Acadie 1755
Le «Grand dérangement»

Les Acadiens ne prêteront jamais de serment à moins d'y être contraints. Or, ils occupent les meilleures terres de la Nouvelle-Écosse...
- lieutenant-colonel de l'armée anglaise Robert Monckton

Alain LaBonté
13.5.99





Moncton a grandi à partir d'une petite colonie acadienne située dans une courbe de la rivière Petitcodiac appelée « Le Coude ». Après la déportation des Acadiens, l'emplacement demeura vacant jusqu'à l'arrivée, en 1766, de huit familles d'immigrants de Pennsylvanie. Nommée en l'honneur du lieutenant-colonel de l'armée anglaise Robert Monckton, cette nouvelle bourgade prospéra comme centre de construction navale. Bien que Moncton ait été constituée en ville en 1855, elle a dû déposer sa charte en 1862, car l'avènement des navires à vapeur et en acier mit un terme à sa prospérité.

Souce: http://www.moncton.org/french/fhistory.htm

Vérification faite, Monc[k]ton a bien trempé dans la déportation des Acadiens, bien que ce soit le lieutenant-gouverneur Lawrence qui ait eu l'idée longuement préméditée de mettre en oeuvre cette « solution finale » à la Polpot et à la Milochevitch (Milosevic, acec un « s caron » et un « c accent aigü ») et qui a même fait entériner sa décision, voulant décidément jouer les Ponce-Pilâte quand même, mais si peu....
Voir : http://www.rpa.ca/acadie/legrandd.htm

dont je tire les extraits suivants :

« La Déportation occupe une place très importante dans l'histoire acadienne. De 1755 à 1763, la plus grande partie du peuple acadien a été déportée dans les colonies américaines, en Angleterre et en France. Les Acadiens, exilés ou fugitifs, ont traversé une longue période d'errance à la recherche d'une nouvelle terre d'accueil. Les Acadiens survivants de cette période l'ont qualifiée de "grand dérangement".

[...]

Contrairement à ses prédécesseurs, Lawrence envisage ouvertement la déportation. Ce militaire de carrière songe d'abord à la défense de la colonie et entend régler le problème du serment. À l'été 1754, il avise ses supérieurs de sa position: les Acadiens ne prêteront jamais de serment à moins d'y être contraints. Or, ils occupent les meilleures terres de la Nouvelle-Écosse. Lawrence conteste donc leur droit à la propriété et suggère leur départ.

[...]

Le conseil décide à l'unanimité de déporter les Acadiens dans les différentes colonies américaines. Le plan de Lawrence est d'expulser les Acadiens et de les remplacer par des colons de la Nouvelle Angleterre. Le 31 juillet, il donne ses instructions et déploie les forces anglaises (2 000 coloniaux et 250 soldats britanniques) de la façon suivante: le colonel Robert Monckton à l'isthme de Chignectou, le colonel John Winslow dans le district des Mines, le capitaine Alexander Murray à Pigiguit et le major John Handfield, déjà en poste à Annapolis, est chargé de son district.

[...]

À Beaubassin, Monckton s'installe au fort Beauséjour, rebaptisé Cumberland. Le 11 août, obéissant à la convocation émise un peu plus tôt par Monckton, 400 hommes se présentent au fort. On leur annonce qu'ils sont considérés «rebels», qu'on confisque leurs terres et cheptel et qu'ils sont désormais prisonniers.

La région confiée à Monckton compte de nombreux établissements éparpillés sur les rivières Chipoudy, Petcoudiac et Memramcook, ce qui permet à plusieurs familles acadiennes de fuir. Les militaires chargés de fouiller ces endroits ramènent peu de prisonniers mais brûlent tout sur leur passage: maisons et récoltes. À la Petcoudiac par exemple, l'expédition commandée par le capitaine Frye doit faire face aux hommes de Boishébert. Frye se retire au fort Cumberland, emportant quelque 23 femmes et enfants avec lui et détruisant plus de 200 bâtiments et une grande quantité de blé et de lin.

[...]

etc.

On connaît la suite, terre brûlée, hommes, femmes et enfants dispersés aux quatre vents et à des milliers de kilomètres comme du bétail, etc. Peut-on aussi passer sous silence les viols, assassinats, vols (institutionnalisés puisqu'on ne leur a même pas permis de prendre leurs objets personnels avec eux !), etc. -- les Acadiens étaient pourtant des sujets loyaux aux Anglais depuis trois décennies !

Ça vous rappelle quelque chose de récent ?

Alain LaBonté
Avant-garde Québec
13.5.99