VIGILE -- «Enseignement de l'Histoire du Québec»
La reprise en main du Parti Québécois
[...] C'EST LE PREMIER GOUVERNEMENT DU PARTI QUÉBÉCOIS, et son ministre de l'Éducation, monsieur JACQUES-YVAN MORIN, en 1977, qui ont RÉTABLI l'enseignement de l'histoire dans l'enseignement secondaire, devenu facultatif sous le gouvernement «libéral» du naufrageur, Robert Bourassa. À la suite des fameux événements d'octobre 1970 où le sous-tapis Bourassa avait fait acte de soumission totale à P.E. Trudeau, la directive des maîtres d'Ottawa était que l'ensemble des écoliers québécois ne devrait pas recevoir d'enseignement de l'Histoire du Québec, car c'était une cause de lucidité pouvant causer des troubles politiques : pour ces disciples de Machiavel Trudeau, la connaissance de l'Histoire menait à la sédition et à la subversion envers l'unitarisme canadien. Le gouvernement subalterne de Bourassa avait donc accédé à cette directive et rendu facultatifs les cours d'Histoire pour la vaste majorité des écoliers du secondaire. Il ne faut donc pas s'étonner que la plupart des Québécois qui sont passés par les écoles secondaires entre 1970 et 1977 aient une ignorance quasi-abyssale (ignorance crasse...) de l'Histoire nationale... On veut bien croire par ailleurs que le gouvernement actuel issu du Parti Québécois soit assez différent de celui de novembre 1976 par l'esprit qui l'anime. On veut bien croire que certains comportements du gouvernement et du parti depuis quelques années soient assez désolants en fonction du progrès de la cause de l'Indépendance nationale, mais on ne peut pas tout mêler, les gens et les époques... La critique À SENS UNIQUE de notre ami Barbeau ne semble viser que la destruction de cet outil que se sont donnés les Québécois sous l'impulsion de René Lévesque, le Parti Québécois. Si les mandataires de l'unitarisme canadien atteignaient cet objectif, le PLQ entièrement dévoué aux sbires (*) du PLC aurait le champ libre pour assez longtemps devant une poignée de petits partis marginaux poursuivant des objectifs disparates... Considérant l'évolution démographique et le travail de sape (**) des taupes unitaristes, ce serait probablement la fin de l'espoir d'un Québec libre. Ce qui s'impose pour avancer et changer les perspectives : la reprise en main du Parti Québécois et son activation maximale par les militants fidèles aux objectifs fondamentaux d'indépendance républicaine et de démocratie éclairée. En aurons-nous le courage ? Sincèrement, Jean-Luc Dion (*) Hommes de main. (**) Destruction par la base, menée souterraine pour miner.
Ceci suppose un changement de culture et d'orientation fondamentale du PQ[...] Il y a quelque chose qui accroche ici. Le Parti québécois n'a jamais été un parti de l'indépendance et encore moins de la république. (Oublions la démocratie éclairée pour l'instant.) La reprise n'est donc pas re-prise mais prise. Ceci suppose donc un coup, un changement de culture et d'orientation fondamentale du Parti québécois.Un parti indépendantiste ne peut avoir un programme politique applicable dans le cadre du statu quo politique canadien et ne peut entretenir le flou intégral sur les objectifs à atteindre par la souveraineté. Le programme d'un véritable parti indépendantiste s'élabore pour être appliqué dans le cadre de l'indépendance. Le PQ et le RAP sont pareils à cet égard. Les deux nous proposent des réformes dans le cadre du statu quo actuel et un boni «souverainiste» ou «indépendantiste» éventuel flou, jamais défini. Leur abstraction refuse de se matérialiser dans un programme qui a pour préalable la réalisation de l'indépendance. Les promesses concrètes de l'indépendance sont absentes, en fait, tout à fait étrangères à la culture nationaliste-collaborationniste québécoise. Tellement absentes, étrangères, désertiques que tout ceci est incompris de la plupart des souverainistes pour qui la souveraineté se résume à un réflexe de défense ou de critique interne du Parti québécois. Le Parti québécois est l'ennemi juré du Canada, c'est vrai. Mais il ne faut pas tout confondre. Le simple refus de se soumettre à la domination canadian, le simple fait de se dire Québécois et de vouloir exister (peu importe les termes de cette existence) soulève l'opprobe du Canada. Il ne faut donc pas soutenir Landry ou le PQ pcq'ils sont honnis des Canadians. En fait, ne jouons pas à l'autruche, Landry l'a dit très clairement. Il accepterait de négocier des changements constitutionnels demain matin. La base de la négociation étant la re-confédération, l'aboutissement en serait probablement un Meech plus ou moins. Or, même ces visées fort modestes à nos yeux sont inacceptables pour le Canada. Landry ne se fera pas d'amis outre-Outaouais, même en se faisant conciliant, même en suppliant à genoux le Canada de nous reconnaître un tant soit peu. [...] Gilles Verrier, AGQ 20.10.01
Se réapproprier le PQ de l'intérieur'Prise ou reprise', tout cela, c'est de la sémantique. Quant au flou, même si en soi c'est contestable, il n'en demeure pas moins que cela répondait à une démarche historique, dans un contexte de mobilisation nationaliste très large, afin de faire évoluer les mentalités lentement vers notre cible première: L'INDÉPENDANCE DU QUÉBEC.En cours de route, les militants indépendantistes ont été marginalisés, c'est un fait aussi. Mais maintenant, alors, la situation s'est aggravée à un point tel, comme le soulignait encore récemment Pierre Bougault, que c'est notre projet maximal indépendantiste, qui risque d'être marginalisé totalement et pour des lustres, dans la déroute des forces nationalistes traditionnelles depuis les 3 dernières décennies au Québec. Cela ne nous laisse qu'un seul choix: se réapproprier le Parti Québécois de l'intérieur, en favorisant l'achat massif de cartes du Parti par les militants indépendantistes républicains, prendre le contrôle des exécutifs de comtés, régionaux et nationaux, en s'appuyant sur une Coalition Patriotique Militante bien installée, dans chaque région, ville, quartier, village du Québec. Et ce, sans refaire la roue, puisque déjà, cet outil existe déjà potentiellement en milieu populaire et communautaire ainsi que dans la militance engagée. Il suffit d'accroître son efficience dans la bonnes direction. [...]
Ronald Tremblay, AGQ 20.10.01
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