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Me Bertrand, pourquoi, maintenant reniez-vous toutes vos idées et combattez-vous l'indépendance?
Me Guy Bertrand, défenseur de l'INDÉPENDANCE du Québec
«Le droit naturel et le droit international reconnaissent que tous les peuples du monde, petits, grands, pauvres ou riches peuvent accéder à l'indépendance.» - Guy Bertrand
Paul-Emile ROY
 Numéro 15 Février-Mars 1998 |
L'HISTOIRE du Québec, depuis 1960, est celle de son effort de surmonter la dépendance pour accéder à l'indépendance, celle de son effort de sortir de son état de peuple colonisé pour acquérir sa liberté. C'est ce qu'a bien compris et bien exprimé Maître Guy Bertrand, dans un livre publié en 1965 sous le titre: Québec souverain, 106 questions et réponses sur la souveraineté politique et le Parti Québécois, avec une préface de Camille Laurin.
A la question : Le Québec peut-il devenir indépendant ? Il répond: «Certainement. Le droit naturel et le droit international reconnaissent que tous les peuples du monde, petits, grands, pauvres ou riches peuvent accéder à l'indépendance.»
Pour Guy Bertrand, l'indépendance n'est pas un repli sur soi, bien au contraire. «Le Québec souverain, au lieu d'être une simple province, deviendra un pays ouvert au monde, qui pourra transiger, selon ses intérêts, avec tous les pays du monde, y compris le Canada».
Pourquoi aujourd'hui Me Bertrand combat-il l'indépendance ? Son livre donne la réponse à cette question que beaucoup d'entre nous se posent. En effet, à la question: Pourquoi tant de Québécois ont-ils peur de l'indépendance du Québec, il répondait: «Parce que les adversaires de l'indépendance se chargent de les effrayer. Parce que c'est plus facile d'avoir peur que d'agir. Pour faire le Québec Souverain, il faut être prêt à prendre des responsabilités. Il faut agir. Si les États-Unis étaient demeurés une colonie de l'Angleterre en 1775, ils seraient encore des colonisés. Pourtant, ils se sont libérés alors qu'ils n'étaient que trois millions d'habitants, alors qu'ils ne connaissent pas leurs richesses naturelles, comme par exemple l'or en Californie et le pétrole dans le Texas, découverts beaucoup plus tard. A peine 175 années plus tard, les Etats-Unis sont devenus le pays le plus riche au monde avec une population de 200 millions».
Le vire-capot du siècle
Et le livre de Me Bertrand est rempli de toutes sortes de pensées brillantes. «Le Québec, dit-il, c'est la dernière colonie de blancs dans le monde». Si l'indépendance ne se fait pas, «ce sera la mort lente d'un peuple, comme ce fut le cas des francophones de la Louisiane». Que pensait-il alors du bilinguisme ? «Le Canada n'est pas et ne pourra jamais être un pays bilingue. Le bilinguisme est une pilule pour endormir le Québec afin de mieux le noyer dans le grand tout canadien (anglais)».
Et voici une dernière citation du livre de Me Bertrand qu'il devrait relire. A la question: Le peuple québécois forme-t-il une nation ? Il répond: «Oui. Le peuple québécois possède toutes les conditions concrètes impliquées dans le sens ordinaire du mot nation, du moins en français. Les Québécois forment une communauté historique et culturelle ; ils possèdent un gouvernement doté d'une certaine souveraineté interne ; des institutions qui leur sont particulières ; un territoire bien délimité ; une langue, commune ; une histoire et un vouloir vivre collectif ; par conséquent, on peut devenir indépendant sans demander la permission à qui que ce soit. La liberté, ça se prend, ça ne se quémande pas».
Merci, Me Bertrand. Mais pourquoi, maintenant reniez-vous toutes ces idées et combattez-vous l'indépendance ? Serait-ce parce que les adversaires de l'indépendance vous ont donné la frousse ? Parce que c'est plus facile d'avoir peur que d'agir ? Parce que. Parce que.

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