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Marco Micone L'immigration - Ni traduire ni trahir André Lachance
mai-juin 1999
Retraité-e d'origine italienne, ils étaient ce qu'on appelle communément du bon monde: honnêtes, travailleurs et pleins de civilité. Lui baragouinait un drôle de sabir où s'entremêlaient des mots de français et d'anglais avec un accent à couper au couteau; elle, belle dame aux cheveux cendrés, ne parlait que l'italien, ce qui ne l'empêchait pas de se faire très bien comprendre de mes deux jeunes enfants, qu'elle comblait de gâteries. Du haut de notre balcon, la vue plongeait sur un grand potager que Monsieur Micone passait des heures à biner et arroser. C'était aussi son refuge quand, parfois, éclatait à côté quelque dispute qui me surprenait par la véhémence avec laquelle cette femme si douce lui lançait soudain de retentissants anathèmes. Son visage rubicond penché sur ses plants de tomate, il prenait alors l'air dépité de celui qui regrette avoir fait un mauvais coup. Le tout s'arrangeait cependant bien vite et quand d'aventure nous apercevions ce vieux couple sur quelque trottoir, elle vêtue de sa robe sombre, lui de son sempiternel veston de laine, ils semblaient irrémédiablement soudés l'un à l'autre. LA FAMILLE L'écrivain et dramaturge Marco Micone soupire quand je lui rappelle cette anecdote, qui remonte à 1980, à l'époque du premier référendum sur la souveraineté. Déjà, les médias de la communauté italo-montréalaise s'acharnaient sur lui, n'hésitant pas à le traiter de traître, de lâche et même de fou, au grand dam de son père qui n'appréciait guère que le nom des Micone soit ainsi traîné dans la boue... Son crime? Marco Micone avait «osé» appuyer publiquement l'indépendance et le mouvement de francisation du Québec. Une hérésie à ce point impardonnable aux yeux de certains des 180 000 Italo-Montréalais-es, que le jeune enseignant de cégep avait alors dû se cacher à la campagne après avoir reçu des menaces de mort. «Il y avait parfois une dizaine de lettres à mon sujet dans Il Cittadino Canadese», raconte l'écrivain, qui poursuit également une remarquable carrière de traducteur de pièces de théâtre. «Mon père, qui était fédéraliste, lisait les hebdos italiens et ça faisait des histoires à n'en plus finir entre nous. Heureusement que ma mère me défendait. En fait, elle me demandait pour qui voter et choisissait le PQ, uniquement pour le défier» Marco Micone prendra une douce revanche lorsque son père se retrouva assis, quelques années plus tard, tout à côté de Gérald Godin, alors ministre de l'Immigration et des communautés culturelles, lors de la présentation de sa deuxième pièce, Addolorota, dénonçant les conditions faites aux femmes immigrées... «Papa était très impressionné de se retrouver à côté du ministre, qui le félicitait d'avoir un aussi bon fils», dit-il avec un sourire malicieux. «Marco est l'un des rares intellectuels et écrivains provenant de ce qu'on nomme les communautés culturelles à s'être parfaitement bien intégré à la société québécoise», dit Pierre Graveline, directeur général et éditeur du Groupe Ville-Marie littérature, où Micone dirige la collection de théâtre de VLB Éditeur. «Sa contribution est exceptionnelle et il a payé le gros prix. Encore aujourd'hui, les fédéralis-tes italiens ne ratent jamais une occasion de le clouer au pilori. C'est un gars qui dérange aussi les péquistes, dont certains n'ont pas aimé que Marco les presse autant de s'ouvrir aux immigrants.» PARTIR Immigrant, Marco Micone l'est devenu par la force des choses, alors qu'il débarque à 13 ans dans le port de New-York avec sa mère et son frère aîné. On est en 1958 et la famille se rend ainsi au voeu du père, parti depuis sept ans gagner sa vie à Montréal. Rien de très exceptionnel pour l'époque. A Monte Longo, le vieux village perché sur une colline de Molise, tout le monde aspiré à partir. «Nous étions tous des immigrants en sursis», raconte Marco Micone, qui se rappelle que sur les centaines de paysans-nes qui avaient auparavant troqué leur village pour les rues prétendument pavées d'or de l'Amérique, deux seulement étaient revenus, en proie au mal du pays. «Ils étaient vus comme des ratés. Tout le monde a même pouffé de rire quand l'un d'eux, un artisan, a dit qu'il était revenu parce qu'il s'ennuyait de sa femme et de ses enfants. Faire du sentiment, c'était un signe de faiblesse dans ce milieu très frustre, où les mariages étaient souvent des unions de convenance entre paysans. Lorsque leur mari partait en Amérique, beaucoup de femmes étaient soulagées car elles se