Une erreur monumentale

Joseph Facal
Journal de Québec mercredi 7 juin 2006

Certains militants du Parti québécois s'interrogent très légitimement sur le financement public de l'école privée. S'engager dans cette voie serait une erreur monumentale et un suicide politique.

L'école publique est souvent le reflet de son quartier. Dans les quartiers favorisés, elle est généralement de bon niveau. Dans les quartiers défavorisés, elle hérite de tous les problèmes économiques et sociaux des parents des écoliers. Chose certaine, l'engouement pour l'école privée, qui ne se dément pas, est le plus sûr indice de l'inquiétude de nombreux parents.

On peut comprendre cette inquiétude. Les résultats aux examens de 2005 des élèves de quatrième et de cinquième secondaire étaient les pires depuis 1992. La réforme en cours soulève autant de questions qu'elle en résout. Les taux d'échec ahurissants de ceux qui seront les enseignants de demain aux tests d'entrée à l'université donnent froid dans le dos. Des milliers d'enseignants quittent la profession bien avant la retraite.

Mais stopper le financement public de l'école privée est l'exemple parfait d'une fausse solution à un vrai problème. Les subventions à l'école privée représentent 1,9% du budget du réseau public: déshabiller Pierre n'habillera pas Paul.

Précisément parce qu'elle est subventionnée, l'école privée québécoise est accessible à la classe moyenne. Sans subventions, les écoles privées qui n'auraient pas fait faillite devraient imposer des frais d'admission qui en feraient le refuge d'une élite économique plutôt que d'une élite intellectuelle. On devrait laisser à Françoise David cette curieuse conception du progressisme.

Il est vrai que l'école privée écrème le réseau public de ses élèves les plus doués. Mais on se demande par quelle curieuse alchimie le retour dans le réseau public de ces élèves doués aurait un miraculeux effet d'entraînement sur les plus lents.

Bizarrement, les partisans du gel des frais de scolarité à l'université, qui aiment invoquer certains exemples européens, n'aiment pas qu'on leur rappelle qu'en France ou en Belgique, l'État subventionne l'école privée à hauteur de 90%, parfois même 100%. Dans ces pays, on pense que les parents doivent avoir la liberté de choisir, mais que cette liberté serait pure fumisterie si elle n'était réservée qu'aux riches.

Guerre de religion

Le vrai débat porte sur la sélection par les notes, qui est le caractère distinctif essentiel de l'école privée et qui la rend si attirante pour les parents. C'est donc jouer sur les mots que de dire qu'on tolérerait l'école privée à condition qu'elle ne sélectionne pas. Il faut avoir une curieuse tournure d'esprit pour trouver injuste ou scandaleuse la sélection par les notes. Toute la vie en société est fondée sur la sélection par le mérite. De ce point de vue, l'école doit-elle, oui ou non, préparer à la vie telle qu'elle est?

Un parent normal aime ses enfants plus que n'importe quoi au monde, et fera tout ce qui est en son pouvoir pour leur assurer les meilleures chances de réussite. Si ce parent pense que l'école privée donnera cet avantage à son enfant, le gouvernement qui voudrait l'en priver récoltera une tempête politique comme on n'en a jamais vu au Québec. Les fusions municipales auront été un pique-nique en comparaison.

Voici un débat qui n'opposerait pas la gauche à la droite, les souverainistes aux fédéralistes, mais qui diviserait toutes les familles politiques habituelles. Cette question, dont il est presque impossible de discuter sereinement, contient tous les ingrédients d'une véritable guerre de religion.

En 1995, Jacques Parizeau et Jean Rochon avaient commencé à fermer des hôpitaux quelques mois avant le référendum. On aurait pu penser que la leçon avait été retenue. Peut-être finira-t-on aussi, un jour, par comprendre qu'on ne touche pas impunément aux institutions qui, parce qu'elles ont traversé les siècles, ont fait la preuve qu'elles répondent, par définition, à un besoin fondamental.




Le grand rabotage de l'école publique par l'école privée

Marc Laviolette, Président
Pierre Dubuc, Secrétaire
Syndicalistes et progressistes pour un Québec libre (SPQ Libre) - jeudi 8 juin 2006

La remise en question du financement de l'école privée dans le document d'animation du prochain conseil national du Parti Québécois sur l'éducation a suscité l'habituelle levée de boucliers des défenseurs de l'école privée, avec à sa tête le trio Alain Dubuc, André Pratte et Lysiane Gagnon de La Presse.

Leurs arguments sont connus et ont été repris ad nauseam dans les émissions de lignes ouvertes. Il y a l'argument d'économie. « Chaque élève qui quitterait le privé coûterait plus cher à l'État », nous dit André Pratte parce que cela signifierait subventionner à 100 % des élèves qui ne le sont qu'à 60 % au privé.

Il y a l'argument dit de « justice sociale ». Il faut s'assurer que la formation de nos futures élites « ne soit pas réservée à ceux qui ont les avantages de l'hérédité », écrit Alain Dubuc. Et, bien entendu, son corollaire, l'argument du « grand rabotage » (Alain Dubuc), du « saccage d'un réseau scolaire » (André Pratte), qu'on peut également résumer par l'expression consacrée du « nivellement par le bas » dont les éditorialistes de La Presse ne sont pas surpris de voir le Parti Québécois se faire le champion depuis que les destinées de son Conseil exécutif sont présidées par nulle autre que l'ex-présidente de la Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Monique Richard !

D'autres nous disent partager les objectifs du Parti Québécois, mais nous invitent au réalisme. « Dans un monde idéal, tous les enfants seraient formés au sein du creuset unique de l'école publique. Sur papier, c'est la solution rêvée. Dans la réalité, c'est autre chose. Il y a des droits acquis, et une longue tradition », écrit Lysiane Gagnon.

L'argument est repris de Paris par le chroniqueur Christian Rioux du Devoir. « On ne touche pas si facilement à des équilibres péniblement construits tout au long de l'histoire », écrit-il. Il ajoute en citant l'ex-premier ministre Bernard Landry : « If it works, don't fix it ».

L'école privée cannibalise l'école publique

Le problème, c'est que « l'équilibre » auquel fait référence Christian Rioux n'existe pas et que M. Landry l'avait parfaitement bien compris. Au lendemain d'une conférence de presse historique, tenue le 10 mars 2005 par une coalition regroupant les représentants des commissions scolaires, des syndicats d'enseignement, des directions d'école, des cadres scolaires et des associations de parents pour demander de mettre carrément fin au financement public des écoles privées, Bernard Landry, alors chef du Parti Québécois, avait appuyé la démarche en déclarant qu'il était temps d'ouvrir ce débat.

Plutôt que le soi-disant « équilibre » entre les deux réseaux, on voit depuis quelques années un réseau privé en train de cannibaliser le réseau public, avec l'appui bien senti de la campagne publicitaire du palmarès des écoles de l'Institut économique de Montréal publié chaque année dans la revue L'actualité.

