L'identité des Québécois francophones

Pierre Grandchamp

"Avant-garde Québec"

    Richard Gervais:
"Elle est la trace, dans la langue, d’une différence qui s’affirme entre les Québécois et les autres francophones du Canada. Cette différence est essentiellement politique. Le Québec veut être traité comme une nation constitutive d’égale à égale, tandis que les différents groupes de francophones hors Québec veulent faire reconnaître leurs droits en tant que minorités. Le souverainisme québécois n’a rien à voir avec un caprice de provinciaux majoritaires dans leur province, comme le colportent les Canadiens, anglophones comme francophones."
P.G.:
J.F. Lisée, dans Bourassa 1990-1991 Le Tricheur, p. 114, cite les chiffres du sondeur Maurice Pinard (longtemps associé au PLQ) de McGill quant à l'autodéfinition de l'identité des Québécois francophones.

A partir de 1960, le nationalisme Québécois a cessé d'être défensif pour passer et à l'affirmation.

A un moment donné les Québécois francophones s'identifiaient comme des Canadiens par opposition aux anglophones qui étaient des Anglais.

Puis de "Canadiens", ils se sont appelés des Canadiens français puis Québécois (à partir de 1960)...

Les sondages de Pinard ont porté sur les années 1970, 1977, 1984, 1988, 1990. En 1970, 34% des Québécois francophones s'identifiaient comme "Canadiens" contre seulement 9% en 1990.

On comptait 44% de "Canadiens français" en 1970 contre 28% en 1990. L'identification de "Québécois" est passée de 21% en 1970 à 59% en 1990. N.B. Au printemps 1992, pressés de dire s'ils sont "Canadiens d'abord ou Québécois d'abord"... 53% de tous les Québécois diront qu'ils sont "Québécois d'abord" tandis que 61% des francophones se diront "Québécois d'abord".

Richard Gervais:

Soit dit en passant, je ne crois pas que la notion de «statut particulier» convienne au Québec. Parler de statut particulier pour le Québec, c’est encore parler de lui comme d’une province, non comme d’une nation traitable d’égale à égale.
P.G.:
Absolument d'accord avec vous! Sauf que, il évident que si le Canada anglais avait été le moindrement prévoyant, il aurait "donné un peu de corde" à Bourassa ou Charest.. et cela en était fait du mouvement souverainiste, à mon humble avis... A mon avis, l'Histoire jugera que l'échec de Meech fut une erreur monumentale vue dans le sens du nationalisme "canadian". D'autre part Meech et Charlottetown ont fait la preuve de l'intelligence de Trudeau: la Constitution de 1982 est "irréformable"...

Le 28 décembre 1990, Pierre Anctil D.G. du PLQ fait rapport à Bourassa en convalencence en Floride (par tél.): " La conclusion qu'on (Comité Allaire) tire de Meech est que la formule d'amendement de la constitution a fait ses preuves: elle est bloquée et incontournable".- Cité par J.F.Lisée dans le même livre.

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