débarrassaient d'un homme souvent autoritaire, qui imposait sa loi.» L'arrivée à Montréal, ensevelie sous les congères de février, est un choc pour l'adolescent. Mais ce n'est pas tant le froid extérieur que celui qu'il décèle entre ses parents - qui ne se sont pas vus depuis sept ans - qui l'étonne. Pire. Cet homme qu'il a idéalisé pendant des années dans le petit univers féminin de Monte Longo, puis ensuite au séminaire de la congrégation de Saint-Vincent-de-Paul à Naples où il vit un long hiver en enfer, est devenu un étranger. Quelques jours après leur arrivée dans le quartier Ahuntsic, Marco et son frère Michel frappent à la porte de l'école Saint-André-Apôtre. Ils veulent s'y inscrire mais le directeur leur dit tout de go: «C'est pas ici que vous devez venir. Il y a une école pour vous, les Italiens.» Le souvenir de ce rejet hante encore cruellement Marco Micone, qui a tout de même terminé sa septième année dans une classe française de l'école italienne Saint-Philippe-Benezi. «Quand les immigrants des années 50 disent que les écoles françaises les ont refusés, ils ont raison. Je l'ai vécu!» Une vérité qu'il a rappelée courageusement - malgré quelques huées aux milliers de personnes rassemblées au Centre Paul-Sauvé lors d'un grand rassemblement contre la loi 178 organisé par le Mouvement Québec Français, à la fin des années 80... SERVICE ANGLAIS OBLIGATOIRE Ses études secondaires, Marco les complétera au Pius 10 Comprehensive High School, un établissement du secteur anglais de la défunte Commission des écoles catholiques de Montréal, fréquenté alors à 92% par de jeunes italophones. «Tu vas faire comme tous les autres Italiens, tu vas aller à l'école anglaise», lui avait dit son père, ouvrier soudeur. Un diktat auquel se plie bien malgré lui l'adolescent, dont les copines sont des francophones pure laine. Dans Le figuier enchanté, un recueil de récits paru en 1992 chez Boréal et qui lui a valu le Prix des arcades de Bologne, il raconte avec une colère contenue l'humiliation que lui a fait subir un enseignant, qui le croyait idiot parce qu'il maîtrisait mal la langue de Shakespeare. Marco Micone passera quatre ans dans ce ghetto créé par l'impéritie des autorités scolaires et politiques québécoises du temps, «quatre années pénibles comme un interminable service militaire et duquel je suis sorti avec une connaissance passive de l'anglais», dit-il. Aussitôt hors de la classe, les jeunes passent en effet à l'italien. C'est pourtant dans ce milieu, où il fallait être un bon joueur de football pour être vraiment quelqu'un, qu'il découvre Gabrielle Roy, à la faveur de sa Petite poule d'eau, dont la lecture figurait au programme. Une révélation. L'adolescent débusque et lit tout ce qui lui tombe sous la main en français: d'autres ouvrages de Gabrielle Roy, bien sûr, mais aussi de Saint-Denys-Garneau, d'Anne Hébert, de Félix-Antoine Savard, de Ringuet et d'Émile Nelligan. Paradoxalement, c'est dans un prestigieux collège anglophone de l'ouest de la ville que Marco Micone aura l'occasion d'approfondir sa connaissance de la littérature québécoise et française. Son enthousiasme débordant frôlait parfois le prosélytisme. «Il me passait Le Devoir, me parlait de littérature québécoise, me faisait lire Gabrielle Roy», dit avec un plaisir évident Ottavio Gabella, un camarade du temps devenu ingénieur, qui se souvient des heures passées avec le futur dramaturge sur les banquettes des autobus de la STCUM, entre la maison et le collège Loyola. «C'est Marco qui m'a fait connaître le Québec français, que j'ignorais totalement. Il a fait beaucoup pour rapprocher les Italiens et les Québécois francophones. Grâce à son enseignement, des milliers de jeunes immigrants ont une vision plus juste du Québec. Son apport est immense.» DES PIECES CRUES Après Loyola, Marco Micone s'inscrit en littérature française à l'Université McGill, où il obtiendra sa maîtrise en 1971 après avoir déposé un mémoire portant sur le théâtre de Marcel Dubé. C'est aussi l'époque de sa prise de parole. Dans les médias de la communauté italo-montréalaise d'abord, où ses articles en faveur du Québec français donnent naissance à de violentes polémiques et lui valent de profondes inimitiés. Puis, dans un registre plus intérieur mais tout aussi percutant, il s'astreint à un patient travail d'écriture et produit coup sur coup Gens du silence et Addolorata, des pièces qui, pour la première fois, font entrer les immigrants-es par la grande porte de la dramaturgie québécoise. Des pièces crues, qui parlent de ghettos d'emploi, d'exploitation économique, d'oppression