Au cours de la période de six ans, débutant en 1997-1998 pour se terminer en 2003-2004, l'effectif du réseau privé a augmenté de 10 % alors que celui du public diminuait de 6,4 %. Au secondaire, c'est maintenant 20 % des élèves qui fréquentent l'école privée et ce pourcentage s'élève à plus de 30 % à Montréal. Avec moins du quart de la population canadienne, le Québec compte plus du tiers des élèves fréquentant une institution privée. Une situation unique en Amérique du Nord.

Les résultats de cet écrémage sont désastreux sur la réussite scolaire. Après avoir atteint un sommet avec 73,7 % en 1995-1996, le taux d'obtention d'un diplôme au secondaire a dégringolé pour atteindre 65,8 % en 2002-2003. À Montréal, la situation est encore plus catastrophique. Selon une étude menée en 1999-2000, Montréal comptait 32,6% de personnes non diplômées des commissions scolaires, comparé à 26,4% pour l'ensemble du Québec. C'est cette situation qu'on devrait qualifier de « grand rabotage », de « saccage d'un réseau scolaire ».

L'école privée est l'école des mieux nantis

Par un incroyable tour de passe-passe, les défenseurs de l'école privée essaient de la présenter comme ouverte à tous, non élitiste, ou encore élitiste mais avec un statut qui ne serait pas « réservé à ceux qui ont les avantages de l'hérédité », comme l'écrit Alain Dubuc.

Une étude rapide du statut social des élèves fréquentant l'école privée contredit ces assertions. Une analyse effectuée à partir des données du palmarès de 2002 de L'actualité démontre que pour les 50 premières écoles du classement - soit 45 écoles du privé et 5 écoles publiques à vocation particulière, c'est-à-dire qui sélectionnent leurs élèves - le revenu des parents est supérieur à la moyenne dans tous les cas, sauf deux. Dans le groupe des 50 écoles figurant en queue du peloton, on trouve les écoles avec les plus faibles revenus parentaux.

Le chercheur Jocelyn Berthelot de la CSQ a démontré que la tranche de revenus annuels de 110 000 $ et plus est deux fois mieux représentée (32 %) dans la clientèle de l'école privée que son poids relatif dans la population en général (15%). Il n'y a que 28 % des élèves du privé dont le revenu parental annuel est inférieur à 60 000 $ alors que 60 % de la population se situe dans cette tranche de revenus. Comment peut-on affirmer sans se discréditer que l'école privée n'est pas « réservée à ceux qui ont les avantages de l'hérédité » ?

Quant à l'argument des « économies » que ferait réaliser à l'État la fréquentation de l'école privée par un nombre si important d'élèves, il n'est rien de moins que démagogique dans un contexte où tout le monde s'entend pour dire qu'il faut des réinvestissements massifs en éducation. Mais si on veut malgré tout parler d' « économies », on s'aperçoit qu'elles ne sont pas là où on pense les trouver.

Dans un mémoire déposé en novembre 2004, la Fédération des commissions scolaires du Québec et l'Association des directeurs généraux des commissions scolaires émettent l'hypothèse, en se basant sur l'expérience ontarienne où l'école privée n'est pas subventionnée, « qu'au moins la moitié des élèves inscrits au réseau privé le demeureraient avec une abolition totale du financement, ce qui apporterait une économie à l'État de près de 75 millions $ ».

Les conclusions des États généraux étaient justes

Tout ce débat n'est pas nouveau. Il s'est tenu lors des États généraux sur l'éducation. Dans son Rapport final (1996), la Commission des États généraux a mis en lumière la gravité de la situation découlant d'un réseau privé en pleine expansion et de la propension des écoles publiques à vouloir le concurrencer en installant leurs propres pratiques sélectives. « Une frange importante d'élèves, constatait-on, souvent parmi les plus favorisés sur les plans social et scolaire, s'est détachée de l'école ordinaire. Le résultat est alarmant : la classe ordinaire de l'école publique croule sous le fardeau pédagogique que lui imposent nos choix en matière d'éducation. »

« On ne peut, poursuivaient les commissaires, d'une part, affirmer que l'on veut la réussite du plus grand nombre et, d'autre part, placer les élèves les moins privilégiés dans les conditions les plus désavantageuses. Nous croyons que le regroupement, à l'école commune, d'élèves aux origines sociales et aux succès scolaires variés est une voie à privilégier pour favoriser leur socialisation et leur apprentissage du vivre ensemble. »

De façon logique et conséquente, les commissaires proposaient une diminution progressive des subventions accordées au réseau privé et l'interdiction pour les écoles publiques de s'adonner à des pratiques de sélection durant la période de scolarité obligatoire. Malheureusement, le gouvernement ne donna pas suite à ces propositions et, de façon prévisible, la situation s'est dégradée.

Que le Parti Québécois veuille renouer aujourd'hui avec les conclusions de la Commission des États généraux, qui n'étaient, après tout, que celles du Rapport Parent, ne devrait que susciter l'enthousiasme de toutes celles et ceux qui se préoccupent de ce qui doit être notre priorité absolue : l'éducation du peuple.




Psychose terroriste au Canada

DUFFRECHOU Carole
Libération jeudi, 8 juin 2006

Les projets d'attentats d'une cellule terroriste démantelée horrifient les Canadiens.

Au lendemain de la plus importante opération antiterroriste menée dans leur pays depuis les attentats de septembre 2001 aux Etats-Unis, les Canadiens, horrifiés, ont peu à peu découvert, cette semaine, les détails relatifs aux projets d'attentats fomentés par les 17 hommes (dont 5 mineurs) arrêtés vendredi dans la région de Toronto.

Les médias canadiens ont révélé que la cellule terroriste avait dans sa ligne de mire des édifices de la colline du Parlement à Ottawa, la Bourse et la Tour CN (la plus haute du pays) de Toronto ­ des cibles que les accusés entendaient détruire avec les trois tonnes de nitrate d'ammonium qu'ils venaient de se procurer. Un tiers seulement de cet engrais chimique avait suffi à Timothy McVeigh, en 1995, pour l'attentat d'Oklahoma City, qui avait fait 168 victimes.

Idéologie violente.

Mardi, alors que les présumés terroristes comparaissaient devant la Cour de Brampton (Ontario), de nouveaux détails ont été dévoilés sur les intentions de la cellule, dont l'idéologie violente s'inspire d'Al-Qaeda, ont souligné les autorités. Les 17 hommes auraient prévu de pénétrer dans l'enceinte du Parlement, d'y prendre des otages et de demander, en échange, la libération de prisonniers musulmans et le retrait des troupes canadiennes d'Afghanistan. Ils avaient également prévu d'investir le siège de la télévision nationale CBC pour faire connaître leurs revendications. En cas de refus, ils auraient exécuté des otages, notamment le Premier ministre conservateur Stephen Harper qu'un des accusés, Steven Vikash Chand, aurait dit vouloir décapiter. Ils sont accusés par la justice, entre autres, de «complot», d'«importation d'armes illégales» et d'«entraînement en vue d'effectuer des actions terroristes». Ils se retrouvaient dans un camp caché dans les bois à quelque 150 km au nord de Toronto.

