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L'histoire comme productrice de sens Nous ne pouvons demeurer ainsi dilués dans lespace social. Nous devons trouver notre point dancrage. |
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Cette fin de semaine fut marquée par deux événements non négligeables au Québec. Le premier est, nous le savons tous, le Congrès national du Parti québécois. Le second, moins médiatisé, une conférence pancanadienne sur lenseignement de lhistoire. Jaimerais, mattarder quelques instants sur cette réunion qui rassemblait pas moins de 800 experts venus "dun Océan à lautre" à Montréal afin de faire le point sur une possible "histoire commune" du Canada. UNE Histoire que lon pourra enfin enseigner à tous ces écoliers de Vancouver à Halifax. Or, selon ce que rapportent les médias de ce soir, ce grand rêve dune Histoire commune des deux peuples ne fait pas lunanimité! Peut-on voir (sinon espérer) dans ce désaccord, le début dun véritable cauchemar (dixit J. Lacourcière) pour les fédéralistes et pour nous, indépendantistes, un argument bétonné sur notre réel statut de peuple distinct, donc légitimé à disposer de son avenir? Mais cela ne sera pas si simple. Voyons pourquoi. Une question plus urgente, plus profonde, demande à être élucidée : celle des origines, de la fondation même du peuple québécois. Cest peut-être là, le point nodal de notre difficulté d'être . Une réflexion majeure doit saccomplir et elle consiste à faire prendre conscience au peuple québécois qu'il lui faut, d'abord "être au monde", être nommé. Ce malaise, Jean Bouthillette, dans son ouvrage "Le Canadien français et son double" l'a ciblé avec génie. Point besoin d'être psychologue pour saisir et faire émerger à notre conscience collective notre tragique situation. Il revient à nous, (à tous ceux et à toutes celles qui ont cette sensibilité de détecter ce mal d'être comme-un, unis au-delà même de nos différences), de réfléchir, décrire, de parler et surtout, de convaincre afin que nous nous reconnaissions tous en tant que peuple libre. Il faut bien le reconnaître: il y a une étape importante qui nest pas encore franchie et cette crainte de notre prise en charge, cette peur séculaire, est majoritairement non intégrée, niée. Toute coupure est douloureuse et paradoxalement porteuse, productrice de sens. Le passage de lenfance à létat dadulte est, nous en conviendrons, une période de grands traumatismes. Une transition qui ne se fait pas sans heurts. De cela, bien des peuples qui ont choisi cette aventure pourraient en témoigner. Prendre le risque de se fonder nous-mêmes à partir de bases déjà établies, voilà notre grand défi. Nous abordons, à mon avis, un tournant où, à tous ces "dire", il faudra arrimer un "faire". Historiquement, le peuple québécois a échoué dans sa volonté daffirmation. Il est donc justifié, mais pas nécessairement normal, quil recule lorsque se présente loccasion de recommencer à nouveau. Nous ne pouvons demeurer ainsi dilués dans lespace social. Nous devons trouver notre point dancrage. Une référence historique, événementielle qui permettrait à tous les Québécoises et les Québécois de se reconnaître. Cest bien là, je crois, le problème québécois : labsence de consensus autour dun événement fondateur. Un fondement qui na jamais été intrinsèquement identifié et qui, par le fait même, na jamais pu sépanouir convenablement. Il est difficile, voire impossible dappréhender lavenir quand les bases historiques ne sont pas clairement définies. Nous sommes nés, cest lévidence même, mais quand? Il faudra sentendre...
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