féminine, de métissage, de cohabitation interethnique. De liberté surtout. Dans Gens du silence, sa pièce la plus politique, l'auteur se sert même de l'analyse de classes et fait dire à l'un de ses personnages: «Unissons-nous à ceux qui nous ressemblent». En clair, les Québécois-es francophones... Certains n'ont pas apprécié du tout. «En réalité, des essais sociologiques dialogués d'un pédagogisme irritant, farcis de clichés hargneux à l'égard des Montréalais d'origine italienne», explose Filippo Salvatore, professeur en études italiennes à l'Université Concordia, qui écrit notamment dans Il Cittodino Canadese. Partitionniste avoué, Salvatore qualifie Marco Micone de «coqueluche du milieu intellectuel québécois souverainiste». N'empêche que Micone, qui a aussi écrit Déjà l'agonie, n'a jamais cessé de réfléchir sur la complexité des situations sociales et culturelles, au Québec comme partout dans le monde. Il fuit comme la peste les points de vue manichéens générateurs d'incompréhension et de rejet mutuels. «Aujourd'hui, il y a plusieurs auteurs qui traitent des questions d'immigration, de déracinement, d'identité mais Marco a été un précurseur, l'un des premiers à traiter de ces questions», ajoute Pierre Graveline, qui juge que Le figuier enchanté constitue l'un des plus beaux récits de la littérature québécoise. HYBRIDATION DES CULTURES Peu sensible aux honneurs, cet homme secret - j'apprendrai par la bande qu'il vient tout juste de se remarier avec la sous-ministre québécoise de la Citoyenneté - s'est construit au fil des ans une solide réputation de théoricien des cultures immigrées. On l'invite de partout dans le monde, d'Allemagne, de Scandinavie, de Grande-Bretagne, à participer à des conférences et des séminaires portant sur le métissage. Même le Canada anglais, où il présentait le printemps dernier le Québec dans le contexte de la mondialisation, de la multiethnicité et du fédéralisme, s'intéresse à ses réflexions. «Marco a été le premier à développer un discours sur l'hybridation des cultures, un discours aujourd'hui à l'ordre du jour partout dans le monde», affirme Denise Agiman, une metteurs en scène montréalaise, qui a monté Les Belles Soeurs en italien. «C'est quelqu'un qui a dit des choses très importantes. Ses choix sont radicaux et il va jusqu'au bout. C'est aussi un homme profondément démocratique et généreux.» Bon père aussi, qui n'est pas peu fier de ce que ses deux enfants aient fréquenté l'école Saint-André-Apôtre, la même qui l'avait rejeté il y a 30 ans. «Il est cependant peu bavard sur lui-même», ajoute Ottavio Gallela, qui dit en apprendre constamment sur le personnage, modeste jusqu'à l'excès. «Il cache à ses amis les prix qu'il reçoit, les conférences qu'il donne partout dans le monde. Il nous surprend tout le temps.» DES TRADUCTIONS CONTESTÉES ET RÉCOMPENSÉES Pour surprendre, il surprend. Son Speak What, une «réutilisation» du fameux Speak White de Michèle Lalonde, a donné lieu à toute une polémique en 1994, l'éditeur Jacques Lanctôt l'accusant carrément de plagiat. En cette matière, Micone était cependant en bonne compagnie, des écrivains-es aussi célèbres que Molière, Racine, Proust, Voltaire, Goethe, Pouchkine et Valéry s'étant eux aussi amusés à réécrire, à leur manière et en fonction de leur sensibilité propre, l'oeuvre de collègues... «Michèle Lalonde a fomenté cette petite tempête médiatique car elle n'était pas d'accord avec le message politique de mon petit poème», pense Micone. «Son texte est un classique et elle n'accepte pas qu'on le réutilise. On fait semblant de me reprocher d'avoir plagié la forme mais ce qui fait vraiment problème, c'est le contenu. Dans Speak What, je dis simplement que nous, les allophones, nous subissons ce que vous, les francophones, vous avez subi de la part des anglophones du Canada. C'est ça qu'elle n'a pas aimé.» Ses traductions, elles aussi, suscitent la controverse. Le dramaturge Michel Tremblay a même parlé de «grande trahison» pour sa traduction de La mégère apprivoisée de Shakespeare, présentée devant des salles combles au théâtre du Nouveau Monde. Dans cette pièce dont l'action se déroule en Italie, Micone a eu le culot de laisser tomber le discours de soumission de la femme pour le remplacer par des passages plus modernes, vantant l'égalité des sexes. Une hérésie pour certains critiques, qui l'accusent d'avoir dénaturé un texte classique. l'ironie, c'est que Shakespeare lui-même s'était fortement inspiré de la pièce 1 Suppositi de Ludovico Ariosto, traduite en anglais dès 1566, pour sa Mégère apprivoisée. TRADUCTEUR TRADUISANT