Au Canada, pays d'immigration et d'accueil, c'est la stupéfaction. D'autant que ces hommes, tous musulmans, pour la plupart âgés de 19 à 25 ans, sont résidents ou citoyens canadiens. Ils sont nés ou ont grandi dans le pays, et semblaient bien intégrés. En outre, Steven Vikash Chand a servi comme réserviste durant quatre ans dans l'armée canadienne. «Pourquoi quelqu'un voudrait-il s'en prendre à un pays ouvert comme le nôtre ? Ne nous sommes-nous pas abstenus d'aller en Irak ? Ne sommes-nous pas ouverts et amicaux envers les immigrants ?», s'interrogeait, lundi, le quotidien Ottawa Citizen. Certes, mais le Canada a plus de 2 000 soldats en Afghanistan et un Premier ministre aux vues proaméricaines, ont souligné des commentateurs politiques. La semaine dernière, le numéro 2 du renseignement, Jack Hooper, déclarait que l'«instabilité» en Afghanistan finirait «par engendrer des menaces terroristes au Canada»...

Réactions.

Ces arrestations, conduites après une enquête de deux ans impliquant plus de 400 policiers et membres des forces de sécurité, ont suscité de nombreuses réactions de l'autre côté de la frontière. Si la secrétaire d'Etat Condoleezza Rice s'est félicitée des efforts du Canada en matière de lutte contre le terrorisme, certains dirigeants et citoyens américains se sont alarmés de ce coup de filet, preuve irréfutable, selon eux, de la présence de terroristes au Canada. Depuis l'arrestation, à la frontière entre les deux pays, d'Ahmed Ressam, en décembre 1999, qui voulait faire sauter l'aéroport de Los Angeles avec une voiture piégée, le Canada et ses politiques d'immigration jugées trop laxistes sont critiqués par les Américains. En début de semaine, les Etats-Unis ont annoncé qu'ils renforçaient le contrôle sur les 6 400 km de frontière commune.




Briton wanted over Canada bomb plot arrested at Manchester airport

Daniel McGrory, Andrew Norfolk and Michael Evans
The Times 8 June 2006

A Briton said to be a key figure in an alleged plot to bomb public buildings in Canada, including the Parliament, was arrested by counter-terrorist police as he stepped off a plane at Manchester airport.

The 21-year-old man had arrived from Canada, where security services claimed that he had been living alongside some of the 17 terror suspects arrested in Toronto at the weekend in one of the biggest operations in North America. Hours later police in West Yorkshire arrested a 16-year-old youth after documents and mobile phone records seized in Canada revealed a British link to the alleged gang of Muslim militants operating from their homes in the Toronto suburbs.

Canadian prosecutors have claimed that the plot involved taking over the Parliament building, holding MPs hostage and beheading Stephen Harper, the Prime Minister. They wanted to force Canada to withdraw its troops from Afghanistan.

A security source told The Times yesterday: "We believe that people living in the UK played a pivotal role in helping to organise this series of planned attacks."

The 21-year-old man was seized as he tried to leave the airport on Tuesday night.

Scotland Yard officers were also present, but police say that no guns were used.

The suspect was born in Pakistan but is believed to have British citizenship and lived at a number of addresses in Dewsbury, the home town of Mohammad Sidique Khan, the leader of the July 7 suicide bombers. He is understood to have spent much of this year living in Toronto.

"This is an example of the extremist soup we have in this country with lots of overlapping links," a security source said.

The security authorities said that the man arrested at Manchester airport was judged to be a "pretty interesting" line of investigation, and the 16-year-old was connected to him. The Canadians are expected to start extradition proceedings.

The sources said that the Royal Canadian Mounted Police had uncovered the British connection to the alleged plot and put out an immediate alert when they discovered that one of the main suspects was leaving the country. Police are still searching three properties and two streets in Savile Town, Dewsbury.

Residents said that the early-morning raids by police and forensic science experts, who forced their way into properties in Warren Street and South Street, evoked memories of the scenes last July after the suicide bombings on three Underground trains and a double-decker bus in London.

An American who held a British student visa has been remanded in custody on terror charges after being arrested at Heathrow.

Syed Hashmi, 26, is wanted by the FBI on a charge of supplying military equipment and currency to al-Qaeda fighters in Pakistan and Afghanistan.

He was arrested on Tuesday night carrying a large amount of cash as he tried to board a plane to Pakistan. Dressed in white Muslim robes, he appeared at a brief extradition hearing at Bow Street Magistrates' Court in London.

He was indicted on May 24 by a New York grand jury on charges of aiding al Qaeda between January 1 and March 1, 2004.




Don't bet on a Quebec campaign this fall

Don MacPherson
The Gazette (Montreal) June 8, 2006 Thursday

Polls, party war chests suggest Charest is not ready to face voters

Rumours of an early fall election are swirling about the National Assembly in the final weeks of the spring sitting.

Louise Harel, leader of the Parti Quebecois in the Assembly, this week pointed to the frequency of government announcements and Premier Jean Charest's public appearances away from the National Assembly as evidence of a possible imminent election.

Understandably, she did not mention the most popular reason why Charest might be considering an early election: to take advantage of the weakness of PQ leader Andre Boisclair.

From last December following Boisclair's election as leader to April, the PQ lost 14 percentage points, in CROP-La Presse polls, to the Quebec Solidaire and Green parties.

And sovereignists are increasingly vocal in their criticism of Boisclair for lacking clarity in his policies and visibility in the Assembly, of which he is not a member.

Today, in anticipation of a meeting of the PQ national council on the weekend, Boisclair is to announce he will run in a by-election in the safe PQ riding of Pointe-aux-Trembles.

But there are many more reasons why it really would be a surprise if Charest called an election before one is normally due next year.

The first is that the numbers in the polls aren't right. Even though the PQ's lead over the Liberals in the CROP-La Presse polls has been cut to seven points, the PQ is still ahead. And experts calculate that the Liberals need to beat the PQ by at least five points in the popular vote to win a general election.

While the PQ has been losing support to third parties, the Liberals haven't been gaining. In fact, between last December and April, the Liberals lost two points in popularity.

And when the voters are forced to choose a government for the next four years or so, the PQ could win back votes temporarily parked with the third parties, especially the sovereignist Quebec Solidaire. (Yesterday, QS's carefully cultivated image of left-wing moderation was damaged when co-spokes-person Amir Khadir called for an international investigation into whether the Americans organized the Sept. 11 terrorist attacks on themselves.)

The Liberals shouldn't count on making up the difference during the campaign, even though Charest is a good campaigner and an excellent debater, while Boisclair is untested as a leader.

Charest has never before had to defend his government's record as its leader in a campaign. And personal antipathy toward him could make him a liability in a campaign, and even in a debate.

There are other reasons why it would seem to be in the Liberals' interests for Charest to wait until next year.

One is to allow time to select new Liberal candidates and give them a head start campaigning, especially in the rural regions where elections are decided - and where the Liberals are weak.

