotique que chaque militant de la cause est tenu de remplir. Rester à la maison parce qu’on n’aime pas le programme du Parti, parce qu’on doit aller magasiner ou refaire les murs intérieurs, c’est nuire à la cause et à la patrie. Car ne pas voter pour des partis indépendantistes, c’est appuyer implicitement les partis fédéralistes.

Dans la présente campagne, les ennemis fédéralistes n’hésitent pas à ressortir leurs vieilles cassettes pour attaquer le Bloc : parti d’opposition éternelle qui ne peut prendre le pouvoir, des députés qui ne font que chialer et qui ne sont motivés que par la pension, parti inutile qui ne fait que bloquer et empêcher le Canada de fonctionner, etc. Ça commence à sentir la vieille rengaine, le vieux disque usé à la corde, le radotage sénile précoce.

Bien sûr que le Bloc ne prendra pas le pouvoir, et alors? Ce n’est pas pour qu’il prenne le pouvoir que je l’appuie. Voyez-vous, chers inconditionnels du Canada, je suis indépendantiste et, même si vous me promettez la Lune, mes convictions et mon attachement envers mon pays m’interdisent d’appuyer des partis qui sont favorables au maintien du Québec « au sein du Canada ». Je ne suis pas de ceux qui votent pour avoir du changement. Mon vote est un vote idéologique et non de protestation.

Et je vote pour le Bloc sans tenir compte des tendances gauche-droite, contrairement au prof Lauzon, le socialiste-fédéraliste-NPDiste. Je trouve idiot de l’entendre bégayer contre le Bloc et le mettre dans le même paquet que les libéraux et les conservateurs. Faut-tu être cave pas à peu près? Cette distinction gauche-droite n’a aucun espèce de rapport avec l’idée d’indépendance. La liberté n’est pas à gauche ou à droite : elle est, tout simplement. Comme dit Pierre Falardeau : « Un scrou de gauche ou un scrou de droite, ça reste un scrou. »

Cette élection n’est pas seulement une occasion de sanctionner un gouvernement qui n’a plus l’autorité morale pour gouverner, un gouvernement usé par 12 ans de pouvoir et qui patauge dans les scandales. C’est une bataille qui se joue dans le cadre de la lutte d’indépendance. Contrairement à nos chefs, qui ne semblent pas dotés de la capacité d’analyser en profondeur la situation, nos ennemis voient bien que cette campagne électorale est aussi une campagne référendaire. Il est déplorable d’entendre Gilles Duceppe et André Boisclair dire que l’indépendance va se régler à Québec et que cette campagne n’est pas un référendum. À trop focusser sur le référendum, comme si c’était l’objectif fondamental, nos chefs se conduisent comme des chevaux de calèche munis d’œillères. Ils ne comprennent pas que chaque scrutin électoral est un vote pour ou contre l’indépendance, que la lutte de libération nationale se joue sur tous les fronts et pas juste sur la scène « provinciale ».

Et il ne faut pas faire comme Duceppe, qui dit qu’il n’est pas nécessaire de parler continuellement de souveraineté parce que les Québécois savent que le Bloc est souverainiste. Les libéraux ne se gênent pas, eux, pour en parler (en mal!) alors parlez-en aussi, c’est votre raison d’être! Le Bloc n’est pas là que pour parler de déséquilibre fiscal ou pour demander plus de pouvoirs pour le Québec; il doit aussi répliquer aux ennemis chaque fois qu’ils attaquent le projet indépendantiste. C’est une idiotie que de leur laisser tout l’espace et toute la latitude pour nous planter chez nous, sur notre propre terrain, alors que c’est nous seuls qui devrions en être les maîtres et les forcer à jouer selon nos propres règles.

Maintenant, il y a de fortes chances pour que les conservateurs prennent le pouvoir. Les gérants d’estrades journalistiques et les faiseux de sondages pensent qu’il pourrait y avoir trois ou quatre députés conservateurs mais l’hypothèse où il n’y en aurait aucun a déjà été évoquée. Une telle situation serait-elle bonne pour le Québec? Les inconditionnels du Canada vont dire que ce serait une catastrophe, qu’on serait isolés, etc. Moi, je pense qu’au contraire, ce serait une bonne chose. Depuis 12 ans, on a vu ce que c’est que d’avoir des Québécois dans le gouvernement canadian. Ces francophones de service n’ont pas hésité à avoir recours aux pires combines, à imaginer les pires saloperies pour maintenir l’emprise fédérale sur le Québec. Il est grand temps qu’on se débarrasse de ces ordures qui nous enlèvent tout sentiment de fierté d’être Québécois.