Ces disputes ne l'ont pas empêché de remporter un Masque pour la meilleure traduction, de même que le Prix du journal de Montréal pour le théâtre en 1989. Même la Commission de la toponymie du Québec a choisi de baptiser «Vacarme du chaos» l'une des 101 Îles du réservoir Caniapiscau à la Baie James, une expression tirée de son Gens du silence. Jusqu'ici, Marco Micone a traduit et adapté cinq pièces du répertoire classique pour le compte du TNM: Lo Locondiera (Goldoni), Six personnages en quête d'auteur (Pirandello), la Mégère apprivoisée (Shakespeare), Lo Servo omoroso (Goldoni) et l'Oiseau vert (Gozzi). Il entend consacrer tout l'été à la traduction de Les femmes de bonne humeur, une pièce de Carlo Goldoni, pour le compte du théâtre Le Trident de Québec. «Quand je fais une traduction, je prends beaucoup de liberté, mais vraiment beaucoup», convient-il en passant la main dans ses cheveux blancs comme neige. «Pour que les classiques soient pertinents aujourd'hui, il faut absolument les adapter. Quand Goldoni a écrit La Locondiero au 18e siècle, il ne pouvait savoir que 30 ans plus tard il y aurait la révolution. Moi qui vis au 20e siècle, je le sais. Sans mettre le mot révolution, je peux faire parler des personnages de façon à ce que le public comprenne ce qui est arrivé. Ce sont des pièces féministes et avec les connaissances qu'on a maintenant, il faut faire ressortir toute cette richesse. Je m'amuse beaucoup à moderniser les dialogues. Pourquoi pas?» Dans sa traduction de l'Oiseau vert de Carlo Gozzi, un dramaturge dans la lignée de la commedia dell'arte qui vivait au 18e siècle, Micone s'est même permis un clin d'oeil en faveur de la souveraineté du Québec en faisant dire à l'un des personnages qu'il enverrait l'armée si une certaine province ne se décidait pas à faire enfin sécession. LE MONDE EST PARALLELE
Son gagne-pain est ailleurs: professeur d'italien au Cégep anglophone Vanier de Ville Saint-Laurent, il est cependant estomaqué de constater à quel point les jeunes Anglo-Québécois-es connaissent mal la culture et, partant, la réalité québécoises «Un journaliste de Radio-Canada me demandait récemment ce que mes étudiants pensaient d'Omertà, la série télévisée. L'entrevue n'a pas été bien longue. La vérité, c'est qu'ils ne la connaissent pas. Ils ne regardent jamais la télé francophone. En fait, les jeunes anglophones se sentent très peu attachés au Québec. Mais c'était bien pire il y a 20 ans. Aujourd'hui, beaucoup d'allophones sont passés par les écoles françaises. Au collège Vanier, on entend parfois parler français dans les corridors, toujours par des jeunes filles, des Chinoises, des Cambodgiennes, des Philippines qui, entres elles, ont choisi le français comme langue commune. C'est un gros progrès.» Plus que jamais souverainiste, il en veut cependant au Parti québécois, qu'il estime s'être éloigné de son programme social-démocrate. «A l'intérieur du Québec, le PQ tient un discours social-démocrate mais aussitôt qu'il va à l'extérieur, Bernard Landry devient néo-libéral pour plaire aux Américains, aux gens de l'Organisation mondiale du commerce et aux financiers. Ça me dépasse!» Pour cet ex-membre du PQ, la raison d'être de la souveraineté, c'est avant tout la justice sociale. «Nous avons besoin d'un État fort», dit-il en expliquant que la cohésion sociale est plus grande et plus facile à atteindre dans un petit pays. «Dans un Québec indépendant, personne ne pourrait gouverner sans tenir compte de l'importance de l'État et de nos traditions sociales-démocrates.» 95 %+ 1 ! Le controversé «l'argent et le vote ethnique» prononcé par Jacques Parizeau au soir du deuxième référendum ne l'a pas ému outre mesure. «Politiquement, c'était peut-être une déclaration inopportune mais n'empêche que Parizeau a dit vrai. Plus de 95% des anglophones et des allophones ont voté contre l'indépendance. C'est pas un vote ethnique, ça?»
Mais il reproche au PQ son manque de perspicacité face aux allophones. «Le discours du PQ a toujours été de dire que si les immigrants veulent se faire élire, ils doivent le faire dans les comtés où il y a une forte proportion d'immigrants. Avec cette règle-là, c'est quasiment impossible. Il fallait accepter que Guiseppe Sciortino se présente dans Mercier mais on lui a mis des bâtons dans les roues. Le PQ dit qu'il s'en remet aux principes démocratiques qui régissent le choix des candidats, que c'est la base qui décide. Sauf que pour Diane Lemieux, on l'a parachutée dans un comté. Les immigrants, on ne les parachute pas...»
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