Their model is Karl Blackburn. Nominated as Liberal candidate in the Lac-Saint-Jean riding of Roberval a year before the last general election, Blackburn used the time to turn an 11,000-vote PQ majority in the previous election into a 244-vote Liberal victory.

Another reason to hold off until next year is to allow the Liberals to make full use of the biggest advantage they enjoy over their adversaries: money (see the accompanying chart).

There is no limit on political party spending outside of official election campaigns. And the Liberals have so much money they're planning something previously unheard of: holding a provincial convention and fighting a general election in the same year.

After a buildup through a series of regional meetings this fall, they hope to use the convention next spring to launch themselves into an election.

Talk of an imminent election can help a leader maintain party discipline - which might be why some of it has been coming from the PQ.

But it can also paralyze the administration and turn the government into a lame duck, especially if its chances of winning re-election are in doubt.

And in the case of the Liberals, that's an understatement.

dmacpher@thegazette.canwest.com

Net assets (liabilities) of parties in National Assembly as of Dec. 31, 2005:

Quebec

Liberal Party $9,655,523
Parti Quebecois $183,532
Action Democratique du Quebec ($1,207,943)

Source: Quebec chief electoral officer




Les renforts

David, Michel
Le Devoir jeudi, 8 juin 2006

Les bonnes nouvelles ont été plutôt rares au PQ depuis qu'André Boisclair en est devenu le chef. Tellement que Bernard Landry a profité du premier anniversaire de sa démission pour signaler qu'il était toujours là, au cas où. Son successeur serait-il mauvais à ce point?

M. Landry préfère réserver son jugement. Un petit coup de poignard avec ça?

À la veille de son premier conseil national, il était plus que temps pour M. Boisclair de dissiper la désagréable impression que tout s'en va à vau-l'eau alors que la victoire semblait dans la poche avant son arrivée. L'annonce des candidatures de Marie Malavoy et de Louise Beaudoin, dans Taillon et Chambly, arrive donc à point nommé.

Un peu déboussolés par le départ imprévu de M. Landry, bon nombre de militants ont pensé que M. Boisclair, à l'allure et au vocabulaire plus in, pourrait séduire la jeune génération, dont le rapport des «Trois Mousquetaires» avait souligné l'allergie à l'argumentaire souverainiste traditionnel.

Il est indéniable qu'à la faveur de la course au leadership, M. Boisclair a attiré de nombreux jeunes au PQ, mais il a semblé développer une véritable obsession de la jeunesse. Pas étonnant que sa réaction maladroite au départ de Pauline Marois ait été interprétée comme une invitation faite aux baby-boomers à prendre une retraite anticipée.

Depuis la fondation du PQ, il est le premier chef qui soit né après la Deuxième Guerre mondiale. Lui-même a vu le jour en 1966. Autrement dit, la génération du baby-boom de l'après-guerre, à laquelle on reproche toujours d'occuper toute la place, n'a jamais dirigé le PQ.

D'ailleurs, si M. Boisclair doit maintenant se rabattre sur le comté de Pointe-aux-Trembles pour faire sa rentrée à l'Assemblée nationale, c'est que Louise Harel a eu le sentiment qu'on la poussait un peu trop cavalièrement vers la porte. Avec elle, c'est bien la pire des choses à faire. Sans compter que, dans son esprit, M. Boisclair n'a peut-être pas le profil idéal pour être député d'Hochelaga-Maisonneuve.

La meilleure chose qui pourrait maintenant arriver au PQ serait que Mme Harel décide de solliciter un autre mandat. M. Boisclair en est peut-être le chef, mais c'est encore elle qui en est l'âme.

***

Il faut savoir reconnaître les besoins les plus urgents. Quand M. Boisclair a abandonné son comté de Gouin pour aller se ressourcer à Harvard, le PQ a raté un belle occasion de démontrer son ouverture aux communautés culturelles en offrant enfin un comté sûr à un de leurs représentants.

Les militants de Gouin ont préféré le confier à un jeune apparatchik, Nicolas Girard, qui bénéficiait de l'appui de M. Boisclair et de Mme Marois, plutôt qu'à Dominique Ollivier, d'origine haïtienne, que Mme Harel soutenait.

M. Boisclair lui préfère maintenant une autre candidate à l'élection partielle dans Taillon, Marie Malavoy, brièvement ministre de la Culture dans le gouvernement Parizeau avant d'être convaincue de fraude électorale, puis vice-présidente du PQ pendant cinq ans (de mai 2000 à juin 2005).

On reprochera à Mme Malavoy de ne pas incarner la nécessaire «modernisation» du PQ. Précisément, il s'agit de «reconnaître que la génération que je représente, qui est exactement la même que celle de Pauline Marois, a aussi sa place», a-t-elle expliqué.

L'ouverture aux collectivités culturelles demeure sans doute une nécessité, mais les militants de Taillon devront décider si elle doit avoir la priorité sur la réconciliation des générations. Encore une fois, l'assemblée d'investiture pourrait être très déchirante dans la mesure où Mme Ollivier peut déjà compter sur de solides appuis.

Il importe également pour M. Boisclair de rassurer l'électorat en ce qui a trait à l'expérience de son équipe. À cet égard, le retour de Louise Beaudoin serait le bienvenu. Au surplus, son réseau de relations en France, qui demeure une des clés du succès du projet souverainiste, vaut son pesant d'or.

***

Ni Mme Malavoy ni Mme Beaudoin ne sont associées au camp des «purs et durs». La première avait peut-être été recrutée par M. Parizeau, mais pendant sa vice-présidence, elle n'a eu aucun problème à faire sienne la stratégie des «conditions gagnantes» de Lucien Bouchard.

Politicienne jusqu'au bout des ongles, Mme Beaudoin a été chef de cabinet de Claude Morin à l'époque de l'étapisme triomphant avant de se retrouver ministre des Relations internationales dans l'éphémère gouvernement de Pierre Marc Johnson. Entre 1994 et 2003, elle a paru aussi à l'aise avec le volontarisme de Jacques Parizeau qu'avec l'attentisme de ses deux successeurs.

Leur présence dans un éventuel gouvernement dirigé par André Boisclair serait plutôt de nature à rassurer ceux qui s'inquiètent de l'empressement du programme du PQ en ce qui concerne la tenue d'un référendum.

Depuis son élection, il est de bon ton de dénoncer la faiblesse de l'entourage du chef péquiste, qu'on associe parfois à une société d'adoration mutuelle. Il est vrai que les ressources dont dispose l'opposition ne permettent pas de rivaliser avec le secteur privé, mais certains vétérans des cabinets péquistes ont écarté dès le départ toute idée de travailler avec M. Boisclair. Même au sein des instances du parti, certains ont beaucoup de mal à comprendre comment fonctionne le bureau du chef.

L'embauche de Daniel Audet à titre de conseiller spécial de M. Boisclair ne peut qu'améliorer les choses. En 2002, Bernard Landry avait vainement tenté de convaincre son ancien chef de cabinet de reprendre du service. L'attrait du secteur privé avait alors été plus fort, mais les espoirs de M. Audet ont été déçus et il est redevenu disponible.