Pour moi, cette élection est une autre preuve qu’on n’a pas besoin d’Ottawa pour gérer nos affaires. On a déjà un gouvernement et un Parlement à Québec pour gérer les affaires de la nation québécoise mais ils ne disposent pas de l’entière marge de manœuvre qu’un vrai gouvernement national doit disposer à cause du gouvernement néo-colonial canadian qui veut toujours prendre plus de place. Trop de place. Ce gouvernement est une menace à notre identité nationale et est parfaitement inutile. Ce n’est pas le Bloc qui est inutile, c’est cette administration néo-coloniale qui a remplacé l’administration coloniale britannique après 1837-1838.

Le peuple québécois construit son propre État depuis 400 ans et est maintenant capable de voler de ses propres ailes. Le gouvernement canadian a mis en place son nation building sur notre dos en volant nos richesses et nos travailleurs. Si nous voulons mettre en place et de façon efficace notre propre nation building, il est impératif de se débarrasser de cet État canadian, qui n’est pas un « partenaire » mais un embarras, comme l’ont fait bien des peuples lors de la période de décolonisation.




L'utilité du Bloc? Non, l'extrême nécessité du Bloc.

Joseph Berbery
TRIBUNE LIBRE 19 janvier 2006


On avance beaucoup, ces jours-ci l’argument voulant que les Québécois seront mieux servis par des députés appartenant au parti au pouvoir, au lieu de députés du Bloc. Un certain nombre d’électeurs semblent même avoir cédé à ce chant des sirènes. Quelle erreur monumentale ! M. Duceppe a rappelé à bon escient le début des années 80, lorsque 74 des 75 députés du Québec appartenaient au parti au pouvoir. Cela nous a valu une véritable mise en quarantaine et le rapatriement unilatéral de la constitution. «Je me souviens».

M. Duceppe aurait pu aussi se demander qui est plus libre de représenter correctement ses électeurs : un député, ou même un ministre, conservateur coincé entre la volonté –et les préjugés- de son Premier Ministre, les stratégies du cabinet, et la confrontation des divers courants et des multiples intérêts au sein du caucus ? Ou un député bloquiste n’ayant d’autre allégeance qu’à ses électeurs ?

Il n’y a pas si longtemps, une majorité d’électeurs, voulant sans doute du changement pour le plaisir de changer, nous ont infligé Jean Charest. Nous n’avons pas fini de nous mordre les doigts. Allons-nous commettre à nouveau la même bêtise ? Et envoyer à Ottawa une représentation néo-libérale et hyper-conservatrice qui ne cherche qu’à démanteler tout ce qui a été bâti depuis 50 ans ? NON MERCI. Pourquoi ? Parce que JE ME SOUVIENS.




LETTRE D’UN GRAND-PÈRE À SON PETIT-FILS

Paul Gadoury, L’Île-des-Sœurs
TRIBUNE LIBRE 19 janvier 2006

Mon cher François,

Depuis que te voilà adulte, ce sera la deuxième fois que tu pourras influer sur le résultat d’une élection fédérale.

Je sais qu’il y a deux ans, tes amis et toi sembliez avoir d’autres priorités que d’aller voter. T’as vu les résultats, mon gars ?

Heureusement, le temps – si vite a-t-il passé – aura eu le mérite d’enseigner qu’à travers le pays, autant le leur que le nôtre, des peuplades se sont faites flouer, depuis des années, par une magouille en toute liberté. Et tu supposeras qu’au moment où des «moi, Seigneur» crient aux vierges offensées, clament leur continence sur le plan de l’avilissement, jurent et crachent leur cécité, ils salivent déjà à l’idée que tu pourrais contribuer à ce qu’ils repaissent à nouveau leur voracité.

Tu crois que rester chez toi, assis sur ton derrière, le 23 janvier, jour des élections, se voudra une façon percutante de traduire ton désintéressement pour une loterie dont tu présumes sortir perdant. Je te corrige. Tant qu’à te considérer perdant à l’avance, que ce ne soit pas par défaut. Ose. Tu seras un de plus à faire savoir à la bande des joyeux larrons que tu la méprises. Vote, coupe-leur les jambes. Les truands-vedettes à tête à prime du cinéma américain n’ont jamais été des culs-de-jatte.

Il y a aussi, mon cher François, qu’il y va de ton avenir, cet horizon si pénible à définir quand les lois des puissants dominent, protègent, dictent et, surtout, sélectent et expulsent le plus souvent. Ne te laisse par séduire par les promesses d’Eldorado montées sur ton dos. Ça te cassera vite les reins.

Méfie-toi également de ceux qui te promettent de t’éviter la guerre ; moi, mon père, le sien on leur a presque servi de chair à canon comme l’ont, moins chanceux, en éclaireur, d’autres conscrits québécois des Grandes guerres. À l’époque, c’était pour assurer la paix … à Elizabeth et son ancêtre. Aujourd’hui, c’est pour étancher la soif pétro-sanguinaire, entretenir l’alcoolisme hégémoniaque de Doublieïou et de sa clique.

