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Réveil brutalGrenade et signature FLQ chez Pierre Roy Isabelle Mathieu LeSoleil 5 juin 1999
Le militant fédéraliste bien connu Pierre Roy a été brutalement arraché au sommeil vers 1 h 30 hier lorsque ce qu'il croyait être une roche a été lancée à travers une des fenêtres de sa maison de Lac-Beauport. M. Roy a immédiatement averti les policiers de la Haute-Saint-Charles et, sitôt après avoir reposé le combiné téléphonique, a reçu un appel inquiétant. « Le gars m'a dit "On est 50 du FLQ après toi et on va te tuer" », racontait hier Pierre Roy, avant d'ajouter que dans la nuit de jeudi à vendredi, il avait reçu un premier appel de menaces. En fouillant la pièce, les policiers ont trouvé une grenade en dessous de la table. Tout le monde a immédiatement évacué les lieux et ce sont les techniciens en explosifs de la Sûreté du Québec qui se sont chargés d'inspecter le projectile. Ils se sont vite rendu compte que cette grenade, qui se vend dans les surplus de l'armée, ne contenait pas de poudre et ne pouvait donc exploser. Selon les techniciens en explosifs, un spécialiste des techniques militaires aurait pu se procurer de la poudre et rendre la grenade meurtrière. En plus d'avoir à remplacer sa double vitre percée par la grenade, M. Roy devra offrir un bon nettoyage à sa porte de garage puisque les malfaiteurs ont peint un gros FLQ en lettres bleues. En 20 ans de militantisme passionné, Pierre Roy dit avoir essuyé bien des coups et des rebuffades, mais il n'a jamais pensé que ses ennemis iraient aussi loin. « Je n'avais jamais senti que ma vie était menacée, commence le militant. Mais ce qu'ils ont fait, c'est une coche mal taillée et ça ne m'arrêtera pas parce qu'alors, je laisserais la place à des terroristes. » Pierre Roy s'est retrouvé sous les feux de la rampe à de nombreuses reprises, notamment lors de l'inauguration de la statue de Charles de Gaulle et durant la guerre des drapeaux l'hôtel de ville de Québec. Encore cette semaine, il était apparu au dévoilement de la statue de René Lévesque drapé dans un unifolié. D'autres graffitisLes graffitis FLQ ont foisonné au cours du printemps dans les environs de la Vieille Capitale. Après le Québec High School en avril, la voiture de la journaliste de The Gazette Elizabeth Thompson à Cap-Rouge et la statue du général James Wolfe en mai, c'était au tour de la résidence du président de l'organisme Voice of English d'être barbouillée hier à Saint-Lambert en même temps que celle de Pierre Roy. Le mur de la maison de Thomas Reisner et une de ses deux voitures ont en effet été marqués du sceau du Front de libération du Québec au cours de la nuit avec la caractéristique peinture bleue en aérosol.
« Ça m'inquiète un peu, confiait au SOLEIL le président du groupe
anglophone Voice of English. C'est peut-être la première étape d'une chose
qui peut aller en augmentant. » M. Reisner estime que des événements
comme ceux survenus à Lac-Beauport et chez lui accroissent la nervosité des
gens. « Mais il faut prendre ça avec sang-froid parce que ce que ce groupe-là
veut, c'est avoir de la publicité et quand les gens réagissent, ça lui donne ce
qu'il désire », ajoute l'anglophone parfaitement bilingue établi à
Saint-Lambert depuis près de 20 ans.
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