Dans une entrevue à Radio-Canada, M. Audet a déclaré: «On va davantage communiquer notre plan de match à la population.» Le «plan de match» décrit dans le programme est pourtant très clair: un référendum «le plus rapidement possible» après une victoire du PQ. Y aurait-il quelque chose de changé?

mdavid@ledevoir.com




Le Parti québécois doit proposer des changements en éducation

Mathieu Jeanneau : Président du comité national des jeunes du Parti québécois
Le Devoir jeudi, 8 juin 2006

Lors de son dernier congrès, le Parti québécois a décidé de faire de l'éducation la grande priorité de son projet de pays. Cette fin de semaine, les militants du Parti québécois se donneront rendez-vous à l'occasion d'un conseil national thématique sur l'éducation afin d'adopter «les politiques visant à préciser et à compléter le programme et les engagements du parti». Le comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ), qui représentera le tiers des délégués, entend faire adopter cinq propositions concrètes qui vont dans le sens des orientations de notre programme et qui constituent des changements audacieux et importants en éducation.

Une école ouverte de 8h à 17h

Pour le CNJPQ, aucun parti politique ne peut être crédible en matière d'éducation s'il ne s'attaque pas au peu de temps que les élèves québécois passent en classe et dans leur école. Alors que le Québec figure parmi les sociétés dont les élèves sont le moins souvent à l'école, comment pouvons-nous sérieusement prétendre à l'atteinte des objectifs ambitieux que nous nous donnons en éducation?

Voilà pourquoi nous demandons aux militants d'appuyer l'idée d'une école ouverte de 8h à 17h, un allongement d'environ une heure et demie par jour. Cette augmentation significative permettrait de systématiser la participation de nos jeunes à une diversité d'activités parascolaires en plus d'améliorer l'encadrement des élèves, de développer le sentiment d'appartenance à l'école et de réduire la sédentarité et le décrochage scolaire.

Cet important changement permettrait enfin d'adapter l'horaire scolaire à la réalité des horaires de travail des parents et de faciliter ainsi la conciliation travail-famille. L'époque où une forte proportion de jeunes rentrent chez eux la clé au cou serait désormais révolue.

Revenir à une école qui instruit

Il est clair que la mission première de l'éducation doit redevenir l'instruction publique, soit l'acquisition de certaines connaissances jugées fondamentales. La priorité en éducation ne doit pas être d'«apprendre à apprendre» mais d'abord et avant tout d'instruire. Les parents et la société québécoise sont en droit d'avoir des attentes légitimes envers le système d'éducation. Il n'y a rien d'anormal à souhaiter que les jeunes, à la fin de leur secondaire, maîtrisent correctement la langue française et une langue seconde, connaissent leur histoire et leur culture et aient des bases adéquates en mathématiques et en sciences.

Le CNJPQ estime que pour revenir à une école qui instruit, le Québec doit former des maîtres passionnés par la matière qu'ils enseignent. C'est pourquoi nous proposons le retour du certificat en pédagogie, qui permet aux diplômés universitaires spécialisés dans certains domaines (histoire, littérature, physique, etc.) d'obtenir le droit d'enseigner au secondaire.

Décentraliser les pouvoirs vers le milieu

L'école est au coeur de la vitalité et de l'avenir d'une communauté. C'est pourquoi les professionnels, les enseignants, les élèves, les parents, la direction, la communauté et les élus doivent être les principaux décideurs de l'utilisation et de la pérennité de leur école.

Malheureusement, les conseils d'établissement n'ont aucun pouvoir réel sur la gestion des ressources matérielles et financières de leur école, ce qui limite les services éducatifs qui peuvent y être donnés. Nous proposons donc que soient décentralisés les pouvoirs vers le milieu. Celui-ci devrait se faire attribuer directement les ressources financières et matérielles dont il a besoin pour dispenser les services éducatifs. Il pourra les utiliser pour combler des besoins particuliers de la communauté, selon la vision éducative de chaque école.

Cette décentralisation vers le milieu entraînerait nécessairement une réflexion sur le rôle et l'utilité des commissions scolaires.

Un nouveau pacte basé sur la réussite scolaire

Depuis plusieurs années, une certaine élite intellectuelle réclame à grands cris un dégel des frais de scolarité. Pourtant, toutes les études sérieuses démontrent clairement que le coût des études constitue le principal frein à l'accès des plus démunis à l'éducation postsecondaire.

Il est quand même assez absurde de constater que des gens qui souhaitent voir le Québec augmenter le nombre de ses diplômés universitaires soient les premiers à demander qu'on l'augmente le tarif y donnant droit. C'est d'autant plus absurde que le reste du Canada est à constater les dégâts des hausses de frais de scolarité en multipliant les programmes d'aide aux étudiants (crédits d'impôt, bourses du Millénaire, Régime épargne-études, etc.), au point où ces programmes coûtent plus cher aux contribuables que ce que rapportent les hausses de frais de scolarité aux universités!

Heureusement, cette vision n'est pas celle du Parti québécois qui, lors de son dernier congrès, a pris très clairement position pour accroître l'accessibilité en visant, à moyen terme, la gratuité et l'universalité complètes. Nous proposons que le Québec suive les traces de l'Irlande, «tigre du Nord», qui fait partie des pays les plus prospères au monde et où l'accès aux études postsecondaires est gratuit.

Respectant l'engagement de notre chef lors de la course à la direction, nous devons étudier l'idée d'un nouveau pacte avec les étudiants basé sur la réussite scolaire.

Le Québec de demain n'a pas besoin d'une génération de finissants lourdement endettés, incapables d'emprunter, d'accéder à la propriété et de fonder une famille. Le Québec de demain a besoin d'une relève instruite, qualifiée et prête à contribuer au développement du Québec.

Un financement accru en recherche et développement

Les nouveaux défis qu'amène la mondialisation poussent les pays à innover dans différents domaines afin de faire face à la montée des pays émergents. Pourtant, le nombre de doctorats au Québec est inférieur à la moyenne des pays de l'OCDE. Nous sommes loin derrière les meneurs de l'innovation que sont la Suède et la Finlande.

Il faut dès maintenant favoriser le développement optimal de notre société en investissant massivement en recherche et développement, par exemple en remettant le programme Valorisation-Recherche-Québec sur les rails.

En bref, les jeunes du Parti québécois proposent des changements concrets et importants afin que le Québec devienne l'endroit dans le monde où la population est la mieux éduquée et la plus diplômée. En adoptant ces propositions lors du conseil national de la fin de semaine, le Parti québécois va démontrer le sérieux de son projet de pays devant l'incohérence et le flou improvisé de Stephen Harper et de Jean Charest en éducation.




Se désolidariser

Roy, Mario
La Presse jeudi, 8 juin 2006

L'un des deux chefs de Québec solidaire, Amir Khadir, réclame une enquête internationale sur le 11 septembre 2001, arguant qu'il est " à tout le moins raisonnable de penser qu'il peut y avoir eu conspiration ". Il ajoute que les Américains ont, en tout état de cause, mérité ce qui leur est arrivé.

