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Il faudra un jour se débarrasser de cet AUTRE
Ce jour-là sera la date que l'on retiendra comme événement fondateur.
Claude G. Charron Auteur deLa Partition du Québec, de Lord Durham à Stéphane Dion (VLB 1996)
Membre des IPSO Lachine, le mercredi 10 février 1999
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Richard Gervais réplique à mon texte "Les deux peuples fondateurs mon
oeil!!!" en écrivant que je fais une erreur de lecture. Je ne lui
donne aucunement tort. Il est entièrement vrai que son texte
"Identité ou existence" s'écartait de celui de Danièle Fortin:
"L'histoire comme productrice de sens". Contrairement à D. Fortin, R.
Gervais répond à la question sur ce pourquoi nous n'avons pas
d'événement fondateur comme point d'ancrage de notre existence comme
nation.
Fortin termine ainsi son texte: "Nous sommes nés, c'est l'évidence
même, mais quand, il faut s'entendre." Elle ne veut d'aucune façon,
démontrer que, si nous ne pouvons déterminer cet événement fondateur,
c'est que nous sommes encore prisonniers de l'AUTRE. Rappelons-nous que
pour les Américains, la date du 4 juillet 1776, l'AUTRE dont il s'était
libéré ce jour-là était le Colonial Office. Rappelons-nous que pour
les Français, l'AUTRE était le système monarchique.
Normalement, au Canada, la libération de l'AUTRE devrait être le 7
mars 1848 avec l'institution du gouvernement responsable. Mais
comment fêter ce début de libération de l'AUTRE (la Couronne) quand on
tenait si peu alors chez l'AUTRE (le Canada anglais) à couper le
cordon ombilical? J'ai donc suggéré dans mon texte que le 13 février
1849 soit l' événement fondateur de ce Canada nouveau de l'entente du 24
Sussex. Pour le Canada de Stéphane Dion, l'AUTRE, l'adversaire à se
débarrasser, c'est ce Québec qui est en train de se construire et de
s'ouvrir au monde. Pour le Canada de MacNab et de Montréal Gazette de
1849, c'était le French Power que Lafontaine, en tant que premier
ministre, incarnait en voulant indemniser les victimes de 1837-1838.
Je souscris entièrement à l'argument de Richard Gervais qui veut que,
si notre fondement historique n'a jamais été identifié, c'est qu'il
nous est volé constamment, structurellement. Il faudra un jour se
débarrasser de cet AUTRE, qui, dans sa bataille pour se retrouver sa
propre identité entre NOUS et un AUTRE trop semblable à lui-même,
nous empêche constamment de respirer l'air de la liberté collective.
Ce jour-là sera la date que l'on retiendra comme événement fondateur.
Et comme le Canada nous a toujours tout volé, il se pourra même que
cette date soit celle de son propre événement fondateur.

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