En plus, on t’enchâssera dans un immense bouclier antimissile pour te protéger d’un terrorisme que tu n’aurais aucune raison de craindre en te mêlant de tes affaires et en n’allant pas jouer à la guerre avec les chaloupes et les hélicos qui ne faisaient pas le poids dans cet empire colonisateur, triste !

Dans les conflits qu’on ensemence au ras de la planète, c’est toi, le québécois qui servira de graine de concombre que l’on plante. Ça s’est déjà vu ! C’n’est pas un «Red neck» qui va s’apitoyer sur ton sort !

«Mais, dis-tu, les éditorialistes m’incitent à …» S’cuse, mais d’la marde. Ils ont écrit la même chose aux dernières élections avec les résultats que tu connais. Ils travaillent pour des proxénètes. Ouvre les yeux, mon coco, et va voter.

Ose. Je te le propose. Que ton vote dispose. Dis à tes amis : On change les choses !

Ton grand-père qui t’aime et qui te veut le meilleur avenir.




Nos ennemis les fédéralistes : PLC, PC et NPD confondus!

Jacques Bergeron
TRIBUNE LIBRE 19 janvier 2006

À quelques jours du scrutin, plusieurs Québécois seraient prêts à changer d’allégeance politique en suivant une certaine mode «Conservatrice», il faut bien le dire et l’admettre.

Mais que se passe-t-il donc pour que les indépendantistes puissent croire que ceux et celles qui ont toujours voulu notre perte depuis qu’ils occupent le Québec, deviennent tout à coup des gens pouvant répondre aux besoins des citoyens et citoyennes du Québec?

Comment pouvons-nous croire que des fédéralistes qui ont toujours combattu notre idéal, l’indépendance du Québec, qui ont combattu notre langue et notre culture en tout temps, ( souvenons-nous de la loi 101, de la loi 12 en Ontario contre nos frères Canadiens-français, de ces autres lois qui ont interdit l’enseignement du Français, dans les provinces de l’ouest canadien ) qui ont rapatrié tous les leviers économiques à Toronto,et les leviers politiques à Ottawa, bien sûr, sous la forte influence de Toronto, comment pouvons-nous croire un seul instant que tout à coup ces gens pourraient nous représenter et défendre nos intérêts à Ottawa et le faire mieux que nos députés du Bloc Québécois?

Comment pourrions-nous croire que ces fédéralistes, PLC, PC et NPD, tous ennemis de notre idéal, réunis dans une même coalition lors du référendum «volé» de 1995, sans oublier celui de 1980, comment oserions-nous croire un seul instant que ces gens puissent nous représenter «honorablement».

Comment pouvons-nous croire que ces gens, de quelque parti pan/canadien qu’ils soient, puissent promouvoir notre langue, notre culture et notre économie, alors qu’ils sont attachés par l’argent de Toronto et par l’élection de députés en Ontario et dans tout l’ouest canadien?

Ne soyons pas dupes d’une mode? Souvenons-nous de tout ce peut représenter le Bloc Québécois à Ottawa en attendant que les Québécois se décident , dans une forte majorité à dire «OUI» à leur émancipation politique.

N’allons pas tenter de régler les nombreux scandales canadiens par l’élection du parti de Stephen Harper, cet individu qui s’est permis de prononcer un violent réquisitoire contre Louis Riel, le 21 octobre 1996, ce monument de vanité ….ayant eu selon lui,un procès juste en son temps!

Souvenons-nous qu’il y a à peine quelques jours, il a dit devant tous les Québécois qu’il serait du côté du «non» lors d’un prochain rendez-vous référendaire.

Et certains Québécois voudraient élire ce pantin «Canadian» de la haute finance albertaine, cet individu qui n’en a que pour les riches sous prétexte qu’il nous faut être représentés dans le prochain gouvernement.

Petite question, est-ce que nous avons été bien représentés par le PLC qui compte dans ses rangs les Robillard, Pettigrew, Dion, Lapierre, Coderre et autres individus du même acabit qui n’ont pas lésiné sur les moyens, leurs nombreux scandales le démontrent amplement, afin de tronquer les résultats de la consultation référendaire de 1995 et de voler aux Québécois un pays.

Autre question à ces nouveaux convertis à la sauce conservatrice fédérale? Est-ce que la présence de 20 députés du parti libéral dans le gouvernement a apporté d’autre chose, que les nombreux scandales connus grâce aux élus du Bloc qui ont dénoncé les abus du gouvernement «libéral» de Jean Chrétien et de Paul Martin pendant la campagne référendaire?

Autre question que je leur adresse!