Élaborés dans des livres et films à succès, ces " complots " incriminent la CIA, le FBI, le Mossad, la Maison-Blanche, le Pentagone, la NASA, la FAA, les propriétaires du World Trade Center, des cambistes new-yorkais, des hommes d'affaires juifs, d'autres encore.

Il s'agit d'une des manifestations les plus intellectuellement affligeantes de la société du spectacle dans laquelle nous vivons. Mais c'est surtout électoralement suicidaire. Car la plupart des citoyens ont suffisamment de bon sens pour ne pas endosser ce type d'élucubrations. Et assez d'amour du genre humain pour ne pas sombrer dans la haine de la nation américaine.

Pour le bien même de sa formation, Françoise David, l'autre porte-parole de Québec solidaire, devrait se... désolidariser des propos d'Amir Khadir. Et clairement faire savoir- au moins à l'intérieur de son parti si elle ne souhaite pas manipuler cette patate chaude en public- qu'elle ne tolérera plus de tels dérapages un peu effrayants.




La Que faire contre les extrémistes?

Gagnon, Lysiane
La Presse jeudi, 8 juin 2006

Comment empêcher l'endoctrinement de jeunes musulmans par des prédicateurs extrémistes?

Il y a des pistes, ici et là. La France exige maintenant, en concertation avec les organisations musulmanes, que les prédicateurs soient minimalement acculturés, en réponse au fait que beaucoup d'imams tenants d'un islamisme radical étaient des Arabes unilingues venus directement du Maghreb. Mais cela ne règle pas grand-chose: on peut très bien parler à la perfection la langue du pays et être un fanatique.

Après avoir longtemps toléré dans ses mosquées les discours les plus extrémistes, l'Angleterre a fini par sévir, et a expulsé des prédicateurs qui lançaient des appels à la " guerre sainte ".

Le Canada pourrait faire la même chose, en vertu de la loi qui interdit les appels directs à la haine raciale et à la violence contre les personnes. On a récemment extradé vers l'Allemagne Ernst Zundel, un révisionniste qui maintient que l'Holocauste n'a pas eu lieu. Les idées de Zundel ont beau être méprisables, ce vieux monsieur n'a jamais prôné la violence physique contre les juifs et ne constituait pas du tout une menace à la sécurité publique. On pourrait à plus forte raison sévir légalement contre ceux qui font campagne en faveur de l'extermination des " infidèles ".

Mais ce ne serait pas la panacée. D'une part, les discours haineux sont difficiles à dépister, parce qu'ils se font en cercle fermé et que l'islam n'a guère de structure hiérarchique. Le présumé terroriste qui aurait embrigadé des jeunes dans l'idéologie jihadiste (le plus âgé du groupe) n'avait aucun titre; il n'était qu'un habitué de certains lieux de prière. D'autre part, on aurait beau surveiller les mosquées problématiques, cela ne réglerait pas le problème d'Internet et de l'embrigadement par le bouche à oreille.

Il n'y a qu'une solution- imparfaite elle aussi mais certainement meilleure que les autres- et c'est de la communauté musulmane qu'elle doit venir, plus spécifiquement des musulmans dévots qui fréquentent régulièrement les lieux de prière, puisque c'est là qu'est le bouillon de culture du terrorisme.

Il ne suffit pas de condamner le terrorisme. S'ils veulent vraiment se démarquer des extrémistes, les leaders musulmans doivent prendre les moyens de faire le ménage dans leur communauté.

On ne peut pas dialoguer avec ceux qui veulent la mort de la civilisation occidentale et la destruction des libertés, pas plus qu'on ne devait, à l'aube de la Seconde Guerre mondiale, tenter d'" apaiser " une Allemagne déjà engagée dans une guerre sans merci.

On ne peut pas non plus attendre que cela passe, en se disant que l'histoire avance par cycles et qu'à l'échelle du malheur humain, quelques attentats ne pèsent pas très lourd. Car bien que les diverses cellules islamistes ne soient pas soumises à une autorité centralisée, la mouvance d'Al-Qaeda a une dimension internationale.

Les Brigades rouges italiennes, le groupe Baader Meinhoff allemand, l'IRA d'Irlande du Nord, l'ETA basque ou même notre petit FLQ, étaient tous des phénomènes locaux, même s'ils avaient des parentés (nationalisme exacerbé, marxisme dévoyé, etc.). La nébuleuse du terrorisme islamiste, partie du wahhabisme saoudien et relancée en Afghanistan, s'étend partout. Elle est maintenant implantée en Somalie, où les islamistes sont en train de prendre le contrôle de ce pays ravagé. Et elle s'infiltre, comme on l'a vu à Madrid et à Londres, au sein des démocraties libérales. Selon les services de renseignement, il y aurait au moins une cinquantaine de cellules au Canada.

Ah! Mais quelle importance! Tout cela n'est peut-être qu'un sombre complot ourdi par les États-Unis et Israël, nous dirait peut-être Amir Khadir, le coporte-parole de Québec solidaire. Bizarre coïncidence, dans la foulée de la découverte d'un présumé complot terroriste en Ontario, M. Khadir confiait hier à La Presse qu'il n'écarte pas l'hypothèse que les attentats du 11 septembre aient été dus à un complot américain.

" Il est à tout le moins raisonnable, dit-il, de penser qu'il peut y avoir eu conspiration. " Mais peu importe, " les Américains n'ont fait que récolter ce qu'ils ont semé ", conclut M. Khadir, qui propose une commission d'enquête internationale pour tirer la chose au clair. Quelle bonne idée! Tiens, il pourrait la coprésider lui-même, avec Thierry Meyssan, le champion des théories de la conspiration, et les autres hurluberlus qui ont conçu le site Loose Change. Cela libérerait Françoise David d'un compagnon qui risque de devenir embarrassant.




Projet de loi 22 : réforme électorale
L'opposition donne son appui

Le Courrier parlementaire©
jeudi 8 juin 2006

Le député péquiste Luc Thériault, a appuyé, mardi, le principe du projet de loi 22 qui vise à apporter des changements à la Loi électorale afin de favoriser l'exercice du droit de vote. Il s'est même dit heureux du déroulement des travaux. « Moi, je suis fier de la Loi électorale québécoise et des travaux qui se font pour l'améliorer. Et les travaux qui se font pour l'améliorer se font toujours dans une recherche de l'équilibre entre le fait de favoriser l'accessibilité au droit de vote, qui est un droit fondamental, tout en assurant l'intégrité du processus électoral ».

Le député de Masson a expliqué au Courrier parlementaire©, qu'il aurait cependant été préférable que l'avant-projet de loi ait permis des consultations séparées, l'une sur le mode de scrutin, une autre sur les moyens d'améliorer l'accès au droit de vote. Avec 711 articles à étudier, le mandat était lourd. M. Thériault est content cependant que la Loi électorale fédérale n'ait pas été calquée.

