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La stratégie de Chrétien condamnée par Jean Charest et Mario Dumont
"Nous étions contre cette initiative et nous le sommes toujours. Nous ne laisserons aucun autre parlement réduire les pouvoirs l'autorité, la souveraineté et la légitimité de l'Assemblée nationale", a averti le chef libéral Jean Charest, en conférence de presse. Le Parti libéral du Québec croit que "les Québécois ont le droit de décider de leur avenir. Les Québécois sont maîtres de leur destinée", a rappelé le chef libéral. M. Charest a aussi rappelé que la règle de la majorité simple est suffisante en démocratie. Cette règle "ne saurait être reniée". Mais il a rappelé qu'une sécession appuyée par une très faible majorité "risquerait d'être politiquement désastreuse et contiendrait les germes de son propre échec". Le chef libéral a par ailleurs lancé un appel à tous pour mettre de côté le débat référendaire et se pencher plutôt sur questions économiques qui, croit-il, intéressent plus les électeurs. M. Charest n'avait par ailleurs pas encore indiqué quelle position le Parti libéral adoptera sur le projet de loi que le gouvernement péquiste présentera la semaine prochaine, en vue de contrer l'initiative fédérale. Répliquer à un projet de loi fédéral par une autre loi présentée à l'Assemblée nationale lui apparaît comme un risque de convertir le débat en "monologues". Il aurait préféré qu'on se penche sur la motion qu'il a présentée vendredi en Chambre et qui réaffirme que l'Assemblée nationale est seule à pouvoir déterminer les conditions entourant le processus référendaire sur l'avenir du Québec. M. Charest avait présenté une telle motion la semaine dernière mais elle n'avait pas recueilli l'appui de la majorité péquiste car elle contient une référence à la Cour suprême qui pourrait être interprétée comme une acceptation du rapatriement unilatéral de la Constitution de 1982. Pour sa part, le chef de l'Action démocratique, Mario Dumont, député de Rivière-du-Loup, juge que le projet fédéral "est basé sur des a priori très dangereux". Selon M. Dumont, la stratégie fédérale donne à penser que "les Québécois sont moins intelligents et moins responsables, au point qu'il faut les encadrer par quelqu'un de l'extérieur" au moment du référendum. Le chef de l'ADQ a rappelé que lors des référendums précédents de 1980, de 1992 et de 1995, les premiers ministres fédéraux comme Pierre Elliott Trudeau et Jean Chrétien avaient accepté les règles référendaires en vigueur et avaient respecté le processus démocratique du Québec. "Revenir avec le projet de loi aujourd'hui, c'est plus une mauvaise réaction au référendum de 1995 qu'une démarche appelée à solutionner les choses", a dit M. Dumont. M. Chrétien aurait dû s'attacher à procéder à des changements dans le but de satisfaire les Québécois au lendemain du référendum de 1995 au lieu de préparer un "plan B", estime le chef adéquiste. M. Dumont s'est particulièrement moqué d'un article du projet de loi fédéral, qui dit qu'Ottawa analysera la clarté de la question à la lumière de l'avis de tous les partis politiemblée nationale du Québec. Comme tous ces partis politiques s'opposent déjà à la démarche fédérale, M. Chrétien aurait été mieux d'y conformer et de ne pas aller de l'avant avec sa loi, opine Mario Dumont. |