Est-ce que nous aurions connu tous ces scandales dénoncés par le Bloc Québécois et identifiés par la «Commission Gomery» s’il y avait eu «74» députés fédéralistes à Ottawa. Poser la question c’est, je crois, y répondre.

Ceci étant dit, il nous faut reconnaître que des gens qui nous aiment ne traiteraient pas les Québécois comme des ennemis, ce dont ils ne se gênent pas de nous démontrer «régulièrement» et à toutes les occasions; nos valeureux représentants du Québec dans le présent gouvernement n’étant pas les moins virulents lorsqu’il s’agit de nous le démontrer.

Dans ce sens, le Bloc Québécois devient notre seule arme de défense contre les attaques vicieuses et guerrières d’Ottawa dans la volonté des Québécois de se donner un pays.

Serions-nous assez masochistes pour abandonner cette arme aux mains des fédéralistes ennemis de notre idéal et de ceux qui veulent se donner un pays de langue française, et de quelques «nouveaux collaborateurs» Canadiens-français québécois qui ne tarderaient pas à se vêtir des «oripeaux» de leurs nouveaux maîtres afin de combattre notre idéal et de bien les servir.

Que faire le 23 janvier, sinon élire tous les députés du Bloc que nous pouvons,en laissant les fédéralistes régler leurs problèmes entre eux.

Nous ne devons pas être les outils de nos ennemis et de notre malheur dans la présente course au pouvoir à Ottawa. Laissons ces gens se déchirer entre eux. Ils possèdent tous les atouts pour le faire.

Toronto, pourra toujours réconcilier ses nobles représentants en oubliant que les Québécois ont refusé de jouer leur jeu, celui de la participation à un gouvernement fantoche, ennemi de leur idéal et du type de société dans lequel ils ont choisi de vivre, un pays dans lequel le partage de la richesse n’est pas un vilain mot.

Alors! À la guerre, comme à la guerre, nous décidons de conserver la seule arme que nous possédons même si c’est une rame défensive.

Elle pourrait, le 23 janvier, être considérée comme une arme de destruction massive s’il arrivait que les libéraux et les conservateurs étaient nez à nez lors du dévoilement du vote.




LES DUPES

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE 20 janvier 2006

Ceux qui se contentent d’écouter
sagement les autres
ne changent jamais.
C. McCann

Mon pays n’est pas un pays
ni davantage l’hiver.

Les Québécois voulaient du changement.
Ils ont élu Charest.
Les Conservateurs courtisent les Québécois,
leur proposent un vent de changement,
une bourrasque qu’ils se prendront en pleine face.

Charest à Québec,
Harper à Ottawa.
Il n’y a pas à dire
le Québec sera entre bonnes mains.

Que les Canadiens
soient tentés d’infliger aux libéraux la raclée qu’ils méritent,
on le comprend, on les approuve.
Ils ont le NPD et le parti Conservateur sur lesquels se rabattre.
Que les Québécois
cherchent à disgracier les libéraux de Paul Martin en votant pour
les conservateurs,
on ne saisit pas.

Qu’est-ce que le Québec gagnera à voter Conservateur ?
Rien.

La répression sera moins directe mais
elle continuera d’exister.

En muselant l’aile radicale de son parti
Harper a réussi à lui donner une impression de modération.
Dès qu’ils seront élus
les anciens réformistes s’opposeront farouchement
à tous changements constitutionnels.
Le Québec, utilisé pour remporter la victoire,
sera largué à la première occasion.
Harper ne s’est-il pas prononcé contre l’accord du lac Meech ?
Contre la loi 101 ?
Le déséquilibre fiscal a-t-il été chiffré ?
Est-il réaliste de croire que les conservateurs viendront à bout
de le régler ?
Les Québécois qui accorderont leur confiance aux conservateurs
se bercent d’illusions.
On ne peut à la fois défendre le caractère distinct du Québec
et l’unité canadienne.

Quelles sont les valeurs que partagent
les Québécois et les conservateurs ?
Aucune.

Les médias appuient le parti de Stephen Harper
parce que les sondages le placent en tête.
Ils sont du côté du pouvoir.

Gardons la tête froide.
Ne soyons pas dupes.
Le bleu des conservateurs
n’est pas celui des Québécois
une nuance qui ne peut échapper à Mario Dumont
lequel se rendra vite compte
que l’opportunisme ne paie jamais longtemps.
Nous en avons pour preuve
Belinda.




La force du Bloc!

Dany Bergeron
TRIBUNE LIBRE 20 janvier 2006

Dans un article récent, Michel David nous rappelle les paroles d'un certain Jean Chrétien, 5 jours avant le scrutin de 1993.

