DANSEREAU Fernand


    2003

    Minoritaire plutôt que souverain
    "L'esprit rompu par deux drames référendaires qui lui ont cassé les reins, le Québec semble s'enfoncer dans le désarroi des peuples sans joie. Les partis aux dernières élections ne savaient plus nous proposer d'autre projet que la bonne gérance comptable."

    Une réflexion à faire au PQ et à l'ADQ

    La vocation minoritaire
    Fernand Dansereau LD 12.6.2003 - On pourrait proposer au Québec que son avenir réside autant dans le travail qu'il fera pour instrumenter ce droit des minorités que dans la revendication du statut de nation. La souveraineté aurait l'immense avantage de guérir la blessure narcissique de la conquête et de libérer toutes les potentialités d'un peuple qui reste malgré tout astreint aux complaisances d'un autre peuple. Complaisance limitée par le droit, bien sûr, et la Constitution, mais complaisance quand même au bout du compte, comme nous l'ont rappelé il n'y a pas si longtemps la législation sur les jeunes contrevenants ainsi que la loi sur la clarté référendaire.

    Le Québec n'a peut-être pas mesuré encore pleinement à quel point sa situation minoritaire est exemplaire dans le monde et porteuse de fécondité. (...)

    À condition qu'il se tourne vers ce travail difficile, méticuleux, long et ingrat du droit des minorités. Ce travail commence d'abord par chez soi. Les instruments que nous avons entrepris de mettre au point pour définir une société française fondée sur autre chose que le «pure laine», pour traiter équitablement notre minorité anglophone, pour rendre fierté et justice aux nations autochtones, pour renouveler le mode de scrutin majoritaire à un tour, pour baliser la justice intergénérationnelle, etc., sont des outils qui risquent de changer notre devenir par la suite et de se retourner en notre faveur car ils vont exiger de profondes mutations de pensée et modifier notre façon de lire la réalité.