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Les exclusLe Journal de MontrČal 27 juin 1998 La mode est aux exclus. On ne compte plus ceux qui se disent exclus de ceci ou de cela. A la fine pointe de la mode, il y a nos pauvres anglophones qui se disent exclus de la société francophone et, pire encore, exclus du défilé de la Fête nationale. C'est justement à l'occasion de ce défilé que Bill Johnson a joué encore une fois les martyres en s'autoproclamant le roi des exclus. Devant la multiplication des exclus, il devient impératif de tirer les choses au clair. Il y a deux sortes d'exclus : ceux qu'on exclut volontairement et qui ont bien raison de protester et ceux qui s'excluent eux-mêmes et qui devraient cesser de se plaindre. Nos Anglais sont du deuxième type. Les a-t-on exclus du défilé de la Saint-Jean? Jamais. Ainsi, tous les députés québécois siégeant à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des communes sont invités depuis des années à prendre place à la tribune d'honneur. Mais les députés anglais ont toujours choisi de s'abstenir. On n'y a jamais vu les Sheila Finestone, les John Ciaccia, les Thomas Mulcair ou tous ces autres dont la discrétion n'a d'égal que l'hypocrisie. De leur propre gréExclus, oui, mais de leur propre gré.Les Anglais, dans leur ensemble, ont-ils jamais été empêchés de marcher dans la rue en compagnie du premier ministre et des milliers de citoyens qui ferment le défilé? Jamais. Bien au contraire, ils y ont été invités ouvertement et à maintes reprises aussi bien par les dirigeants de la Société Saint-Jean-Baptiste que par les dirigeants politiques. Mais, année après année, ils se sont faits si discrets qu'on a cru qu'ils étaient tous partis en Ontario. Exclus, oui, mais de leur propre gré. A-t-on déjà vu Bill Johnson lui-même se mêler à la foule pour célébrer la fête nationale? Jamais, sauf cette année. Il a attendu d'être élu à la présidence d'Alliance Québec pour découvrir les bienfaits de la marche. Avec une petite arrière-pensée en tête : provoquer des heurts dont il pourrait accuser les francophones, ce qu'il n'a pas tardé à faire. Me font rire, ces AnglaisIls boudent et boycottent tout ce qui est québécois, ils répandent à travers le monde les pires calomnies, ils dénigrent systématiquement tout ce que fait le gouvernement du Québec et puis, une fois par année, ils se découvrent une âme québécoise qui leur permet de tirer à boulets rouges sur tout ce qui bouge en français.Eux qui n'ont jamais participé, ni de près ni de loin, au défilé ou aux fêtes nationales, se donnent aujourd'hui le beau rôle en accusant les souverainistes de s'approprier la fête. Le beau prétexte. Bien avant l'arrivée des souverainistes sur la scène politique, ils se terraient déjà dans leurs ghettos du West Island et attendaient avec impatience le 1er juillet pour brandir leurs petits drapeaux rouges et blancs. Martyrs ?Exclus, oui, mais de leur propre gré.Des milliers d'entre eux sont partis à l'étranger pour fuir le nationalisme puant des Québécois. Les avons-nous emprisonnés, torturés, exilés? Jamais. Ils sont partis de leur plein gré. Ils se sont exclus de leur plein gré.
Alors, quand ils viennent jouer aux martyrs aujourd'hui, on sait quoi en penser.
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