"À cinq jours du scrutin, le 21 octobre 1993, Jean Chrétien avait tenu à Québec des propos qui pourraient très bien sortir de la bouche de Stephen Harper aujourd'hui. «J'ai besoin de femmes et d'hommes avec moi pour que les vrais Québécois soient représentés à Ottawa», avait lancé le chef libéral. "

Et bien ce sont exactement les propos que M. Harper a tenus lors du dernier débat en français. Depuis 1993, qu'est-ce que ça a donné avoir des Québécois au conseil des ministres? Ça ne sera absolument pas nouveau avec le parti conservateur. Ce serait une fois de plus faire fondre la voix de ces Québécois dans la mêlée canadienne, rangée derrière la ligne de parti. C'est complètement anti-démocratique que de nier l'importance de chaque député en chambre. Alors la vraie représentation du Québec se fait par ses députés, des députés qui travaillent exclusivement dans les intérêts du Québec. Ça serait au gouvernement de faire d’abord la preuve et non la promesse que nous n’avons pas besoin du Bloc. Mais ça, plusieurs Québécois sont déjà convaincus de l’utopie… et vous?

Puis, lorsqu'un Jean Charest, et un Mario Dumont font clin d'oeil à ce parti, vous vous apprêtez amèrement, selon un sondage, à faire la même gaffe qu'en 2003 "aux provinciales". Le parti conservateur devrait maintenant prendre le pouvoir, avec ou sans députés au Québec. Pour l’honneur, n’allez pas donner votre appui cette fois-ci à un agenda mal camouflé... mais si bien maquillé par les promesses électorales, tel un Jean Charest au secours du Québec et de son système de santé... Pensez-y!!!!

Enfin, depuis plusieurs années, le Québec s’est donné avec le Bloc une force qui n’a laissé personne indifférent. C'est la présence du Bloc qui a forcé le parti conservateur à tenir ce discours aujourd’hui… maintenant voter Bloc pour espérer que le PC tienne ses promesses.

PS : Comme je suis convaincu que le PC ne tiendra aucune promesse en profondeur, envers le Québec, rattrapé par la majorité du reste du Canada (rappelez-vous de la déclaration de Calgary), ce serait une preuve de plus qu’il est temps de passer à autre chose… autre chose que le Canada fédéral.




La seule et véritable alternative

Benoît St-Denis
TRIBUNE LIBRE 20 janvier 2006

Dans son édition du jeudi 12 janvier dernier, le quotidien Le Devoir publiait un texte du Mario Dumont où le chef de l'ADQ prétendait que Le Bloc Québécois est un boulet politique pour le Québec. Bien que ce plaidoyer en faveur de la disparition du Bloc québécois du paysage de la politique fédérale soit discutable à plusieurs égards, je ne retiendrai qu'un seul énoncé afin d'illustrer avec quelle facilité les adversaires du Bloc se servent des conséquences des mauvaises actions du gouvernement fédérales pour minimiser et même ignorer les causes de nos maux.

Selon Dumont, le Québec a de tout temps dicté l'ordre du jour politique fédéral. C'est tout à fait faux. Les deux exemples suivants démontrent au contraire que la présence d'un nombre élevé de députés faisant partie de gouvernement majoritaire n'a pas permis aux Québécois de se faire entendre, et ce à des moments cruciaux de leur histoire récente.

En 1982, après avoir fait élire un député dans tous les comptés du Québec, sauf un, lors des élections tenues deux ans auparavant (74 députés sur une possibilité de 75), le parti libéral du Canada, majoritaire à la Chambre des Communes, a rapatrié la constitution canadienne à l'encontre de la volonté de l'Assemblée National du Québec, incluant la désapprobation de Claude Ryan et de l'opposition fédéraliste. Le Québec n'a toujours pas signé cette constitution.

En 1990, alors que le gouvernement conservateur de Brian Mulroney jouissait d'une majorité en chambre, avec au Québec 63 députés élus sur une possibilité de 75, le partir conservateur n'a pas réussi à faire amender la constitution de 1982 par le « Rest Of Canada » afin de la rendre acceptable pour le gouvernement du Québec, ce qui a mené à l'échec des Accords du Lac Meetch. Le Québec n'a toujours pas signé cette constitution.

A quoi a donc servi d'avoir de très fortes majorités de députés du PLC ou du PCC lors de ces moments névralgiques ? De quelle manière les députés fédéraux du Québec ont-ils dicté l'ordre du jour politique fédéral, alors que la constitution du Canada (ce n'est pas rien) était en jeu ? La réponse est pourtant claire : ou bien une majorité de député ne peut empêcher d'entériner les pires décisions, comme en 1982, ou bien elle ne permet pas de les modifier, comme en 1990 !

