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Bill Johnson participera au défilé du 24 juinPierre O'NeillLeDevoir 18 juin 1998
Présidé par Guy Bouthillier, le comité de la fête nationale de la Saint-Jean a transmis hier par écrit à la direction d'Alliance Québec les motifs qui lui font refuser d'inviter M. Johnson à figurer parmi les dignitaires qui participeront à cette grande marche populaire, à savoir le trop grand nombre de personnalités déjà inscrites et le manque d'espace.
«C'est la fête de tous les Québécois», dit le président d'Alliance Québec, qui refuse d'interpréter sa présence au défilé comme un geste de provocation Pour sa part, le principal intéressé, William Johnson, a expliqué au Devoir qu'il s'estime justifié de participer à la fête nationale des Québécois, parce qu'il juge être le représentant légitime de la plupart des anglophones du Québec. «Je me dois d'être là pour affirmer que nous faisons partie du Québec. Dans le passé, j'ai trouvé qu'on a trop utilisé ce défilé et le concert du soir comme un événement sécessionniste. Quand on scande "Le Québec aux Québécois ", je me sens exclu.» Bill Johnson croit que sa présence au défilé sera perçue comme une provocation uniquement par ceux qui exigent que l'on passe le «test politique» pour participer à la fête nationale. «C'est la fête de tous les Québécois. S'il faut passer un test politique, on ne devrait pas subventionner le défilé avec les taxes de tous les citoyens. Si c'est vraiment une fête sectaire, qu'on le dise publiquement. »à Quoi qu'il arrive, Bill Johnson promet qu'il participera au défilé, sans gardes de sécurité et sans le drapeau unifolié du Canada. Il lui semble que ce serait insulter l'intelligence des Québécois francophones que de penser qu'ils pourraient être violents à son égard. «Ce serait un libelle diffamatoire contre mes concitoyens de dire qu'ils pourraient avoir une réaction violente contre moi, un homme paisible de 67 ans, qui a écrit des livres, qui a mené une vie rangée et dont les idées sont au centre du libéralisme occidental.» Gilles Rhéaume, quant à lui, ne voit pas pourquoi la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal et le Mouvement national des Québécois devraient offrir un traitement particulier à un anglophone qui, pendant des années, dans le quotidien The Gazette, a exprimé son mépris des francophones et a sali la mémoire de Félix Leclerc. «Sans un repentir sincère, sa démarche pourrait être interprétée comme un appel à l'émeute.» M. Rhéaume se demande pourquoi les nationalistes devraient faire confiance à un extrémiste anglophone rejeté par la moitié des délégués d'Alliance Québec.
Informé de la détermination de William Johnson et de la réaction des leaders nationalistes, un porte-parole du Service de police de la Communauté urbaine de Montréal a déclaré au Devoir qu'il n'y avait pas, pour l'instant, de quoi s'inquiéter. «A l'impossible, nul n'est tenu, mais on a un bon service de renseignements et nous sommes en mesure de contrer toutes les situations.»
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