Selon le porte-parole de l'opposition, certains changements sont encore nécessaires pour favoriser le vote du groupe d'âge qui vote le moins, les 18à 25 ans. Lors d'élections, beaucoup de ces jeunes sont à l'extérieur de leur circonscription. Le vote hors circonscription sur les campus universitaires et de cégeps pourrait être permis, souhaite-t-il, pour tenter de remédier à la faible participation de cette tranche de l'électorat.

De son côté, le ministre Benoît Pelletier a rappelé que le besoin de modifier la Loi électorale pour favoriser le droit de vote est connu depuis quelques années déjà. Le premier ministre, Jean Charest, manifestait déjà, quelques semaines après l'élection de son parti, son intention d'apporter des changements à la Loi électorale. « Comme nous pouvons le constater, le gouvernement était conscient dès ce moment que certaines de nos façons de faire méritaient d'être revues afin de faciliter l'exercice du droit de vote et a annoncé son intention d'en faire une priorité et de proposer une réforme de la Loi électorale en ce sens », a déclaré M. Pelletier.

Le ministre responsable de la Réforme des institutions démocratiques a décrit quelques changements proposés qui seront étudiés en commission. L'un concerne l'ouverture des bureaux de vote par anticipations, qui seront accessibles pendant deux jours de 9h30 à 20h30. Certains centres d'hébergement privés pourront désormais bénéficier du vote par anticipation itinérant et accueilleront un bureau de vote lors de l'élection. Des modifications seront peut-être apportées au bulletin de vote. « L'utilisation du bulletin de vote avec photo des candidats et des logos des partis politiques a également fait l'objet de demandes particulières, qui seront discutées, j'imagine, en étude détaillée », a lancé le ministre.




Ça ne passe pas

Zylag
Blogue APRÈS TOUT... jeudi 8 juin 2006

Cela fait deux ans que la GRC épie la bande des 17 sinistres imbéciles musulmans de Toronto. La GRC sait que ces jihadistes du vendredi n'ont aucun contact avec Al-Qaida. Toute l'agitation stérile de la bande tourne autour d'un chauffeur d'autobus scolaire qui cherche à se rendre intéressant aux yeux des adolescents et des jeunes adultes qui fréquentent encore sa mosquée.

Supposons que vous êtes un capitaine, ou un lieutenant, ou un sergent de la GRC, vieux routier des opérations d'infiltration, baccalauréat en criminologie avec mineure en terrorisme, et que votre patron arrive dans votre bureau un bon matin et vous lance: " Ouais, on a un nouveau gouvernement. Le mot d'ordre a été passé en haut. Ils veulent de l'action. " Qu'est-ce que vous faites ?

Allez-vous voir Qayyum Abdul Jamal, 43 ans, chauffeur d'autobus scolaire, pour lui dire: "Écoute Qayyum, on sait tout sur tes niaiseries. Voici la liste de tes disciples. Alors, arrête ton cirque et tiens-toi tranquille "? Ou bien allez-vous lui acheter du faux nitrate d'ammonium pour ensuite mobiliser 400 policiers et faire une rafle spectaculaire ?

Ça ne passe pas.

Stockwell et Stephen n'ont même pas besoin de connaître les détails. Et ils ne le veulent surtout pas. Le voyage en Afghanistan. "Ces gens-là veulent détruire nos valeurs canadiennes ". " We won't cut and run in Afghanistan ". Le prolongement de la mission de l'armée. Stephen Harper veut instaurer un climat de peur. Il veut être réélu parce qu'il est " strong on defense ", comme Bush en 2004. Cela va aider dans certaines régions du pays. Faire flèche de tout bois.

Ça ne passe pas. Pas ici en tout cas.

Et là, comme si cela n'allait pas assez mal comme ça, nous arrive l'intéressant Bashar Elsolh, porte-parole du Forum musulman canadien. Il nous informe que les accusés de Toronto sont innocents jusqu'à ce qu'on puisse prouver hors de tout doute raisonnable qu'ils sont coupables. La Chariâ n'est pas aussi généreuse dans les pays où elle règne.

M. Elsolh nous rassure également sur le fait que l'Islam est une religion de paix. Il n'a pas ajouté d'amour, mais celle-là, je l'ai entendue aussi. Si ce n'était pas un musulman qui me le dit, je ne l'aurais pas cru.

Enfin, M. Elsolh a précisé que les intégristes musulmans sont une minorité dans la communauté musulmane. Il a oublié d'ajouter que le seul fait d'armes des intégristes catholiques, c'est d'aller communier tous les dimanches. Et que le seul fait d'armes des intégristes baptistes, c'est de chanter des cantiques en agitant les bras. On ne parle pas de la même affaire. Les intégristes musulmans, il faudrait que le Forum musulman canadien s'en occupe mieux que ça.

Ça ne passe pas, ça non plus.

J'ai souvent entendu que la Chariâ n'exige pas le voile ni la burqa, que c'était des exigences liées aux coutumes tribales de certaines régions arriérées de la planète. Qu'attendez-vous pour arriver qu 21 ème siècle, en ce pays ? Qu'attendez-vous pour dire à vos jeunes que le Djihad, c'est contraire à la religion de paix que vos porte-parole cherchent à nous vendre ?

Chers porte-parole musulmans, vous ne pourrez pas indéfiniment parler des deux côtés de la bouche.

Ça ne passe plus.




LE VRAI RISQUE : L’AVENIR DU QUÉBEC AU SEIN DU CANADA !

Yves Rocheleau, ex-député de Trois-Rivières (Bloc québécois)
TRIBUNE LIBRE jeudi 8 juin 2006

Le débat sur l’avenir du Québec aurait, selon certains, pris une nouvelle tournure avec l’arrivée au pouvoir des conservateurs de Stephan Harper et son « fédéralisme d’ouverture ».

Que des dizaines de milliers de Québécois se soient ainsi laissés séduire par ce mirage en dit long sur la pauvreté de l’argumentaire présenté à ce même moment à l’électorat par les souverainistes.

En effet, contrairement à ce qui devrait découler de l’approche dite « provincialiste » du chef conservateur, ce n’est aucunement dans cette direction que se dirigent, dans ses fondements, le Canada et ses institutions et l’on peut affirmer que ce n’est d’ailleurs pas là son intérêt.

Depuis l’établissement de la Confédération, le gouvernement central canadien n’a eu cesse, au hasard des crises et des guerres, de prendre une place toujours plus importante dans la vie quotidienne de ce pays et ce, au mépris évident de sa propre constitution qui est censée présider à son fonctionnement et au détriment tout aussi évident des gouvernements provinciaux, qui lui avaient pourtant donné naissance en 1867.

De façon récente, au lendemain du référendum de 1980, le rapatriement de la constitution et la Charte des droits qui y fut enchâssée où n’est pas reconnue l’existence de la nation québécoise - non-reconnaissance réaffirmée par la Chambre des Communes à l’automne 2003 - autant que l’Entente-cadre sur l’union sociale canadienne de 1999, intervenue suite au référendum de 1995, constituent non seulement des coups de force mais également des moments cruciaux qui illustrent de façon magistrale la trajectoire qui sera impérativement celle du Canada au cours des prochaines décennies et ce, quelque soit le parti politique détenant le pouvoir à Ottawa.