Plusieurs fédéralistes tentent de ridiculiser l'action du Bloc aux Communes en laissant entendre qu'il n'a pas pu régler le déséquilibre fiscal, qu'il n'a pas pu empêcher le scandale des commandites. À la lumière des événements de 1982 et de 1990, ces affirmations sont autant d'insultes à l'intelligence des Québécois, et me portent à dire : "Heureusement, ici, c'est le Bloc!".

Il est évident que le gouvernement fédéral, eu égard à l'ensemble de son oeuvre, n'est pas une alternative pour le Québec, point. La présence du Bloc à Ottawa n'est que la conséquence de l'échec des politiques constitutionnelles canadiennes. À court terme, après le 23 janvier, l'alternative canadienne à la problématique québécoise, PLC ou PCC, est ni plus ni moins que les hauts et les bas d'un désespérant statut quo, avec miettes asymétriques dans nos propres champs de compétences par ici, et ententes administratives longuement négociées par là.

La seule et véritable alternative viendra du Québec.
Et elle se nomme l'indépendance nationale.




Il y a cinq ans, un 23 janvier

Christian Gagnon, Montréal
TRIBUNE LIBRE 20 janvier 2006

En plus d’être le jour de l’appel aux urnes fédérales, ce 23 janvier 2006 est aussi marqué par un cinquième anniversaire pour le moins paradoxal. C’est en effet le 23 janvier 2001 que Bernard Landry, premier ministre depuis peu, suscita un tollé général au Canada anglais en déclarant que «le Québec ne fera pas le trottoir pour un bout de chiffon rouge».

Expliquant sa décision de se passer de ladite somme fédérale, il faisait allusion aux conditions posées par Ottawa pour accorder 18 millions de dollars en subventions au Zoo et à l'Aquarium de Québec, soit le bilinguisme de ces établissements et la présence du drapeau canadien sur les lieux pendant 40 ans.

Plus tôt cette année-là, le Premier ministre Landry avait aussi exprimé son exaspération devant le tapissage «canadian» éhonté de la terrasse Dufferin et des environs jouxtant le Château Frontenac par le gouvernement libéral de Jean Chrétien. Encore aujourd’hui, le seul point élevé à la ronde qui n’arbore pas un drapeau canadien est le clocher de la Basilique de Québec. Dans cette mer d’étendards écarlates, jamais n’aura-t-on autant apprécié la séparation de l’Église et de l’État. À l’époque du «chiffon rouge», ce hissage compulsif de drapeaux caractérisant le gouvernement Chrétien avait même été noté par un journaliste britannique qui, commentant l’aménagement architectural de la nouvelle embassade canadienne à Londres, avait comparé l’édifice fraîchement inauguré à une station service !

Cinq ans après la leçon de tauromachie de Bernard Landry, un premier paradoxe consiste en le fait que le gouvernement du Québec s’apprête à débourser non pas 18 mais 24 millions de dollars pour fermer le Zoo de Québec alors que cette même somme pourrait le maintenir ouvert pendant cinq ans.

Mais la plus criante ironie, c’est que depuis, les témoignages des Jean Brault, Paul Coffin et autres Chuck Guité soigneusemement consignés dans le rapport Gomery nous aient libérés de tout soupçon de paranoïa : ce pavoisement effréné avait été soigneusement et onéreusement planifié. Voilà donc un délicieux retour des choses.

En cet autre 23 janvier, le population se voit offrir l’occasion en or de commémorer ledit cinquième anniversaire en envoyant aux douches nombre des députés du gouvernement ayant mis au monde le programme à la source de ce désormais célèbre épisode de verve oratoire.

Bref, en plus de la réhabilitation de «l’argent» de Jacques Parizeau, voici celle des «chiffons rouges» de Bernard Landry.




L'Indomptable malhonnêteté intellectuelle du fédéralisme canadien

Jean-Luc Gouin, Capitale nationale
TRIBUNE LIBRE 20 janvier 2006

Mise au point - depuis l'atelier de réparation éthique de M. Jack Layton - à l'attention du citoyen Georges Cannon

(Une version fort écourtée de ce texte aura paru le 20 janvier, à Québec, dans le quotidien Le Soleil)

À mon frère Serge,
ce 18 janvier de l'an 2006

« Ils n'ont rien appris, ni rien oublié »
Talleyrand, à l'occasion de la Restauration française consécutive à la Chute de Napoléon 1er (1815)

Dans les pages du Soleil du jour (www.cyberpresse.ca/article/20060118/CPOPINIONS/601180603/5287/CPOPINIONS), M. Georges Cannon écrivait, et je cite: «Les dépenses du fédéral proviennent pour les trois quarts des autres provinces canadiennes, ce qui ne serait évidemment plus le cas dans un Québec séparé. Quel serait notre manque à gagner dans une telle situation?»

