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Fernand Dumont n'admettait pas que le Québec fût une nation |
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En réponse à Pierre Grandchamp, je dirais que c'est Michel Seymour qui a raison sur ce point : les Québécois constituent un peuple, une nation (sociopolitique, dira-t-il). Jean-Marc Léger, dans Le Devoir d'il y a quelques jours, cite Fernand Dumont. Le hic est qu'il le cite là où il se trompe. Dumont a écrit de grandes et belles choses, mais il en a écrites aussi de moins bonnes. Parmi ses pensées les moins fortes, il y a précisément celle que cite Léger. Voyons cela.
Fernand Dumont n'admettait pas que le Québec fût une nation, comme en fait foi le passage suivant (cité par Léger) :
Primo, il a mal enregistré le tournant des années soixante par lequel nous sommes devenus, de Canadiens français que nous étions, des Québécois. Cet aboutissement historique, il le prend au contraire pour une chimérique "décision subite", à laquelle nous donnerions un semblant de réalité grâce à la "magie du vocabulaire". Or au contraire, cette réalité est loin d'être illusoire. Avec la "confédération", la « province de Québec » devenait le territoire où allaient pouvoir sédifier des institutions et une vie politique propres et sexercer une relative autonomie nationale. Aussi, en un sens, la "confédération" portait-elle en germe la transformation du "Canadien français" en "Québécois" et l'association du Québécois avec le territoire de sa "province". Ce processus, Dumont le tient pour un illusoire effet de vocabulaire !
Secundo, Dumont avait de la nation une conception toute culturelle, imperméable à la dimension politique. Imperméable à la dimension politique, cela veut dire imperméable à la dimension territoriale, frontalière, si l'on veut. Dumont pensait
qu'associer la nation à un territoire, c'était automatiquement l'assimiler à l'État et, partant, confondre des concepts distincts, celui de nation (d'ordre culturel) et celui d'État (d'ordre politique). Il écrit par exemple :
Richard Gervais |