JASMIN Claude



  1. Funeste glissade de Radio-Canada?
    CLAUDE JASMIN, Le Devoir mercredi 3 novembre 2004 - La télévision publique et la radio publique ont été détournées de leurs rôles - Funeste glissade de Radio-Canada? - La société a mis la hache dans la culture pour passer au divertissement

  2. Adieu, camarade
    Claude Jasmin LD 18.6.2003

  3. Confession d'un gauchiste
    Claude Jasmin LD 7.3.2003

  4. Ma souche me tue
    Le Couac mars 1999

  5. La bonne foi et la déformation. A qui le Québec fait-il peur?
    LeDevoir 15 juillet 1997

  6. La politique de l'Oncle Sam
    Le Devoir du 23 octobre 1997



    Le racisme inverti?

    Claude Jasmin
    LE DEVOIR jeudi 20 février 2003

    Lettres: Ennuyante, la québécitude? Sans aucun intérêt? On ne cesse de lire -- en entrevues -- des témoignages (comédiens, littérateurs, etc.) qui se disent heureux, comblés de vivre sur un territoire cosmopolite. Voici une Louise Latraverse tout contente de son Mile-End où elle «croise surtout des émigrants» de partout. Une Rafaële Germain vante les bars, «cafés aux meilleurs cosmopolitans» (sic). Les M.-F. Bazzo et Lysiane Gagnon s'excitent sans cesse de ce melting-pot. Et J.-C. Laurence proclame: «Montréal, c'est comme New York en mode soft.» Il décline, heureux: Chinatown, Little Bombay, coin latino, coin hassidim, marché vaudou, petite Jamaïque, turqueries, ghetto grec, espagnoleries, cafés égyptiens, et «fumons le narghilé»...

    Personne pour se dire heureux d'être parmi les nôtres ?

    Le racisme ordinaire, c'est de craindre -- voire haïr -- les autres, les étrangers, les nouveaux Québécois. Il y a un racisme pas moins nocif qui est le racisme inverti. Oui, à l'envers. Se retrouver parmi les nôtres est ennuyeux ! Un racisme qui méprise les siens. Il est très remarquable -- parmi ces mondains de la jet-set d'ici --, ce mépris soft. En sont victimes tous ceux qui éprouvent une sorte de honte envers eux-mêmes, envers nous tous -- qui avons le tort d'être nés ici.

    Cette bizarrerie est occidentale. De New York ou de Paris, de Rome ou de Berlin, on a pu lire de tels curieux témoignages en racisme inverti. La source ? La mauvaise conscience bourgeoise face aux «voyageurs» du Tiers-Monde ? Ou bien la culpabilité des «crocodiles» confortables à larmes faciles ?

    Je reste étonné de «cette joie suspecte» à ne vouloir croiser que les «étrangers». Cette attitude névrotique ( ?) ne favorise en rien l'harmonieuse et très souhaitable intégration des émigrants. Aux yeux de ces racistes invertis, c'est «longue vie aux ghettos» !

    Pour ces «exotiquomanes», la saine appréciation des leurs est un nationalisme douteux. On ne dira jamais assez que ces racistes sont des expatriés volontaires, des émigrés chez eux. Celle ou celui qui vient d'ailleurs, en bonne intelligence, aura bien raison de mépriser ces étranges déracinés. Il a fui sa patrie misérable -- souvent -- et il souhaitait s'intégrer rapidement -- pour ses enfants surtout -- en un pays nouveau. Or il découvre une bonne part de l'élite québécoise friande d'exotisme et crachant, bavant sur ce qu'elle constitue. Lamentable, ce racisme inverti, nuisible.