Or comme ce type d'« argumentaire » fait, de manière générale, florès auprès des troupes chez qui le projet d'Indépendance du Québec provoque des crises subites d'urticaire, il est peut-être opportun de rétorquer à nouveau, quoique sans doute déjà pour la treize mille sept cent quatre-vingt-neuvième fois et trois poussières: Ignorance crasse ou tentative primaire de manipulation de l'opinion publique...?

D'abord, par mille détails toutes les études sérieuses, objectives et indépendantes démontrent à l'envi (à responsabilités égales, c'est-à-dire: qui tiennent compte de l'ensemble des dépenses dévolues à l'État souverain, dont, assurément, les Affaires étrangères et la Défense nationale), que les finances québécoises se verraient largement oxygénées et rehaussées dans un Québec délesté du joug canadien. Et ce, à commencer par le truchement des effets notables, voire notoires, de l'éradication des actuels chevauchements entre les deux paliers de gouvernements, qui au demeurant se court-circuitent le plus souvent l'un l'autre aux dépens même du Trésor public.

Ensuite, pour répondre plus spécifiquement à l'assertion sophistique de M. Cannon (fût-elle présentée sous forme interrogative), car c'est bel et bien à une rhétorique sophistique que nous assistons ici, les citoyens québécois contribuent par leurs taxes et impôts fédéraux à hauteur de 25%, plus ou moins, du budget fédéral en Canada hors Québec. Ce qui inclut rigoureusement l'ensemble des dépenses fédérales effectuées par tout le territoire, y compris celles afférentes à quelque zone verte égarée en quelque contrée de British Columbia et au plus polaire des bureaux de poste du Nunavut. Dépenses des plus utiles (il en existe, certes) aux plus condamnables ou invraisemblables (propagande, gaspillage impudent, commandites, pots-de-vin, malversations en tout genre et, last but not least, en conséquence de la plus stupéfiante des incompétences: le four inouï au Ministère des Ressources humaines, par exemple, ou l'administration démente du Registre des armes à feu où le budget est passé, sans jamais de surcroît se révéler efficace encore à ce jour, de 1 million à... un milliard $, etc.).

Exprimé en termes succincts, ceci signifie que le quart des dépenses fédérales partout encourues en Canada, et effectivement issues du gousset québécois (plus de 30 milliards de dollars annuellement), rencontre haut-la-main la somme totalisant les trois quarts d'origine canadienne, plus ou moins, de ces mêmes dépenses en Québec dont parle M. Cannon. D'autant plus que les investissements fédéraux en Québec - notamment les plus structurants et aux retombées les plus nettes ou permanentes, tels ceux concernant l'emploi et la Recherche scientifique, pour ne nommer que ces deux mondes - se révèlent constamment inférieurs au poids fiscal et/ou démographique québécois. D'où un criant manque à gagner supplémentaire qui fragilise, année après année, le tissu économique et social du Québec. Péril en la demeure.

Ce qui toutefois étonne par-dessus tout dans la repartie de l'individu, ainsi que chez ses nombreux labadens de la Causa Canadiana, c'est cette propension proverbiale à manipuler les faits et les idées de manière à enfoncer dans l'esprit de l'interlocuteur, et de la population de façon générale, des faussetés qui visent à tromper ou embrouiller une compréhension exacte du réel québécois au sein de cet État canadien par ailleurs unitaire, arrogant, autoritaire, vindicatif et, pour tout dire, violent. Et dont l'exercice ne relève plus du tout, ou si peu, de l'esprit confédéral (de la lettre, moins encore) propre à L'Acte de l'Amérique du Nord britannique. Lequel Acte (1867), comme on sait, a donné naissance à ce pays par la volonté expresse, entre autres mais instamment, des Québécois (iceux autrefois désignés comme Canadiens-Français).* De fait, bien entre nous et à tête reposée, qui sont les authentiques fédéralistes (ou «Associationistes») dans cette Fédération présumée sinon les Indépendantistes du Québec eux-mêmes...?

Bref, et pour le dire d'un mot, ce type de comportement dont M. Cannon se fait ici le complaisant instrument se nomme: malhonnêteté intellectuelle.**

Or dieu sait combien ces « méthodes de communication » ont été utilisées jusqu'à plus soif à la faveur du long règne gouvernemental libéral depuis maintenant presque treize ans. Aussi, et a contrario de la volée de bois vert que ce Parti s'apprête visiblement à déguster dans les prochaines heures (au Québec au premier chef), on n'aura de cesse de s'étonner que ces gens-là persistassent, envers et contre tout, à reconduire obstinément les mêmes méthodes qui les ont d'ores et déjà enfoncés de manière définitive dans le discrédit politique et intellectuel le plus irrémissible qui soit.

Alors une fois de plus, Salut à vous ! Charles Maurice de Talleyrand Périgord.