Du point de vue d’un État qui n’a plus de temps à perdre avec certaines spécificités de ses composantes, c’est là la voie – mondialisation oblige - de la normalité, de la légitimité, de l’efficacité et, grâce à la complicité de la Cour suprême, de la légalité.

Politiques nationales canadiennes, stratégies nationales, objectifs nationaux, normes nationales, ce ne sont là qu’une partie de l’attirail politique et administratif dont dispose le gouvernement central pour imposer sa présence et sa loi de façon toujours plus marquée.

Constitution bafouée, peuples fondateurs répudiés, peuple québécois ignoré, fédéralisme dénaturé… que d’illusions perdues, normalement, chez ceux et celles qui croyaient et qui croient encore en ce pays, où le Québec pourrait, selon leur rêve, s’y déployer « dans l’honneur et l’enthousiasme ».

Désormais pourtant, grâce à son pouvoir de dépenser, reconnu en 1999 par toutes les provinces sauf le Québec, c’est Ottawa qui dicte les règles du jeu, qui courtise pour mieux les séduire, en espérant ultimement acheter leur âme et leur conscience, le monde de la santé, le monde de l’éducation, le monde des affaires municipales, le milieu agricole et du développement régional, de la culture, du communautaire, du sport amateur et , tout récemment, les familles avec enfants, et j’en passe… et cela en tout respect de l’intérêt public et du bien commun de l’ensemble canadien!

Autant l’application de cette logique centralisatrice peut apparaître salutaire et légitime pour l’ensemble canadien, autant cette même logique continuera à moyen et long terme à s’avérer dévastatrice pour le Québec, son peuple, ses aspirations, son identité et son rayonnement international.

Quant au Gouvernement du Québec, déjà soumis aux caprices de la fiscalité fédérale (calcul de la péréquation, paiements de transfert conditionnels, transfert de points d’impôt, etc.), corseté par un budget dont bientôt la moitié sera consacrée uniquement à la Santé, démuni face aux besoins criants en infra-structures municipales, impuissant face aux offres d’aide financière conditionnelle que lui présente Ottawa, il apparaît de plus en plus ingouvernable et voit s’effriter au fil des ans ses potentialités de gouvernement national, qui n’en aura bientôt pompeusement que le nom… et ce n’est qu’un pâle reflet de ce qui l’attend au cours de prochaines décennies, à moins que…

Car c’est là la vraie question : peut-il exister encore longtemps deux gouvernements qui simultanément se prétendent « national » au Canada ? Le puissant processus de centralisation qui se déploie au gouvernement canadien, notamment depuis le référendum de 1995 et sa mise en application avec l’arrivée de Stéphane Dion, tend à démontrer que non, et si la tendance se maintient, ce n’est pas celui d’Ottawa qui devrait être remis en question…

Voilà l’avenir probable qui attend le peuple québécois s’il devait, refusant de se prendre en mains, décider un jour de demeurer à perpétuité au sein de cette organisation politique qui a pour nom le Canada.

Dans ce contexte, le « fédéralisme d’ouverture » que manifesterait le Gouvernement Harper n’est que fumisterie et l’aboutissement lamentable, par exemple, du dossier sur l’Unesco est sans doute un présage de la suite des choses en d’autres matières.

Conséquemment, il appartient au mouvement souverainiste, et notamment à ses dirigeants, d’interpeller les bien-pensants provincialistes en exigeant d’eux qu’ils tentent de nous expliquer et de nous convaincre que le Québec pourra évoluer allégrement au sein du Canada de demain et qu’à moyen et long terme son existence en tant qu’entité française significative en Amérique n’est pas menacée.

Il faut interpeller les Jean Allaire, les Mario Dumont, les Yves Seguin, les Benoît Pelletier, les Claude Castonguay, les Lysiane Gagnon, les Jean-Claude Rivest, les Liza Frulla, les André Pratte, les Christian Dufour, les Alain Dubuc, les Gil Courtemanche, les Guy Fournier, etc.

Plus que jamais, le Canada d’aujourd’hui se construit (nation building) en fonction d’une centralisation telle qu’un seul gouvernement , vraiment national, agira au nom de l’intérêt public canadien.

Il ne s’agit pas pour les souverainistes de dénoncer cette situation mais bien plutôt de la décrire, en responsabilisant, au besoin, ceux et celles qui s’en font les complices.

Et surtout, finis de la part des dirigeants souverainistes, les discours à l’eau de rose, l’angélisme et la langue de bois…!

À mon humble avis et n’en déplaise à certains, c’est peut-être là où se situe le vrai défi d’un Québec lucide…




FRANKENSTEIN JUNIOR

Caroline Moreno
TRIBUNE LIBRE jeudi 8 juin 2006


Il se peut très bien que les Américains,
tel que certains le supposent,
aient orchestré les attentats du 11 septembre 2001.
Ils sont capables de tout. Du meilleur et du pire.
N’ont-ils pas fomenté le coup d’état du 11 septembre 1973 
au Chili
afin d’instaurer dans le pays
une dictature militaire ?

3025 personnes ont perdu la vie
dans les attaques du 11 septembre.
Combien de civils, de policiers, de militaires,
de journalistes, de travailleurs humanitaires
ont trouvé la mort
dans la guerre préventive de Bush en Irak ?
Les Américains n’ont fait que remplacer un tyran par un autre.
Ils fabriquent des monstres
qui se retournent contre eux chez eux.

Cette folie sanguinaire dure depuis trop longtemps.

Les Américains et leurs alliés n’ont-ils pas d’autres chats à fouetter ?
N’existe-t-il pas de problèmes plus criants sur terre ?

Les coûts de la guerre en Irak
sont aujourd’hui estimés à 200 milliards de dollars.
Le gouvernement canadien a, quant à lui, dépensé 
plus de 4,1 milliards de dollars pour la mission afghane.
L’organisme Oxfam-Québec évalue que
34 dollars américains peuvent, ailleurs dans le monde,
nourrir un enfant pendant toute une année scolaire.
300 millions d’enfants souffrent de la faim chronique.
6,5 millions d’enfants n’atteignent pas l’âge de 5 ans.
L’eau insalubre et les mauvaises conditions d’assainissement
causent plus de 12 millions de décès par an.
Alors que la pollution atmosphérique tue 
3 millions de personnes chaque année
les États-Unis, le plus gros émetteur de gaz à effet de serre
de la planète, se refusent à ratifier le protocole de Kyoto. 
Ils  annoncent plutôt l’adoption d’une politique interne
prévoyant des objectifs non contraignants
qui devraient se traduire par une augmentation de 30 à 40%
des émissions au-dessus des niveaux de 1990 
d’ici 2010. (source: UE)
De leur côté, les conservateurs réduisent de 2 milliards de dollars
les programmes environnementaux
et promettent d’appliquer une alternative made in Canada
à Kyoto.

Qui sont les terroristes ?