* Succinct rappel de l'Histoire : « Le Statut de la Liberté » (http://pages.infinit.net/histoire/gouin14.html).
** Si désiré, on pourra consulter le court pamphlet intitulé : « De la malhonnêteté intellectuelle » (www.vigile.net/05-5/13-jlg.do)




C’est le gouvernement d’Ottawa qui est inutile !

Luc Potvin, Montréal
TRIBUNE LIBRE 20 janvier 2006

Dans un texte paru sur Vigile le 19 janvier, M. Simon Girard frappe en plein dans le mille. Comme il le dit fort bien en ses propres termes, pour le peuple du Québec, c’est le gouvernement d’Ottawa qui est inutile. Inutile et même nuisible ! Alors, débarrassons-nous au plus sacrant du gouvernement d’Ottawa en votant en bloc pour le Bloc !

D’ici au 23 janvier, il faut donc reprendre de mille manières et répandre partout le message de M. Girard.

Libéral ou conservateur, rouge ou bleu, le gouvernement d’Ottawa, ce fut toujours, c’est toujours et ce sera toujours le gouvernement de la majorité anglaise. Rien d’autre !

Libéral ou conservateur, rouge ou bleu, le gouvernement d’Ottawa n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais notre gouvernement.

Libéral ou conservateur, rouge ou bleu, le gouvernement d’Ottawa, nous n’en avons pas besoin, nous ne supportons plus son autorité et nous sommes impatients d’en être débarrassés à tout jamais !

Nous rejetons les libéraux, les conservateurs, les néo-démocrates et tous les autres. Et plus encore, nous rejetons le gouvernement d’Ottawa, parce que le niaisage a assez duré et que le temps est venu, depuis longtemps déjà, de nous gouverner nous-mêmes !

Voilà ce qu’il faut dire à la face du monde entier, le 23 janvier, en votant en bloc pour Bloc et pour l’indépendance du Québec !




LES CAROTTES SONT CUITES

Paul Gadoury, L’Île-des-Soeurs
TRIBUNE LIBRE 20 janvier 2006

Les carottes sont cuites, un des messages codés que transmettaient les résistants français pendant l’occupation dans le cadre de la guerre 39-45.

Ça voulait probablement dire: nous modifions la stratégie car l’ennemi a un sursaut d’énergie qui pourrait nous faire mal.

Quand je lis les vomissements incurables du sondage que jour après jour ne cessent de dégueler les protecteurs du citoyen archinanti – CROP-La Presse-98,5-Info 690-CKAC d’une part, EKOS-La Presse-Toronto Star d’autre part – à l’effet que le Bloc Québécois serait en perte de vitesse, je m’interroge.

Qui sont ces amis, lesquels, hier encore, ne voyaient la vie qu’en rouge et qu’au moment où le vent semble tourner virent leur capot au bleu. «Pour qui sont ces serpents qui sifflent sur leurs têtes ?» (Racine).

Quel motif a donc pu influer sur le grand chef des cuisines Gesca pour qu’il décrète qu’au lieu de la traditionnelle tarte aux groseilles rouges, son équipe de metteurs de mains à la pâte mousserait dorénavant la tarte aux raisins bleus ? Préférence du consommateur ou, plutôt, instinct d’enrichissement ? Qui sont mieux placés pour faire la propagande des raisins bleus que les raisins secs ?

Ben, voyons donc ! Vous croyez à ça que le goût du Québec – qui pourtant a du goût – devient subitement un peu moins prononcé pour les bleuets et un peu plus pour les raisins bleus. Foutaise. Stratégie.

Par n’importe quels raisins, les secs de Gesca – André, Denis, Alain et autres gargotiers de la grappe qui nous font la figue – tentent d’influencer à la baisse l’appétence du Québec pour sa cuisine de tradition.

Facile ; on répète que les carottes sont cuites dans une phraséologie qui, à force de la marteler chaque jour, laisse croire que le furet gardé en cage pendant quelques centenaires devra continuer à y tourner en rond en rongeant son frein et en mangeant des limaces.

Je n’ai aucunement confiance dans les sondages de CROP, La Presse, CKAC, EKOS, le Toronto Star et toute la ‘tite gang qui nous ont jadis dit qu’ils nous aimaient. Ils ont déjà menti. Des résultats de sondage ça se soufflent comme des ballounes et à force de les marteler dans la tête des indécis on se dit que ça aura des chances de diriger la main qui fera la croix le lundi du vote.

Faites qu’elles crèvent avant … les ballounes !

C’est sans doute également un genre de troc.

On te cuisine une tarte aux raisins bleus et, en retour, tu nous serviras de la pub à pleins bols et des gros contrats pour le grand chef des cuisines Gesca.

Et des indécis se laisseront entraîner à la suite de ce théâtre, réalisé et joué par ces malheureux guignols.